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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 06:19

n° 122, décembre 2012 – la famille de Jésus
Article à la Une : « La famille de Jésus, famille biologique, sociale, spirituelle », par Jean-Claude Barbier (prédication à l’église unitarienne du Burundi, le dimanche 30 décembre 2012). Informations : rencontre internationale à Kirundo (Burundi, août 2012) dans le cadre de l’Association unitarienne francophone africaine (AUFA) ; relations de l’Assemblées fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU) avec les communautés unitariennes d’Afrique noire francophone ; le Marché central de Bujumbura dévasté par un incendie. Document : « Nuit de Noël, à Bethléem ou ailleurs », poème de Jean-Claude Barbier écrit le 26 novembre 2012.


n° 121, novembre 2012 – n° spécial en hommage à Roger Parmentier
coordonné par Jean-Claude Barbier avec la participation de Simon Sire, Nathalie Leroy-Mandart, Gilles Castelnau, Florence Couprie, Maurice Causse, Michel Jas, l’éditeur du site « Les cathares, images d’hérésie », Richard Bennahmias, Jean Hoibian, Hélène Lienhardt, Olivier et Jocelyne Breisch, Gérard Mantion, Bernard Grosclaude, Régis Pluchet, Michel Roussel, Jean Riedinger, Gérard Warenghem, Lucile Blavy. Bibliographie : textes de Roger Parmentier, ses publications ou articles le concernant sur les sites unitariens. Informations : s’abonner aux sites des unitariens français.
 

 

n° 120, octobre 2012 – Théodore Monod et unitarisme
Article à la Une : « Théodore Monod, unitarien jusqu’où ? » (suivi d’une bibliographie) par Jean-Claude Barbier. Information : la « Petite bibliothèque unitarienne » du site Profils de Libertés. Libres propos : « La Paroisse libre de Bruxelles » d’Edith Kuropatwa ; « Le credo d’un catholique anonyme » transmise par Philippe De Briey ; « La Trinité selon Théovie » signalé par Régis Pluchet ; « L’art du vivre joyeusement ensemble » lu sur la page Facebook d’Anne-Marie Allaz. Document : Monographie de la mouvance unitarienne française (septembre 2012).


n° 119, septembre 2012 – Cher Roger Parmentier
Article à la Une : « Août 2012, une semaine de stage chez Roger Parmentier », compte-rendu par Emile MihièreCourrier des lecteurs : Hélène Lienhardt, Antoine Girin, Roger Gau, Maël Strom, Michel Jamet. Poème : Parpaillots, hommage à eux rendu par Emile Mihière. Document : Monographie de la mouvance unitarienne française (septembre 2012) présenté à la rencontre unitarienne européenne de Kolozsvar (ICUU, 31 août au 4 septembre 2012) : associations, réseaux, forums, éditeurs de sites indépendants, éditeurs sur papier.


n° 118, août 2012 – Croyances
Article à la Une : « Croyances : quelles croyances ? » par Jean-Claude Barbier. Information : textes d’André Gounelle sur un site propre à l’initiative du pasteur Louis Pernod. Libres propos : « Question de croyances » de Nicky Escobar ; un texte de Baha’u’lah sur la reconnaissance de Dieu par le philosophe ; Jean Borella présenté par Yves Lecornec ; « Pour un nouveau contrat social » publié par Roger Gau.


n° 117, juillet 2012 – un témoignage sur Roger Parmentier
Article à la Une : « Roger Parmentier : un prophète qui comme Jésus reste bienveillant envers ses ennemis », un témoignage d’Emile Mihière. Arrières propos (en écho à l’article sur l’anarchisme chrétien paru dans la Correspondance unitarienne n° 116) de Marike, Laurens Trobat, Yves Lecornec, Jean-Pierre Babin, S.F., et Jean-Claude Barbier.


n° 116, juin 2012 – un témoignage sur Pierre Bailleux
Article à la Une : « J’ai rencontré Pierre Bailleux … ce fut le coup de foudre » par Emile Mihière. Bibliographie : Emile Mihière 2011 « Tous les chemins ne mènent pas à Rome » ; présentation du livre et présentation de l’anarchisme chrétien par Jean-Claude Barbier. Biographie : « Un homme de caractère libre : Emile Mihière » par Jean-Claude Barbier.


n° 115, mai 2012 – christianisme d’ouverture et cohérence
Article à la Une : « Christianisme d’ouverture et cohérence ; à partir de l’expérience des unitariens français », par Jean-Claude Barbier – 1 – l’expérience historique, II – pour un unitarisme contemporain plus cohérent. Libre propos : « L’interpellation d’un néo-païen aux unitariens français » de Gérard Mantion.


n° 114, avril 2012 – Dieu et les Monod
Article à la Une : « Deux Dieux ? chez deux Monod » par Michel Jas (à propos de Wilfred Monod et de Victor Monod). Libres propos : « Faut-il abandonner la main de Dieu ? » de Jean-Claude Barbier.


n° 113, mars 2012 – n° spécial sur l’unitarisme en Italie
Article à la Une : « Un credo pour le christianisme unitarien est-il possible ? », un débat initié par Giacomo Tessaro avec la participation de Michele Moramarco, Alessandro Falasca, Roberto Rosso. Document : L’unitarisme en Italie – un bref historique (2004-2012), résumé d’une note de Jean-Claude Barbier.


n° 112, février 2012 – une religion laïque
Article à la Une : « Une religion laïque est-elle possible ? » par Jean-Pierre Babin. Libres propos : « Enquêter sur Jésus et les débuts du christianisme » de Louis Cornu ; « Terre-Mère : une religion pour écologistes » message sur Facebook transmis par Jean-Claude Barbier ; « Les Eglises : du devoir cultuel à la convivialité » de Jean-Claude Barbier.


n° 111, janvier 2012 – discussion sur l’unitarisme
Article à la Une : « Discussion sur l’unitarisme sur la page Facebook du groupe « Eglise réformée de France » fin novembre 2011 [avec la participation de Régis Joly ; Michel Jas ; Richard Bennahmias ; Nicolas Boisson ; Régis Pluchet ; Philippe Cousson ; Xavier Leblond ; Eric George.

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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 19:32

n° 110, décembre 2011 – Juifs, chrétiens et musulmans
Article à la Une : « Les juifs sont nos pères et les musulmans nos fils » par Roger Parmentier. Libres propos : « Dialogue entre un musulman internaute et un unitarien » de Ketrouci B., commerçant à Montpellier, et de Jean-Claude Barbier. Documents : « Prière pour nos défunts », poème de Claire Lavant ; la revue « Alternatives non violentes ».


n° 109, novembre 2011 – Unitarisme américain et romantisme
Article à la Une : « L’unitarisme américain est-il un romantisme ? » par Richard Brodesky. Libres propos : « Soumission pour les uns, obéissance pour les autres » de Jean-Claude Barbier ; « Dire Dieu comme on voit un mirage » de Richard Roullier ; « L’unitarisme au vu de nos bulletins », lettre de Paul Pistre ; « Notre mouvance » de Jean-Claude Barbier ; « La voie étroite » de Jean-Claude Barbier ; « Une Eglise fraternelle » de Benhur1942


n°108, octobre 2010 – Trinité
Article à la Une de Michel Théron « Trinité ». Informations : le mois de Michel Servet : un avion baptisé « Miguel Servet » ; Genève : une plaque explicative à la stèle Michel Servet ; Michel Servet dans la pièce d’Ugo Rizzato « Georges Biandrata, le renard et le lion » ; le manuscrit de Stuttgart est-il de l’Italien Matteo Gribaldi ? Pourquoi Michel Servet ; s’est-il intéressé à la circulation du sang ? ; Michel Servet aux « nuits magiques » de Huesca. Bibliographie : Michel Servet (1511-1553) : articles sur les sites francophones gérés par des unitariens ou sympathisants.


n° 107, septembre 2010 – Religion et spiritualité
article à la Une, Religion et spiritualité, par Jean-Claude Barbier, communication au groupe Yahoo « Unitariens francophones » le 2 avril 2010, mis en ligne dans la rubrique « les piliers de l’Eglise » sur le site de l’Eglise unitarienne francophone. Informations : lancement en août 2010 du groupe « Croissance spirituelle » sous l’égide de l’Eglise unitarienne francophone ; engagement des Actualités unitariennes pour la défense des animaux : des jeux taurins plutôt que la corrida, non à la viande casher ou halal qui implique l’égorgement à vif des animaux, etc. ; les unitariens sont en deuil en République démocratique du Congo (RDC) suite à l’accident d’un camion citerne d’essence en plein centre du village de Sange dans la province du Sud Kivu, le 2 juillet 2010, et au Pakistan, avec la mort en juillet d’Inderias Dominic Bhatti , fondateur de l’Unitarian Universalist Christians of Pakistan ; les chrétiens se rencontrent à Bruxelles au sein de la Paroisse libre fondée en 1976 dans le sillage de Pierre de Locht et de Suzanne van der Mersch (dossier avec 5 articles, lien) et à l’initiative d’Evangile et Liberté (Journée du dimanche 26 septembre) ; sur facebook, la page des « chrétiens alternatifs ». Libres propos : Vois les coquelicots rouges de nos landes cathares, poème de Jean-Claude Barbier.

n° 106, août 2010 – Partager ses biens
Article à la Une : « Partager ses biens selon Jacques, le frère du Seigneur », par Régis Pluchet. Informations : réunification des Eglises unitariennes de langue hongroise ; les Cahiers Michel Servet n° 13, 14 et 15. Libres propos : « Le sens des valeurs, l’esprit d’entreprise » par Nicolas G. Hayek (le patron de la Swatch Group) ; « Quand l’Esprit ose l’espérance » (SEL85 en réponse à l’enquête du diocèse de Luçon ; « Relire Calvin dans ses textes » par Marie-Claire Lefeuvre ; « Dieu est le présent » par Dominique Decottignies.
 

 

n° 105, juillet 2010 – le potier et l’argile
Article à la Une : « Aimer à en perdre la raison » : ma relation avec l’argile, par Richard Brodesky (membre de l’Eglise unitarienne-universaliste de Tucson, Arizona). Informations :  (AFCU) : les premières décisions du nouveau bureau de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens. Libres propos : « Le point de vue d’une soufie : Dieu aime qu’on l’aime de différentes manières », par Nours ; « La prière de Marcel Légaut » par Jean-Claude Barbier ; texte de Jean-Claude Widman (protestant libéral de l’ERF de Briançon) ; « A nos amis belges » par Jean-Claude Barbier


n° 104, juin 2010 – Eloge funèbre sans prêtre ni pasteur
Article à la Une : « Eloge funèbre sans prêtre ni pasteur » par Robert Nicole (pour l’enterrement de sa femme). Informations : les Cahiers Michel Servet n° 13 et 14 ; le groupe Yahoo Unitariens francophones ; lettre à la communauté musulmane de Drancy. Documents : les rubriques des sites Actualités unitariennes et La Besace des unitariens.


n° 103, mai 2010 – christianisme et ésotérisme
Article à la Une : « Le christianisme est-il un ésotérisme ? » par Jean-Claude Barbier. Libres propos : de Yohann Amal, Fabien Maisonneuve, Raymond Bath, Nicolas Semaille et Eric Agier ; poème de Raymond Bath « Que tu le veuilles ou non ».


n° 102, avril 2010 – des intellectuels pour repenser le christianisme
Article à la Une : « Des intellectuels pour repenser le christianisme » par Jean-Claude Barbier. Informations : l’AG du 6 mars 2010 à Thouaré-sur-Loire de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU) ; Le catéchisme hongrois des unitariens. Libres propos : « Petites réflexions au détour d’un chemin » par Philippe G.


n° 101, mars 2010 – la découverte de l’unitarisme par un jeune Anglais
Article à la Une : « La découverte de l’unitarisme par un jeune Anglais » par Matt Grant, traduit par Noëlle Colle. Bibliographie : « Ecoute-moi vieillir » par Bernard de Peufeilhoux. Libre propos : « Être chrétien, être démocrate » de Jean-Claude Barbier


n° 100, février 2010 – un shahada pour les chrétiens unitariens ?
Article à la Une : « Un shahada pour les chrétiens unitariens » par Matt Grant, traduit par Noëlle Colle. Libres propos : « Le Sermon de la montagne » de Petrus ; « Christ rédempteur ou autres Jésus » de Raymond Bath ; « Le culte relie les fidèles entre eux » de Jean-Claude Barbier. Informations : le décès de la révérende américaine Polly Guild, pionnière de l’ICUU ; le IIIème symposium théologique de l’ICUU ; naissance de l’Association unitarienne-universaliste francophone (29 octobre 2009) ; le Conseil des unitariens et universalistes français élargit sa représentativité.


n° 99, janvier 2010 – spécificité de l’unitarisme français
Article à la Une : "L'unitarisme français est-il spécifique ?" par Jean-Claude Barbier, 4 p. : un mouvement unitarien qui s’est internationalisé … et ouvert à toutes les traditions religieuses et philosophiques ; en France, c’est un mouvement récent ; jusqu’à présent, un seul groupe local (à Nancy) … mais aussi une Eglise linguistique sur la Toile ; l’affirmation d’une composante chrétienne ; un pluralisme démocratique s’appuyant sur les identités ; une réflexion critique sur les héritages religieux

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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 17:09

Article à la Une : La famille de Jésus, famille biologique, sociale, spirituelle, par Jean-Claude Barbier, prédication à l’église unitarienne du Burundi sise à Kanyosha, le dimanche 30 décembre 2012, mis en ligne le 10 février 2013 sur le site de l'Assemblée des chrétiens unitariens du Burundi (lien). Traduction en italien par Giacomo Tessaro mise en ligne le 11 février 2013 sur le site de la Congregazione italiana cristiano unitariana (CICU)(lien).

Informations :

L'Association unitarienne francophone africaine (AUFA) (lien)

Relations de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU) avec les communautés unitariennes d'Afrique francophone

Le Marché central de Bujumbura dévasté par un incendie (lien)

Document : Nuit de Noël, à Bethléem ou ailleurs ; poème écrit par Jean-Claude Barbier le 26 novembre 2012 en actualisant Lc 2, 1-20 et Mt 2, 1-12, pour contribuer à la campagne de Noël lancée par la Comunione unitariana italiana (CUI), sous la forme d’un « événement » sur Facebook » afin de financer son programme d’activités humanitaires. Il a été traduit en italien par Giacomo Tessaro et mis en ligne sur le site de la CUI. Mis en ligne sur le site de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU) le 26 novembre 2012 (lien).

Message d'envoi, le 10 février 2013 :
Nos envois ont pris du retard et je vous prie de m’en excuser. Le mois de décembre a été pris par la mise sur pied d’un séminaire de formation dans le cadre de l’Eglise unitarienne francophone (Eufr) (lien), dont la première application a été l’animation d’un séminaire à Bujumbura au Burundi durant les vacances de Noël. Ensuite, j’ai dû changer mon matériel informatique devenu trop vétuste ; je me retrouve avec Window 8 que je commence à apprivoiser (et que je conseille très vivement). D’ici très peu vous recevrez les bulletins des mois de janvier et de février.

Je suis conscient que ce bulletin mensuel est un lien très fort entre nous, avec une aventure qui dure depuis octobre 2002 pour les plus anciens d’entre nous.
En relisant les textes qui nous sont chers, principalement ceux du Nouveau testament, nous redécouvrons, émerveillés, des textes que les discours ecclésiaux ont trop souvent banalisés, tronqués, déformés. En mettant à profit les recherches exégétiques contemporaines, nous pouvons les redécouvrir et mieux les comprendre. En affirmant l’adéquation entre ces textes et le progrès des connaissances scientifiques en tous les domaines, notre tradition unitarienne nous met parfaitement à l’aise pour une relecture mieux documentée. Nous en parlons souvent au sein de notre groupe « Unitariens francophones » sur Facebook ; nous vous invitons à vous y inscrire (lien). Vous y trouverez de nombreuses références intéressantes, des points de vue et des discussions positives.

En toute fraternité, Jean-Claude Barbier 

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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 23:10

Niccolò Paruta, un réformateur italien antitrinitaire
note rédigée par Jean-Claude Barbier à partir du site italien Eresie ( lien), du site français de Didier Roux sur les Réformateurs anti-trinitaires ( lien) et de l’encyclopédie Wikipedia en version anglaise ou française


Niccolò Paruta ( - 1581), fils d’un noble vénitien, fut médecin et se joint aux anabaptistes en participant en 1546 à une importante rencontre qui se tint clandestinement au collège Vicentina, réunissant des anabaptistes et des anti-trinitaires. En 1560, il doit quitter Venise à cause de ses convictions réformatrices.


Il se rend d’abord à Genève, avec Andrea da Ponte (1508-1585) vers 1560. Mais Jean Calvin ne reçoit pas bien ces Italiens anti-trinitaires qu’il veut soumettre à sa propre confession de foi. L’anti-trinitaire Michel Servet, rappelons le, a été mis sur le bûcher en octobre 1553, au terme d’un procès d’Inquisition initié et conduit pour la partie religieuse par Calvin. Les Italiens lui en font grief.  N. Paruta préfère quitter la ville et s’installer en Moravie à Austerlitz en 1561.


Là, il fonde un véritable salon anti-trinitaire qui se trouve renforcé par l’arrivée de célébrités comme Jean-Paul Motta Alciati, Giovanni Valentino Gentile et Bernardino Ochino, lesquels ont été expulsés de Pologne après l'édit de Parczòw de 1564 (cet édit ordonne l'expulsion de tous les étrangers non-catholiques). B. Ochino passa d’ailleurs les derniers jours de sa vie chez N. Paruta, en février 1565. D’autres réformateurs vinrent les rejoindre comme Marcantonio Varotta (en 1566) et Nicholas Buccella, avec qui il entretint des relations durables d’amitié.


On retrouve N. Paruto à Cracovie en 1571-1572, puis l’année suivante, en 1573 en Transylvanie, au collège anti-trinitaires de Kolozsvar. Les réformateurs de cette mouvance viennent de vivre leur heure de gloire sous le règne de Jean II Sigismond, prince (vovoïde) de Transylvanie. Ils ont eu le dessus lors des disputes théologiques et la diète de Torda, en 1568, a avalisé leur position libérale accordant la liberté de penser aux ministres du culte. Mais le Prince est mort d’un accident de chasse en mars 1571, et son successeur est catholique … et influencé par les Jésuites, lesquels mènent la Contre-Réforme !

 

transylvanie_carte_francaise_1843.jpg

 

Carte "française" de 1846 utilisant en fait les cartes existantes avec un joyeux mélange de toponymies allemande et hongroise : "Temesvar" (partie à gauche et en bas de la carte) est écrit en hongrois (la ville s'appelle en allemand Temeschburg et en roumain Timisoara ; elle est la capitale du Banat). Au centre de la carte, "Klausenburg" est le nom allemand de Kolozsvar (en hongrois), ville dénommée depuis Cluj-Napoca par les autorités roumaines. Plus bas, "Carlburg" est le nom allemand de la ville de Gyula-fehervar (en hongrois), qui est l'actuelle Alba-Iula. En bas et au centre, "Hermanstadt" est le nom allemand de Nagyszeben (en hongrois) qui est Sibiu en roumain. "Kronstadt", en bas et à droite, est Brasov en hongrois et Brasso en roumain. Marosvasarhely (centre droit de la carte, à une latitude proche de celle de Klausenburg) est le nom hongrois de l'actuelle Tirgu Mures (en roumain). Enfin, plus au nord, Bistritz est en allemand et correspond à la ville saxonne dénommée Beszterce en hongrois et Bistrita en roumain.

 

au collège de Kolozsvar


Ce collège de Kolozsvar (dit le Gymnasium en latin) semble avoir été un lieu de convergence (et sans doute d’effervescence intellectuelle !) pour plusieurs anti-trinitaires de ces années 1570. N. Paruta y a cohabité avec Matthieu Glirius, et Jacques Paléologue.


A-t-il rencontré de son vivant Johannes / János / Jean Sommer, le fondateur de ce collège ? Celui-ci, né en 1540 en Saxe dans la ville fortifiée de Pirna, ancien étudiant luthérien de l’université de Wittenberg, est déjà venu en Transylvanie où il fut maître de l’école de Biatricz [ndlr – sans doute Beszterce en hongrois et Bistrita en roumain, qui est un groupement saxon au nord-est de Kolozsvar]. Reparti en Allemagne, il est rappeler en Transylvanie pour ses compétences en grec à la demande de Georges Biandrata et de l’évêque hongrois Ferencz David. Il arrive à Kolozsvar au printemps 1572, accompagné d’Adam Neuser (tous deux sont partis de Cracovie le 15 avril). Malheureusement, lui et sa famille (sa femme et sa belle-fille) seront victimes de la peste ; il meurt en 1573 (année de l’arrivée de N. Paruta) ou en 1574.


L’Allemand Adam Neuser, né vers 1530 à Gunzenhausen, une cité de la Bavière, ancien ministre calviniste de l'église Saint-Pierre à Heidelberg, mis en prison pour une lettre adressée à Sigismond II de Transylvanie et interceptée par la police impériale, mais en cavale depuis 1571, ne s’attarde guère en Transylvanie (le danger est réel : son ami Johannes Sylvan, est exécuté en 1572 par les autorités impériales). On le retrouve à Constantinople … où il s’est converti à l’islam, sans doute pour le besoin de se mettre sous la protection du sultan. Stephen Gerlach, un théologien luthérien, qui se rendit à Constantinople dans le mois d'août 1573, en qualité de chapelain domestique pour le baron Ungnad Von Weiszenwolf, ambassadeur autrichien à la Sublime porte, le rencontre et s’étonne de sa conversion. A. Neuser décédera le 12 octobre 1576, d'une maladie incurable et douloureuse (ce que d’aucuns considèreront comme un jugement de Dieu pour son apostasie !).


C’est Matthieu Glirius (vers 1545-1590), de son vrai nom M. Vehe, spécialiste de l’hébreu, qui succède, en qualité de recteur, à Jean Sommer. Il est né à Ballenberg (dans le canton de Berne ?) et a été étudiant des universités d’Heidelberg et de Rostock. Il fut diacre à Kaiserlautern. Il restera recteur jusqu’au moment du conflit entre Georges Biandrata et Ferencz David. Ce dernier meurt en prison en novembre 1579 et on attribue à Matthieu Glirius un pamphlet publié en 1581 mettant en cause Georges Biandrata et ses amis sociniens dans la condamnation de celui qui fut le premier évêque de l’Eglise anti-trinitaire de Transylvanie (la dénomination de cette Eglise deviendra « unitarienne » à partir de 1600), de 1568 à 1579. Deux disciples locaux de Matthieu Glirius, András Eőssi et Simon, fonderont un mouvement judaïsant, les Sabbatariens (voir deux livres récents qui sont sortis sur eux, lien), qui connaîtra un certain succès auprès des populations sicules (Szekler en anglais) du Centre et de l'Est de la Transylvanie. Lui même partira en Pologne, puis retournera en Allemagne en 1589, mais il y sera arrêté et mourra en décembre 1590.


Matthieu Glirius, dans sa fonction de recteur, sera secondé par Jacques / Giacomo /Jacob / Iacopo Paléologue / Paleologo / Palaeologus, dont la famille est originaire de Grèce (il est né sur l'île de Chios en 1520) et immigrée en Italie après la conquête ottomane (Constantinople est prise en 1453). Entré dans l’ordre des Dominicains, il fait des études de théologie à Gênes et à Bologne, puis est envoyé en 1553 au couvent de Pera, près de Constantinople. Mais développant des idées universalistes comme quoi les adeptes d’autres religions, dont les juifs et les musulmans, pourraient bénéficier eux aussi de la Rédemption et donc être sauvés, il est emprisonné. Il échappe des prisons de l’Inquisition romaine en 1559 à la faveur d’une émeute populaire. Il se réfugie d’abord en France, puis en 1562 en Moravie, de là on le retrouve au collège de Kolozsvar dans les années 1573-1574. Par la suite, il bénéficie de la protection de Jetrich (1545-1582), seigneur de Kunovice, et s’installe à partir de 1576 à Cracovie, en Pologne à part quelques brèves périodes où il est à Hluk en Moravie (actuelle partie orientale de la République tchèque). Mais en décembre 1581, il est arrêté à l’instigation de l'évêque d'Olomouc, Stanislav Pavlovsky II. Il est extradé vers Vienne, puis envoyé à Rome où il est condamné à mort pour hérésie en février 1583. Il échappe au bûcher en faisant repentance publique, mais il est finalement décapité le 22 mars 1585 et son corps sera brûlé le lendemain sur le Campo dei Fiori.


contemporain du débat sur le culte de Jésus


N. Paruto enseigne et écrit. Malgré ses nombreux déplacements, il a toujours pris soin d’avoir un niveau suffisant de confort afin de disposer d’une riche bibliothèque personnelle. Il a écrit de nombreux ouvrages, malheureusement perdus, dont un catéchisme. C’est sans doute à cette époque qu’il rédige son œuvre majeure " De uno Vero Deo Jehova Disputationes " (que les Editions unitariennes de Milan viennent de republier en traduction italienne en novembre 2012, lien). Ce livre, cité par Sandius (Vidend. Sandii B.A. pp.25, 23, 29. Bock, Hist. Ref. Pol. L. Ii. C. i. P.40. Wolfi Bibl. Hebr. T.I., p. 642.), est imprimé par John Carzanski à Losk, en Lituanie, en 1578). Le site italien Eresie mentionne aussi 11 thèses contenues dans un second ouvrage « Theses de trino et uno Deo » qui aurait été imprimé auparavant par le lituanien anti-trinitaire Szymon Budny en 1575.


En 1574, N. Paruta adresse une lettre à Stanislaüs Lutomirscius, superviseur de l’Eglise antitrinitaire de Pologne, à propos du baptême. Il s’y montre favorable à ce que tous ceux qui sont admis au sein de cette Eglise soient baptisés afin de prévenir toute conséquence mauvaise, mais sans toutefois aller jusqu’à l’idée que ce rite soit nécessaire au salut.

Ndlr – s’agit-il là simplement du baptême ou bien de re-baptiser les chrétiens venus d’autres Eglises où le pédo-baptême est pratiqué ? On sait que Faust Socin ne sera jamais membre de cette Eglise, bien que théologien à son service, car il gardera son baptême initial.


Il est avec Matthieu Vehe au collège de Kolozsvar lorsqu’éclate en 1578 le funeste confit entre Georges Biandrata et Ferencz David. En mars 1578, Georges Biandrata (lui aussi médecin et théologien italien) fait venir Faust Socin pour convaincre l’évêque unitarien Ferencz David de la nécessité de maintenir le culte à Jésus, celui-ci ayant été élevé par Dieu après sa mort. C’est là une page sombre qui se terminera par l’emprisonnement du premier évêque transylvain et sa mort au cachot de la forteresse de Deva en novembre 1579 ( lien).


Les idées de l’évêque hongrois sont partagées par plusieurs anti-trinitaires de l’époque, entre autres le Lituanien Szymon Bundy, Matthieu Vehe, le Paléologue, et N. Paruta lui-même, etc. Il est parfaitement erroné de présenter Ferencz David comme un être instable, changeant d’idées, novateur isolé. Il épouse au contraire le mouvement réformateur de son époque où la réflexion théologique a rapidement glissé vers des positions aujourd’hui admises par la plupart des chrétiens unitariens actuels. Au XVIIIème siècle, on assistera d’ailleurs en Angleterre au même glissement, les unitariens se séparant sucessivement des ariens, puis des sociniens.


Il meurt peu après les évènements, probablement en 1581 à Nagyenyed (nom hongrois de la petite ville actuelle d’Aiud, au sud de Torda) où il avait une maison.


Christian Francken arrive au collège de Kolozsvar, après les évènements tragiques que nous venons d’évoquer et après la mort de N. Paruta, une première fois en 1585, puis de 1589 à 1591.


Christian Francken est un Allemand né vers 1550 à Gardelegen, en Saxony-Anhalt. Il devient jésuite et enseigne au collège jésuite de Vienne. Il quitte sa fonction en 1577 et, étant acquis à l’anti-trinitarisme, cela lui vaut une vive polémique avec les calvinistes (par exemple avec le huguenot français François Du Jon en 1584). Il est arrêté en Pologne, se réfugie en 1585 en Transylvanie, auprès des anti-trinitaires de Kolosvar, repart à Prague où il est en 1587 – il y est présenté au mathématicien et astronome gallois John Dee -, puis revient à Kolozsvar (1589-1591). Il publie deux nouveaux livres à Prague en 1592, mais lors d’un voyage en Italie en 1598, il est arrêté et sans doute mis à mort vers 1610. Son nom est mentionné dans un document de l’Inquisition daté de 1611.

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Published by Jean-Claude Barbier - dans sur l'unitarisme
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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 01:22

Notes de lecture de Jean-Claude Barbier à partir du Dictionnaire de philosophie de Christian Godin, 2004, Fayard / éditions du Temps, 1534 p.

 

Le transcendantalisme (ou transcendentalisme) met l'accent sur le pouvoir qu'a l'esprit de connaître indépendamment de l'expérience. En cela il s'oppose à l'empirisme. Le transcendant dépasse l'ordre naturel (physique) et ordinaire (humain) des choses ; il est à la fois extérieur et supérieur. La métaphysique est la science des transcendantaux.

 

Dans la philosophie médiévale, chez les scolastiques, le transcendantal est une entité qui, par-delà les catégories d'Aristote et antérieurement à elles, s'applique à tous les êtres : l'Être, le premier des transcendantaux, puis les "convertibles" que sont l'Un, le Vrai, le Beau, etc. La signification de ces termes dépasse toutes les catégories, ceux-ci sont transgénériques et universels.  

Leibniz (1646-1716) parle des nombres transcendants (comme pi) et des fonctions transcendantes lorsque celle-ci ne peut être exprimée par un nombre fini d'opérations algébriques effectuées sur la variable.

G. Berkeley (1685-1753) parle de maxime transcendantale lorsque celle-ci domine les sciences particulières.

Kant (1724-1804) qualifie de transcendant tout ce qui dépasse les limites de l'expérience, donc d'une connaissance possible. Le criticisme kantien est un transcendantalisme qui, contrairement à la tradition médiévale, est centré sur le sujet.

Ralph Waldo Emerson (1803-1882), philosophe américain, fonde un système un système idéaliste, mystique et panthéiste qu'il nomme le transcendantalisme.

Henry Thoreau (1817-1862), fut aussi un transcendantaliste américain qui prôna un retour à la Nature.

H. Cohen (1842-1918), néokantien, a adopté et pratiqué la méthode transcendantale qui consiste à rechercher les conditions de possibilité de la connaissance scientifique.

Johann Gottlieb Fichte (1762-1814), philosophe allemand, est connu pour son idéalisme transcendant et absolu qui influença ses compatriotes Schelling (1775-1854) et Hegel (1770-1831). Disciple émancipé de Kant, il conçut un idéalisme absolu où le moi justifie l'existence du monde et son sens (Théorie de la science, 1801-1804).

Husserl (1856-1939) qualifie l'ego lui-même, la subjectivité, de transcendantal, lorsqu'il a opéré la réduction et modifié son regard naturel sur le monde. Par l'expérience transcendantale, la conscience saisit sa propre réalité transcendante par un retour sur soi, faisant abstraction de toutes les donénes empiriques.

Bergson (1859-1941) utilise le verbe "transcender" dans le sens de surmonter, surpasser, outrepasser les cadres naturels et ordinaires

Heidegger (1889-1976) renvoie la transcendance au caractère propre à l'existant dont la conscience est hors de soi, non définie par une essence

d'une façon générale, la phénoménologie qualifie de transcendant ce vers quoi la conscience se projette, mais elle ôte à la transcendance toute dimension métaphysique en l'assimilant à l'extériorité ; dès lors, pour la conscience, l'objet et autrui sont transcendants.

Jean-Paul Sartre (1905-1980) désigne par transcendance le mouvement de la conscience qui la conduittoujours au-delà d'elle-même et de ce qui est, cet au-delà restant dans le cadre immanent de notre monde. Ainsi la conscience totalisatrice ne saisit-elle pas l'objet tel qu'il est mais l'apréhende dans son incomplétude en le dépassant vers ce qu'il n'est pas (détotatlisation totalisatrice). D'une façon générale, chez les existentialistes, la transcendance dénote l'intentionalité de la conscience, son surgissement, sa puissance négatrice.

Jean Wahl (1888-1974) propose le terme de "transascendance" (au-delà de ce qui est ascendant) pour désigner le mode d'être propre de la conscience qui, d'un point de vue phénoméménologique ou existentialiste, atteint un être autre d'une puissance supérieure et dépasse le monde tout en ne lui échappant pas. L'individu peut ainsi s'arracher à sa finitude. Inversement, il forge aussi le concept de "transdescendance" pour désigner le mouvement de transcendance vers la naturalité et la corporéité, l'humus de l'existant humain.

 

ralph_waldo_emerson_bis.jpegLe transcendantalisme américain (avec Ralph Waldo Emerson - portrait ci-joint - et  Henry Thoreau) est influencé par la pensée allemande (Hegel, Schelling), en réaction contre le matérialisme et l'utilitarisme des Lumières, déjà très présents aux Etats-Unis à cette époque. Elle est une forme d'idéalisme intuitionniste pensant le divin, la nature et l'homme dans leur unité panthéiste. L'univers est conçu par Emerson comme le corps de l'esprit divin infini, une "surâme" (oversoul) qui partout se diffuse et le vivifie. Dans le domaine de la philosophie pratique, le transcendantalisme se présente comme un individualisme libertaire rejetant le conformisme social au profit de valeurs idéales.

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Published by Jean-Claude Barbier d'après Christian Godin - dans (hist) EMERSON Ralph Waldo
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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 12:57

Pologne_rakovskykatechismus.jpg

Dans cette rubrique consacré aux catéchismes, nous rappelons celui de Rakow car les articles en français le concernant se trouvent dispersés entre plusieurs sites (Profils de Libertés, La Besace des unitariens, etc.). Il s'agit donc ici d'un récapitulatif que nous aurons l'occasion d'enrichir.


Pour le catéchisme de Rakow, nous n'en avons pas la traduction en français, mais un article d'Albert Blanchard-Gaillard de ce qui fut l'Académie de Rakow ( lien) et un article de réflexion sur les catéchismes et en particulier celui dont il est question (" Les catéchismes peuvent-ils être non conformistes ? Celui de Rakow (1605) ", dans la rubrique à son nom sur le présent site ( lien) ; et un texte de Pierre Bailleux " Le catéchisme polonais de Rakow " donnant un extrait de l'introduction significatif de la liverté de penser qui y est prônée ( lien).

 

Sur le socinianisme, qui correspond à l'idéologie du catéchisme de Rakow, voir, sur le site présent, notre important dossier consacré à ce courant de pensée (lien).

 

Ndlr - pour une expression contemporaine, voir le Manifeste d'Avignon (août 2012), qui définit la position chrétienne unitarienne d'aujourd'hui en Europe occidentale (France, Italie, Royaume Uni) (lien) et qui a été par la suite largement partagé par plusieurs autres communautés en Norvège, Afrique noire francophone et Amérique (lien).

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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 13:38

Filum Arianum. Le fil d'Arius dans l'histoire du dogme trinitaire, par Maurice Causse *, protestant de l’ERF, théologien et historien, spécialiste de Paul Sabatier ( lien).

De quoi s'agit-il ? La piété chrétienne s'adresse au Père, au Fils, et au Saint-Esprit, formule utilisée dans cet ordre en Matthieu 28, 19 ; dans 2 Corinthiens 13, 13, on a l'expression : Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l'amour de Dieu le Père, et la communion du Saint-Esprit, soient avec vous tous. Le dogme trinitaire définit les relations entre ces trois éléments. Sa formulation officielle est le symbole d'Athanase :

saint athanase le grandQuicumque vult salvus esse, ante omnia opus est ut teneat catholicam fidem,
Quiconque veut être sauvé, avant toute chose il importe qu’il s’en tienne à la foi catholique.
Quam nisi quisque integram inviolatamque servaverit, absque dubito in aeternum peribit.
Que l’on doit conserver intégrale, inviolée, sans hésitation, sous peine de périr pour l’éternité.
Fides autem catholica haec est,ut unum Deum in Trinitate,et Trinitatem in unitate veneremur
La foi catholique, c’est que nous vénérons Dieu unique dans la Trinité, et la Trinité dans l’unité.
saint Athanase le Grand, fresque restaurée de la chapelle du monastère de Mar Musa, désert de Syrie

Neque confundentes personas, neque substantiam separantes. Nous ne confondons pas les personnes et nous ne séparons pas les substances.
Alia est enim persona Patris, alia Filii, alia Spiriti sancti.
Autre est la personne du Père, autre celle du Fils, et autre celle du Saint-Esprit.
Sed Patris, et Filii, et Spiritus sancti una est divinitas, aequalis gloria,coaeterna majestas.
Mais une est la divinité du Père, du Fils et du Saint- Esprit, égale est leur gloire, coéternelle leur majesté
Qualis Pater,talis Filius,talis Spiritus sanctus.
Tel Père, tel Fils, tel Saint-Esprit.
Increatus Pater, increatus Filius, Increatus Spiritus sanctus.
Le Père est incréé, le Fils est incréé, le Saint-Esprit est incréé.  
Immensus Pater, immensus Filius, immensus Spiritus sanctus.
Le Père est immense, le Fils est immense, le Saint-Esprit est immense.
Aeternus Pater, aeternus Filius, aeternus Spiritus sanctus.
Le Père est éternel, le Fils est éternel, le Saint-Esprit est éternel.
Et tamen non tres aeterni,sed unus aeternus.
Mais non pas trois éternels ; c’est un seul éternel.
Sicut non tres increati, nec tres immensi, sed unus increatus et unus immensus.
De même non pas trois incréés, ni trois immenses, mais un seul incréé, et un seul immense.
Similiter omnipotens Pater, omnipotens Filius, omnipotens Spiritus sanctus.
De même le Père est tout-puissant, le Fils est tout-puissant, le Saint-Esprit est tout-puissant.
Et tamen non tres omnipotentes, sed unus omnipotens.
Et cependant non pas trois tout-puissants, mais un seul tout-puissant.
Ita Deus Pater, Deus Filius, Deus Spiritus sanctus.
Ainsi le Père est Dieu, le Fils est Dieu, le Saint-Esprit est Dieu.
Et tamen non tres Dii, sed unus est Deus.
Mais non pas trois Dieux : c’est un seul Dieu.
Ita Dominus Pater, Dominus Filius, Dominus Spiritus sanctus.
Ainsi le Père est Seigneur, le Fils est Seigneur, le Saint-Esprit est Seigneur.
Et tamen non tres Domini, sed unus est Dominus.
Mais non pas trois Seigneurs : c’est un seul Seigneur.
Quia, sicut singillatim unamquamque personam Deum ac Dominum confiteri Christiana veritate compellimur : ita tres Deos aut Dominos dicere, catholica religione prohibemur
Car, de même que la vérité chrétienne nous oblige à confesser que chacune des personnes est Dieu et Seigneur, la religion catholique nous interdit de dire qu’il y ait ainsi trois Dieux et trois Seigneurs.
Pater a nullo est factus, nec creatus, nec genitus..

Le Père n’a été fait par personne, ni créé, ni engendré.

Filius a Patre solo est : non factus, nec creatus, sed genitus.
Le Fils vient du Père seul ; ni fait, ni créé, mais engendré par lui.
Spiritus sanctus a Patre et Filio : non factus, nec creatus, nec genitus, sed procedens.
Le Saint-Esprit vient du Père et du Fils; ni fait ni créé, ni engendré, mais procédant d’eux.
Unus ergo Pater, non tres Patres : unus Filius, non tres Filii: unus Spiritus sanctus, non tres Spiritus sancti.
Il n’y a donc pas trois Pères, mais un seul ; ni trois Fils, mais un seul, ni trois Saint-Esprits, mais un seul.
Et in hac Trinitate nihil prius aut posterius, nihil majus aut minus; sed totae tres persones coaeternae sibi sunt, et coaequales.

Et dans cette Trinité rien ne vient avant ou après ; ni au-dessus ou dessous. Les trois personnes sont égales et coéternelles.
Ita ut per omnia, sicut jam supra dictum est, et unitas in Trinitate, et Trinitas in unitate veneranda sit.
Ainsi, que toujours l’unité divine soit vénérée dans la Trinité des personnes et la Trinité dans l’Unité.
Qui vult ergo salvus esse, ita de Trinitate sentiat.
Celui qui veut être sauvé, c’est ainsi qu’il doit ressentir la Trinité.

Etc.


Ce texte remonte au VII° siècle, sans doute un peu au-delà. Il marque l'aboutissement d'une controverse
commencée au III° siècle, avec pour protagonistes l'évêque Athanase d'Alexandrie et le moine Arius. Elle est tranchée par l'autorité impériale en 325, Constantin étant devenu en fait le chef de l'Eglise chrétienne, qui officialise le symbole de Nicée, toujours en usage dans les différentes Eglises chrétiennes. Après des péripéties au cours du IV° siècle, les ariens opposés au nouveau dogme trinitaire seront définitivement exclus et persécutés à partir de 381 sous l'empereur Théodose. Mais des hérésies naissent à propos de l'interprétation exacte du symbole de Nicée, en sorte que des précisions furent jugées nécessaires. En tout cas, nous verrons que Calvin fut traité d'arien pour avoir voulu délaisser le symbole d'Athanase, et qu'il s'inclina. La discussion était close, et Michel Servet périt, d'avoir osé la rouvrir. Nous y reviendrons.

 

à suivre ...

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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 12:52

par Maurice Causse, suite des pages précédentes  ...

 

Les ariens étaient-ils vraiment "anti-trinitaires" ? Certains le furent, sans doute.

Il ne faut pas chercher dans l'histoire ecclésiastique plus d'équité que dans une campagne électorale victorieuse. On a cependant un document parfaitement objectif ; c'est un débat public entre saint Augustin et l'évêque arien Maximin, ou Maximinus, tenu à Hippone en 427, avec des secrétaires qui ont dressé le procès-verbal du débat, sténographié au cours des séances et contresigné par les protagonistes. Comment avait-ce été possible ? C'est qu'il y avait une exception aux lois répressives  de Théodose. En 410, Rome a été prise et saccagée par les Vandales d'Alaric, ariens ; humiliée. Après la guerre, Augustin eut à confesser nombre de nobles dames romaines qui avaient subi, de la part des beaux scandinaves, les pires outrages, où la confession sincère de leur péché les contraignait à dire qu'elles y avaient trouvé du plaisir. Et nous avons les lettres consolantes d'Augustin.

 

C'est dire que l'Empire romain n'est plus aussi puissant qu'autrefois. Ses armées sont formées de mercenaires étrangers, notamment scandinaves, qui sont souvent chrétiens ariens. Comment cela ? Eh bien, trente ans plus tôt, à Constantinople, le Goth Ulfilas (Wulfila, le loup) (lien) devenu militaire s'était converti, arien et même évêque, puis était reparti "évangéliser" son hérésie en Suède. Une des méthodes les plus dangereuses des ariens était de multiplier les études bibliques. Ils étaient ainsi très forts pour lancer leurs versets à la face des prédicateurs bons catholiques. D'où l'importance du principe suivant formulé par saint Augustin : Omnia quae leguntur de Scripturis sanctis, ad instructionem et salutem nostram, intente oportet audire. Maxime tamen memoriae commendanda sunt, quae adversus haereticos valent plurimum. (Tout ce qu'on lit dans les Ecritures saintes pour notre instruction et salut, il convient de l'écouter avec attention. Il faut cependant tenir en mémoire surtout ce qui peut le mieux servir contre les hérétiques. Ep. in Io. Ep. X, 2, 1).


On va voir que la mémoire biblique de Maximin était prodigieuse. Le gouverneur d'Afrique du Nord, Boniface, étant entré en rébellion contre l'empereur, avec à la clé le ravitaillement de Rome en blé, l'empereur envoie en médiateur l'aumônier général des Goths Maximin, évêque arien (toujours l'exception). Pour saint Augustin, c'était l'occasion de l'embarrasser. Car l'arianisme est interdit. Or Maximin accepte, malgré le danger à cause des lois de l'Empire, car, dit-il : La confession de bouche est nécessaire au salut (Rom 10, 10) ; car nous sommes disposés à répondre à quiconque nous demande raison de notre foi et de notre espérance (1 Pierre 3, 15) ; puisque le Seigneur Jésus  dit lui-même : Celui qui me confessera devant les hommes, moi aussi je le confesserai devant mon Père qui est dans les cieux; et celui qui m'aura renié devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est dans les cieux (Mat. 10, 32). Craignant, dis-je, ce péril, quoique je n'ignore pas les lois de l'empire, mais instruit en même temps de la loi du Sauveur qui nous a donné cet avertissement : Ne craignez point, dit-il, ceux qui tuent le corps, mais qui ne peuvent tuer l'âme (Mat. 10, 28) ; par tous ces motifs, je réponds en termes clairs et positifs.

Confession de foi arienne de l'évêque Maximin - Je crois qu'il n'y a qu'un seul Dieu, le Père, lequel n'a reçu la vie de personne. Je crois qu'il n'y a qu'un seul Fils, lequel a reçu du Père son existence, sa nature et sa vie. Je crois qu'il n'y a qu'un seul Saint-Esprit paraclet, lequel illumine et sanctifie nos âmes. Et j'affirme cela d'après les divines Ecritures.

J'ai montré bien des fois cette confession arienne à des amis, évidemment non familiers de l'escrime dogmatique ; aucun n'a trouvé l'hérésie. Si on demande à un professionnel de définir le dogme trinitaire, invoqué dans toutes les formulations actuelles de l'oecuménisme, personne n'ose plus invoquer sa définition officielle, donnée dans le symbole d'Athanase, le Quicumque. Les éléments de ce symbole se retrouvent dans les discours d'Augustin dans sa dispute avec Maximin. Le problème entre eux, contrairement à une idée répandue sur les ariens et qui s'avère ici être une calomnie, ne concerne pas directement la divinité de Jésus-Christ. Entre parenthèses, ne mélangeons pas nos façons de poser le problème avec celles du IV° ou du XVI° siècle. Les ariens du IV° siècle, et plus tard les "anti-trinitaires" du XVI°, affirment bel et bien la divinité du Christ, contrairement à la légende officielle. Le vrai problème, depuis le IV°, c'est l'égalité du Père et du Fils.

Ndlr - Contrairement aux anti-trinitaires Georges Biandrata et Faust Socin qui maintiennent une divinisation de Jésus après sa mort et résurrection (divinisation car ayant été élevé par Dieu), l'évêque transylvain Ferenc David veut cesser tout culte à Jésus, celui-ci étant simplement homme, ce qui lui vaudra sa captivité dans la forteresse de Deva où il décèdera rapidement en novembre 1579. Aujourd'hui, les unitariens suivent l'exemple de Ferenc David.


Pour l'orthodoxie, c'est une question de logique. Puisque, d'après Deut. 6, 4, Le Seigneur ton Dieu est un Dieu unique,  il y a identité de nature divine entre Dieu et Christ, définie avec précision par le symbole d'Athanase. Une illustration de cette vision se voit dans des représentations de Dieu dans l'Ancien Testament, quand il parle à Moïse ou Abraham : on le voit avec le nimbe et portant la croix, par exemple dans les fresques de Saint-Savin (XII° siècle) : autrement dit, c'est déjà le Christ.


Pour l'évêque arien, l'argumentation est purement scripturaire. Puisqu'on trouve dans l'Ecriture des textes permettant de dire que Christ est Dieu, il est Dieu et même "grand" Dieu. Mais quand Jésus parle de Dieu, c'est de Dieu le Père qu'il s'agit, plus grand que lui-même le Christ. Quant à la déduction logique d'Augustin, elle n'a pas de poids contre l'évidence des textes.


On comprendra mieux le problème avec un peu d'histoire de la pensée. Pour les Grecs anciens, la déduction logique existe bien, et elle est dans la Logique d'Aristote, mais elle ne vaut pas l'évidence directe en tant que preuve de vérité. C'est pourquoi il leur faut une représentation géométrique pour illustrer un théorème d'algèbre. Même échelle de valeur, qui se traduit dans le vocabulaire, en latin. Avec cette explication, nous pouvons dire que les deux adversaires ont la même base, qui est l'Ecriture ;  Augustin en balaye les affirmations contradictoires au bénéfice d'une dogmatique logiquement cohérente. Maximin met en évidence que cette cohérence est artificielle, par la profusion de ses citations scripturaires. Sa cohérence à lui, c'est l'unité morale du Père et du Fils, qui ne signifie pas unité de nature, tant qu'un texte ne le précisera pas. Il est insaisissable, et Augustin publiera plusieurs traités contre lui – preuve de son embarras.


Maximin a même visiblement marqué un point. Augustin (XIV) : Pourquoi (Christ) est-il le vrai Dieu ? Parce qu'il est le vrai Fils de Dieu. En effet, il a été donné aux animaux d'engendrer exclusivement des êtres semblables à eux-mêmes ; et tandis qu'un homme engendre un homme, qu'un chien engendre un chien, Dieu n'engendrerait pas un Dieu ? Augustin  a parlé trop vite. La volée de retour ne se fera pas attendre : Maximin (XX) Quand il s'agit de Dieu, on ne doit employer que des comparaisons dignes. Ce qui me déplaît, ce qui m'a causé une douleur profonde, c'est de vous avoir entendu dire qu'un homme engendre un homme, et qu'un chien engendre un chien : une comparaison si ignoble ne devait pas être employée à l'égard d'une si haute majesté.

Le Fil d'Arius va désormais se diviser en deux torons, à l'Occident et en Orient. En Occident, suivons les Scandinaves, les Wisigoths dans le Sud-Ouest de la Gaule et en Espagne, et les Vandales en Espagne du Sud, la "Wandalousie", et l'Afrique du Nord. Il y eut d'autres implantations ; mais le catholicisme finira par triompher.

 

Clovis-et-Aleric.gif
Ndlr - la bataille de Vouillé en 507 (c-dessus illustrée). Clovis, roi des Francs, fut appelé par les habitants de Poitiers pour les délivrer de la domination d’Alaric II, roi des Visigoths ; une sanglante bataille eut lieu à Vouillé, à 17 km à l'O.- N.-O. de Poitiers. Les Visigoths furent vaincus, et leur roi tué de la main de Clovis. Tous les biens qui, dans le Poitou, avaient appartenu aux temples du paganisme, aux juifs et aux ariens, furent alors donnés par le vainqueur à l’évêque et à l’église de Poitiers.

En Orient, la destinée arienne aura plus d'avenir, avec l'islam. 

à suivre ...

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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 12:31

par Maurice Causse, suite des pages précédentes ...


Les recherches récentes sur les origines de l'islam s'orientent vers une résurgence de l'arianisme, dont il ne se distingue vraiment qu'à partir du IX°siècle. De l'islam, la culture française de base connaît trois dates ou personnages :
1. Mahomet a fondé l'islam avec l'Hégire en 622 et enseigné le Coran.
2. Charles Martel a battu les Arabes à Poitiers en 732.
3. Charlemagne, couronné empereur à Noël en l'an 800, correspondait avec le calife Haroun ar-Rachid.
Si maigre soit-il, ce squelette d'histoire dit déjà pas mal de choses. On peut lui donner chair et couleurs.

Le prophète Mahomet

Toute cette histoire est à revoir de fond en comble. On a contesté jusqu'à l'existence du prophète Mahomet, ou Mohammed. Il en résulte deux problèmes. D'abord cette mise en cause scandalise les musulmans, et chacun sait que cela ne va parfois sans danger. Le seul moyen, à mon sens de tenter la chose dans l'esprit qu'il faut, c'est de se rappeler le scandale intérieur à notre propre Eglise protestante de France au XIX° siècle, quand on mettait en cause l'histoire évangélique, et les disputes féroces entre les "orthodoxes" et les “libéraux”. Avec ce rappel, on éprouvera quelque modestie,  peut-être de la sympathie envers les musulmans indignés. Il est plus facile de détruire un système que de reconstruire ensuite une Histoire sur laquelle des croyants non savants, mais sincères et honnêtes dans leur foi en Dieu, ont construit le sens de leur vie, avec le désir de faire ce qui est juste et bon. Je ne puis que dire ici ma synthèse personnelle et sans doute provisoire.

Le prophète Mohammed a bien existé, avec le nom que nous lui connaissons. Mais, s'il n'est pas tout à fait inconnu chez les auteurs chrétiens de l'époque, ce n'est pas comme prophète, mais comme marchand. De toute façon, ce qu'on sait de la vie locale est de la plus extrême modestie. Son épouse préférée Aïcha racontera plus tard comment, pour faire ses besoins naturels, elle s'écartait du village le soir, et que sinon les maisons empestaient. Or sa famille était l'une des plus riches de la tribu. Mohammed ayant commencé  à prendre de l'importance, son gendre Omar déplore l'indigence de son logement, un mobilier réduit à quelques tapis de feuilles de palmier, avec des coussins. Rien à voir avec les rois de Perse.

Néanmoins l'ascension prodigieuse de l'islam sur la scène politique internationale est un fait avéré.
La "Mosquée d'Omar", ou "Coupole du Rocher", sur l'Esplanade des mosquées à Jérusalem, est un monument superbe et daté en 692, avec une inscription de 240 mètres de long en arabe à l'intérieur. Tout le monde vous dit que ce sont des citations du Coran. Il vaut la peine d'y voir de plus près.

Coran 19, 33-36 - (Marie) montra l'enfant au berceau ... qui dit : ... Dieu a exigé de moi la piété envers ma mère, 34 : la paix soit sur moi le jour de ma naissance, le jour ma mort, le jour de ma résurrection. Tel est Jésus fils de Marie, de vérité sur qui ils se disputent. Il n'est pas de Dieu, de prendre un fils. Loué soit-il. S'il décide une chose, il dit : qu'elle soit et elle est. Certes, Dieu est mon maître et le vôtre. Servez-le, c'est la voie droite.

Le texte de l'inscription de la Mosquée - O Dieu, bénis ton envoyé, ton serviteur Jésus fils de Marie, paix sur lui le jour de sa naissance, le jour de sa mort, le jour de sa résurrection. Tel est Jésus fils de Marie, parole de vérité, sur qui vous vous disputez. Il n'est pas de Dieu, de prendre un fils. Loué soit-il. S'il décide une chose, il dit : qu'elle soit et elle est. Certes Dieu est mon maître et le vôtre. Servez-le, c'est la voie droite.

 

mosqueedomar.jpgLa mosquée d’Omar à Jérusalem. Les musulmans l’appellent « Koubbet es Shakra » (la coupole, ou dôme, du rocher). Elle fut érigée au VIIe siècle sur le rocher où, selon la légende, s’élevait le temple du roi Salomon et où Hérode le Grand fit reconstruire un autre temple.

La correspondance mot à mot exclut tout hasard. La seule différence est le sujet. Dans l'inscription, c'est une bénédiction sur Jésus. Dans le Coran, c'est le bébé qui parle. Quel est l'original ? Personne de sensé ne peut prétendre que ce soit le Coran. C'est le Coran qui a utilisé un texte liturgique chrétien. En 692, la Mosquée récemment inaugurée est encore une église chrétienne. La considération des autres citations de l'inscription conduit à d'autres conséquences très importantes. La plus grave est celle-ci : Mohammed est un mot arabe signifiant : Qu'il soit loué. Il est hautement probable qu'à l'origine, la Confession de foi de l'islam fut une confession chrétienne arienne : Il n'y a de Dieu que Dieu ; qu'il soit loué l'Envoyé de Dieu (Jésus !).

C'est une confession de foi anti-trinitaire. Un certain nombre d'érudits doutent même qu'avant le IX°siècle Mohammed ait pu désigner un personnage défini. A mon avis c'est là une erreur. Les synopses du Hadith me paraissent à cet égard décisives. Cet ensemble de traditions, de valeur très inégale, permet d'asseoir un fond historique solide sur la période très pauvre du désert. En particulier le nom du personnage était sûrement Mohammed. C'est toujours, selon ces mêmes érudits, un titre de fonction ; et ils ont sûrement raison pour des monnaies arabes du VII° siècle portant sur une face la croix chrétienne et sur l'autre face l'inscription en arabe Mohammed, l'envoyé de Dieu. Dans ces conditions, le problème sera de trouver à quel moment le prophète Mahomet, ou bien ses disciples, auront utilisé la double signification de son nom pour en faire la confession de foi de l'islam.


Il est en tout cas certain que le Prophète fut influencé par l'arianisme, et cela lui fut reproché par d'autres chrétiens. Les conséquences de ces faits pour comprendre la nature du Coran ne seront pas moins graves.
 

à suivre ...

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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 12:14

par Maurice Causse, suite des pages précédentes

Poitiers, 732. En 632, Mohammed meurt à Médine. En 100 ans, conquête définitive de tout le Moyen-Orient hérétique et de l'Afrique du Nord, du sud de l'Espagne pour plusieurs siècles de brillante civilisation. Comment cela ? De même qu'en Palestine et en Syrie, les envahisseurs arabes ont été souvent bien reçus par des populations marquées autrefois par l'arianisme, Vandales et Visigoths ; cela, joint à des talents militaires évidents, explique en partie la rapidité de la conquête.

Il s'est joué une partie politique et religieuse importante dans l'empire arabe à la fin du VIII° siècle. Les chrétiens y ont tenu un rôle très important. Bien sûr, je simplifie. Comme il est naturel, des tensions internes ont accompagné la montée en puissance des Arabes et leurs victoires sur les Romains catholiques puis sur les Perses zoroastriens. Assassinats et guerres civiles, qui durent encore aujourd'hui. Le parti sunnite a son origine dans la dynastie oumayade, capitales Damas et Jérusalem. Ce sont en majorité les Arabes des tribus du nord, Syrie, d'origine chrétienne arienne. Ils parlent un arabe qui n'est pas écrit, ou bien l'araméen et le grec, langue de l'empire romain oriental (On a retrouvé à la mosquée Saint Jean Baptiste de Damas un texte biblique en arabe, en caractères grecs.). Ce sont les plus riches et les plus civilisés, ce seront donc les plus forts au premier siècle de l'islam. Le parti shiite a son origine dans le clan hachémite, celui du prophète Mohammed. C'est lui qui détient les traditions anciennes de la religion et en particulier celle de la pure langue arabe revendiquée dans le Coran par le Prophète. Elle est écrite, mais exprime des sons qui n'existent pas dans les autres langues sémitiques. Le travail commun de mise par écrit prendra du temps et ne s'achèvera pas avant le IX° siècle, avec la victoire du parti hachémite, à Bagdad pour capitale.

Ce parti bénéficiera d'une complicité chrétienne décisive, celle du parti nestorien, avec en particulier son chef, le patriarche Timothée Ier (727-823), grand homme politique et théologien subtil. Il sut établir des relations de fructueuse coopération avec le pouvoir impérial arabe, sur tous les plans. Relations avec l'Extrême-Orient, missions chrétiennes et musulmanes jusqu'en Chine, commerciales avec la route de la soie et théologiques pour les deux. Les nestoriens étaient trinitaires, ennemis des ariens. Mais la véritable Trinité, pour eux, ne s'établissait qu'à la Résurrection du Christ. Par rapport aux catholiques, ils refusaient que le Nouveau-né de la Crèche fût déjà le Christ égal à Dieu le Père. Ce qui permettait une certaine conciliation avec l'islam.

 

nestoriennes_et_route_de_la_soie.jpg églises nestoriennes (points bleus), voyages missionnaires (en rouge), route de la soie (en vert), villes-étapes (losange vert)
 

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un médium nestorien, fresque à Turfan (Mongolie). Les consultants sont des Asiatiques.

C'est ainsi que la version arabe d'une légende nestorienne, également attestée dans la tradition musulmane dit que Mohammed, encore jeune, aurait été initié à la vraie religion par le moine chrétien Bahira. Cette légende évoque la crucifixion de Jésus-Christ dans des termes identiques à ceux du Coran : la crucifixion n'avait été qu'une apparence. Bien sûr, Jésus ne deviendra Christ qu'à la Résurrection, trois jours après, selon le discours de Pierre à Jérusalem (Actes 2, 36). Et la même légende reproche à Mohammed, devenu grand, d'avoir gardé des sympathies ariennes. Evidemment, avec le calife hachémite voulant se débarrasser de la dynastie arienne de Damas, ce reproche-là pouvait être accepté.


On a de bonnes raisons de penser que l'islam tolérant, tel qu'il se présente aujourd'hui en Europe, a été formé définitivement dans ce contexte, et que le christianisme oriental, aussi bien nestorien qu'arien, s'y est majoritairement dissous. Sous sa forme définitive, le Coran date de cette période.

à suivre ...

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Published by Maurice Causse - dans sur l'arianisme
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