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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 13:38

Filum Arianum. Le fil d'Arius dans l'histoire du dogme trinitaire, par Maurice Causse *, protestant de l’ERF, théologien et historien, spécialiste de Paul Sabatier ( lien).

De quoi s'agit-il ? La piété chrétienne s'adresse au Père, au Fils, et au Saint-Esprit, formule utilisée dans cet ordre en Matthieu 28, 19 ; dans 2 Corinthiens 13, 13, on a l'expression : Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l'amour de Dieu le Père, et la communion du Saint-Esprit, soient avec vous tous. Le dogme trinitaire définit les relations entre ces trois éléments. Sa formulation officielle est le symbole d'Athanase :

saint athanase le grandQuicumque vult salvus esse, ante omnia opus est ut teneat catholicam fidem,
Quiconque veut être sauvé, avant toute chose il importe qu’il s’en tienne à la foi catholique.
Quam nisi quisque integram inviolatamque servaverit, absque dubito in aeternum peribit.
Que l’on doit conserver intégrale, inviolée, sans hésitation, sous peine de périr pour l’éternité.
Fides autem catholica haec est,ut unum Deum in Trinitate,et Trinitatem in unitate veneremur
La foi catholique, c’est que nous vénérons Dieu unique dans la Trinité, et la Trinité dans l’unité.
saint Athanase le Grand, fresque restaurée de la chapelle du monastère de Mar Musa, désert de Syrie

Neque confundentes personas, neque substantiam separantes. Nous ne confondons pas les personnes et nous ne séparons pas les substances.
Alia est enim persona Patris, alia Filii, alia Spiriti sancti.
Autre est la personne du Père, autre celle du Fils, et autre celle du Saint-Esprit.
Sed Patris, et Filii, et Spiritus sancti una est divinitas, aequalis gloria,coaeterna majestas.
Mais une est la divinité du Père, du Fils et du Saint- Esprit, égale est leur gloire, coéternelle leur majesté
Qualis Pater,talis Filius,talis Spiritus sanctus.
Tel Père, tel Fils, tel Saint-Esprit.
Increatus Pater, increatus Filius, Increatus Spiritus sanctus.
Le Père est incréé, le Fils est incréé, le Saint-Esprit est incréé.  
Immensus Pater, immensus Filius, immensus Spiritus sanctus.
Le Père est immense, le Fils est immense, le Saint-Esprit est immense.
Aeternus Pater, aeternus Filius, aeternus Spiritus sanctus.
Le Père est éternel, le Fils est éternel, le Saint-Esprit est éternel.
Et tamen non tres aeterni,sed unus aeternus.
Mais non pas trois éternels ; c’est un seul éternel.
Sicut non tres increati, nec tres immensi, sed unus increatus et unus immensus.
De même non pas trois incréés, ni trois immenses, mais un seul incréé, et un seul immense.
Similiter omnipotens Pater, omnipotens Filius, omnipotens Spiritus sanctus.
De même le Père est tout-puissant, le Fils est tout-puissant, le Saint-Esprit est tout-puissant.
Et tamen non tres omnipotentes, sed unus omnipotens.
Et cependant non pas trois tout-puissants, mais un seul tout-puissant.
Ita Deus Pater, Deus Filius, Deus Spiritus sanctus.
Ainsi le Père est Dieu, le Fils est Dieu, le Saint-Esprit est Dieu.
Et tamen non tres Dii, sed unus est Deus.
Mais non pas trois Dieux : c’est un seul Dieu.
Ita Dominus Pater, Dominus Filius, Dominus Spiritus sanctus.
Ainsi le Père est Seigneur, le Fils est Seigneur, le Saint-Esprit est Seigneur.
Et tamen non tres Domini, sed unus est Dominus.
Mais non pas trois Seigneurs : c’est un seul Seigneur.
Quia, sicut singillatim unamquamque personam Deum ac Dominum confiteri Christiana veritate compellimur : ita tres Deos aut Dominos dicere, catholica religione prohibemur
Car, de même que la vérité chrétienne nous oblige à confesser que chacune des personnes est Dieu et Seigneur, la religion catholique nous interdit de dire qu’il y ait ainsi trois Dieux et trois Seigneurs.
Pater a nullo est factus, nec creatus, nec genitus..

Le Père n’a été fait par personne, ni créé, ni engendré.

Filius a Patre solo est : non factus, nec creatus, sed genitus.
Le Fils vient du Père seul ; ni fait, ni créé, mais engendré par lui.
Spiritus sanctus a Patre et Filio : non factus, nec creatus, nec genitus, sed procedens.
Le Saint-Esprit vient du Père et du Fils; ni fait ni créé, ni engendré, mais procédant d’eux.
Unus ergo Pater, non tres Patres : unus Filius, non tres Filii: unus Spiritus sanctus, non tres Spiritus sancti.
Il n’y a donc pas trois Pères, mais un seul ; ni trois Fils, mais un seul, ni trois Saint-Esprits, mais un seul.
Et in hac Trinitate nihil prius aut posterius, nihil majus aut minus; sed totae tres persones coaeternae sibi sunt, et coaequales.

Et dans cette Trinité rien ne vient avant ou après ; ni au-dessus ou dessous. Les trois personnes sont égales et coéternelles.
Ita ut per omnia, sicut jam supra dictum est, et unitas in Trinitate, et Trinitas in unitate veneranda sit.
Ainsi, que toujours l’unité divine soit vénérée dans la Trinité des personnes et la Trinité dans l’Unité.
Qui vult ergo salvus esse, ita de Trinitate sentiat.
Celui qui veut être sauvé, c’est ainsi qu’il doit ressentir la Trinité.

Etc.


Ce texte remonte au VII° siècle, sans doute un peu au-delà. Il marque l'aboutissement d'une controverse
commencée au III° siècle, avec pour protagonistes l'évêque Athanase d'Alexandrie et le moine Arius. Elle est tranchée par l'autorité impériale en 325, Constantin étant devenu en fait le chef de l'Eglise chrétienne, qui officialise le symbole de Nicée, toujours en usage dans les différentes Eglises chrétiennes. Après des péripéties au cours du IV° siècle, les ariens opposés au nouveau dogme trinitaire seront définitivement exclus et persécutés à partir de 381 sous l'empereur Théodose. Mais des hérésies naissent à propos de l'interprétation exacte du symbole de Nicée, en sorte que des précisions furent jugées nécessaires. En tout cas, nous verrons que Calvin fut traité d'arien pour avoir voulu délaisser le symbole d'Athanase, et qu'il s'inclina. La discussion était close, et Michel Servet périt, d'avoir osé la rouvrir. Nous y reviendrons.

 

à suivre ...

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Published by Maurice Causse - dans sur l'arianisme
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