Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

Rechercher

Archives

Articles Récents

29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 00:46

Simon Sire (pasteur ERF) - Bonsoir, Je viens d’apprendre une triste nouvelle : Roger Parmentier est décédé cette nuit. Amitiés (message du 22 septembre 2012 au réseau de la Correspondance unitarienne).

Jean-Claude Barbier - Cher(e)s Ami(e)s protestants de la Correspondance unitarienne. Je partage votre tristesse en apprenant le décès du pasteur Roger Parmentier. Les Actualités unitariennes, dans leur rubrique "A contre courant, la page des prophètes" lui rendent hommage ( lien). Très fraternellement.
 

ont suivis de nombreux messages émis sur les pages Facebook d’Evangile et Liberté, du Protestantisme libéral et des Unitariens francophones, et dans le courrier reçu par le réseau de la Correspondance unitarienne

Nathalie Leroy-Mandart – Oh, non !

Gilles Castelnau - Cher ami, J'apprécie infiniment votre nécrologie de Roger et j'ai tout de suite installé un lien en 1ère page de mon site « Protestants dans la ville ». Fraternellement.
Ndlr - voir sur ce site de nombreux textes de Roger Parmentier (lien)

Florence Couprie - Merci Jean-Claude, j'apprends par vous cette nouvelle, merci de votre article. J'aimais beaucoup Roger et remercie Dieu de l'avoir rencontré. Comme beaucoup, prophétiquement il m'a bousculée. Bien fraternellement.

Maurice Causse - Merci de l'information. L'hommage est mérité. A 94 ans, la mort n'est pas triste, elle est une occasion de partage pour ceux qui restent. Pour les très vieux amis dont je suis, elle est même une préparation tonique à notre propre "délogement". La dernière livraison de la "Correspondance Unitarienne", avec la rencontre de La Raynaude, restera en témoignage d'un adieu de noble mémoire. Pour moi-même et ma famille, dont l'amitié remonte à l'Algérie, c'est aussi un rappel de sa tante Isabelle Peloux, fondatrice de la CIMADE à Alger, grande musicienne et pédagogue de génie. Nous nous sommes longuement rencontrés l'an dernier aux Journées d'Evangile et Liberté d'octobre dernier. Au culte de la "Grande Motte", on avait chanté ses cantiques. Nous n'avons pas prévu d'y aller cette année; je pense que son souvenir y sera dûment évoqué. Amicalement.

Michel Jas -  Salut Frère, tu avais l'âge de mon père.... Quand je l'ai vu le 25 Août pour une bénédiction de mariage au temple de Pamiers, il m'a dit ne pas pouvoir venir aux rencontres de la grande Motte. Il râlait contre l'ERF, sa hiérarchie et les postes vacants en Ariège... Et il m'a demandé de bien penser à lui ! Je lui ai répondu: "Tu crois à la prière d'intercession maintenant ?" , il m'a répondu : "sûrement pas ! "... On s'est embrassé, je lui ai demandé s'il n’était pas trop fatigué de prendre la route. En l'accompagnant vers sa voiture, on parlait de la recherche historique sur le catharisme, de la création du CIRCAED et du futur colloque de Mazamet, car, contre toute sa théologie, il s'intéressait néanmoins aux cathares ! Je lui ai dit "A bientôt"…
Il y a deux ans, Gwendoline Hancke, Jean-Louis Gasc et Anne Brenon, chez Roger Parmentier, pour parler des cathares : «Les cathares finalement s'inscrivent dans la droite ligne des apôtres de Jésus... Bons hommes et Bonnes Dames...Un peu comme au temps de la paix cathare, dans la maison du pasteur Parmentier, près du Mas-d'Azil, on prend le temps de laisser le coeur parler... Et çà aussi c'est de l'Histoire ! » (« Le christianisme cathare en question », lien).
La Dépêche lui avait récemment consacré un article, en date du 10 mai de cette année, intitulée « Le Mas-d'Azil. Rencontre avec un pasteur non-conformiste » (lien).

L’éditeur du site « Les cathares, images d’hérésie » (cité par Michel Jas) : « Le Pasteur Parmentier n'est plus de ce monde ! » dans la rubrique « je connais quelqu'un de formidable » : « Pour moi le pasteur Parmentier était un homme de résistance, de liberté et de Partage. Un ami impressionnant pasteur et presque athée à la recherche de l'homme Jésus et contre tous les enfermements dogmatiques et spiritualistes. Un homme de courage et de conviction un apôtre d'humanité » ( lien).


Nathalie Leroy-Mandart - Parti guetter sur d'autres horizons... (lien).
Roger Parmentier explique les cathares, archives personnelles : « A vue d'esprit », le 24.10.2008 (lien),

Richard Bennahmias - Souvenirs d'homériques engueulades. Je l'aimais bien quand même. Oui, quand même. Il émanait de lui un désir inexpugnable. " Et le Seigneur l'admit au paradis profond, car il était plus vif que méchant, dans le fond " (Georges Fourest).

Jean Hoibian - Un ami disparaît. Il croyait vraiment en l'Evangile ! J'ai beaucoup reçu de Roger malgré ses outrances. Voir sur le site de Jean Hobian, le 24 septembre, un hommage à Roger Parmentier (lien)

Hélène Lienhardt - Très triste d'apprendre ce décès. Que lui est il arrivé ? L'enterrement est sans doute prévu là où il habitait. S'il y a une cérémonie en région Île de France, merci de nous prévenir. Amitiés

Olivier et Jocelyne Breisch - Cette nouvelle nous attriste, nous avions fait sa connaissance à la GrandeMotte et mis un visage sur l'auteur de plusieurs livres que nous apprécions. bien fraternellement.

Gérard Mantion - Triste nouvelle et grande perte pour le protestantisme libéral.

Bernard Grosclaude - Très triste nouvelle ...

Régis Pluchet - C'est à la fois triste et heureux, car c'est dans l'ordre des choses. Ce qui serait vraiment triste et malheureux, c'est qu'il n'y ait pas de relève de sa trempe dans le protestantisme libéral. Il m'a accueilli une fois chez lui avec ma compagne. J'en garde un souvenir inoubliable. Merci Roger.
Il a eu la très grande gentillesse de m'offrir trois de ses livres. C'est complètement dépassé sur la forme et je crois ne pas lui faire injure de le souligner, mais c'est très intéressant sur le fond.

Michel Jas - Ces dernières années, à l'Assemblée annuelle du Désert à Mialet, il se mettait avec nous, ses collègues pasteurs, mais sans la robe pastorale (il faisait parti du groupe d'ecclésiastiques réformés qui avaient abandonné la robe vers 1968). Régis Pluchet - Il a eu bien raison d'abandonner cet uniforme noir corbeau. Il est bien dommage que des pasteurs le portent encore. Cela ne sied guère à un pasteur libéral.

Michel Jas - La tendance théologique de Roger correspond à celle de la mort de Dieu (avec ou sans guillemets à Mort ou à Dieu) associée à l'abandon du religieux ...
Samedi dernier, lors du colloque à Ventenac-Cabardès, quand j’évoquais les logia (source Q) comme source probable des Evangiles Luc et Mathieu, nos regards se croisaient avec Anne Brenon. Je suis sûr que nous pensions tous les deux à Roger Parmentier, adepte virulent de cette reconstruction … ! (lien). Régis Pluchet - La source Q est une hypothèse de travail, certes très utile, mais ce n'est qu'une théorie. Les tentatives de reconstitution ne sont pas dénuées d'intérêt, mais elles ne prouvent pas l'existence d'une source, ni d'ailleurs qu'il n'y ait qu'une seule source et fait l'impasse sur les multiples sources orales. Michel Jas - Oui d'accord avec toi Régis (je suis personnellement très sensible aux travaux de Christian-Bernard Amphoux sur le codex de Bèze qui complexifie la reconstruction en faveur des Logia) ; mais j'évoquais Roger Parmentier qui était heureux de trouver avec les logia un évangile plus didactique et politique que thaumaturgique (les miracles sont plus dans Marc) et sans croix et sans résurrection ... Il avait été fortement marqué par Jean-Marc Babut, "À la découverte de la Source : mots et thèmes de la double tradition évangélique", Le Cerf, 2007..! Roger trouvait que cela était assez convainquant pour sa militance ; il n'aimait pas que je cite les travaux du montpelliérain C.-B. Amphoux.

Emile Mihière - lettre à la famille le 25 septembre –aux enfants, petits enfants et parents de Roger. J’ai connu Roger quand il était pasteur à Montreuil et alors que moi même je débutai mon ministère protestant, également en région parisienne, à Montrouge. Puis j’ai lu ses livres et participé plusieurs fois aux stages qu’il animait au Mas-d’Azil. Je l’ai vu pour la dernière fois en août dernier et je crois qu’il nous y a livré le fond de sa pensée.
Roger était tout d’une pièce, sans fioriture ni double langage. Travailleur infatigable, il allait jusqu’au bout et en tirait les conclusions pour sa pensée et pour sa vie. Tant pis pour lui … et les autres s’il déplaisait ou scandalisait, il fallait que la vérité éclate. Bien sûr, il s’est fait des ennemis, mais il les aimait quand même !
J’ai écrit sur lui plusieurs articles dans la Correspondance unitarienne (1). Je pense qu’il manquera cet espèce de « Corps franc » dont une armée ne peut se passer (pardonnes moi, Roger, si j’emploie un terme militaire ; j’en ai pas d’autre à disposition). Comme le prophète Jésus, Roger voulait qu’on s’attache plus à son message bouleversant qu’à sa personne et j’essaierai de la mettre en pratique … et de le faire passer.
(1) « Roger Parmentier : un prophète qui comme Jésus reste bienveillant envers ses ennemis, un témoignage », article à la Une, n° 117, juillet 2012 (lien) ; « Août 2012, une semaine de stage chez Roger Parmentier, un compte rendu », article à la Une du n° 119, septembre 2012 (lien).

et du côté d’amis catholiques de la Fédération des réseaux du Parvis

Michel Roussel (au groupe des correspondants de la Fédération des réseaux du Parvis, le 25 septembre) - Je me dois de vous annoncer une bien triste nouvelle, le pasteur Roger Parmentier qui devait faire le voyage avec nous en Algérie (mais avait dû annuler pour ennui de santé) est décédé. C'est une grande figure du protestantisme et un grand spécialiste et ami de l'islam et du monde arabe qui s'éteint. Prions pour que Dieu l'accueille en son vaste paradis.

Jean Riedinger - J'assure toutes les deux semaines une émission de 3 minutes sur RCF Jéricho , radio  chrétienne de Nancy (émission par ailleurs quotidienne et assurée par des personnes de sensibilité religieuse ou spirituelles variées). Je vous envoie le texte que j'ai déjà enregistré qui sera diffusé le 1er octobre. Au moment où je l'ai élaboré et enregistré je ne savais pas que notre ami Roger Parmentier allait mourir . Je pense que ce texte est de fait de ma part un hommage à sa personne et à sa spiritualité émancipatrice

« Au cours de la messe la forme générale de la prière universelle après le Credo  est la supplication. La Constitution conciliaire l’indique clairement, tout comme la Présentation générale du Missel romain : il s’agit de prier pour les besoins de l’Église ; pour les dirigeants des affaires publiques et le salut du monde entier ; pour tous ceux qui sont accablés par une difficulté ; pour la communauté locale. » C'est de cette façon que se présente officiellement cet acte liturgique. Pourtant je vous propose une petite parabole que j'ai lu récemment et qui m'a beaucoup interrogé. Elle a été imaginée par Roger Parmentier qui est pasteur, exégète, engagé  dans les mouvements humanitaires et d'une manière générale propose des manières de comprendre la Foi pour les hommes et les  femmes d'aujourd'hui. Voici cette parabole.

« Ayant entendu les prières des chrétiens et spécialement leurs prières dites d’intercession en faveur des humains en détresse, "Dieu" leur répondit :
 « Chers enfants, il me semble que vous avez beaucoup de toupet… Vous me demandez de faire ce qui est justement de votre propre responsabilité. C’est un comble ! Vous me  demandez d’établir la paix sur la terre et la justice, de prendre soin des malades, de secourir les torturés, de donner leur pain quotidien (et l’eau potable) à ceux qui souffrent de famine, de donner un bon cœur aux enfants et aux adolescents, la générosité et la sérénité aux vieillards, du courage et de la détermination avisée aux responsables politiques, de délivrer les prisonniers, de ramener chez eux les exilés… et beaucoup d’autres choses semblables…
Mais tout cela c’est votre plan de travail, la mission que je vous ai confiée !  Pourquoi vous adresser à moi ?  C’est à vous de réfléchir et d’agir.  Pourquoi pas me demander aussi de réparer le robinet qui fuit, de changer une ampoule ou le pneu crevé ?
Si j’ai bien compris vos croyances sur la création du genre humain c'est  moi qui vous ai tout donné : une grande intelligence (que vous laissez souvent au chômage), un cœur compatissant (idem), l’esprit d’entreprise, une conscience sensible aux détresses, des mains et des bras pour agir, et tout le reste… et qu’en faites-vous ? Et vous me demandez d’intervenir ?
Dans ma grande sagesse, je sais bien que toutes ces demandes sont inspirées par de bons sentiments, de bonnes intentions… Mais vous savez bien que ça ne suffit pas. D’ailleurs vous dites vous-mêmes que "l’enfer en est pavé" (je ne sais toujours pas ce que vous appelez l’enfer à moins que ce soit ce que vous organisez pour beaucoup sur la terre ?).
Tout cela, je vous envoie régulièrement des prophètes pour vous le rappeler… Qu’en faites-vous ? Les éliminer ? Allez, un peu de courage spirituel, je vous en prie (chacun son tour) » fin de citation.
Quand nous préparerons les prières universelles avant l'offertoire, prières qui sont aussi une forme de regard chrétien sur le monde, pensons à ces reproches paternels de notre Dieu.

Gérard Warenghem - J'utilise souvent le même texte pour inciter ceux qui pratiquent la révision de vie, qui pratiquent le VOIR, le JUGER, mais qui oublient quelquefois l'AGIR ! (lien).

épilogue

Michel Jas - Annonce dans La Dépêche : « Sa famille et ses amis ont la tristesse de vous annoncer le décès le 22 septembre 2012, du Pasteur Roger PARMENTIER à l'âge de 94 ans, au Mas-d'Azil. Suivant son souhait, il n'y aura pas de cérémonie religieuse. Cet avis tient lieu de faire-part. ».

Bernard Grosclaude - J'avoue que je suis très impressionné par ce faire-part et surtout très admiratif de son contenu sobre et cohérent intellectuellement.

Lucile Blavy - C'était certainement un homme qui avait la foi. Que dois-je entendre par "Il n'y aura pas de cérémonie religieuse" - S'il y a matière à répondre dans ma question, merci de m'en expliquer le sens.

Michel Jas - Roger était un chrétien a-religieux ou "chrétien athée", disciple d'un Christ révolutionnaire... Sa tendance était, chez les libéraux, très minoritaire dans les années 90; mais lui était sympa, chahuteur et convaincu ... La dernière fois que je l'ai vu (après une cérémonie religieuse que je présidais), lui donnant le bras pour le raccompagner à sa voiture, je lui disais penser différemment de lui (je crois en Dieu, en l'au-delà, je porte la robe pastorale, je suis assez agnostique en politique, etc.), mais l'aimer et être un peu comme son fils "héritier infidèle", comme s'intitulait le livre de Claudius Vaultier .. Et je lui parlais de l'identité curieuse de cet auteur, ex-catholique libre penseur, ami de Théodore Monod et de Robert Jospin, autre vieillard partisan de "la mort" de Dieu, ou de la mort "de Dieu", qui traversait la France pour venir à Evangile et liberté... Roger Parmentier ne sera pas avec nous à La Grande Motte cette année !

Jean-Claude Barbier - Que va devenir son site des Guetteurs rebelles ? ( lien).

 

roger_parmentier_guetteurs_rebelles.jpg

 

ajouts de messages reçus après l'envoi du bulletin :

 

Farida Adjoudj (musulmane de sensibilité soufie) - Bonjour Jean-Claude, Quel émouvant hommage ! Je m´associe vivement à votre peine à tous ! Paix à son âme ... Union de pensée avec les proches ...

 

Marie-Claire Lefeuvre - Merci de nous avoir tenus au courant. Beaucoup de pasteurs perdent un allié, mais les fidèles sont souvent menés par des conservateurs et les pasteurs sont prudents pour conserver leurs postes, sans doute ...

 

Jean-Claude Widmann - Merci, Jean-Claude pour ton dernier message qui parle si bien de Roger Parmentier. C'est toi qui m'apprend la nouvelle. A qui écrire et où pour manifester ma sympathie ? C'est qu'il m'a énormément apporter et je voudrais pouvoir le dire.

 

J'ai découvert Roger Parmentier il y a plus de vingt ans, quand m'est tombé entre les mains un exemplaire de sa revue « ACTUEL, Bulletin de l'Association pour les Actualisation de la Bible ». Dans cette humble brochure ronéotypée, on trouvait divers exemples de réécritures de textes bibliques, écrits par lui-même ou par d'autres, et tout à fait réjouissants par leur langage délibérément actuel justement, par l'ouverture d'esprit dont ils témoignaient et par leur ancrage dans la réalité du moment. Aussitôt je l'ai appelé ; il n'a pas rechigné à venir dans ma lointaine paroisse pour expliquer son entreprise, tant aux catholiques qu'aux protestants [ndlr - J.-C. Widmann était alors président du conseil presbytéral de Briançon]. Par la suite, j'ai fréquenté nombre de sessions bibliques qu'il organisait l'été dans sa maison du Mas-d'Azil en Ariège, pratiquant une hospitalité simple et chaleureuse. Dans ces dernières années, on y abordait surtout la question qui lui tenait le plus à coeur : comment les « Hellenistes » (principaux écrivains du Nouveau Testament) avaient gravement déformé le message de Jésus dont il voyait la trace dans les versets évangéliques dénommés par les exégètes « source Q ». Les exposés étaient accompagnés énormément d'humour en sorte que, si l'on pouvait être en désaccord, on ne s'ennuyait jamais.
Il m'a semblé tout de suite que Parmentier était l'homme capable de nous empêcher de désespérer face au conformisme sans âge de nos Eglises protestantes, et je n'ai jamais compris pourquoi la majorité des pasteurs ont considéré avec indifférence ou dédain le combat qu'il menait. En tout cas, celui-ci lui a donné une sacrée force ! Il est resté « sur le front » toujours avec la même énergie, jusqu'à son dernier souffle. Nous sommes à présent orphelins. Qui va reprendre ce flambeau ? (message envoyé à la Correspondance uniatrienne le 29 septembre ; également mis en ligne sur le site de Gilles Castelnau, lien)

 

Roger Gau - j’ai reçu hier le n° de novembre. Je viens de le lire avec grand plaisir et je te remercie de tout ce travail. En lisant ce qu’était Roger Parmentier, je m’aperçois que nous n’avons pas en commun que le prénom. Quelle perte !Le concernant, je garde une dernière lettre qu’il m’a envoyée ; très touchante, car il m’invitait à une conférence demain lundi 1er octobre (lien), et c’était pour moi et mon épouse une grande joie de le rencontrer. Le destin en a décidé autrement.


Elisa Blandau - Je l'avais connu à Montreuil il y a une trentaine d'années, et ne peux oublier les grands moments que nous avons partagés... Je m'incline...


Nathalie Capo-Reverdin - Que sa mémoire soit bénie.


Fabien Maisonneuve - Qu'il repose dans la paix.

 

Eric Agier - C'est avec étonnement et beaucoup de bonheur que je viens de lire l'ouvrage " L'Invention du christianisme " où Roger Parmentier s'emploie à ressusciter avec vigueur le vrai message de Jésus après l'avoir dépouillé des rites et dogmes dont il fut affublé par Paul et les docteurs de l'Eglise, " qui auraient - comme il le dit - horrifié et scandalisé Jésus ".

Ce que j'admire chez lui, en plus de son érudition, c'est sa vraie passion évangélique, celle même de son Maître : " Le Royaume est aux violents ... je vômirai les tièdes de ma bouche ! ".

Sans le connaître, et à la même époque, j'ai écrit mon petit livre " Interview de Jésus-Christ " (lien) sur le même ton afin de répondre aux aspirations réelles de la nouvelle génération. Puisant aux mêmes sources historiques, notamment celle de Frédéric Amsler. Je présente aux jeunes le vrai Jésus, prophète du "royaume qui est au-dedans de vous " et non messie rédempteur.

J'aurais aimé rencontrer Roger Parmentier, mais j'apprends hélas que ce nonagénaire du même âge que moi vient de mourir. Mes condoléances.

 

Christiane et Herman Van den Meersschaut-Janssens (éditeurs de la revue belge La Libre Pensée chrétienne) - C'est avec tristesse que nous avons appris le décès de Roger Parmentier, nous nous sentions en communion avec lui, même si parfois nous le trouvions parfois un peu excessif. Je voudrais te demander, si nous pourrions reprendre de larges extraits de ton hommage à Roger pour le mettre sous ton nom dans notre courrier des lecteurs ? Cela permettrait à nos lecteurs (de la revue trimestrielle Libre pensée chrétienne) d'en savoir un peu plus sur lui dont nous avons publié l'un ou l'autre texte.

 

Paul Pistre (animateur du réseau Lettre aux catholiques amis des maçons) - Figurez-vous qu'il m'a été donné de rencontrer Roger Parmentier à Toulouse, lors d'une réunion de peu de présents, quelques jours avant son décès. Homme remarquable, même si son exégèse de Jésus, homme, fait Dieu par son entourage, reprend une vision bien connue dans l'Histoire et qui a du mal à expliquer la survie d'Institutions séculaires.

 

Régis Pluchet - Je ne sais pas comment Roger Parmentier voyait la mort en cette année 2012, mais lorsque je l'avais rencontré il y a quelques années, il m'avait assuré qu'il ne croyait pas à la vie après la mort, laissant entendre que pour lui la mort était un anéantissement complet et qu'il était très serein face à cette perspective. Je ne suis pas si sûr et serein que cela face à cette perspective, mais en tout cas, notre échange ici prouve qu'il s'est quelque peu trompé, car il vit encore dans cet échange.


Richard Bennahmias - Les colères de Roger ! saintes, parfois ... et quel extraordinaire séducteur.

 

Jean-Claude Barbier - Jean-Claude Barbier - Comment faire le deuil de nos amis ? (lien)

 

message de la famille de Roger Parmentier - Les amis de Roger Parmentier se réuniront pour avoir une dernière pensée pour lui le dimanche 14 octobre à 11 heures au Temple des Bordes sur Arize. Adresse électronique où vous pouvez envoyer vos condoléance (lien).

 

Ndlr - Voir sur le site des Amitiés islamo-unitariennes (en accueil sur celui des Etudes unitariennes), l'hommage à Roger Parmentier rendu par un groupe de 40 chrétiens français en visite en Algérie, de passage à Sétif (lien).

Repost 0
Published by la Correspondance unitarienne - dans CU 2012 - articles
commenter cet article
22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 09:22

La Paroisse libre de Bruxelles, par Edith Kuropatwa, catholique de la mouvance réformatrice, à réception du bulletin n°113 sur l’unitarisme en Italie - Merci pour toutes ces infos ! il me semble, à les lire un peu rapidement, que votre mouvement a tendance à s'institutionnaliser ? Mais j'interprète un peu trop vite, sans doute !
Moi, je fais toujours partie de la "Paroisse libre" qui continue à vivre le plus profondément possible l'essentiel de la foi catholique, en référence à la riche pensée des théologiens Pierre de Locht et Suzanne Vandermersch, hélas décédés depuis quelques années. Nos grandes différences avec l'Eglise vaticane sont le manque total de hiérarchie et de clergé, l'égalité hommes/femmes et la liberté de questionnement et de parole. Nous avons encore deux théologiens à notre service: Paul Tihon, jésuite très indépendant, et Thierry Snoy, ex-bénédictin et excellent bibliste. Grâce à eux, notre liberté de parole se déroule harmonieusement, dans le respect de tous et toutes, avec notamment la mise en pratique de l'égalité hommes/femmes. Je suppose qu'il en va de même chez vous ? Si ce vocable a du sens pour toi, je te souhaite un beau et fructueux temps pascal ! (message à Jean-Claude Barbier)
Jean-Claude Barbier (Bordeaux, chrétien unitarien) - L'institutionnalisation se fait effectivement peu à peu mais dépend beaucoup des personnes : il faut des personnes solides pour pouvoir avancer, sinon on fait des coquilles vides. Pour l'instant, en France, la mouvance unitarienne reste encore insuffisante par manque de ressources humaines. Par contre, en Italie, cela va beaucoup mieux. La différence, c'est qu'en France, beaucoup de protestants de sensibilité non dogmatique et non trinitaire restent au sein de l'Eglise réformée protestante où cette théologie est acceptée (même si elle n’est pas mise en avant !). Nous avons en conséquence beaucoup de sympathisants mais nous lançons un appel pour que des militants prennent des responsabilités

Le credo d’un catholique anonyme, mis en ligne le 26 avril 2012 sur le site de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU), lien.

La Trinité selon Théovie, information donnée par Régis Pluchet sur Facebook, le 26 avril 2012 - Je signale que, sur le site de l'Eglise réformée de France (ERF), dans le glossaire Théovie (programme de formation pastorale par correspondance), sur la Trinité, on peut lire :
La doctrine de la Trinité ne se trouve telle quelle ni dans les textes de l'Ancien Testament ni dans ceux du Nouveau. Elle a été formulée comme doctrine face à des interrogations importantes lors des premiers conciles de l'Eglise. Elle cherche à dire l'unicité de Dieu se manifestant aux croyants sous différentes formes. On parle de Dieu en trois " personnes " : le Père, le Fils et le Saint Esprit. Au cours des siècles, cette doctrine a été régulièrement contestée par des théologiens qui se considéraient pourtant chrétiens, par exemple Michel Servet au XVI° siècle ou aujourd'hui les Eglises unitariennes.

L’art du vivre joyeusement ensemble, lu le 26 avril 2012 sur la page Facebook d'Anne-Marie Allaz
J'aime chanter
Je suis croyante
je suis fleuriste et j'aime décorer des cantines
J'aime que les gens s'aiment les uns les autres et recherchent la paix.
J'aime tout le monde malgré lui.
Je me protège beaucoup.
J'aime être enracinée dans la tradition.
J'aime les identités culturelles et personnelles des gens.
J'aime qu'on sache se différencier des autres tout en sachant vivre avec tout le monde.

Repost 0
Published by la Correspondance unitarienne - dans CU 2012 - articles
commenter cet article
14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 14:25

Courrier des lecteurs paru dans le n° 119 de la Correspondance unitarienne du mois de septembre 2012

Hélène Lienhardt, protestante libérale, Melun : « Vos bulletins sont très riches d'enseignements et d'analyse de l'actualité. Un grand merci. » (message du 20 juillet 2012)
Antoine Girin, éditeur du bulletin « Quelques nouvelles » de la mouvance des Amis de Marcel Légaut, Saint-Etienne : « Merci, Jean-Claude, pour ce numéro d'août qui offre une diversité d'approches intéressante. En amitié » (message du 21 juillet 2012)
Roger Gau, chrétien unitarien, agglomération de Toulouse : Je voudrais vous faire partager ces mots que Jean-Jacques Rousseau écrit livre IV, à la fin du chapitre 4.8 intitulé “De la religion civile” :
“ Maintenant qu'il n'y a plus et qu’il ne peut plus y avoir de religion nationale exclusive, on doit tolérer toutes celles qui tolèrent les autres, autant que leurs dogmes n'ont rien de contraire aux devoirs du citoyen. Mais quiconque ose dire : Hors de l'Église point de salut, doit être chassé de l'État, à moins que l'État ne soit l'Église, et que le prince ne soit le pontife. Un tel dogme n'est bon que dans un gouvernement théocratique ; dans tout autre il est pernicieux. La raison sur laquelle on dit qu'Henri IV embrassa la religion romaine la devrait faire quitter à tout honnête homme, et surtout à tout prince qui saurait raisonner.” Ce texte, qui a été écrit il y a 250 ans, rien ne s’oppose à ce qu’il soit écrit aujourd’hui par un unitarien. (message du 24 juillet 2012 au forum « Unitariens francophones » sur Yahoo : Jean-Jacques Rousseau, suite)
Maël Stromunitarien universaliste chrétien, France - il y a 186 ans, soit le 26 juillet 1826, Cayetano Ripoll était pendu à Valence, condamné pour hérésie déiste (les autorités civiles refusèrent de le brûler sur un bûcher comme le souhaitait pourtant les autorités religieuses). Ces derniers mots furent " Je meurs réconcilié avec Dieu et l'Homme". L'Inquisition espagnole fut supprimée en 1834.
Michel Jametchrétien unitarien, Nantes – Si non e vero... Extraits de l’Edit de Nantes (Henri IV, 13 avril 1598) et de sa « Révocation » par l’Edit de Fontainebleau (Louis XIV, 18 octobre 1685).
« En nostre bonne ville de Nantes, nous Henri Roy de France accordons par cet Edit de Tolérance perpétuel et irrévocable la liberté de religion aux huguenosts de nostre royaume ». … contredit et parjuré par son petit-fils Louis XIV : « De par Louis-Le-Grand il n’y aura plus désormais de religion autorisée en France hors l’Alsace en dehors de la religion catholique. Défendons à nos sujets de la R.P.R. (Religion Prétendument Réformée – NDLR) de s’assembler pour faire l’exercice de ladite religion en aucun lieu ou maison particulière sous quelque prétexte que ce puisse être. Enjoignons à tous les ministres de ladite R.P.R. qui ne voudraient poinct se convertir et embrasser la Religion Catholique Apostolique et Romaine de sortir du Royaume quinze jours après la publication de notre présent Édit, sous peine de galères (…) ».
Trois cent mille Religionnaires (dont la plupart des armateurs nantais) quittèrent la France en direction de Berlin, Amsterdam, Londres, Genève et jusqu’à Capetown en Afrique du Sud. (message du 11 septembre 2012).

Repost 0
Published by La Correspondance unitarienne - dans CU 2012 - articles
commenter cet article
14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 13:43

hommage à eux rendu

Un nom très provençal, tiré de « papillon ».
On l’a attribué aux protestants rebelles
Au XVIIème siècle, Guerre des religions,
La Saint-Barthélémy et toutes les séquelles.

Debout sainte cohorte en chemise de nuit,
Sur les armes cachées, on était sur nos gardes.
Fallait se reconnaître au milieu de la nuit,
Face aux dragons du roi avec leurs hallebardes.

Ils ont tenu le coup des décennies entières.
« Qu’il n’en reste pas un », Louis XIV avait dit.

On les avait parqués, et même au cimetière
On les étiquetèrent car ils étaient maudits

Je vous salue, maudits, vous étiez hérétiques.
Cela vient d’un mot grec qui signifie « le choix ».
Vous avez refusé le carcan catholique ;
Le pontife romain vous a mis hors la loi.

Deux moitiés de Dieu : l’empereur et le pape,
Hugo les a nommés ; çà remonte plus loin,
Au quatrième siècle, c’est la première étape,
« Sabre et goupillon », c’est signé Constantin.

Au nom des religions, combien d’intolérance !
Au nom du Tout-Puissant combien de tueries !
Les athées ont beau jeu de montrer l’inconscience
Des dogmes intransigeants et de leurs idioties.

Quand donc l’Humanité sera enfin adulte ?
Quand donc cesserons-nous de nous entretuer

Au nom d’un dieu cruel dont le vrai, le seul culte
est de voir les impies enfin éliminés.

Ces dieux fascistes, hélas, ces religions funestes,
Faut s’en débarrasser à jamais, pour toujours.
Vienne la tolérance, à bas toutes les sectes.
Croyants et incroyants sont unis dans l’Amour (1).

 

poème d’Emile Mihière dans un recueil en préparation provisoirement intitulé « Pourquoi pas ? », à paraître en 2013 aux éditions Provence-Poésie (Pp). Emile Mihière est déjà auteur d’un premier recueil de poésies engagées « A bâtons rompus » paru aux mêmes éditions en 2012 dont la rubrique « prières et méditations » de l’Eglise unitarienne francophone (EUfr) s’est faite l’écho dans un article du 10 juillet 2012 (lien).

(1) Constatant l’atténuation du clivage classique entre croyants et incroyants, l’Eglise unitarienne francophone (EUfr) a ouvert dès sa fondation une rubrique sur ce thème (lien).


assemblee_du_desert.jpg

 

Ce dimanche 2 septembre a eu lieu au Musée du Désert la commémoration annuelle des persécutions subies par les protestants français à la suite de la révocation de l'Edit de Nantes. La prédication en fut confiée à Laurent Gagnebin, rédacteur en chef de la revue Evangile et Liberté.

Repost 0
Published by Emile Mihière - dans CU 2012 - articles
commenter cet article
14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 13:26

Août 2012, une semaine de stage chez Roger Parmentier, compte-rendu par Emile Mihière* paru en article à la Une du bulletin n° 119 de la Correspondance unitarienne de septembre 2012
* Roger Parmentier et Emile Mihière sont tous deux pasteurs de l’ERF et retraités. Le stage s’est déroulé au domicile de R. Parmentier, au hameau Raynaude, près du Maz d’Azil, en Ariège, du mercredi 1er au dimanche 5 août.

Entre dix et vingt participants selon les disponibilités, nous avons suivi l’argumentation passionnée de Roger Parmentier sur le « trésor » qu’il avait découvert et qu’il voulait nous faire découvrir à notre tour. Ce trésor, c’est le « message » de Jésus de Nazareth ou « Nazôréen », qui a été dénaturé hélas par les différents christianismes qui ont évacué le vrai message au profit d’une caricature de Jésus en « Messie » ou « Fils unique de Dieu », deuxième personne de la Trinité. On a fabriqué, à coup de citations de l’Ancien testament grâce aux premiers chrétiens et aux Hellénistes (Actes des apôtres chap. 6 à 8), un Jésus mythologique à la mort expiatoire, aux apparitions post résurrection, enfin un vrai dieu.

L’Histoire a toujours été écrite par les vainqueurs et c’est le cas du Nouveau testament qui a été écrit par de soi-disant disciples de Jésus mais qui, en fait, ne l’ont pas connu directement, dont Paul, et il reste encore beaucoup à faire pour retrouver le vrai Jésus.

Car Jésus a été génial, d’une audace inouïe (cela s’appelle la foi …). Il a une proposition fantastique : construire tout de suite un autre Monde qu’on appelait dans le langage de l’époque : le « règne » ou le « royaume » de Dieu. C’est le monde renversé ; la grande réalisation d’un nouveau monde heureux dans la langue d’aujourd’hui. Mais cette proposition de Jésus a été émiettée dans nos évangiles, dispersée et mélangée à des récits, miracles, digressions qui n’ont rien à voir avec elle.

Heureusement qu’il y a eu de bons auditeurs de Jésus et de bons disciples qui ont retenu, appris par cœur tout un tas de paroles et qui, après un travail de mémoire prodigieux, en ont constitué un recueil oral ou écrit infiniment précieux, sans doute incomplet et maladroit, mais sans lequel nous ne saurions rien du vrai Jésus, connu des exégètes comme « La Source ». Merci les frères ! Vous nous avez « re-suscité » Jésus (ce qui n’a rien à voir avec l’histoire de Pâques …). Et puis, il y a eu « selon Matthieu » et « selon Luc » qui, par bonheur, ont intégré cette source dans leurs évangiles à bien des égards mythologiques. C’est bien sûr contradictoire et inconséquent, mais l’intégration de « La Source » dans les évangiles a été bien plus miraculeux que tous les soi-disant miracles !

Mais tout reste à faire aujourd’hui. Nous avons été formatés dans le pseudo-évangile des Hellénistes pré-pauliniens et le credo des Eglises, et il nous faut tout recommencer. Nous devons maintenant prendre Jésus au sérieux, le « re-susciter » en inventant le monde de l’Amour paradoxal en action.

Il est évident que l’argumentation de Roger Parmentier a suscité bien des demandes de précisions et soulevé des débats.

Dieu_delocalise.jpg

 

Et Dieu là-dedans ? Jésus comme ses contemporains y croyait très fort et, à la place d’un Dieu vengeur a substitué un Dieu-Amour. Si Jésus vivait maintenant, voilà ce qu’il pourrait dire : Il y a des non-croyants qui sont plus futés que les soit disant croyants ; des non chrétiens plus intelligents que les soit disant « born again », des agnostiques et des athées plus consciencieusement responsables que bien des membres d’Eglise et de leurs conducteurs. Il fait appel à tous les gens de bonne volonté quelque soit leur appartenance religieuse ou non.

Le résultat : une joie que personne ne pourra leur enlever. Heureux les porteurs du message qui dérange, démasque, déstabilise, mais délivre aussi ; un message que certains reçoivent pourtant avec beaucoup d’animosité. Ils sont confirmés dans leur fonction de précurseurs et de prophètes. Heureux ceux qui construisent un monde sans exploitation et sans mépris : ils seront citoyens du Monde. Heureux ceux qui se préoccupent moins de savoir si Dieu existe ou n’existe pas que de faire sa volonté et de réaliser la survie heureuse de l’Humanité.

Nous rappelons le dernier livre de Roger Parmentier : L’invention du christianisme aux éditions L’Harmattan (Paris) ; de même plusieurs livres précédents qui l’ont inspiré, notamment A l’aube du christianisme par François Vouga aux éditions du Moulin, Un tout autre christianisme par Jean-Marc Babut aux éditions Desclée, et L’évangile inconnu par Frédéric Amsler aux éditions Labor et Fides.

Repost 0
Published by Emile Mihière - dans CU 2012 - articles
commenter cet article
20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 18:06

Question de croyances par « Nicky Escobar »
au groupe Facebook « Protestantisme libéral », le 11 juin 2012

Je suis très heureux d'avoir pu intégrer ce groupe pour partager avec vous ma recherche de la vérité et mes tergiversations spirituelles.
Voilà plusieurs années que j'étudie avec intérêt le parcours de Jésus, sa vie, son message, qui m'apparaissent ô combien plus décisifs que le fait qu'il soit mort sur la croix ou qu'il soit apparu ressuscité devant ses apôtres. J'ai continuellement remis en question cette affirmation commune à toutes les Eglises chrétiennes et j'en suis arrivé à une conclusion extrême, que ne renierai aucun déiste ou agnostique convaincu : résurrection de Jésus ou non, vie après la mort ou non... le message de paix et d'amour véhiculé par notre seigneur mérite d'être véhiculé et transmis car c'est un message de foi en l'Humanité.
Je ne suis donc ni convaincu de la résurrection du Christ, ni d'un royaume des cieux (et donc d'une vie après la mort physique), mais je continue à penser qu'une "force" cosmique, un grand horloger de l'univers (je rejoins ici la pensée déiste et agnostique ; j'aime la pensée de Spinoza par exemple, j'ai aussi lu Nietzsche) est à l'origine du premier éclair de création. Même si à mon sens, au regard des injustices et des souffrances que la nature elle même inflige parfois au monde, je ne puis me représenter un Dieu bon par nature qui interfère dans les affaires du monde pas plus qu'un diable qui serait seul à l'origine du mal ; l'enfer et le diable étant pour moi des concepts largement développés par l'Eglise catholique après l'écriture des évangiles afin d'asservir le fidèle, et non pas par le Christ de son vivant.
Je doute qu'un jour la science puisse prouver par des lois physiques l'inexistence de Dieu au sein d'un univers infini et en expansion, mais je garde des réserves et j'observe l'évolution scientifique avec intérêt.
Dans ce contexte, puis-je encore me dire "protestant libéral " alors que la notion même de résurrection m’apparaît plus comme une parabole servant de catalyseur du message christique et de l'espoir de l'humanité en un monde meilleur ?
Est-il possible alors même que je ne suis pas convaincu qu'il y ait une "vie après la mort" (même si la nature même de l'homme, dans sa complexité, l'expérience transcendantale que je crois possible, l'existence des flux d'énergie et les prouesses quasi miraculeuses que sont capables de réaliser certaines personnes me donnent de l'espoir) de me reconnaître protestant libéral ? Où s'éteignent les limites du "libéralisme" spirituel dans le protestantisme ?

Baha'u'llah : Tablettes de Baha'u'llah
pensée du jour du 30 juin 2012, envoyé par le Service d'écrits bahà'is en français (lien) et communiqué à la Correspondance unitarienne par Fari Parsi (Gradignan).

Un vrai philosophe ne renierait jamais Dieu ou ses preuves, il reconnaîtrait plutôt sa gloire et sa puissante majesté qui dominent toutes les choses créées. En vérité, Nous aimons ces savants qui ont amené à la lumière ces choses qui font progresser les meilleurs intérêts de l'Humanité, et Nous les avons aidés par la puissance de Notre commandement, car Nous sommes bien à même de réaliser Notre dessein.
Prenez garde, ô mes aimés, de ne point dédaigner les mérites de mes serviteurs savants que Dieu a choisis dans sa grâce pour être les interprètes, parmi la race humaine, de son nom, "le Façonneur". Efforcez-vous de développer des métiers et des entreprises dont chacun, jeune ou vieux, puisse tirer profit.


Jean Borella présenté par Yves Lecornec
au sein du groupe « Unitariens francophones », les 1er et 4 juillet 2012

Voici un texte d’un penseur chrétien très traditionaliste (mais inclassable, personnellement je le lis avec intérêt) - sur l’unité des religions - à méditer...

« La présence d’un élément central proprement divin dans les religions non chrétiennes découle pour moi de trois considérations conjointes. La première est relative à la bonté divine dont je ne conçois pas qu’elle ait pu laisser des millions, sans doute des milliards d’hommes non seulement dans l’ignorance de la vraie religion, mais encore dans l’illusion absolument indécelable d’une fausse religion : si l’on songe à ce qu’est réellement une seule journée de la vie d’un pieux hindou, d’un pieux bouddhiste, d’un pieux musulman, une si longue et si totale illusion paraîtra pour ce qu’elle est, une monstruosité. Cet argument n’est pas sentimental, il est sémantique : le comportement religieux des hommes durant des millénaires ne peut pas être dépourvu en réalité du sens que les hommes lui attribuent en toute bonne foi. La deuxième raison est relative à l’existence des saints et des sages qu’on rencontre partout sur la terre, et qui, non seulement s’offrent à nous comme des modèles transparents du divin dans l’homme, mais encore parlent expressément de la conscience qu’ils ont de la présence de Dieu en eux. La troisième est relative à l’esthétique des religions : chaque religion, considérée dans ses formes principales (artistiques, rituelles, théologiques, spirituelles), se présente à nous avec un style qui lui est propre, dont les formes participent, et qui est, humainement, ininventable : tout, dans l’islam, ressemble à l’islam ; mais l’islam lui-même ne ressemble à rien, du moins dans sa forme essentielle. Aucune création humaine n’est en mesure de modeler aussi durablement des humanités entières, selon des types aussi homogènes et aussi stables, pourtant pliables à toute diversité, et qui, en retour, offrent aux sentiments et aux pensées de plus hautes possibilités d’expression. Malgré leurs efforts en ce sens, ni la révolution française, ni la prétendue civilisation industrielle, ni les totalitarismes hitlérien, stalinien ou maoïste n’y parvinrent. Reconnaissons donc ces formes religieuses pour ce qu’elles sont, quoique sans doute à des degrés divers – et sans nier les trahisons éventuelles – des floraisons du Saint-Esprit. »

Jean Borella, que certains connaissent peut-être, n’est pas le premier venu dans le monde de la pensée philosophique et religieuse. Ses ouvrages sont certes assez difficiles d’accès (ce n’est pas le cas de l’extrait cité) car, philosophe de profession, il utilise un langage parfois très technique. Ancien professeur d’université à Nancy, il est l’auteur de nombreux ouvrages de philosophie et de théologie, et a particulièrement creusé les problèmes du symbolisme religieux et de la mystique. C’est une référence - parfois contestée - dans ces domaines mais qui ne laisse en tout cas jamais indifférent.

C’est effectivement par ailleurs un penseur catholique traditionnel, très critique envers Vatican II, et qui a suivi en son temps avec sympathie l’action de Mgr Lefebvre. Et pourtant, Jean Borella n’est pas en odeur de sainteté côté intégriste. Il y est dénoncé comme le suppôt d’une pensée hérétique. Philosophe platonicien, il a été par ailleurs « formé » à l’école de Guénon et de Schuon, auteurs honnis par les tenants de l’orthodoxie. Mais il a su assez rapidement prendre ses distances pour préserver l’essence du christianisme (qui affirme la distinction dans l’Unité avec le Divin) face aux positions doctrinales d’un courant s’inspirant de la pensée idéaliste orientale (notamment de la métaphysique hindoue de Shankara) qui ne rejoint l’absolu que dans l’anéantissement du moi personnel. Il n’en est pas moins considéré comme « gnostique » par les milieux traditionnels.

Personnellement, j’ai beaucoup d’estime pour l’aspect métaphysique et j’oserai même dire “mystique” de son œuvre même si je ne partage nullement (c’est un euphémisme) son attachement viscéral au paradigme médiéval de la chrétienté et aux dogmes de l’orthodoxie qu’il considère comme l’horizon indépassable du christianisme.

Jean-Claude Barbier, le 10 juillet 2012 : Merci Yves pour cette présentation d'un auteur "maudit" pour certains. Notre liberté de penser fait que nous sommes libres de traiter de sujets qui, dans d'autres milieux, sont tabous. J'imagine en effet que la sympathie de Jean Borella pour une chrétienté traditionaliste lui vaut d'être carrément rayé d'emblée et à priori par de nombreux lecteurs. Or, il nous faut résister à cette tentation et lire d'abord les textes incriminés afin de s'en faire une idée par soi-même. Déjà dans l'Antiquité, par exemple chez les Juifs et chez les Romains, l'idée avait fait son chemin que l'on ne devait pas condamner une personne avant que de l'avoir entendue.

Or, de nos jours, nous sommes devenus incisifs; hâtifs, sachant condamner les autres définitivement, écartant d'un revers de main ceux qui ne sont pas de son bord, réagissant au moindre propos sorti de son contexte, pire que des inquisiteurs ! Les solidarités idéologiques nous transforment en hordes de loups hurlant. Il nous faut revenir au personnalisme d'un Emmanuel Mounier, être à l'écoute des autres, respecter leur expression, avoir la patience de lire jusqu'au bout, et ensuite débattre en toute honnêteté sans caricaturer la position adverse.

C'est Jésus qui nous rappelait, après le grand rabbin Hillel, que nous devons aimer nos ennemis. Certes l'expression est très forte, mais du moins sachons les respecter. La tolérance n'est-elle pas à ce prix ?

Jean-Jacques Rousseau : « Pour un nouveau contrat social » par Roger Gau
au forum Yahoo « Unitariens francophones » le 13 juillet 2012

Juste pour vous signaler un essai que je viens de publier : Pour un nouveau contrat social, que vous pouvez lire et (ou) télécharger gratuitement sur Calameo.com (lien). Jean-Jacques Rousseau connaissait-il les unitariens, était-il unitarien ? Je ne sais pas, mais ce qui est sûr c'est que moi-même en tant qu'unitarien je le sens très proche de moi.

Bruno Cadez : Moi qui suis un grand admirateur de J.-J Rousseau, je vais lire cela. J'en profite pour vous signaler le numéro de cette semaine (du lundi 9 juillet) de l'hebdomadaire "La Vie" un très bon dossier sur J.-J Rousseau. C'est plus sur sa dimension romantique que politique, mais sa spiritualité est évoquée.

Roger Gau : C’est la première fois que j’aborde la politique dans mes écrits. Pourquoi ? Ces lignes de Jean-Jacques Rousseau répondent bien à la question : « On me demandera si je suis prince ou législateur pour écrire sur la politique. Je réponds que non, et que c'est pour cela que j'écris sur la politique. Si j’étais prince ou législateur, je ne perdrais pas mon temps à dire ce qu'il faut faire ; je le ferais, ou je me tairais. »

Repost 0
Published by La Correspondance unitarienne - dans CU 2012 - articles
commenter cet article
20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 17:49

Croyances : quelles croyances ? par Jean-Claude Barbier, article à la Une de la Correspondance unitarienne n° 118, août 2012

Qu’est-ce que nos croyances ? Ne constituent-elles pas une nébuleuse de constats résultant de notre expérience subjective, d’idées héritées ou encore déduites de nos raisonnements, d’opinions qui relèvent de notre libre arbitre, de nos choix. Elles peuvent venir de nous-mêmes, ou être empruntées à d’autres à qui ont fait confiance, ou encore être transmises de génération en génération. On les tient pour véritables sans qu’elles soient passées pour autant au crible de la critique scientifique. On les défend au nom de la liberté de penser, de telle ou telle tradition, de l’aura d’une personnalité réputée, voire gourou, qui, pour nous, fait autorité. Elles peuvent comporter un doute ou être un souhait (je crois que mon équipe de football va gagner) ou bien se muer en certitudes inoxydables. Elles peuvent être partagées par son milieu de vie ou au contraire être rejetées, isolant de ce fait le croyant concerné. A l’aune de la raison et de la science, certaines croyances passent pour anachroniques, d’un autre temps, pour des erreurs de compréhension et d’interprétation, ou encore pour des naïvetés ou de la dépendance par rapport à une autorité ou à un milieu social.

schadocks_maladie_du_cerveau.jpgOn dit croire lorsque ce que l’on pense va au-delà des connaissances expérimentales acquises par les sciences. On ne dit pas (ou plus) que l’on croit en l’existence de l’électricité, de l’oxygène, etc., mais on dira que l’on croit aux miracles, en l’existence de Dieu, que Jésus est Fils de Dieu, etc. , c’est à dire chaque fois que l’on doit aller au-delà de ce qui est prouvé. Dès lors, faut-il croire sans preuve ? sauter en parachute en fermant les yeux sur simple injonction d’un pilote ? prier pour croire enfin ?
Sans base objective, les croyances peuvent s’avérées fragiles. Ne risquent-elles pas d’être sujettes à bourrage de crâne, manipulations mentales, délires personnels ou collectifs, communautarismes des plus sectaires ?

Faut-il encore croire aujourd’hui ?

La démarche scientifique nous offre une alternative. Par l’observation méticuleuse et objective, par l’expérimentation, par l’accumulation des faits inventoriés sur l’ensemble de notre univers connu, nous arrivons à des connaissances fiables à partir desquelles nous pouvons progresser en observant les phénomènes nouveaux et en faisant des hypothèses pour en rendre compte. Ces hypothèses ne sont pas des projections idéologiques ni des souhaits de notre part mais des propositions d’explication qui sont émises afin d’être vérifiées par des enquêtes, des expérimentations, selon des méthodologies les plus rigoureuses possibles. Il suffit qu’elles s’avèrent non valables vis-à-vis de tel ou tel fait particulier, pour qu’on doive les rectifier, les élargir, les remanier, sinon les abandonner et repartir sur d’autres bases.

A cette rigueur, maintes prétentions religieuses tombent rapidement : les miracles qui défient les lois naturelles (le soleil qui s’arrête dans sa course, l’eau transformé en vin, la marche sur l’eau, les naissances miraculeuses, les résurrections, etc.), l’explication des catastrophes naturelles et des épidémies par l’action providentielle d’un dieu qui punirait son peuple ou qui exterminerait les ennemis de son peuple, les Révélations ou autres messages divins que recevraient des médiums, des visionnaires, des prophètes, etc. Qu’est-ce qu’il reste en fin de compte ? Est-ce la fin des croyances ?


Manifestement, il en résulte un tri dans nos croyances, une autre façon de traiter les faits historiques (d’où l’intérêt actuel pour la vie historique de Siddhārtha Gautama, dit l’Eveillé - le Bouddha -, de Jésus, dit le Christ, de Muhammad, dit le Prophète, etc. ), un nouveau positionnement de Dieu à l’origine de l’univers, au niveau du big-bang … ou avant ; en tout cas une façon plus prudente d’avancer des explications, une adhésion moins passionnelle aux idées, plus d’interrogations et un élargissement plus universel par confrontation à d’autres analyses et interprétations.

Les scientifiques s’arrêteront aux hypothèses plausibles que l’on peut formuler sur la base des connaissances acquises et des informations à notre disposition. Mais une personne pourra fort bien aller au-delà en s’appuyant sur son vécu subjectif, sur ce qu’il a découvert de lui-même comme important, ce qui fait sens pour lui, sur son intuition aussi. Il en résultera des convictions intimes, une foi en telle ou telle chose, et pourquoi pas l’adhésion à une tradition porteuse d’une philosophie allant dans le même sens. Ceci dans la prolongation des connaissances modernes et non pas comme un retour à l’irrationnel, ou une plongée exotique dans l’ésotérisme, ou encore une marche arrière dans l’obscurantisme le plus éculé, ni un refuge par déni des réalités.

A ce prix, la croyance personnelle, devenue convictionnelle, peut être moderne, positive pour soutenir ses engagements, dynamique pour rester ferme dans les tourbillons de la vie. Elle est un choix de vie, un cap pour avancer parmi les récifs, un regard porté sur l’horizon. Elle peut s’inscrire dans un contexte de tolérance réciproque et se partager en toute convivialité …. en n’engageant bien entendu que les personnes qui y croient, sans s’imposer par la propagande apologétique et sans intégrisme.

 

Cet article a été traduit en italien le 17 août 2012, par Giacomo Tessaro sur le site de la Communione Unitariana Italiana (CUI) (lien).

Repost 0
Published by Jean-Claude Barbier - dans CU 2012 - articles
commenter cet article
27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 11:53

En écho à l’article sur l’anarchisme chrétien paru dans la Correspondance unitarienne n° 116, ce débat qui eut lieu du 7 au 10 avril 2012 au sein du forum « Unitariens francophones » (sur Yahoo) (lien).


Marike - L'anarchisme (sans gouvernement ni autorité) est pour moi un mot entièrement négatif : déconstruction de tout sans reconstruction. Dans ce cas je ne peux y mettre aucun chercheur qui découvre pour "avancer" dans le domaine de la connaissance... ni aucun élément positif en quoi que ce soit.
Laurens Trobat - L'anarchie c'est l'ordre moins le pouvoir. Il faut aller au-delà des caricatures (même si certains anarchistes, hélas, s'y complaisent). Dans les années 20 il y a eu en Ukraine des expériences de gestion libertaire des biens publics et de l'appareil productif. Pendant la guerre d'Espagne, il y eut, en Catalogne et en Aragon, des expériences communalistes agraires. A la même période, les services publics de la ville de Barcelone étaient autogérés selon un mode anarcho-syndicaliste. J'ajoute qu'au départ les mutuelles étaient une idée anarchiste... Tout cela pour dire que l'anarchisme ce n'est pas la bordelocratie, l'anomie ou le nihilisme. Ce n'est pas non plus un truc fumeux de doux rêveurs ou d'excités.
Yves Lecornec - Bonjour Marike, L’anarchie ce n’est nullement le désordre ou le nihilisme, mais un Ordre immanent à la société. Les anarchistes (voir Proudhon) rejettent l’autorité et la subordination pour promouvoir l’égalité et la coordination. A l’autorité doit donc se substituer la notion de contrat et de société égalitaire contractuelle ou mutualiste. Utopie sans aucun doute, mais utopie directrice qui alimente par exemple les courants fédéralistes et autogestionnaires. Dans le domaine religieux c’est aussi l’esprit du congrégationalisme contre les structures centralisées et hiérarchiques. Fédéralisme politique, fédéralisme économique, autonomie mais responsabilité partout, personnellement je me sens assez à l’aise dans ce courant...  Ne confondons pas anarchie et “bande à Bonnot”... Amicalement
Jean Pierre Babin - Les remarques d’Yves nous éclairent et évitent des confusions ou de fâcheux contresens. Il en est de même pour les épicuriens qui n’ont rien à voir avec des gourmets ou des gourmands. De même pour les stoïciens dont la doctrine dépasse de loin une résistance à la douleur ou aux souffrances. Pour tous ces sujets (anarchisme compris) n’hésitez pas à faire la dépense des « que sais-je ? » qui nous apportent l’essentiel sur un sujet.
Laurens Trobat - Lire "Anarchie et christianisme" de Jacques Ellul (éditions de la Table Ronde). Un très bon livre. Sinon, pour ce qui est des expériences anarchistes concrètes (comme le disait Théodore Monod ce qui est intéressant dans l'utopie c'est ce qui peut être mis en œuvre, pas la pure spéculation intellectuelle), lire "L'Espagne libertaire (1936-1939)" de Gaston Leval, qui en plus du travail d'historien qu'il a effectué a vécu ça directement.
Samantha Fink - Il existe un recueil "Anarchistes et juifs, histoire d'une rencontre" qui est résumé ici (lien) et dont on peut lire un extrait ici (lien) (cliquer sur "bonnes pages"). Pour Jacques Ellul et l'anarchisme chrétien j'ai trouvé cela (lien).
emmanuel_mounier_anarchisme_et_personnalisme.jpgYves Lecornec - Lire aussi “Anarchie et personnalisme” d’Emmanuel Mounier.
Jean-Claude Barbier – Merci aux uns et aux autres pour toutes ces références. Je comprends le soucis de Marike car je sais combien les institutions sont importantes. Et puis, c’est vrai que nos amis anarchistes sont souvent égocentriques et aiment jouer aux éléphants dans un parterre de porcelaine sans aucun soucis de diplomatie ! Ceci dit, s’ils dérangent et provoquent des clash parfois inopportuns, leur rôle est indispensable à toute mouvance qui veut aller de l’avant et ne pas ronronner sur un passé fut-il prestigieux. En quelque sorte, ils ont un rôle fonctionnel, même s’il ne faut pas forcément leur confier des tâches de gestion et de direction qu'ils ne revendiquent d'ailleurs pas.
Dans l’héritage du prophétisme judéo-chrétien, et alors que nombre d’Eglises l’ont mis sous le boisseau, l’unitarisme français s’honore de maintenir en son sein cette présence vivifiante avec les unitariens belges Pierre Bailleux, (qui nous manque beaucoup depuis sa mort en janvier 2008) et Jacques Cecius, et puis en accueillant des voix protestantes comme celles d’Emile Mihière et Roger Parmentier. C’est dans cet esprit que nous avions publié en juin 2010, un Cahiers Michel Servet (n° 13) sur « Les inspirés pas toujours compris » (lien). Anarchistes et prophètes auront toujours porte ouverte chez nous et c’est la raison d’être de la rubrique de nos Actualités unitariennes intitulé « A contre courant, la page des prophètes » (lien)
Laurens Trobat - Là encore on est dans le procès d'intention et l'étalage de lieux communs....
Par exemple, quand tu écris "nos amis anarchistes sont souvent égocentriques et aiment jouer aux éléphants dans un parterre de porcelaine sans aucun soucis de diplomatie !", quels ont été les contacts avec les anarchistes (autrement que sur du papier ou devant des reportages) qui te permettent d'affirmer ceci? As-tu côtoyé suffisamment d'anarchistes pour pouvoir affirmer cela ? Il y a chez les anarchistes la même proportion d'individus immatures que dans les autres mouvances politiques, ni plus ni moins...
De même l'idée reçue selon laquelle "il ne faut pas forcément leur confier des tâches de gestion et de direction qu'ils ne revendiquent d'ailleurs pas " est fausse. Les anarchistes ont un réel désir de transformer le monde et donc d'assumer les responsabilités de gérer ce changement, même si cela passe par des formes d'organisation qui sont atypiques au regard des schèmes politiques traditionnels. Lors de la guerre d'Espagne, les bataillons formés d'anarchistes (dont la célèbre colonne Durrutti) n'ont pas démérité d'après les historiens. De même, il y a eu, comme je le rappelai précédemment, des expériences concrètes de gestion libertaire (notamment les services municipaux de la ville de Barcelone). J'ai eu la chance, dans ma jeunesse, d'entendre le témoignage de vétérans des communes libertaires d'Aragon (1936-1939) qui avaient gardé un souvenir ému de leur expérience.
Plus récemment l'école libertaire Bonaveture (sur l'île d'Oléron) a fonctionné efficacement durant des années à la fin des années 90 en réussissant à dispenser une scolarité gratuite. Et a dû sa fermeture à des tracasseries administratives venant des Pouvoirs publics et non à un dysfonctionnement interne...
Après, il faut dire qu'historiquement les anarchistes ont joué de malchance. Que ce soit Nestor Makhno qui, en Ukraine, après avoir vaincu les armées tsaristes a été écrasé par l'Armée rouge, ou les anarchistes espagnols qui ont été pris entre le marteau franquiste et l'enclume stalinienne. Il est vrai que dans une situation de conflit les exigences de démocratie de l'anarchisme font difficilement le poids face à la force brute du fascisme ou du bolchevisme. Cela n'enlève rien au mérite de l'anarchisme ni à ses tentatives de réalisation. Michel Ragon a écrit un roman retraçant l'histoire de l'anarchisme au XXème siècle qu'il a intitulé "La mémoire des vaincus". J'aime beaucoup cette expression.
Jean-Claude Barbier - Cher Laurens. Loin de moi de traiter d'immatures les amis anarchistes que j'ai pu fréquenter. Je ne l'ai pas écrit, je ne l'écrirai jamais, et je ne le pense absolument pas.
Marike - Merci beaucoup à Yves et à vous tous qui avez éclairé le sujet. Une fois de plus tout n'est-il pas dans les définitions de mots ou dans les travaux qui soutiennent ces mots, en orientent les définitions dans un sens ou dans un autre ? Finalement les mots ont-ils encore un sens ? Enfin les mots évoluent ; ex le mot gentil dans gentilhomme et le mot gentil maintenant... Et la définition du mot libertaire ? Je m'y perds !
Samantha Fink - Eh oui les mots n'ont pas le même sens, non seulement selon les époques comme l'a si pédagogiquement expliqué Laurens à propos de la Cène, mais selon les personnes qui les emploient. Ainsi, si je dis "anarchie" ou "libertaire", je dis quelque chose de positif, même si je ne m'y connais pas trop, car on m'a appris que c'était une belle idée. Finalement c'est une sorte de préjugé du coup. Mais je ne comprends vraiment pas pourquoi l'absence de hiérarchie serait a priori négative? Ce qui me paraît un préjugé encore plus répandu.
Laurens Trobat - Moi ce qui m'a beaucoup aidé c'est d'abord de lire les œuvres des "grands noms" de l'anarchisme (Proudhon, Bakounine, Kropotkine, etc.). Puis ensuite les rencontres que j'ai pu faire. Parce que si tu t'en tiens à ce que tu peux lire ça et là sur l'anarchisme, tu ne vas pas aller plus loin que des idées reçues. Quelqu'un a dit un jour que plus qu'aucune autre mouvance politique, l'anarchisme collectionne les images négatives et stéréotypées. Sur le site de Radio-Libertaire tu dois trouver en podcast des enregistrements de l'émission "L'idée anarchiste" que j'ai écouté quelquefois et qui est rudement intéressante.
Samantha Fink - Proudhon je crois que j'aurais du mal (pour moi il détient la palme de la misogynie). L'émission "L'idée anarchiste", je ne connaissais pas, merci !) J'ai fouillé ma mémoire et celui que j'avais lu, c'était Malatesta, en plus il est sur le net pour ceux que ça intéresse -- j'ai un peu oublié mais j'en garde un bon souvenir, agréable à lire et le relirai avec plaisir (lien).
Laurens Trobat - Dans Proudhon, il y a de tout, du sublime ("Qu'est-ce que la propriété?") au pire (la mysoginie, l'antisémitisme, l'anti-protestantisme, etc.). Il faut trier le bon grain de l'ivraie. Je persiste à dire que " Qu'est-ce que la propriété ? " est un texte politique majeur. Fondateur de l'anarchisme mutuelliste. Après il s'est parfois fourvoyé et même contredit. Malatesta c'est pas mal non plus.
Marike - Finalement, les mots anarchie, libertaire... ce qui importe pour moi c'est la fidélité aux évangiles, le fil à plomb de la pensée. Si on quitte l'essence des Evangiles pour ces mots-là... alors...
Laurens Trobat - L'anarchisme chrétien ça existe aussi. En plus la plupart des gens que j'ai connus dans le milieu anarchiste sont plutôt tolérants envers les croyances religieuses. Il ne faut pas forcément chercher à tout opposer... La chimie des idées comme disait Nietzsche...


Venez nous rejoindre (sur Yahoo ou sur Facebook) au sein de ce groupe d’information et de discussion « Unitariens francophones »

Repost 0
Published by Unitariens francophones - dans CU 2012 - articles
commenter cet article
25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 18:44

"Un homme de caractère libre : Emile Mihière" par Jean-Claude Barbier, paru dans le bulletin n° 116 de la Correspondance unitarienne, juin 2012 (Ndlr - La mention des pages renvoie à son livre autobiographique « Tous les chemins mènent à Rome », publié aux éditions L’Harmattan en 2011, lien)


Emile Mihière est né en 1922 dans une famille marseillaise de petits commerçants, catholiques et bien pensants, où le non respect des règles de bienséance faisait scandale : un grand cousin épousant une protestante (p. 10), un grand-père paternel ayant eu paraît-il une fille naturelle (p. 10), un grand-père maternel mécréant, n’allant jamais à la messe. Tout naturellement, et malgré les sacrifices que cela demande, il entre au pensionnat du Sacré-Cœur, et ses parents l’inscrivent en plus à l’ « Oeuvre Allemand », un mouvement de piété et de scoutisme fondé par l’abbé Allemand. Il aime le sport, la marche, l’escalade dans les calanques marseillaises (avec Gaston Rébuffat qui devint plus tard guide de Chamonix ; dans ses expéditions, il emmène ses jeunes scouts qui sont tout admiratifs de son énergie et ses hardiesses.


Après le bac il choisit la Faculté de Droit (p. 11), puis, à la surprise de ses amis et surtout au regret des étudiantes qui admirent sa sportivité, il entre au Séminaire car il a de la générosité à donner. Bien que ce soit un milieu préservé où l’on garde et sa virginité et sa naïveté des choses du monde, le jeune Emile n’en garde pas un souvenir trop négatif : il apprécie les cours donnés par des professeurs intelligents, notamment en ce qui concerne l’histoire et l’étude biblique d’une manière scientifique (p. 12). Il est également actif en tant qu’animateur au sein de la Jeunesse étudiante chrétienne (JEC).


Mais avec la guerre, le jeune séminariste va être plongé dans les dures réalités du monde puisque « la Classe 22 », celle qui correspond à son année de naissance, est réquisitionnée d’office par les autorités françaises de Vichy pour participer à l’effort de guerre du côté allemand dans le cadre du Service du travail obligatoire (STO). Les séminaristes qui s’y retrouvent sont encouragés par leur évêque car ce sera pour eux un champ d’évangélisation (p. 13). Notre jeune héros se retrouve ainsi en Silésie, au sud de Breslau, dans une usine à métaux où l’on fabrique des obus. Il est travailleur en fonderie, maniant une lourde masse en fer et dont le manche lui-même est en fer ! Il s’enfuit avec ses copains à l’approche de l’armée russe en février 1945. L’évacuation est prévue en juin 45 par le port d’Odessa et la Mer Noire, mais, les bateaux étant réquisitionnés pour les armées, c’est finalement par Berlin et en chemin de fer (arrivée le 10 juillet 45) qu’il retrouvera la liberté.


Retour au séminaire, puis ordination et affectation dans une paroisse ouvrière « aux Crottes » dans le quartier nord de Marseille. Il y constate avec réalisme la pratique d’une religion de convenance, tout à fait éloignée de la foi : « … la plupart des gens ne demandaient rien au prêtre ni à l’Eglise, sinon des rites extérieurs qu’il fallait garder : baptême, communion, mariage et enterrement ». (p. 23). Avec de nombreux prêtres de son temps, il s’engage dans ces milieux populaires avec la volonté de rapprocher l’Eglise de ces gens. Il entre au mouvement de la Paix (p. 23), s’inscrit à la CGT, écrit dans le journal communiste du coin « La Marseillaise » sous le nom d’Emile Carvin, cite volontiers Péguy « Ils ont les mains pures, mais pas de main ! » ; et puis il travaille à temps partiel dans une entreprise de parpaings. Plongé dans ces réalités, les élucubrations théologiques ne l’intéressent plus : « Je ne croyais plus aux dogmes romains. Péché originel, infaillibilité papale, Immaculée conception, etc. » (p. 27).


La douche froide vient en 1954 avec la condamnation des prêtres-ouvriers par le pape. Il est affecté dans une paroisse dite « bourgeoise » ; puis il est nommé aumônier catholique du lycée (mixte) Marcel Pagnol à Marseille. Il sera dénoncé à Rome comme hérétique ! Finalement, il quitte l’Eglise en mars 1965 au désespoir de sa mère. Puis il se marie avec une catéchiste de Lyon qui l’avait aidé au Lycée Pagnol.


emile_mihiere_portrait2.JPGSur l’avis d’un ami pasteur protestant, il s’engage sans état d’âme dans le pastorat protestant. En septembre de la même année, il est à Genève pour trois ans et entreprend une thèse où se manifeste avec éloquence son esprit frondeur : « Mission et colonisation... Dieu et César... Les missionnaires serviteurs de Dieu ou valets de César ? » ; elle sera publié en 1968 par la Faculté de théologie de l’université de Genève (soit 84 p.). Durant ces trois ans, sa femme est infirmière à l’hôpital cantonal (Ndlr - tout près de la stèle élevée en souvenir de Michel Servet). Malgré le thème de sa thèse, les Missions étrangères protestantes de Paris boudent ses services car il est jugé trop à Gauche ! Il se retrouvera pasteur de l’Eglise réformée de France, dans une paroisse à dominante ouvrière, celle à Montrouge, de 1969 à 1972 ; puis à la Mission populaire de Saint-Nazaire : là, il prend la défense des ouvriers du Chantier de l’Atlantique, des objecteurs de conscience, des insoumis de la Guerre d’Algérie, voire même des naturistes !


Il quitte la Mission populaire en 1980 suite à une mésentente entre responsables de la Fraternité. Il retourne à Marseille, cette fois-ci dans le civil, avec un poste d’aide-soignant au centre de rééducation fonctionnelle de Valmante (il y restera deux ans, de 1980 à 1982) - mais il y dénonce (à la télévision française) la non titularisation des aides-soignants. Il a accepté en plus l’aumônerie protestante à la prison des Baumettes - mais se retrouve vite en conflit avec le directeur de cette prison dont il dénonce les méthodes musclées. Exclu de ces emplois, il se retrouve en 1982 au chômage à 60 ans. Finalement, il accepte un poste pastoral pour le secteur de Pau et d’Oléron (commune d’Oloron – Sainte-Marie). Il y restera 17 ans et vivra au hameau de Gan où il retape une vieille ferme.


Il écrit des articles entre 1970 et 1985 dans la revue protestante libérale Evangile & Liberté, et aussi, à partir de 1982 dans Ensemble, le journal protestant du Sud-Ouest ; mais il écrit aussi, entre 1990-1994, des articles qui vont dans le sens de ses convictions anarchistes, pour l’Union pacifiste de France et la Libre pensée Aquitaine.


A la mort de sa femme victime d’une tumeur au cerveau, il retourne à Marseille, précisément à Aubagne en banlieue Est. Il s’y fait des amis parmi les poètes du coin. Mais finalement, il quitte ce paradis provençal en 2012 pour s’installer à Gradignan en banlieue Sud de Bordeaux afin de se rapprocher de ses enfants (un fils et deux filles).

Repost 0
Published by Jean-Claude Barbier - dans CU 2012 - articles
commenter cet article
5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 11:50

A l'initiative de Giacomo Tessaro, un débat a eu lieu sur le thème :  " Un credo pour le christianisme unitarien est-il possible ? " dans le cadre d'un forum animé par nos amis italiens. Ce texte est paru le 22 octobre 2010 sur l’ancien site de la Congregazione Italiana Cristiano Unitariana (CICU), dont l’auteur est membre, sous le titre « Un possibile Credo Unitariano »..Nous l'avons reproduit en article à la Une de notre bulletin de la Correspondance unitarienne n° 113, de mars 2012, suivi des échanges qu'il a suscités. Ceci dans le cadre d'un numéro spécial sur l’unitarisme en Italie (lien).


La question d’un credo pour les chrétiens unitariens avait déjà été posée par un jeune britannique, Matt Grant, dans un article de 2005 The Unitarian Christian Shahada ? ”, The American Unitarian , Quarterly Journal of the American Unitarian Conference (AUC), volume 4, n° 1, mars 2005 ( lien). Cet article fut traduit en français par Noëlle Colle (alors présidente de l’AFCU) et publié comme article à la Une du bulletin n°100 de la Correspondance unitarienne de février 2010 : « Un shahada pour les chrétiens unitariens ? », puis mis en ligne dans La Besace des unitariens le 29 janvier 2000 (lien), 


giacomo_tessaro_portrait_2011.jpegGiacomo Tessaro :


Je crois à Celui Qui a créé l'Univers, appelé de beaucoup de façons différentes selon les lieux et les temps ; je crois qu'Il coïncide avec le Dieu des religions monothéistes, qu’Il est la source des dieux des conceptions polythéistes ; je crois qu'Il comprend l'Idéal de beaucoup de philosophies humanistes, même quand Il est refusé.
Je crois qu’il n'est pas possible de penser à quelque chose de bon dans la Création dont Il ne serait pas la Source première et qu’on ne pourrait pas ramener à Lui. Je crois que le mal dérive seulement de l'Homme quand le mal est choisi en connaissance de cause ou non, puisque l'Homme, en général, est doué de libre volonté totale et peut donc choisir de faire du bien ou du mal, l'un et l'autre presque sans limite.
Je crois à l'enseignement de Jésus-Christ, le plus ardu et exaltant proposé dans l'Histoire. Je crois que cet enseignement est valide et utile pour les hommes de chaque temps, et que, pour les hommes de chaque temps il est très difficile à mettre en pratique. Mais je crois que s'engager à pratiquer les enseignements de Jésus donne une vraie liberté et assure un progrès individuel et social.
Je reconnais être né et avoir grandi dans un temps, un lieu et un contexte marqués, d'une façon ou d'une autre, par la présence de Jésus et par son enseignement, bien que celui-ci ait pu être déformé. Je reconnais Jésus, non seulement Maître universel, mais aussi patrimoine culturel ancestral de la société où je vis. Je m'estime donc heureux d'avoir connu notre Maître dès mon plus jeune âge, même si c’est d'une façon que maintenant j'estime peu valide. De toute façon, j'admire la diversification du monde chrétien, signe de richesse et non pas de scandale.
Mais je crois que chaque culture, même la plus isolée et la moins sophistiquée, a quelque chose à dire sur le mystère de la Réalité ultime, dans les façons de penser et le langage élaboré au cours des génération. Nombre de ces cultures ont élaboré de grandioses mythes et d’imposants systèmes religieux et philosophiques, toujours enrichis grâce aux contacts avec les cultures voisines. Il est évident que l'Esprit de Dieu, la Ruah qui a créé le Monde, a soufflé abondamment dans tout ce monde, en s'harmonisant avec la pensée de chaque société et en obligeant chacune d’entre elles à reconnaître l'existence de la Réalité ultime. En conséquence, je désire mieux connaître les réalités religieuses de notre monde afin de pouvoir y tirer de l'inspiration, à la gloire de l'Eternel.
Je crois à l'Esprit de Dieu, créateur et innovateur dans sa liberté absolue. Je crois qu'Il souffle sur toutes les créatures en déposant en elles les germes du Bien et de la connaissance de Dieu, sans s'opposer à la personnalité et aux inclinations de chaque homme. L'on peut ressentir cela, d’une façon particulière, dans les moments individuels et communautaires de prière et de recueillement.
Je crois à la liberté, réalité créée par Dieu et que chacun est invité à reconnaître pour lui-même et surtout pour son prochain, que celui-ci soit homme ou animal, et ceci malgré les déformations que l'idée de liberté a pu subir. Je crois que Dieu nous appelle à promouvoir la liberté au niveau social et religieux. Pour cette raison je crois à une religion libérale, qui cherche à sortir des abus de maintes institutions religieuses, en promouvant la dignité de tout le monde.


michele_moramarco_portrait.JPGMichele Moramarco


L'idée que le mal soit réductible à la volonté ou aux pulsions humaines me semble tout à fait limitative ; malheureusement, il y a eu un courant de ce genre dans l'unitarisme (l'idée « libérale » selon laquelle chacun peut se faire son credo est récente ), mais cela n’est sûrement pas la vision originaire et authentique d'une foi qui prend au sérieux le témoignage de Jésus et de Paul sur les « puissances » et sur le « Prince de ce monde ». Les écrits d'Umberto Pagnotta offrent une lecture, dans un langage « dynamique », de cette vision.


alessandro_falasca.jpgAlessandro Falasca


J'apprécie la profondeur de ce texte de Giacomo comme l’expression d'un cheminement spirituel personnel. Mais je ne suis pas sûr de la nécessité, pour les chrétiens unitariens italiens, d'un « credo » , alors qu’une définition plus précise de sa propre identité me semblerait indispensable pour les unitariens-universaliste. En ce cas, de toute façon, on a besoin d'un travail collectif, bien sûr à partir d'une ébauche initiale ; cette ébauche ne me semble pas mal du tout.
Le passage sur lequel moi aussi je suis perplexe, c'est sur la genèse du Mal. Ramener le Mal entièrement à l'incorrect usage de la liberté humaine est en contradiction avec notre identité unitarienne. Nous avons en effet refusé le Péché originel, c'est à dire l'idée d'un être humain coupable de nature, étant donné que c'est le libre choix même qui caractérise la nature humaine. De plus, cela me semble une solution insuffisante pour deux raisons :
1) le « mal physique », c'est à dire les tremblements de terre, cataclysmes, maladies, épidémies, etc., dont l'être humain est bien peu coupable ;
2) l'existence de « puissances et structures du Mal » (en utilisant le langage des principes et résolutions des unitariens-universalistes) qui dépassent la volonté de chacun, car ils résultent des hasards de l’Histoire accumulant les fautes et les transformant en injustices durables.
Je serais plutôt d'accord avec le théologien David Bentley Hart en affirmant que le Mal et la souffrance naissent de l'interaction complexe entre les forces que Dieu a créées au service d'un être humain libre et de l'exercice d’une telle liberté humaine. Les expériences douloureuses peuvent avoir des genèses les plus diverses, mais interpellent Dieu ou l'Homme en cause ex-post, c'est à dire qu’en acceptant la souffrance comme partie d'un parcours de croissance, en instaurant une interaction entre l'humain et le divin, on peut transformer la souffrance en une occasion pour obtenir du bien.


roberto_rosso_portrait.JPGRoberto Rosso


Oui Alessandro, tu as raison. Je pense également que le travail de Giacomo a été très bon, mais je crains aussi que l'utilisation du mot « credo » en ce contexte ne soit trop forte. Sur le problème du Mal je suis d'accord avec vous pour la nécessité d'un débat. La proposition de Hart (et la tienne) me semble en effet plus partageable, avec deux éclaircissements : 1) que les forces que tu cites soient créés au service du genre humain, me semble être une illusion ; 2) que la cause ex post soit non pas le divin, mais un faux dieu créé par la raison (comme un mauvais masque) et avec qui la raison puisse réglementer et juger.
Le Dieu que j'ai en mon esprit c'est, comme disait Nietszche, au delà du Bien et du Mal. J'ai foi dans la possibilité que la racine même de la réalité physique et de la réalité humaine soit le divin, et que ceci nous mène à terme au dessein global comme quoi c'est bon parce que c'est divin. Ce sur quoi je suis totalement sceptique, c'est la possibilité de l'Homme de comprendre le divin et de le juger …

Repost 0
Published by La Correspondance unitarienne - dans CU 2012 - articles
commenter cet article