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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 18:04

Il manque cependant à notre exposé un chapitre important, que certains lecteurs mieux informés combleront peut-être. Nous ne trouvons pas les opinions de penseurs musulmans sur la Réformation. Nous savons qu'elle est vue avec sympathie politique car elle affaiblit le Saint Empire catholique. Nous trouvons un peu plus dans les sentiments populaires, mais rien avant le Réformisme musulman de la fin du XIX° siècle pour ce qui est de la Théologie. En tout cas, l'un des reproches principaux du Coran à l'égard des chrétiens étant, à part ce qui concerne la divinité du Christ, leurs querelles internes, nous avons pu voir, avec les disputes entre luthériens et réformés, puis entre calvinistes et unitariens, que les musulmans n'ont pas eu l'occasion de changer d'avis.

 

D'autre part, le pouvoir des médias n'étant pas une invention moderne, il faut tenir compte de leur importance dès le XVIème siècle. Nous sommes au siècle de l'Humanisme ; les manuscrits grecs arrivent par Venise. L'ambassadeur français, un fidèle de Marguerite de Navarre qui est le véritable ministre des Affaires étrangères de François Ier, l'évêque érudit Guillaume Pellissier, se procure les textes par tous les moyens pour la Bibliothèque nationale, les volant quand il peut, achetant, faisant copier. Mais avec les textes arrivent aussi les ecclésiastiques grecs dépossédés par les pouvoirs ottomans, et les informations sur leur rapacité cruelle... Ainsi se construit l'opinion des peuples : « La conscience d'un Turc ! » (Molière). « Le sang des Ottomans ne doit point en esclave obéir aux serments » ( Racine dans Bajazet) ; le même Racine applaudit au même moment à la Révocation de l'édit de Nantes...

 

empire_ottoman_sa_formation.jpg

la formation de l'empire ottoman et son expansion

Il reste que les sympathies populaires ont existé, en Europe et dans les deux sens. On en trouve des témoignages dans T.W. Arnold, The Preaching of Islam (Aligarh, 1896 ; Lahore 1961, 1965). Nous en avons donné une série dans des cours sur l'islam à la Faculté de théologie protestante de Paris en 1966 et 1967. En voici deux :
- Lors de la Révolte des Gueux de Guillaume d'Orange contre l'Espagne en 1566, désignés par ce titre à cause de leur uniforme "pauvre jusqu'à la Besace" - il ira, je l'espère, au coeur de mes amis unitariens - furent frappées des monnaies en forme de croissants, avec la devise: « Plutôt Turcs que papistes ! » (LIVERTURCK*DAN PAVS). Ils furent les alliés les plus fidèles d'Henri IV.
- L'autre est d'une émouvante simplicité. Nous le donnons in extenso. C’est le témoignage de Jean Marteilhe, galérien (1700-1713) né en 1684 relaté dans un livre édité à Toulouse en 1864, p. 251 ss

Les missionnaires de Marseille [des Lazaristes, dont l’ordre fut fondé par saint Vincent de Paul], qui nous ont toujours persécutés à toute outrance, ne trouvaient aucune occasion de renouveler et d’augmenter nos souffrances, qu’ils ne l’embrassassent avec ardeur. Sachant que nos frères des pays étrangers nous faisaient tenir, de temps en temps, quelque argent pour nous aider à ne mourir pas de faim, et se persuadant que si cette ressource nous était ôtée, ils nous prendraient par famine, proposèrent en cour de donner ordre aux intendants de Marseille et de Dunkerque, et aux majors et autres officiers des galères, de tenir la main à ce qu’aucun négociant ou autre ne comptât de l’argent ou remît des lettres de change aux galériens de la religion réformée, qui étaient aux galères.
La cour ne manqua pas d’envoyer ces ordres et commanda de les faire exécuter à la rigueur, et de procéder criminellement contre les négociants ou autres qui seraient convaincus d’avoir contrevenu à la défense. On peut juger si les missionnaires, sous lesquels tout pliait, faisaient observer exactement qu’aucun secours ne nous parvînt. Leur grande attention était à découvrir quels marchands ou banquiers nous fournissaient de l’argent, par correspondance des pays étrangers, afin de les faire punir si sévèrement, qu’aucun autre, par la suite, ne s’y osât exposer. Mais par la grâce de Dieu, jamais ils n’ont pu parvenir à cette découverte, quoique ces subventions nous parvinssent très souvent ; je dois ajouter aussi, grâce à la fidélité des esclaves turcs, qui nous servaient merveilleusement bien, par pure bonté et charité pour nous.
En parlant de la fidélité et de l’affection que les Turcs nous portaient, j’en dirai ici un exemple qui concerne le Turc qui me servait dans ces occasions à Dunkerque. J’ai dit ci-dessus que je fus commis pour recevoir ces subventions et les distribuer à nos frères. J’étais enchaîné dans mon banc, sans avoir la liberté d’aller en ville, et cela par la malice des aumôniers des galères, qui nous empêchaient d’avoir ce privilège, que les autres forçats, condamnés pour leurs crimes, avaient bien, en payant un sou à l’argousin et autant au garde qui les y conduisait. Comment faire donc pour recevoir cet argent ? M. Piécourt m’envoya une fois ou deux, par son commis, ce qu’il avait ordre de me compter. Mais les ordres de la cour ayant été renouvelés avec de grandes menaces à l’intendant et aux officiers qui négligeraient d’y tenir la main, le commis du sieur Piécourt n’osa plus s’y exposer. Son maître, me l’ayant fait savoir, me pria de trouver quelqu’un de toute fidélité, pour envoyer chez lui prendre cet argent à chaque remise. J’étais encore novice sur l’affection et la fidélité que les Turcs nous portaient. Cependant je m’en ouvris au Turc de mon banc qui, avec joie, entreprit de me rendre service, en mettant la main sur son turban (ce qui est parmi eux un signe de l’épanchement du coeur vers Dieu), en le remerciant de toute son âme de la grâce qu’il lui faisait, de pouvoir exercer la charité au péril de son sang, car ce Turc savait bien, que s’il avait été pris, en nous rendant ce service, on lui aurait donné la bastonnade jusqu’à la mort, pour lui faire avouer quel marchand nous comptait de l’argent.
Ce Turc donc, qui se nommait Isouf, me servit quelques années très fidèlement, sans jamais avoir voulu prendre de moi le moindre salaire, m’alléguant que, s’il le faisait, il anéantirait sa bonne oeuvre et que Dieu l’en punirait. Ce bon Turc fut tué au combat de la Tamise. C’est celui dont le bras me resta à la main, comme je l’ai raconté. Je fus fort affligé de sa mort, et je ne savais à qui m’adresser pour me servir. Je n’eus cependant pas la peine d’en chercher un, car dix ou douze, les uns après les autres, me vinrent solliciter, comme on sollicite un office lucratif dans le monde. Il faut savoir que, lorsque les Turcs ont occasion d’exercer la charité ou d’autres bonnes oeuvres, ils communiquent la joie qu’ils en ont à divers de leurs papas (c’est ainsi qu’ils appellent leurs théologiens qui, pour toute science, savent lire l’Alcoran), leur demandant leur avis sur les bonnes oeuvres qu’ils entreprennent de faire ; et quoique j’eusse instamment prié mon Isouf de ne communiquer à personne le service qu’il me rendait, il ne put s’empêcher, par principe de religion, de dire la chose à ses papas, comme je le sus après sa mort. Ces bonnes gens donc, voyant que je serais embarrassé pour ne savoir à qui me fier, vinrent donc, les uns après les autres, me prier de me servir d’eux, me marquant des sentiments si pieux et me témoignant tant d’affection pour ceux de notre religion, qu’ils appelaient leurs frères en Dieu, que j’en fus touché jusqu’aux larmes. J’en acceptai un nommé Aly, qui sautait de joie d’obtenir un emploi si périlleux pour lui. Il m’y rendit service pendant quatre ans, c’est-à-dire jusqu’au temps qu’on nous enleva de Dunkerque, et il s’y comporta avec un zèle et un désintéressement inexprimables. Ce Turc était pauvre, et j’ai diverses fois tenté de lui faire accepter un écu ou deux, lui alléguant que ceux qui nous envoyaient cet argent prétendaient que ceux qui nous servaient en ressentissent quelque douceur. Il refusa toujours constamment, disant dans son style figuré que cet argent lui brûlerait les mains ; et lorsque je lui disais que, s’il n’en prenait pas, je me servirais d’un autre, ce pauvre Turc était comme au désespoir, me sollicitant à mains jointes de ne pas lui fermer le chemin du ciel.
Ce sont ces gens que les chrétiens nomment barbares, et qui, dans leur morale, le sont si peu qu’ils font honte à ceux qui leur donnent ce nom.
Il faut en rester à cette expression de la sympathie populaire, et se rendre à l'évidence qu'elle ne peut rien à elle seule, sans l'appui des pouvoirs politiques. Il y eut bien des représentations diplomatiques du pouvoir ottoman auprès de la cour de France, en faveur des protestants persécutés. La diplomatie donna pour réponse qu'il s'agissait de rébellion contre la volonté du Roi, et le Grand Seigneur admit, ou fit semblant d'admettre, qu'il s'agissait d'affaires purement intérieures françaises.

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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 17:20

Au point où nous nous sommes arrêtés, le fil paraît coupé. Il l'a été non par la hiérarchie catholique, mais par le camp réformateur lui-même.

 

Il y a deux Luther bien différents. Avant la Guerre des paysans de 1525, et après. Qui voudra s'en rendre compte se reportera au Commentaire allemand du Notre Père, de 1519, puis au commentaire qui se trouve dans le Petit catéchisme de 1529. En 1519, c'est le Luther de l'histoire officielle et des films, celui qui risque sa vie devant la diète de Worms en 1521. En 1529, c'est le Luther de la caricature, où la vie du village est dominée par trois personnages, le maire, le commissaire de police et le pasteur. De la même manière, on pourra comparer la préface de Calvin (1535), dans la bible d'Olivétan, au Calvin qui a pris le pouvoir à Genève, après 1541. En 1535, il réclame pour tous le droit d'accéder directement à l'Ecriture. A Genève, les cultes privés seront interdits. Entre les deux, des évènements politiques majeurs ont joué un rôle contraignant, et nous devons éviter les anachronismes quand nous nous sentons contraints de les juger.

 

Il en est de même en Europe orientale, un peu plus loin sur le chemin de la Liberté. L'unitarisme lui-même s'est divisé, et l'on peut songer à comparer Ferencz Dàvid à Michel Servet. G. H. Williams, le grand historien de la Réforme radicale, ne va pas jusque là. Le point de vue de Dàvid aboutissait à créer une véritable société se réclamant du judaïsme [ndlr – allusion sans doute aux Sabbatariens de Transylvanie, mais ce mouvement judaïsant s'est développé distinctement de l'unitarisme. IL y a là confusion de la part de G. H. Williams]. Mais Williams reconnaît (p. 1 301) que son point de vue ne satisfait pas les successeurs actuels de Dàvid. N'entrons pas ici dans une comparaison d'échelle entre les cruautés que ces deux victimes ont subies, ni sur les contextes politiques. Je ne sais s'il y eut en Europe orientale, pour prendre la défense de Dàvid, des hommes tels que Sébastien Castellion pour Servet [ndlr - si, Georges Biandrata fut contesté de son vivant pour avoir été à charge contre F. David]. Il n'y avait pas, en Transylvanie, de société juive reliée à l'histoire, et je ne sais rien des échos que Dàvid et son mouvement purent soulever chez les juifs de Pologne.

Autrement dit, le problème est à reprendre, et nous y reviendrons.


David Flusser, historien juif reconnu, a écrit : « L'histoire du pharisaïsme depuis le commencement de ce mouvement jusqu'aux jours de Jésus est marquée par les progrès d'une humanisation progressive du Judaïsme, et la doctrine de Jésus est le couronnement de ce progrès » (Dossiers de l'Archéologie, mai-juin 1975).

Dans de telles conditions, il est clair qu'une réflexion où le penseur chrétien ne se pose pas en Verus Israel, l'Israël véritable - tel saint Augustin et d'autres - mais respecte la continuité historique du judaïsme, pourra s'appuyer sur des relations nouvelles, entre personnes et entre groupes sociaux.


Mais s'il a manqué à la vague unitarienne du XVI°siècle une grande puissance politique pour la soutenir, le temps ne lui était pas compté. Se retrouve ici le combat célèbre de la violence et de la vérité, illustré par la Douzième provinciale de Pascal dans sa conclusion. Il montre bien les ressources infinies d'un espoir que rien jamais n'éteindra, car « la vérité est éternelle et puissante comme Dieu même ». Du scandale Servet, va naître l'arme à longue portée de la Liberté, faite de science, de prudence, et de ténacité. Servet avait été condamné au motif de la responsabilité du pouvoir souverain sur le culte rendu à Dieu, allant jusqu'à légitimer les exécutions capitales pour crime de lèse-majesté divine. Le juriste François Baudoin démontra qu'il s'agissait là d'une glose ajoutée au code de Droit romain au VIème siècle. Autrement dit, l'exécution de Servet était illégale. Ce fut, à notre connaissance, le premier succès de l'exégèse critique. Le Fil d'Arius était là.  Comme dit le Jupiter de Jean-Paul Sartre dans Les Mouches, "Le secret douloureux des dieux et des rois, c'est que les hommes sont libres". Quand les hommes le savent...

 
Avec des milliers d'imprimeurs dispersés dans toutes l'Europe, le latin et la correspondance, la science et les idées peuvent contourner les pouvoirs. Même pas besoin de peuple. Seulement de l'argent pour payer les livres et le train de vie indispensable, avec un établissement social assez solide, souvent dans la carrière juridique. La poste fait le reste. Dans ce cadre protégé, l'adversaire idéologique reste un vir doctissimus, et c'est le triomphe de la politesse XVII° siècle entre « très humbles et très dévoués serviteurs ». On se communique les titres des derniers livres parus chez tel imprimeur de Paris, Bâle, Francfort, Venise, Oxford, Anvers, etc. Bien entendu, catholiques érudits et calvinistes de la rigoureuse orthodoxie en sont partie intégrante. Mais l'essentiel est qu'ils n'y sont pas seuls. La grande tribu d'origine italienne Diodati y joue un rôle central, avec en particulier l'avocat Elie Diodati, citoyen de Genève, mais non-calviniste et donc plus tranquille à Paris sous le régime de l'Edit de Nantes. Son cousin Jean Diodati, traducteur de la bible en italien, puis en français, calviniste bon teint, est l'ami d'autres théologiens qui le sont beaucoup moins comme l'Ecossais John Cameron, pasteur à Bordeaux puis professeur à l'Académie protestante de Saumur. Le cousin Jean est pour Elie une bonne caution du côté de Genève. Et il met ses immenses relations et sa culture polyglotte au service de tous. Il représente à Paris les intérêts de la République de Genève, et défend utilement l'industrie textile suisse en France ; Richelieu lui confie une mission commerciale en Allemagne : moyennant quoi l'essentiel est que Diodati a compris l'importance scientifique de l'oeuvre de Galilée, reclus en Italie après sa condamnation, et il en assure la diffusion dans toute l'Europe, contournant l'Inquisition.


hugo_grotius.jpegOn devine que le Fil d'Arius est présent, et que l'érudition le sert aussi efficacement qu'il y a douze siècles, au débat entre saint Augustin et Maximin. Parmi les étoiles de première grandeur de cette République des Lettres, il faut une mention particulière pour Hugo Grotius [ndlr - 1583-1645 ; portrait joint], un disciple de Fausto Sozzini, unitarien du XVI°siècle selon André Rivet, membre notoire et calviniste rigoureux de la République des Lettres. Certes, cela ne se voyait pas directement dans le traité de Grotius De veritate Religionis Christianae (1627). Mais un bon calviniste savait y déceler ce qui manquait à son orthodoxie, masqué par une érudition impressionnante. La réalité historique de la Vie de Jésus y est, prouvée avec  TOUS les arguments, tirés de l'Histoire romaine, que nous avons trouvés dans les écrits du professeur Maurice Goguel trois siècles plus tard ; et ils y sont avec un déluge de notes érudites en latin et en grec, parfois en hébreu. Grotius n'attaque pas directement le dogme trinitaire ; mais il défend la vérité chrétienne contre des adversaires non-chrétiens, en soulignant les analogies qu'on trouve soit chez le Juif Philon d'Alexandrie, soit dans le Coran : Jésus, le Messie, est le Verbe de Dieu fait homme, avec l'Esprit de Dieu. L'expression est dans le Coran (III,40 ; IV, 169), et signifie pour nous * l'Incarnation [ndlr – point de vue de Maurice Goguel relayé par l’auteur, Maurice Causse]. C'est ainsi que, huit siècles avant Grotius, le patriarche nestorien Timothée Ier argumentait déjà, lui aussi, et en parfaite courtoisie, face au calife de Bagdad.

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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 16:42

L'érudition scripturaire et patristique domine désormais le champ culturel. Les théologiens le partagent avec des médecins, dont Michel Servet reste le plus célèbre, et avec des juristes comme Grotius. Les disciplines que nous qualifions à présent de scientifiques, mettront un peu plus de temps à s'imposer dans le débat théologique. Bien sûr, on ne peut pas ignorer Pascal. Mais Isaac Newton représente l'Everest d'un Himalaya scientifique. Il est d'autant plus important pour notre objectif, limité à l'observation d'une filiation, que sa pensée religieuse ne nous est vraiment accessible dans son ensemble que depuis quarante ans. La faute en revient à Newton lui-même qui a dissimulé plus que quiconque son "nicodémisme". Mais la peur a fait partie du problème depuis le IV°siècle.


isaac_newton-copie-1.jpg

La pensée arienne de Newton n'est vraiment connue que depuis la mise à disposition des érudits du fonds manuscrit Yahuda, à la Bibliothèque nationale d'Israël, en 1969. On trouvera les détails dans  Richard Westfall, Never at Rest, A biography of Isaac Newton, Cambridge 1980. Nous n'insisterons pas sur les polémiques de divers ordres, liées à la carrière de Newton et à son héritage. En particulier sur les questions de priorité scientifique avec le philosophe mathématicien allemand Leibniz. Les grands hommes ont leurs petitesses, et, dit saint Paul, nous jugerons les anges (1 Cor. 6,3). Disons seulement que, pour démontrer la loi de la Gravitation universelle, il était indispensable d'avoir identifié comment représenter une force par le calcul. Cela, c'est Newton qui l'a réalisé. Que la pratique de ce calcul fût perfectible, c'est également indiscutable.


Mais le plus admirable est peut-être encore dans ces imperfections du calcul que les travaux de Leibniz et d'autres corrigeront. TOUT était à faire à la fois. Newton, tout comme Descartes, ignore le maniement des nombres négatifs. On admirera sans réserve la performance des savants qui ont travaillé sur les grands problèmes de la nature sans les outils appropriés dont nous disposons aujourd'hui. Et nous aurons aussi une pensée compréhensive pour ces disputes acharnées de priorité. Car il est bien vrai que tout progrès dans la réflexion mathématique amène son auteur à penser que son prédécesseur avait mal compris le problème.
 

 

Avec le mouvement intellectuel du XVII°siècle se produit un phénomène d'importance majeure. Newton, à la différence de Leibniz, explore la Nature physique plus que l'Entendement humain. Il est l'inventeur du télescope, et ses travaux sur la théorie de la lumière et des couleurs ont autant de place dans sa vie, sinon dans sa renommée : La nature, c'est-à-dire, dans l'esprit du temps, l'oeuvre de Dieu qui a créé toutes choses. Il est clair que nous venons d'oublier Dieu complètement. Toi-même, lecteur, t'en es tu aperçu. Or c'est par l'idée de Création que la théologie dominait l'ensemble du savoir. Dans les débats dogmatiques, aujourd'hui encore le début de la Genèse importe plus que les récits évangéliques !


A vrai dire, Isaac Newton ne semble pas avoir immédiatement ressenti la gravité du problème. De formation puritaine, il tient encore sur un carnet, en chiffre, le compte de ses péchés, quand en 1660, peu après la fin de la République de Cromwell, il arrive au Collège de la sainte et indivisible Trinité à Cambridge, le mieux coté de l'Université. Agé de 18 ans, étudiant serviteur (subsizar), il doit "réveiller les autres, vider leurs pots de chambre, et servir à table" (Westfall, p. 71). Sa passion pour les mathématiques l'isole, comme son caractère, mais n'attire ni la jalousie, ni le soupçon sur son orthodoxie. Ses premières découvertes marquantes concernent l'optique, et révèlent un physicien expérimentateur génial. Il décompose la lumière avec le prisme, puis la recompose avec une lentille, et en conclut au fait que la lumière blanche résulte d'un mélange de lumières de couleurs indépendantes.
En 1666, il obtient ses grades, devient fellow de son université, avec une chaire dite de Mathématiques, où il enseigne aussi l'astronomie, l'optique, la mécanique et la géographie. Alors les jalousies commencent. Surtout, règlement oblige, il doit dans les trois ans prendre les ordres ecclésiastiques et prêter serment à la sainte et indivisible Trinité. Il s'y préparera avec grand soin, deviendra un anti-trinitaire décidé, farouche ennemi d'Athanase … et s'en cachera soigneusement. C'est l'ensemble de ces études qui a été dévoilé avec le fonds Yahuda d'Israël vers 1970. Un autre fonds datant de la même époque serait celui de la Fondation Bodmer près de Genève. Mais il n'est pas ouvert au public. Apparemment, il doit concorder avec le précédent.


On devine qu'avec son incroyable puissance de travail, Newton devient rapidement un érudit dans tous les domaines classiques de la théologie. L'analyse du Nouveau Testament l'amène à cette conclusion que les textes ont été modifiés par les Autorités pour leur donner un sens trinitaire qu'ils n'avaient pas jusqu'au concile de Nicée (325) [note de l’auteur : sans pouvoir entrer ici dans les détails, disons que certains exemples lui donnent raison, mais qu'il en existe d'autres en sens contraire]. Surtout, il a découvert l'interprétation historique des Apocalypses. Il s'agit de textes écrits de manière codée, dans un contexte historique précis qu'il convient d'identifier. C'est ainsi qu'il date l'Apocalypse de saint Jean de la fin du règne de Néron. Comme pour le Calcul différentiel et intégral, ses démonstrations seront corrigées et précisées. Il reviendra à Edouard Reuss, de Strasbourg, vers 1840, de reconnaître dans le chiffre de la Bête, 666 ou 616 suivant les manuscrits, la valeur du nom de l'empereur Néron dans ses transcriptions en hébreu (NeRON CeSaR ou NeRO CeSaR, N=50, R=200, O=6, C=100, S=60, On compte seulement les majuscules. 50+200+6+50+100+60+200= 666). Mais la méthode de lecture est moderne. Donnons in extenso un passage, central pour notre objet, de Westfall (p. 315), inspiré des manuscrits Yahuda :


Pour Newton, adorer Christ comme Dieu était de l'idolâtrie, le péché majeur à ses yeux. "Idolâtrie" apparaît dans les titres primitifs de son agenda théologique. Cette grande perversion du christianisme a pollué, au IV° siècle, le culte authentique du vrai Dieu établi dans l'Eglise primitive. S'il n'y a pas transsubstantiation, écrit-il vers 1670 [ndlr - il s'agit de Westfall], il n'y eut jamais pire idolâtrie que la romaine, ainsi que même des Jésuites l'avouent. Newton affirmait que le pape, à Rome, avait été le complice d'Athanase, et que l'Eglise romaine idolâtre était le direct sous-produit des corruptions d'Athanase.


Et finalement - une fin qui vint très vite - Newton se convainquit qu'une corruption totale de la chrétienté avait suivi la corruption de la doctrine : le fonctionnement de la primitive Eglise avait fait place à la concentration du pouvoir ecclésiastique entre les mains de la Hiérarchie. L'institution perverse du monachisme jaillit de la même source. Athanase avait favorisé saint Antoine, et les trinitariens avaient introduit les moines dans le gouvernement ecclésiastique. Au IV°siècle, le trinitarisme avait infecté toute la chrétienté. Sans le dire expressément, il pense que la Réformation protestante n'a pas touché le foyer même de l'infection. Dans la Cambridge des années 1670, c'eût été dur à faire avaler (a strong meat indeed). Il n'est pas difficile de comprendre pourquoi Newton devint impatient de quitter des occupations mineures, telles que l'optique ou les mathématiques : Il s'était donné pour mission de réinterpréter la tradition centrale de toute la civilisation européenne.

 

Bien avant 1675, Newton était devenu un arien au sens original du terme. Il reconnaissait Christ comme un divin médiateur entre Dieu et l'homme, subordonné au Père qui l'avait créé. Christ avait mérité d'être adoré, mais non pas comme Dieu le Père, par le fait même qu'il était resté humble et obéissant jusqu'à la mort...


Bref, nous reconnaissons le langage d'un Maximin face à saint Augustin, voire celui du Patriarche Timothée en face du Calife de Bagdad. C'est nous qui avons souligné l'interprétation de R. Westfall sur le sens donné par Newton à sa mission religieuse. Elle est à mettre en face, et en opposition, à celle que Calvin s'était donnée en son temps. Car elle explique leurs comportements, même si elle ne les légitime peut-être pas. Pendant la peste de 1542 à Genève, ces Messieurs les Pasteurs s'étaient penchés sur un grave problème : fallait-il visiter les malades et aller au-devant de la contagion. La décision fut que oui, sauf pour Calvin dont la vie était trop importante pour la cause de Dieu. Après quoi les autres hésitèrent. Pourquoi lui et pas moi  ? C'est alors que Sébastien Castellion, professeur de grec au Collège, se proposa comme aumônier de l'hôpital ! Calvin ne le lui pardonna pas, et le fit chasser peu après de Genève.


Il y aura, dans le comportement de Newton, quand il parvient à la gloire scientifique, un questionnement comparable. Il faut comprendre que Newton était seul à comprendre l'importance de ses découvertes scientifiques et théologiques, et le lien qui s'établirait entre elles. Il fallait qu'il restât vivant, et reconnu. C'est pourquoi il n'a rien publié de ses réflexions hérétiques, et laissé tomber des disciples compromettants. Il est ainsi devenu autoritaire, voire tyrannique, riche, aimant les honneurs.


C'est le problème de toutes les grandes causes, entraînant des risques mortels. Les grands chefs politiques et militaires ont à prendre la décision où d'autres se feront tuer sous leurs ordres. On leur reprochera de ne pas s'être posé ce problème, mais on leur fera gloire de prendre, dans la nécessité, les grands risques eux-mêmes. L'Histoire nous dit que le reproche exista, pour Newton comme pour Calvin.

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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 19:16

Quand Voltaire, qui fera plus que tout autre pour diffuser la pensée scientifique de Newton, publie en 1738 ses Eléments de la pensée de Newton, il mit à la portée de tout le monde, un modèle de vulgarisation scientifique. Il y a trois parties concernant les lois de la dynamique en astronomie, l'optique, et des planches contenant les figures associées aux sujets abordés. Rien sur la philosophie ni la religion. Nul ne pensera que Voltaire ait voulu ménager la théologie officielle. D'ailleurs la philosophie anti-trinitaire filtrera bien à partir des cercles ayant connu Newton au début du XVIII° siècle, Locke, et surtout l'Encyclopédie. Louis de Jaucourt, l'un de ses principaux rédacteurs, esprit aussi universel que discret, est membre de la Royal Society de Londres. Son article sur la Trinité est un modèle de diplomatie :


Chilperic_Ier.jpgTRINITE : Ce mot est reçu pour désigner le mystère de Dieu en trois personnes, le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Il me semble qu'il y aurait de la témérité d'entreprendre d'expliquer ce dogme, parce que, vu le silence des écrivains sacrés, les explications ne peuvent être qu'arbitraires et chacun a droit de forger la sienne. De là vient que saint Hilaire par son expression trina deitas trouva tout autant de censeurs que d'approbateurs qui disputèrent vainement sur un sujet dont ils ne pouvaient se former d'idée. Aussi Chilpéric Ier, monarque singulier si le portrait que nous en donne Grégoire de Tours est fidèle, voulut donner un édit pour défendre de se servir même à l'avenir du terme de trinité, et de celui de personne en parlant de Dieu. Il condamnait le premier terme [ndlr - Trinité] parce qu'il n'était pas dans l'Ecriture, et proscrivait le second [ndlr – personne], parce qu'étant d'usage pour distinguer parmi les hommes chaque individu, il prétendait qu'il ne pouvait en aucune manière convenir à la divinité.
Connaissais-tu Chilpéric Ier, ô lecteur ? Je t'avoue que je l'ignorais avant d'écrire ce feuilleton. C'est un petit-fils de Clovis. Voici l'original de Grégoire de Tours (Livre V, XCVIII; trad. F.Guizot, 1823) :

 

Chilpéric Ier, de la dynastie mérovingienne, fut roi de Soissons (561-584) et de Paris (567-584).


 L'ambassadeur Agatan du roi arien wisigoth espagnol Léovigilde est venu rencontrer Chilpéric pour le convertir à l'arianisme, vers 580. Chilpéric le met en débat avec Grégoire de Tours. Et ce débat tourne à l'avantage de l'arien, avec les arguments scripturaires habituels : Le Père est plus grand que moi, etc. Mais, tombé malade à son retour en Espagne, Agatan se convertit.

 
En ce même temps, le roi Chilpéric écrivit un petit traité portant qu'on ne devait pas désigner la sainte Trinité en faisant la distinction des personnes, mais seulement la nommer par le nom de Dieu, affirmant qu'il était indigne de Dieu qu'on lui attribuât la qualification de personne, comme à un homme fait de chair, soutenant aussi que le Père était le même que le Fils, et le Saint-Esprit le même que le Père et le Fils. C'est ainsi, disait-il, qu'il s'est montré aux prophètes (...) : Je veux que toi et les autres docteurs de l'Eglise le croyiez ainsi.
Grégoire s'indigna contre cet édit, et les pressions furent telles que Chilpéric renonça rapidement. Le roi n'était pas le plus fort. D'ailleurs il fut assassiné en 584. Et l'Espagne se convertit peu après la mort en 586 de Léovigilde.

 

Nous voyons que Jaucourt a cherché très loin dans l'Histoire ce qui convenait à son propos, indubitablement arien, mais difficilement attaquable. Ajoutons que Jaucourt était protestant, auteur de nombreux articles de religion de l'Encyclopédie. On doit à Jacques Proust, Diderot et l'Encyclopédie (1962, 1995), la justice rendue à Jaucourt, rédacteur du quart des 68 000 articles, dont la quasi-totalité des articles écrits dans la clandestinité après la mise à l'Index de ce monument culturel français, quand Voltaire, d'Alembert et tous les prudents se furent retirés du mouvement.


Il faut comprendre. La loi de la Gravitation universelle découverte par Newton porte en germe la révolution religieuse. Mais elle n'est encore accessible qu'à l'élite intellectuelle, qui a des raisons d'avoir peur. L'Histoire attendra. En 1780, deux découvertes majeures, de Coulomb et Kant : les lois de Coulomb sur l'électricité. Elles vérifient également une loi de même type que la Gravitation universelle. Plus encore Kant, à Koenigsberg ; professeur de mécanique et astronome, il trouve des différences entre ses calculs sur les mouvements des planètes et l'observation. Il en déduit l'existence d'une planète inconnue, dont il calcule la position. En 1781 Herschell annoncera sa découverte d'Uranus, dans la position prévue par Kant (ce lien entre prévision par le calcul et découverte sera plus connu pour le cas de Neptune, en 1846, avec Le Verrier). Pour Kant, il est connu par Madame de Staël. Peu après, il publie sa Critique de la raison pure. Désormais la place de Dieu n'est plus dans la gestion de la Nature, mais dans la Morale. A nous, bien sûr, de dire ce que nous entendons par la morale, selon le proverbe : Dis-moi qui est ton Dieu, et je te dirai qui tu es. Il faut aussi mesurer le poids philosophique de la fameuse Loi de conservation des éléments, telle que Lavoisier la formule en 1783 : Rien ne se perd, rien ne se crée dans la Nature. Il n'y a pas de Création !


Le terrain est prêt, désormais, pour les trois orientations que va prendre le mouvement initié par Newton et mûri par la diffusion érudite du Siècle des Lumières.
1 - le piétisme kantien, d'affinité unitarienne,
2 - la religion laïque autour de l' "Etre Suprême",
3 - Et enfin l'athéisme déclaré.

 

Quand le mathématicien Laplace présentera à l'empereur Napoléon son Système du Monde, l'Empereur lui demandera quelle est la place de Dieu dans son système : - Sire, répond-il, je n'ai pas eu besoin de cette hypothèse. Entre temps, Napoléon aura fermement rétabli la religion de l'Autorité. La Trinité n'est pas vaincue.

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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 16:32

L'édit de Tolérance qui accorde aux protestants les droits civils, grâce à la diligence de Malesherbes, ne date que de 1787.

ndlr - Chrétien-Guillaume de Lamoignon de Malesherbes, né le 6 décembre 1721 à Paris, De 1787 à 1788, il est membre du Conseil d’En-haut. Il propose des réformes mais il n’est pas écouté. À l'instigation de Louis XVI, il publie cependant en 1785 un Mémoire sur le mariage des protestants, puis fait adopter en 1787 l'édit de Versailles qui organise l’Etat civil des non-catholiques, initiant ainsi un début de reconnaissance de la pluralité des confessions.

 
La Déclaration des droits de l'Homme fut mise au programme de la première Assemblée nationale française plusieurs jours avant la prise de la Bastille le 14 juillet, et complètement votée au mois d'août 1789. Mais on ne prête pas assez d'attention à une image hautement symbolique : tous les tableaux d'époque représentant la Déclaration de 1789 sont à l'image classique des Tables de la Loi de Moïse. Les protestants de France n'ont pas été les derniers à oublier la signification de ce symbole, et pour plusieurs raisons qu'il conviendra d'examiner.


moise_et_les_tables_de_la_loi_inscriptions_hebraiques.jpg
Le premier président de l'Assemblée nationale est l'ancien pasteur du "Désert" Rabaut Saint-Etienne. Or l'image symbolique du protestantisme de France était celle des Tables de la Loi, et elle l'est restée au moins jusqu'à la fin du XIX°siècle. La croix, en tant qu'image, était celle de la persécution, celle qu'on présentait aux condamnés au moment du supplice, pour leur offrir une chance de sauver leur âme. Les choses ont progressivement changé à partir de 1890 sous l'influence luthérienne. Il va de soi que nos précisions n'ont nullement pour objet de contester cette évolution. Avant la Seconde guerre mondiale, un insigne des Tables de la Loi, porté à la boutonnière, désignait une personne juive.


On a donc oublié que les temples protestants de France, au-dessus ou à côté de la chaire pastorale, portaient l'image et les paroles du Décalogue, et cela en accord avec la liturgie qui commençait par la lecture du Décalogue (Exode 20) : Je suis l'Eternel ton Dieu qui t'ai fait sortir du pays d'Egypte, de la maison de servitude. / Tu n'auras pas d'autres dieux devant ma face, etc. Dans le patois de Canaan, surnom donné par l'humour protestant à sa propre légende, l'Egypte, ou Babylone, désigne l'Eglise catholique. Israël désigne les protestants, et ceux-ci attendront l'Affaire Dreyfus pour voir un quelconque parallélisme entre les persécutions qu'ils ont subies, et la situation des Juifs.


Cela dit, la Loi, comprise non comme une oppression mais comme symbole de la liberté, induira un réel parallélisme moral, ressenti dans la société, alors qu'il ne se traduisait pas dans la théologie. La Loi, rempart des Libertés, ce principe fondamental de morale civique éclate dans le livre du pasteur Samuel Vincent plusieurs fois réédité, 1820, 1829, 1860, De l'Etat du protestantisme en France.


La Déclaration de 1789 ne représente rien moins que les Nouvelles tables de la Loi, données non seulement à un peuple, mais à l'Humanité entière, avec la libération des esclaves, revendiquée par Jaucourt dans l'Encyclopédie. Et cet idéal de la Révolution par les Lumières déborda vers l'Allemagne rhénane, avec ces écriteaux sur les frontières : “Ici commence le pays de la Liberté !

 

Hélas ! Combien sont morts sous la Terreur ! Malesherbes dont l'enquête avait aboutie à l'édit de Tolérance. Guillotiné. C'est lui qui avait interdit aux curés de porter sur les actes de baptêmes des protestants des notices infâmantes. Louis XVI, passionné des sciences modernes, montant sur l'échafaud, demandait encore des nouvelles de Monsieur de La Pérouse. Rabaut Saint-Etienne, guillotiné pour avoir pris la défense du roi publiquement. Non qu'il contestât les contacts le Louis XVI avec l'empire autrichien, mais parce que son exécution serait illégale. En effet, la Constitution disait que La personne du Roi était inviolable. On pouvait l'exiler, changer la Constitution, mais non pas créer un tel précédent à la rétroactivité des lois. Après le roi, il y eut la reine, qui n'était peut-être pas à la hauteur des circonstances. Mais on ne lui laissa pas le choix de son avocat. Aujourd'hui encore, des avocats estiment que, par leur uniforme, ils portent son deuil. Elle aussi aura, sur l'échafaud, ce geste d'imprévisible dignité qui sied à la Première dame de France : Ayant par mégarde trébuché sur les pieds du bourreau : Faites excuse, Monsieur le Bourreau, je ne l'ai pas fait exprès.


Après ces excès, Napoléon "rétablira l'ordre". On sait ce qu'il en advint, et il ne manque pas d'éminents défenseurs dans le procès jamais clos de l'Histoire. Mais l'oeuvre des Lumières en subit des amputations majeures. Non pas les mathématiques, ni les sciences, mais tout l'édifice d'indépendance intellectuelle et théologique qui avait pu s'appuyer sur leur floraison. La Trinité reprit son pouvoir, avec le symbole d'Athanase, et certains qualifièrent même ce mouvement d'évangélique.

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 09:44

Pierre-Jean-Ruff.jpgNdlr - Nous avons déjà publié le 10 janvier 2008 une première bibliographie de l'auteur (lien). Une bibliographie actualisée vient d'être publiée dans le bulletin de la Correspondance unitarienne n° 125, mars 2013. Elle comporte de nouveaux ouvrages de l'auteur. Pour en savoir plus, voir la rubrique consacrée à l'auteur sur ce site (lien).


publiés par divers éditeurs :
1980 - Etre pasteur aujourd’hui, Les Publications universitaires (Paris, en dépôt chez l’auteur)
1983 - Comment comprendre la Bible ? La Cause (Carrière-sous-Poissy, épuisé)
1989 - Un seul Dieu ? ou le problème du mal, Editions de l’Alliance, (Lillois, Belgique, épuisé)
1993 - Le dualisme (revue Vivre, 93/3, Lillois, Belgique)
1995 - Le christianisme des Bons Hommes, message des cathares pour aujourd’hui, Le Foyer de l’âme (Paris, en dépôt chez l’auteur).
2007 - Des origines du christianisme aux cathares et des cathares à nous, Cahiers Michel Servet, n° 7, février, 20 p.

publiés par les éditions C. Lacour, à Nîmes :
2004 - Marie de Magdala, figure de proue du christianisme de sensibilité gnostique
2007 - Tous, exorcistes !
2008 – Dérives des religions ou dérivent qu’elles suscitent

publiés par Théolib (lien).
L’année d’édition et le nombre de pages ne sont pas indiqués par l’éditeur.


- dans la collection « Libres pensées protestantes »
2008 - Charles Wagner, chantre d’une théologie biblique, libérale et naturelle, 18 euros.
avec un avant-propos de Pierre-Yves Ruff. Voir dans la même collection, la réédition de « L’Ami », un livre de Charles Wagner, figure importante du protestantisme libéral français, qui fonda le « Foyer de l’âme » à Paris, dans le quartier de la Bastille. Ce temple, d’abord indépendant, est aujourd’hui une paroisse de l’Eglise protestante unie de France ; Pierre-Jean Ruff y a été pasteur.
2008 - Dieu veut-il le mal ? interpellations gnostiques, cathares et autres (réédition améliorée), 18 euros
2009 - La culpabilité et le pardon ; considérations impertinentes, 15 euros.
2010 - Souffle des 4 vents ; plaidoyer pour l’Esprit et la mystique, réédition d’un livre publié en 1994 par Fernand Lanore (Paris), 15 euros.
2011 – Ce que je crois. Quelle théologie et quelle prédication pour le XXIème siècle, 15 euros.
2011 - L’évangile de Jean est-il gnostique ? réédition améliorée d’un livre publié en 1996 par Le Prieuré (Rouvray) sous le titre « Le Dieu Esprit ; méditations à partir de l’évangile de Jean », 18 euros.

- autres collections
2005 - Le protestantisme libéral, vers un christianisme d’ouverture, réédition d’un livre publié par le Foyer de l’âme (Paris) en 1993, revue et augmenté, avec une préface de Paul Abéla, Hors-série, 8 euros.
2009 - Le chant du Monde (poèmes), coll. Ecritures au pluriel
2013 - Christianisme et islam, coll. Les Eternités inactuelles
2013 - L’euthanasie ; comment respecte-t-on la vie, coll. Les Eternités inactuelles, 15 euros.

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 09:19

Article à la Une : " Mariage et bénédiction religieuse " par Pierre-Jean Ruff, pasteur de l'ERF, conseiller de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU), mis en ligne le 12 mars 2013 sur le site de l'AFCU à la rubrique "Accompagnement spirituel des couples" (lien).

Informations : relations avec l'ICUU pour le Kenya, Ouganda, Rwanda, Pays-bas, Italie et France

Lors de sa dernière rencontre en février 2012 aux Philippines, l’International Council of Unitarians and Universalists (ICUU) avait reconnu l’instance nationale des unitariens du Kenya (Kenyan Unitarian Universalist Council KUUC) comme groupe émergent et la Nederlandse protestanten Bond (NPD ; bond = union), une Union d’Eglises néerlandaises libérales, comme membre à part entière. En février 2013, le bureau exécutif de l’ICUU vient de reconnaître la Unitarian Universalist Association of Uganda et la Congrégation unitarienne du Rwanda comme groupes émergents, promeut la Communion unitariana italiana (CUI) comme membre provisoire, et entérine, au même rang de groupe émergent, le relais pris par le Conseil des unitariens et universalistes français (CUUF) qui, depuis mars 2009, a succédé à l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU).

Libres propos : Débat sur la proposition d'une cérémonie religieuse pour tous les couples avec la participation de Christian Baert, Charles Nicol, Robert Serre, Maurice et Yvonne Causse, Eric Bassoul, Sylvie Queval, Nicole Deheunynck-Bliez, David Steward, Michel Jas et Bruno Cadez.

Bibliographie : livres publiés par Pierre-Jean Ruff (actualisé à ce jour), mis en ligne le 13 mars dans La Besace des unitariens à la rubrique consacrée à l'auteur (lien).

Message d'envoi le  28 février 2013 par Jean-Claude Barbier :

Ami(e)s de la Correspondance unitarienne - Nous continuons notre réflexion sur le mariage côté religion avec un article du pasteur Pierre-Jean Ruff sur le sens de la bénédiction nuptiale dans le protestantisme. Et puis vos nombreuses réponses à notre proposition d’une action de grâce par les conjoints quelque soit leur orientation sexuelle. Vous trouverez aussi une bibliographie exhaustive de Pierre-Jean Ruff ; et dans les prochains bulletins de la Correspondance unitarienne, vous pourrez faire plus ample connaissance avec d’autres auteurs unitariens ou de sympathie unitarienne : Charles-Henri Matile, Roger Gau, Emile Mihière, etc.

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 08:57

Article à la Une : "Une cérémonie proposée pour les couples" par Jean-Claude Barbier, mis en ligne sur le site de l'AFCU à la rubrique "Accompagnement spirituel des couples", le 22 février 2013 (lien) .

Documents : rappel de deux articles de Jean-Claude Barbier mis en ligne sur le site de l'AFCU (même rubrique) les 7 décembre 2006 (Mariage à la carte, lien) et le 14 avril 2007 (Le mariage homosexuel, lien).

Libres propos : la position des Actualités unitariennes sur le débat du "mariage pour tous", mis en ligne sur site de l'AFCU (même rubrique) le 12 mars 2013 (lien).

Message d'envoi par Jean-Claude Barbier, le 22 février 2013

Ami(e)s de la Correspondance unitarienne - La tradition unitarienne est convictionnelle : elle est affirmative sur les questions qui la concernent (comme par exemple Jésus qui, pour nous, est simplement homme ; ou encore l’utilisation de l’approche historico-critique des textes) et elle se veut franche sur les questions sociétales dans le respect bien sûr des opinions personnelles des uns et des autres. Vous trouverez dans ce bulletin une proposition pour une cérémonie nuptiale pour tous les couples quelque soit leur orientation sexuelle et sous la forme solennelle d’une action de grâce. Vous êtes invités à y répondre dans le cadre d’une consultation de nos lecteurs. Ensuite, une AG de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU) décidera si elle peut ou non prendre en charge l’organisation d’une telle cérémonie . Vos avis sont importants car il y a une décision à prendre le plus démocratiquement possible. Merci pour votre réponse. En toute fraternité.

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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 12:17

Article à la Une : « Islam : religion de l'instant présent », par Farida Adjoudj, paru sur le site Oumma.com le 8 août 2012, dans la rubrique « religion » (lien) et mis en ligne sur le site des Amitiés islamo-chrétiennes, le 20 février 2013 ( lien).


Libres propos :

« L’Esprit souffle où il veut et les institutions ne sont pas infaillibles » d'Emile Mihière, le 27 septembre 2012
« Dieu a tant aimé le monde… » de Christine Pieretti, un texte qui circule sur Facebook, lu sur la page de Maïten Court
« Les identités unitariennes et universalistes aux Etats-Unis » de Richard Brodesky, membre de l’Unitarian Universalist Church of Turcson (Arizona), message personnel du 11 octobre 2012
La lumière de chacun est une lumière universelle que nous pouvons partager, de Jean-Claude Barbier


Message d'envoi par Jean-Claude Barbier, le mardi 12 février 2013
Ami(e)s de la Correspondance unitarienne. Nous sommes heureux de vous présenter ce bulletin du mois de janvier car, dans la tradition unitarienne, il va dans le sens d’une ouverture à toutes les religions et spiritualités du monde entier. Si Dieu existe, il est bien évident qu’il est pour tous et inconditionnellement. En reprenant le langage théologique des protestants, on pourrait dire que chacun peut bénéficier de sa grâce. Mieux, sans nulle pieuse contorsion de notre part, ni conditions posées par les Eglises et autres communautés religieuses, nous avons DEJA reçu cette grâce puisque le Dieu auquel nous pensons est un dieu universel, créateur de l’univers, par définition Un, sans nulle discrimination, ni élection, ni favoritisme d’aucune sorte.
Pensons à lui adresser nos louanges et à le remercier pour les joies que nous ressentons, pour la Vie qu’il nous a donnée. Chacun dans sa propre communauté, ou encore, pour ceux qui sont isolés, en se reliant au culte mensuel proposé par l’Eglise unitarienne francophone (Eufr) sur la Toile (lien).

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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 12:01

« L’Esprit souffle où il veut et les institutions ne sont pas infaillibles » par Emile Mihière, le 27 septembre 2012.

 

Un épisode de l’Ancien testament, qu’il faut prendre symboliquement comme la plupart de passages bibliques, est éclairant sur le plan des institutions religieuses. Il s’agit de Nombres XI, 24 et s., à propos des 70 Anciens qui dirigeaient la tribu des Hébreux dans le désert sous l’autorité de Moïse et d’une parole prophétique que Dieu leur inspirait.
Moïse prend ces Anciens à part, les fait sortir du camp et les place près de la Tente de réunion pour bénéficier du souffle divin qui les inspirerait. Mais ne voilà-t-il pas que deux rebelles, Eldad et Médad, refusent de les suivre et restent mêlés au peuple dans le camp. Comme prévu, l’Esprit inspire les séparés qui sont avec Moïse ; puis, brusquement, sans avertissement, fait grève et quitte cette sainte assemblée pour s’en aller dans le camp, au milieu du peuple, et y inspire les deux dissidents, Eldad et Médad. Panique générale chez les bien-pensants israélites et même Josué, le fidèle parmi les fidèles, s’en émeut : « Fais les taire … c’est la pagaille … ». La hiérarchie, ainsi bousculée, Moïse, loin de s’émouvoir, prend le partie des rebelles (et de l’esprit de Yaweh) et il réplique : « Plut au ciel que tout le peuple soit inspiré … ».
Quelle leçon à tirer pour toutes les religions qui se disent inspirées de Dieu et parfois les monopolisent ! « L Esprit souffle où il veut », c’est la phrase même de Jésus, lequel ajoute à peu près ceci : « Je te remercie d’avoir caché aux sages et aux savants ce que tu as révélé aux petits, aux obscurs, aux sans grade ». Ceux qui habituellement sont « dedans » (chapelle, cathédrale, temple, synagogue, pagode, etc.), les prêtres, pasteurs, rabbins, imams et autres, tous les choisis, les consacrés, les élus et toutes les hiérarchies du monde ne sont pas infaillibles et n'ont pas le monopole de l'Esprit ou souffle divin, lequel peut être saisi par n’importe quel humain de bonne volonté. L’infaillibilité n’existe pas, ni pour une institution, ni pour une personne si vénérables soit-elles. Dieu, s’il existe, n’est prisonnier d’aucun livre, d’aucune institution, d’aucun dogme, ni à plus forte raison d’aucune personne. Le monopole de la Vérité n’existe pas.


« Dieu a tant aimé le monde… » par Christine Pieretti, Un texte qui circule sur Facebook, lu sur la page de Maïten Court


Et nous ? L’aimons-nous ? Savons-nous tendre les bras au monde qui vient, aux générations qui naissent, aux nations et aux peuples nouveaux qui se lèvent. Leur tendre les bras et témoigner de la tendresse de notre Dieu.
Alors, que devons-nous faire ? Rêvons follement, aménageons des courants d’air pour que l’Esprit s’engouffre, creusons des brèches, partout, dans toutes nos certitudes, dans nos institutions, dans nos systèmes. Et même dans notre vieille maison, l’Église, pour qu’elle devienne la maison des courants d’air, que ses portes et ses fenêtres battent au vent, que les chapeaux s’envolent, que les idées fusent, que les espérances les plus utopiques s’expriment. Non, je ne peux pas me résigner à voir ma maison devenir une maison de retraite pour vérités frileuses.
Enjeux mondiaux, communication planétaire, mondialisation de la production, menace écologique. Nous sommes devant plus de questions que nous n’avons de réponses, et face à ces questions, nous ne détenons aucune « Vérité ». Devant ces questions, il n’y a que le courage, il faut y aller, retrousser nos manches, nous risquer jusqu’à risquer les erreurs. Et aujourd’hui, avant le courage des actes et des engagements, il faudra pratiquer l’audace de la pensée. Les chantiers qui s’ouvrent devant nous sont immenses, et nous avons déjà pris beaucoup de retard, au point que pour beaucoup, nous ne sommes plus dans la course. Pourtant, je ne veux pas croire que la plus belle espérance du monde se taise. Nous sommes en état d’urgence, toutes les intelligences sont requises, tous les bras sont utiles.
Les bâtisseurs de cathédrale dressaient vers le ciel le témoignage de leur espérance, et nous, quelles cathédrales dresserons-nous ? Quels sens proposerons-nous à ce monde, quels défis saurons-nous proposer pour que ce monde, en étant chaque jour plus humain, continue sa marche vers Dieu.

Les identités unitariennes et universalistes aux Etats-Unis par Richard Brodesky, membre de l’Unitarian Universalist Church of Turcson (Arizona), message personnel le 11 octobre 2012


Je vais essayer de t’expliquer ce qu’on fait ici avec les étiquettes personnelles quand il s’agit de notre identification religieuse comme unitarien-universaliste.
D’abord, à mon avis, le plus clair des adhérents ne comprennent ni veulent comprendre l’histoire religieuse. Pour eux, s’identifier comme unitariens-universalistes ou dans certains cas comme des universalistes ou des unitariens chrétiens suffit. 10% des adhérents sont des chrétiens et il existe encore quelques Eglises traditionnellement universalistes.
Les gens qui comprennent mieux leur héritage se définissent dans cette façon : si on a des racines dans le calvinisme, on peut se présenter comme protestant. Autrement dit, si une personne se considère comme la fin d’une chaîne religieuse ou philosophique qui a passé par la Réforme, on pourra s’identifier comme protestant. Notre ancien pasteur est actuellement pasteur à l’église à Plymouth dans le Massachusetts (environ 80 km au sud de Boston sur la côte Est). Les Pèlerins, qui furent des calvinistes, y arrivèrent en 1620. Leur accord pour se gouverner, le « Mayflower Compact », est très démocratique et on peut le traiter comme le base de l’autogestion de chaque paroisse. Bon, si tu peux te situer, par exemple dans cette ligne de filiation, tu pourras te présenter au monde comme protestant ou non selon tes vœux. Pour les autres, qui sont devenus des adhérents à cause des mariages mixtes ou suite au Manifeste humaniste de 1933, etc., en général ces gens s’identifient comme des unitariens-universalistes.
Moi, j’aime beaucoup les Evangiles, mais je ne les considère que comme une partie de la bibliothèque comprenant toutes les œuvres de sagesse. Et je suis étudiant de l’histoire. Ainsi, suis-je unitarien-universaliste. Je ne me vois pas comme chrétien bien que je pense que Jésus soit hyper important, car, à lui seul, il ne résume pas tous les grands esprits. Mais dans la pratique, je change un peu de temps en temps. Par exemple avec mon ami le pasteur méthodiste, je permets qu’il me considère comme protestant libéral. Il ne comprendra jamais ce que je viens de dire et être protestant est simplement plus facile. Et puis si tu réfléchis aux formes des cultes, aux hymnes, à mes œuvres bénévoles, je ressemblerai beaucoup aux protestants. Mais si tu considères mon attitude envers l’argent, envers l’autorité biblique ou envers la sexualité, je ne serai pas protestant du tout !
Je n’ai rien résolu mais moins cela aidera peut-être à mieux comprendre les usages ici.

La lumière de chacun est une lumière universelle que nous pouvons partager par Jean-Claude Barbier


Lu sur la page d'un ami de Facebook, une profession de foi de style néo-païen que j'ai trouvé très belle. Elle rejoint ce que conseillait Gandhi : que chacun garde sa religion et la vive dans l'excellence. Chacun a sa lumière, mais c'est une même lumière qui nous réunit tous. De "Raphaël Juste Être" : « Chacun a cette lumière en son coeur, prendre conscience que Isis et Osiris font parties de notre lumière commune, ainsi que Jésus, Marie, Bouddha, etc.. L'important est de croire, c'est bien de croire en leur lumière, mais c'est encore mieux de croire en sa propre lumière. L'émanation de ta lumière n'est pas différente de leur lumière, c'est la FOI qui fait la différence. Ne donne plus ton pouvoir, garde ta FOI, mais utilise cette FOI pour tout ce qui est, tout ne fait qu'UN. C'est cela la vraie FOI, croire que tout est UN. Invoque la lumière, peu importe sa provenance, tu fais UN avec elle. Avant même de le demander tu as déjà reçu ».
N’est-ce pas ce que nous faisons aussi lorsque nous allumons notre calice (le calice des unitariens), sans demander aucune profession de foi individuelle, en acceptant largement tous ceux qui veulent partager quelque chose, chacun faisant cela selon son coeur, sa propre tradition, ses convictions intimes. Voir par exemple la très belle méditation qui accompagne l'allumage de notre calice durant ce mois de février et qui nous a été présentée par l’Eglise unitarienne francophone (Eufr) (lien).

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