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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 07:20
Théodore Parker, sa vie et ses oeuvres - un chapitre de l'histoire de l'abolition de l'esclavage aux Etats-Unis, chap. VI - Réformateur américain, extrait ; par Albert Réville, 1865. Voir le texte complet sur le site "Unitariens".

Pour lui, nous l'avons vu, la religion répondait à un besoin inné de la nature humaine et devait être le levain purificateur, le mobile vivifiant de l'activité quotidienne. Être religieux et viser à la perfection sur tous les domaines qu'il est donné à l'homme de parcourir, pour lui c'était tout un. Car si sa religion se résumait dans l'amour de Dieu, son Dieu, qu'il se gardait bien de définir, était essentiellement la perfection vivante, absolue.

La liberté la plus entière, civile, politique, religieuse, est une des premières conséquences de tels principes, une des premières exigences de leur application. Car l'homme ne peut se développer dans le sens du perfectionnement de son être que moyennant la liberté.

theodore_parker_dean_grodzins.jpgQuand on voit ce que, grâce à une liberté si souvent restreinte, à un développement encore bien entravé, l'homme a déjà réalisé des progrès, des réformes, des conquêtes, sur la nature brute ; quand on observe qu'en définitive la vraie moralité et la vraie piété profitent régulièrement des découvertes ou des améliorations émancipant l'homme des servitudes et des entraînements de la vie purement sensuelle ; quand on saisit, et dans l'histoire, et dans son propre cœur, cette loi du perfectionnement continu, qui n'est autre chose que l'action incessante du Créateur sur sa créature intelligente qu'il attire vers sa perfection à lui-même, qu'il fait venir à lui en faisant briller à ses yeux la splendeur de l'idéal, - la religion change nécessairement non pas de principe, mais de formes et de contenu. Si elle est la conscience et le resserrement volontaire du lien qui unit l'homme à Dieu, il est clair qu'elle doit inspirer surtout un sentiment profond et continu du devoir du perfectionnement en soi et autour de soi.

Donc le culte, public ou privé, l'exercice religieux en général, au lieu d'être son propre but à lui-même ou la monnaie d'un salut qui s'achète, devient un ensemble de moyens dont le but est ; d'activer et de faciliter le perfectionnement de l'homme tout entier, corps, intelligence et cœur. Ceci mérite qu'on s'y arrête. Dans les temps où, étranger à l'idée de progrès, l'homme ne voyait dans la Divinité qu'une formidable puissance avec laquelle il fallait avant tout se mettre en règle, coûte que coute, moyennant des rites magiques ou des absolutions sacerdotales, ou des professions de dogmes pour ainsi dire salutifères, la vie religieuse et la vie ordinaire faisaient deux choses non seulement distinctes, mais encore séparées ; juxtaposées l'une à l'autre, mais sans pénétration réciproque. L'homme travaillait, gagnait, se mariait, se livrait aux plaisirs de son choix et aux labeurs de sa position ; et puis, il priait, il observait des rites, il fréquentait des prêtres, il hantait des églises, il récitait son chapelet de litanies ou de dogmes. Sans doute les religions quelque peu développées, le christianisme surtout, même sous ses formes les plus imparfaites, ont toujours prétendu diriger aussi la vie ordinaire par leur enseignement moral ; mais comme les inévitables transgressions étaient expiées ou compensées par l'un ou l'autre des moyens extérieurs et factices que nous avons énumérés, il en résultait qu'en fin de compte la vie religieuse reprenait, avec sa supériorité sur la vie ordinaire, son caractère à part et continuait de former l'antithèse pure et simple de celle-ci.

C'est ainsi que, pour être religieux, il fallait retrancher autant que possible sur la vie naturelle ; par exemple, passer des heures, des jours, dans des prières indéfiniment réitérées, dans les jeûnes, dans les cérémonies religieuses. On se retirait du monde pour entrer en religion. Le couvent, en effet, était l'idéal. Tous n'y pouvaient entrer, parce que tous n'en étaient pas capables. Mais ceux qui restaient en dehors n'avaient rien de mieux à faire que de se rapprocher de la vie monastique autant que le permettaient les exigences du siècle. Tout cela était absurde, mais logique : Dieu et le monde étaient censés séparés l'un de l'autre, opposés l'un à l'autre; donc la vie religieuse et la vie du inonde devaient l'être aussi. Telle est, on peut le voir, l'idée fondamentale qui détermine la direction suivie par la piété catholique au Moyen âge.

La Réforme fit beaucoup pour briser ce dualisme. Elle fit rentrer en grande partie la vie religieuse dans la vie ordinaire. Ne reconnaissant plus de rite magique ni de pouvoir sacerdotal réel, réhabilitant le mariage et la vie de famille, déniant tout mérite aux œuvres extérieures et n'admettant pas que l'homme pût être sauvé autrement que par sa propre foi individuelle et vraiment à lui, elle diminua considérablement le terrain visible, réservé, qu'occupait avant elle la vie religieuse proprement dite, mais elle rendit plus intense et plus continue l'action des principes religieux sur les sentiments et les actes de l'existence quotidienne.

Cependant elle ne sut pas aller jusqu'au bout de son principe. Son tort fut surtout de confondre la foi avec l'adhésion à certaines thèses dogmatiques, lesquelles, restant souvent sans influence aucune sur le cœur et la conscience, leur étaient en réalité aussi extérieures, aussi étrangères, qu'avaient pu l'être auparavant des paroles de prêtre ou des indulgences de papier. Ce dualisme reposait encore sur le point de vue, peu modifié théoriquement par la Réforme dans ses premiers jours, d'un Dieu et d'un monde opposés l'un à l'autre. De là vint que le protestantisme eut aussi et a encore son bigotisme, son formalisme et son opposition méticuleuse à la vie pleinement humaine. L'opinion s'établit souvent dans son sein que les hommes les plus religieux étaient ceux qui lisaient le plus la Bible, assistaient au plus grand nombre de prédications, priaient le plus souvent, professaient la plus stricte fidélité à l'orthodoxie confessionnelle. Le protestantisme eut son patois de Canaan, comme le catholicisme a son jargon de sacristie, et ce qui, en apparence, n'était qu'un ridicule, était au fond l'indice d'une hostilité plus ou moins avouée à la vie simple et naturelle. De là, en effet, ce puritanisme sombre qui condamnait comme diaboliques l'art, la science, la joie honnête. L'important, c'est qu'on pratique, dit le bigotisme ultramontain; l'essentiel, c'est qu'on professe, dit le bigotisme protestant.

En cela, l'un et l'autre ont dévié de la pensée chrétienne fondamentale. L'important, l'essentiel, a dit Jésus, c'est qu'on aime. Aimez, et vous pratiquerez ce qu'il faut faire; aimez, et vous verrez ce qu'il faut croire. Ama et fac quod vis * (Aime et fais ce que tu veux.), a dit Augustin dans son meilleur moment ; et nous ajouterons : Ama et crede quod poleris * (Aime et crois ce que tu peux.) :

Supposons maintenant qu'au lieu de séparer Dieu du monde, on voit dans le monde la manifestation permanente de Dieu lui-même ; que l'on cherche par conséquent les lois immanentes du monde physique et moral, en se disant que ce sont autant de volontés divines; que l'on arrive par cette voie à la conclusion que l'homme est appelé de Dieu à travailler, à vivre en société, comme fils, époux et père, comme citoyen d'une ville et d'un pays, comme membre enfin de la grande famille humaine; que ce sont là les sphères, non contraires, mais concentriques, dans lesquelles doit se déployer son être et se réaliser son perfectionnement, — dès lors la religion, consistant uniquement en formes, en rites et en dogmes, aura perdu toute espèce de valeur.

La doctrine religieuse essentielle posera quelques principes, très riches d'applications, mais très simples en eux-mêmes. La vie religieuse tiendra relativement peu de place dans l'existence en tant que vie distincte, mais — et c'est là le grand côté de ce point de vue - elle agira du dedans sur cette existence tout entière. Elle en fera une prière continue. Selon la profonde expression d'un apôtre, le manger et le boire, le sommeil et la veille, le repos et le travail, tout sera à la gloire de Dieu. Le laboureur à la charrue, l'ouvrier au chantier ou à l'usine, la mère au berceau de son enfant, l'homme d'affaires dans son cabinet, l'artiste à son atelier, le savant dans ses recherches, tous porteront partout, dans les petites choses comme dans les grandes, leur désir, leur soif de perfection.

C'est par religion que l'on voudra donner à tout le cachet du soigné, du beau, du noble, du bien ; en un mot, du parfait. C'est par religion que l'on s'abstiendra de ce qui souille, énerve ou asservit l'âme. C'est par religion qu'on travaillera à l'extinction des misères et des corruptions sociales. C'est par religion qu'on sera libéral en politique, réformateur pacifique et philanthrope ingénieux. C'est par religion que l'on voudra s'instruire et s'instruire encore, et que les autres aussi puissent toujours plus s'instruire. « Plus de lumière, on n'y voit jamais trop, » tel sera l'hommage continuel qu'une telle religion rendra au Dieu qui est lumière lui-même. Et c'est par le concours de tous ces désirs purs, de tous ces efforts ardents, de toutes ces luttes vaillantes contre le mal et les ténèbres qu'enfin le royaume de Dieu viendra sur la terre comme il vient déjà dans le cœur de tous ceux qui s'enrôlent dans cette croisade sainte.

La religion ainsi conçue paraît à peu près annihilée aux partisans des religions du passé, habitués qu'ils sont à la considérer comme nécessairement liée à des actions et à des formes spéciales. Et pourtant elle est aussi réelle, aussi continue, aussi bienfaisante que la sève invisible qui vivifie le tronc, les branches et les plus petits rameaux d'un arbre vigoureux et sain. Elle plonge par ses racines dans l'élément légitime, bien souvent exagéré, mais plus souvent encore méconnu, du mysticisme. A la seule condition de ne pas se poser en ennemi de la raison et de la conscience, le mysticisme, cette joie intense que l'on puise dans le sentiment de la communion personnelle avec Dieu, est une volupté désirable et fortifiante.

Ou tout nous trompe, ou c'est là la religion qu'il faut au XIXe siècle. C'est celle surtout qu'il faudra au XXe. C'est de ce côté seulement qu'est désormais la joie, la joie pure et confiante, ce signe sacré des grandes choses qui commencent.

Cette religion des temps modernes n'est pas autre chose au fond que l'épanouissement du principe évangélique devenu vie et puissance en Jésus de Nazareth. Aimer de tout son cœur Dieu, c'est-à-dire la perfection idéale réelle, n'est-ce pas le premier de tous les commandements ? Et aimer comme soi-même l'homme, c'est-à-dire l'être qui possède la perfection virtuelle, l'être perfectible, n'est-ce pas le second, semblable au premier? C'est de cela que dépendent la loi et les prophètes, toute vraie moralité et toute sainte espérance. Ceux qui ont accusé l'Évangile de Jésus de diminuer l'énergie humaine, le faisant ainsi collatéral du bouddhisme, n'en ont pas compris le premier mot. Le bouddhisme a connu l'amour de l'homme : de là sa valeur morale et sa beauté ; mais il a ignoré l'amour de Dieu : de là sa faiblesse et sa stérilité.

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Published by Albert Réville - dans (hist) PARKER Théodore
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9 mai 2008 5 09 /05 /mai /2008 12:03

Bibliographie de Théodore Parker (1810-1860) par Dean Grodzins, parue en 2008 sur le site de l'Unitarian Universalist Historical Society (UUHS),
http://www25-temp.uua.org/uuhs/duub/articles/theodoreparker.html
traduite en français par Noëlle Colle (mai 2008),
les sous-titres sont de La Besace des unitariens

Théodore Parker (24 août 1810,10 mai 1860) fut un prédicateur, un conférencier, un écrivain, un intellectuel connu et un réformateur de la religion et de la société. Il a joué un rôle majeur en aidant les unitariens à se détacher d'une foi basée sur la Bible et en créant, quant à l'activisme clérical, un précédent qui a inspiré des générations de responsables religieux. Bien que classé avec William Ellery Channing comme le plus important et influent pasteur de l'Eglise unitarienne du XIX° siècle, il a été en son temps très controversé et, ce qu'il a légué à l’unitarisme-universalisme, demeure contesté.

du calvinisme à l’unitarisme

T. Parker naquit le 24 août 1810 à Lexington, Massachusetts ; il était le plus jeune d'une famille nombreuse de fermier. Pendant sa jeunesse il fit partie de l'Eglise de Lexington. Ce fut une longue histoire de calvinisme tolérant puis, encore jeune garçon, évoluant sans heurt, il devint unitarien. Cependant, il admirait la ferveur des évangélistes et, devenu jeune homme, il envisagea de se convertir au calvinisme orthodoxe.

Son sentiment religieux s'est en partie développé en réponse à une tragédie domestique A l'âge de 27 ans il avait perdu une grande partie de sa famille : ses parents et sept de leurs neuf enfants - principalement à cause de la tuberculose ; sa mère mourut quand il avait 12 ans. A la suite de ces deuils T. Parker acquit une solide croyance en l'immortalité de l'âme et en un Dieu qui ne voudrait pas laisser un mal durable arriver à aucun de ses enfants. Cette solide croyance en la bonté de Dieu le conduisit à rejeter la théologie calviniste parce que cruelle et déraisonnable

l’ambition d’appartenir à l’élite bostonienne

C'est aussi l'ambition qui a poussé T. Parker a devenir unitarien. Il rêvait de faire partie de l'élite de la société bostonienne, généralement unitarienne. D'une intelligence précoce et conduit par la volonté d'être le meilleur, il devint instituteur à l'âge de 16 ans. A 19 ans il réussit l'examen d'entrée à Harvard mais n'ayant pas les moyens d'assumer les frais de scolarité, il étudia tout seul la totalité du programme de Harvard. En 1832 il ouvrit une école privée à Watertown. A cette époque il rencontra sa future femme, Lydia Dodge Cabot, la plus jeune enfant d'une famille unitarienne riche et très connue.

T. Parker avait pensé faire du Droit mais sa solide piété le poussa à devenir pasteur. Pratiquement tout seul il étudia le latin, le grec, l'hébreu, l'allemand, la théologie, l'histoire de l'Eglise et la Bible. En 1834, malgré l'absence de diplômes, il fut admis à Harvard Divinity School dans une classe avancée. Un bienfaiteur, sans doute un membre de la famille Cabot, en paya les frais.

A Harvard, T. Parker étudia avec "voracité", devint chargé de cours en hébreu et, pendant quelque temps, enseigna lui-même chaque mois l'étude d'une nouvelle langue ; en 1836 il disait connaître "vingt langues". Il avait en même temps beaucoup d'activités extérieures; entre autres il édita pour les étudiants un journal d'études bibliques, le Christian Register.


Il acheva ses études à Divinity Scool au printemps de 1836. En avril 1837 il se maria avec Lydia Cabot. En juin de la même année, il fut ordonné pasteur de l'Eglise unitarienne de West Roxbury [ci-contre], laquelle ne comptait que 60 membres adultes. Il accepta ce poste peu important à la demande de sa belle-famille qui vivait dans les environs.

T. Parker se rendit compte qu'il pouvait en même temps assumer le peu de charges de sa petite paroisse et continuer à mettre la plus grande partie de son énergie à étudier et à construire sa réputation d'homme de lettres et érudit. Il lut des milliers de livres, écrivit un grand nombre de courtes nouvelles pour le Register , aussi bien que des articles littéraires importants pour divers journaux y compris la revue périodique unitarienne : The Christian Examiner. En même temps il se fit connaître autour de Boston pour l'intelligence, l'éloquence et la sincérité de ses sermons. Son point de vue théologique fit cependant de lui une figure de plus en plus controversée
.


Il acheva ses études à Divinity Scool au printemps de 1836. En avril 1837 il se maria avec Lydia Cabot. En juin de la même année, il fut ordonné pasteur de l'Eglise unitarienne de West Roxbury [ci-contre], laquelle ne comptait que 60 membres adultes. Il accepta ce poste peu important à la demande de sa belle-famille qui vivait dans les environs.

T. Parker se rendit compte qu'il pouvait en même temps assumer le peu de charges de sa petite paroisse et continuer à mettre la plus grande partie de son énergie à étudier et à construire sa réputation d'homme de lettres et érudit. Il lut des milliers de livres, écrivit un grand nombre de courtes nouvelles pour le Register , aussi bien que des articles littéraires importants pour divers journaux y compris la revue périodique unitarienne : The Christian Examiner. En même temps il se fit connaître autour de Boston pour l'intelligence, l'éloquence et la sincérité de ses sermons. Son point de vue théologique fit cependant de lui une figure de plus en plus controversée
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Published by Dean Grodzins traduit par Noëlle Colle - dans (hist) PARKER Théodore
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9 mai 2008 5 09 /05 /mai /2008 11:50

L’exégèse critique allemande et les miracles dans la Bible

Les historiens ont qualifié la théologie des unitariens de "rationalisme surnaturel" ; selon celle-ci, la raison humaine pouvait, par elle-même, découvrir certaines vérités religieuses telles que l'existence de Dieu ; l'ensemble de ces vérités constituait la "religion naturelle". Cette religion devait cependant puiser dans la religion révélée certaines vérités essentielles, telles que le rôle médiateur que jouait le Christ dans la rédemption, vérités qui ne pouvaient être découvertes qu'à travers les révélations miraculeuses de la Bible.

Ceux qui niaient que le christianisme soit miraculeusement révélé étaient des "infidèles" ou des "déistes" indignes de faire partie de la communauté chrétienne. T. Parker au cours des années 1830 en vint à nier que le christianisme soit une vérité miraculeusement révélée, mais insistait sur le fait qu'il était toujours digne de faire partie de la communauté chrétienne. A l'origine, sa foi était basée sur la Bible qui, croyait-il, contenait une révélation miraculeuse. En 1832 il écrivit " Une histoire des Juifs " destinée à devenir un catéchisme pour l'Ecole du dimanche (mais qui ne fut jamais publiée) dans laquelle il soutenait que les histoires miraculeuses de l'Ancien testament étaient des faits établis. Ses idées ont commencé à changer quand le pasteur unitarien de Watertown lui fit connaître les nouvelles critiques sur les faits historiques relatés dans la Bible qui se développaient à l'époque en Allemagne.

En 1834, T. Parker interprétait comme naturelles un certain nombre d'histoires miraculeuses de L'Ancien Testament. En 1836 dans un article à l'Interpreter il nia la croyance traditionnelle ... acceptée par la plupart des unitariens - selon laquelle le prophète Isaïe aurait annoncé la venue du Christ. En 1836 il entreprit un grand travail qui lui prit sept ans : une édition en anglais (élargie et révisée) des résultats d’un séminaire allemand d’exégèse biblique, W. M. L. DewettesCritical and Historical Introduction to the Old Testament ". Dewettes y défendait l'idée qu'il vaudrait mieux considérer les miracles de L'Ancien Testament non comme des faits, ni les rejeter comme légendes, mais les apprécier comme des mythes, lesquels étaient des expressions poétiques qui reflétaient la piété des anciens juifs avec un sens symbolique profond.

En même temps, le critique allemand D. F. Strauss soutenait le même point de vue, dans un contexte de violente polémique, avec son livre "Life of Jesus, critically examined" (1835). En 1840, T. Parker en fit un long compte-rendu, de tonalité généralement favorable, dans l'Examiner. A cette période, il en était arrivé à mettre en doute la réalité de toutes les histoires miraculeuses et à considérer la Bible comme pleine de contradictions et d’erreurs.

être inspiré par Dieu en étant fidèle à ses lois spirituelles

Théodore Parker en 1850 (à remarquer son refus de porter la cravate blanche des pasteurs de l'époque)

T. Parker appuya sa foi sur de nouvelles bases en mettant au point sa propre théorie sur l'inspiration divine. Il soutenait alors que Dieu était "immanent dans la matière et dans l'Homme". Les lois de l'esprit humain étaient analogues à celles de la matière ; les deux étant des aspects de Dieu et donc éternelles et immuables. Mais si la matière devait obéir aux lois, Dieu avait donné à l'homme la liberté de leur désobéir.

La désobéissance était une faute. L'obéissance était d'inspiration divine. Plus on obéissait aux lois spirituelles, plus on était proche de Dieu - plus on devenait sincère, moral, bon, fidèle, plus on était divinement inspiré. L'inspiration divine était naturelle et universelle et la race humaine, à mesure qu'elle progressait de la "sauvagerie" à la "civilisation", était de plus en plus inspirée. La plupart des unitariens pensaient que Jésus avait été miraculeusement inspiré pour donner une révélation qui faisait autorité. A l'époque T. Parker pensait que Jésus avait été inspiré comme chacun en étant fidèle aux lois spirituelles. T. Parker honorait toujours Jésus mais en tant que personne la plus inspirée de l'histoire ; il pensait que Jésus avait prêché la religion absolue. Toutefois, l'autorité de la révélation apportée par Jésus était seulement de l’ordre de l’inspiration. En même temps T. Parker disait que beaucoup de personnes modernes étaient plus divinement inspirées que bien des écrivains de la Bible.

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Published by Dean Grodzins traduit par Noëlle Colle - dans (hist) PARKER Théodore
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9 mai 2008 5 09 /05 /mai /2008 11:09

le transcendantalisme

Les idées de T. Parker correspondaient à celles du mouvement transcendantaliste qui émergeait chez les jeunes unitariens vers le milieu des années 1830. Il assistait aux réunions duTranscendentalist Club et écrivit beaucoup d'articles et de critiques pour le périodique le plus important de ce mouvement, The Dial (1840-1844). En 1838, il assista avec enthousiasme à une conférence donnée à Divinity School par le transcendantaliste Ralph Emerson. Le ton prophétique de ce dernier inspira T. Parker qui commença à prêcher une réforme religieuse et sociale.

Entre temps, l'éloquente attaque d'Emerson contre les miracles lors de sa conférence fit l'objet d'une controverse sous la forme d'un violent pamphlet. Andrew Norton disait que ce cas de super rationalisme, qui déniait les miracles du christianisme, était une " infidélité ", tandis que Georges Ripley soutenait le nouveau courant de pensée. Lorsque les deux antagonistes devinrent surtout préoccupés par des problèmes d'érudition qui ne concernaient pas les simples croyants unitariens, T. Parker essaya de rediriger le débat. Il publia un pamphlet où il donnait la parole à un unitarien imaginaire nommé "Levi Blodgett". Il y traçait avec brio la position transcendantaliste concernant l'inspiration, les miracles et l'autorité religieuse.

En mai 1841, T. Parker fut reconnu comme l'un des plus importants porte-parole du transcendantalisme lorsque, lors d'une ordination, il fit un discours sur "La permanence et la transcendance dans le christianisme" à la congrégation de Boston Sud. L'idée maîtresse de son sermon était que Jésus avait prêché la vraie religion. Ce qui fit la plus forte impression sur son auditoire fut sa véhémente négation de l’historicité des miracles de la Bible et de l'autorité fondée sur elle, que ce soit Jésus ou la Bible. Trois invités trinitariens en furent personnellement scandalisés. Ils attaquèrent le sermon dans les journaux et demandèrent si les unitariens considéraient encore T. Parker comme un pasteur chrétien. Dans le chambardement qui en résulta, la plupart des pasteurs unitariens et la plus grande partie des laïcs conclurent que la théologie de T. Parker n'était pas chrétienne.

T. Parker se vit refuser l’accès aux chaires unitariennes [ndlr : selon la coutume pastorale qui consiste à inviter d’autres confrères à venir prêcher en sa paroisse] et fut renvoyé du Register et de l'Examiner. Il craignit que sa carrière de pasteur ne soit terminée. La controverse lui fit perdre ses amis et le força à abandonner son vieux rêve de faire partie de l'élite de Boston. Même sa belle-famille, écrira-il plus tard, le traita comme s’il avait commis un crime.

Sa paroisse de West Roxbury lui resta cependant fidèle et tout le bruit fait autour de lui le rendit célèbre. A l'automne de 1841, c'est en foule qu'on venait écouter une série de conférences qu'il publia ensuite sous une forme révisée le printemps suivant sous le titre "A Discourse of Matters Pertaining to Religion". Dans ce manifeste sur la transcendance T. Parker relançait systématiquement ses idées sur l'inspiration, Jésus, la Bible et l'Eglise. Les critiques unitariens traitèrent ce livre de déiste et d’impie.

Les polémiques avec ses collègues de Boston

A la fin de 1842, T. Parker suscita une nouvelle controverse en prenant le parti de John Pierpont, pasteur unitarien de Hollis Street Church de Boston. Le soutien de J. Pierpont à la législation à propos de la tempérance avait divisé sa congrégation. Une minorité hostile, qui contrôlait les finances de l'Eglise, essaya de le renvoyer. En 1841, un conseil d'Eglise composé de dirigeants unitariens avait essayé sans succès de régler la dispute. Dans le numéro d'octobre 1842 du Dial  Parker accusa le conseil de Hollis Street d'avoir été secrètement hostile à J. Pierpont parce que celui-ci était réformateur. L'accusation de T. Parker réjouit les amis de J. Pierpont, mais elle était insultante pour les collègues bostoniens de Parker. Le conflit s'intensifia avec les collègues de J. Parker (tous unitariens) de l'Association des pasteurs congrégationalistes. En janvier 1843, il fut confronté à l'association qui essaya de le persuader de démissionner. Il refusa.

A l'automne de 1843, il prit avec Lydia un congé sabbatique en Europe. Exposé pour la première fois à la grande inégalité des richesses et au despotisme politique, il réfléchit encore plus aux questions de démocratie, société démocratique et culture démocratique.

Pendant ce temps la controverse théologique contre lui s'amplifiait. En novembre 1844, John Sargent organisa un débat avec lui. J. Sargent était pasteur d'une des deux chapelles unitariennes pour les pauvres soutenues financièrement par la Fraternité bénévole des Eglises. Le bureau de la Fraternité pria J. Sargent de ne plus débattre avec T. Parker dont la théologie était choquante. En réponse J. Sargent démissionna et accusa le bureau de violer les principes unitariens.

En décembre Parker fit une conférence à la First Church de Boston. Cette traditionnelle "conférence du mercredi" (en réalité un sermon) était financée par l'Association de Boston, chaque membre y prêchait à tour de rôle. Le sermon de Parker sur "Le rapport de Jésus avec son temps et l'éternité" réaffirmait sa christologie naturaliste. L'Association se réunit pour discuter de son éventuelle exclusion. A la fin, ils décidèrent de confier l'administration de la conférence du mercredi à la First Church ce qui avait pour conséquence d'empêcher T. Parker de continuer à prêcher.

En janvier 1845, James Freeman Clarke, pasteur de Church of the Disciples de Boston, qui détestait la théologie de T. Parker mais ne voulait pas que les chrétiens libéraux deviennent exclusifs, organisa un débat avec lui. Quatorze importantes familles de sa congrégation démissionnèrent [ndlr : par opposition à cette initiative] et créèrent leur propre société. Ces événements poussèrent le public unitarien à se demander si les unitariens avaient une croyance implicite, s'ils devaient en expliciter une et s'ils pouvaient garder T. Parker parmi eux.  T. Parker présenta alors sa position personnelle dans "A friendly letter to the Boston Association" (1845) où il maintenait que les unitariens n'avaient aucune raison de l'exclure.

la 28ème société congrégationaliste de Boston

En janvier 1845, T. Parker accepta l'invitation de certains de ses supporteurs à prêcher régulièrement à Boston. Ils louèrent le Melodeon Theater et son premier sermon en février eut une large audience. Cette année là, il prêcha le matin à Melodeon et l'après-midi à West Roxbury. En décembre 1845, ses supporteurs créèrent la 28me société congrégationaliste de Boston. Il y fut installé en tant que pasteur en janvier 1846 ; sa séparation d'avec ses collègues se symbolisant par le fait qu'il prêcha lui-même son sermon d'installation (The True Idea of a Christian Church). Il résilia sa chaire à West Roxbury le mois suivant.

La nouvelle société comprenait 300 membres, la plupart d'anciens paroissiens de John Sargent et de John Pierpont (lequel quitta Boston en 1845) ; ce groupe finançait et administrait la Société. L'assistance aux sermons de Parker passa de 1 000 en 1846 à 2 000 en 1852, obligeant la congrégation à quitter le Melodeon pour le plus spacieux Boston Music Hall  [photo ci-dessous]



Les auditeurs devinrent encore plus nombreux lorsque T. Parker prêcha sur des événements publics ou politiques. Parmi les auditeurs de Melodeon ou de Music hall on peut citer : William Lloyd Garison, Elisabeth Cady Stanton, Julia Ward Howe, Samuel Gridley Howe, William C. Nell et Louisa May Alcott (qui fit un commentaire favorable, à peine déguisé dans son roman "Work")

La 28me société congrégationaliste n'était généralement pas considérée comme une organisation unitarienne. On l'appelait Free Church et ses membres étaient parfois nommés "Parkerites". Les liens personnels de T. Parker avec l'unitarisme s'affaiblissaient. Les pasteurs unitariens ne faisaient pas de débats avec lui et les publications unitariennes l'ignoraient ou le critiquaient. Il cessa de faire partie de L'Association de Boston quand il démissionna de sa chaire de West Roxbury et n'y fut plus jamais admis. Il assistait aux réunions annuelles de l'Association unitarienne américaine (AUA) moins par sympathie que pour prouver qu'il en avait le droit. Quand en 1853, les dirigeants de AUA publièrent une " Proclamation of Unitarian view " (Le point de vue unitarien) qui rappelait leur orientation chrétienne, T. Parker en fit une violente critique dans " A Friendly letter to The Excutive Committee of The American Unitarian Association ".

Lorsqu'il s'installa à Boston, il était reconnu dans tout le pays comme un remarquable intellectuel. Il donnait des conférences dans tout le Nord [des Etats-Unis], publiait des livres, prêchait sans cesse, créait sa bibliothèque personnelle de 13 000 volumes qu'il avait la réputation d'avoir tous lus. Sa pensée s'orientait vers de nouvelles directions.

L'avancée de ses recherches bibliques persuadèrent T. Parker que Jésus n'avait pas prêché la religion absolue mais commit de sérieuses erreurs théologiques. Ce point de vue nouveau se sentait dans la 4me édition révisée du "Discourse of Matters Pertaining to Religion" (1854). En même temps, la montée de l'athéisme philosophique tel que le défendait le penseur allemand L. Feuerbach poussa T. Parker à s'intéresser plus à la réalité de Dieu qu'à la religion. Cela ressort dans son livre "Theism, Atheisme, and the Popular Théology" (1853).

A la même époque il critiquait le renouveau évangélique qui, démontrait-il, dégradait l'idée de Dieu et de la nature humaine. En 1858 il attaqua le Renouveau dans deux sermons qui devinrent des best-sellers pour toute la nation :"A False and True Revival of Religion" et "The Revival of Religion Which We Need ".

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Published by Dean Grodzins traduit par Noëlle Colle - dans (hist) PARKER Théodore
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9 mai 2008 5 09 /05 /mai /2008 10:51

l’engagement social

T. Parker s'ouvrit à une nouvelle compréhension sociologique de la société. Il remplissait ses sermons et conférences de statistiques, parlait de "classes sociales", se préoccupait d'ethnologie et de " romantiques " théories raciales. Il affirmait que la " race " anglo-saxonne était plus avancée que les autres, européennes ou autres, et commentait de façon quelque peu condescendante et méprisante les aptitudes des Africains pour le progrès. Malgré cela, il prônait l'intégration raciale dans les écoles et les Eglises de Boston et devint un leader abolitionniste.

Après son voyage en Europe, sa pensée politique se développa en une vision de l'Amérique devenant une démocratie industrielle. Son gouvernement serait une vraie démocratie, par opposition à une aristocratie ou monarchie, de tout le peuple, par le peuple, pour le peuple (concept qui influença Abraham Lincoln). Par cette phrase T. Parker voulait parler d'un Gouvernement qui serait l'expression de l'esprit, de la conscience et de la piété de tout le peuple, qui ne serait pas dirigé par un individu ou une classe, qui travaillerait au bien-être de tous et pas seulement d'un individu ou d'une classe. En même temps l'ordre social américain serait industriel par opposition à féodal, et récompenserait le travail et les qualités des gens plutôt que leurs richesses ou position sociale.

Cette démocratie industrielle pousserait chaque individu à la perfection spirituelle et serait de ce fait la plus religieuse possible forme de société. T. Parker pensait que les Etats-Unis étaient mieux placés que toute autre société dans le monde pour devenir une telle démocratie industrielle. Pour l'y préparer il conçut un programme de réformes culturelles, sociales et politiques.

Il critiquait ce qu'il appelait l'atavisme aristocratique dans la littérature et l'éducation et réclamait de meilleures écoles et un enseignement universel. Il soutenait les efforts faits pour soulager la pauvreté urbaine et réclamait que le système de justice pénale réforme les criminels au lieu de les punir. Il se faisait l'avocat de la fin "de l'avilissement des femmes" et défendit le droit de vote des femmes dans son sermon, "On the Public Function of Woman"(1853).

contre l’esclavage

T. Parker voyait l'esclavage comme le plus grand obstacle à la réalisation de la démocratie industrielle. Il dénonça la guerre du Mexique (1846-1848) comme une tentative d'étendre l'esclavage et conduisit l'opposition au "Fugitive Slave Act" de 1850. Cette loi installait une bureaucratie fédérale destinée à arrêter les esclaves qui s'échappaient vers les Etats libres. La plupart des pasteurs unitariens de Boston soit refusaient de s'opposer à la législation, soit la défendait publiquement en tant qu'obligation constitutionnelle et concession politique faite au Sud pour sauvegarder l'Union et régler le problème de l'esclavage. Toutefois, certains répondaient qu'arrêter les esclaves fugitifs était condamné par l'Ecriture.

T. Parker déclara que la loi violait l'idéal chrétien et était un danger pour les institutions libres. Dans son " Sermon of Conscience " (1850), il appela ouvertement à s'y opposer. T. Parker aidait les esclaves fugitifs en tant que pasteur abolitionniste. Il dirigea le comité exécutif du "Vigilance Committee", principale organisation bostonienne d'aide aux fugitifs, qui assurait aide matérielle, assistance juridique et asile. En 1850, lorsqu'une fugitive de sa congrégation, Ellen Craft, risqua l'arrestation il la cacha chez lui jusqu'à ce qu'il soit possible de l'envoyer au Canada. A la suite de son soutien a un autre fugitif, Anthony Burns, il fut traduit devant une juridiction fédérale. Il fut accusé de s'opposer à la police fédérale. Mais l'opinion populaire était tellement en sa faveur que le poursuivre en justice devenait politiquement impossible. En 1855 le cas fut abandonné pour vice de forme.

T. Parker pensait de plus en plus qu'une solution politique au problème de l'esclavage était impossible. Pendant la première guerre civile dans le Kansas, il récolta des fonds pour acheter des armes pour les milices de l'Etat libre et, plus tard, devint membre du comité secret qui aida financièrement l'armement de la tentative infructueuse de John Browm pour provoquer un soulèvement des esclaves en Virginie. Quand Brown fut arrêté, T. Parker, dans une lettre ouverte, défendit les activités de Brown et le droit pour les esclaves de tuer leurs maîtres (John Brown's Expedition Reviewed).

mort et postérité

La santé de Parker commença à se dégrader en 1857. En janvier 1859, un grand affaiblissement dû à la tuberculose mit fin à sa carrière de prédicateur. En février il quitta la froidure de Boston avec sa femme et d'autres personnes pour la chaleur des Caraïbes. En mars et avril, il écrivit une longue lettre autobiographique à sa congrégation, lettre qui était aussi une confession de foi. Elle fut rapidement publiée sous le titre "Theodore Parker's Experience as a Minister". Puis il voyagea en Angleterre, Suisse et Italie. Il s'affaiblit de plus en plus durant l'hiver de 1859 et mourut à Florence le 10 mai 1860. [ndlr : il fut enterré au cimetière anglais de la ville en toute simplicité, mais ses admirateurs américains, à la fin du XIX° siècle, élevèrent sur sa tombe une plaque commémorative].


Les dirigeants unitariens de Boston lui restèrent hostiles jusqu'à la fin. En 1859, alors que Parker était malade, la réunion annuelle des anciens de Harvard Divinity School refusa un vote pour une proposition de témoignage de sympathie.

Mais beaucoup de jeunes pasteurs unitariens l'admiraient pour son combat contre la théologie traditionnelle, pour la liberté de la foi et des prédications et son engagement politique. Lorsqu'ils devinrent les dirigeants de l'unitarisme à la fin du 19me siècle, ils firent de Parker une figure canonique, le modèle d'un pasteur prophétique dans la tradition unitarienne américaine.

Actuellement les idées de Parker sont à moitié oubliées et certains le critiquent pour avoir été sans nécessité diviseur et source de confrontations. Il est aussi accusé d'avoir été un mauvais homme d'Eglise. La 28me société congrégationaliste est considérée comme ayant été un one-man-show qui s'est éteinte après sa mort.

En réalité, bien que les foules aient quitté la société après 1860, un reste était resté actif. Ils recrutèrent plusieurs successeurs à Parker dont le plus connu est David A. Wasson. Ils construisirent en 1873 leur propre lieu de réunion, le Parker Memorial Building, et continuèrent à faire des cultes jusqu'en 1889, date à laquelle (assez ironiquement si l’on considère les échanges de Parker avec John Sargent en 1844) ils donnèrent leurs possessions à la Fraternité bénévole des Eglises.

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Published by Dean Grodzins traduit par Noëlle Colle - dans (hist) PARKER Théodore
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9 mai 2008 5 09 /05 /mai /2008 10:17
le bureau de Théodore Parker tel qu'il le laissa en partant pour l'Europe en 1859 (où il mourut à Florence). On y voit un buste de Jésus et une statuette de Spartacus.

la notice bibliographique à la fin de l’article de Dean Grodzins.


The Andover-Harvard Theological Library contient plus de 700 manuscrits et sermons de T. Parker, 4 volumes de son journal, beaucoup de carnets de notes, des manuscrits de plusieurs de ses livres, y compris trois brouillons de A discours of Matters Pertaining too Religion et plusieurs lettres.

The Massachusetts Historical Society possède la plus grande collection de lettres reçues ou envoyées (la plupart photocopiées), deux autres volumes de son journal et des carnets de notes.

The Boston Public Library détient un recueil des sermons de T. Parker, quelques manuscrits importants y compris The History of the Jews et l'Experience as a Minister, plusieurs lettres, carnets de notes, et brouillons ; T. Parker ayant légué sa bibliothèque personnelle à la BPL, on peut y trouver l'original de ses livres.

Des collections importantes de T. Parker se trouvent à la Houghton Library, à la Harvard University, à la Library of Congress , à la Huntington Library  et au State Archives of Neuchâtel, en Suisse ; de nombreuses autres librairies ont des fonds plus petits.

La plus complète bibliographie des publications de T. Parker jusqu'en 1846 se trouve chez Dean Grodzins, American Heretic : Theodore Parker and Transcendentalism (2002) ; voir aussi Joel Myerson, Theodore Parker : A Descriptive Bibliography (1981). Il y a eu deux éditions des œuvres complètes de T. Parker : The Collected Works of Theodore Parker (paru en 14 volumes de 1863 à 1872), et The Works of Theodore Parker, Centennial Edition (paru en 15 volumes de 1907 à 1913)  ; on ne peut éviter de trouver intéressantes ces collections bien qu’aucune ne donne les textes dans une version absolument certaine.

On dénombre cinq principales biographies de T. Parker qui sont le fait de John Weiss, Life and Correspondence of Theodore Parker (2 vols; 1864), Octavius Brooks Frothingham, Theodore Parker : A Biography (1874), John White Chadwick, Theodore Parker: Preacher and Reformer (1900), Henry Steele Commager, Theodore Parker : Yankee Crusader (1936), et de Dean Grodzins, American Heretic : Theodore Parker and Transcendentalism (2002). Ce dernier qui donne le récit de la vie de l'auteur jusqu'en 1846 doit être complété par deux articles portant sur la fin de sa vie : D. Grodzins, Theodore Parker, dans Wesley T. Mott, ed., Dictionary of Literary Biography 235 : American Renaissance in New England (2001) et D. Grodzins, Theodore Parker and the 28th Congregational Society : The Reform Church and the Spirituality of Reformers in Boston, 1845-1859 dans Charles Capper and Conrad E. Wright, eds., Transient and Permanent : The Transcendentalist Movement and Its Contexts (1999). Le dernier article discute des théories de T. Parker et de sa pratique de la vie de l'Eglise.

Des points de vue plus brefs, mais bien informés, sur différents aspects des pensées de T. Parker se trouvent dans Daniel Aaron, Men of Good Hope : A Story of American Progressives (1951), notamment le chap. 2 qui développement ses idées de réforme, et Lewis Perry, Boats Against the Current: American Culture Between Revolution and Modernity (1993), dont le chap. 22 traite à la fois de sa pensée politique et de sa théologie.

La seule évaluation monographique de la théologie de T. Parker publiée après 1900 l’a été par John Dirks, The Critical Theology of Theodore Parker (1948) ; sa conclusion selon laquelle l'auteur n'était pas vraiment un transcendantaliste suggère seulement que sa définition du transcendantalisme était inadéquate. H. S. Commager, cependant, dans un important article ("The Dilemma of Theodore Parker," New England Quarterly [June 1933]), et dans sa biographie de l’auteur, soutient que l'intérêt de T. Parker pour l'empirisme contredit son transcendantalisme, bien que l’intéressé n'y ait pas vu de contradiction ; il croyait que Dieu était "immanent dans la Matière et dans l'Homme, donc des études empiriques et l'intuition devait aboutir aux mêmes conclusions ; en fait il pensait que l'une complétait l'autre.

A voir aussi les commentaires sur la théologie de Parker dans William Hutchison, Dirks et dans un plus large contexte par Jerry Wayne Brown, The Rise of Biblical Criticism in America, 1800-1870 : The New England Scholars (1969), chap. 10 : mais J. W. Brown ne réussit pas à faire la distinction entre la première et la quatrième édition du Discourse of Religion et ne donne donc pas un bon point de vue de la pensée de T. Parker sur Jésus.

Les positions de T. Parker sur la question raciale n'ont jamais été traitées de façon adéquate, mais voir Michael Fellman, Theodore Parker and the Abolitionist Role in the 1850s, Journal of American History (décembre 1974) et Paul A. Teed, Racial Nationalism and its Challengers : Theodore Parker, John Rock, and the Antislavery Movement, Civil War History, (juin 1995). George M. Fredrickson, The Black Image in the White Mind : The Debate on Afro-American Character and Destiny, 1817-1914 (publié en 1971) donne une description de la position romantique de l’auteur sur les questions raciales. Fredrickson souligne "le besoin indispensable de davantage d'explications, plus détaillées, sur le paradoxe que présente la tendance extrêmement raciste de Parker quand il parle des capacités des Noirs ... et son militantisme égalitaire sur les questions de politique raciales."


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Published by chrétiens unitariens - dans (hist) PARKER Théodore
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