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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

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9 mai 2008 5 09 /05 /mai /2008 10:51

l’engagement social

T. Parker s'ouvrit à une nouvelle compréhension sociologique de la société. Il remplissait ses sermons et conférences de statistiques, parlait de "classes sociales", se préoccupait d'ethnologie et de " romantiques " théories raciales. Il affirmait que la " race " anglo-saxonne était plus avancée que les autres, européennes ou autres, et commentait de façon quelque peu condescendante et méprisante les aptitudes des Africains pour le progrès. Malgré cela, il prônait l'intégration raciale dans les écoles et les Eglises de Boston et devint un leader abolitionniste.

Après son voyage en Europe, sa pensée politique se développa en une vision de l'Amérique devenant une démocratie industrielle. Son gouvernement serait une vraie démocratie, par opposition à une aristocratie ou monarchie, de tout le peuple, par le peuple, pour le peuple (concept qui influença Abraham Lincoln). Par cette phrase T. Parker voulait parler d'un Gouvernement qui serait l'expression de l'esprit, de la conscience et de la piété de tout le peuple, qui ne serait pas dirigé par un individu ou une classe, qui travaillerait au bien-être de tous et pas seulement d'un individu ou d'une classe. En même temps l'ordre social américain serait industriel par opposition à féodal, et récompenserait le travail et les qualités des gens plutôt que leurs richesses ou position sociale.

Cette démocratie industrielle pousserait chaque individu à la perfection spirituelle et serait de ce fait la plus religieuse possible forme de société. T. Parker pensait que les Etats-Unis étaient mieux placés que toute autre société dans le monde pour devenir une telle démocratie industrielle. Pour l'y préparer il conçut un programme de réformes culturelles, sociales et politiques.

Il critiquait ce qu'il appelait l'atavisme aristocratique dans la littérature et l'éducation et réclamait de meilleures écoles et un enseignement universel. Il soutenait les efforts faits pour soulager la pauvreté urbaine et réclamait que le système de justice pénale réforme les criminels au lieu de les punir. Il se faisait l'avocat de la fin "de l'avilissement des femmes" et défendit le droit de vote des femmes dans son sermon, "On the Public Function of Woman"(1853).

contre l’esclavage

T. Parker voyait l'esclavage comme le plus grand obstacle à la réalisation de la démocratie industrielle. Il dénonça la guerre du Mexique (1846-1848) comme une tentative d'étendre l'esclavage et conduisit l'opposition au "Fugitive Slave Act" de 1850. Cette loi installait une bureaucratie fédérale destinée à arrêter les esclaves qui s'échappaient vers les Etats libres. La plupart des pasteurs unitariens de Boston soit refusaient de s'opposer à la législation, soit la défendait publiquement en tant qu'obligation constitutionnelle et concession politique faite au Sud pour sauvegarder l'Union et régler le problème de l'esclavage. Toutefois, certains répondaient qu'arrêter les esclaves fugitifs était condamné par l'Ecriture.

T. Parker déclara que la loi violait l'idéal chrétien et était un danger pour les institutions libres. Dans son " Sermon of Conscience " (1850), il appela ouvertement à s'y opposer. T. Parker aidait les esclaves fugitifs en tant que pasteur abolitionniste. Il dirigea le comité exécutif du "Vigilance Committee", principale organisation bostonienne d'aide aux fugitifs, qui assurait aide matérielle, assistance juridique et asile. En 1850, lorsqu'une fugitive de sa congrégation, Ellen Craft, risqua l'arrestation il la cacha chez lui jusqu'à ce qu'il soit possible de l'envoyer au Canada. A la suite de son soutien a un autre fugitif, Anthony Burns, il fut traduit devant une juridiction fédérale. Il fut accusé de s'opposer à la police fédérale. Mais l'opinion populaire était tellement en sa faveur que le poursuivre en justice devenait politiquement impossible. En 1855 le cas fut abandonné pour vice de forme.

T. Parker pensait de plus en plus qu'une solution politique au problème de l'esclavage était impossible. Pendant la première guerre civile dans le Kansas, il récolta des fonds pour acheter des armes pour les milices de l'Etat libre et, plus tard, devint membre du comité secret qui aida financièrement l'armement de la tentative infructueuse de John Browm pour provoquer un soulèvement des esclaves en Virginie. Quand Brown fut arrêté, T. Parker, dans une lettre ouverte, défendit les activités de Brown et le droit pour les esclaves de tuer leurs maîtres (John Brown's Expedition Reviewed).

mort et postérité

La santé de Parker commença à se dégrader en 1857. En janvier 1859, un grand affaiblissement dû à la tuberculose mit fin à sa carrière de prédicateur. En février il quitta la froidure de Boston avec sa femme et d'autres personnes pour la chaleur des Caraïbes. En mars et avril, il écrivit une longue lettre autobiographique à sa congrégation, lettre qui était aussi une confession de foi. Elle fut rapidement publiée sous le titre "Theodore Parker's Experience as a Minister". Puis il voyagea en Angleterre, Suisse et Italie. Il s'affaiblit de plus en plus durant l'hiver de 1859 et mourut à Florence le 10 mai 1860. [ndlr : il fut enterré au cimetière anglais de la ville en toute simplicité, mais ses admirateurs américains, à la fin du XIX° siècle, élevèrent sur sa tombe une plaque commémorative].


Les dirigeants unitariens de Boston lui restèrent hostiles jusqu'à la fin. En 1859, alors que Parker était malade, la réunion annuelle des anciens de Harvard Divinity School refusa un vote pour une proposition de témoignage de sympathie.

Mais beaucoup de jeunes pasteurs unitariens l'admiraient pour son combat contre la théologie traditionnelle, pour la liberté de la foi et des prédications et son engagement politique. Lorsqu'ils devinrent les dirigeants de l'unitarisme à la fin du 19me siècle, ils firent de Parker une figure canonique, le modèle d'un pasteur prophétique dans la tradition unitarienne américaine.

Actuellement les idées de Parker sont à moitié oubliées et certains le critiquent pour avoir été sans nécessité diviseur et source de confrontations. Il est aussi accusé d'avoir été un mauvais homme d'Eglise. La 28me société congrégationaliste est considérée comme ayant été un one-man-show qui s'est éteinte après sa mort.

En réalité, bien que les foules aient quitté la société après 1860, un reste était resté actif. Ils recrutèrent plusieurs successeurs à Parker dont le plus connu est David A. Wasson. Ils construisirent en 1873 leur propre lieu de réunion, le Parker Memorial Building, et continuèrent à faire des cultes jusqu'en 1889, date à laquelle (assez ironiquement si l’on considère les échanges de Parker avec John Sargent en 1844) ils donnèrent leurs possessions à la Fraternité bénévole des Eglises.

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Published by Dean Grodzins traduit par Noëlle Colle - dans (hist) PARKER Théodore
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