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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

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9 mai 2008 5 09 /05 /mai /2008 11:09

le transcendantalisme

Les idées de T. Parker correspondaient à celles du mouvement transcendantaliste qui émergeait chez les jeunes unitariens vers le milieu des années 1830. Il assistait aux réunions duTranscendentalist Club et écrivit beaucoup d'articles et de critiques pour le périodique le plus important de ce mouvement, The Dial (1840-1844). En 1838, il assista avec enthousiasme à une conférence donnée à Divinity School par le transcendantaliste Ralph Emerson. Le ton prophétique de ce dernier inspira T. Parker qui commença à prêcher une réforme religieuse et sociale.

Entre temps, l'éloquente attaque d'Emerson contre les miracles lors de sa conférence fit l'objet d'une controverse sous la forme d'un violent pamphlet. Andrew Norton disait que ce cas de super rationalisme, qui déniait les miracles du christianisme, était une " infidélité ", tandis que Georges Ripley soutenait le nouveau courant de pensée. Lorsque les deux antagonistes devinrent surtout préoccupés par des problèmes d'érudition qui ne concernaient pas les simples croyants unitariens, T. Parker essaya de rediriger le débat. Il publia un pamphlet où il donnait la parole à un unitarien imaginaire nommé "Levi Blodgett". Il y traçait avec brio la position transcendantaliste concernant l'inspiration, les miracles et l'autorité religieuse.

En mai 1841, T. Parker fut reconnu comme l'un des plus importants porte-parole du transcendantalisme lorsque, lors d'une ordination, il fit un discours sur "La permanence et la transcendance dans le christianisme" à la congrégation de Boston Sud. L'idée maîtresse de son sermon était que Jésus avait prêché la vraie religion. Ce qui fit la plus forte impression sur son auditoire fut sa véhémente négation de l’historicité des miracles de la Bible et de l'autorité fondée sur elle, que ce soit Jésus ou la Bible. Trois invités trinitariens en furent personnellement scandalisés. Ils attaquèrent le sermon dans les journaux et demandèrent si les unitariens considéraient encore T. Parker comme un pasteur chrétien. Dans le chambardement qui en résulta, la plupart des pasteurs unitariens et la plus grande partie des laïcs conclurent que la théologie de T. Parker n'était pas chrétienne.

T. Parker se vit refuser l’accès aux chaires unitariennes [ndlr : selon la coutume pastorale qui consiste à inviter d’autres confrères à venir prêcher en sa paroisse] et fut renvoyé du Register et de l'Examiner. Il craignit que sa carrière de pasteur ne soit terminée. La controverse lui fit perdre ses amis et le força à abandonner son vieux rêve de faire partie de l'élite de Boston. Même sa belle-famille, écrira-il plus tard, le traita comme s’il avait commis un crime.

Sa paroisse de West Roxbury lui resta cependant fidèle et tout le bruit fait autour de lui le rendit célèbre. A l'automne de 1841, c'est en foule qu'on venait écouter une série de conférences qu'il publia ensuite sous une forme révisée le printemps suivant sous le titre "A Discourse of Matters Pertaining to Religion". Dans ce manifeste sur la transcendance T. Parker relançait systématiquement ses idées sur l'inspiration, Jésus, la Bible et l'Eglise. Les critiques unitariens traitèrent ce livre de déiste et d’impie.

Les polémiques avec ses collègues de Boston

A la fin de 1842, T. Parker suscita une nouvelle controverse en prenant le parti de John Pierpont, pasteur unitarien de Hollis Street Church de Boston. Le soutien de J. Pierpont à la législation à propos de la tempérance avait divisé sa congrégation. Une minorité hostile, qui contrôlait les finances de l'Eglise, essaya de le renvoyer. En 1841, un conseil d'Eglise composé de dirigeants unitariens avait essayé sans succès de régler la dispute. Dans le numéro d'octobre 1842 du Dial  Parker accusa le conseil de Hollis Street d'avoir été secrètement hostile à J. Pierpont parce que celui-ci était réformateur. L'accusation de T. Parker réjouit les amis de J. Pierpont, mais elle était insultante pour les collègues bostoniens de Parker. Le conflit s'intensifia avec les collègues de J. Parker (tous unitariens) de l'Association des pasteurs congrégationalistes. En janvier 1843, il fut confronté à l'association qui essaya de le persuader de démissionner. Il refusa.

A l'automne de 1843, il prit avec Lydia un congé sabbatique en Europe. Exposé pour la première fois à la grande inégalité des richesses et au despotisme politique, il réfléchit encore plus aux questions de démocratie, société démocratique et culture démocratique.

Pendant ce temps la controverse théologique contre lui s'amplifiait. En novembre 1844, John Sargent organisa un débat avec lui. J. Sargent était pasteur d'une des deux chapelles unitariennes pour les pauvres soutenues financièrement par la Fraternité bénévole des Eglises. Le bureau de la Fraternité pria J. Sargent de ne plus débattre avec T. Parker dont la théologie était choquante. En réponse J. Sargent démissionna et accusa le bureau de violer les principes unitariens.

En décembre Parker fit une conférence à la First Church de Boston. Cette traditionnelle "conférence du mercredi" (en réalité un sermon) était financée par l'Association de Boston, chaque membre y prêchait à tour de rôle. Le sermon de Parker sur "Le rapport de Jésus avec son temps et l'éternité" réaffirmait sa christologie naturaliste. L'Association se réunit pour discuter de son éventuelle exclusion. A la fin, ils décidèrent de confier l'administration de la conférence du mercredi à la First Church ce qui avait pour conséquence d'empêcher T. Parker de continuer à prêcher.

En janvier 1845, James Freeman Clarke, pasteur de Church of the Disciples de Boston, qui détestait la théologie de T. Parker mais ne voulait pas que les chrétiens libéraux deviennent exclusifs, organisa un débat avec lui. Quatorze importantes familles de sa congrégation démissionnèrent [ndlr : par opposition à cette initiative] et créèrent leur propre société. Ces événements poussèrent le public unitarien à se demander si les unitariens avaient une croyance implicite, s'ils devaient en expliciter une et s'ils pouvaient garder T. Parker parmi eux.  T. Parker présenta alors sa position personnelle dans "A friendly letter to the Boston Association" (1845) où il maintenait que les unitariens n'avaient aucune raison de l'exclure.

la 28ème société congrégationaliste de Boston

En janvier 1845, T. Parker accepta l'invitation de certains de ses supporteurs à prêcher régulièrement à Boston. Ils louèrent le Melodeon Theater et son premier sermon en février eut une large audience. Cette année là, il prêcha le matin à Melodeon et l'après-midi à West Roxbury. En décembre 1845, ses supporteurs créèrent la 28me société congrégationaliste de Boston. Il y fut installé en tant que pasteur en janvier 1846 ; sa séparation d'avec ses collègues se symbolisant par le fait qu'il prêcha lui-même son sermon d'installation (The True Idea of a Christian Church). Il résilia sa chaire à West Roxbury le mois suivant.

La nouvelle société comprenait 300 membres, la plupart d'anciens paroissiens de John Sargent et de John Pierpont (lequel quitta Boston en 1845) ; ce groupe finançait et administrait la Société. L'assistance aux sermons de Parker passa de 1 000 en 1846 à 2 000 en 1852, obligeant la congrégation à quitter le Melodeon pour le plus spacieux Boston Music Hall  [photo ci-dessous]



Les auditeurs devinrent encore plus nombreux lorsque T. Parker prêcha sur des événements publics ou politiques. Parmi les auditeurs de Melodeon ou de Music hall on peut citer : William Lloyd Garison, Elisabeth Cady Stanton, Julia Ward Howe, Samuel Gridley Howe, William C. Nell et Louisa May Alcott (qui fit un commentaire favorable, à peine déguisé dans son roman "Work")

La 28me société congrégationaliste n'était généralement pas considérée comme une organisation unitarienne. On l'appelait Free Church et ses membres étaient parfois nommés "Parkerites". Les liens personnels de T. Parker avec l'unitarisme s'affaiblissaient. Les pasteurs unitariens ne faisaient pas de débats avec lui et les publications unitariennes l'ignoraient ou le critiquaient. Il cessa de faire partie de L'Association de Boston quand il démissionna de sa chaire de West Roxbury et n'y fut plus jamais admis. Il assistait aux réunions annuelles de l'Association unitarienne américaine (AUA) moins par sympathie que pour prouver qu'il en avait le droit. Quand en 1853, les dirigeants de AUA publièrent une " Proclamation of Unitarian view " (Le point de vue unitarien) qui rappelait leur orientation chrétienne, T. Parker en fit une violente critique dans " A Friendly letter to The Excutive Committee of The American Unitarian Association ".

Lorsqu'il s'installa à Boston, il était reconnu dans tout le pays comme un remarquable intellectuel. Il donnait des conférences dans tout le Nord [des Etats-Unis], publiait des livres, prêchait sans cesse, créait sa bibliothèque personnelle de 13 000 volumes qu'il avait la réputation d'avoir tous lus. Sa pensée s'orientait vers de nouvelles directions.

L'avancée de ses recherches bibliques persuadèrent T. Parker que Jésus n'avait pas prêché la religion absolue mais commit de sérieuses erreurs théologiques. Ce point de vue nouveau se sentait dans la 4me édition révisée du "Discourse of Matters Pertaining to Religion" (1854). En même temps, la montée de l'athéisme philosophique tel que le défendait le penseur allemand L. Feuerbach poussa T. Parker à s'intéresser plus à la réalité de Dieu qu'à la religion. Cela ressort dans son livre "Theism, Atheisme, and the Popular Théology" (1853).

A la même époque il critiquait le renouveau évangélique qui, démontrait-il, dégradait l'idée de Dieu et de la nature humaine. En 1858 il attaqua le Renouveau dans deux sermons qui devinrent des best-sellers pour toute la nation :"A False and True Revival of Religion" et "The Revival of Religion Which We Need ".

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Published by Dean Grodzins traduit par Noëlle Colle - dans (hist) PARKER Théodore
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