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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

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22 décembre 2008 1 22 /12 /décembre /2008 19:35

par Fabien Girard, envoyé à La Besace des unitariens le 22 décembre 08.

Certains mouvements, issus du protestantisme, ne se disent plus " protestants ", même si des observateurs extérieurs les mettent toujours dans cette catégorie. Il en est ainsi d’une façon générale pour les Témoins de Jéhovah, mais aussi pour des chrétiens unitariens (même si l’Eglise unitarienne de Transylvanie, fondée en 1568 continue, elle, à se considérer comme protestante). En plus de son argumentation historique, l'intérêt de l'article qui suit est qu’il est écrit par un Témoin de Jéhovah.

L'histoire des Témoins de Jéhovah commence à la fin du 19ème siècle lorsque Charles Taze Russell, alors encore jeune homme, élevé dans la religion de ses parent protestants presbytériens et membre de la YMCA (1) se lance dans une quête spirituelle. Après avoir rejoint l'Eglise congrégationaliste dont il préférait les idées, il étudie la plupart des religions orientales avant de reprendre sa bible.
(1) La Young Men's Christian Association (YMCA) fut fondée à Londres en 1844 par Sir Georges Williams (1821-1905), un commerçant en textiles anglais. Cela correspond en France, aux Unions chrétiennes de jeunes gens (UCJG), qui sont d’inspiration protestante.

Il fondera en 1870 un groupe d'étude avec quelques uns de ses amis de Pittsburgh et d'Allegheny (c'est ce groupe qui prendra le nom d'Étudiants de la Bible dont il sera le premier président ainsi que de la société qu'il fondera, la Watchtower Bible and Tract Society. En 1931, les Etudiants de la Bible rattachés à la société Watchtower prendront le nom de Témoins de Jéhovah pour se démarquer d'autres groupes schismatiques qui répondaient au nom d'Etudiants de la Bible mais s'étaient séparés de la dite société.

 

C'est en prenant connaissance des croyances d'un jeune mouvement d'inspiration protestante millérite, l'adventisme, que C. T. Russell avait retrouvé sa foi en la Bible (il écrira plus tard qu'il se sentait redevable à l'adventisme sous ce rapport). Il deviendra co-rédacteur du Herald Magazine en compagnie de Nelson Barbour, pasteur de cette Eglise, sans cependant se joindre aux adventistes. En 1879 il quittera Barbour et publiera son propre magazine du nom de Zion's Watch Tower & Herald of Christ's Presence.


A l'aube du 20ème siècle les Étudiants de la Bible d'Allegheny et sa petite société de diffusion de Bibles et de tracts ne sont qu'une secte de plus au milieu des nombreuses confessions que compte le monde protestant. Celui-ci était très confus et ses Eglises étaient sans cesse en proie à des querelles intestines. Mais elles étaient cependant réunies autour d'éléments communs à la plupart des mouvements évangélistes auxquelles souscrivaient les Étudiants de la Bible tel que le canon biblique de 66 livres, le salut par la foi ou le rejet des images mais aussi autour de certaines doctrines rejetées par ces derniers parmi lesquelles figuraient l'enfer, l'immortalité de l'âme, la prédestination ou la Trinité.


A sa naissance la vague protestante avait déjà rejetée certains des siens dont les enseignements ne correspondaient pas à ce que les principaux initiateurs de la réforme considéraient comme acceptable. Anabaptistes et unitariens avaient ainsi été déclarés hérétiques et frappés d'anathème par ceux qu'ils pensaient être leurs frères dans la foi.


Les Etudiants de la Bible ont rapidement soulignés ce qu'ils considéraient être des faiblesses dans le processus de réforme de l'Eglise au sein du protestantisme. Par exemple C. T. Russell écrira en 1886 dans son premier ouvrage d'étude, Le divin plan des âges : " De nombreuses âmes fidèles marchèrent aux jours de la Réformation dans la lumière, telle qu'elle brillait alors. Mais depuis, les protestants n'ont fait que peu de progrès, parce que, au lieu de marcher dans la lumière, ils firent halte autour de leurs conducteurs préférés, ne voulant voir que ce que ceux-ci voyaient et pas davantage ".


Mais à l'heure où les écrits de C. T. Russell et ses collaborateurs trouvaient de plus en plus de lecteurs et surtout au moment où les idées défendues par les Étudiants de la Bible se frayaient un chemin parmi non seulement les fidèles mais aussi parmi certains ministres religieux, il est évident que le divorce était sur le point d'être consommé. Jusqu'ici et en dépit de ses conclusions entourant le protestantisme Russell continuait d'appeler les protestant ses " frères ". Russell visitait toutes les communautés religieuses issues de la réforme qui acceptaient de le recevoir, il visita même des temples maçonniques dont la grande majorité des membres étaient protestants. Il était lui-même baptisé comme tel et avait peut-être imaginé, comme l'avait pensé à tort Luther de son temps, que ses idées seraient entendues par le clergé protestant et, qui sait, avec l'aide de Dieu, intégrées.


Les années qui suivirent lui prouvèrent que non seulement le monde protestant n'était pas décidé à intégrer ses idées mais aussi que celui-ci allait déployer des efforts considérables pour l'empêcher de nuire. Ainsi en 1903, un comité de pasteurs protestants de l'0uest de la Pennsylvanie représenté par le révérant Eaton, a proposé à Charles Russell de débattre en public des enseignements diffusés par son groupe d'étudiants. C'était la première fois que le clergé s'organisait en vu de faire barrage aux Etudiants de la Bible. Il me semble que 1903 marqua un tournant dans le processus de rupture entre ce groupe et le monde protestant, non pas que les Etudiants de la Bible aient spécialement voulus cette rupture mais qu'elle est apparue de fait sous l'impulsion de l'opposition des représentants des différentes Eglises.


Finalement, c'est un an plus tard, en 1904, que la séparation définitive d'avec les autres confessions se fera lors de la parution du livre de Charles Russell, La nouvelle création. On peut y lire : " Nous mettons sur le même pied tous les systèmes qui comprennent des cérémonies et des enseignements de caractère religieux, etc., et nous les considérons tous comme des parties de Babylone, dont certains quartiers sont plus propres et d'autres moins propres, mais qui tous, néanmoins, sont pleins de confusion, d'erreur, contrairement à l'intention divine telle que la révèle l'organisation de l'Église primitive, et aux instructions que leur ont données, par la parole et par l'exemple, le Fondateur inspiré et ses douze apôtres ". Nous conseillons à La Nouvelle-Création de n'avoir absolument rien à faire avec l'une quelconque de ces sociétés, clubs, ordres, Eglises à caractère semi-religieux, mais de " Sortir du milieu d'eux, d'être séparée et de ne pas toucher à ce qui est impur " (2 Cor. 6 : 17). "

Tout chez les Témoins de Jéhovah, canon biblique, doctrines de base, pratique cultuelle et fonctionnement interne des congrégations correspond à un modèle de type protestant. Sous ce rapport on ne saurait nier qu'au sein du christianisme et à l'échelle internationale ils font partie de fait du paysage protestant. A titre d'exemple il est impossible de classer leur traduction de la Bible ailleurs que dans les versions protestantes car elle ne s'apparente en rien aux traductions de type œcuménique, littéraire ou libérale tant dans la forme que dans l'usage pour lequel elle a été réalisée.

C. T. Russel en visite en France, à Denain en 1912. Première congrégation des Etudiants de la Bible dans le Nord de la France ; elle était composée en majorité de familles ouvrières polonaises issues de l'Eglise baptiste.

Mais se considèrent-ils eux mêmes comme des " protestants " ? Force est de constater que non ou du moins, s'ils ont pleinement conscience que la Réforme fit partie du processus dans lequel s'inscrit l'œuvre mondiale d'évangélisation dont ils sont participant, il ne se reconnaissent plus dans le monde protestant. Ils en ont été exclus avant de s'en exclure eux-mêmes. Ils se placent dans la position non plus de " réformés " mais de " réformateurs " en poursuivant une tâche qu'ils avaient vu abandonnée par leurs frères protestants.

 

C'est un paradoxe mais leur travail semble trouver un écho bien plus fort chez les premiers réformés que celui fournit par ceux qui se réclament de la Réforme historique dont une des devise était : " Ecclesia semper reformanda ", Eglise se réformant toujours. N'oublions pas qu'à l'origine le but de la Réforme était de renouer avec les principes fondateurs de l'Eglise primitive, par opposition aux doctrines de l'Eglise romaine dite " papale ", et la formule " Ecclesia semper reformanda " s'inscrivait alors dans une démarche de retour et non d'adaptation au temps présent, à ce détail près que les grands chefs de la Réforme ne jugeaient pas nécessaire de remonter dans la doctrine au delà du temps de saint Augustin.


Les Témoins de Jéhovah veulent allez plus loin et renouer avec le modèle primitif tel que l'a transmis le Nouveau Testament. Ils ont trouvé des héros de la défense de la vérité évangélique en la personne de réformateurs jugés hérétiques et persécutés de leur temps (2).

(2) Fabien Girard est éditeur d’un site intitulé " liberté de croyance ", consacré à la liberté de croyance et l’anti-trinitarisme autour de Michel Servet et Sébastien Castellion ". http://libertedecroyance.blogspot.com


Pour toutes ces raisons ils n'ont de protestant que les racines mais la souche a produit une nouvelle sève.

 

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30 août 2007 4 30 /08 /août /2007 11:07

 

par Fabien Girard. Message au groupe de discussion " Unitariens francophones " du 30 août 07

Anglais, originaire de Birmingham, Henry Grew s’embarqua à l’âge de 13 ans avec sa famille pour les États-Unis, où il arriva le 8 juillet 1795. La famille s’établit à Providence, dans le Rhode Island.

En 1807, alors qu’il avait 25 ans, H. Grew, lecteur assidu de la Bible, fut invité à devenir pasteur de l’Église baptiste de Hartford (Connecticut), mais il en fut renvoyé en 1811.

En 1824, il rédigea une réfutation bien étayée de la Trinité. Notez la logique de son raisonnement dans cet extrait de ses écrits :

"Quant à ce jour-là, et à cette heure-là, aucun homme ne sait, ni les anges qui sont dans les cieux, ni le Fils, mais le Père seul " (Marc 13:32). Observez la progression : l’homme, les anges, le Fils, le Père. [...] Notre Seigneur nous enseigne que seul le Père connaissait ce jour, ce qui serait faux si, comme certains le prétendent, le Père, la Parole et l’Esprit Saint étaient trois personnes en un seul Dieu ; car, selon cette [doctrine de la Trinité ,] le [...] Fils devait le savoir aussi bien que le Père. ".

il semble qu’il n’ait pas fondé de communauté indépendante et qu’il se soit contenté d’une pratique solitaire. Par contre, il diffusa des tracts et fit des discours. Voir par exemple " An appeal to pious trinitarians " (1857).
 
header-r1-c01.gif site anti-trinitaire américain

Il rencontra en 1844 un autre anti-trinitaire, George Storrs, ancien pasteur méthodiste qui avait quitté son Eglise en 1840 . Ce dernier faisait lui aussi cavalier seul, prêchant entre autres contre la croyance en " l’enfer de feu ". Il avait, en 1843, adopté l’espérance adventiste prêchée par W. Miller sans pour autant rejoindre l’Eglise adventiste car celle-ci enseignait des doctrines contraires aux siennes. Il mourut en 1879.

La plupart des idées de H. Grew et de G. Storrs furent reprises par Charles Russell, lequel devint anti-trinitaire dès l’année 1870.

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23 juin 2007 6 23 /06 /juin /2007 15:57

BARBEY Philippe, 2003 - Les Témoins de Jéhovah. Pour un christianisme original ; Paris : L'Harmattan, 272 p.

L’auteur a soutenu une thèse à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes sur les Témoins de Jéhovah, laquelle a été publiée par les éditions L’Harmattan. Il est enseignant à l’Institut universitaire de formation des maîtres (IUFM) à Brive-la-Gaillarde.

La documentation de l’ouvrage est abondante. Elle englobe l’arianisme, l’histoire de la Réforme anti-trinitaire du XVI, le socinianisme et l’unitarisme avant de traité proprement dit des Témoins de Jéhovah. En effet, pour l’auteur, les Témoins de Jéhovah sont des anti-trinitaires puisqu’ils remettent en cause le dogme de la Trinité, mais aussi des unitariens (ce que les intéressés ne disent pas eux mêmes) puisqu’ils affirment l’unicité de Dieu. Ce faisant, il sous-estime l’évolution libérale et rationnelle qui caractérise le christianisme unitarien. La volonté œcuménique de l’auteur (voulant rassembler tous les anti-trinitaires) va jusqu’à considérer les Témoins de Jéhovah comme issus des mouvements de réveil ! Mais trop embrasser n’est-il pas mal étreindre ?

P. Barbey a réuni des informations sur les unitariens de France auprès de Jean-Louis Buchert, alors président de l’Association unitarienne francophone (AUF), lors d’un entretien téléphonique d’une heure. Méthodologiquement c’est bien peu ! En plus, les cofondateurs et maîtres d’œuvre de cette association n’ont pas été contactés et les informations (par exemple concernant les effectifs) non recoupées. L’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU) est présentée comme une association dissidente (sic !) alors qu’elle a été initiée par les cofondateurs même de l’AUF (lesquels avaient été mis en minorité en AG grâce à des procurations de dernière heure).

Les Témoins de Jéhovah en restent à une lecture tout à fait littérale du Prologue, qui est d’ailleurs celle des ariens, et acceptent que Jésus ait été la première créature de Dieu par ordre chronologique (donc avant nos amis les bêtes et le père Adam !), ce qui en fait un être surnaturel, créé mais assistant Dieu dans sa Création et finalement Joker dans le destin de l’humanité. Dieu l’aurait envoyé sur terre, en mission pour une Rédemption (un " Rachat " dans la terminologie des Témoins de Jéhovah), point d’orgue du destin de notre humanité.

Cette version, encore très surnaturelle de Jésus, n’est pas partagée par la plupart des unitariens. C’est plutôt le l’adoptionnisme auquel certains unitariens peuvent restés sensibles, à savoir l’élévation de Jésus par Dieu - son adoption au rang divin - au moment de son baptême ou de sa mort (sa résurrection).

A lire pour la documentation.

notice bibliographique que nous a transmis l'auteur en septembre 2004 :

Canonici Guy, Les Témoins de Jéhovah face à Hitler, Paris, Albin Michel, 1998.

Dericquebourg Régis, " Les résistances aux groupes religieux minoritaires en France ", dans Le débat sur le rapport de la commission parlementaire, Paris, Dervy, 1996, pp. 73-84.

Gertoux Gérard, Un historique du nom divin, Paris, L’Harmattan, 1999.

Séguy Jean, " Témoins de Jéhovah ", dans L’histoire du christianisme, Paris, Encyclopaedia Universalis et Albin Michel, 2000, pp. 1001-1003.

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Published by Barbier Jean-Claude - dans sur les témoins de Jéhovah
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16 juin 2007 6 16 /06 /juin /2007 13:16

"Les Sociniens - Pourquoi n’acceptaient-ils pas la Trinité ?", Réveillez-vous ! , 22 novembre 1988, pages 19-20.

"Le Père est Dieu, le Fils est Dieu, et le Saint-Esprit est Dieu, et cependant il n’y a pas trois Dieux mais un seul Dieu", voilà en quels termes le symbole d’Athanase définit la Trinité. Les Églises de la chrétienté enseignent ce dogme depuis plus de seize siècles et, encore aujourd’hui, il est considéré comme "la doctrine fondamentale de la religion chrétienne". Toutefois, l’est-il vraiment? Au cours de l’Histoire, quelques hommes et femmes courageux ont, souvent au prix de leur vie, osé prétendre que la Bible apporte un enseignement différent.

Michel Servet fut de ceux-là, et il mena une vie de fugitif. Par un jour de printemps de l’an 1553, à l’aube naissante, le respecté médecin s’échappa de sa prison en robe de chambre, son bonnet de nuit sur la tête, et s’enfuit dans la campagne française. Son procès, organisé par les autorités catholiques de Vienne, dans l’Isère, venait de tourner en sa défaveur; celles-ci savaient qui il était : leur grand ennemi, Jean Calvin, chef du protestantisme genevois, avait aidé à son arrestation.

Dans ces premières années de la Réforme, catholiques et protestants se vouaient une haine mortelle; pourtant, ils étaient unis par une haine encore plus grande vis-à-vis de cet homme. Le crime de Michel Servet s’appelait hérésie. Il avait écrit des livres prouvant que l’enseignement des Églises sur la Trinité n’est pas biblique. Ainsi déclara-t-il: "La Trinité, le baptême des enfants et les autres sacrements chers à la papauté sont des enseignements de démons."

Où pouvait-il aller? Peut-être savait-il qu’il avait un petit groupe de partisans dans le Nord de l’Italie. Toujours est-il que, sans cesser de se cacher, il décida de s’y rendre. Cependant, passant par Genève, il fut reconnu malgré son déguisement. Devant les autorités de la ville, Calvin le chargea et usa de son influence pour qu’il soit exécuté. C’est ainsi que le 27 octobre 1553 il fut brûlé vif, un de ses livres attaché à la cuisse. Il mourut en priant pour ses ennemis. Il avait refusé de se rétracter. Certaines des personnes qui assistaient à ses derniers moments, saisies par ce spectacle, cessèrent de croire en la Trinité.

Lélius Socin faisait partie de ces Italiens qui avaient été influencés par les écrits de Michel Servet; cette cruelle exécution l’incita à examiner la doctrine de la Trinité. Ayant conclu lui aussi à son caractère non biblique, il fit part de ses convictions à son neveu, Fauste, auquel il confia même tous ses papiers et écrits. Véritablement impressionné par ce qu’il découvrait, Fauste se décida peu à peu à abandonner sa vie confortable de courtisan pour faire connaître à autrui ce qu’il apprenait dans la Bible.

Pourchassé par l’Inquisition, Socin partit en direction du nord. En Pologne, il rencontra un petit groupe d’anabaptistes [ndlr. plutôt des calvinistes en rupture de ban et influencés par l’anabaptisme] qui se faisaient appeler "Les frères (...) qui ont rejeté la Trinité". Cette religion apparut clairement à Socin comme étant la plus proche de la vérité biblique. Il s’installa donc à Cracovie et commença à écrire pour défendre la cause de ces hommes. […] Illustration, page 21 : Michel Servet. Ses livres prouvaient que la Trinité est une fausse doctrine.

texte présenté à La Besace des unitariens par Fabien Girard

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16 juin 2007 6 16 /06 /juin /2007 12:58

De l’un de nos rédacteurs en Espagne " Michel Servet, seul dans sa quête de la vérité ", Réveillez-vous !, mai 2006, pages 18-21.

 affiche pour le 450° anniversaire de la mort de Michel Servet, en 2003. Instituto de Estudios Sijenesnses Miguel Servet, Villanueva de Sijena, Aragon.

 

Nous sommes le 27 octobre 1553 à Genève, en Suisse. Michel Servet est brûlé sur le bûcher. Son bourreau, Guillaume Farel, bras droit de Jean Calvin, lance cet avertissement aux témoins de l’exécution : " [Servet] est un homme sage qui pensait sans doute enseigner la vérité, mais il est tombé aux mains du Diable [...]. Gare que cela ne vous arrive ! " Qu’a fait ce malheureux pour mériter un tel sort ?

Michel Servet voit le jour en 1511, dans le village de Villanueva de Sigena, en Espagne. Il devient très tôt un élève brillant. Un biographe écrira qu’" à l’âge de 14 ans il connaît le grec, le latin et l’hébreu, et [qu]’il a une vaste connaissance de la philosophie, des mathématiques et de la théologie ". Alors qu’il est encore adolescent, Servet se retrouve secrétaire de Juan de Quintana, confesseur de l’empereur espagnol Charles Quint. Au cours de ses voyages officiels, il constate les divisions religieuses profondes qui affligent son pays, où juifs et musulmans ont été exilés ou convertis de force au catholicisme.

À l’âge de 16 ans, Servet part en France étudier le droit à l’Université de Toulouse. C’est là qu’il voit pour la première fois une Bible complète. Il est alors strictement interdit de la lire, mais Servet le fait en cachette. Au bout de sa première lecture, il se jure de la lire " des milliers de fois encore ". La Bible qu’il étudie est probablement la Polyglotte de Complute, une version où figurent les langues originales (hébreu et grec) avec, en parallèle, une traduction latine. Son étude des Écritures ainsi que la décadence morale du clergé qu’il a constatée en Espagne ébranlent sa foi dans la religion catholique.

Ses doutes augmentent lorsqu’il assiste au sacre de Charles Quint. Le roi espagnol est couronné empereur du Saint Empire romain par le pape Clément VII. Assis sur sa chaise à porteurs, le pape reçoit le roi, qui lui baise les pieds. Servet écrira plus tard : " J’ai vu de mes propres yeux que le pape était porté sur les épaules des princes, en grande pompe, et adoré par le peuple le long des rues. " Impossible pour lui de concilier tout ce faste et cette prodigalité avec la simplicité de l’Évangile.

Sa quête de la vérité religieuse

Discrètement, Servet abandonne son emploi chez Quintana et entreprend seul sa recherche de la vérité. Selon lui, le message du Christ ne s’adresse ni aux théologiens ni aux philosophes, mais au petit peuple qui désire le comprendre et le mettre en pratique. Il est donc bien résolu à examiner le texte biblique dans les langues originales et à rejeter tout enseignement contraire aux Écritures. Détail intéressant, le mot " vérité " et ses dérivés sont les termes qui apparaissent le plus souvent dans ses écrits.

En étudiant l’Histoire et la Bible, Servet parvient à la conclusion que le christianisme s’est corrompu au cours des trois premiers siècles de notre ère. Il apprend que Constantin et ses successeurs ont propagé de faux enseignements qui ont finalement conduit à l’adoption de la Trinité comme doctrine officielle. À l’âge de 20 ans, Servet publie Des erreurs du dogme trinitaire (De Trinitatis erroribus), œuvre qui fera de lui l’une des principales cibles de l’Inquisition.

Servet est clairvoyant. " Dans la Bible, écrit-il, il n’est pas fait mention de la Trinité [...]. Nous apprenons à connaître Dieu, non pas grâce à nos conceptions philosophiques orgueilleuses, mais grâce à Christ. " Il aboutit aussi à la conclusion que l’esprit saint n’est pas une personne, mais la force de Dieu en action.

Les œuvres de Servet vont quand même susciter des réactions positives. Sebastian Franck, réformateur protestant, écrira : " Servet, l’Espagnol, prétend dans son traité qu’il y a une seule personne en Dieu. L’Église romaine soutient qu’il y a trois personnes en une seule essence. Je suis plutôt d’accord avec l’Espagnol. " Cependant, l’Église catholique romaine et l’Église protestante ne pardonneront jamais à Servet d’avoir contesté leur doctrine.

Par son étude de la Bible, Servet en vient à rejeter d’autres doctrines chrétiennes. Il pense aussi que l’utilisation des images est contraire aux Écritures. Voilà pourquoi, un an et demi après avoir publié Des erreurs du dogme trinitaire, il s’adresse avec respect aux catholiques et aux protestants en ces termes : " Je ne suis ni en accord ni en désaccord avec l’un ou l’autre des deux camps. Tous deux me semblent avoir quelque vérité et quelque erreur. Chacun remarque les erreurs de l’autre, mais aucun ne discerne les siennes. " Quant à Servet, il reste seul dans sa quête de la vérité.

Sa sincérité ne l’empêche toutefois pas de tirer quelques conclusions erronées. Par exemple, il pense qu’Har-Maguédôn et le règne millénaire de Christ auront lieu de son vivant.

À la recherche de la vérité scientifique

Contraint de fuir ses persécuteurs, Servet change son nom en celui de Villeneuve et s’installe à Paris, où il obtient des diplômes en art et en médecine. Sa curiosité scientifique l’amène à pratiquer la dissection pour comprendre le fonctionnement du corps humain. Selon certains, il deviendra le premier Européen à décrire la circulation pulmonaire du sang, dont il parlera dans son livre Restitution du christianisme (Christianismi restitutio). Ce n’est que 75 ans plus tard que William Harvey expliquera tout le système circulatoire.

Servet prépare également une nouvelle édition de la Géographie de Ptolémée. Cette œuvre a un succès tel que certains qualifieront Servet de père de la géographie comparée et de l’ethnographie. Lors de son procès à Genève, Servet sera accusé d’avoir décrit la Palestine comme une terre stérile, peu cultivée. Servet se défendra en affirmant que sa description s’appliquait à son époque et non à celle de Moïse, où le pays ruisselait certainement de lait et de miel.

Servet écrit aussi un traité sur les sirops, Syruporum universa ratio, dans lequel il propose une approche nouvelle, équilibrée, d’une certaine médecine. La richesse des connaissances médicales contenues dans cet ouvrage fait de Servet un pionnier dans les domaines de la pharmacologie et de l’emploi des vitamines. Impressionné par les compétences de Servet dans tant de domaines, un historien le qualifiera de " l’un des plus grands esprits de l’histoire humaine, qui a contribué à la culture universelle ".

Un opposant redoutable

Ceux qui cherchent la vérité ont toujours eu beaucoup d’opposants (Luc 21:15). Parmi les nombreux adversaires de Servet figure Jean Calvin, qui a établi un État protestant autoritaire à Genève. L’historien Will Durant dit de lui que " sa dictature ne reposait pas sur la loi ou la force, mais sur la volonté et le caractère " et qu’il " était aussi consciencieux que n’importe quel pape dans le rejet de l’individualisme de la foi ".

Servet et Calvin se sont probablement rencontrés à Paris alors qu’ils étaient jeunes hommes. Dès le départ, leurs personnalités se sont affrontées, et Calvin est devenu l’ennemi de Servet le plus implacable. Bien qu’étant lui-même réformateur, il finit par dénoncer Servet à l’Inquisition. Servet réussit de justesse à quitter la France, après y avoir été brûlé en effigie. Cependant, il est reconnu et fait prisonnier à Genève, ville frontalière où la parole de Calvin fait loi.

Calvin fait infliger de cruels traitements à Servet lorsque celui-ci est en prison. Toutefois, au cours de son procès, Servet se dit prêt à changer d’opinion à condition que son adversaire lui fournisse des arguments bibliques pour le convaincre. Calvin s’en montre incapable. À la fin du procès, Servet est condamné au bûcher. D’après des historiens, il sera le seul dissident religieux à avoir été brûlé en effigie par les catholiques et brûlé vif par les protestants.

Un précurseur de la liberté religieuse

Même si Calvin s’est débarrassé de son rival, il perd de son emprise. L’exécution injustifiée de Servet révolte toute l’Europe. Elle fournit aussi un argument de poids aux défenseurs de la liberté individuelle, pour qui personne ne doit être tué à cause de ses croyances. Ils deviendront plus déterminés que jamais à poursuivre leur lutte pour la liberté religieuse.

" Ni Dieu ni son esprit n’ont conseillé un tel acte, protestera le poète italien Camillo Renato. Christ n’a jamais traité de la sorte ceux qui l’ont renié. " Quant à Sébastien Castellion, humaniste français, il écrira : " Tuer un homme, ce n’est pas défendre une doctrine, c’est tuer un homme. " Servet lui-même avait déclaré : " Pour moi, c’est une affaire très grave que de tuer des hommes parce qu’on les croit dans l’erreur ou pour quelque détail d’interprétation des Écritures, quand on sait que même les élus peuvent se tromper. "

L’exécution de Servet laissera une trace indélébile. À ce propos, on lit dans Michel Servet, géant intellectuel, humaniste et martyr (angl.) : " La mort de Servet a été un tournant décisif dans l’évolution des idéologies et des mentalités qui prévalaient depuis le IVe siècle. " " D’un point de vue historique, ajoute ce livre, Servet est mort pour que la liberté de conscience devienne un droit civil de l’individu de la société moderne. "

En 1908, un monument a été érigé à la mémoire de Servet en France, dans la ville d’Annemasse, à environ 5 kilomètres du lieu de son exécution. Il porte cette inscription : " Michel Servet, [...] géographe, médecin, physiologiste, a bien mérité de l’humanité par ses découvertes scientifiques, son dévouement aux malades et aux pauvres, l’indomptable indépendance de son intelligence et de sa conscience. [...] Ses convictions étaient invincibles et il avait fait à la cause de la vérité le sacrifice de sa vie. "

[Notes]

Les autorités espagnoles ont exilé 120 000 juifs qui n’acceptaient pas le catholicisme. En outre, plusieurs milliers de Maures ont péri sur le bûcher.

Voir l’article " La Polyglotte de Complute : une aide à la traduction qui a fait date ", dans La Tour de Garde du 15 avril 2004.

Dans son œuvre Declarationis Iesu Christi Filii Dei (Déclaration sur Jésus Christ, fils de Dieu), Servet qualifie de déroutante la doctrine de la Trinité. Il fait remarquer que les Écritures ne contiennent " pas la moindre syllabe " de ce mot.

En prison, Servet signera sa dernière lettre ainsi : " Michel Servet, seul, mais confiant en la protection assurée de Christ. "

La Révolution religieuse, trad. Y. Rosso et B. Médici, Lausanne, éditions Rencontre, La Réforme II, 1963, p. 223-4.

Contre le libellé de Calvin, après la mort de Michel Servet, trad. E. Barilier, Genève, éditions Zoé, 1998, p. 161.

V. Zuber, Les conflits de la tolérance, Michel Servet entre mémoire et histoire, Paris, éditions Champion, 2004, p. 147.

[Encadré/Illustrations, page 21]

Servet et le nom " Jéhovah "

Dans sa quête de la vérité, Servet en vient également à employer le nom de Jéhovah. Quelques mois après que William Tyndale a utilisé ce nom dans sa traduction du Pentateuque, Servet publie Des erreurs du dogme trinitaire, livre tout au long duquel il cite le nom de Jéhovah. " L’autre nom, explique-t-il, le plus saint de tous, הוהי, [...] peut être interprété ainsi : [...] ‘ celui qui fait être ’, ‘ celui qui transforme en essentiel ’, ‘ la cause de l’existence ’. " Il fait aussi remarquer : " Le nom de Jéhovah ne convient qu’au Père. "

En 1542, Servet édite aussi la célèbre traduction latine de la Bible par Sanctes Pagninus (voir ci-dessous). Dans ses nombreuses notes marginales, il met encore en valeur le nom divin. Par exemple, il mentionne le nom Jéhovah en marge de textes-clés tels que Psaume 83:18, où figure le mot " Seigneur ".

Dans sa dernière œuvre, Restitution du christianisme, voici ce qu’il dit concernant le nom divin, Jéhovah : " [Il] est clair [...] que nombreux furent ceux qui prononcèrent ce nom dans l’Antiquité. " -

texte présenté à La Besace des unitariens par Fabien Girard

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Published by un Témoin de Jéhovah d'Espagne - dans sur les témoins de Jéhovah
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16 juin 2007 6 16 /06 /juin /2007 12:21

Albert Monot, " Michel Servet ", Le Réformiste, 15 novembre 1904, reproduit dans la Zion’s Watch Tower en 1905, p. 118

Le jour du seigneur dans lequel nous nous trouvons le fera connaître. " 1 Cor. 8:13

Il met à découvert ce qui est caché dans les ténèbres. " Job 12:22.

statue de Michel Servet à Villanueva de Sijena (Aragon), hommage lors de la visite des membres de l'International Council of Unitarians and Universalists (ICUU) en novembre 2005  

Par une série d'articles publiés l'an dernier dans l'Eclaireur de Vienne, j'ai essayé d'attirer l'attention sur cette noble figure que fut Michel Servet, dont le nom estimable est aujourd'hui tombé dans l'oubli. J'ai en même temps demandé à mes concitoyens de réhabiliter la mémoire de ce novateur en lui élevant un monument sur une place publique de Vienne. Ma proposition a été bien accueillie. Je voudrais maintenant que tous les libres-penseurs de France, que tous les esprits libres en fussent informés, afin de leur permettre de coopérer à l'œuvre de réparation que j'ai eu l'honneur de provoquer. C'est pourquoi je m'adresse au Réformiste, avec la certitude que le propagateur de l’orthographe simplifiée [ndlr : en fonction de la phonétique ?]  (Jean S. Barès, directeur du Réformiste) reproduira mon appel et le fera connaître aux quatre coins de notre pays.

Michel Servet naquit en 1511 à Tudelle-en-Navarre [ndlr : plutôt Villanueva de Sijena en Aragon]. C'est du moins ce qui ressort de l'interrogatoire que lui fit subir à la prison de Vienne le grand inquisiteur Mathieu Dry, d'horrible mémoire.

D'après cet interrogatoire, et contrairement aux estimations de la plupart de ses historiens, Michel Servet qui, à quatorze ans, entendait parfaitement le latin, le grec et l'hébreu, passa en 1526 en Italie à la suite de Quintaine, confesseur de Charles-Quint, et ne put, par conséquent, étudier le droit à Toulouse [ndlr : pourtant si !].

Il ne fut pas davantage un disciple de Socin, puisque Socin (Lélius) ne vint au monde qu'en 1525. Il serait plus exact de regarder Servet comme un précurseur et de dire que Socin fut un servétiste, car le premier ouvrage de Servet contre la Trinité [note ajoutée par la Watch Tower : Michel Servet avait une juste notion de Dieu, comme jadis Arius (Jean IV : 3), fraternisait avec les anabaptistes et tenait aux bonnes œuvres, les fruits de l'Esprit. Il aura probablement entendu de son prédécesseur, l'illuminé Jean Denck qui faisait voir publiquement le non-fondé des tourments éternels et qui comme Servet avait été beaucoup persécuté.] et les principaux dogmes de la religion chrétienne [nominale], De Trinitatis Erroribus, paru en 1531. Socin n'avait alors que six ans.

Après de nombreuses disputes en Allemagne avec les chefs de la Réforme, Oecolampade, Capito, Bucer, Michel Servet vint en France, où il étudia à Paris la médecine sous Sylvius et Fernel. Nous le retrouvons ensuite à Lyon, en qualité de correcteur chez les frères Frellon, imprimeurs-libraires, et sous le nom de Michel Villeneuve. C'est là que l'archevêque de Vienne, Pierre Palmier, le rencontra et l’engagea à venir exercer la médecine dans l'ancienne capitale Allobroge.

Servet accepta, et l'archevêque le logea près de son palais. II y resta douze années, chéri et estimé de toute la population. Voir les Mémoires de l’abbé Cachet d'Artigny (Paris, Debure, 1749), qui contiennent des renseignements fort intéressants sur Servet, notamment les interrogatoires qu'il subit à la prison de Vienne et le texte complet du jugement ecclésiastique. L'abbé d'Artigny ayant eu à sa disposition au moment où il écrivait ses Mémoires, les archives alors intactes de l'archevêché de Vienne, a donné des détails précis qu'ont ignoré nombre d'autres historiens.

Le 3 janvier 1553, l'imprimeur viennois Balthazar Arnollet livra à Servet — connu à Vienne sous le nom de Villeneuve - les 700 exemplaires de son dernier ouvrage, intitulé Christianismo Restitutio. Il n'en reste plus qu'un seul, qui est à la Bibliothèque nationale.

Calvin connut cet ouvrage par le libraire Frellon. Il avait voué à Servet une haine implacable et il s'empressa de le dénoncer au cardinal de Tournon, archevêque de Lyon, lequel dépêcha à Vienne l'exterminateur des Vaudois, l’inquisiteur Matthieu Dry. Michel Servet fut arrêté et incarcéré le 1 avril à la prison de Vienne, d'où il s'échappa le 7 suivant. Son procès fut néanmoins instruit. Condamné au bûcher comme hérétique, par contumace, il fut brûlé en effigie, place Saint-Martin, le 17 juin 1553.

Entre temps, Servet avait été arrêté à Genève. Un nouveau procès fut instruit sur l'ordre de Calvin, et le 27 octobre de" la même année, le bûcher de Champel fut allumé. Michel Servet resta deux heures au milieu des flammes, sans vouloir rétracter aucune de ses doctrines. Il mourut courageusement en persistant dans ses affirmations et ses négations.

Ainsi donc, quelle destinée étrange fut celle de Servet. Deux fois condamné au bûcher comme hérétique, une fois à Vienne par les catholiques, une deuxième fois a Genève par les protestants. Deux fois brûlé, d'abord à Vienne, en effigie, avec ses livres, ensuite à Genève, tout vif ! Le cas est unique, l'illustre savant, à la fois médecin habile, théologien émérite, écrivain, penseur, philosophe, a été persécuté aussi bien par les catholiques que par les protestants, en combattant leurs doctrines et en proclamant le ridicule de leurs dogmes. …

Nulle calomnie posthume ne viendra ternir la réputation de Servet, qui fut "chéri et estimé de tous", dit l'Abbé d'Artigny, chanoine de la cathédrale de Vienne.

Honorer la mémoire de ce martyr, de ce savant, de cette victime des religions [erronées] , c'est faire œuvre de justice; c'est, dans la ville de Vienne livrée par le grand patronat à l'Eglise et à ses prêtres, faire une excellente propagande anticléricale.

J'aurai complété ce rapide exposé en rappelant que Servet, le premier, découvrit le principe de la circulation du sang qui, plus tard, immortalisa Harvey…".

texte présenté à La Besace des unitariens par Fabien Girard

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15 juin 2007 5 15 /06 /juin /2007 15:52

Une page de la Réformation.  Les doctrines de Michel Servet et de Jean Denck.", Le phare de la Tour de Sion, vol. 1908, page 196

" Il n’y a rien de caché qui ne doive être révélé, ni de secret qui ne doive être connu. " Matth. X. 26.

Le nom de Michel Servet a été beaucoup prononcé ces derniers temps. A Champel-Genève où, le 27 octobre 1553, Servet fut brûlé vif, les fils respectueux de Calvin lui ont érigé une pierre commémorative (Matth. 23:30). A Annemasse (Haute-Savoie), on vient de lui ériger un monument. Et à l'occasion de l’inauguration, Servet fut représenté comme la victime de l'intolérance religieuse et comme l'incarnation du principe de la libre pensée. On a fait remarquer très bien que c'est Genève qui aurait dû s'honorer de ce monument, que les Genevois de 1908 auraient ainsi réparé le crime de leurs ancêtres.

Mais peu a été dit des doctrines mêmes de Servet, et en général on les ignore passablement. II est prouvé cependant que Servet avait des relations avec les anabaptistes de son temps, et qu'à l'inverse des grands réformateurs il préconisait les bonnes œuvres, disant que si on n'est pas justifié par les œuvres (mais seulement par la foi), on parvient par les bonnes œuvres à un plus haut degré de salut. En d'autres termes, nous disons aujourd'hui qu'une fois justifiés, si nous nous consacrons entièrement à Dieu et sortons vainqueurs, nous atteindrons a l'immortalité, au plus haut degré de salut.

Hans Denck

Les plus illustres persécutés des chefs anabaptistes du temps de la Réformation étaient tous, comme Servet, des anti-trinitaires - citons ici quelque peu le plus illuminé d'entre eux, nous voulons nommer Jean Denck.

Selon L. Keller, archiviste royal de Saxe - qui a fouillé la plupart des bibliothèques de l'Allemagne, de la Suisse et des Pays-Bas - Jean Denck, conducteur des anabaptistes dans les années 1525 - 1527, voulait simplement former un groupement des amis de Dieu. Instituteur à Nürnberg (Bavière) il eut un différent avec le pasteur luthérien de cette ville au sujet de la cène [Denck s'accordait plutôt avec Zwingli] et dut quitter la ville au milieu de la nuit. Depuis ce moment Denck prêcha ouvertement dans le Sud de l'Allemagne, mais il fut persécuté de ville en ville par ceux qui venaient de secouer le joug de Rome, jusqu'à ce que, grâce au* bons offices de son ami Oecolampade, on lui permît de venir mourir à Bâle.

Denck connaissait parfaitement le grec et l'hébreu, ayant fait ses études avec Erasme. De concert avec L. Hetzer de Zurich il traduisit les prophètes de l'Ancien Testament plus correctement que Luther et avant lui ; cette traduction est connue sous le nom de " Traduction de Worms ". Il pratiqua le baptême par immersion, écrivit plusieurs brochures, sur la loi de Dieu, sur l'amour, etc., et ce qui est surprenant pour l'époque prêcha contre les tourments éternels. Keller montre qu’il y a eu des jours où des milliers se convertissaient aux idées de Denck et que, sans l'intervention des autorités, tout Strasbourg, par exemple, serait devenu anabaptiste. Anti-trinitaire, Denck croyait au seul vrai Dieu (Jean 17 ; 3 - à l'Eternel, au Père céleste), à son Fils Jésus, notre Sauveur et à l'Esprit saint, une puissance de Dieu, contrairement à la Trinité une et indivisible - de 3 personnes n'en formant qu'une seule, de 3 êtres séparés, mais unis et non divisés, de trois Dieux tous égaux et pourtant l'un supérieur ou inférieur à l'autre.

C'est ce dieu trinitaire que Servet tournait à l’ironie, mais non pas le Dieu du ciel, le tendre Père révélé dans la Bible. Les enseignements de M, Servet étaient un peu ceux de Jean Denck. Il n'admettait pas le baptême des enfants, pas plus que la sombre prédestination de Calvin.

Bref, nous pensons que ces martyrs de la foi, tels que Servet, Denck et autres, enseignaient la pure vérité de la Parole et marchaient dans le sentier de la lumière de leurs jours. Ils discernaient déjà à leur époque, plus vaguement sans doute, les vérités sublimes que nous pouvons voir si clairement aujourd’hui grâce à la lumière ascendante du lever glorieux du Soleil de la Justice que nous dévoile l'Aurore du Millenium

Les temps ont changé ; au point de vue doctrinaire les grandes Eglises sont devenues plus tolérantes aujourd'hui, par contre les multiples dénominations baptistes, mennonites, etc., chérissent et soutiennent hautement les doctrines anti-bibliques de la Trinité et des tourments éternels. Mais loué soit Dieu ! nous n'avons dans " ce temps de la fin ", plus à craindre l'inquisition de Torquemada, le bûcher ardent de Champel, l'eau froide du lac de Zurich, les dragonnades de Louis XIV, ou d'être bannis et traqués de ville en ville comme les fauves, l'augmentation de la connaissance ne le permettant plus.

Eh bien, chers lecteurs du Phare, puisque nous sommes environnés d'une si grande nuée de témoins (Hébr. 12 : 1), disons en plein jour ce qui a été dit à l'ombre et prêchons sur Ies toits ce que ces vaillants combattants des siècles moyenâgeux (Dan. 11 : 32) se sont dit à l'oreille. - Matth. 10:27.

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15 juin 2007 5 15 /06 /juin /2007 09:26

note bibliographique de Fabien Girard

Période 1899 à 1914

1899 - Charles T. Russell, Etude des Ecritures Vol. 5 " La réconciliation entre Dieu et l’homme ", étude 2 p. 53 de l’édition française du MMIL

Wesley, le fondateur du Méthodisme, s'efforça de défendre la doctrine de la Trinité ; pourtant dans un de ses sermons portant sur ce texte [1 Jean 5 :7], il cita les paroles de Servet : " J'hésite à employer les mots " Trinité " et " personne ", parce que je ne trouve pas ces termes dans la Bible ", et à cette citation, Wesley ajoute : " Je voudrais insister seulement sur les termes exacts, inexpliqués, tels qu'ils se trouvent dans le texte ".

1905 -  Michel Servet ", Le phare de la Tour de Sion (Zion’s Watch Tower), page 118, reproduction du texte d’Albert Monot paru dans Le Réformiste de novembre 1904, mis en ligne sur La Besace des unitariens, 15 juin 07.

1908 - "Une page de la Réformation. Les doctrines de Michel Servet et Jean Denck", Le phare de la Tour de Sion (Zion’s Watch Tower), page 196, mis en ligne sur La Besace des unitariens le 16 juin 07.

1914 - " Calvin et Servet ", dans le "Photo-drame de la Création", planches 85, reproduit sur la Besace des unitariens, le  9 avril 07 sous le titre "Charles Russell et Michel Servet"

 Période 1962 à 2006

1962- " Genève, centre international ", Réveillez-vous ! du 26 juin, page 25 :

Depuis des siècles et particulièrement depuis la Réforme, Genève est un centre religieux important. Le réformateur Farel prêcha ici et en 1536, la ville accepta officiellement la religion réformée. Jean Calvin ne tarda pas à s’installer à Genève où il exerçait une grande influence sur la vie spirituelle, religieuse et politique, si bien que la ville en vint à appelé la " Rome protestante ". Jusqu’en 1798, le culte catholique y était défendu. Genève choisit comme devise pour ses armoiries les mots Post Tenebras Lux (après les ténèbres la lumière). Toutefois, même les chefs du protestantisme n’agissaient pas toujours en harmonie avec la lumière qu’ils prétendaient posséder. On sait en effet que Calvin fit périr Michel Servet sur le bûcher parce que celui-ci s’opposait à la doctrine de la Trinité si chère à Calvin et à d’autres protestants. 

 1965 - " Pas d’exécution par le feu sous la loi mosaïque ", Réveillez-vous ! du 22 février, page 27 :

Ces citations semblent donner raison à ceux qui prétendent que Jéhovah lui-même institua le châtiment cruel consistant à brûler vif. Mais en est-il bien ainsi? Dieu pouvait-il approuver, par exemple, que Michel Servet mourût sur le bûcher parce que, entre autres, il refusait de croire à la Trinité? Un Dieu d'amour peut-il enseigner à ses enfants terrestres à infliger pareil supplice à leurs semblables? C'est absolument inconcevable.

 1970 - " Traductions interlinéaires de la Bible ", La Tour de Garde du 1er mars, page 144 :

 En 1528, un moine italien du nom de Sanctes Pagnino publia à Lyon un ouvrage auquel il avait travaillé pendant trente ans. Son titre latin, traduit en français, se lit ainsi : "Une nouvelle traduction de l’Ancien et du Nouveau Testament " C’était évidemment une traduction en latin. Plus tard, en 1542, une édition de cet ouvrage fut publiée à Lyon par Michel Servet.

1974 - " Devenez des imitateurs de Dieu ", La Tour de Garde du 15 juin, page 369 :

Ainsi, quand le savant espagnol Michel Servet fut jugé comme "hérétique", il fut condamné à être brûlé vif à l’instigation des chefs religieux. Selon un livre d’histoire (Institutes of Ecclesiastical History), ce mode d’exécution diabolique "était à l’époque approuvé et pratiqué presque partout", tant par les catholiques que par les protestants. N’oublions pas que même dans les temps modernes c’est au sein de la chrétienté que se déchaînèrent les horribles guerres mondiales et que les ecclésiastiques des deux camps demandèrent à leur dieu de leur donner la victoire et de bénir les armées de leur pays. À coup sûr, nous ne tenons à imiter ni ce dieu de la chrétienté ni ses adorateurs.

 1981 - " Vos croyances ont-elles vraiment de l’importance ? ", Réveillez-vous ! du 22 février, page 3 :

En 1553, le médecin espagnol Michel Servet fut brûlé vif à Genève. Quel était son crime ? Il avait présenté des arguments contre la doctrine de la Trinité. Malheureusement pour lui, il vivait à une époque où les croyances religieuses d’un individu pouvaient être une question de vie ou de mort.

 1982 - " Comment le protestantisme a sapé le respect pour la Bible ", Réveillez-vous ! du 8 juin, page 3 :

De même, Jean Calvin loua en paroles la Bible. Cependant, avec la publication de son œuvre capitale Institution de la religion chrétienne, il exposa des doctrines non bibliques comme la Trinité (premier livre), l’homme né sans disposer du libre arbitre (deuxième livre), la prédestination absolue (troisième livre) et le baptême des enfants (quatrième livre). Il fut en partie responsable de l’arrestation et de la mort sur le bûcher d’un autre réformateur du nom de Michel Servet qui ne partageait pas la conception trinitaire de Calvin. Est-ce ainsi une façon d’admettre "la suprématie de la Bible", lorsqu’elle conseille, par exemple en Romains 12:17-21, de ne pas se venger ? Que non !

 1984 - " Mourir pour une doctrine... ", La Tour de Garde du 1er mai, page 3 ;

Il naît vers 1511 à Tudela [ndlr : plutôt Villanueva de Sijena], en Espagne. Il étudie la médecine à Paris, puis il l’exerce dans plusieurs villes de France. Il se fera notamment connaître par son observation de la circulation pulmonaire du sang.

Pourtant, il passera une bonne partie de son existence à fuir. Il sera même réduit à changer de nom. Le 13 août 1553, alors qu’il essaie de se rendre en Italie, il fait halte à Genève, en Suisse. Là, il est reconnu et arrêté. Le 14 août il passe en jugement, et le célèbre réformateur Jean Calvin demande sa tête. Le verdict ? Coupable. La sentence ? La mort. C’est ainsi que le 27 octobre 1553, notre homme mourra sur le bûcher dans un faubourg de Genève.

Son nom? Michel Servet. Quel crime a-t-il commis ? Le meurtre, L’extorsion ou quelque autre forfait? Non. Il est condamné pour hérésie parce qu’il nie une doctrine traditionnelle de la chrétienté, celle de la "Très Sainte Trinité".

Du reste, la Trinité est demeurée jusqu’à ce jour un sujet fort controversé. Ainsi, le prédicateur américain Billy Graham proclame: "La Bible enseigne que Jésus Christ est pleinement Dieu et qu’il n’est en rien inférieur à Dieu le Père." Par contre, voilà quelques années, dans les petites annonces du Denver Post un ministre pentecôtiste offrait un million de dollars à quiconque parviendrait à trouver la définition de la Trinité dans la Bible. Pour lui, il s’agissait d’un dogme philosophique "absurde et incompréhensible".

‘Mais qu’est-ce que cela change ? vous demandez-vous peut-être. Après tout, la nature de nos croyances a-t-elle tant d’importance ?’ Certainement. Pourquoi disons-nous cela ? Parce que Jésus Christ lui-même a déclaré: "C’est ici la vie éternelle, qu’ils te connaissent seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ." (Jean 17:3, Darby). En d’autres termes, pour jouir d’un bonheur éternel il nous faut posséder une connaissance exacte du "seul vrai Dieu". Dans ce cas, où est la vérité? Jésus Christ est-il "le Fils de Dieu" ou Dieu le Fils ? C’est là une question capitale !

1988 - " Les Sociniens — Pourquoi n’acceptaient-ils pas la Trinité ? " Réveillez-vous ! du 22 novembre, pages 19-20, mis en ligne sur La Besace des unitariens le 16 juin 07.

1989 - Doit-on croire en la Trinité ? (brochure)

1989 -  L’avenir de la religion compte tenu de son passé 16e partie : du IXe au XVIe siècles de n. è. — Une religion en mal de réforme ", Réveillez-vous ! du 22 août, page 19

Calvin avait donné le mauvais exemple aux huguenots par les méthodes qu’il avait utilisées pour promouvoir ses convictions religieuses, méthodes que l’ecclésiastique protestant Harry Emerson Fosdick, aujourd’hui décédé, décrit comme cruelles et révoltantes. Sous les ordonnances ecclésiastiques établies par Calvin à Genève, 58 personnes furent exécutées et 76 bannies en l’espace de quatre ans; à la fin du XVI siècle, 150 personnes au total seraient mortes sur le bûcher. Michel Servet fut de leur nombre. Ce médecin et théologien espagnol rejetait la doctrine de la Trinité et devint de ce fait un "hérétique" aux yeux de tous. Les autorités catholiques brûlèrent son effigie ; les protestants, eux, allèrent beaucoup plus loin: ils le brûlèrent vif.

1990 - L’humanité à la recherche de Dieu (livre), illustrations page 322 : " Des erreurs du dogme trinitaire "

À 20 ans, Michel Servet (1511-1553), un Espagnol qui avait étudié le droit et la médecine, publia De Trinitatis erroribus (Des erreurs du dogme trinitaire), dans lequel il déclara qu’il " n’emploierait pas le mot Trinité, qu’on ne trouve pas dans l’Écriture, et qui semble uniquement perpétuer une erreur philosophique ". Il taxa la Trinité de doctrine "incompréhensible, incompatible avec la nature des choses, et que l’on peut même regarder comme blasphématoire"!

L’Église catholique condamna Servet pour son franc-parler. Mais ce sont les calvinistes qui le firent arrêter, juger et brûler à petit feu. Calvin se justifia en disant : "Quand les papistes sont si brutaux et si violents pour défendre leurs superstitions qu’ils se déchaînent cruellement pour verser le sang innocent, les magistrats chrétiens n’auraient-ils pas honte de se montrer moins ardents pour défendre la vérité certaine ?" Le fanatisme et la haine de Calvin aveuglèrent son jugement et l’amenèrent à bafouer les principes chrétiens. - Voir Matthieu 5:44. […] Illustrations page 322 : Jean Calvin, à gauche, fit brûler Michel Servet, à droite, pour hérésie.

1996 - " La loi du Christ ", La Tour de Garde du 1er septembre, page 18 :

Michel Servet, qui contestait certaines des vues théologiques de Calvin, fut condamné au bûcher pour hérésie.

 1997 - " Procès et exécution d’un hérétique ", Réveillez-vous ! du 8 mai, page 21 :

Les protestants eux-mêmes, dont certains réformateurs, éliminèrent des dissidents en les faisant monter sur le bûcher et tuèrent des catholiques par le biais des autorités civiles. Calvin, par exemple, bien que préférant la décapitation, fit brûler vif Michel Servet, un hérétique anti-trinitaire.

 2000 - " Les Frères polonais : pourquoi furent-ils persécutés ? ", La Tour de Garde du 1er janvier, page 21 :

 Les calvinistes qualifiaient les dissidents d’Ariens, mais eux-mêmes préféraient le nom de chrétiens ou de Frères polonais. On les appelle également sociniens, du nom de Laelius Socinus, un disciple italien de Michel Servet dont le neveu, Faustus Socinus, se rendit en Pologne et devint l’une des principales figures du mouvement.

2002 - " Un règne de tolérance en période d’intolérance " Réveillez-vous ! du 22 juin, page 11-12 :

À cette même période, certains choisissent de braver la tradition et d’étudier les Écritures dans le but d’éclaircir ces mystères. Leur mot d’ordre est sola scriptura (l’Écriture seule). Ceux qui rejettent la doctrine de la Trinité — dont quelques-uns seront plus tard appelés unitariens par opposition aux trinitaires — subissent souvent des persécutions cruelles de la part des catholiques tout comme de celle des protestants. Pour y échapper, ils publient leurs écrits largement diffusés sous des pseudonymes et vivent dans le secret. En outre, les anti-trinitaires sont en première ligne de la lutte pour la tolérance. Plusieurs d’entre eux, tel le théologien espagnol Michel Servet, le paieront de leur vie. (…).

François David, superintendant de l’Église réformée et prédicateur à la cour, est un autre personnage instruit de Transylvanie qui conteste la Trinité. Il écrit au sujet des enseignements trinitaires complexes : " Si ces choses sont nécessaires au salut, il est certain qu’aucun d’entre les pauvres paysans chrétiens ne sera sauvé, car il ne pourra jamais les comprendre de toute sa vie. " David et Blandrata publient ensemble un livre reprenant des écrits de Servet et le dédient à Jean Sigismond.

 2004 - " Le clergé devrait-il se mêler de politique ? ", La Tour de Garde du 1er mai, page 4 :

Jean Calvin était un pasteur renommé à Genève, mais il a également acquis une autorité politique considérable. Quand Michel Servet a démontré que la Trinité n’avait aucun fondement biblique, Calvin a usé de son influence politique pour appuyer l’exécution de Servet, qui est mort sur le bûcher. Quelle déviation abominable des enseignements de Jésus !

 2006 - " Michel Servet, seul dans sa quête de la vérité ", Réveillez-vous ! de mai, pages 18-21, mis en ligne sur le site de La Besace des unitariens  le 16 juin 07.

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10 juin 2007 7 10 /06 /juin /2007 09:39

Devant l’intérêt porté par beaucoup à cette grande figure de la Réforme qu’est Michel Servet, j’ai voulu apporter ma contribution en répertoriant les articles consacrés à celui-ci par Charles Taze Russell d’abord et par ceux qui poursuivirent son œuvre, les Témoins de Jéhovah. C’est la raison pour laquelle j’ai traduit de l’anglais un extrait du " Photo-Drame de la Création " datant de 1914, à l’attention des membres du groupe de discussion " Unitariens Francophones ", extrait qui est déjà paru sur ce blog et qui a été repris sur le site de la Servetus International Society.

Charles Taze Russell fut le fils d’un riche commerçant américain, dont il était l’associé. Il fonda en 1879 le magazine Zion’s Watch Tower, aujourd’hui The Watchtower (La Tour de Garde). En 1870 il avait renoncé à sa carrière pour former une classe d’étude biblique avec ses amis de Pittsburgh et Allegheny (en Pennsylvanie) à la suite de quoi il exerça la fonction de pasteur et de président de la Watchtower Bible and Tract Society à partir de 1881.

Sa lecture et sa compréhension de la Bible l’ont amené à s’interroger sur la nature de certaines conceptions prêchés par les Eglises de son temps et à en rejeter quelques-unes, notamment le dogme trinitaire. Entre 1870 et 1875 il avait fait la connaissance du pasteur adventiste George Storrs et il découvrit les travaux de Henry Grew, tous deux des anti-trinitaires.

Il semble que, sous le rapport de cet anti-trinitarisme, Charles Russell ait connu très tôt, sinon l’œuvre, au moins l’histoire de Michel Servet pendant ses recherches sur ce sujet durant la période 1870-1875. Ainsi en 1899, lors de la parution de son livre "La réconciliation entre Dieu et l’homme", on pouvait lire un paragraphe rapportant les paroles de Servet dans une citation de John Wesley, le fondateur du méthodisme.

Wesley, le fondateur du méthodisme, s'efforça de défendre la doctrine de la Trinité ; pourtant dans un de ses sermons portant sur ce texte [1 Jean 5 :7], il cita les paroles de Servet : " J'hésite à employer les mots " Trinité " et " personne ", parce que je ne trouve pas ces termes dans la Bible ", et à cette citation, Wesley ajoute : " Je voudrais insister seulement sur les termes exacts, inexpliqués, tels qu'ils se trouvent dans le texte ". […] - Charles T. Russell, Etude des Ecritures Vol. 5 " La réconciliation entre Dieu et l’homme " (1899), étude 2 p. 53 de l’édition française du MMIL.

 

Le fait qu’il n’aborda que tard le cas de Servet peut s’expliquer par le fait qu’à l’origine de la publication de la Tour de Garde, bien qu’il avait déjà rejeté le dogme trinitaire depuis longtemps, Russell s’était consacré davantage à la chronologie biblique, à la question de la rançon du Christ (cf. Mat. 20 :28 ; 1 Tim. 2 :6) et à sa présence (ou retour) sur terre.

Russell continua de faire référence à Michel Servet dans les éditions de la Zion’s Watch Tower de janvier 1905 où il publia une biographie de Servet écrite par Albert Monot et datant de novembre 1904 et dans celle de décembre 1908 sous le titre "Les doctrines de Michel Servet et Jean Denck".

En 1914, Russell fit éditer une série d’images accompagnées d’une bande son intitulée "Photo-Drame de la Création" qui fut projeté publiquement dans des salles en Amérique du Nord, en Europe et en Australie. Une version sous forme de livre fut également publiée. Les planches n° 85 portaient le titre "Calvin et Servet" et relataient le triste sort que réserva le premier au second, le tout accompagné d’une représentation du supplice et d’une photo de la stèle commémorative de Champel. Voir les photos sur ce blog en date du 9 avril 2007, repris sur le site de la Servetus International Society le 15 avril 2007.

Le collège central des Témoins de Jéhovah, éditeur des mensuels La Tour de Garde fondée par Russell et Réveillez-vous !, publia des articles sur Servet ou cita son exemple à de nombreuses reprises dans ses publications. Dans l’esprit du "De Trinitatis Erroribus", les Témoins de Jéhovah publièrent en 1989 une brochure intitulée "Doit-on croire en la Trinité ?" ainsi que de nombreux dossiers sur le sujet dans leurs magazines.

A ce jour, hormis certains chrétiens libéraux sur le plan strictement personnel, l’anti-trinitarisme biblique est partagé, pour ce qui est de la France, par les Témoins de Jéhovah, les Etudiants de la Bible dit " Russellistes ", les Amis de l’homme, les chrétiens unitariens, l’Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours (Mormons), l’Eglise Internationale de Dieu et l’Eglise du Dieu Vivant.

Fabien Girard

 

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20 avril 2007 5 20 /04 /avril /2007 06:02

Yannick est Témoin de Jéhovah et se passionne pour l'archéologie biblique, si bien qu'il a intitulé son blog "L’Histoire, l’Archéologie et la Bible".

Le lundi 27 mars 2006, il a publié une biographie de Michel Servet qu'il a intitulé "Un hérétique qui a uni les Eglises", titre en quelque sorte prophétique puisque, si Michel Servet a eu sur le dos, en son temps, à la fois les inquisitions catholique et calviniste - qui l'ont toutes deux condamné au bûcher, il est devenu aujourd'hui une référence pour de nombreux chrétiens de tout bord.

Michel Servet, l'hérétique - dessin de Picasso

http://pensees.bibliques.over-blog.org/article-2262922-6.html

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Published by Barbier Jean-Claude - dans sur les témoins de Jéhovah
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