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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

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17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 17:29

"Trinité" par Michel Théron *, article à la Une dans le bulletin de la Correspondance unitarienne, n° 108, octobre 2010.

* écrivain, membre du comité de rédaction du journal Golias Hebdo, dans lequel est parue une première version allégée de cet article (numéro 137, semaine du 17 au 23 juin 2010)

Les catholiques l’ont célébrée le dimanche 30 mai dernier. L’encyclopédie Wikipédia en garantit l’ancienneté, en affirmant que même si le nom n’en apparaît pas dans le Nouveau Testament, « les notions qui constituent la doctrine trinitaire sont contenues dans les Écritures ».

Je me demande cependant où elle a pris cette idée de l’ancienneté scripturaire d’un seul Dieu en trois personnes, ou hypostases, égales en dignité. Il suffit de lire l’évangile de Jean, où pourtant Jésus a la plus haute stature, relevant de ce qu’on appelle une « haute christologie » : « Si vous m’aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je vais au Père ; car le Père est  plus grand que moi. » (14/28) Même la fin de son Prologue, où l’on voit souvent les prémisses de la doctrine trinitaire, montre dans le Fils un simple interprète ou exégète du Père : « Dieu, personne ne l’a jamais vu ; le Fils unique, dirigé vers le sein du Père, nous l’expliqua (grec : exègèsato). » (1/18) Un exégète ne s’identifie pas à ce qu’il explique. Tout au plus peut-on dire qu’il se range de son côté, que sa cause et la sienne sont les mêmes.

Certes, certains continuent de voir dans le texte johannique lui-même des formulations pré-trinitaires. Mais c’est à tort il me semble. Ainsi une phrase comme : « Moi et le Père nous sommes un » (Jean 10/30) peut signifier simplement : « Notre cause est la même ». Ce n’est pas encore la consubstantialité Fils/Père telle qu’elle sera affirmée plus tard, au concile de Nicée, en 325. Et de même un énoncé comme : « Celui qui m’a vu a vu le Père » (Jean 14/9), peut vouloir dire simplement : « Celui qui m’a vu a vu tout ce qu’il peut voir du Père » ... car si on admet ce que dit littéralement la fin du Prologue, le Père est définitivement invisible : « Dieu, c’est un fait que personne ne l’a jamais vu ... » (le verbe grec est au parfait, temps qui marque le résultat présent d’une expérience passée).

Quant à l’Esprit, il ne vient à l’origine que du Père seul, malgré ce qu’affirme l’Occident latin par l’ajout qu’il fait au Credo de Nicée, en disant qu’il procède aussi du Fils (Filioque) : « Quand sera venu le consolateur, que je vous enverrai de la part du Père, l’Esprit de vérité, qui vient du Père, il rendra témoignage de moi. » (Jean 15/26) On sait que christianisme occidental et christianisme oriental se sont séparés sur ce point, au XIe siècle. Dans la formulation scripturaire initiale, le Fils est donc, relativement à l’Esprit, encore subordonné au Père. On pourrait donc parler ici d’une double subordination.

Ce sont les différents conciles qui ont au fil des siècles élaboré la notion de Trinité. Cette constatation ne déstabilisera aucun catholique, car on lui a enseigné que la réception de la révélation est progressive, et que ces conciles ont été inspirés par le Saint Esprit. Pareillement aussi pour les orthodoxes, qui ne mettent pas en question leur propre vision de la Trinité. Mais les protestants, qui s’en tiennent à la Seule Écriture (Sola Scriptura) ont de quoi ici être perplexes. Aussi y a-t-il dans leurs rangs des partisans d’une christologie arienne, ou adoptienne, ou des unitariens, partisans de la seule monarchie divine, et donc négateurs de la Trinité.

Cependant, un bref regard sur l’histoire montre que beaucoup de ces conciles se sont anathématisés entre eux, et que le consensus ne s’est pas toujours fait. L’esprit souffle où il veut, certes : mais aussi dans tous les sens. On peut admettre aussi que l’interprétation de ce que nous révèle l’Écriture soit progressive. Mais pourquoi, au mépris de ce principe sans doute fort louable, l’Église nous dit-elle maintenant que cette interprétation est définitivement close ? Sauf à penser évidemment qu’elle en est seule dépositaire, et que l’enjeu ici est celui de son pouvoir.

 

Une traduction de ce texte en italien est disponible sur le site des chrétiens unitariens italiens (lien).

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Published by Michel Théron - dans CU 2010 - articles
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17 juillet 2010 6 17 /07 /juillet /2010 10:13

"Quand l'Esprit ose l'espérance", en réponse à l’enquête du diocèse de Luçon : « Depuis le Synode qu’est-ce qui a été pour vous un émerveillement dans votre vie ? » par Jean-François Morineau, adhérent à Solidarité Eglise Liberté Vendée (SEL85), publié dans les "libres propos" du bulletin n° 106, août 2010 de la Correspondance unitarienne.

[…] " Ce qui m’émerveille c’est le renouveau depuis le 20° siècle de la réflexion théologique stimulée par les acquis des sciences de la terre et de l’homme qui peuvent sembler en opposition avec les énoncés de la doctrine chrétienne. Or, s’il y a une vérité, elle ne peut être qu’une. Quand la science établit une vérité, la foi ne peut être qu’en accord avec elle et doit se mettre en question si sa formulation en diffère. C’est à cette exigence de révision rationnelle qu’ont invité les papes. Jean-Paul II dans son Encyclique « Fides et Ratio » et même Benoît XVI dans ses discours de Ratisbonne et des Bernardins à Paris. « Il faut disent-ils : rationaliser la foi »

Et voilà que l’Esprit a inspiré bon nombre de théologiens, mais aussi d’évêques, pour exprimer la nécessité d’une re-fondation des énoncés de la foi chrétienne, afin qu’elle devienne crédible et recevable aux hommes de ce temps.

Il en est ainsi des premiers chapitres du livre de la Genèse qui à travers une fable poétique essaient de nous dire le sens de l’origine du monde et de l’homme, mais ne peuvent rien nous dire sur le « comment ? ». De même le récit mythique d’un paradis terrestre qui n’a pas pu exister et de l’origine individuelle d’un premier homme et d’une première femme, quand l’anthropologie scientifique tend à démontrer l’émergence polygénique de l’humanité, dans un processus d’humanisation progressive. Et la « faute » de ces inconnus qui se serait transmise, comme génétiquement, à toute l’humanité, si l’on peut faire crédit à la théologie augustinienne qui a inventé le « péché originel » pour justifier la rédemption, alors qu’il n’y a aucun péché, mais seulement la condition humaine imparfaite.

Et que dire dans l’Eglise, de la prééminence de l’homme sur la femme, théologiquement sans fondement, mais seulement séquelle de la condition féminine qui sévissait alors dans la civilisation judéo-arabe ? Et cette subordination de la femme continue, dans l’Eglise catholique, à lui interdire l’exercice des ministères…

Et pourtant, toutes ces fausses interprétations et tous ces errements perdurent dans la dogmatique chrétienne, dans l’enseignement officiel de l’Eglise et dans sa catéchèse, au risque de les discréditer. Alors, osons l’espérance des merveilles de l’Esprit ! Qu’il renouvelle la face de l’Église !

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Published by Jean-François Morineau - dans CU 2010 - articles
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17 juillet 2010 6 17 /07 /juillet /2010 09:38

Nicolas G. Hayek est le patron de la Swatch Group. Il est décédé récemment, le lundi 28 juin 2010

Né au Liban en 1928, il y a suivi l’école française chez les Jésuites jusqu’à l’âge de 12 ans, puis il a fait les deux baccalauréats français dans une université américaine, avec un professeur vaudois. Ensuite, ce fut à Lyon pour des études de mathématiques et de physiques. Il s’est marié à 23 ans et sa femme compte des ancêtres huguenots (lesquels sont à l’origine de l’horlogerie suisse). Il se révolta contre la croyance en Dieu à l’âge de 12 ans car il n’existe aucune preuve de l’existence de Dieu ; puis, maintenant, de nouveau il croit en Dieu car « il n’y a pas d’autre possibilité de comprendre la création de ce monde ».

Agé maintenant de 82 ans et à la tête du plus important groupe horloger du monde, avec 25 000 employés, N. G. Hayek, d’origine libanaise et marié à une descendante d’huguenots français, a été interviewé sur son éthique de chef d’entreprise par le mensuel de l’Eglise protestante vaudoise, Bonne Nouvelle (paru en mai 2010, Cahier La Côte, La Morges, Suisse - document que nous a transmis Eric Agier).

« Je suis un passager à bord d’un vaisseau spatial qui s’appelle la planète Terre. Lorsque je vois que ce vaisseau spatial est menacé par des gens qui veulent y faire des trous ou le détruire, j’interviens. Je saute immédiatement de mon siège pour aller aider à réparer les dégâts, avec mes moyens et avec d’autres passagers. Ensuite, lorsque c’est terminé, je reviens m’asseoir à ma place » (allusion à l’Exposition nationale de 2002 où le Conseil fédéral a fait appel à lui). Il se définit comme un homme d’action et non de pouvoir : « Je suis un homme d’action. Mais la politique, non … Toute ma vie, j’ai été un serviteur de la communauté »


Nicolas-G.-Hayek.jpg

 

Bien que riche, il préfère vivre sobrement : « Je suis un chef d’entreprise parmi les plus riches de Suisse. Je n’ai pas d’avion privé, je ne dépense pas l’argent des actionnaires, je refuse d’encaisser les salaires trois fois plus élevés que les autres empochent. Je traite mes employés comme mes amis. Lorsqu’il y a une crise, je ne renvoie pas le personnel, je les garde tous. Cela nous a coûté 150 millions de francs de plus de salaires. C’est pour cela que je suis crédible. ». « (…) J’ai créé des richesses avec des artisans suisses, avec les qualités suisses, avec la précision suisse, avec l’honnêteté suisse. Car il y a beaucoup de Suisses honnêtes. Nous ne sommes pas tous des gangsters, comme trop de gens le pensent. Même si nous devons reconnaître que certains de nos banquiers se sont conduits comme des gangsters ».

 

« Si je dis quelque chose aux jeunes, c’est de ne pas planifier leur vie uniquement dans le but de devenir riches, en jouant à la Bourse. Il faut avoir l’esprit d’entreprise, créer des choses nouvelles, servir tout le monde. Cela donne beaucoup de plaisir ».

Le mécénat ? Il a lancé Belenos, une entreprise pour le développement d’énergies propres, avec le Groupe E, la Deutsche Bank, George Clonney, l’Ecole Ammann – « Je dépense une partie de ma fortune pour ce genre de chose ».


Pour en savoir plus, un livre : « Au-delà de la saga Swatch. Entretiens d’un authentique entrepreneur avec Friedemann Bartu », éditions Albin Michel : et  le site de son groupe.

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Published by Nicolas G. Hayek - dans CU 2010 - articles
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17 juillet 2010 6 17 /07 /juillet /2010 09:27

"Partager ses biens selon Jacques, le frère du Seigneur" par Régis Pluchet, secrétaire général de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU) - prédication à deux voix au culte du 11 octobre 2009 au temple de l’Eglise réformée du Mans. Lectures : Hébreux 4, 12-13, par Didier Travier : « le détachement spirituel et la grâce », et Marc 10, 17-30, par Régis Pluchet : « l’appel à la pauvreté et les œuvres » (partie ici seule reproduite), publié en article à la Une dans le bulletin de la Correspondance unitarienne, n° 106, août 2010.

Lorsque Jésus demande au jeune homme riche de vendre tous ses biens et de donner l’argent aux pauvres, cela nous concerne-t-il aujourd’hui ? Cette exigence n’est-elle que symbolique ? Ou doit-elle être prise au pied de la lettre ?

La réponse est à la fois oui et non. Sans doute, Jésus ne demande-t-il pas à tout le monde d’abandonner tous ses biens. Il appelle avant tout à une transformation intérieure. Il ne diabolise pas l’argent, il le remet à sa place. Mais il ne faudrait pas qu’une lecture symbolique, aujourd’hui, nous délivre de l’exigence du partage des richesses. L’épître de Jacques (2,14-17) est très claire là-dessus. La foi ne vaut rien si les riches laissent les plus démunis de côté. On voit pourtant dans les Evangiles Jésus fréquenter des hommes ou des femmes riches et accepter, quelques jours avant  sa mort, d’être oint par un parfum luxueux, dont les apôtres auraient préféré que son coût (300 deniers, soit un an de salaire) soit distribué aux pauvres. Il ne moralise pas, lorsque le geste vient du cœur et correspond aux circonstances. Il fréquente les riches autant que les pauvres, reçoit tout le monde sur un pied d’égalité, avec toutefois une attention plus particulière pour ceux qui sont en difficulté et nous rappelle que les premiers seront les derniers et les derniers seront les premiers.

Il ne s’en prend pas tant aux riches, qu’à ceux qui sont esclaves de leurs de richesses. Et nous sommes tous concernés, car nous avons tous des richesses qu’elles soient économiques, sociales, culturelles, psychologiques ou autres : nous pouvons aussi être trop riches de notre famille, de notre milieu, de notre Eglise, de notre paroisse.

Jésus rappelle dans ce texte (Marc 10 : 17-30) qu’il est plus facile à un chameau de passer par le chas d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu. Certains expliquent aujourd’hui qu’il ne s’agissait pas d’une aiguille à coudre, mais de la Porte de l’Aiguille à Jérusalem, qui était une porte très étroite, trop étroite pour être franchie par un chameau muni de son bardas, chargé de biens dont il fallait d’abord qu’il soit délesté. Quoiqu’il en soit de la traduction, la mise en garde est claire. Sachez partager vos richesses, sinon vous risquez d’y perdre votre âme : « Là où est ton trésor, là est ton cœur » dit Jésus.

Jacques le dit aussi d’une autre manière un peu plus loin, dans le passage que nous avons lu : « Votre richesse est pourrie, vos vêtements sont mités, votre or et votre argent sont rouillés (…). Il crie le salaire dont vous avez frustré les ouvriers qui ont moissonné vos champs et les clameurs du moissonneurs sont venues jusqu’aux oreilles du Seigneur ». Il demande aussi qu’il n’y ait pas discrimination entre riches et pauvres dans les assemblées et que ces derniers ne soient pas mis debout par derrière et les riches assis par devant. On accuse un peu vite Jacques de trop moraliser et il est vrai que son ton est parfois excessif, mais cela ne doit pas nous empêcher de voir le caractère prophétique de sa parole. Il ne fait que redire la parole de Jésus : « Amassez-vous plutôt des trésors dans le ciel que sur la terre, là où ni rouille, ni vers ne les détruisent » et c’est là qu’il concluait : « Là où est ton trésor, là est ton cœur » (Matthieu 6, 19-21).

Une parole toujours d’actualité dans un monde où le règne de l’argent sans frein a abouti à une telle crise, où le clinquant et le luxe s’affichent outrageusement, où certains qui ont déjà des salaires mirifiques reçoivent en outre des primes et des bonus considérables, tandis que d’autres sont jetés à la porte de leurs entreprises avec de maigres indemnités et sans considération. Une parole prophétique dans un monde où les peuples les plus riches tolèrent la pauvreté et l’injustice en leur sein et rejettent sans scrupules ceux qui viennent des pays les plus démunis et s’installent clandestinement, et on leur reproche sans doute de n’avoir pas frappé à la porte. C’est tout le sens de l’action de l’Entraide protestante de prendre au sérieux ces paroles de Jésus et de les mettre en oeuvre, comme essayaient de le faire les premiers chrétiens, lorsqu’ils mettaient en commun leurs biens.

Ce n’est pas seulement l’aumône qui est nécessaire, mais aussi inventer des modes de partage des biens matériels et spirituels, entre nous dans les Eglises, et agir pour qu’il en soit de même dans la société. Les communautés Emmaüs de l’abbé Pierre, les Fraternités de la Mission populaire évangélique, l’Entraide protestante et bien d’autres mouvements nous montrent les chemins de ces nouveaux modes de partage, suivons-les.

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Published by Régis Pluchet - dans CU 2010 - articles
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26 juin 2010 6 26 /06 /juin /2010 08:08

Libre propos de Jean-Claude Widmann, protestant libéral, ERF de Briançon

Jean-Claude, j'ai bien apprécié ton texte dans le bulletin de mai (CU 103, "Le christianisme est-il un ésotérisme ?". Il m'amène à la réflexion suivante : c'est facile de critiquer le christianisme dogmatique qui domine toujours dans nos Eglises .Mais que faire ? On peut rompre, mais l'on se trouve alors voué à la solitude, sauf à constituer un cercle avec des amis pensant pareil. Cependant, ce n'est qu'un pis-aller. La foi va difficilement sans communion avec d'autres. On peut rester, mais c'est au prix d'une schizophrénie difficile à vivre : on respecte des rites et des discours devenus à nos yeux mythiques, et l'on pense autrement. Il me paraît que beaucoup de nos contemporains naviguent entre ces deux attitudes. Aller à l'église (rarement ! ) pour des raisons de conformisme social, ce n'est pas nouveau !

Je ne crois pas à l'invention de nouveaux rites (1), par exemple unitariens. Les religieux non conformistes sont trop individualistes pour admettre ce genre de choses. Le moins mal, à mon sens, est de rester dans les Eglises où le hasard nous a fait naître et d'y vivre avec cette schizophrénie que j'évoquais. Après tout, des croyants demeurés peuvent être d'authentiques disciples de Jésus, comme d'autres aux idées théologiques élaborées de parfaits égoïstes. Sans doute faut-il admettre que le besoin de croire est enraciné dans les hommes et, comme Jésus aurait pu le dire, que "l'homme ne vit pas de raison seulement, mais aussi de sentiments, de rêves et d'émotions.". Bien à toi.

(1) ndlr : pour les rites unitariens particuliers voir le calice des unitariens (lien) et la cérémonie des fleurs (lien). L’Eglise unitarienne francophone encourage à la célébration libre à la maison puis au partage des expériences sur son site (lien). Elle invite à la prière mensuelle des unitariens (lien)

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Published by Jean-Claude Widmann - dans CU 2010 - articles
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27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 10:42

Yohann Amal (Bordeaux, unitarien-universaliste),

Oui, Jean-Claude (en réponse aux propos de ce dernier sur le christianisme ésotérique), toutes ces constructions ésotériques ont fini par lasser le bon peuple : les Eglises traditionnelles et les religions officielles ont fini par se vider de la majorité des fidèles qui acceptaient de suivre sans réfléchir. Quoi qu'elles connaissent actuellement un regain de santé dans leurs formes intégristes, sans parler des sectes (comme tu le dis, qui diabolisent la société civile ) : "le monde est sous l'emprise du diable, venez chercher votre salut chez nous : nous avons la vérité".

Cependant des personnes religieuses ont touché l'Humanité grâce à l'efficacité de la grande compassion qui les animait, ou les anime encore : mère Teresa, soeur Emmanuelle, l'abbé Pierre, le dalaï Lama ...

Le libéralisme, l'unitarisme : une chance pour l'avenir : à nous de la saisir.

Fabien Maisonneuve (Les Yvelines, musulman et unitarien),

En fait, la Trinité pose la question de savoir si l'unicité comprend l'individu, l'homme en son sein : rien n'existe en dehors de Dieu. Le Je en nous, le Je véritable, c'est Dieu ; le moi superficiel, l'ego, n'est qu'une enveloppe qui nous laisse dans l'illusion : tout est Un. Dieu, l'Esprit, l'Homme.

Sauf qu'en cristallisant cette unicité de l'homme et de Dieu sur le Christ seul, on finit par placer l'homme à l'extérieur de Dieu, dans le péché, et Jésus devient seul dépositaire de l'Union en Dieu, quoique l'Esprit Saint agisse pourtant dans cette logique d'unicité, avec les saints qui se retrouvent donc dans l'unité du Saint Esprit.

L'Eglise catholique affirme que c'est par le Christ qu'ils sont comptés dans le Saint Esprit, mais ils ne paraissent pourtant aucunement dans la Trinité. En quelque sorte, seuls les saints sont concernés par l'unicité, et leur rendre un culte paraît alors normal, mais il y a fausse donne ! L'Esprit Saint peut en effet toucher tout le monde, c'est une grâce à qui sait aimer, à qui est ardent du désir de Dieu, à qui efface son ego !

De cette façon, le catholicisme a divinisé des hommes, en particulier le Messie d'Israël, le Fils de l'Homme, et rendu inaccessible le véritable mystère, celui de l'Unicité, lequel nous enseigne que nous ne sommes qu'une manifestation du Dieu unique, que notre séparation de Lui est une illusion due à la prégnance des sensations de ce bas monde. Le mystère de l'Unicité, c'est que Dieu est en nous, qu'il ne faut pas le chercher dans les étoiles ou sur le mobilier d'un bâtiment fait de mains d'homme.

Raymond Bath (Montignies-sur-Sambre, Belgique, chrétien libre-penseur), septembre 2009

Dans l’ensemble, la chrétienté offre le spectacle lamentable d’un fouillis de sectes. La catholique romaine est la plus obèse, mais c’est une secte quand même. Elle en a toutes les caractéristiques. Le mal est trop important pour qu’un seul homme puisse y remédier ; ce sera le travail de l’Esprit saint. Soyons simplement altruistes et de bonne volonté sans omettre les Saintes Ecritures.

Déjà à la fin du première siècle de notre ère, il existait des sectes gnostiques plus ou moins « christianisantes ». Une secte se forme généralement dans le sein d’une secte-mère. Un ou plusieurs mécontents contestent quelques points de doctrine, prétendent les rectifier ; finalement, c’est la séparation. « Un pur trouve toujours un plus pur qui l’épure ». A côté des erreurs rectifiées, les nouveaux leaders commettent d’autres erreurs. Ils seront contestés à leur tour. C’est une histoire sans fin !

On peut être conciliant, tolérant, compréhensif, ne vouloir rien brusquer, il y a quand même des croyances qu’on ne peut admettre, telle que le dogme de la Trinité. Peut-on honnêtement se complaire dans l’absurdité ? Quinze jour avant de recevoir le bulletin n° 96 (« Michel Servet fut-il un prophète ? », par Fabien Girard, octobre 2009, http://labesacedesunitariens.over-blog.com/article-36658032.html), je me suis dit : « Je ne peux rester neutre sur tous les sujets ; j’ai les moyens de pulvériser cette croyance qui fait obstacle à la saine raison ; si je ne le fais pas, ma conscience ne me laissera pas en paix ! ». Le travail est commencé …

Nicolas Semaille (Mons, Belgique, unitarien humaniste),

le 26 avril 2010, au forum des « Unitariens francophones »

La plupart des sagesses de l'Humanité à égalité, sans plus une seule au centre, ou encore plus de croyances religieuses du tout sinon leurs apports culturelles et artistiques reconnues ?

Imagine, par John Lennon :
Imagine there's no countries, / It isnt hard to do, / Nothing to kill or die for, / And No religion too, / Imagine all the people / living life in peace ...


Yohann Amal (Bordeaux, unitarien-universaliste) en réponse à Nicolas Semaille

Bonjour Nicolas. C'est ce que je vis sur un plan personnel. Cela est peut-être du syncrétisme, mais je n'ai plus besoin de comparer les prophètes comme on me le demandait. Je peux très bien me sentir soufi, tout en expérimentant la présence de Jésus dans ma vie quotidienne , sans pour autant adhérer à une confession chrétienne ni à l'idée d'un Créateur personnel, et en acceptant comme enseignements tout ce que la Vie peut m'apporter d'édifiant : c'est aussi une notion du tao : ne pas résister au flux de la vie.

Je suis depuis deux jours en correspondance avec une musulmane soufie de la confrérie Alawyia et j'ai eu la joie qu'elle me dise qu'elle se retrouvait totalement dans mon blog "Spiritualités unitariennes" (http://spiritualites.unitariennes.over-blog.fr). L'Esprit dépasse le cadre des religions. Si les religions ont du soucis à se faire, la spiritualité, elle, a de beaux jours devant elle.

"Que tu le veuilles ou non", par Raymond Bath (Montignies-sur-Sambre, Belgique, chrétien libre-penseur), Lettre à Jean-Claude Barbier, septembre 2009, poèmes dédiés à ses petits-cousins Karim et Mehdi.

JUIF, tu l’es, mon frère chrétien / que tu le veuilles ou non. /
« Ton Dieu seul adoreras ; Ton prochain comme toi-même aimeras » /
Ce précieux commandement, / C’est Moïse qui te l’a transmis / ne l’oublie pas !


CHRETIEN, tu l’es / que tu le veuilles ou non, / mon frère musulman /
Le Prophète n’a-t-il pas repris / maintes paroles de Jésus, de Marie, de Jean-Baptiste ?
Allah, Yahweh, l’Eternel / c’est Tout Un / C’est le même Dieu !


NOUS TOUS / juifs, chrétiens, musulmans / sommes fils d’Abraham, / selon la chair ou selon l’Esprit /
Tous frères, mais – hélas – « frères ennemis »./
Biffons « ennemis » et contentons nous de « séparés », en attendant …. En attendant quoi ? /
Même s’il faut attendre longtemps, / de nous appeler frères réunis ! / Que tu le veuilles ou non !


Eric Agier (chrétien unitarien, Buchillon, Suisse), Lettre à Jean-Claude Barbier, le 8 avril 2010

J’ai lu avec beaucoup d’admiration ton exposé doctrinal sur le « Christianisme pour intellectuels » (Correspondance unitarienne, n° 102, avril 2010). Un excellente synthèse dont je te félicite fraternellement. Mon vœu serait que tu réussisses après çà à formuler une doctrine simplifiée, accessible aux gens du peuple. Les jeunes sont abandonnés à la vacuité spirituelle. Quant à moi, à 93 ans, je me retire de la compétition, j’ai déjà donné avec mon livre « Interview de Jésus-Christ » (1). A toi maintenant de jouer en dynamisant et en vulgarisant le christianisme unitarien.


(1) voir notre présentation de ce livre dans les Actualités unitariennes du 19 juin 2007,  « Comment parler de Jésus aux jeunes ? », 2006 – " Interview de Jésus-Christ : les questions de Benoît ", Paris, l’Harmattan, 166 p. (Cheminements spirituels).

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27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 10:29

" Le christianisme est-il un ésotérisme ? ", par Jean-Claude Barbier, communication au groupe Yahoo Unitariens francophones, le 30 janvier 2010, article à la Une de la Correspondance unitarienne n°103, mai 2010.

Avec la construction trinitaire qui est un casse-tête chinois pour qui veut comprendre rationnellement ce qui nous est d’ailleurs finalement présenté comme "mystère", mais aussi avec tous les dogmes qui s'en sont suivis, le catholicisme, mais aussi la plupart des christianismes, sont devenus autant de forêts impénétrables aux non initiés. On ne s'en est pas rendu compte pendant très longtemps car le catéchisme (par exemple celui de Trente) donnait réponse à tout, par un jeu de questions / réponses, et touchait une grande majorité de gens par un maillage paroissial couvrant tout le territoire.

On aboutit à un véritable ésotérisme avec la coupure entre initiés (le clergé formé dans des séminaires) et les braves laïcs, avec des concepts abstraits et métaphysiques (donc invérifiables par les sciences), l'hyper développement d'une terminologie technique, et des arguties aussi emberlificotés qu’un delta de fleuve sinueux.

Aujourd'hui, où beaucoup moins de gens possèdent une culture chrétienne, cet ésotérisme éclate au grand jour. Le christianisme est devenu minoritaire, l'affaire de certains dont ce serait la lubie, qui croiraient encore bien naïvement à des choses « comme çà », à des légendes sans fondement historique et aux miracles, une voie particulière qui ne concerne plus les autres, qui n'est plus du tout comprise en dehors de son cercle de fidèles.

Les Réformes protestantes du XVIème siècle ont effectué un premier nettoyage, mais ont laissé bien des choses en place (le Péché originel, la Trinité, etc.). Pire, elles en ont ajouté de nouvelles : la Grâce "seule" et donnée avec parcimonie, la Bible sola escritura, la prédestination (reprise de saint Augustin et amplifiée jusqu'au délire par Calvin), etc.

Marre des religion qui, telles que des grenouilles, se prennent pour des boeufs ! se veulent des totalités englobant tout, ayant réponse à tout, dictant leurs ordres sur tout et à tout le monde.

On retrouve la même ambition avec d'autres systèmes totalitaires comme le marxisme-léninisme, de nombreux ésotérismes, certaines sectes (au sens d’une emprise totale avec diabolisation des autres courants de pensée et/ou de la société civile), etc. A noter que, bien que proposant une initiation, la franc-maçonnerie a somme toute versé dans la sobriété, surtout quand elle se limite à l'affirmation du GADLU et évite la mystique du Christ cosmique ou encore la supposée Fraternité blanche du temps d’Akématon Ier ; chez elle, l'inflation semble s’être portée sur le rituel et l'organisation interne.

Chaque fois, on nous propose un jargon à apprendre ; çà fait savant et les "étudiants" ont le vif sentiment, à peu de frais intellectuel, d'appartenir à une élite. M'envoyer vite fait bien fait tout ce beau monde sur les bancs des universités, publiques ou reconnues ! C'est là tout l'enjeu des programmes scolaires portant sur les religions, sur leur connaissance objective et comparée, sur leur dimension culturelle, loin des catéchismes.

J'apprécie le fait que l'unitarisme n'ait pas de prétention au niveau d'un corpus de connaissances qui lui serait propre : toute simplement nous tenons compte des progrès scientifiques, de l'exégèse moderne de la Bible, de l'évolution des consciences, etc. A ce niveau, nous n'avons rien à dire de spécial. On se demande d'ailleurs bien pourquoi nous avons quelques (mais toutefois rares) catéchismes historiques (lien ) !

Serions nous donc des pauvres en connaissances, des minimalistes ? Ainsi les Pères de l'Eglise du IIème siècle jugeaient-ils les ébionites (communautés résiduelles du judéo-christianisme du siècle précédent, qui ne lisaient que le Matthieu araméen et qui considéraient Jésus comme prophète et non comme un dieu).

 

Il nous reste la spiritualité, l'éthique, la morale et puis une formidable possibilité de fraternité avec les autres dès lors qu'il n'y a plus l'obstacle des dogmes, des vérités particulières à préserver, à affirmer, à imposer, et autres fatras : cela s'appelle la liberté d'aller vers son prochain, pour reprendre un mot cher aux évangiles.

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Published by Jean-Claude Barbier - dans CU 2010 - articles
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27 mars 2010 6 27 /03 /mars /2010 07:48

"Petites réflexions au détour d'un chemin" par François Arnault (Béarn, France), dans les Libres propos de la Correspondance unitarienne d'avril 2010 (n° 102).

Comme tout un chacun, il m'arrive fréquemment de me poser des questions sur le sens de la vie, sur Dieu, sur l'Amour, la mort, etc. Evidemment, les plus grands philosophes tentent depuis la nuit des temps de répondre à toutes ces questions métaphysiques. Chacun peut se retrouver plus ou moins dans les écrits ou les paroles de l'un ou de l'autre. Pour ma part, si je devais résumer de la manière la plus concise qui soit, l'idée que je me fais du sens réel de nos vies, je reprendrais une définition de Théodore Monod. Selon lui, la quête de Dieu et de la vérité est comparable à une montagne unique, la même pour tous, que nous gravissons les uns et les autres par des sentiers différents. Les uns montent par ici, les autres par là, mais nous avons tous les uns et les autres l'ambition de nous retrouver au sommet, dans la lumière au dessus des nuages.

J'aime croire que Dieu, cette lumière qui nous attend tous au sommet de la montagne, a imaginé pour chacun d'entre nous un chemin idéal qui nous mènerait à Lui, mais que dans le même temps il nous laisse totalement libre de l'emprunter ou pas.

Je crois aussi que nous errons le plus souvent sur des chemins de traverses, plus ou moins éloignés de ce chemin idéal. D'ailleurs, dans la Bible, l'hébreu 'Het, que l'on a traduit par le verbe "pécher", mot qui apparaît plus de 500 fois dans l'Ancien Testament, signifie littéralement : « manquer la cible ». Quand on s'est trompé de chemin et que l'on s'éloigne dans une mauvaise direction, c'est exactement ce que l'on fait, on manque sa cible.

Toutefois, je pense aussi qu'il peut être bon de s'arrêter en route, de se retourner pour observer le chemin parcouru ou simplement pour se reposer, faire halte un moment, se rafraîchir près d'un torrent, cueillir un fruit. Si Dieu a placé autant de délices le long du parcours, sachons donc en profiter !

Certains préféreront voyager seuls, d'autres à plusieurs.

Beaucoup chemineront avec une carte et un guide de voyage et il en existe en quantité. D'autres préféreront voyager au jugé en ne se fiant qu'à leur sens de l'orientation. Peu importe, l'essentiel c'est d'évoluer au plus près de son chemin. Il paraît que d'instinct, nous pouvons savoir si nous sommes sur la bonne voie car Dieu a placé une sorte de boussole en nous. On reconnaît le bon chemin, car c'est un chemin de joie et d'Amour.

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Je me dis que Jésus, est un homme qui a voyagé au plus près de son chemin, en toute conscience. Je crois aussi que c'est pour cela que les hommes l'ont reconnu comme Christ ; je crois surtout que finalement c'est ce que voulait son Père. Je crois tout cela, mais je ne suis sûr de rien.

Me voilà donc moi aussi quelque part sur le chemin, assis près d'un torrent, une pomme à la main et le guide de l'Oratoire du Louvre sous le bras [ndlr : paroisse ERF de Paris, de tradition libérale]. J'en ai essayé plusieurs, notamment celui que mes parents m'ont donné, traduit du latin, mais finalement c'est celui-là que j'utilise le plus en ce moment.

Je regarde vers le sommet mais je ne vois rien là haut. Ce n'est pas grave, le bonheur, il est sur le chemin ; je commence à prendre plaisir à marcher ; quant à l'ivresse des hauts sommets, on verra cela un peu plus tard, je ne suis pas pressé.

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27 mars 2010 6 27 /03 /mars /2010 07:31
Correspondance unitarienne, avril 2010 (n° 102), rubrique "Informations"

L’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU) : les premiers pas du nouveau bureau

Suite à l’appel de Noël de sa présidente, Mme Colle (lien), http://afcu.over-blog.org/article-le-mot-de-la-presidente-pour-un-renouvellement-du-bureau-41255260.html, l’association a trouvé les militants qu’il lui fallait pour poursuivre sa route dans de bonnes conditions et un bureau entièrement renouvelé et rajeuni a été constitué, lors de l’AG du 6 mars 2010 qui s’est tenue à Thouaré-sur-Loire (banlieue Est de Nantes), avec Jean-Charles Sikner (président), Régis Pluchet (secrétaire général) et Philippe Goyheneix (trésorier). Voici quelques unes des premières décisions qui ont été prises par ce bureau.
 
- la solidarité apportée à Terre du Ciel (et relayée par les Actualités unitariennes au nom de "tous" les unitariens), suite à une perquisition dans leurs locaux au début du mois de janvier et toujours non motivée officiellement.
- un soutien moral à la section française de Gandhi international qui va organiser un colloque international en France en 2012
- la participation de l'AFCU au Grand rassemblement de Lyon en novembre de cette année initié par la Fédération des réseaux des parvis,
- une lettre de soutien au maire de Bordeaux et au recteur de la mosquée Al Houda pour le projet de construction d'une Grande mosquée (suite à une polémique haineuse soulevée par un « blog identitaire »),
- l'ouverture d'une rubrique sur le site de l'AFCU consacrée à l'Eglise unitarienne de Transylvanie,
- etc.


Le catéchisme hongrois des unitariens

Jozsef Ferencz (1835-1928), évêque de l'Eglise unitarienne de Transylvanie de 1876 à sa mort, est l’auteur d'un catéchisme unitarien en hongrois publié en 1864 et plusieurs fois réédité (20ème édition en 1991). Ce catéchisme a été traduit en anglais par le révérend Gyorgy Andrasi, conseiller de l’évêque de l’Eglise roumaine, en collaboration avec Byron C. Miller, et publié en anglais dans "Unitarian Universalist Christian" par la Fraternité unitarienne-universaliste chrétienne (Unitarian-Universalist Christian Fellowship), automne/hiver, 1994, volume 49, n°3 et n°4. Il a été traduit en italien par Roberto Rosso et publié dans les Cahiers Michel Servet (n° 3, février 2005). La traduction en français est de Pascal Acker. Elle a été mise dans La Besace des unitariens à la rubrique « les catéchismes »

Texte à valeur historique, mais qui n’en constitue pas moins un important point de repère pour les unitariens et leurs sympathisants et qui reste encore bien en avance sur maintes professions de foi d’autres Eglises protestantes. Il est toujours en usage au sein des Eglises unitariennes de langue hongroise.

Voici l’avis d’un témoin de Jéhovah qui fréquente notre mouvance : « Je viens de lire la partie du catéchisme unitarien hongrois. Très beau et très pur, je n'ai pas noté quoi que ce soit en désaccord avec la doctrine de mon Eglise. Amitiés. Fabien » (courriel du 22 mars 2010). Bel hommage à ce texte qui conserve encore, sur bien des points, toute sa verdeur.


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27 mars 2010 6 27 /03 /mars /2010 06:40
"Des intellectuels pour repenser le christianisme" par Jean-Claude Barbier (chrétien unitarien, Bordeaux), article à la Une dans la Correspondance unitarienne d'avril 2010 (n° 102)

Ce n’est pas un hasard si le christianisme est devenu une grande religion internationale et qu’elle le reste. Elle a eu en effet les élites intellectuelles qui lui ont permis de se construire et d’apporter un nouveau message sur le marché des religions, à commencer par la formulation de son premier kérygme, celui de la Pentecôte (1), puis pour accompagner son universalisation hors du giron du peuple juif avec entre autres les épîtres de Paul, enfin pour rapprocher l’homme de Dieu grâce à l’amour mystique si bien exprimé par l’école johannique d’Ephèse (2). A partir du IIème, ce fut la mise en place d’un système total, englobant, par les Pères de l’Eglise grecque, avec le choix d’un canon, l’élaboration d’un credo, et la mise en place du dogme trinitaire sur le modèle des triades indo-européennes (3).

(1) par une mise en relation entre la découverte du tombeau vide et les textes messianiques ainsi que nous l’expliquons dans une série d’articles publiés à la rubrique « le tombeau vide » de nos Etudes unitariennes
(2) sublime intimité avec Dieu devenue possible dans le cas du christianisme naissant grâce à un Jésus dit ressuscité et qui est vécue dans toutes les autres religions par les mystiques.
(3) voir notre article « La trinité chrétienne est une triade » (article à la Une de la Correspondance unitarienne n° 88, février 09) publiée à la rubrique « La Trinité est une triade indo-européenne ». Il y a alors le passage d’une présentation ternaire : le Père, le Fils et le Saint-Esprit, à une véritable triade où les trois figures fusionnent en une seule existence et destin.


Il a eu également, au XVIème siècle, au temps des Réformes protestantes, des élites « humanistes » pour rappeler les vertus évangéliques et demander que cette religion se rectifie en conséquence ; puis des chrétiens qui prirent en compte les progrès de la Raison et des sciences à commencer par le théologien et médecin espagnol Michel Servet (1511-1553), le théologien Faust Socin, qui en 1605 formalisa le célèbre catéchisme unitarien de Rakow (en Pologne), les unitariens anglais du Siècle des lumières (comme le pasteur et chimiste Joseph Priestley qui finit sa vie immigré en Pennsylvanie en 1804), les exégètes de l’Ecole allemande dans les années 1830 et l’émergence d’un protestantisme libéral ; enfin, côté catholique, pour se mettre à l’heure du Monde avec le grand concile que fut Vatican II (11 octobre 1962 – 8 décembre 1965).

bandeau-blogs-religion-gaulmyn.jpgbandeau du blog "Religion Gaulmyn"

Chaque fois, des membres du clergé séculier ou religieux ont suscité des débats. En Grande-Bretagne, puis aux Etats-Unis, ce furent des pasteurs qui, du haut de leur chaire ou dans les séminaires, ont fait évoluer le calvinisme vers le socinianisme, puis vers l’arianisme, enfin vers l’unitarisme. Encore aujourd’hui, le protestantisme libéral s’appuie sur une partie du clergé protestant réuni en France autour de la revue Evangile et Liberté et des Journées annuelles du protestantisme libéral que cette revue organise. Côté catholique, certains ordres religieux, réputés « intellectuels » comme les jésuites et les dominicains, sont à l’initiative d’interrogations posées au sein d’une Eglise conservatrice où les débats officiels sont quasi inexistants, les synodes étant réduits à de simples consultations sur des thèmes on ne peut plus généraux.

Pourtant, nombre d’érudits de la Renaissance, engagés dans les Réformes (y compris dans les milieux catholiques), furent des laïcs. Plus récemment, les mouvements d’action catholique ont formé une vague générationnelle, aux multiples engagements temporels, contestataire et réformatrice. Elle a assuré une formidable présence de l’Eglise catholique au monde que Vatican II a officialisé. Mais en dehors de témoignages tout à fait remarquables, les avancées purement théologiques n’ont guère été significatives. Il en est de même pour la vague plus récente des mouvements charismatiques qui renouvelle assurément les formes d’expression mais véhicule les formules pieuses les plus éculées.

Finalement, ce sont des électrons libres qui se retrouvent aujourd’hui le plus en pointe. C’est du côté d’un mathématicien devenu berger en Drôme provençale, Marcel Légaut (1), qu’il y eut une réflexion, bien en marge du réformisme de Vatican II, sur notre relation personnelle et vécue à Jésus et à Dieu. De même, c’est un ancien bénédictin retourné à l’état laïc, ayant une formation scientifique, Michel Benoît (2), qui, en France, mène le combat pour que nous révisions fondamentalement notre façon de penser le christianisme à partir de son message initial, celui des évangiles, et d’un travail d’exégèse historico-critique absolument nécessaire si l’on veut retrouver, enfin, le Jésus historique – celui que connurent ses disciples - et nous libérer des mythes qui fondèrent la chrétienté (mais non le vrai christianisme !). Citons aussi la Libre pensée chrétienne (3) qui, à partir d’une demande de re-formulation des dogmes émise par l’abbé belge André Verheyen (1925-2007), poursuit une réflexion pour une re-formulation du christianisme par un discours plus actuel, plus crédible, plus audible. Il faudrait aussi citer tous les textes de grande qualité et d’auteurs divers qui circulent au sein de réseaux grâce aux messageries électroniques et sur Internet (4).

(1) voir le site de l’Association culturelle des Amis de Marcel Légaut intitulé « l’Homme à la recherche de son humanité » (grâce à l’enseignement de Jésus). Au sein de cette mouvance, le réseau « Jésus simplement » prône une théologie tout à fait unitarienne comme sa dénomination l’indique.
(2) voir son site personnel
(3) voir le site du mouvement (LPC)
(4) voir par exemple la quinzaine de mouvements belges regroupés au sein de la fédération « Pour un autre visage d’Eglise et de société » (PAVES) (lien) ou la cinquantaine de mouvements français regroupés au sein de la « F
édération des réseaux d
es Parvis » (lien)
à suivre ...
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