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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 09:58

Jean-Claude Barbier sur Facebook, message au groupe Unitariens francophones le 24 juillet 2013 : A partir de l’exemple de Jacques Cecius (1940-2013) qui fut à la fois protestant libéral et unitarien, franc-maçon et libertaire, anarchiste et policier municipal dans sa ville natal (lien), j’ai ajouté « comme quoi, le prêtre Pascal Vesin n'est pas seul ! », un ami de Facebook, lui, a pensé à son grand père en lisant cet article ! Bernard Grosclaude : " La biographie de cette personnalité, aujourd'hui disparue, me rappelle que mon grand-père paternel était protestant pour l'éthique, libre-penseur pour la raison, franc-maçon pour la fraternité.". André Le Mellionnec, - « Ce que je n'aime pas dans "appartenance" c'est l'idée sous tendue du renoncement "au reste". pour avoir pas mal papillonné, même si j'ai posé mes valises a l'Oratoire il y a déjà quelques années, je ne m'interdit pas d'adhérer a d'autres courants de pensées. ». Jean-Claude Barbier – « c'est précisément pour cette raison que j'ai lancé sur Facebook le "comité de soutien au prêtre Pascal Vesin" : le droit aux appartenances multiples et complémentaires à la guise de la personne concernée ; le principal étant qu'il trouve son bonheur spirituel et humain ».

Mgr Bernard Housset, évêque de La Rochelle et de Saintes, en réponse le 17 septembre à notre lettre circulaire dans le cadre de l’affaire Pascal Vesin (juin 2013) rappelle - c'est son rôle - que l'acceptation de Christ est incontournable pour que l'homme parvienne à sa plénitude ; mais il ajoute « Mais je crois que cet Esprit du Christ agit en tout être humain, quelque soit sa religion ou sa non-religion. Il agit dans le monde entier à travers tout ce qui est beau, vrai, juste, etc. ». Puis, de même que l'Eglise catholique ne méprise plus les Juifs, « de même, j'espère que le respect pourra progresser dans les années qui viennent entre francs-maçons et catholiques » et il termine sa lettre : « Soyez sûr en tout cas que je ne porte jamais d'appréciations négatives et encore moins méprisantes sur les loges » ... et il m'assure enfin de sa « cordiale sympathie ». Voilà donc du positif qui confirme bien que la Hiérarchie n'est pas aussi unanimiste qu'on le pense - de même, au Vatican, Pascal Vesin a pu bénéficier de plusieurs soutiens ecclésiastiques – et que nombre d’évêques savent envisager des évolutions souhaitables et possibles à plus ou moins long terme.

Gérard Mantion, après avoir fréquenté une mouvance néo-païenne a fait retour au protestantisme luthéro-réformé de sa jeunesse. Mais, dit-il, « je suis loin d' être fanatiquement attaché au dogme trinitaire. Si pour moi la Trinité fait sens,  elle a plus une importance liturgique que confessionnelle : mon point de vue sur ce point se rapprocherait plutôt du côté d'André Gounelle (lien). Je tiens également à souligner que je n'ai pas coutume d'adresser de prières directes à Jésus, ce que même certains catholiques pourraient admettre, et que, en accord avec la théologie du "Process", je refuse toute "jésuslâtrie", laquelle me semble verser dans une forme d' idolâtrie.
Je serais donc heureux de recevoir le bulletin de la Correspondance unitarienne et même participer au culte mensuel, même s'il demeure pour moi assez éloigné de ce à quoi la liturgie de l'ancienne Église réformée de France m'avait habitué. Je suis un protestant libéral, ayant beaucoup de sympathie pour l'Eglise unitarienne de Transylvanie (j'aimerais d'ailleurs en connaître l' ordre du culte et la liturgie en général) et l' Eglise unitarienne de Boston (dont je possède le "Book of Common Prayer"), et que je reste, pour le moment, un membre détaché de l'ancienne ERF, ne sachant pas encore si je pourrai rejoindre statutairement la toute jeune EPUdF, laquelle me semble, comme la Fédération protestante de France, actuellement dominée (ndlr – excessif, tout au plus influencée) par les "évangéliques", dont je me sens, en toute franchise, très éloigné, théologiquement parlant. ».

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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 11:30

Article à la Une : Les principes de foi de l’Eglise unitarienne de Transylvanie, par Árpád Gazdag (janvier 2000), texte publié en anglais sur le site de l’Eglise unitarienne de Hongrie (lien) et traduit en français par Jean-Claude Barbier ; mis en ligne sur le site de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU, lien) le 9 mai 2012 à la rubrique « Eglise unitarienne de Transylvanie ».
Document : credo et profession de foi (lien), fêtes et cérémonies (lien) de L’Eglise unitarienne de Transylvanie, mis en ligne sur le site de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU, lien) le 9 mai 2012 à la rubrique « Eglise unitarienne de Transylvanie » (lien).
Information : deux publications récentes de la collection « Cahiers Michel Servet » (lien), avec les n° 17, juillet 2013 – « Filum Arianum, le fil d’Arius ; l’arianisme à travers les siècles vu par un protestant libéral » par Maurice Causse, théologien et historien ; et 18, août 2013 – « Baruch de Spinoza (1632 – 1677) » avec des articles de Michel Jas, Jean-Claude Barbier, Albert Blanchard-Gaillard et Gérard Mantion.
Message d’envoi le 24 novembre 2013 par Jean-Claude Barbier :
Ce mois de Noël, en célébrant la naissance de Jésus, les chrétiens se remémorent leur origine ; ils ont été en effet appelés chrétiens à Antioche par les Romains sur le nom de celui que les nouveaux adeptes désignaient comme étant le Christ, à savoir l’Oint que l’espérance messianique attendait : « C’est à Antioche que, pour la première fois ; les disciples reçurent le nom de ‘chrétiens’ » (Actes, 11, 25). De même, que nous soyons chrétiens unitariens ou unitariens-universalistes, remémorons nous aussi nos racines, à savoir la Réforme protestante anti-trinitaire du XVIème siècle.
C’est pour cela que nous consacrons ce mois-ci notre bulletin à notre Eglise historique, l’Eglise unitarienne de Transylvanie, fondée en 1568, la date de l’édit de tolérance de Torda, le premier de ce genre en Europe et bien en avance sur son époque. Soyons très fiers de nos origines : Dieu et la Vie qu’il nous a donnée, car nous sommes des croyants ; Jésus, notre maître spirituel dont nous voulons être les disciples ; et notre Eglise historique à qui va toute notre reconnaissance et pleine solidarité.

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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 10:45

Article à la Une : Lorsque les mariages religieux étaient sous condition, par Jean-Claude Barbier, mis en ligne dans la rubrique « l’accompagnement spirituel des couples » sur le site de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU) le 10 novembre 2013 (lien).
Bibliographie : Marie-Claire Weber-Lefeuvre, « Interroger sa foi. Du calvinisme au judéo-christianisme libéral » mis en ligne dans les Actualités unitariennes le  27 septembre 2013 (lien).
Informations : audience des sites unitariens gérés par la Correspondance unitarienne, par Jean-Claude Barbier, mis en ligne sur le site "Unitariens français" le 6 novembre 2013 (lien).
Libres-propos : Farida Adjoudj, Jean-Pierre Voulgre, Jean-Paul Yves Le Goff, Eric Lemaître
Documents : Council of Christian Churches within the Unitarian Universalist Association (CCCUUA) (lien).

Message d'envoi de Jean-Claude Barbier, le 10 novembre 2013 :

Suite à la décision de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU) prise lors de sa dernière assemblée générale, en juillet dernier, concernant une cérémonie religieuse nuptiale sous la forme d’une action de grâce et donc ouverte à toutes et à tous, nous continuons notre réflexion en constatant que, désormais, les Eglises conditionnelles ne sont plus incontournables, les couples pouvant s’adresser dorénavant à des Eglises plus libérales, plus ouvertes, disons moins pharisiennes ! C’est bien entendu un appel à tous ceux qui se retrouvent souvent bien seuls dans leur demande d’un accompagnement spirituel de leur couple et qui souhaitent une cérémonie religieuse. Qu’ils sachent qu’ils peuvent recevoir auprès de nous accueil et empathie quelque soit la situation particulière qu’ils peuvent vivre. Que chacun trouve place au sein de la Création de Dieu et qu’il n’y ait plus de discriminés.

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4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 16:25

Les anabaptistes sont des protestants radicaux du XVIème siècle qui considèrent que les réformes de Luther et de Zwingli sont trop lentes et timorées par rapport aux exigences évangéliques contenues dans les textes : ceux-ci affirment en effet la stricte séparation de l’Eglise et de l’Etat (rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu), le baptême demandé dans un acte de foi (et non le pédo-baptême imposé aux enfants), le pacifisme (ne pas porter d’épée, ne pas entrer dans les institutions militaire ou judiciaires – car les juges sont amenés à prononcer des condamnations à mort !).

 

Le théologien Conrad Grebel (1498–1526) a rejoint Ulrich Zwingli en 1521, à Zurich, et il y anime un cercle d’étude de la parole comprenant une quinzaine de personnes, mais le 10 janvier 1523, la rupture est consommée entre les deux hommes lorsque le réformateur confie l'autorité religieuse au Conseil de la ville de Zurich ; et, le 17 janvier, lorsque le Conseil décide d'exiler les parents qui attendaient plus de huit jours pour faire baptiser leurs enfants, visant précisément ce premier cercle d’anabaptistes. Le 21 janvier 1525, le Conseil des 200 sénateurs de la ville de Zurich somme Conrad Grebel et Félix Mantz de cesser leurs réunions. Le même soir, le cercle de Grebel se réunit à Zurich au domicile de la mère de F. Mantz. Georges Blaurock, premier prêtre marié dans le cadre de la Réforme luthérienne, demande alors à Grebel de le re-baptiser …
 

La Confession de Schleitheim (au nord de Zurich, en frontière avec l’Allemagne), rédigée en 1527, est le texte fondateur de ce groupe d'anabaptistes que l'on appelle les Frères Suisses. La Global anabaptist-mennonite encyclopedia online (GAMEO) estime que l'auteur en fut Michael Sattler. Elle comporte sept points, qui sont :
1 interdiction du baptême infantile
2 "meidung" : mise à l'écart du frère ou de la sœur -chrétien(ne)- "tombé(e) dans l'erreur". Ceux qui tombent dans le péché devraient être avertis deux fois dans le secret, mais au troisième délit ils devraient être excommunié(e)
3 "unité de cœur" lors de la Sainte Cène (comprendre que des exclusions ont précédé la communion)
4 séparation d'avec le Mal: comprendre une séparation complète d'avec toutes les institutions politiques et toutes les églises "de la multitude"(catholique et protestante)  ; interdiction de faire la guerre
5 nomination de pasteurs qui peuvent prononcer des admonestations et des exclusions
6 interdiction d'"user de l'épée", c'est-à-dire de participer à l'institution judiciaire à quelque titre que ce soit (juge, témoin, plaignant)
7 interdiction du serment

 

La répression s’abat sur les anabaptistes. Conrad Grebel est emprisonné fin 1525, parvient à s’enfuir en mars 1526 mais meurt de la peste en juillet ou août de la même année. Felix Manz est exécuté par noyade le 5 janvier 1527. En mars 1526, le conseil de Zurich signe un édit rendant le baptême d'adulte punissable de mort par noyade : de nombreux anabaptistes périront ainsi dans les eaux glacées du Lima.

 
anabaptists_1525-1550.png
Le mouvement connaît un bel essor aux Pays-bas, d’abord avec les Melchiorites en Frise, adeptes de l’Allemand Melchior Hoffman (1498-1543), lequel, venant de Strasbourg, re-baptisa quelques 300 adultes vers 1530-1531 ; puis avec le Frison Menno Simons (1496-1561) (dessin ci-joint) qui donna son nom aux mennonites. Il écrit La Résurrection Spirituelle en 1534, puis un pamphlet intitulé Le Blasphème de Jan van Leyden (Jean de Leyde, un prédicateur anabaptiste hollandais qui avait été baptisé en 1533), contre les anabaptistes fanatiques de Münster qui s’emparèrent de cette ville allemande (de mars 1534 à juin 1535) pour y établir une théocratie musclée visant à établir une « Jérusalem céleste » sur terre en commençant par exiler tous ceux qui ne voulaient pas obtempérer (en avril 1535, plusieurs centaines d’anabaptistes, inspirés par des messagers venus de la cité anabaptiste de Münster, avaient pris le monastère d’Oldeklooster, en Frise). Prêtre catholique, il quitte ses fonctions ecclésiastiques en janvier 1536 et se fait re-baptisé ; un an plus tard, il est ordonné ancien par le dirigeant melchiorite Obbe Philips. Il préconise une voie résolument pacifiste. En 1544, la régente de Frise expulse les Anabaptistes, mais tolère les Mennonites.

En 1693, Jakob Amman, un des principaux leaders de l'anabaptisme, en divergence théologique avec la branche suisse des Mennonites, fonde le mouvement Amish, dont une partie se retrouvera aux Etats-Unis où ils sont connus pour leurs communautés traditionnelles opposées à tout progrès techniques.

Le mouvement baptiste n’est pas en continuité historique avec ces communautés anabaptistes, mais il en reprend le baptême adulte en tant que témoignage volontaire et acte de croyant. John Smyth (1570-1612) était un pasteur anglican, ordonné en 1594 en Angleterre, mais peu de temps après il entra en dissidence. Il pensait que le vrai culte devait venir du cœur, que prier, chanter et prêcher devait être uniquement spontané et qu’il n’y avait pas besoin de lire la Bible durant le culte car la Parole de Dieu (inspirant directement le prêcheur) était plus importante. A ce rejet de la liturgie habituelle, il ajoutait une double direction à l’Eglise, avec le pasteur et le diacre. Il part en Hollande, à Amsterdam vers 1608-09 avec un groupe avec lequel il fonde la première église baptiste. Il se rebaptisa lui-même, avant de rebaptiser ses ouailles. Puis il se rapprocha des Mennonites et invita ses fidèles à le faire, ce que la plupart firent après sa mort. Toutefois son coreligionnaire et compagnon Thomas Helwys (1550- 1616) maintint l’identité baptiste qui est celle aujourd’hui de la dénomination General Baptist (baptistes ‘généraux’) et il ramène le groupe des restants en Angleterre en 1611-12, il y publia Une courte déclaration sur le Mystère de l'iniquité qui fait l’apologie de la liberté religieuse pour la première fois en Angleterre et pays de Galles.


Une première branche dissidente Particular Baptist (aujourd’hui les ‘Baptistes réformés’) se formera en 1638 à partir des dissidents d’une paroisse londonienne se référant aussi la prédestination calviniste. Elle se développera avec les confessions de foi de Londres de 1644 et 1689.


En 1639, Roger Williams (1603-1683), protestant non conformiste, permet l’installation de la première Eglise baptiste d’Amérique dans sa colonie du Rhode Island, en Nouvelle Angleterre. En 1689, l’Acte de Tolérance garantit aux baptistes la liberté religieuse, et, en 1707, ceux-ci s’installent à Philadephie. A partir du congrégationalisme américain (de tradition calviniste) et suite aux mouvements de réveil, des congrégations passent au baptisme (la même dynamique jouera en faveur de l’unitarisme à partir des années 1819). Ce sont les Baptistes ‘séparés’ (par rapport aux autres dits alors ‘réguliers’ de tradition ancienne). Des baptistes américains se réfèrent quant à eux aux ‘baptistes généraux’ et se nomment ‘les baptistes du Libre-arbitre’. L’influence calviniste se maintiendra toutefois avec les ’baptistes primitifs’ (en 1835), partisans de la prédestination et donc hostiles à tout effort missionnaire. Plus tard, en 1850, apparaîtra le mouvement ‘landmarkiste’ (de l’anglais landmark = borne), qui privilégie les communautés locales et qui condamne la collaboration avec les autres groupements chrétiens, l’Eglise baptiste étant à leus yeux la seule à pouvoir se réclamer d’une succession ininterrompue depuis le Christ !).


A partir de 1758, depuis la Caroline du Sud, c’est l’expansion fulgurante d’un baptisme revivaliste dans les Etats du Sud (avec en 1773, une première Eglise noire). La guerre de Sécession divisera les baptistes entre Nordistes et Sudistes : une Convention baptiste du Sud (Southern Baptist Convention) est fondée en 1845, approuvant la ségrégation, de sensibilité très fondamentaliste et très conservatrice. Les baptistes du Nord se trouvent en conséquence dans une Convention baptiste du Nord (la Northern Baptist Convention), devenue en 1972 l'American Baptist Church. A noter que Martin Luther King (1929-1968) appartenait à la Progressive National Baptist Convention qui, en 1970, rejoignit la Convention baptiste du Nord.


Les Noirs baptistes s’organisent avec en 1895 une fédération d’Eglises baptistes noirs (aujourd’hui la National Baptist Convention et la National Baptist Convention of America).


L’expansion mondiale baptiste est spectaculaire. William Carey (1761-1834) fonde en 1792, l’une des premières sociétés missionnaires, la Société missionnaire baptiste anglaise, et il implante des Églises en Inde. Les baptistes sont au Canada depuis 1830, en France dans la région de Douai au début du XIXème siècle, en Russie avec forte expansion en 1917-1927, etc.  Depuis 1905, existe une Alliance baptiste mondiale.


En France, les baptistes sont principalement regroupés au sein de la Fédération des Églises évangéliques baptistes de France (FEEBF) laquelle est membre de la Fédération protestante de France (FPF) ou au sein de l’Association évangélique d'Églises baptistes de langue française (AEEBLF) (France, Suisse et Belgique). Il existe également quelques Églises réformées baptistes, une Communion évangélique de baptistes indépendants (CEBI) et, depuis 2007, les Baptistes du Septième Jour.

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Published by Jean-Claude Barbier - dans sur les Réformateurs
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3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 11:50

article à la Une : De Michel Servet à Pascal Vesin, par Jean-Claude Barbier, mis en ligne dans la rubrique "la franc-maçonnerie / affaire Pascal Vesin" des Actualités unitariennes le 3 octobre 2013 (lien).

document : Lettre circulaire aux évêques de France et Outre-Mer (expédiée par voie postale les 3 et 4 juin 2013), lien, avec en copie la lettre précedemment envoyée à Mgr Boivineau, évêque d'Annecy (envoyée par voie postale le 30 mai), lien.

message d'envoi par Jean-Claude Barbier, le 3 octobre 2013 :

Ami(e)s de la Correspondance unitarienne
Avec le retour de la période estivale, nos sites tournent à plein régime ; pour les 6 blogs que nous gérons, nous avons eu au total, pour le mois de septembre, 284 visiteurs par jour, lesquels ont lu en moyenne journalière 512 articles. Nous vous rappelons que ces sites sont très bien répertoriés par les moteurs de recherche, par exemple Google : nos blogs de la Correspondance unitarienne (Actualités unitariennes, La Besace des unitariens, Etudes unitariennes) ou bien gérés par la Correspondance unitarienne pour le compte d’instances (Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens AFCU, Unitariens français – le site du Conseil des unitariens et universalistes français CUUF, Eglise unitarienne francophone EUfr). N’hésitez pas à vous inscrire à leurs Newletters (en colonne latérale « M’avertir des nouveautés ») afin de recevoir les articles directement dans votre messagerie, et parlez-en autour de vous !
La Correspondance unitarienne s’est engagée au nom du droit à la pluri-appartenance spirituel dans l’Affaire Pascal Vesin, prêtre catholique excommunié fin mai 2013 pour appartenance à une loge maçonnique. Nous vous proposons un manifeste à signer pour proclamer ce droit (lien).

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Published by La Besace des unitariens - dans CU les sommaires
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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 18:33

Parmi les protestants libéraux, le positionnement d’André Gounelle vis-à-vis de la Trinité est très largement apprécié. Par exemple, Jean-Pierre Voulgre sur Facebook, en écho à notre article sur ce positionnement (lien) « Je ne suis pas loin de la position de Gounelle. Je suis séduit par sa formule ‘le Dieu de Jésus’ ». Michel Jas, pasteur de l’EPU à Narbonne et ex président de l’association Evangile et Liberté, confirme lui aussi tout à fait cette façon de penser par des propos au sein du groupe « Protestantisme libéral » de Facebook (plusieurs messages spontanés du 23 septembre 2013).

 

Luca_Rossetti_Trinita_Chiesa_San_Gaudenzio_Ivrea.jpg

La Trinité représentée par Luca Rossetti da Orta (1738-1739), fresque de l'église St. Gaudenzio à Ivrea (Turin)

 

« Personnellement je suis dans la position théologique des anciens chrétiens désignés comme ‘ariens’, j'use de la formule ‘Père, Fils et Saint-Esprit’ comme des modes d'action et de révélation dans l'histoire, sans croire à l’éternité de la Trinité, spéculation ontologique insistant sur le ‘trois’ (mystérieusement rassemblé en ‘un’). Comme les ariens, les adoptianistes et les cathares, et avant eux les judéo-chrétiens et après eux les calviniens et les unitariens, je ne prie ni la Trinité, ni le Fils ... seulement Dieu-qui-est-Esprit, notre Père à tous ! ».


« Plus que par les formules liturgiques trinitaires des catholiques ou des orthodoxes (formules patinées par le temps), je suis gêné par les prières évangéliques adressées à ‘Jésus, ô Jésus, mon Jésus’ ... ou aux prières (comme celle du pasteur de l'Eglise presbytérienne francophone de Beyrouth, relayée par la Fédération protestante de France) qui commencent par s'adresser au Père et dire "toi qui a laissé venir à toi les enfants" (sans préciser "en Jésus") ou dire "toi qui est mort pour nous"; ce qui est à la fois trinitaire et comportent une erreur dans les personnes de la Trinité… ».


« Je préfère quand les luthériens, ou les barthiens ou les réformés "haute Eglise" prient "ô Christ" (parce que là on s'approche du concept divin) - mais je préféreraient qu'ils prient directement le Père (au nom du Fils et du Saint-Esprit) - que quand les evangelicals prient "ô Jésus", ou encore quand certains barthiens influencés par la théologie de la libération des années 70 ou 80 priaient : "Jésus" (sans que ce soit toutefois une prière, plutôt une référence littéraire à l'homme Jésus ; le "camarade" Jésus).


« Cela dit, merci à l'unitarisme de nous rappeler la valeur du monothéisme : parce que prier Dieu c'est se tourner vers une altérité-proximité qui échappe à nos dogmatiques (très trinitaires, peu ou pas du tout trinitaires) . Et c'est en cela que l'unitarisme peut nous aider au dialogue inter-religieux ou encore aux prières communes au sein ou à côté du même dialogue ! Shalom/Salam ».

 

ndlr - pour les unitariens, Dieu est simplement Dieu tout court, universel et pour tous, non appropriable ; il n'est ni le Dieu d'Abraham, de Jacob, d'Isaac et de Jésus, et n'a pas de prophète titularisé, incontournable, fut-il Jésus ou Muhammad. Il est présent et parle à chacun dans son intimité, à sa façon ... Bien entendu Jésus et les autres prophètes nous aident par leur façon dont ils ont vécu leur relation à Dieu, comme exemples, mais n'engagent qu'eux-mêmes dans la représentation qu'ils ont eu de Dieu et de son action.

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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 08:15

par  Lawrence M. F. Sudbury

Si l’islam contemporain est très marqué par le développement du radicalisme wahhabite, il n’en a pas toujours été ainsi et les pratiques furent très souvent beaucoup plus tolérantes qu’en Occident. Il en était ainsi, en ce qui concerne l’empire ottoman, à l’époque où l’édit de Torda fut proclamé en Transylvanie en 1568.


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En juillet 1540, le sultan Soliman le Magnifique apprend la naissance de Jean Sigismond, fils du roi de la Hongrie et voïvode de la Transylvanie Jean Zapolya et de sa femme Isabelle Jaggelon. Il envoie alors un représentant personnel qui veillera 24 heures sur 24 dans un angle de la pièce où se trouve la reine pour veiller sur elle et sur son enfant. C'est une décision avisée car le roi meurt deux semaines après. Sur son lit de mort, il donne instructions pour que son fils hérite de ses titres, en violation flagrante d'un accord précédent passé avec Ferdinand, frère de l'empereur Charles Quint, qui est lui aussi roi de Hongrie, contrôlant la seule partie habsbourgeoise (et à qui Jean Zapolya avait promis la réunification du royaume  à son bénéfice après sa mort). Ferdinand, constatant que la noblesse transylvaine suit le revirement de son souverain, passe à l’offensive et va jusqu'à assièger Buda (ndlr - ex partie de Budapest, rive droite). La ville résiste jusqu’en 1541, mais les troupes d’Isabelle sont sur le point de céder lorsque Soliman envoie une armée qui repousse les assiégeants et reprend le contrôle de toute la Basse-Hongrie. Les Turcs confirment le statut autonome de la Transylvanie sous leur protectorat. Etat tampon entre le catholicisme autrichien et l’islam ottoman, elle deviendra l’un des endroits les plus sûrs pour le développement du protestantisme en Europe.

Les ans passent et nous arrivons en 1568. Jean Sigismond est maintenant adulte et, sous l'influence de son chapelain de cour Ferenc David, il se montre favorable au protestants anti-trinitaires (ndlr - tout en restant officiellement de confession catholique) ; mécontents, les calvinistes suscitent de nombreux débats théologiques. Il convoque un concile à Torda et, à la fin des travaux, amplement dominés par David et l’italien Georges Biandrata, médecin à sa cour, il émet l'édit qui porte le nom de la ville. Celui-ci autorise un pluralisme religieux avec les cultes catholique et protestants (luthériens, calvinistes, anti-trinitaires), chaque congrégation ayant le droit de choisir son prédicateur et l’injonction de ne pas s’en prendre à ses biens et à sa personne en cas de désaccord. En pleine période d’une Contre-Réforme agressive, l’événement est notable et l’Eglise unitarienne de Transylvanie en fera la date de sa fondation.

En quoi l’islam ottoman fut il propice à cette tolérance religieuse ? Malheureusement, nous manquons de documents pour jauger de son influence, mais les frontières étaient assurément plus perméables que ne le croient encore de nombreux historiens ; à commencer par le cas de l'Andalus en Espagne entre les VIII et XV siècle. Erasmienne de longue date et humaniste, la reine Isabelle avait déjà, pendant sa régence (son fils étant mineur), promulgué une premier déclaration de tolérance, quoique plus limitée. C’est donc toute une cour qui était acquise à ces nouvelles idées.

Contrairement aux spécialistes ungaro-transylvaniens ou turcs d'aujourd'hui (par crispation nationaliste ?), des historiens anglo-saxon sont plutôt enclins à voir une influence ottomane dans ces événements. George Huntston Williams, par exemple, dans son "The Radical Reform", reconnaît l'impact possible de la diplomatie ottomane quoiqu’il suggère que celle-ci était simplement un simple instrument de politique visant à maintenir l’emprise de l’empire. En fait, la Sublime Porte faisait preuve de souplesse vis-à-vis des coutumes locales pas seulement pour des raisons de stratégie militaire. L'historienne du Moyen Orient Victoria Holbrook nous rappelle que : « Les Ottomans s’avéraient rarement capables d'inclure et de synthétiser les éléments culturels des territoires qu’ils conquéraient, mais ils étaient connus pour la mise en place de structures qui se conciliaient parfaitement avec celles avec lesquelles les gens avaient vécu avant leur arrivée et pour l'ouverture avec laquelle ils permettaient que chaque région choisisse son propre système de vie et croyances religieuses. ». Cela était aussi lié à l’étendue de l’empire. Pour les minorités religieuses, il existait un statut de protection, celui du « dhimmi » en échange d’une taxe (à vraie dire plutôt lourde !). Il n’est donc pas hasardeux de penser que la tolérance fût un trait distinctif de la politique ottomane et qu'elle résultait d’une certaine interprétation de l'islam. Il est connu, par exemple, que les Juifs trouvèrent dans l'empire ottoman un endroit extrêmement hospitalier, au point qu’une diaspora considérable se dirigea vers le Moyen-Orient pendant que l'antisémitisme grandissait dans toute Europe.

Pour dénigrer le développement de l’antitrinitarisme, l’historien calviniste Sándor Unghváry, soutient que « Ferenc David citait le Coran avec plus de plaisir et fréquence que la Bible » et le catholique Croze voit un rapport de filiation directe entre le monothéisme islamique et celui des unitariens ! C'est une histoire vieille (déjà plusieurs fois réfutées) qui trouve son origine dans cette conviction, typique du XVII et XVIII siècle, que la Réforme anti-trinitaire est une première étape vers une conversion à l'islam ; propre à Martin Luther, elle s'était développée avec l’islamophobie consécutive du siège de Vienne. Si Adam Neuser, théologien unitarien se convertit à l’islam, ce fut exceptionnel et parce qu'il était poursuivi pour hérésie. Il y eut cependant, plus qu’on ne le croit, des mariages mixtes dans la Hongrie du XVIème au XVIIème siècle, si bien qu’à la fin du XVIème siècle on établit que les fils devaient suivre la tradition du père et les filles, celle de la mère ! Berkes Niyazi, dans son étude excellente sur le laïcisme turc, signale le cas d’unitariens transylvains qui, persécutés par les Habsbourgeois, trouvèrent refuge – et parfois prospérité en terres ottomanes et accès à d’importantes charges publiques.

Le 24 août 1548, les autorités catholiques locales de Tolna demandèrent au représentant du pacha de Buda de sévir contre le protestant hongrois Imre Szigeti. La réponse fut alors négative et le représentant rappella que le pacha avait émis un "édit de tolérance" : "aux prédicateurs de la foi inventée par Luther il doit être permis de prêcher l'Évangile partout et à tous ceux qui veulent les écouter, librement et sans peur, et que tous les Hongrois et Slaves doivent être aptes à écouter et accueillir le mot de Dieu sans que quelqu’un ne soit en danger, parce que celui-ci (ce mot) est le commandement de la vraie foi chrétienne.". A noter que cet édit de 1548 affirme la liberté de conscience et fait le lien entre la vraie foi et l’écoute libre. En 1568, l’édit de Torda se situe donc à la suite d'édits précédents de tolérance.

Ferenc David pouvait-il connaître ce texte de 1548 ? Comme David (et à la même période), Imre Szigeti avait été étudiant hongrois à Wittenberg et, dans une lettre à Mathias Flacio – lequel était connu aussi de David – , Szigeti évoque cet édit du Pacha. Cet édit était bien connu et en vigueur. En 1574, en Basse-Hongrie, deux prêcheurs défenseurs de la cause anti-trinitaire furent persécutés pour hérésie de la part des autorités locales et l'un d'eux, George Alvinczi, fut mis à la mort sur ordre d'un surintendant calviniste ; des unitariens influents s'adressèrent au Pacha de Buda pour demander justice ; celui-ci déclara l'exécution inhumaine et il ordonna que le surintendant et deux des siens furent mis à mort, mais la sentence ne fut toutefois pas exécutée suite à l’intervention pacifiste d’un prêcheur unitarien de Pécs (ndlr - bourgade en face de Buda, sur la rive gauche du Danube, qui incluse depuis à Buda donna le nom de Budapest)

La politique et le système juridique ottoman ont indéniablement joué en faveur de la Réforme. Entre 1550 et 1570, les protestants en terre hongroise, directement ou indirectement gouvernés par les Ottomans, purent tenir leurs débats doctrinaux et faire face à la Contre-réforme.

Références bibliographiques :

1950 - R. Gibb, H. Bowen, Islamic Society and the West, Oxford University Press.
1952 - E. M. Wilbur, A History of Unitarianism in Transylvania, England, and America, Harvard University Press.
1964 - N. Berkes, The Development of Secularism in Turkey, McGill University Press.
1982 - Braude, B. Lewis, Christian and Jews in the Ottoman Empire : The Functioning of a Plural Society, Hokmes and Meirer.
1983 - J. F. Cadzow, A. Ludanyi, L.J. Elteto, Transylvania -The Roots of Ethnic Conflict, Kent State University Press.
1989 - S. Unghváry, The Hungarian Protestant Reformation in the Sixteenth Century under the Ottoman Impact, The Edwin Mellen Press.
1989 - P. F. Sugar, Southeastern Europe Under Ottoman Rule, 1354-1804, University of Washington Press.
1991 - Ali, P., & Bayerle, G., The Hungarian letters of Ali Pasha of Buda, 1604-1616. Budapest : Akadémiai Kiadó.
1992 - G. Huntson Williams, The Radical Reformation, Sixteenth Century, Journal Publishers.
1996 - K. Péter, Tolerance and Intolerance in Sixteenth Century Hungary, Cambridge University Press.
2000 - G. Murdock, Calvinism on the Frontier : 1600-1660, Oxford University Press.
2003 - V. Holbrook, Islam : Empire of Faith, BBS.

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Published by Lawrence M. F. Sudbury - dans (hist) DAVID Ferenc
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23 septembre 2013 1 23 /09 /septembre /2013 16:37

André Gounelle est professeur de théologie émérite à la Faculté libre de théologie protestante de Montpellier et membre de l’Association Evangile et Liberté.

André Gounelle s’est intéressé dans les années 1990 à l’Eglise unitarienne de Transylvanie et à son fondateur, l’évêque Ferencz David, mais il ne s’est jamais dit unitarien et n’a pas été séduit par le style de ce dernier, meilleur orateur qu’écrivain, ni par la finesse de sa théologie (indépendamment du contenu). Son admiration va à Sébastien Castellion et non à Michel Servet.

Fidèle à la tradition protestante, il s’en tient aux textes du Nouveau Testament lesquels affirment les trois figures que sont le Père (le Dieu créateur, le Notre Père), le Fils (Jésus qui se disait « fils de l’homme » et plus rarement « fils de Dieu ») et l’Esprit. Figures ternaires bien loin (encore) du dogme trinitaire qui, lui, affirment que ces trois figures (tout en restant distinctes !) sont une seule et même personne, Dieu ; théologie que les grands conciles œcuméniques élaboreront à partir de celui de Nicée en 325 non sans rencontrer beaucoup de résistances … et de dissidences ! « En résumant et en simplifiant à l’extrême, ils déclarent que Dieu est une essence ou une substance unique en trois personnes ou instances distinctes. On ne peut ni séparer ni confondre le Père, le Fils et l’Esprit ; ils sont à la fois identiques et différents. » (2).
Pour lui, Jésus n’est pas Dieu. « À cette question, pour ma part, je réponds : « Non ». Je crois que Dieu se rend présent et agit en Jésus de Nazareth, qu’il me rencontre et me parle à travers lui, mais pas que Jésus soit Dieu. Si, pour moi, il y a du divin en Jésus, il n’est pas lui-même divin ; il est uniquement (mais exemplairement) humain.
L’autre et l’intime - On trouve dans le Nouveau Testament deux séries d’affirmations. La première suppose une étroite proximité et une union entre Dieu et Jésus, la seconde une distance et une différence. D’un côté, Jésus dit : « Moi et le Père, nous sommes un » (Jn 10, 30), « qui m’a vu a vu le Père » (Jn 14, 9), « le Père est en moi » (Jn 10, 38). De l’autre, il déclare : « Celui qui croit en moi croit non pas en moi, mais en celui qui m’a envoyé » (Jn 12, 44), « le Père est plus grand que moi » (Jn 14, 28), « pourquoi m’appelles-tu bon ? Personne n’est bon, si ce n’est Dieu seul » (Mc 10, 18).
Jésus parle de Dieu comme d’un être distinct, qui se situe au-dessus de lui, qui l’a envoyé, lui a donné une mission, auquel il obéit (« que ta volonté soit faite, non la mienne », Lc 22, 44) et qu’il prie. Il met ainsi l’accent sur l’altérité et la supériorité de Dieu. Mais Thomas, en présence du Ressuscité, lui dit « mon seigneur et mon Dieu » (Jn 20, 28).
On pourrait sans peine multiplier les citations et il faudrait longuement discuter de la portée de chacune d’elles. Prises en leur ensemble, elles suggèrent une relation entre Dieu et Jésus qui conjoint une profonde intimité avec une altérité irréductible » (4).

Cependant, toujours fidèle au protestantisme protestant, il estime que les formules dogmatiques sont élaborées à une époque historique ; elles sont donc à réactualiser, mais n’en restent pas moins porteuses de sens.
« À la différence de beaucoup d’unitariens et de libéraux, je ne vois pas dans la doctrine trinitaire un tissu d’absurdités. Elle ne manque ni d’intérêt ni de valeur.
D’une part, pour faire comprendre ce qu’est ou qui est le Dieu chrétien, elle utilise les catégories de la pensée philosophique du monde hellénistique. Les Conciles ne disent pas la même chose que le néoplatonisme dominant à leur époque, mais ils se servent de son vocabulaire, de ses notions, de ses analyses. Cette tentative d’adaptation à la culture du monde ambiant me semble louable en son principe. Il y a là un exemple à imiter. Au lieu de répéter des formules qui appartiennent à un autre temps (comme celles des anciens conciles), nous devrions nous efforcer, nous aussi, de dire l’Évangile dans le langage de notre époque.
D’autre part, des intuitions justes s’expriment dans cette doctrine. Ainsi, pour le croyant, Dieu est puissance (je ne dis pas « toute-puissance » qui n’est pas un concept biblique), ce qui correspond à la première personne de la Trinité, symbolisée par la figure du Père, créateur et providence. Dieu est également sens, ce qui correspond à la deuxième personne de la Trinité, associée à la sagesse ou au Logos (qui veut dire parole raisonnée) et symbolisée par la figure du Fils. Et surtout Dieu est l’unité de la puissance et du sens ; il n’est pas une puissance dépourvue de sens ni un sens dépourvu de puissance, ce qui correspond à l’Esprit, dont on dit classiquement qu’il est l’union du Père et du Fils.
Comme l’écrit A. Schweitzer, pourtant plutôt critique à l’égard des doctrines classiques, « le dogme de la Trinité touche à des réalités profondes, auxquelles nous restons sensibles.
Ce que je refuse :
Si je discerne dans la doctrine trinitaire des intuitions et des visées que je crois justes, en revanche je trouve ses formulations peu convaincantes, parfois maladroites, et dangereuses. Je lui reproche d’avoir transformé une expérience de foi vécue en une spéculation ontologique alambiquée, vaine et incompréhensible pour le monde moderne.
  Cette doctrine propose une interprétation à mes yeux défectueuse, parmi d’autres également discutables (mais quand même moins), du témoignage du Nouveau Testament. Je ne crois pas que ce soit la meilleure possible, tout en admettant qu’on puisse en juger autrement et y tenir. Je fais mien ce qu’en écrivait un humaniste du XVIe siècle, Castellion, ancêtre du protestantisme libéral, qui n’estimait guère cette doctrine : « Si je pouvais [la] défendre, je le ferais. Mais je dois confesser franchement que je ne puis. Si quelqu’un le peut, je l’approuverai de le faire [...] Si certains possèdent un esprit assez aigu pour saisir ce que moi et ceux qui me ressemblent ne saisissons pas, tant mieux, je n’en suis pas jaloux. »
On ne doit ni rendre obligatoire la doctrine trinitaire ni l’exclure (ce serait tomber dans une intolérance et une rigidité dogmatique à rebours de celles d’une certaine orthodoxie, mais de même nature). Je n’en demande pas la suppression, je souhaite seulement qu’on accepte aussi d’autres options.
Après ce rapide historique, j’en viens à ma position personnelle.
Je respecte, même si je pense qu’ils ont tort, ceux qui voient dans la Trinité une expression ou interprétation convenable du message du Nouveau Testament. En revanche, parler du « Dieu trinitaire » ou de « Dieu Père Fils et Esprit » me paraît une grave erreur. On touche là à l’inacceptable. En effet, on identifie une formulation ecclésiastique et une définition théologique avec la révélation divine. On confond l’être de Dieu avec notre discours sur Dieu, ce qui fait de ce discours une idole. Aucune doctrine ne doit prétendre « enclore » Dieu. Il serait si simple et si juste de parler tout simplement du « Dieu de Jésus » (2).

eglise_lutherienne_de_la_trinite_boulevard_Vincent-Auriol.JPGLa fusion avec les luthériens de France n’est pas sans poser problème à André Gounelle. Alors que l’Eglise réformée de France (ERF) avait, en 1938, adopté une « déclaration de foi » ne mentionne pas expressément la Trinité * et qu’en 1961, lors de l’Assemblée OEcuménique de New-Delhi, avec la Fédération des Églises Protestantes de Suisse, elle avait exprimé leur refus d’obliger pasteurs et fidèles à souscrire à ce dogme, les luthériens en sont au contraire partisans. Plusieurs Eglises locales de la toute jeune Eglise protestante unie de France, dans l’enthousiasme de l’union, ont adopté une formulation pro-trinitaire.
* En 1938, l'Église Réformée de France est née d'un accord entre quatre Églises Protestantes. Cet accord s'est scellé grâce à une Déclaration de Foi qui fait partie des textes constitutifs de l'Église Réformée de France et qui est toujours en vigueur (on la lit au début de chaque Synode régional et national). Cette Déclaration de foi ne mentionne nulle part directement et explicitement la trinité. Toutefois, elle « affirme la perpétuité de la foi chrétienne, à travers ses expressions successives, dans le Symbole des Apôtres, les Symboles œcuméniques, et les Confessions de foi de la Réforme, notamment celle de La Rochelle ». Si le symbole dit des apôtres est plus ternaire que trinitaire, les autres textes mentionnés affirment très nettement la trinité. (1)

photo : temple luthérien "La Trinité", n° 177, boulevard Vincent-Auriol, Paris, XIIIème

 

L’auteur met alors en garde :
« À l’assemblée générale de ma paroisse [Montpellier], lors du vote pour l’Église Protestante Unie, je me suis abstenu. Avec regret et tristesse, car l’union entre luthériens et réformés me paraît une excellente chose. Malheureusement, le texte qui nous était présenté contenait une allusion, à mes yeux équivoque, à la Trinité ; de plus, mais c’est une autre histoire, il insistait sur la soumission non pas à Dieu, mais aux autorités ecclésiastiques, ce qui m’a inquiété. Si dans les textes à venir de l’Église Protestante Unie, il est question du « Dieu trinitaire » ou du « Dieu Père Fils et Esprit » ou encore du « Dieu triun », je n’y adhérerai pas ou j’en sortirai. Pour la première fois de ma vie, je serai « hors Église » – mais pas hors communauté croyante. » (2).

Vers une christologie néo-nestorienne ? Dans son dernier texte sur la Trinité, l’auteur sympathise avec la position suivante, sans pour autant exclure d’autres approches pouvant être elles aussi intéressantes (toujours l’extrême prudence du protestantisme libéral !) : « De même en Jésus Christ, l’humanité et la divinité sont reliées l’une à l’autre, la première conduit à la seconde, mais sans aucun mélange ; il y a des choses qui appartiennent à Dieu et non à Jésus (ainsi la connaissance du jour où aura lieu la fin, Mt 24,36) ; d’autres appartiennent à Jésus et non à Dieu (c’est Jésus et non pas Dieu qui est tenté). Ici, on considère que Marie est mère de l’homme Jésus, pas de Dieu ; que berceau et langes sont ceux du bébé Jésus, pas de Dieu ; et qu’à Golgotha, c’est Jésus qui meurt, pas Dieu. On ne prie pas Jésus (ce serait de la « jésulâtrie », idolâtrie de l’homme Jésus), on prie Dieu au nom de Jésus. Jésus n’est pas Dieu, mais l’homme en qui Dieu se révèle. » (4)

Paradoxalement, nous ne sommes pas loin non plus d’une autre position, cette fois-ci catholique libérale et humaniste : une part de Dieu en Jésus, qu’il y aurait aussi en chaque homme, dans une dynamique d’Incarnation …( lien).

textes d’André Gounelle :
(1) « Trinité et Dieu trinitaire », Évangile et Liberté, juin 1993 (lien).
(2) Evangile et Liberté, n° 269, mai 2013, rubrique « Questionner », À propos de la Trinité (lien) ; et (3) le commentaire de Marc Pernot, pasteur à l’Oratoire du Louvre « D’importantes réserves d’André Gounelle vis à vis des statuts de l’EPUF (Eglise Protestante Unie de France) », 3 mai 2013 (lien).
(4) Jésus est-il Dieu ? article paru dans Évangile et Liberté de septembre 2013 (lien).

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Published by Jean-Claude Barbier - dans sur le protestantisme libéral
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23 septembre 2013 1 23 /09 /septembre /2013 11:22

valentine_zuber_portrait.jpgA l'occasion de la présentation de son dossier d'habilitation à diriger des recherches prévue le 9 octobre 2013, nous avons récapitulé les travaux de l'historienne Valentine Zuber sur Michel Servet dans la rubrique des Actualités unitariennes consacrée à de dernier (lien).

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Published by La Besace des unitariens - dans (hist) SERVET Miguel
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19 septembre 2013 4 19 /09 /septembre /2013 11:44

Sébastien Castellion par ferdinand buisson 1892« En quoi la liberté religieuse, chez Sébastien Castellion (1515-1563), définie comme une possibilité à l’hérésie, offre-t-elle des perspectives à une religion non-dogmatique ? », conférence de Philippe Fromont, pasteur de l’Eglise protestante unie d’Alès, lors de la journée des groupes Evangile & Liberté de Barbentane (Avignon) du 20 août 2013, mis en ligne sur le site d’Evangile et Liberté sous le titre De la liberté religieuse chez Sébastien Castellion à une religion non-dogmatique,  lien.

 

Non seulement S. Castellion protesta contre la condamnation à mort de Michel Servet dont Jean Calvin fut l'inquisiteur, mais il mena une réflexion théologique de grande qualité sur le droit à l'erreur (s'appuyant sur la parabole de l'ivraie) et au doute, sur la notion d'hérésie et de vérité théologique, sur la sincérité morale plus importante que les points de doctrine, sur le subjectivisme sectaire des guerres de religion, etc. Alors que la doctrine de J. Calvin a sombré très tôt dans le passé historique et dans le ridicule d'une prédestination qui fait de Dieu un tyran arbitraire, les textes de S. Castellion restent étonnamment modernes. De toute évidence, bien mieux que Martin Luther, Ulrich Zwingli et Jean Calvin, c'est assurément la grande figure du protestantisme du XVIème siècle. Les unitariens y ajouteront bien sûr celle de David Ferencz, grand orateur mais malheureusement moins bon écrivain ! qui fut le fondateur et premier évêque de l'Eglise unitarienne de Transylvanie.

 

Son intuition d'un christianisme non dogmatique, plus centré sur les vertues humaines et évangéliques, annonce des évolutions qui fleuriront beaucoup plus tard. D'abord, avec le protestantisme libéral qui relativise la dogmatique : a) les dogmes ne sont que l'expression de la foi à une époque donnée, donc susceptibles d'une reformulation lors de synodes ; il ne sont pas absolus dans leur énoncé ; b) ils ne sont pas tous à mettre au même niveau, l'adhésion à Dieu, au Fils et au Saint-Esprit est plus importante que des affirmations relatives à la Trinité, à la Rédemption, au Salut, etc. ; c) la liberté de penser implique le droit à l'erreur, à la recherche, au doute ; la sincérité est plus importante que des confessions de foi communautaires prononcées sans adhésion réelle ; c'est la personne dans son itinéraire spirituel et religieux qui est à prendre en considération et non ses croyances à un moment donné.

En France et pays francophones vosins, c'est l'association et revue Evangile et Liberté qui représente ce courant ( lien).

 

Le protestant libéral Ferdinand Buisson et ses amis ont, en 1859, formaliser d'une façon radicale cet espoir d'une religion qui ne serait plus dogmatique et donc ouverte à tous les hommes de bonne volonté (voir son manifeste,  lien, et nos articles sur lui dans la rubrique "sur le protestantisme libéral" de La Besace des unitariens,  lien). On retrouve, mais cette fois ci mise en pratique, les orientations de ce manifeste dans l'évolution de l'unitarisme américain à partir de la fin du XIXème siècle, d'abord ouvert aux non-croyants vertueux, pratiquant de fait les vertus évangéliques, puis à tous les autres croyants et convictionnels avec l'unitarisme-universalisme ( lien).

 

Enfin, nous pouvons constater que le courant évangélique indépendant (non rattaché aux Eglises de la Réforme ou à une Eglise confessionnelle), paradoxalement par rapport à son prosélytisme harcelant et ses exhortations répétées qui confinent à du bourrage de crâne, pratique une grande liberté de penser, d'expression, d'exégèse, en dehors d'un noyau dur de croyances : Dieu, Jésus Fils de Dieu qui nous sauve par sa mort rédemptrice et sa résurrection, l'Esprit Saint qui nous inspire et nous guérit (lien).

 

Tout récemment, notons le lancement à Milan en Italie d'une Communauté chrétienne libérale interdénominationnelle (« Comunita’ Italiana Cristiano-Liberale Interdenominazionale» / CICLI ) par le révérend unitarien Lawrence Sudbury, dont les statuts centrés sur l'éthique et la morale auraient certainement ravi S. Castellion (lien).

 

Par sectarisme, S. Castellion entend les Eglises qui enferment les personnes dans une dogmatique qui a réponse à tout, touche à tout, impose les idées de son magistère et clame à l'hérésie pour tout écartement de la voie fixée par elle-même (donc d'une façon toute humaine nous rappelle-t-il !). On peut penser en premier à J. Calvin avec son Institution chrétienne qui est un catéchisme total, mais aussi bien sûr à l'Eglise catholique romaine qui pinaille sur tout et dans les moindre détails, et aussi aux Témoins de Jéhovah qui, à partir de citations bibliques, ont construit une exégèse officielle.

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Published by Jean-Claude Barbier - dans sur les Réformateurs
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