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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 16:32

L'édit de Tolérance qui accorde aux protestants les droits civils, grâce à la diligence de Malesherbes, ne date que de 1787.

ndlr - Chrétien-Guillaume de Lamoignon de Malesherbes, né le 6 décembre 1721 à Paris, De 1787 à 1788, il est membre du Conseil d’En-haut. Il propose des réformes mais il n’est pas écouté. À l'instigation de Louis XVI, il publie cependant en 1785 un Mémoire sur le mariage des protestants, puis fait adopter en 1787 l'édit de Versailles qui organise l’Etat civil des non-catholiques, initiant ainsi un début de reconnaissance de la pluralité des confessions.

 
La Déclaration des droits de l'Homme fut mise au programme de la première Assemblée nationale française plusieurs jours avant la prise de la Bastille le 14 juillet, et complètement votée au mois d'août 1789. Mais on ne prête pas assez d'attention à une image hautement symbolique : tous les tableaux d'époque représentant la Déclaration de 1789 sont à l'image classique des Tables de la Loi de Moïse. Les protestants de France n'ont pas été les derniers à oublier la signification de ce symbole, et pour plusieurs raisons qu'il conviendra d'examiner.


moise_et_les_tables_de_la_loi_inscriptions_hebraiques.jpg
Le premier président de l'Assemblée nationale est l'ancien pasteur du "Désert" Rabaut Saint-Etienne. Or l'image symbolique du protestantisme de France était celle des Tables de la Loi, et elle l'est restée au moins jusqu'à la fin du XIX°siècle. La croix, en tant qu'image, était celle de la persécution, celle qu'on présentait aux condamnés au moment du supplice, pour leur offrir une chance de sauver leur âme. Les choses ont progressivement changé à partir de 1890 sous l'influence luthérienne. Il va de soi que nos précisions n'ont nullement pour objet de contester cette évolution. Avant la Seconde guerre mondiale, un insigne des Tables de la Loi, porté à la boutonnière, désignait une personne juive.


On a donc oublié que les temples protestants de France, au-dessus ou à côté de la chaire pastorale, portaient l'image et les paroles du Décalogue, et cela en accord avec la liturgie qui commençait par la lecture du Décalogue (Exode 20) : Je suis l'Eternel ton Dieu qui t'ai fait sortir du pays d'Egypte, de la maison de servitude. / Tu n'auras pas d'autres dieux devant ma face, etc. Dans le patois de Canaan, surnom donné par l'humour protestant à sa propre légende, l'Egypte, ou Babylone, désigne l'Eglise catholique. Israël désigne les protestants, et ceux-ci attendront l'Affaire Dreyfus pour voir un quelconque parallélisme entre les persécutions qu'ils ont subies, et la situation des Juifs.


Cela dit, la Loi, comprise non comme une oppression mais comme symbole de la liberté, induira un réel parallélisme moral, ressenti dans la société, alors qu'il ne se traduisait pas dans la théologie. La Loi, rempart des Libertés, ce principe fondamental de morale civique éclate dans le livre du pasteur Samuel Vincent plusieurs fois réédité, 1820, 1829, 1860, De l'Etat du protestantisme en France.


La Déclaration de 1789 ne représente rien moins que les Nouvelles tables de la Loi, données non seulement à un peuple, mais à l'Humanité entière, avec la libération des esclaves, revendiquée par Jaucourt dans l'Encyclopédie. Et cet idéal de la Révolution par les Lumières déborda vers l'Allemagne rhénane, avec ces écriteaux sur les frontières : “Ici commence le pays de la Liberté !

 

Hélas ! Combien sont morts sous la Terreur ! Malesherbes dont l'enquête avait aboutie à l'édit de Tolérance. Guillotiné. C'est lui qui avait interdit aux curés de porter sur les actes de baptêmes des protestants des notices infâmantes. Louis XVI, passionné des sciences modernes, montant sur l'échafaud, demandait encore des nouvelles de Monsieur de La Pérouse. Rabaut Saint-Etienne, guillotiné pour avoir pris la défense du roi publiquement. Non qu'il contestât les contacts le Louis XVI avec l'empire autrichien, mais parce que son exécution serait illégale. En effet, la Constitution disait que La personne du Roi était inviolable. On pouvait l'exiler, changer la Constitution, mais non pas créer un tel précédent à la rétroactivité des lois. Après le roi, il y eut la reine, qui n'était peut-être pas à la hauteur des circonstances. Mais on ne lui laissa pas le choix de son avocat. Aujourd'hui encore, des avocats estiment que, par leur uniforme, ils portent son deuil. Elle aussi aura, sur l'échafaud, ce geste d'imprévisible dignité qui sied à la Première dame de France : Ayant par mégarde trébuché sur les pieds du bourreau : Faites excuse, Monsieur le Bourreau, je ne l'ai pas fait exprès.


Après ces excès, Napoléon "rétablira l'ordre". On sait ce qu'il en advint, et il ne manque pas d'éminents défenseurs dans le procès jamais clos de l'Histoire. Mais l'oeuvre des Lumières en subit des amputations majeures. Non pas les mathématiques, ni les sciences, mais tout l'édifice d'indépendance intellectuelle et théologique qui avait pu s'appuyer sur leur floraison. La Trinité reprit son pouvoir, avec le symbole d'Athanase, et certains qualifièrent même ce mouvement d'évangélique.

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Published by Maurice Causse - dans sur l'arianisme
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