article paru dans la rubrique "bibliographie" du bulletin de la
Correspondance unitarienne, n° 96, octobre 2009.
Vincent Schmid, 2009
– Michel Servet, du bûcher à la liberté de conscience. Paris, Editions de Paris, collection " Bibliothèque protestante ", paru en janvier, 174 p., 18
euros
La fin tragique de Michel Servet marque les prémisses de la liberté de conscience. C'est à ce cheminement que
s'attache l’auteur, cheminement qui passe par Castellion préconisant la séparation du religieux du pouvoir séculier, par Bayle et le droit à la conscience errante, par Spinoza, Locke, Turrettini
et les Lumières. Sa réflexion reste d'actualité dans une époque marquée par le retour massif du religieux. Plus que jamais, il est nécessaire que les croyants se donnent les moyens de penser
positivement l'hérésie comme une marge indispensable à la foi (présentation de l’éditeur).
Deux autres livres, qui nous sont présentés par l’Institut des études sijenenses "Miguel Servet"
José Luis Camino Roca (Dr), 2009 – La Filosofia : Medicina des Alma (12 reflexiones) / La philosophie : médecine de l’âme (12 réflexions),
publié en mai 09, La Busca Edicions SL, Barcelone, 16 euros.
L’auteur est conseiller de l’Instituto de Estudios Sijenenses Miguel Servet, président de l’Asociación Catalana de Análisis Transaccional (ACAT), et professeur de Théorie et
d’Histoire de l’Education à l’Université de Barcelone.
Dans les pages 103-106 de son livre, il traite de la conception de Michel Servet à propos de la période de la Renaissance. Il remarque que ce dernier a subi l’influence de Guillerme de Ockham, philosophe nominaliste, pour qui les substances n’existent pas dans la réalité, sinon sous la forme d'individus ou d'entités, chacun avec sa substance particulière et indivisible. Par conséquent, pour M. Servet, Dieu a une unité de substance et individuelle, de laquelle on peut déduire, entre autres, que cette unité ne peut pas être composée de trois personnes (le Père, le Fils et le Saint-Esprit). S'il y a trois substances, il existe donc trois personnes, et ainsi trois " dieux ". Pour M. Servet, les trois composantes de la Trinité sont en fait les différentes formes de manifestation d'un Être unique et absolu.
Mis en ligne le 2 juillet 09 dans les Actualités unitariennes sous le titre "Dieu selon Michel Servet"
Sergio Carletto et les éditions Graziano Lingua (Turin),
Logos o uomo ? Testi antitrinitari di Michele Serveto e Fausto Sozzini, L'Arciere : Dronero 2009, 210 p., 20 euros.
L’auteur, universitaire italien (université de Salerne – Salerno en italien) et conseiller titulaire de l'Instituto de los estudios sijenenses Miguel Servet à Villanueva de Sijena
(Aragon), vient de traduire les pamphlets anti-trinitaires de Michel Servet en italien : De Trinitatis erroribus (1531) et Dialogorum de Trinitate libri duo (1532). Le livre a été publié
conjointement par les éditions Graziano Lingua de l’université de Turin, l’Institut Miguel Servet et l’auteur lui-même. Durant toute une semaine, l’auteur a, l’année dernière,
consulté la bibliothèque de cet institut.
la photo de couverture du livre est celle de la statue de Michel Servet à Vienne (France).
Ce travail s’inscrit dans un programme consacré à Georges Biandrata (1516-1588),
anti-trinitaire italien né à Saluzzo (au sud de Turin), coauteur avec le Hongrois David Ferencz de De Falsa et Vera Unius Dei (Alba Iulia 1568). Il s’agit de cerner
l’influence de Michel Servet sur cette œuvre transylvaine.
Dans cette perspective, l’auteur a également traduit en italien (en parallèle avec la transcription latine) le livre que Faust Socin (Fausto Sozzino) a écrit durant son bref exil
en Suisse, entre 1562 et 1563 : l’Explicatio primi capitis Iohannis. Ce livre a été édité en 1656 par les Remonstrants hollandais, dans le cadre de la Bibliothèque des Frères
polonais (Biblioteca Fratrum Polonorum). Il s’inspire de l’interprétation anti-scolastique que fit Lelio Socin, juriste et oncle de Faust Socin décédé à Zurich en 1561 et
dont Faust Socin hérita des écrits, du Prologue de Jean. Les œuvres des Socin représentent une inflexion importante dans le développement de l’anti-trinitarisme du XVIème siècle et
prennent en quelque sorte le relais du Christianismi restitutio (1553) de Michel Servet pour les siècles suivants.
Le professeur Sergio Carletto est également auteur de Biandrata : Trinità o
Anticristo (14,50 eur) et Cristianesimo senza Roghi (14,50 eur). Mis en
ligne le 3 juillet 09 dans les Actualités unitariennes, sous le titre "Michel Servet et Faust Socin en italien".

Ne fut-il pas plutôt un médecin, un humaniste et ... presque un réformateur ?
Ce monument d’Annemasse, érigé en 1908, est dû à
l’initiative d’un comité local "Michel Servet" qui bénéficia du soutien de personnalités radicales et franc-maçonnes : Edouard Herriot, maire de Lyon, Fernand David, député de Haute-Savoie, etc.
Ce comité acheta la sculpture d’une artiste genevoise, Clotilde Roch, dont Genève avait refusé. Ce fut, au dire de la municipalité d’Annemasse, le "
" Michel Servet en France, l’exil forcé d’un penseur aragonais "
par Juan Antonio Cremades Sanz Pastor, édité par la Justicia de Aragon (dans la collection de cet institut "El Justicia de Aragón"), avec un prologue de D. Fernando
García Vicente, titulaire de cette institution.
Présentation du livre
par l’éditeur
Lors du Congrès international que l’Institut des études sijenenses " Miguel Servet " organisa fin 2004, le cinéaste allemand Oliver
Eckert
Le scan de l'original latin de la Christianismi Restitutio de Michel Servet (1553) est désormais disponible sur
Au moins une fois chaque année, vers la fin du mois
d’octobre afin de commémorer le martyre de Michel Servet en date du 27 octobre 1553 et à l’occasion de visites internationales à la Maison natale de ce dernier, les cloches de l’église de
Villanueva de Sijena, en pays Aragon, sonnent le glas funèbre, relayées ensuite par une musique traditionnelle du coin.
"
1511, naissance de Michel Servet à Villanueva de Sijena
(Aragon).
Aléandre
" Dans son traité De
Trinitatis erroribus, Michel Servet se propose de mettre en lumière l’enseignement originel de la Bible sur le Christ. Grâce à sa connaissance de l’hébreu et du grec, il lit et cite le Livre
saint dans le texte, et confronte les dogmes de la religion et les spéculations de la scolastique aux textes fondateurs du christianisme. Le dogme de la Trinité, établi au IVè siècle, lui paraît
devoir être révisé à la lumière de la critique textuelle, de l’histoire et du relativisme scientifique. Il s’inspire de Tertullien, d’Irénée, et des Pères proches des Apôtres pour faire une
satire plaisante des abus de la gnose et des non-sens auxquels la scolastique est amenée par la passion de " philosopher ". Il analyse l’évolution sémantique à laquelle est dû le
glissement qui fait de persona, masque de l’acteur, rôle, personnage, l’équivalent de res, être. Ainsi démontre-t-il que la Trinité véritable est une " disposition "
temporaire de l’économie divine par laquelle le Dieu un, loin de ressembler au dieu tripartite du dogme, se révèle sous trois aspects de son unité pour actualiser son dessein".