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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

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11 juillet 2014 5 11 /07 /juillet /2014 10:09

sigrid_hunke_2.jpgHistorienne des religions et écrivain allemande, spécialisée dans l'étude des religions, Sigrid Hunke est née le 26 avril 1913 à Kiel (un important port allemand donnant sur la Baltique). A l’université, à partir de 1934, elle fait des études de psychologie, de philosophie et de science des religions avec, entre autres les professeurs Martin Heidegger (1889-1976) et Karlfried Graf Dürckheim (1896-1988).


Le philosophe Martin Heidegger, étudiant d’Edmund Husserl et immergé dans le projet phénoménologique de son maître dont il devient l’assistant en 1916, puis prend sa succession à l’université de Fribourg en 1928. Il devient recteur de cette université de 1933 à 1934 et
adhère au Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP), dont il se serait éloigné par la suite. Voir l’article Wikipedia qui lui est consacré (lien).
K. G. Dürckheim est lui aussi un philosophe allemand initié à l'école du Zen Rinzai. A partir de 1931, il est professeur de psychologie, à Breslau puis à Kiel, mais il doit quitter l'enseignement quand il est découvert que sa grand-mère était juive. Il se reconvertit dans la diplomatie et, en 1935, il travaille pour le Ministère des affaires étrangères et effectue, au Japon, des recherches sur les fondements spirituels de l’éducation japonaise et le bouddhisme zen. En octobre 1945, il est arrêté là-bas par les Américains. Il revient en Allemagne en 1947, où il est l’un des principaux introducteurs du zen ; il conçoit, construit et aménage, à Rütte, près de Todtmoos, en Forêt-Noire, un «Centre de formation et de rencontres de psychologie existentielle» en proposant une thérapie initiatique. Voir l’article Wikipedia qui lui est consacré (lien).


Son adhésion au nazisme
Elle milite à l'Union des étudiants nationaux-socialistes allemands (NSDS) et s’inscrit le 1er mai 1937 au Parti national-socialiste (NSDAP). Elle collabore aux recherches menées par l'Ahnenerbe et donne des articles à sa revue "Germanien".


Sur Wikipedia (lien) l'Ahnenerbe, traduit par « Héritage ancestral » (ou plus exactement Ahnenerbe Forschungs und Lehrgemeinschaft, c’est-à-dire « Société pour la recherche et l'enseignement sur l'héritage ancestral »), était un institut de recherches pluridisciplinaire nazi, créé par le Reichsführer-SS Heinrich Himmler, Herman Wirth et Walther Darré le 1er juillet 1935. Intégré aux SS en janvier 1939, l'Ahnenerbe avait son siège à Munich. L'institut avait pour objet d'études « la sphère, l'esprit, les hauts faits et le patrimoine de la race indo-européenne nordique » avec comme outils la recherche archéologique, l'anthropologie raciale et l'histoire culturelle de la « race aryenne ». Son but était de prouver la validité des théories nazies sur la supériorité raciale des « Aryens ».


En 1941, elle passe son doctorat à la faculté de Philosophie de l'Université de Berlin sous la supervision du psychologue, anthropologue et islamologue Ludwig Ferdinand Clauss (1892-1974) (lien). Ce dernier était par ailleurs un des promoteurs des théories raciales que Sigrid Hunke fit siennes dans sa thèse et par la suite bien qu'avec discrétion. En 1942, elle épousa le diplomate Peter H. Schulze (qui continuera sa carrière au service de la RFA) et ensemble, ils vécurent à Tanger jusqu'en 1944.

Egérie de l’unitarisme allemand
Dans les années 1950, elle rebondit au sein de la mouvance unitarienne allemande où elle va s’imposer comme idéologue grâce à son activité d’écrivain ; en 1960 elle publie en effet deux ouvrages qui la rendront célèbre : Allahs Sonne über dem Abendland / Le Soleil d'Allah brille sur l'Occident, et Europas eigene Religion / La Vraie Religion de l'Europe. Suite à la guerre de 1967, l’Allemagne mène une politique pro-arabe et l’envoie donner des conférences aux universités arabes de Tunis, Alger, Tripoli, Alep (en Syrie). En couronnement de son engouement en faveur de l’islam, elle est nommée en 1974 membre d’honneur du « Conseil supérieur des questions islamiques » au Caire.
Elle assure durant douze ans, de 1971 à 1983, la vice-présidence de la "Deutsche Unitarier Religionsgemeinschaft" (DUR), puis s'en retrouve en 1985 la présidente honorifique.
À partir de 1986, conformément à ses aspirations d’une Europe basée sur des valeurs « païennes », elle participe régulièrement au Séminaire de Thulé, fondé par Pierre Krebs (1946-) à Kassel ; et publie dans la revue Eléments (titre complet : Éléments pour la civilisation européenne, revue trimestrielle publiée depuis 1973 par le GRECE « Nouvelle Droite).


Né en 1946 à Alger, le français Pierre Krebs fait des études de philosophie et de droit à l’université de Montpellier et de journalisme à l’École supérieure de journalisme de Paris, puis de sociologie et de science politique à la Sorbonne. Au milieu des années 1960, il a été militant du courant « national-européiste » avec Dominique Venner, en participant au Mouvement nationaliste du progrès puis en animant le Rassemblement européen de la liberté dans le Languedoc. Il a ensuite été l'un des fondateurs du GRECE (« Nouvelle Droite »), et a participé à la revue Éléments. Puis, il s’installe en Allemagne où il étudie à l'université de Göttingen, puis donne des conférences à celle de Kassel. En 1980, il fonde le Thule-Seminar (« Séminaire Thulé »), un cercle de Nouvelle Droite situé à Kassel en Allemagne dont il est toujours membre aujourd'hui.
En 1992, il a soutenu une thèse de doctorat en littérature française, portant sur « Paul Valéry face à Richard Wagner » à l'Université Paris XII. (voir l’article de Wikipedia qui lui est consacré, lien).
Dans son livre Combat pour l'essentiel (publié chez Pan-Europa, en 2002), il dénonce les fondement idéologiques du multiculturalisme et développe un contre-modèle, celui de l'hétérogénéité des peuples.


Mais cela se gâte du côté de la DUR. Comme on l’a vu, elle essaie de rebondir au sein de la Nouvelle droite. Finalement, en 1988, avec la minorité unitarienne de tendance völkisch (néo-païenne), elle fait sécession avec 200 fidèles sur 600 pour fonder l’année suivante, en 1989, la Bund Deutscher Unitarier / Ligue des unitariens allemands (BDU) avec en sous titre : Religionsgemeinschaft europäischen Geistes / Communauté religieuse pour l’esprit européen.
Elle décède le 15 juin 1999 ; au nom des unitariens qui l’ont suivi dans sa dissidence, Bernard Bühler lui rend hommage : « Sigrid Hunke est retournée à la Grande Unité de la vie et de la mort. Sa vie et son œuvre ont eu et garderont une importance », hommage que l’auteur place en référence à Maître Eckhart : « Je possède une force en mon âme, totalement et immédiatement réceptive à Dieu »

Sources :
1998, juin - Horst Junginger - Sigrid Hunke : Europe's New Religion and its Old Stereotypes ; université de Tübingen.
1999 - Hommage à Sigrid Hunke (1913-1999), par Bernhard Bühler, au nom de la « Ligue des Unitariens allemands » (Hommage paru dans Glauben und Wirken / La Foi et le Travail, juillet-août 1999), puis dans Nouvelles de Synergies européennes, n° 42, septembre-octobre de la même année, p. 15.
2014 - Encyclopédie Wikipedia : article à son nom (lien).

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Published by Jean-Claude Barbier - dans sur l'unitarisme
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