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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 15:49

"Les Réformateurs d’avant le XVIème siècle", par Jean-Claude Barbier, contribution à la séance du lundi 16 mai 2011 du "Groupe Religions" du Réseau d’échange réciproque des savoirs (RERS) de Malartic, Gradignan, département de la Gironde, animée par Bernard Périllat. Source principale d’information : articles de l’encyclopédie en ligne Wikipedia.

 

euro1492.gif

 

« Pré-réformateurs » et « réformateurs ».


Certains historiens traitent les réformateurs antérieurs à Martin Luther de pré-réformateurs, signifiant par là que la Réforme commence avec les 95 thèses que celui-ci placarda en 1517 sur la porte de la cathédrale de Wittenberg. C’est là une vision tout à fait « protestante » qui reporte au second plan les réformateurs antérieurs et qui occultent ceux qui, néanmoins, restèrent fidèles à l’Eglise romaine. Or, l’étude des « pré-réformateurs », entre autres Pierre Valdo / Valdès (vers 1130-vers 1217), John Wyclif (vers 1320 – 1384) et Jan Hus (vers 1370 – 1415), montre combien les thèmes débattus sont pratiquement les mêmes et sont nettement affirmées


Si bien que la différence n’est pas tant thématique, étant entendu que chaque réformateur peut avancer des thèses qui lui sont particulières en plus des thématiques générales, qu’historique. La grande nouveauté est en effet l’invention de la typographie vers 1440 par l’imprimeur Johannes Gutenberg et la publication, en 1455, à Mayence, de la première bible imprimée. Dès lors, les nouvelles idées se diffusent à plus grande vitesse et touchent de plus en plus de monde.


La différence, c’est aussi que, mieux protégés par des princes et des cités acquis à leur cause, les deux principaux réformateurs du XVIème siècle, Martin Luther et Jean Calvin, vont désormais pouvoir résister aux efforts de Rome et des autorités temporelles qui lui sont restés fidèles, et pouvoir diffuser leurs mouvements à grande échelle.


La même optique « protestante », très réductrice, va d’ailleurs également jouer quant à la liste des réformateurs du XVIème siècle, trop souvent limitée aux seuls réformateurs qui ont vraiment « réussi » ; ceux qui ont pu non seulement résister à Rome mais aussi diffuser leur foi à grande échelle, à savoir Martin Luther (1483-1546) et Jean Calvin (1509-1564). Cet éclairage privilégié s’est fait au détriment des réformateurs qui insistèrent sur d’autres thèmes, notamment les anabaptistes, les anti-trinitaires, et les spiritualistes allemands.


Compte tenu des continuités thématiques entre tous ces réformateurs, il nous paraît plus simple d’adopter une distinction chronologique qui n’implique aucune différence de valeur ; les réformateurs du XVIème siècle pouvant toutefois être qualifiés de « protestants » au sens large du terme.


Quels sont les principaux thèmes réformateurs qui vont émerger à partir de la seconde moitié du XIIème siècle ?


1° - une réaction contre les richesses temporelles de l’Eglise et le train de vie mondain des prélats ; le rappel de la pauvreté évangélique
2° - une réaction contre la dépravation des mœurs des clercs ; le rappel de la sainteté nécessaire à toute autorité ecclésiale
3° - le rappel de la non violence évangélique
4° - la promotion des langues locales pour les prêches et la lecture de la Bible
5° - la critique de la transsubtantiation érigée en dogme par le 4ème concile de Latran en 1215 et qui limite la communion du vin aux seuls clercs
6° - la critique des indulgences
7 ° - la distinction entre la dimention spirituelle de l’Eglise du Christ et sa réalité institutionnelle.
8° - passer outre aux condamnations papales et faire Eglise dissidente

à suivre ...

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 15:17

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1° - une réaction contre les richesses temporelles de l’Eglise et le train de vie mondain des prélats ; le rappel de la pauvreté évangélique


pierre_valdo.jpgRiche marchand de Lyon, Pierre Valdo quitte ses activités lucratives pour se consacrer à prêcher l’évangile. Il lègue ses biens à sa femmes et confie ses filles à un couvent, puis lance un mouvement de prêcheurs, la Fraternité des pauvres de Lyon, à une époque où les prêches sont réservés exclusivement aux clercs. Il part à Rome en 1179 avec un disciple. Le pape les reçoit bien, mais les théologiens se gaussent d’eux car il n’ont pas la formation nécessaire. Pierre Valdo, écoeuré par les mondanités papales, considère que Rome est devenue la grande Prostituée de l’Apocalypse. Il en incrimine l’époque constantinienne qui a vu l’Eglise devenir une puissance temporelle. Les clercs devraient travailler comme le faisaient les apôtres ; le clergé ne doit pas posséder de terre ni prélever la dîme.

 

statue de Pierre Valdo au Mémorial de Luther à Worms, en Allemagne

 

Il devance un François d’Assise (1182-1226), fondateur de l’ordre des Franciscains, lesquels vont également secoué l’Eglise hiérarchique par leur revendication de la pauvreté évangélique. François d’Assise rompe avec sa jeunesse dorée en 1206 et ses premiers disciples deviennent les « Frères mineurs » en 1209.


John Wyclif invite l’Eglise à distribuer ses biens. Il jouit du soutien d’aristocrates anglais qui ne sont pas sans espérer récupérer ces biens à leur profit ! Il prend la défense du Parlement anglais qui ne veut pas que les biens de l’Eglise d’Angleterre puissent être expatriés.


A partir de 1380, il envoie les « pauvres prêcheurs » - les lollards - dans les campagnes anglaises. Ses thèses ont sans nul doute influencé la révolte paysanne de 1380, mais lui et les lollards se tiennent à l’écart des évènements au nom de la non-violence chrétienne.

 

Les protestants du XVIème siècle ne vont pas continuer cette prédication. Les anabaptistes vont insister sur le partage des biens en faveur de la collectivité conformément aux premières communautés chrétiennes, ce qui est autre chose. Il faudra attendre saint Vincent de Paul (1581-1660), mais cette fois-ci sous l'angle de la charité et ... côté catholique.

à suivre ...

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 15:02

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2° - en réaction contre la dépravation des mœurs des clercs, le rappel de la sainteté nécessaire à l'exercice de l'autorité ecclésiale


Les cathares furent les premiers à lier la sainteté – la chasteté absolue pour les bons hommes et bonnes femmes – à la validité des sacrements par eux distribués – le consolament dans leur cas. Un impair, et le bonhomme devait aller refaire son ordination auprès d’un autre bonhomme car celle-ci n’était plus valable !


Anne Brenon le précise : « La rupture du vœu de chasteté, faute particulièrement lourde, entraîne la nullité de l’ordination du religieux pécheur, qui doit être réconcilié, au terme d’une nouvelle probation, par un nouveau consolament. Si celui qui a fauté est un évêque, la situation est particulièrement dramatique, puisque sa déchéance est tenue pour affecter rétroactivement la validité des ordinations qu’il a conférées. Des rumeurs de cet ordre ont durablement perturbé les Églises cathares italiennes, causant à la fin du XIIe siècle un schisme dans l’Église de Lombardie, dont l’évêque aurait été « vu avec une femme »… (Cahier : « Le catharisme, première Église alternative », dans Evangile et Liberté, n° 218, avril 2008) (lien)

john_wyclif_dessin.gifEn 1376, John Wyclif expose la doctrine de l'« autorité fondée sur la grâce », selon laquelle toute autorité est accordée directement par la grâce de Dieu et perd sa valeur lorsque son détenteur est coupable de péché mortel. Il soumet ainsi l’Eglise à la fidélité évangélique. Les sacrements distribués par les clercs ne sont valables que si ceux-ci ne sont pas en état de péché mortel. Ils ne peuvent, par exemple, pas remettre les péchés dans le cadre du sacrement de pénitence et donner l’absolution. Il en va de même pour l’obéissance des fidèles : ceux-ci n’ont pas à obtempérer si les clercs ne sont pas en état de grâce. L’autorité de l’Eglise est fondée sur sa pleine continuité entre le Christ ; ses ordres sont nuls et non advenus dès lors qu’elle trahit l’Evangile. L’Eglise invisible des chrétiens en état de grâce prévaut.

à suivre ...

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 11:30

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3° - le rappel de la non-violence évangélique


John Wyclif, au nom de l’Evangile, condamne l’esclavage et la guerre.


John Wyclif, puis Jan Hus condamnent la pratique des indulgences non pas en tant que telle, mais parce qu’elles contribuent à financer des guerres ! Pour Jan Hus, ce fut à l’occasion de la croisade lancée par Jean XXIII, pape à Pise (il y avait alors deux autres papes, l’un à Rome et l’autre à Avignon) contre le roi Ladislas Ier de Naples, protecteur de son concurrent, le « pape de Rome ». le même pape lançait aussi une campagne d'indulgences afin de financer cet effort de guerre. Jan Hus s'élève alors contre ce « trafic » dans son adresse contre les indulgences Quaestio magistri Johannis Hus de indulgentiis, quasiment une copie conforme du dernier chapitre du De Ecclesia de John Wyclif. Le pamphlet hussite déclare qu'aucun prêtre, aucun évêque, aucun religieux ne peut prendre l'épée au nom du Christ ; ils doivent prier pour les ennemis du Christ et bénir ceux qui le combattent. Le repentir de l'homme passe par l'humilité, pas l'argent ni les armes ni le pouvoir.

 

La paix et la pureté évangélique, ici représentées sur vitrail par la colombe et le lys


colombe_et_lys.jpgcolombe_vitrail.jpg

 

Remarquable orateur, il provoque l’émeute du peuple de Prague. Le 24 juin 1412, un cortège d’étudiants conduit par le disciple de Jan Hus, Jérôme de Prague, va clouer au pilori la bulle du pape et la brûle ensuite. La répression s’abat sur les étudiants : trois étudiants, qui ont interrompu un prêtre pendant qu’il prêchait l’achat d’indulgence, sont exécutés à la hache.

 

Un siècle plus tard, le rejet des indulgences fera partie des thèses les plus célèbres de Martin Luther en 1517 ... mais c'est alors la somonie du clergé et l'avidité des percepteurs qui provoquera la réprobation des Allemands.

à suivre

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 10:04

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4° - la promotion des langues locales pour les prêches et la lecture de la Bible


Wyclif_John_Gospel.jpgLes cathares utilisaient une Bible traduite en occitan.


Pour ses prêches, Pierre Valdo utilise le franco-provençal de la région lyonnaise (constitutif de l’Arpitanie) et les vaudois traduisent plusieurs livres de la bible en provençal en 1180. Pierre Valdo paie de sa poche ces premières traductions. Précisons que l’Eglise n’autorisait alors que les bibles reproduisant la Vulgate de saint Jérôme en latin.


A partir de 1378, John Wyclif et ses amis d’Oxford commencent la traduction de la Vulgate en anglais ; la première bible en anglais paraît en 1388.


La langue tchèque doit à Jan Hus sa diacritique (le háček), à savoir les signes sur les consonnes afin de rendre compte de sons dont la prononciation s’avère complexe, par exemple le « č » rend compte du son « tsch ». Il s’ensuit une économie de lettres lorsqu’on écrit, et donc une économie de parchemin, support qui coût alors cher. Les Tchèques ont fait de lui le héros de leur nation face à l'oppression catholique, impériale et allemande : il est officiellement commémoré le 6 juillet, jour de sa mort sur le bûcher, par un jour férié.

 

illustration : page de la bible en anglais de John Wyclif

 

Par la suite, les réformateurs protestants seront tous de grands traducteurs de la Bible.

 

L'Eglise doit être proche du peuple, dans le peuple, du peuple ...

 

Le latin représente alors la dimension internationale et universelle de l'Eglise, en quelque sorte la mondialisation de l'époque du point de vue de Rome. Se référer aux langues locales, c'était risquer de rompre cette unité linguistique. Il faudra attendre Vatican II pour que la liturgie catholique s'émancipe de cette obligation du latin.

à suivre ...

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 07:44

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5° - la critique de la transsubtantiation


Définition :

 

C'est, littéralement, la transformation d'une substance en une autre. Dans la théologie catholique, c'est la doctrine selon laquelle au cours de l'eucharistie, au moment de la consécration, les espèces du pain et du vin deviennent le Corps et le Sang du Christ tout en conservant les caractéristiques physiques et les apparences originales. Aujourd'hui, les catholiques préfèrent utiliser l'expression "présence réelle". Cette doctrine prend le nom de transsubstantiation au concile de Trente (1551) * où elle est officiellement proclamée par l'Église catholique.

* commencé en 1545, ce concile dura jusqu'en 1563.


Voici un point de vue catholique sur le site Philoreligion.com, qui se présent comme "le blog des raisons de croire" (lien).
 
" Le pain ne reste-t-il pas le pain, avec sa couleur habituelle, sa consistance, etc. ? Non, il n’est plus le même. Il a acquis des propriétés absolument nouvelles : il transmet la Vie à ceux qui le reçoivent dans de bonnes dispositions de cœur et d’esprit. Le chrétien n’a plus besoin de sacrifier un agneau et d’en manger la viande. Il mange l’hostie et celle-ci, transformée miraculeusement par la puissance divine, le fortifie en vue des épreuves qui l’attendent. Les propriétés causales de l’hostie ont changé. Donc il n’est pas excessif de dire que sa substance a changé. Il y a eu transsubstantiation."


Historique :

 

Le mot apparaît dès la fin du XIème siècle chez Hildebert de Tours * vers 1079. Puis, les théologiens Pierre Lombard (v. 1100 – 1160 ; Italien, théologien enseignant à l’université de Paris, auteur du Livre des Sentences, 1152) et Étienne Langton (v. 1155 – 1228, anglais venu à Paris enseigner) dissertent sur ce concept, lequel sera entériné par le 4ème concile de Latran en 1215. Erigé en dogme, il entraîne alors des conséquences pratiques puisqu'il limite la communion du vin aux seuls clercs ; en effet les laïcs risquent de laisser tomber par terre des gouttes de vin (ce sont des baveux par rapport aux clercs plus civilisés !), et donc le vrai sang du Christ, et donc la substance même de Dieu puisque le Christ est Dieu dans la version trinitaire - ce qui équivaut à un blasphème.
* Hildebert de Lavardin ou Hildebert de Tours (1056- 18 décembre 1133) est un clerc français réformateur, évêque du Mans entre 1097 et 1125, archevêque de Tours de 1125 à sa mort.


Pierre Valdo, mort vers 1217, soit deux ans après la décision du concile de Latran, n'adhéra pas au nouveau dogme.


Dans sa Somme théologique, rédigée de 1266 à 1273, saint Thomas d'Aquin utilise cette notion de Transsubtantiation

 

En 1379, John Wyclif répudie la doctrine de la transsubstantiation, ce qui lui fait perdre le soutien de Jean de Gand, un important aristocrate de la cour d’Angleterre. Deux ans plus tard, en 1381 son opinion sur l'eucharistie est débattue par Mikuláš Biskupec au sein de l’université de Prague – ce qui montre bien la rapidité de diffusion des débats théologiques à cette époque.


Jan Hus revendique, pour les laïcs, la communion sous les deux espèces. Chez les Tchèques, le calice * devient l’emblème de cette revendication.

* il a été repris comme « logo » par les unitariens américains en 1961 (date de la fondation de l’Unitarian Universalist Association of Congregations UUA), puis ensuite par la plupart des unitariens du monde entier ( lien)

 

Jean-Hus-et-Martin-Luther-donnant-la-communion.png

Martin Luther donnant la communion du vin (à gauche) et Jean Hus (à droite), simultanément, celle du pain. Le dessin est bien entendu anachronique puisque un siècle sépare les deux réformateurs.

 

Pour Martin Luther, la présence du Christ est réelle, mais les espèces ne sont pas transformées ; elles restent un support matériel à cette présence réelle. En quelque sorte, Martin Luther évacue l'acte magique contenu dans cette histoire de transsubstantiation. C'est la consubstantiation. Mais, sur cette question, Ulrich Zwingli à Berne et Jean Calvin à Genève entreront en conflit avec les luthériens (tout en s'opposant aussi entre eux !) car ils évacuent toute présence réelle de la Cène, la présence étant toute spirituelle (pour Jean Calvin), voire toute mémoriale (Ulrich Zwingli) *. Face aux luthériens, le concile de Trente, qui débute en 1545, réaffirme le dogme de la transsubtantiation.

* Aujourd'hui, les témoins de Jéhovah célèbrent à Pâques, selon le calendrier juif, un mémorial du dernier repas de Jésus.


Epilogue chez les catholiques :


Vatican II (1962-1965) autorise les laïcs à communier sous les deux espèce ; il l’encourage même dans certains cas, cf. Sacrosanctum Concilium n° 55. Les toutes dernières normes liturgiques n’indiquent plus aucune restriction dogmatique pour cette communion sous les deux espèces. Les raisons d'une communion sous la seule espèce du pain sont essentiellement d’ordre pratique, notamment parce que la distribution sous les deux espèces nécessite un plus grand nombre d’acolytes ou d’auxiliaires de la communion.


Du point de vue officiel romain, les choses à observer et à éviter concernant l'Eucharistie ont été récapitulées dans l'instruction Redemptionis Sacramentum (19 mars 2004). Les conférences épiscopales et les évêques de chaque Église particulière ont une grande latitude dans l'application de ces règles.


Pour donner la communion sous les deux espèces, le prêtre peut soit donner la communion en faisant boire le fidèle directement au calice, soit en trempant l’hostie consacré dans le calice et en la donnant au fidèle. Ce deuxième geste est désigné sous le nom d'intinction. L'usage courant pour la communion par intinction est que le fidèle trempe lui-même l'hostie, ce qui a des inconvénients pratiques si le geste est mal fait. L'instruction Redemptionis Sacramentum rejette cette manière de faire (§ 104). Un troisième geste est possible mais non pratiqué en Occident, la communion à l'aide d'un « chalumeau » eucharistique (petit tuyau en métal faisant office de paille, parfois en or ou argent) ou d'une cuiller. Source d'information : Wikipedia, article « Communion » ( lien)

à suivre ...

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 07:26

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6° - la critique des indulgences


Sa pratique, héritée du droit romain, remonte au IIIe siècle. Il s'agissait alors de réintégrer dans le giron de l'Église les chrétiens ayant apostasié pendant les persécutions.

 

indulgences1.jpgAvec la croyance dans le purgatoire, les indulgences prennent un tout autre sens. En effet, le péché est effacé par le sacrement du pardon (confession), mais ce sacrement n'enlève pas la peine temporelle due au péché, qui se traduit généralement par un temps de purgatoire si elle n'est pas d'abord purgée sur terre par des actes de foi et de charité (actes de réparation). Cette peine temporelle peut être atténuée voire effacée par l'indulgence. L’indulgence est dite partielle ou plénière, selon qu’elle libère partiellement ou totalement de la peine temporelle due pour le péché.


 A partir du Xème siècle, des tarifs circulent que les prêtres appliquent. Les indulgences encouragent les pèlerins, les efforts des croisés (à commencer par la reconquête de l’Espagne), la construction de nouveaux lieux de culte, etc. Au XIIe siècle, l’indulgence reçoit une définition juridique dans les décrétales pontificales.

 

Cette pratique fut critiquée par John Wyclif, puis par Jan Hus (voir ci-dessus en 3 - le rappel de la non-violence évangélique), enfin par Martin Luther (dans ses 95 thèses de 1517) et, à sa suite, par les autres protestants.

à suivre ...

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 07:03

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7 ° - la distinction entre l’Eglise spirituelle du Christ et sa réalité actuelle

 

Déjà les cathares renvoyaient aux évangiles, notamment à celui de Jean, et dénonçaient les moeurs du clergé de l'Egise romaine à l'aune de la pureté évangélique. Pierre Valdo est outré de la pompe romaine à laquelle il assiste en 1179.

 

john_wyclif_dessin_couleur.gifJohn Wyclif préconise le retour à la Bible et à l’augustinisme (saint Augustin, 354-430, théologien, père de l’Eglise latine). Il suggère que le pape soit désigné par tirage au sort (de la même façon que les premiers disciples procédèrent à la désignation d’un apôtre pour remplacer Judas, et des diacres).


La pensée de John Wyclif représente une certaine rupture dans la mesure où il affirme qu'il existe une relation directe entre l'humanité et Dieu, sans l'intermédiaire des prêtres. En se conformant aux Écritures, il pense que les chrétiens sont en mesure de prendre en main leurs vies sans l'aide du pape et des prélats. Il dénonce de nombreuses croyances et pratiques de l'Eglise catholique, les jugeant contraires aux Écritures.


En mettant l’accent sur les Eglises locales, le protestantisme va reprendre cette distinction à un niveau ecclésiale : c’est l’ensemble des communautés chrétiennes, regroupées en Eglises institutionnellement distinctes, qui constituent le Corps mystique du Christ, l’unité de toute l’Eglise, et non pas telle Eglise particulière. L’Eglise catholique romaine est ainsi déboutée de sa prétention d'être à elle seule l'Eglise du Christ. L’oecuménisme réside dans l’inter-communion des Eglises et non pas dans une réunification institutionnelle au profit de Rome.

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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 19:23

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8° - passer outre aux condamnations papales et faire Eglise dissidente

Contrairement aux cathares qui, d’emblée, fondent une autre Eglise qui n’a rien à voir avec l’Eglise de Rome, les réformateurs veulent réformer leur Eglise, celle de Rome. Ce sera le refus de Rome de tout dialogue et les excommunications des intéressés qui aboutiront à des dissidences.


Pierre Valdo est condamné par le 3ème concile de Latran en 1179, son mouvement excommunié par le concile de Vérone en 1184 et sa doctrine est réfutée par le 4ème concile de Latran en 1215. Réfugiés au Luberon et dans les hautes vallées du Piémont, également en Calabre en Italie du Sud, les Vaudois survivront aux nombreuses répressions lancées contre eux. Ils seront en leur temps les hérétiques par excellence : afin de mieux la condamner, Jeanne d’Arc, en 1431, sera accusée d’être vaudoise ! Ils adhèreront en 1532 à la réforme luthérienne lors de leur synode de Chanforan d’Angrogne, et seront aidés par les calvinistes genevois. Les rescapés pourront bénéficier, enfin, des lettres patentes du royaume Piémont – Sardaigne qui, le 17 février 1848, leur accorderont la plénitude des droits civils et politiques. Aujourd’hui, une Eglise évangélique vaudoise existe en Italie (en italien Chiesa Evangelica Valdese) et au Sud-Est de la France, avec des antennes en Amérique latine. Elle a adopté le style et la doctrine des Réformées. Elle est adhérente de l'Alliance réformée mondiale et de la Conférence des Églises protestantes des pays latins d'Europe. L’ensemble de ces Eglises, accompagnée de communautés méthodistes s’intitule « La table vaudoise », avec à sa tête un modérateur (actuellement une modératrice).


Dès le 22 mai 1377, le pape publie des bulles pour dénoncer l’hérésie de John Wyclif. Celui-ci est condamné en 1382 par un tribunal ecclésiastique présidé par l’archevêque de Canterbury et doit se retirer dans sa paroisse de Lutterworth où il mourra solitairement deux ans plus tard. Il est de nouveau condamné à titre posthume en mai 1415 par le concile de Constance, lequel ordonne que son corps soit exhumé et brûlé afin que ses cendres soient dispersées (traitement réservé aux hérétiques afin qu’ils ne puissent bénéficier de la résurrection des morts à la fin des Temps) ; chose qui sera faite en 1428. Martin Luther reconnaîtra sa dette vis-à-vis de John Wyclif, mais celui-ci n’aura pas une Eglise dissidente à son nom. L’Eglise anglicane, fondé au XVIème siècle par Henri VIII se fera pour des raisons personnelles d’instabilité conjugale de la part de ce roi et non sur des raisons religieuses, même s'il y eut ultérieurement un ralliement à certaines thèses protestantes.


Tchecoslovaquie-----CCSH-kalich.gifEn 1407, l'archévêque de Prague est chargé par le pape Grégoire XII d'interdire la diffusion des thèses hérétiques de John Wyclif dont on sait qu'elles ont été introduites en Bohême une vingtaine d'années auparavant. Or, Jan Hus avait traduit le Trialogus de John Wyclif en tchèque, sans doute à partir de la copie faite par Jérôme de Prague lors de son séjour à Oxford. En mai 1408, la nation tchèque de l'université de Prague (sous la houlette de Hus) rejette publiquement les articles de Wyclif mais souligne que, correctement interprétés dans leur contexte, ces articles ne sont pas totalement hérétiques. Cela provoque le départ des « nations » bavaroises, saxonnes et polonaises qui existaient au sein de cette université, et les professeurs allemands vont fonder l’université de Leipzig en mai 1409. Une bulle pontificale (d’Alexandre V, à Pise) en date du 20 décembre 1409 ordonne la destruction des ouvrages de Wyclif et l'interdiction de prêcher sa doctrine. Jan Hus est finalement excommunié en 1411, condamné pour hérésie et mis à mort sur le bûcher en 1415, lors du concile de Constance, puis cinq croisades successives sont lancées par Rome contre le mouvement hussite, lequel va résister victorieusement jusqu’en 1434. Rome devra finalement négocier avec les Tchèques pour que ceux-ci acceptent de nouveau d’être dans son giron. Toutefois, il y a eu résurgence en 1919 d’une Eglise hussite tchécoslovaque ( lien), indépendante de Rome, de théologie catholique mais dotée d'une organisation ecclésiale inspirée par le protestantisme luthérien (son emblème est une croix plongée dans un calice, voir l'illustration ci-jointe).

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9 avril 2007 1 09 /04 /avril /2007 14:28

Depuis le 23 mars 2006, Didier Le Roux, sur son site " Les Unitariens "  http://site.voila.fr/unitariens/accueil.html, présente des biographies de réformateurs qui ont contribué de près ou de loin au courant anti-trinitaire et à la formation de l’unitarisme. Ce site est recommandé par les associations de chrétiens unitariens francophones (AFCU en France, ACUB au Burundi, ACUC au Congo). 

Déjà parus

classée par la date de naissance ou à défaut la date de la mort ; liste mise à jour le 12 octobre 2008

John Wyclif
/ Wycliffe (1324-1384, Angleterre)

Jean Hus (1369-1415, Bohème)
Jean Wessel Gansfort (1419-1489, Pays-Bas)
Lewis Hetzer ( - 1529, Suisse allemand)
Hélène Weigel (1459-1539, Pologne)
Ulrich (Hudderich) Zwingli (1464-1531, Suisse)
Fabricius Wolgang Capito (1478-1541, Strasbourg)
Georges Van Parris ( - 1551, Allemagne, Angleterre)
Bernadino Ochino / Tommassini (1487 – 1564, Italie)
Martin Cellarius / Borrhaus (1499-1556, Allemagne)
Jan Laski / Johannes Lasco (1499-1560, Pologne)
Pietro Martire Vermigli (1499-1562, Italie)
Socin (Sozinus) Camille (XVI°s., Italie)
Socin (Sozinus) Cornelius (XVI°s., Italie)
Socin (Sozinus) Celius (XVI°s., Italie)
Giacomo Aconzio / James Acontius (XVI° s., Italie, Angleterre)
Adam Neusen (XVI° s., Allemagne)
John Campanus (XVI° s., Pays-Bas)
Adam Pastori (XVI° s., Pays-Bas)
Renato Camillo (1500-1575, Italie, Suisse)
Juan Valdès (vers 1500 - vers 1540, Espagne, Italie)
David Joris (1501-1556, Hollande)
Trevasino Julio Guirlauda (de) / Trevisanus Julius ( - 1562, Italie)
Francis Lismanimus ( - 1563, Italie, Pologne)
Rovingo Francesco Sega (de) / De Ruego Francis ( - 1566, Italie)
Krowicki (Crovinius) Martin ( - 1573, Pologne)
Sommer Jean ( - 1573/1574, Allemagne, Transylvanie)
Stancaro Francesco (1501-1574, Italie)

Celio Secondo Curione (1503-1569, Italie)
Heinrich Bullinger (1504-1575, Suisse)
Andrew Fricius Modrevius (1506 - , Pologne)
Gribaldi Mofa Matteo (1506-1562, Italie)
Primoz Trubar (1508-1586, Bohème)
Etienne Dolet (1509-1546, France)
Michel Servet / Michaël Servetus / Michel de Villetaneuve (1511-1553, Espagne)
Radziwill Nicolas / Mikolaj V Czarny (le noir) (1515-1565, Lituanie)
Alciati de la Motta / Giovanni Paolo / Gianpaolo (1515-1573, Italie)
Georges Biandrata (1516-1588, Italie)
Giovanni Valentino Gentile (1520-1566, Italie)
François Betti (1520-1590, Italie) 
Ferenc David / Davidis (1520-1579, Transylvanie)
Andrew Voidovius (vers 1520-vers 1625, Pologne)

Lelio Socin (1525-1562, Italie, Suisse, Allemagne)
Gregory Pauli (1525-1591, Pologne)
Petrus Gonesius / Piotr z Goniadza, Pierre de Goniatz (1525/1530 – 1570/1573, Pologne)
Niemojevius Jan (1526-1598, Pologne)
Simon Budny (1533-1584, Lituanie)
Faust Socin (1539 - 1604, Italie)
Jean II Sigismond Czapolya (1540-1571, Transylvanie)
Andrew Dudithius ( - 1589, Hongrie)
Gabriel Hojski (1555 - 1622, Ukraine)
John Smith (XVI° - XVII° s., Angleterre)
Martin Ruar / Ruarus (1558/59 - 1657, Allemagne, Pologne, Europe)

Peter Statorius Junior (1565-1605, Pologne)
Christopher Ostorod ( - 1611, Allemagne, Pologne)
Legate Bartholomé (.-. 1611/1612, Angleterre)
Wightman Edward (.-.1612, Angleterre)
John Volkelius ( - 1618, Allemagne, Pologne)
Jérôme Moscorovius (1560-1625, Allemagne, Pologne)

Conrad Vorst (Vorstius) (1569-1622, Allemagne, Pays-Bas)
Ernest Sohner (1572-1612, Allemagne, Pays-Bas)
Valentin Smalcius (1572-1622, Pologne, Allemagne) 
Geisteranus John Everton (1586-1622, Pays-Bas)
Joachim Stegmann ( - 1633, Allemagne, Pologne, Transylvanie)
Johannes Crellius / Jan Crell / Hans Krell (1590-1633, Allemagne, Pologne)
John Ludwig Wolzogenius (vers 1599-1661, Autriche)

Michaël Gittichius ( - 1645, Italie, Pologne)
Paul Best (1590-1657, Angleterre)
Daniel Brenius (1594-1664, Hollande)
Jonas Schlichtingius (1592-1661, Pologne)
Samuel Przipkowski (1592-1670, Pologne)
Peter Morzkowski / Morscovius (XVII° siècle, Pologne)
Florian Crusius (XVII° siècle, Allemagne)
John Knowles (XVII° siècle, Angleterre)
Pigelius John (XVI°-XVI° s, Pologne)
Bonifius (XVI° - XVII° s, Pologne)
Gesteran (Geisteranus) Peter et John (XVII°s, Hollande)
Andrew Wissowatius Junior (1608-1678, Pologne, Europe)
Daniel Zwicker (1612-1678, Allemagne)
John Biddle (1615-1662, Angleterre)
Stanislaüs Libieniecius Junior (1623-1675, Pologne)
Thomas Firmin (1632-1697, Angleterre)
John Locke (1632-1704, Angleterre)
William Manning ( - 1711, Angleterre)
Thomas Emlyn (1663 - 1741, Angleterre, Irlande)

Theophilus Lindsey (1723-1808, Angleterre)
John Disney (1746-1816, Angleterre)
Thomas Belscham (1750-1829, Angleterre)
Joseph Priestley (1733-1804, Angleterre)
William Ellery Channing (1780-1842, Etats-Unis)
Maja (. -  1996, tchèque)
Norbert Capek (1870-1942, tchèque)

James Luther Adams (1901-1994, Amérique)

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Published by Didier Le Roux - dans sur les Réformateurs
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