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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 19:23

suite des articles précédents et fin

 

8° - passer outre aux condamnations papales et faire Eglise dissidente

Contrairement aux cathares qui, d’emblée, fondent une autre Eglise qui n’a rien à voir avec l’Eglise de Rome, les réformateurs veulent réformer leur Eglise, celle de Rome. Ce sera le refus de Rome de tout dialogue et les excommunications des intéressés qui aboutiront à des dissidences.


Pierre Valdo est condamné par le 3ème concile de Latran en 1179, son mouvement excommunié par le concile de Vérone en 1184 et sa doctrine est réfutée par le 4ème concile de Latran en 1215. Réfugiés au Luberon et dans les hautes vallées du Piémont, également en Calabre en Italie du Sud, les Vaudois survivront aux nombreuses répressions lancées contre eux. Ils seront en leur temps les hérétiques par excellence : afin de mieux la condamner, Jeanne d’Arc, en 1431, sera accusée d’être vaudoise ! Ils adhèreront en 1532 à la réforme luthérienne lors de leur synode de Chanforan d’Angrogne, et seront aidés par les calvinistes genevois. Les rescapés pourront bénéficier, enfin, des lettres patentes du royaume Piémont – Sardaigne qui, le 17 février 1848, leur accorderont la plénitude des droits civils et politiques. Aujourd’hui, une Eglise évangélique vaudoise existe en Italie (en italien Chiesa Evangelica Valdese) et au Sud-Est de la France, avec des antennes en Amérique latine. Elle a adopté le style et la doctrine des Réformées. Elle est adhérente de l'Alliance réformée mondiale et de la Conférence des Églises protestantes des pays latins d'Europe. L’ensemble de ces Eglises, accompagnée de communautés méthodistes s’intitule « La table vaudoise », avec à sa tête un modérateur (actuellement une modératrice).


Dès le 22 mai 1377, le pape publie des bulles pour dénoncer l’hérésie de John Wyclif. Celui-ci est condamné en 1382 par un tribunal ecclésiastique présidé par l’archevêque de Canterbury et doit se retirer dans sa paroisse de Lutterworth où il mourra solitairement deux ans plus tard. Il est de nouveau condamné à titre posthume en mai 1415 par le concile de Constance, lequel ordonne que son corps soit exhumé et brûlé afin que ses cendres soient dispersées (traitement réservé aux hérétiques afin qu’ils ne puissent bénéficier de la résurrection des morts à la fin des Temps) ; chose qui sera faite en 1428. Martin Luther reconnaîtra sa dette vis-à-vis de John Wyclif, mais celui-ci n’aura pas une Eglise dissidente à son nom. L’Eglise anglicane, fondé au XVIème siècle par Henri VIII se fera pour des raisons personnelles d’instabilité conjugale de la part de ce roi et non sur des raisons religieuses, même s'il y eut ultérieurement un ralliement à certaines thèses protestantes.


Tchecoslovaquie-----CCSH-kalich.gifEn 1407, l'archévêque de Prague est chargé par le pape Grégoire XII d'interdire la diffusion des thèses hérétiques de John Wyclif dont on sait qu'elles ont été introduites en Bohême une vingtaine d'années auparavant. Or, Jan Hus avait traduit le Trialogus de John Wyclif en tchèque, sans doute à partir de la copie faite par Jérôme de Prague lors de son séjour à Oxford. En mai 1408, la nation tchèque de l'université de Prague (sous la houlette de Hus) rejette publiquement les articles de Wyclif mais souligne que, correctement interprétés dans leur contexte, ces articles ne sont pas totalement hérétiques. Cela provoque le départ des « nations » bavaroises, saxonnes et polonaises qui existaient au sein de cette université, et les professeurs allemands vont fonder l’université de Leipzig en mai 1409. Une bulle pontificale (d’Alexandre V, à Pise) en date du 20 décembre 1409 ordonne la destruction des ouvrages de Wyclif et l'interdiction de prêcher sa doctrine. Jan Hus est finalement excommunié en 1411, condamné pour hérésie et mis à mort sur le bûcher en 1415, lors du concile de Constance, puis cinq croisades successives sont lancées par Rome contre le mouvement hussite, lequel va résister victorieusement jusqu’en 1434. Rome devra finalement négocier avec les Tchèques pour que ceux-ci acceptent de nouveau d’être dans son giron. Toutefois, il y a eu résurgence en 1919 d’une Eglise hussite tchécoslovaque ( lien), indépendante de Rome, de théologie catholique mais dotée d'une organisation ecclésiale inspirée par le protestantisme luthérien (son emblème est une croix plongée dans un calice, voir l'illustration ci-jointe).

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Published by Jean-Claude Barbier - dans sur les Réformateurs
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