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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 07:44

... suite des articles précédents
 

 

5° - la critique de la transsubtantiation


Définition :

 

C'est, littéralement, la transformation d'une substance en une autre. Dans la théologie catholique, c'est la doctrine selon laquelle au cours de l'eucharistie, au moment de la consécration, les espèces du pain et du vin deviennent le Corps et le Sang du Christ tout en conservant les caractéristiques physiques et les apparences originales. Aujourd'hui, les catholiques préfèrent utiliser l'expression "présence réelle". Cette doctrine prend le nom de transsubstantiation au concile de Trente (1551) * où elle est officiellement proclamée par l'Église catholique.

* commencé en 1545, ce concile dura jusqu'en 1563.


Voici un point de vue catholique sur le site Philoreligion.com, qui se présent comme "le blog des raisons de croire" (lien).
 
" Le pain ne reste-t-il pas le pain, avec sa couleur habituelle, sa consistance, etc. ? Non, il n’est plus le même. Il a acquis des propriétés absolument nouvelles : il transmet la Vie à ceux qui le reçoivent dans de bonnes dispositions de cœur et d’esprit. Le chrétien n’a plus besoin de sacrifier un agneau et d’en manger la viande. Il mange l’hostie et celle-ci, transformée miraculeusement par la puissance divine, le fortifie en vue des épreuves qui l’attendent. Les propriétés causales de l’hostie ont changé. Donc il n’est pas excessif de dire que sa substance a changé. Il y a eu transsubstantiation."


Historique :

 

Le mot apparaît dès la fin du XIème siècle chez Hildebert de Tours * vers 1079. Puis, les théologiens Pierre Lombard (v. 1100 – 1160 ; Italien, théologien enseignant à l’université de Paris, auteur du Livre des Sentences, 1152) et Étienne Langton (v. 1155 – 1228, anglais venu à Paris enseigner) dissertent sur ce concept, lequel sera entériné par le 4ème concile de Latran en 1215. Erigé en dogme, il entraîne alors des conséquences pratiques puisqu'il limite la communion du vin aux seuls clercs ; en effet les laïcs risquent de laisser tomber par terre des gouttes de vin (ce sont des baveux par rapport aux clercs plus civilisés !), et donc le vrai sang du Christ, et donc la substance même de Dieu puisque le Christ est Dieu dans la version trinitaire - ce qui équivaut à un blasphème.
* Hildebert de Lavardin ou Hildebert de Tours (1056- 18 décembre 1133) est un clerc français réformateur, évêque du Mans entre 1097 et 1125, archevêque de Tours de 1125 à sa mort.


Pierre Valdo, mort vers 1217, soit deux ans après la décision du concile de Latran, n'adhéra pas au nouveau dogme.


Dans sa Somme théologique, rédigée de 1266 à 1273, saint Thomas d'Aquin utilise cette notion de Transsubtantiation

 

En 1379, John Wyclif répudie la doctrine de la transsubstantiation, ce qui lui fait perdre le soutien de Jean de Gand, un important aristocrate de la cour d’Angleterre. Deux ans plus tard, en 1381 son opinion sur l'eucharistie est débattue par Mikuláš Biskupec au sein de l’université de Prague – ce qui montre bien la rapidité de diffusion des débats théologiques à cette époque.


Jan Hus revendique, pour les laïcs, la communion sous les deux espèces. Chez les Tchèques, le calice * devient l’emblème de cette revendication.

* il a été repris comme « logo » par les unitariens américains en 1961 (date de la fondation de l’Unitarian Universalist Association of Congregations UUA), puis ensuite par la plupart des unitariens du monde entier ( lien)

 

Jean-Hus-et-Martin-Luther-donnant-la-communion.png

Martin Luther donnant la communion du vin (à gauche) et Jean Hus (à droite), simultanément, celle du pain. Le dessin est bien entendu anachronique puisque un siècle sépare les deux réformateurs.

 

Pour Martin Luther, la présence du Christ est réelle, mais les espèces ne sont pas transformées ; elles restent un support matériel à cette présence réelle. En quelque sorte, Martin Luther évacue l'acte magique contenu dans cette histoire de transsubstantiation. C'est la consubstantiation. Mais, sur cette question, Ulrich Zwingli à Berne et Jean Calvin à Genève entreront en conflit avec les luthériens (tout en s'opposant aussi entre eux !) car ils évacuent toute présence réelle de la Cène, la présence étant toute spirituelle (pour Jean Calvin), voire toute mémoriale (Ulrich Zwingli) *. Face aux luthériens, le concile de Trente, qui débute en 1545, réaffirme le dogme de la transsubtantiation.

* Aujourd'hui, les témoins de Jéhovah célèbrent à Pâques, selon le calendrier juif, un mémorial du dernier repas de Jésus.


Epilogue chez les catholiques :


Vatican II (1962-1965) autorise les laïcs à communier sous les deux espèce ; il l’encourage même dans certains cas, cf. Sacrosanctum Concilium n° 55. Les toutes dernières normes liturgiques n’indiquent plus aucune restriction dogmatique pour cette communion sous les deux espèces. Les raisons d'une communion sous la seule espèce du pain sont essentiellement d’ordre pratique, notamment parce que la distribution sous les deux espèces nécessite un plus grand nombre d’acolytes ou d’auxiliaires de la communion.


Du point de vue officiel romain, les choses à observer et à éviter concernant l'Eucharistie ont été récapitulées dans l'instruction Redemptionis Sacramentum (19 mars 2004). Les conférences épiscopales et les évêques de chaque Église particulière ont une grande latitude dans l'application de ces règles.


Pour donner la communion sous les deux espèces, le prêtre peut soit donner la communion en faisant boire le fidèle directement au calice, soit en trempant l’hostie consacré dans le calice et en la donnant au fidèle. Ce deuxième geste est désigné sous le nom d'intinction. L'usage courant pour la communion par intinction est que le fidèle trempe lui-même l'hostie, ce qui a des inconvénients pratiques si le geste est mal fait. L'instruction Redemptionis Sacramentum rejette cette manière de faire (§ 104). Un troisième geste est possible mais non pratiqué en Occident, la communion à l'aide d'un « chalumeau » eucharistique (petit tuyau en métal faisant office de paille, parfois en or ou argent) ou d'une cuiller. Source d'information : Wikipedia, article « Communion » ( lien)

à suivre ...

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Published by Jean-Claude Barbier - dans sur les Réformateurs
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