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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 19:30

Cette chronologie a été établie par Jean-Claude Barbier à partir principalement de deux sources suivantes : l'article de Charles A. Howe et Peter Hughes, sur le site de l’Unitarian Universalist Historical Society (UUHS), traduit en français par Didier Le Roux sur son site « Unitariens", et l'article « Giorgio Biandrata » du site italien sur les hérésies, traduit de l'italien par Alain Bourdy (lien).

giorgio_biandrata_la-volpe-ed-il-leone_lionello_nardo_4.JPG1516 -
Giovanni Giorgio Biandrata, fils aîné de Bernardino B., de l’ancienne famille aristocratique De Blandrata, naît le 5 mai à Saluzzo (Saluces en Français), dans le piémont italien, entre Turin et Cunéo. Saluzzo fut le siège d’un marquisat indépendant durant 4 siècles, de 1142-1548, avant d’être français, puis conquis par le duc de Savoie en 1588
1533 - Il fait des études en arts libéraux à Montpellier où il est diplômé de médecine en 1533,

 

Lionello Nardo dans le rôle de Giorgio Biandrata dans la pièce d'Ugo Rizzato "Giogio Biandrata : la Volpe ed il Leone", Théâtre du Marchesato, Saluzzo, mai 2010.


1540-1551 – S’étant spécialisé dans les troubles fonctionnels et nerveux chez les femmes, cela lui permet de devenir, vers 1540-1544 médecin de la cour de la reine de Pologne, Bona Sforza, fille du duc de Milan et femme de Sigismond II Jagellone, dit Auguste (1543-1572). De là, il fait la connaissance en 1544 d’Isabelle fille de Bona et de Sigismond, et veuve récente du vovoïde de Transylvanie et roi de Hongrie orientale Jean Ier Zapolya (1529-1540). Il sera médecin à la cour de celle-ci de 1544 à 1551, et en même temps conseiller. A Jean Ier, avait succédé son fils alors mineur Jean II Sigismond Zapolya (1541-1571) mais en 1551 Isabelle et son très jeune fils sont contraints de renoncer à la couronne en échange d'un fief en Silésie par Ferdinand de Habsbourg (empereur de 1558 à 1564), l'autre prétendant au trône hongrois.
1551 – G. Biandrata se déplace pour Vienne afin de négocier en faveur de la reine. En Italie, à Pavie ou à Milan, puis à Mestre, près de Venise.
1553 – dans le canton suisse des Grisons en compagnie d’autres réformés italiens : Giovanni / Giampaolo Paolo Alciati della Motta et Camillo Renato. En octobre, martyr de Michel Servet. A la fin de l’année, il va à Vienne comme témoin pour un procès relatif au meurtre d’un cardinal catholique de l’entourage de la reine Isabelle.
1556 – début du mouvement anti-trinitarien en Pologne au synode de Secemin avec Pierre de Goniadz (ou Gonésius).
1557 – à Genève durant un an. Il y soigne Jane Stafford, la femme anglaise du comte Celso Massimiliano Martinengo, prédicateur de l'Eglise italienne à Genève.
1558 – se sauve à Zurich,
mais Martinengo dénonce les propos anti-trinitaires de G. Biandrata à son propre protecteur, le réformateur de Zürich, Heinrich Bullinger. Il revient à Genève un court temps après lorsque son ami Alciati lui obtient un sauf conduit. Mais le 18 mai 1558, Calvin demande à tous les Italiens exilés à Genève de signer un acte de foi trinitaire. Refus de Giovanni Valentino Gentile, Giampaolo Alciati della Motta et G. Biandrata. Il part chez Gribaldi à Farges, ensuite il se dirige vers Berne puis Zurich. Après une tentative infructueuse d'y convertir le réformé Pietro Vermigli (Peter Martyr) à ses vues, il est forcé de se sauver également de Zurich. Retour en Pologne. Il y rencontre Lelio Socin.

1558-1563 - Communauté anti-trinitaire de Pinczow, près de Cracovie avec des Italiens (Francesco Lismanini 1504-1566 *, Prospero Provana) et des locaux comme Pietro Genesio et Grzegorz Pawel. Synodes calvinistes de Pinczow en 1558, de Wlodzislaw en 1559 ** et de Ksionz en 1560 et 1562
* G. Biandrata connut Francis Lismonino d'abord comme confesseur catholique de la reine, puis comme meneur protestant. Gagnant la confiance de Lismanino lors des traitements pour son épilepsie, il s'engagea dans de nombreuses discutions théologiques avec son patient et l’amena à douter de la Trinité.

** après les polémiques suscitées par l'hébraïste mantouan Francesco Stancaro pour sa doctrine basée sur Jésus-Christ en tant que médiateur avec Dieu le Père uniquement dans sa nature humaine, hérésie qu'il fut repoussée par le synode de Wlodislaw, où les exemplaires de son livre furent brûlés publiquement.
1563, en Moldavie pour travailler pour Despote Jacob Basilicus. Mais celui-ci est assassiné. G. Biandrata accepte l'invitation du roi Jean Sigismond II de devenir médecin à la cour de Transylvanie à Gjulafehérvar (actuelle Alba Julia). Depuis 1556 la reine mère Isabelle était revenue au pouvoir grâce à ses partisans et l’avait cédé à son fils en 1559. Il convertit Ferenc David, chapelain du roi et alors intendant calviniste, à l’anti-trinitarisme (G. Biandrata possédait l'un des rares exemplaires du Christianismi Restitutio de Michel Servet).
1565 – scission consommée entre calvinistes et anti-trinitaires polonais. Naissance de la Petite Eglise polonaise.
1566 - convocation à la demande des calvinistes (Melius, etc.), d'un synode national à Gyulafehérvar, ensuite ajourné en un nouveau lieu, à Torda (toujours en Transylvanie), et qui se révéla être un triomphe pour les unitariens F. David et G. Biandrata.
1567 – en collaboration avec F. David, "De falsa et vera unius Dei patris, filii et spiritus sancti cognitione" (de la fausse et de la vraie connaissance de l'unité de Dieu Père, Fils et Saint-Esprit), Une autre co-publication : "Antithesis pseudo-christi cum vero uno illo ex Maria nato" (l'antithèse entre le Pseudo Christ et le vrai né de Marie), était une version condensée de De falsa et vero.
1568 - Diète de Torda en janvier 1568, où Jean II Sigismond reconnut la pleine liberté à toutes les confessions religieuses présentes alors en Transylvanie ; ce fut la première déclaration, au monde, de tolérance religieuse jamais prononcée par un souverain. La même année, dispute de Gyulafehérvár où triomphe F. David.  G.Biandrata y participe.
1569 – toujours en collaboration avec F. David : « De Regno Christi » (du royaume du Christ) et « De Regno Anti-Christi » (du royaume de l'Anti-Christ), se composant en grande partie des passages pris du Restitutio de Servet. Un pamphlet de David contre le baptême des enfants était inclus
1571 - 1a Diète reconnait formellement l’unitarisme comme religion faisant partie des quatre reconnues par l’Etat, avec F. David en temps qu’administrateur. La même année, le roi meurt accidentellement. Le catholique Etienne 1er Bathory succède à Jean II Sigismond. F. David perd sa position comme prédicateur de cour, mais G. Biandrata. est maintenu comme médecin.
1572 - deuxième Diète de Torda où le nouveau régime confirme l'existence de la tolérance religieuse, mais interdit n'importe quelle nouvelle innovation religieuse.
1573-1581 ?, le médecin italien Niccolo Paruta est au collège unitarien de Kolozsvar ; il meurt dans la maison de G. Biandrata à Nagyenyed
1574 – G. Biandrata accompagne Etienne 1er Bathory en Pologne qui mène campagne pour le trône. En juillet, l'Italien Niccolo Buccela est recruté comme médecin par Etienne Bathory avec un salaire de 600 talents par an. Liens épistolaires durables de G. Biandrata avec le diplomate italo-hongrois André Dudith Sbardellati.
1575 – G. Biandrata est récompensé de ses services par Christophe Bathory, le frère d’Etienne, avec des droits sur plusieurs villages. Révolte de nobles, dont des unitariens qui sont tués ou emprisonnés. Retour des jésuites en Transylvanie.
1576 – Etienne 1er Bathory devient effectivement roi de Pologne et le restera jusqu’à sa mort en 1586. Son frère Christophe Bathory lui succède comme vovoïde de Transylvanie.
1578 - polémique entre adorants et non adorants. Venue de Faust Socin. F. David, suivant la pensée de l'italo-grec Giacomo Paleologo (Jacob Palaeologus), auteur du traité universaliste "De discrimine Veteris et Novi Testamenti", niait le rôle de guide pour les fidèles en rapport au salut du Christ et réfutait, par conséquent, toute forme d'adoration de Jésus-Christ.
1579 – à l'instigation de G. Biandrata, la Diète s’assemble à Gyulafehérvár en 1579 pour juger F. David sous motif d’innovation religieuse. F. David meurt le 15 novembre dans la forteresse de Deva où il a été emprisonné à vie. Demeter (Demetrius) Hunyadi succède comme deuxième évêque (1579-1592). Pamphlet anonyme accusant G. Biandrata de la mort de son ami. Dans une lettre à Jacob Palaeologus, G. Biandrata se défendit, disant qu'il était moins concerné par les doctrines de David F. que par les conséquences politiques pour l'Eglise unitarienne.
1581 - Marcello Squarcialupi, également médecin italien, qui ne participa pas aux disputes doctrinales du Salucesain mais s'aligna sur sa pensée en 1581, écrivit une lettre à Faust Socin pour l'inviter à baisser le ton de la polémique, qui en outre ternissait l'image des exilés italiens.
1588 – le 5 mai. Mort de G. Biandrata à Gjulafehérvar. A-t-il été asphyxié durant son sommeil par son neveu Giorgio, le fils de son frère Alphonse, qu’il avait fait venir en Transylvanie pour s’occuper de la gestion des ses biens ? Selon le jésuite Jacob Wujek.

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Published by Jean-Claude Barbier - dans (hist) BIANDRATA Giorgio
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