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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 14:49

Jean-Jaurès : « Enlever à la divinité de Jésus le seing exclusif que lui donne le dogmatisme catholique », message de Yves Lecornec au sein du groupe Unitariens francophones sur Facebook , le 2 juin 2013, publié dans les Libres propos de la Correspondance unitarienne n° 129, juillet 2013.

Je suis plongé depuis quelques temps dans la lecture des œuvres de Jean Jaurès, ce grand tribun assassiné quelques jours avant le déclenchement de la grande boucherie de 1914. On y trouve s’agissant de la figure du Christ, des lignes que ne désavouerait pas, à l’évidence, un chrétien unitarien. Qu’on en juge plutôt :

« …..il est absurde qu’un individu particulier, concret, soumis à la loi du temps et de l’espace, soit l’Absolu. En quel sens dit-on que Jésus est Dieu ? Si l’on entend simplement que Dieu est en lui, que sa conscience participe à l’absolu, Jésus est Dieu, mais comme le sont toutes les consciences et tous les êtres, comme l’est l’Univers lui-même, en qui Dieu respire et agit. Si l’on entend avec le dogme catholique, qu’il ne participe pas seulement à Dieu, qu’il est Dieu lui-même, on confond un fragment de l’espace, de la durée et de la conscience universelle avec l’absolu qui est supérieur à l’espace, à la durée et à la conscience particulière. Veut-on dire qu’à force de sainteté, de tendresse et de sacrifice, l’âme de Jésus s’est dépouillée de toute particularité étroite, de toute individualité exclusive et égoïste et qu’elle s’est ainsi substantiellement unie à l’infinie bonté, c’est-à-dire à Dieu lui-même, au point de ne faire qu’un avec lui ? Mais c’est reconnaître que les êtres finis peuvent, par la perfection intérieure s’élever à la vie divine : c’est ouvrir le chemin de Dieu à toutes les âmes qui sauront briser le cercle étroit où l’égoïsme les enferme. C’est donc enlever à la divinité de Jésus le seing exclusif que lui donne le dogmatisme catholique, et les chrétiens eux-mêmes sont obligés de reconnaître que, dans les hauteurs et les profondeurs de l’univers affligé du péché, mais tourmenté de l’idéal, d’autres âmes ont pu, s’agrandissant elles-mêmes, convertir la perfection en leur propre substance et se diviniser au même sens que Jésus. La philosophie admet que tous les êtres finis peuvent aspirer à l’infini et à l’absolu ; elle n’admet pas qu’un seul être ait pu accaparer l’infini et monopoliser l’absolu….Pour moi, j’incline à penser que la critique des Evangiles découvrira dans les conceptions et les paroles du Christ la cause du malentendu d’où est sortie la théologie catholique, mais qu’en même temps l’Humanité pourra corriger ce malentendu et ruiner la théocratie, tout en s’appropriant pour sa vie intérieure et idéale, ce qu’il y a de divin dans l’œuvre et la personne du Christ. »

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Published by Jean-Jaurès - dans CU 2013 - articles
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