Partager l'article ! CU 112, février 2012 - Une religion laïque est-elle possible ?: par Jean-Pierre Babin * * Président de l’Assemblée fraternelle des chr ...
la besace des unitariens
le site documentaire de la Correspondance unitarienne
La besace qui contient le pain du voyage, de l’exil, de l’itinérance – tel fut le destin des premiers unitariens aux XVIe et XVIIe siècles, chassés des villes catholiques, luthériennes et calvinistes à cause de leur anti-trinitarisme, quand ils n’étaient pas décapités ou brûlés vif sur place. Avec les cathares, les vaudois, les lollards, les hussites, les huguenots et bien d’autres, ils furent les hérétiques de la chrétienté, ne manquant jamais d’emporter dans leur besace de proscrits, à côté de la miche de pain, une bible et leurs écrits. Ce site est un hommage à eux rendu.
Vous y trouverez la littérature francophone concernant l’unitarisme : une bibliographie, le sommaire des bulletins internes des associations, la référence d’articles déjà publiés ou leur reproduction, etc. Voilà une bien grande et lourde besace ! mais vous pourrez, à votre tour, la transporter, grâce aux miracles de l’informatique, avec une clef USB !
Pour les unitariens, loin des dogmes et des " mystères " théologiques, la religion va de pair avec la raison, les connaissances scientifiques et l’expérience vécue et intime de chacun. La lecture des connaissances acquises, l’étude attentive des réflexions d’autrui, la communication des idées ont toute leur valeur.
contact : correspondance.unitarienne@wanadoo.fr
par Jean-Pierre Babin *
* Président de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU) de novembre 2005 à mars 2006, puis trésorier
de cette même association durant quelques mois jusqu’à la déclaration d’un cancer des os. Il est actuellement en rémission de cette souffrance.
Chères sœurs et chers frères humains de toutes couleurs, quel intérêt a t-on à se placer comme disciple d’une religion
?
- Nous devons respecter les règles établies par des hommes.
- Nous devons suivre des offices ennuyeux.
- Nous devons remettre de l’argent aux religieux.
- Nous devons croire en des promesses dénuées de raison.
- Et bien entendu j’en oublie, et de plus belles !
Pour autant doit-on accepter le matérialisme total ?
- Il se montre désespérant.
- En nos cœurs on ressent de la beauté, de la bonté.
- Mais parfois aussi de la haine, des envies de meurtres.
- On se dit « il doit bien exister quelque chose » (1) ?
- Mais quel nom donner à ce quelque chose ?
(1) « quelquechose » : Le Tao dit « le nom que l’on peut prononcer n’est pas le nom » ceci pour éviter de
dire « Dieu » qui demeure plus une question qu’une réponse ; ainsi que tout autre nom de « déité » quelque soit la foi reconnue …
Les Indiens affirment que la parcelle humaine « Atman » est reliée à la totalité « Brahman », et qu’à notre extinction,
l’atman se dissout dans Brahman. Le Bouddha nous promet le Nirvana, sans bien le définir. Mais il serait la fin de nos réincarnations qui se produisent tant que notre karma n’est pas suffisamment
pur. Les « gens du livre » - judaïsme, christianisme, islam - nous promettent une vie éternelle. La mort sera vaincue, nous ressusciterons dans un paradis qui nous attend pour une vie éternelle.
Les prêtres iraniens nous parlent également d’une fin des temps, de la victoire du bien sur le mal, puis d’un jugement des êtres ; les bons trouvant une place privilégiée. Les religions
coutumières placent des âmes en chaque être ou objet (2), et mettent tout en relation et en interdépendance. Les justes rejoignent également des lieux célestes de lait et de miel (3).
(2) ndlr - dans le cas de l’animisme, mais non pour les religions coutumières d’Afrique noire où les ancêtres
et divinités ne sont pas confondus avec les objets et les lieux qui leurs servent d’autel.
(3) ndlr – en Afrique noire, sauf en cas de mal-mort, toutes les âmes des défunts survivent dans un au-delà
non précisé.
Alors pourquoi une religion, des clercs, des dogmes, de l’argent, des promesses ? Et pourquoi pas une spiritualité ? Une foi
? Un mysticisme ?
- Mais pouvant être reliée à la raison et à la science.
- La recherche d’une « Conscience ».
- L’appel d’un « Esprit ».
- Le désir d’une protection face à la maladie, à la mort.
- Le besoin de se sentir aimer par ce fameux « quelque chose »
Partons d’une évidence : nous sommes de la matière qui au cours des millénaires a pris vie, puis conscience, donc, qui pense.
Ou, au contraire, nous sommes des esprits qui se sont matérialisés et ont pris corps. Les deux chemins nous conduisent aux mêmes questions : ce que nous sommes, ce que nous pensons, disons,
faisons. Une seconde évidence : le bien et le mal sont des notions que l’on perçoit clairement, et chacun de nous comprend les différences entre ces deux routes. L’homme croyant ou incroyant peut
devenir bon comme mauvais. En troisième point : nous ne savons rien de la vie après la vie, comme du sens de la vie, pourquoi la vie plutôt que rien ? En quatrième point : faut-il suivre les
philosophes ou les prophètes ?
Je pense qu’il convient de demeurer pour encore quelques
siècles voir millénaires, du moins tant que l’homme ne se sera pas fondamentalement amélioré, fidèles aux dix commandements de Moïse ; que nous nous remémorons (mais tout discours humaniste vaut
cela) :
- Tu adoreras « quelque chose » seul et tu l'aimeras plus que tout
- Tu ne prononceras le nom de « quelque chose » qu'avec respect.
- Tu sanctifieras le jour de « quelque chose ».
- Tu honoreras ton père et ta mère
- Tu ne tueras pas.
- Tu ne feras pas d'impureté.
- Tu ne voleras pas.
- Tu ne mentiras pas.
- Tu n'auras pas de désir impur volontaire.
- Tu ne désireras pas injustement le bien des autres.
Pas plus ni moins pour le moment. Et déjà cela ne sera pas si facile ! si l’homme s’en tient à ces commandements cela
changerait déjà beaucoup la face de la planète. En effet, le sermon sur la Montagne me semble « trop en avance » car l’homme avant de faire le bien et d’aimer doit déjà accepter de ne pas faire
le mal, et de ne pas tuer, tromper, mentir, etc.
Je dénonce également les Eglises qui commercialisent la spiritualité en la détournant à leurs avantages. Une foi laïque
apparaît possible. Un quelque chose « naturelle » nous domine, nous guide, nous aime, nous sert de modèle. Peu importe son nom.
Bon courage, Chères Sœurs et Chers Frères humains de toutes couleurs.
Message du 6 octobre 2010 par un être perdu dans la multitude.
Cet article a été traduit en italien par Giacomo Tessaro
et mis en ligne le 31 janvier 2012 sur le site de la Congregazione Italiana Cristiano Unitariana (lien).