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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 15:15

par Jean-Claude Barbier

 

Alors que les théocraties aliénaient les hommes, les faisant dépendre de volontés divines, d’autorités scripturaires comme la Bible et le Coran, ou encore de prophètes ou de clergés parlant au nom de Dieu, l’humanisme a renversé la tendance, faisant de l’homme le centre du monde.

Jésus a favorisé indéniablement cette évolution en considérant que la Loi juive ne pouvait pas s’appliquer en contradiction avec le bien de l’homme pris dans son sens raisonnable : si un âne tombe dans un puit le jour du sabbat, comment ne pas aller l’en retirer ? Et d’ajouter : le sabbat est fait pour l’homme et non pas l’inverse ! La religion se doit d’aider les hommes et non pas de les brimer (encore moins de les spolier ou de les tuer). Mieux, Jésus considère que la Loi n’est pas immuable : Moïse vous a dit que … et moi je vous dis … Non seulement il prend l’homme en considération (mais déjà l’Ancien testament prônait une politique sociale en faveur des veuves, des orphelins, des pauvres, des immigrés, etc.), mais il en fait une référence : la volonté de Dieu (que Ta volonté soit faite !) correspond à ce dont nous avons effectivement besoin. Il y a donc parfaite compatibilité, concordance. Le Dieu de Jésus est providentialiste (que les oiseaux ne s’inquiètent pas du lendemain) et on peut même dire paternaliste ; il aime l’homme comme un père et veut son bien. Mais il faudra toutefois attendre la Renaissance pour que les Arts fasse de l’homme le centre iconographique, puis le Siècle des lumières pour affirmer la compatibilité entre les lois divines dirigeant la Nature et la raison humaine ; enfin les déclarations américaines puis française des droits de l’homme et du citoyen.

Avec la fin du théisme, de cette croyance naïve selon laquelle Dieu nous protège, nous écoute, répond à nos prières, intervient pour résoudre les cas particuliers en bousculant les lois de la nature (qu’il a pourtant mises en place en tant que Créateur !), le panthéisme de Baruch Spinoza reprend de l’audience. Avec lui, le problème du Mal ne se pose plus : pourquoi Dieu n’est-il pas intervenu pour sauver les Juifs de la Shoa, pour mettre fin aux massacres, pour punir les dictateurs, etc. Dieu est dans sa Création, en immanence, source de vie, mais laisse les dynamiques naturelles s’opérer même lorsqu’elles produisent ce que nous appelons des cataclysmes. Nous voilà avec une présence divine certes (pour les croyants), mais désormais sans protection, sans punition, sans récompense sur terre ou dans un au-delà ! A nous de faire avec.

Nous voilà devenus orphelins. Désormais, c’est l’univers tout entier qui est la référence et non plus notre nombril et nos besoins. Il nous faut même sauver la planète bleue en sacrifiant une partie de ceux-ci ; mettre fin à notre surconsommation alors que le Dieu de la Genèse nous avait établi comme des rois sur tout ce qui est vivant ; respecter les animaux et assurer leur survie. L’écologie invite radicalement à mettre fin à nos égoïsmes.

Après les grandes civilisations théocratiques, l’humanisme exaltant à juste raison nos potentialités physiques et mentales, voici venir une nouvelle étape qui est celle de la primauté de l’environnement, de la Vie (et pas seulement de nos seules vies humaines). Sur le plan théologique, il nous faudra sans doute repartir, entre autres, de l’héritage de Spinoza si nous voulons penser Dieu et le Monde.

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Published by Jean-Claude Barbier - dans CU 2013 - articles
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