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documents en français sur l'unitarisme

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Out of the Flames

L'archidiacre Charvet juge sévèrement Michel Servet. " Ce savant, dit-il, n'était autre chose qu'un loup déguisé. Il avait exercé la médecine et eut beaucoup mieux fait de s'en tenir à l'étude de sa profession que de vouloir pénétrer dans le sanctuaire de la religion, avec des lumières trop courtes pour une si dangereuse entreprise : l’éclat du mystère de la Trinité l'aveugla, et, ne pouvant le comprendre, il osa le nier, soutint que Jésus-Christ n'était qu'un pur homme, et rejeta la foi du péché originel et la nécessité du baptême (…) " Histoire de la Sainte Eglise de Vienne (Lyon, Cizeron, 1761).

Extrait du livre d’E.-J. Savigné paru en 1907 (un an après la mort de l’auteur), sous le titre " Le savant M. Servet, victime de tous les fanatismes ", chez Henri Martin (éditeur à Vienne), un livret d’environ 65 pages en 14 x 22. Celui-ci a été mis en ligne par Fabien Girard, sur son site " Liberté de croyance autour de Michel Servet et Sébastien Castellion "
http://libertedecroyance.blogspot.com/2008/05/le-savant-m-servet-victime-de-tous-les.html 

Lecture du livre " Out of the Flames " (Au delà des flammes)
présentée par la pasteur Diane Rollert lors du culte en anglais du dimanche 25 mai 2008 à l’église unitarienne de Montréal, traduit en français par Marie-Claire Lefeuvre 

Voici la présentation très vivante que font Laurence Goldstone et Nancy Goldstone, dans leur livre : " Out of the flames " (Au-delà des flammes) *, de la mise au bûcher de Michel Servet.
* éditeur Broadway, septembre 2003, 368 p.

Peu après midi, lors d’une journée froide et pluvieuse d’octobre, en 1553, une procession commença à l’hôtel de ville de Genève, dans la partie Ouest de la Suisse, à la frontière française. Elle était menée par les responsables locaux : conseillers municipaux, magistrats, pasteurs, et le lieutenant-criminel, à savoir le chef de la police. Immédiatement à leur suite venaient les officiers de la cavalerie et une garde d’archers à cheval ; ils étaient suivis des citoyens de la ville : les bourgeois aisés d’abord, puis les commerçants et les artisans, enfin le reste des habitants, les moins aisés. Ils se dirigeaient vers un versant de la colline de Champel, à environ un mile de la cité, hors les murs. 

Parmi ces Suisses au teint clair se trouvait un prisonnier : le teint basané, sale et faible, non rasé, aux habits en lambeaux, presqu’un Maure ; il avait dans les quarante ans ; il était entouré par un grand nombre de pasteurs qui l’exhortaient à confesser ses péchés. Un homme d’Eglise âgé, marchant près de lui, lui parlait à voix basse à l’oreille. Pour toute réponse, intérieurement, le prisonnier priait. 

Ce prisonnier d’apparence misérable était en réalité un des penseurs les plus en vue de son temps et un savant de grande envergure. Il s’appelait Michel Servet ; son seul crime était d’avoir publié un livre qui redéfinissait le christianisme d’une manière plus tolérante et authentique. 

Il avait risqué sa vie et sa position sociale pour publier ce livre. Après avoir été poursuivi par l’Inquisition, il s’était caché et avait resurgi avec une identité sans risques pour devenir un citoyen respecté en France. Des gentilshommes parcouraient de grandes distances pour venir consulter le " Dr Villeneuve ". Mais Michel Servet ne voulait pas vivre une vie qui n’était pas en accord avec ses croyances ni avec ses principes. C’est ainsi qu’il imprima et fit distribuer son livre. 

Peu de temps après l’avoir publié, il fut arrêté par les Inquisiteurs en France. Il évita de longs mois d’emprisonnement en se sauvant à la veille de son procès où il fut condamné à mort. Il aurait pu se sauver en Italie, où il aurait eu la vie sauve, mais il préféra s’arrêter à Genève. C’est alors que son teint basané le trahit. Il fut reconnu alors qu’il priait dans une église et on l’arrêta. 

Avant que ses partisans aient pu rien faire pour le défendre, Michel Servet fut jeté dans un cachot sans air ni lumière, infesté de vermine, où il resta soixante quinze jours. Le 26 octobre 1553, Michel Servet fut condamné à être brûlé vivant, ainsi que ses livres, le lendemain, à Champel ".

C’est ainsi que se termine la lecture, ainsi que la vie de Michel Servet - ou Miguel Serveto, puisqu’il était né en Espagne. 

Les étincelles qui s’élevèrent des flammes consumant Michel Servet furent à l’origine d’un mouvement qui débuta dans la petite colonie italienne de Genève, puis qui se propagea en Pologne, en Transylvanie, en Angleterre, et en Amérique du Nord ; et à chaque étape une histoire qui pourrait en inspirer plus d’un. 

Qu'écrivit donc Servet pour ainsi perdre la vie ? Il osa avoir sa propre interprétation de la Bible et affirma qu'il n’y trouvait aucune preuve de la Trinité, d'où le nom d'unitariens
[ndlr : Dieu Un, unique] dont nous avons hérité. Mais, plus important encore, il affirma que "Dieu existait en chacun de nous et en toutes choses ", parole à la fois si puissante et dangereuse que rien, ni l'exécution ni le bûcher, ne put l'anéantir. 

Aujourd'hui on trouve les communautés unitariennes principalement aux Etats-Unis (sous la forme de l’unitarisme-universalisme) et en Transylvanie, ce dernier pays ayant été d’une façon ininterrompue, depuis le milieu du XVIe siècle, en continuité avec l'unitarisme. En Europe, même si des Eglises furent supprimées ou disparurent au cours des siècles
[ndlr. la Petite Eglise de Pologne], les idées de Michel Servet s'y enracinèrent. Aujourd'hui, sur la toile, nous observons une renaissance ténue mais solide de ces convictions en Europe, en Amérique du Sud, en Afrique, amenant tout un chacun à dire que nous sommes et avons toujours été un mouvement universel.

Oui, nos racines sont profondes et s'enfoncent loin dans le temps : plus de quatre cent cinquante ans en arrière
.

paru en article à la Une de la Correspondance unitarienne, n° 84, septembre 2008.

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