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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

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7 mars 2009 6 07 /03 /mars /2009 19:16

Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU)

La prochaine assemblée générale de l’AFCU se tiendra le samedi matin 18 avril au siège de l’association : chez Jean-Pierre Babin, 2 avenue du Clos Launay, 44115 Basse-Goulaine (banlieue sud-est de Nantes).
Pour information et contact :

jp.babin@wanadoo.fr, tél. 02 40 54 55 56 (le matin seulement).

Deuxième semaine unitarienne de Nantes sous le soleil de l’été

Afin de mettre à profit les disponibilités en temps libre et déplacement durant l’été, la Correspondance unitarienne propose une première semaine du mois d’août (du lundi 3 au dimanche 9), toujours dans la banlieue-Est de Nantes, avec un programme " à la carte " (moments de prière, cultes de libre expression, études bibliques, réunions thématiques, etc.).
Ce programme est modulable selon les participants, avec accueil familial (conjoints, enfants, amis, tourisme, etc.) et à moindre prix (aucun frais d’inscription, villa mise à notre disposition, possibilité de camping gratuit, hôtel à proximité à 37,5 euros la chambre avec wifi). La formule est conviviale avec bonnes grillades dans le jardin, etc.
Cette semaine est ouverte à tous les chrétiens et autres croyants libéraux, mais aussi aux non croyants en recherche spirituelle.
Pour information, voir les Actualités unitariennes
. Pour contact : Jean-Claude Barbier, barbierjean-claude@wanadoo.fr, tél. 05 40 32 56 12

Congregazione italiana cristiano unitariana (CICU)

Roberto Rosso, fondateur de cette congrégation a été ordonné au sacerdoce le dimanche 16 novembre 08 à Copenhague par le pasteur Knut Heidelberg. Il est ainsi habilité à effectuer toutes les cérémonies et sacrements selon les rites de l’Eglise unitarienne de Transylvanie.
 

Groupe unitarien de Lomé

Un groupe unitarien s’est formé à Lomé au cours de l’année 2008 avec l’aide de notre réseau et de l’AFCU.
Voir l’article du 17 décembre 08 sur le site de l’AFCU,

Un groupe de travail unitarien

Un groupe de discussion sur Yahoo " Unitariens francophone " fut lancé en avril 2005 par les chrétiens unitariens. Ce groupe fonctionne très bien avec plus de 100 messages chaque mois et 84 membres à ce jours. Mais pour répondre aux besoins de certains, un groupe jumeau " Unitariens francophones en dialogue " vient d’être ouvert par la Correspondance unitarienne afin d’approfondir certains sujets. Le premier " chantier " proposé à discussion porte sur une comparaison entre la Trimoûrti hindouiste et la Trinité chrétienne, ceci au sein des triades de la civilisation indo-européenne. Nous espérons que ce groupe de travail (qui fonctionne en interne) aidera à la mise au point de textes de qualité qui pourront être publiés par nos médias, à commencer par notre bulletin. Lien
 

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7 mars 2009 6 07 /03 /mars /2009 18:46

Thierry Moralès, l’Avent,
courriel à Jean-Claude Barbier, le 2 décembre 08

Je vis l'Avent en communion avec mes frères et amis catholiques tout en lui donnant un sens évidemment différent (comme toi, je ne crois pas à l'Incarnation). Dieu ne s'incarne pas mais le Verbe de Dieu prend chair dans un homme qui fait le choix de vivre de ce Verbe et de l'habiller de chair en l'accomplissant existentiellement. Chacun d'entre nous est appelé à réaliser cette incarnation, à devenir un christ, c'est à dire un humain réellement accomplit, exprimant en plénitude l'image et ressemblance de Dieu.

Bruno Cadez,
le Royaume est déjà présent
message au sein du groupe de discussion Unitariens francophones, le 19 décembre 08

Moi, je crois que Dieu s'exprime à travers chacun de nous, par l'humanité de chacun, et en premier lieu dans celle de Jésus, qui nous invite à suivre son exemple pour "voir le Père". Le Royaume est déjà présent, en nous et autour de nous. Ce sont nos existences qui le révèlent.. En cela, oui, je crois à l'incarnation qui est ce processus de révélation du projet de Dieu dans nos vies, et c'est pour cela que je célèbre également Noël.


Maurice Vandeweghe
, Isaac Penington
message au sein du groupe de discussion Unitariens francophones, le 25 décembre 08

En 1659, l'un des Quakers les plus marquants de la première génération, Isaac Penington (1616-1679 ) écrivait à ce sujet, dans un esprit résolument ouvert : " Combien celui qui a un regard vraiment spirituel trouve doux et agréable de voir, dans l'école du Christ, différentes sortes de croyants : chacun y apprend sa propre leçon, y remplit son propre office, et tous se reconnaissent, se rendent justice mutuellement et s'aiment dans les diverses situations où ils sont placés et dans leurs diverses manières de servir le Maître, à qui ils devront rendre compte, au lieu de se quereller entre eux au sujet de leurs pratiques différentes ( Rom. 14,4 ). Le vrai fondement de l'amour et de l'unité, en effet ce n'est pas que tel autre marche et agisse exactement comme moi, mais que je sente en lui le même Esprit et la même Vie ."

Jean-Claude Barbier et Xavier
Sur le forum de la communauté de blogs " Religions en toute liberté ", 
 la plate-forme d’Over-blog


Jean-Claude Barbier à Xavier - Je t'écris avec tout mon coeur car j'écoute la belle voix de la chanteuse italienne Myriam Cannas - chantant le Notre Père en araméen, l' "Avun" dans la langue que Iéshoua parlait, que tu as mis sur ton blog. Moments de silence, aussi, que sont chacun des tableaux de Macha Chmakoff et Cornelis Monsma - que tu as choisis avec soin pour accompagner tes textes si emplis d'une telle tendresse que celle-ci nous met en relation avec l'intimité de l'univers où Dieu est. Si le vertige pascalien de l'infiniment grand demeure toujours, avec toi il ne dilue plus l'homme dans un espace lointain, mais au contraire l'enveloppe. Sans doute est-ce là toute la magie de ce Nom que Iéshoua aimait tant prononcer dans sa prière : "Abba", qui veut dire Père. Dès lors, les chrétiens ont une certaine façon de regarder les étoiles - même si, comme dans le cas des unitariens, ils n'adhèrent plus à l'Incarnation.

Xavier - Je crois effectivement que c'est, comme tu dis, "toute la magie de ce nom", Papa, appliqué à celui/celle/cela qui demeure en même temps au-delà de tout, qui récapitule bien ce que nous a apporté Jésus. Quant à la question de l'Incarnation, je ne veux pas éviter la discussion, mais je voudrais être prudent. Je crois que l'histoire de toutes les séparations entre Eglises ou confessions ou communautés se résume en des questions de définitions que l'on a voulu trop précises, au détriment de la complexité - ou de la simplicité - de la réalité (et compliquées par les questions de politique, aussi ...). Que penserais-tu donc de cette formulation, qui vient de la tradition arménienne (je suppose que d'autres traditions peuvent l'avoir aussi, c'est de celle-ci que je l'ai apprise) : en Jésus, l'humanité et la divinité sont comme la chaleur et la lumière dans le feu.

Jean-Claude - C'est la poésie qui nous sauvera ! Le Prologue de Jean est très beau lorsqu'on le lit comme moment de ferveur religieuse au bénéfice de Ieshoua. Il devient abscons lorsqu'on veut en faire un manifeste théologique car nul n'a vu un homme né avant tous les siècles, hors de l'espace et du temps ! On bascule alors dans l'irrationnel. J'apprécie la très belle formule de l'Eglise arménienne. Merci pour cette perle.

Xavier – Je vois que nous nous comprenons bien sur le fond ! Mieux vaut lire le Prologue de Jean comme une oeuvre d'art que comme un programme théologique. Je suis bien convaincu que l'art fait plus pour relier les hommes que tous les 'ismes'. Bien amicalement.

Marie-Louise et Antoine Girin
, communion avec et par Jésus
note accompagnant l’envoi du bulletin n° 218, du mois de janvier 09, le 18 décembre 08

"
J'ai été conduit à une connaissance de Jésus qui est communion de mon être à son être". En cette phrase il y a, pour moi, tout Légaut. Qu'au cours de cette année, les uns par les autres, nous allions avec une sereine disponibilité et ouverture vers cette communion avec et par Jésus. Que Noël qui demeurera toujours attente, nous accompagne chaque jour de l'année qui s'ouvre. Bien fraternellement avec vous.

Dostoïevski
, l’extase
cité par Oliver Sacks " L’homme qui prenait sa femme pour un chapeau " (Seuil, p. 219), transmis au réseau par Marie-Claire Lefeuvre.

" Il est des moments à peine longs de cinq à six secondes, où l’on sent la présence de l’éternelle harmonie (…) ; terrible est l’effrayante clarté avec laquelle elle se manifeste, et l’extase dont elle vous emplit. Si cet état durait plus de cinq secondes, l’âme ne pourrait l’endurer, et devrait disparaître. Pendant ces cinq secondes, je vis toute une existence humaine, et pour ces moments-là je donnerais volontiers toute ma vie sans penser que ce serait trop cher payer. "

Léon Tolstoi –
Aimer la vie, c’est aimer Dieu 
" La Guerre et la Paix ", éd Poche, t. II, p. 558

"… La vie est tout, la vie est Dieu. Tout se déplace, se meut et ce mouvement est Dieu. Et tant que persiste la vie, persiste la joie de la conscience de la divinité. Aimer la vie, c’est aimer Dieu. La plus grande difficulté et la plus haute béatitude, c’est d’aimer cette vie dans ses souffrances, dans ses souffrances imméritées…. 
"
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7 mars 2009 6 07 /03 /mars /2009 12:46

Prier dans l’unité
Lettre de Charles Nicol, prédicateur de l’ERF, aux paroisses catholiques de Saint-Nazaire (et à leur invitation) dans le cadre de la Semaine de l’unité, janvier 2009.

Alors que la prière est au centre de la théologie chrétienne, les Eglises qui la composent ne prient qu’exceptionnellement ensemble. Et pourtant, leurs références sont communes : même origine, mêmes évangiles… L’unité substantielle existe donc déjà. C’est dans la pratique liturgique et l’interprétation des textes que les Eglises divergent malgré que Jésus lui-même prononça cette prière : " 
Que tous soient un " (Jean 17, 21).

Alors, à quoi sert la prière pour l’unité des chrétiens ? L’occasion nous est donnée de méditer et de faire œuvre de mémoire afin que les conflits absurdes qui nous ont déchirés ne se renouvellent jamais. C’est par conséquent un instant qui nous libère de l’identité confessionnelle au profit de notre identité commune, invisible, qui nous lie à l’Evangile et entre-nous. Cette prière nous aide à vivre d’importants moments de confiance réciproque et d’unité mais révèle, avant tout, la richesse de nos singularités mises en commun.

Nos Eglises sont à l’image du monde : peuples divers, langues variées. Peut-être, vaudrait-il mieux parler d’une prière " dans l’unité " que " pour l’unité ". En effet, ce moment offre à chacun la possibilité de se tourner vers les autres (catholiques, orthodoxes, protestants) et en définitive d’aller vers Celui qui est à la source de nos Eglises.

Pour les membres de l’Eglise réformée de France à Saint-Nazaire, Charles Nicol.

Cathos libres en Allemagne et en France
Jean-Charles Sikner, message du 4 février 09, au groupe de discussion " Unitariens francophones "

[…] Après tous les espoirs et l'espérance qu'a suscités Vatican 2, personnellement ressentis. En France, la hiérarchie catho a vraiment les j'tons que ça s'enracine chez les cathos de base comme en Allemagne : "Wir sind Kirche". Oui, "l'Eglise, c'est nous" (traduction littéraire), par delà la hiérarchie catho ; et même par delà les confessions ; et, allons jusqu'au bout, par delà les dogmes. Dur à avaler pour la hiérarchie ecclésiale catho. Pauvre Benoît XVI !

Confiance aussi, ce bouillonnement en Allemagne est prometteur, tout comme en France la Fédération des réseaux des Parvis*. C'est vrai, l'unitarisme, porté entre autres par des ex-cathos qui ont dû faire un chemin semé d'embûches souvent très long, parfois collectif, toujours personnel, en est aux yeux de la hiérarchie catho le mauvais exemple type ! Donc dans ce domaine "n'ayons pas peur" d'une contamination réciproque ! Sortir du prêt à penser, du prêt à croire, du prêt à prier : voilà un excellent programme pour tous !
* l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU) est membre de cette fédération.

Pas de prophètes, mais le souffle divin sur tout être
Grégoire Maury, message au groupe de discussion Unitariens francophones le 28 novembre 08

N'étant personnellement pas croyant dans la Bible qui est plus pour moi un livre historique que religieux, c'est vrai que j'ai vraiment du mal à considérer des gens comme Josué comme des prophètes. Même Jésus est pour moi quelqu'un qui n'est pas divin, juste une sorte de "guide" ayant une conscience particulièrement élevée (comme Bouddha, comme d'autres). De façon générale, j'ai du mal à accepter le concept de religion "révélée", le fait que Dieu (ou plutôt une "énergie créatrice") ai choisi un homme précis pour lui délivrer son message et le charger de le faire passer aux autres humains.

Je pense plutôt que Dieu/ l'énergie créatrice est comme un souffle qui traverse tout l'univers et toutes ses composantes (les lichens, les oiseaux, etc.), et que, selon notre nature, nous agissons/réagissons différemment à ce souffle. Chez les humains (dotés de conscience, encore qu'à mon avis les animaux aussi en ont une à leur façon, mais là c'est un autre débat), ce souffle nous pousse à trouver un sens et un but à notre existence. Ce "souffle divin" via notre conscience nous ouvre des possibilités/ perspectives que nous décidons ensuite de suivre ou non. En ce sens, les religions ou idéologies (comme le communisme) sont les réponses (réactions) d'hommes à ce souffle.

Maintenant dans une société libre (avec la liberté de croyances, d'opinions), c'est à chaque homme de faire un cheminement intérieur et de déterminer quelle "réponse" lui semble la plus appropriée. C'est le libre arbitre qui doit s'exprimer. Peut être que l'homme cherchera toute sa vie la réponse sans jamais la trouver, ou alors qu'une des réponses lui semblera "la moins mauvaise", ou peut être trouvera-t il lui même sa propre réponse. Dans cette optique la pluralité des convictions, de croyances ne peut être que bénéfique ; plus il y a de réponses à étudier, plus il y a de questions, de choix, et plus on peut progresser dans notre quête.

Bref j'ai tendance à me méfier des religions figées, dogmatiques, prétendant détenir la Vérité. Maintenant la complexité de la nature humaine font que "naturellement" les religions, les idées évoluent (en bien comme en mal). Une religion intolérante à l'origine peut devenir tolérante à l'épreuve du temps, ou le contraire.

Notre fardeau
envoyé par Henri de Vaucluse à la Correspondance unitarienne le 28 janvier 09

J'ai rencontré une petite fille portant sur le dos son jeune frère. Mon enfant, lui dis-je, tu portes un lourd fardeau ! Elle me regarda et dit : C'est pas un fardeau, M’sieur, c'est mon frère !
(d’un auteur inconnu)

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9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 19:20

Le christianisme est fondamentalement un personnalisme

par Jean-Claude Barbier

Correspondance unitarienne, n° 87, janvier 2009

 

Personnalisme

n.m. (de l’allemand Personalism, du latin personalis ; relatif à la personne)

1. Au sens premier, aujourd’hui abandonné, individualisme, égoïsme (le sens péjoratif de personnel est resté).

2. Doctrine religieuse opposée à l’impersonnalisme panthéiste par Feuerbach (1804-1872) et affirmant l’existence d’un Dieu unique comme personne. Le terme de Personalism, peut-être introduit par Schleiermacher (1768-1834), a été surtout utilisé en Allemagne au XIXe siècle.

3. Doctrine de Renouvier (1815-1903) consistant à mettre la personne au centre de la représentation du monde et à l’ériger en valeur suprême. La morale personnaliste est issue de Kant (1724-1804).

4. Philosophie d’Emmanuel Mounier (1905-1950), d’inspiration chrétienne. Elle repose sur une égale critique de l’individualisme libéral et du totalitarisme – les deux forces qui écrasent la personne (l’une procédant par l’atomisation des intérêts, l’autre par la massification des consciences). Comme le personnalisme est anti-individualisme, son communautarisme est anti-collectiviste

Christian Godin, 2004 - Dictionnaire de philosophie, Librairie Arthème Fayard / Editions du temps, p. 966 

     Et si nous faisions du sur place depuis les temps lointains ? Une forme de pensée binaire s’était développée dans des sociétés dites " primitives ". L’anthropologue Claude Lévy Strauss l’a bien expliqué à partir de ses études sur les mythes indiens ; moi même, j’ai rencontré cette forme de pensée auprès des populations sara du sud du Tchad.

Ces sociétés se constituent des points de repère pour structurer leur perception du monde sous forme de binômes opposés : le jour et la nuit, le soleil et la lune, la terre et l’eau, le masculin et le féminin, le village et la brousse, le cuit et le cru, etc . En Chine, le taoïsme préconise cette même forme de pensée en insistant sur la complémentarité des contraires. C’est précisément cette façon de voir les choses qui a conduit aux pratiques de la circoncision (bien dénudé le gland afin d’affirmer sa virilité) et l’excision (enlever le clitoris qui apparaît comme étant de la masculinité dans le sexe féminin).

Elle a conduit aussi à une multiplication d’interdits car, enfreindre ces catégories, c’est créer du chaos dans l’ordre établi par les ancêtres : donc pas de transversalité ni de mixité encore moins de transgression ! L’espace public est bien compartimenté, les rôles sociaux bien précisés en fonction des sexes, des rangs sociaux, des professions, etc.

     Bizarrement, on retrouve ENCORE cette forme de pensée dans nos sociétés modernes. Pire, ces oppositions ont quitté le terrain purement conceptuel ou symbolique pour s’engager dans des affrontements violents. Elles sont, aujourd’hui, en partie héritage des conflits de génération, des différences de comportement vis-à-vis des nouveautés ou – surtout – dans les luttes pour avoir le pouvoir : les Réformés et les catholiques au XVI° siècle (ce qui nous a valu de cruelles guerres de religion) , la querelle (plus pacifique) des Modernes et des Anciens dans les arts du XVII° s., les Royalistes et les Républicains, les Révolutionnaires et les Réactionnaires de tous les soubresauts politiques, les Noirs et les Blancs, les Indépendantistes et les Autonomistes, les Bourgeois et les Ouvriers, les Capitalistes et les Anti-Capitalistes, ceux de Droite et ceux de Gauche, etc.

Les modérés de tout bord, les libéraux qui veulent garder leur liberté de pensée, les penseurs non encartés dans une Ecole, une Eglise ou un Parti sont calomniés, vilipendés, écartés, exécutés, assassinés. Il n’y a pas de place pour eux dans ces dualismes exaspérés par les enjeux de domination d’un clan sur l’autre ! 

On continue aussi, malgré les progrès de la connaissance, à raisonner en catégories comme si celles-ci étaient homogènes. Certes les protestants, les catholiques, les musulmans, etc. existent bel et bien, mais ils sont pluriels (et ceci dès les débuts de leur religion respective !) et ce qui est vrai pour un protestant ne l’est pas forcément pour un autre. L’analyse doit donc descendre à un niveau inférieur – les diverses confessions, voire même les mouvements – et même, de plus en plus avec l’individuation, considérer la pensée originale de certaines personnes. 

On continue aussi à procéder par amalgame à partir des clichés du prêt à porter. Il en est ainsi pour les nombreux préjugés visant les races, les nationalités, les religions, les sexes, les orientations sexuelles (comme par exemple tous les homosexuels sont pédophiles), etc. Les individus sont communautarisés, collectivisés, alignés (on consent qu’un tel peut-être différent mais en ajoutant que c’est exceptionnel). Les statistiques fonctionnent avec du 99% (si ce n’est simplement la majorité simple) mais c’est bien suffisant pour dire qu’on a raison sans l’ombre d’un doute. 

     Pourtant cela fait près de 2 000 ans qu’un rabbi juif, Iéshoua de Nazareth, nous a invité à sortir de nos propres milieux sociaux pour être attentifs aux lépreux et aux aveugles, à la brebis égarée, à la femme adultère, à la prostituée, aux enfants, aux pauvres en esprit, aux étrangers … La psychanalyste Françoise Dolto a bien su mettre en évidence ces rencontres personnelles combien émouvantes de Jésus avec ses contemporains. Oui, le christianisme est avant tout un personnalisme et le juridisme ecclésial fut une bien grande trahison de la pensée et de la personne de son rabbi. 

Respectons les expressions personnelles … qui n’entrent pas forcément dans les catégories toutes faites. Soyons attentifs aux propos des autres surtout lorsqu’ils expriment leur expérience intime, leur conviction personnelle, leur vécu subjectif. N’enfermons plus les autres dans des catégories !

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