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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 18:17

suite des articles précédents.

 
La suite est connue. Au début de l’année 1553, Michel Servet est dénoncé à l’Inquisition depuis Genève par un certain Trie, une connaissance de Calvin, et un premier procès est intenté contre lui par l’Inquisition à Vienne même. Au cours de cette procédure, plusieurs originaux des lettres à Calvin apparaissent mystérieusement. Mais Servet parvient à s’enfuir – peut-être bénéficiant de la bienveillance de l’archevêque dont il fut le médecin, ou peut-être parce que l’inquisiteur Matthieu Ory, étonné qu’un hérétique soit dénoncé par d’autres hérétiques, a craint une manipulation. Servet est condamné à mort par contumace et brûlé en effigie à Vienne avec son livre.


Il réapparaît en été 1553 à Genève. Reconnu, il est à nouveau arrêté au temple de la Madeleine et, sur plainte du secrétaire de Calvin, Nicolas de la Fontaine, les magistrats genevois intentent contre lui un procès pour blasphème. Calvin, qui n’est pas magistrat genevois puisqu’il est un étranger, est cité à titre d’expert théologique. On ne peut nier que le procès s’est tout entier déroulé sous son influence directe, dont il va jouer au maximum et à tous les niveaux afin que le tribunal se prononce pour la mort de Servet. Le crédit du réformateur vaut effectivement quelque chose et il tient la chaire de Saint Pierre, dont il sait admirablement se servir comme en témoigne sa virulente prédication du 27 août 1553 contre Servet. Ce dernier est brûlé à Champel, le 23 octobre de la même année.

 

saint-pierre_geneve.jpgle temple Saint-Pierre de Genève, dit aussi "cathédrale Saint-Pierre",

temple de la paroisse réformée Saint-Pierre de la Fusterie

siège de la "Rome protestante" du XVI° siècle

le site de la paroisse (dont c'est la photo d'entrée)

donne une information historique sur ce haut-lieu (lien)


Ces évènements ont donné lieu à une abondante littérature, à charge ou à décharge. Je me contenterai d’avancer qu’à la réflexion, Michel Servet, qui ne représentait aucun danger objectif sérieux pour personne, est mort de la seule chose que Calvin n’a pas su ou voulu réformer, à savoir les rapports de connivence entre l’Eglise et l’Etat.


Toujours est-il que le premier ressort de la tragédie est à rechercher dans l’entreprise intellectuelle hautement risquée de Servet, totalement étrangère aux préoccupations calvinistes. Il se voyait comme le héraut d’une vérité encore à naître et à venir. Il a voulu, a-t-on dit, doubler Calvin sur sa gauche. Mais compte tenu d’une époque de très violent combat idéologique ou la tolérance est encore à venir, tout dans sa quête le conduisait à la catastrophe qui s’est finalement produite.


Très peu de temps après l’exécution de Michel Servet, Calvin, devant la polémique naissante, produit un ouvrage conséquent pour se justifier, la Défense de la vraie foi. Ensuite, à tout bout de champ, et jusqu’à ses ultimes adieux à ses collègues, il ne cessera de revenir, directement ou indirectement, sur le bûcher de Servet pour se justifier encore et encore. Pour affirmer que selon la loi divine telle que lui Calvin la comprend, Servet l’hérétique devait mourir. Une telle insistance est à la longue suspecte. Un tel déni montre qu’à tout le moins, Calvin ne se sentait pas en paix avec ça.


La principale conséquence reste que le bûcher de Servet a fait éclater, dans le monde protestant, le débat autour de la liberté de foi et de conscience. Il n’aboutira que beaucoup plus tard, après bien des vicissitudes, et nous en bénéficions aujourd’hui.

à suivre ...

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Published by Vincent Schmid - dans (hist) SERVET Miguel
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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 17:59

suite des articles précédents et fin de la conférence.


Pour conclure je souligne ce qui me semble être l’impasse et l’intuition de Michel Servet. Son impasse tient à son excès d’idéalisme. Il s’est avancé sur la voie du syncrétisme, ce qui ne pouvait que décevoir tout le monde. On ne peut pas faire avancer les choses entre tenants de diverses traditions en rognant sur ce qui fait l’identité des uns et des autres. Parce qu’alors plus personne ne s’y retrouve. S’il fut hérétique aux yeux des catholiques, des luthériens et des réformés de son temps, nul doute qu’il ne soit apparu comme tel aux yeux de ceux-là même qu’il voulait séduire, les juifs et les musulmans.

 

"Un hérétique total", a écrit Jérôme Friedman. Mais il se pourrait bien que les hérétiques aient parfois de géniales intuitions. Un maître juif, Nahman de Breslaw, a eu ce mot superbe: « L’hérésie vient au monde à cause des Sages qui ne renouvellent pas leur enseignement ». Ce qui est chez Servet prodigieusement neuf, c’est qu’il est le premier à s’engager sur le terrain inter religieux. Il est le premier à essayer de le penser. Dans une Europe du XVe siècle centrée sur elle-même et sur sa propre crise spirituelle, il incarne une problématique liée déjà à un processus de mondialisation économique et culturelle. Et il me semble que cette intuition-là (totalement incomprise de sa génération et même de son défenseur posthume Castellion) nous interroge cinq siècles plus tard.

 
J’ai la conviction que l’une des tâches les plus urgentes pour les théologiens de notre siècle qui commence, consiste à se tenir sur les frontières qui séparent les trois monothéismes et à penser en profondeur ces frontières. Je n’ai pas besoin d’invoquer l’actualité pour justifier cela. L’essentiel aujourd’hui, c’est que chrétiens de diverses obédiences, juifs et musulmans, nous parvenions ensemble à désactiver ce que nos identités peuvent avoir de potentiellement destructeur tout en ne les reniant pas. Les enjeux sont énormes et la survie de notre civilisation est à ce prix.


Je vous remercie.
 

Fin


dialogue_interreligieux.jpg

illustration de la page sur Facebook "Soyons acteurs d'un véritable dialogue inter-religieux" (lien)

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29 septembre 2009 2 29 /09 /septembre /2009 13:50

article paru dans la rubrique "bibliographie" du bulletin de la Correspondance unitarienne, n° 96, octobre 2009.

Vincent Schmid, 2009 – Michel Servet, du bûcher à la liberté de conscience. Paris, Editions de Paris, collection " Bibliothèque protestante ", paru en janvier, 174 p., 18 euros

La fin tragique de Michel Servet marque les prémisses de la liberté de conscience. C'est à ce cheminement que s'attache l’auteur, cheminement qui passe par Castellion préconisant la séparation du religieux du pouvoir séculier, par Bayle et le droit à la conscience errante, par Spinoza, Locke, Turrettini et les Lumières. Sa réflexion reste d'actualité dans une époque marquée par le retour massif du religieux. Plus que jamais, il est nécessaire que les croyants se donnent les moyens de penser positivement l'hérésie comme une marge indispensable à la foi (présentation de l’éditeur).


Deux autres livres, qui nous sont présentés par l’Institut des études sijenenses "Miguel Servet"


José Luis Camino Roca (Dr), 2009 – La Filosofia : Medicina des Alma (12 reflexiones) / La philosophie : médecine de l’âme (12 réflexions), publié en mai 09, La Busca Edicions SL, Barcelone, 16 euros.


L’auteur est conseiller de l’Instituto de Estudios Sijenenses Miguel Servet, président de l’Asociación Catalana de Análisis Transaccional (ACAT), et professeur de Théorie et d’Histoire de l’Education à l’Université de Barcelone.

Dans les pages 103-106 de son livre, il traite de la conception de Michel Servet à propos de la période de la Renaissance. Il remarque que ce dernier a subi l’influence de Guillerme de Ockham, philosophe nominaliste, pour qui les substances n’existent pas dans la réalité, sinon sous la forme d'individus ou d'entités, chacun avec sa substance particulière et indivisible. Par conséquent, pour M. Servet, Dieu a une unité de substance et individuelle, de laquelle on peut déduire, entre autres, que cette unité ne peut pas être composée de trois personnes (le Père, le Fils et le Saint-Esprit). S'il y a trois substances, il existe donc trois personnes, et ainsi trois " dieux ". Pour M. Servet, les trois composantes de la Trinité sont en fait les différentes formes de manifestation d'un Être unique et absolu.

Mis en ligne le 2 juillet 09 dans les Actualités unitariennes sous le titre "Dieu selon Michel Servet"

 

Sergio Carletto et les éditions Graziano Lingua (Turin), Logos o uomo ? Testi antitrinitari di Michele Serveto e Fausto Sozzini, L'Arciere : Dronero 2009, 210 p., 20 euros.


L’auteur, universitaire italien (université de Salerne – Salerno en italien) et conseiller titulaire de l'Instituto de los estudios sijenenses Miguel Servet à Villanueva de Sijena (Aragon), vient de traduire les pamphlets anti-trinitaires de Michel Servet en italien : De Trinitatis erroribus (1531) et Dialogorum de Trinitate libri duo (1532). Le livre a été publié conjointement par les éditions Graziano Lingua de l’université de Turin, l’Institut Miguel Servet et l’auteur lui-même. Durant toute une semaine, l’auteur a, l’année dernière, consulté la bibliothèque de cet institut.

la photo de couverture du livre est celle de la statue de Michel Servet à Vienne (France).

Ce travail s’inscrit dans un programme consacré à Georges Biandrata (1516-1588), anti-trinitaire italien né à Saluzzo (au sud de Turin), coauteur avec le Hongrois David Ferencz de De Falsa et Vera Unius Dei (Alba Iulia 1568). Il s’agit de cerner l’influence de Michel Servet sur cette œuvre transylvaine.
Dans cette perspective, l’auteur a également traduit en italien (en parallèle avec la transcription latine) le livre que Faust Socin (Fausto Sozzino) a écrit durant son bref exil en Suisse, entre 1562 et 1563 : l’Explicatio primi capitis Iohannis. Ce livre a été édité en 1656 par les Remonstrants hollandais, dans le cadre de la Bibliothèque des Frères polonais (Biblioteca Fratrum Polonorum). Il s’inspire de l’interprétation anti-scolastique que fit Lelio Socin, juriste et oncle de Faust Socin décédé à Zurich en 1561 et dont Faust Socin hérita des écrits, du Prologue de Jean. Les œuvres des Socin représentent une inflexion importante dans le développement de l’anti-trinitarisme du XVIème siècle et prennent en quelque sorte le relais du Christianismi restitutio (1553) de Michel Servet pour les siècles suivants.

Le professeur Sergio Carletto est également auteur de Biandrata : Trinità o Anticristo (14,50 eur) et Cristianesimo senza Roghi (14,50 eur). Mis en ligne le 3 juillet 09 dans les Actualités unitariennes, sous le titre "Michel Servet et Faust Socin en italien".

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29 septembre 2009 2 29 /09 /septembre /2009 12:36

"Michel Servet fut-il un prophète ?" par Fabien Girard *, article paru à la Une dans le bulletin de la Correspondance unitarienne, n° 96, octobre 2009. L'auteur est témoin de Jéhovah et éditeur du site "Liberté de croyance et anti-trinitarisme autour de Michel Servet et Sébastien Castellion".

 

Ne fut-il pas plutôt un médecin, un humaniste et ... presque un réformateur ?

gravure hollandaise de l'époque, vue sur le site de Fabien Girard. On remarquera le croissant sur l'église censée être Saint-Pierre de Genève, devenue église réformée avec Calvin. L'anti-trinitarisme, alors mouvement fondamentaliste chrétien, était accusé par certains d'être influencé par l'islam.

"Presque un réformateur". Pour qu'il soit devenu un réformateur il aurait fallu qu'il puisse diriger une assemblée de fidèles, que ses écrits aient été reconnus par l'intelligentsia protestante, par ceux notamment qui en occupèrent les sièges régionaux, je veux parler des Calvin à Genève, Melanchthon à Wittenberg ou Bullinger à Bâle, etc. En fait il conviendrait plutôt de dire qu'il ne fut surtout pas reconnu !

En tant que théologien, il ne se trouvera de place pour lui qu'au beau milieu des parias de la Réforme, les anabaptistes. Et encore ! Servet est tellement un penseur solitaire qu'il n'est jamais présenté par les historiens en tant qu'anabaptiste puisqu'il n'avait pas vraiment de rapports étroits avec cette mouvance. D'ailleurs il n'assistera pas au synode anabaptiste de Venise en 1550.

Un homme savant, né dans un petit coin de campagne insignifiant d’Aragon, soignant les malades, s'exprimant dans les langues des érudits et surtout celle des Juifs, capable de traduire les Saintes Écritures qu'il a la volonté d’expliquer alors que les "maîtres" de son temps le critiquent et le rejettent catégoriquement, ayant dû s’exiler d’Espagne, de Bâle et de Paris et vivre à Charlieu puis à Valence sous une fausse identité, terminant sa vie exécuté en public par ceux-là même qu’il estimait pouvoir le comprendre, les réformés de Genève des événements qui ressemblent à s'y méprendre à ceux qui se sont passés au Proche Orient quelques 1 500 ans plus tôt avec un certain Jésus.

Mais Servet n'a pas que l'habit du prophète... Le prophète a pour vocation de changer les choses, de bousculer les idées reçues et les institutions figées. Il porte en lui le souffle divin qui lui autorise toutes les folies en terme de communication. Mais à sa manière, en cherchant à diffuser, il se révèle le prédicateur exigeant d'un retour au vrai christianisme, celui que l'on appelle de nos jours "primitif" ou encore "anté-nicéen". Pour lui, si la Réforme l'entend et va au bout de son œuvre elle accouchera d'un christianisme vainqueur de la "Bête sauvage" de l'Apocalypse, la papauté, mot d'alors servant à qualifier l'Église catholique romaine, et abandonnera tout de ses pratiques jugée païennes. Rien qu'en rédigeant sa Christianismi Restitutio, il devient de fait l'annonciateur d'un monde nouveau où le christianisme apostat, selon l'idée qu'il s'en fait, n'a plus droit de cité. C'est un peu comme s'il s'était dit : "Calvin institue le christianisme et bien moi j'en annonce la restitution !".

Mais Servet céda à une tentation qui faillie lui être fatale déjà en 1538, celle de l'astrologie judiciaire. Pour lui aucun doute, si Dieu a créé la "machine" céleste ce n'est pas pour rien ! Il voit dans la création des corps célestes un appel divin à les observer et à en chercher les signes qui se révèlent au travers des mouvements planétaires. Il faut dire qu'à l'époque astrologie était synonyme d'astronomie. Si l'observation des mouvements faisait l'objet d'une interprétation ayant valeur de présage on parlait alors d'astrologie "judiciaire", pratique formellement condamnée par l'Église. Le lecteur et traducteur de la Bible qu'il était connaissait sans doute aucun ce mot de la Loi : "Vous ne devez pas chercher les présages, et vous ne devez pas pratiquer la magie" (Lévitique 19:26). Mais, le contexte du verset traitant de la magie – et lui-même ne la pratiquant pas - il pensait probablement que la recherche de présages condamné par l'Écriture était celle entourée de rituels magiques et non la sienne, qui, elle, s’accompagnait de raisonnements logiques et travaillant à la connaissance des actions divines.

Encore cette volonté d'annoncer !

Servet est trop spiritualiste pour cette époque où il est plus que jamais question de pouvoir temporel en religion et trop rationaliste pour une chrétienté encore tant fondamentaliste. Et puis, le temps n'est plus aux prophètes mais aux instituteurs. Le monde des réformés entend plutôt s’appuyer sur les Princes et les Communes qui les soutiennent et ils élèveront leurs enfants dans les lettres des grands hommes qu'ils s'étaient choisis pour guides.

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Published by Fabien Girard - dans (hist) SERVET Miguel
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9 juin 2009 2 09 /06 /juin /2009 19:40

 

Gravure vue sur le site Pittsburgb bloggers, mis en ligne par Lo-Bi Tribe le 6 juin 2009.
Le bois du bucher étant trop vert, on ajouta de la paille !


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6 avril 2009 1 06 /04 /avril /2009 11:49

Statue de Michel Servet à Paris, photo et traitement, Jean-Claude Barbier, samedi 28 mars 2009.
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6 avril 2009 1 06 /04 /avril /2009 11:28
Les anciennes indications parlent de la place Montrouge. Effectivement c'est dans la direction de la banlieue qu'était Montrouge, encore toute rurale au XIXème siècle, devenue depuis commune. Cette ancienne place, qui fait face à la mairie du XVIème arrondissement, est dénommée aujourd'hui "place Ferdinand Brunot" et elle divisée en deux squares dédiés, celui plus au nord à Ferdinand Brunot, et celui plus au sud à l'aspirant Dunant.

La statue de Michel Servet, érigée en juillet 1908, "à la garde du peuple" ainsi que c'est gravé sur son socle, se trouve dans le second square, juste au bord de la rue Mouton-Duvernet. Libres-penseurs et unitariens vont lui rendre hommage.

Pour y accéder, nous vous conseillons les stations de métro "Gaïté" (plus au nord-ouest, ligne 14 , descendre alors l'avenue du Maine) et de "Mouton Duvernet (plus au sud-est, ligne 4, emprunter alors la rue du même nom).

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6 avril 2009 1 06 /04 /avril /2009 09:47
A l'occasion du passage à Paris du président de l'International Council of Unitarians and Universalists (ICUU), Brian Kiely et de son épouse, ce samedi 28 mars 09, la statue de Michel Servet à Paris a été une nouvelle fois fleurie (les Actualités unitariennes en ont rendu compte, lien). C'est la troisième fois que les unitariens français font un tel geste (déjà en mars 2006, puis en octobre 2007).

Ce samedi 28 mars, le ciel était couvert et les parapluies déployés. Le contrejour s'en est trouvé atténué, rendant les photos moins contrastées. En voici quelques unes (de Jean-Claude Barbier) :




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6 avril 2009 1 06 /04 /avril /2009 07:17

d'après l'article "Anniversaire : Michel Servet, une figure illustre, Un penseur libre sacrifié", publié le jeudi 30 octobre 2008 sur le site du Forum social Haute-Savoie (FSD 74). 

 


Deux conférences à l’Hôtel de Ville d’Annemasse, ont eu lieu le 19 novembre 2008 de 18h à 20h : Guy Gavard , ancien maire d’Annemasse "Un exemple des conflits de la tolérance : la statue de Michel Servet d’Annemasse, 1908, 1960, 1988" et José Goemans , président départemental de la Libre Pensée : "Michel Servet, grande figure de la pensée Libre".

Ce monument d’Annemasse, érigé en 1908, est dû à l’initiative d’un comité local "Michel Servet" qui bénéficia du soutien de personnalités radicales et franc-maçonnes : Edouard Herriot, maire de Lyon, Fernand David, député de Haute-Savoie, etc. Ce comité acheta la sculpture d’une artiste genevoise, Clotilde Roch, dont Genève avait refusé. Ce fut, au dire de la municipalité d’Annemasse, le "premier ornement laïque de la Ville". 470 convives participèrent au banquet d’inauguration.

Statue de Michel Servet à Annemasse en 1908, carte postale éditée par le libraire Richard (Annemasse), vue sur le site de La Salésienne.

Le régime collaborationniste de Vichy envoya la statue en Allemagne en 1942 pour y être fondue. La Résistance locale déposera sur le socle du monument détruit, une couronne dont le nœud portait l’inscription : "À Michel Servet, la première victime du fascisme". Après guerre, le frère de l’artiste ayant conservé le moule en plâtre, un nouveau comité Michel Servet souhaita en 1956 la réinstallation de la statue : elle le fut le 4 septembre 1960 à l’entrée du parc municipal, puis, en 1988, lors de l’aménagement de la place de la mairie, à son premier emplacement, en plein centre ville. Informations lues sur 
le site de La Salésienne.

A l’initiative d’Albert Blanchard-Gaillard, président de l’Association française francophone (AUF), une rencontre unitarienne eut lieu à Annemasse du 30-31 octobre 1993, pour le 440 ème anniversaire de l’exécution de Michel Servet (le programme en fut annoncé dans les Approches unitariennes le bulletin interne de l’association, dans son n° 18, août, octobre 1993). En 2001, dans le cadre d’un avant-projet d’association nationale "Michel Servet", Jean-Claude Barbier prit contact avec la mairie d’Annemasse (novembre 2001, correspondance avec Robert Borrel, maire d’Annemasse et conseiller régional Rhône-Alpes), mais le projet ne vit pas le jour.

En plus des libres-penseurs dont les efforts sont à l’origine de l’érection de cette statue, puis de sa réinstallation, les chrétiens unitariens sont mentionnés. Les sources documentaires indiquent le site de La Besace des unitariens (voir notre rubrique consacrée à Michel Servet
) et un article de Jean-Claude Barbier paru dans Profils de liberté sur l’histoire du christianisme unitarien.


Nous remercions Fabien Girard de nous avoir signalé cette manifestation d'Annemasse.

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Published by d'après le Forum social de Haute-Savoie - dans (hist) SERVET Miguel
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18 mars 2009 3 18 /03 /mars /2009 12:07

" Sobre la verdadera solución de Miguel Servet al misterio de la Trinidad " / à propos de la véritable solution du mystère de la Trinité proposé par Miguel Servet, par Daniel Moreno, publié par l’Institut des études sijenenses " Miguel Servet " (dont il est conseiller titulaire) en novembre 2008, 126 p. (lien)

Le livre, préfacé par Sergio Baches Opi, comprend une première approche du rôle joué par le jeune Michel Servet comme penseur, plein d’audace et de naïveté, mais aussi dans le même temps, comme un symbole de la liberté de pensée. Après un examen attentif du contenu de chaque livre / chapitre des "Erreurs de la Trinité" publié par Michel Servet en 1531, et au-delà de la polémique de M. Servet avec les autres théologiens, D. Moreno expose le système téologique que le jeune théologien met en place, son originalité, et son aproche des premières sources chrétiennes. M. Servet renouvelle ainsi l'interprétation traditionnelle de la Trinité, ce qui ne manqua pas de provoquer la polémique. Selon le Dr Moreno, le projet de Michel Servet n’est pas tant que de critiquer la Trinité que de la comprendre correctement.

Le 5ème chapitre relate les répercussions que le livre eut à Bâle et à Strasbourg, jusqu’en Espagne. Le 6ème cite les principales sources utilisées par M. Servet.

En conclusion, l’auteur estime que M. Servet fut un chercheur de la vérité qui resta incompris. Il essaya d’opposer une métaphysique "de l’être", telle que lui la pensait, à une métaphysique "du faire" qui était l’apanage de ses collègues.

Daniel Moreno, né à Pozo Alcón, Jaén, en 1961, a soutenu une thèse à l’Université de Salamanque sur George Santayana. Il est professeur de philosophie à l’Institut d’Education " Miguel Servet " pour le Secondaire de Zaragosse.

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