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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

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15 juin 2007 5 15 /06 /juin /2007 09:26

note bibliographique de Fabien Girard

Période 1899 à 1914

1899 - Charles T. Russell, Etude des Ecritures Vol. 5 " La réconciliation entre Dieu et l’homme ", étude 2 p. 53 de l’édition française du MMIL

Wesley, le fondateur du Méthodisme, s'efforça de défendre la doctrine de la Trinité ; pourtant dans un de ses sermons portant sur ce texte [1 Jean 5 :7], il cita les paroles de Servet : " J'hésite à employer les mots " Trinité " et " personne ", parce que je ne trouve pas ces termes dans la Bible ", et à cette citation, Wesley ajoute : " Je voudrais insister seulement sur les termes exacts, inexpliqués, tels qu'ils se trouvent dans le texte ".

1905 -  Michel Servet ", Le phare de la Tour de Sion (Zion’s Watch Tower), page 118, reproduction du texte d’Albert Monot paru dans Le Réformiste de novembre 1904, mis en ligne sur La Besace des unitariens, 15 juin 07.

1908 - "Une page de la Réformation. Les doctrines de Michel Servet et Jean Denck", Le phare de la Tour de Sion (Zion’s Watch Tower), page 196, mis en ligne sur La Besace des unitariens le 16 juin 07.

1914 - " Calvin et Servet ", dans le "Photo-drame de la Création", planches 85, reproduit sur la Besace des unitariens, le  9 avril 07 sous le titre "Charles Russell et Michel Servet"

 Période 1962 à 2006

1962- " Genève, centre international ", Réveillez-vous ! du 26 juin, page 25 :

Depuis des siècles et particulièrement depuis la Réforme, Genève est un centre religieux important. Le réformateur Farel prêcha ici et en 1536, la ville accepta officiellement la religion réformée. Jean Calvin ne tarda pas à s’installer à Genève où il exerçait une grande influence sur la vie spirituelle, religieuse et politique, si bien que la ville en vint à appelé la " Rome protestante ". Jusqu’en 1798, le culte catholique y était défendu. Genève choisit comme devise pour ses armoiries les mots Post Tenebras Lux (après les ténèbres la lumière). Toutefois, même les chefs du protestantisme n’agissaient pas toujours en harmonie avec la lumière qu’ils prétendaient posséder. On sait en effet que Calvin fit périr Michel Servet sur le bûcher parce que celui-ci s’opposait à la doctrine de la Trinité si chère à Calvin et à d’autres protestants. 

 1965 - " Pas d’exécution par le feu sous la loi mosaïque ", Réveillez-vous ! du 22 février, page 27 :

Ces citations semblent donner raison à ceux qui prétendent que Jéhovah lui-même institua le châtiment cruel consistant à brûler vif. Mais en est-il bien ainsi? Dieu pouvait-il approuver, par exemple, que Michel Servet mourût sur le bûcher parce que, entre autres, il refusait de croire à la Trinité? Un Dieu d'amour peut-il enseigner à ses enfants terrestres à infliger pareil supplice à leurs semblables? C'est absolument inconcevable.

 1970 - " Traductions interlinéaires de la Bible ", La Tour de Garde du 1er mars, page 144 :

 En 1528, un moine italien du nom de Sanctes Pagnino publia à Lyon un ouvrage auquel il avait travaillé pendant trente ans. Son titre latin, traduit en français, se lit ainsi : "Une nouvelle traduction de l’Ancien et du Nouveau Testament " C’était évidemment une traduction en latin. Plus tard, en 1542, une édition de cet ouvrage fut publiée à Lyon par Michel Servet.

1974 - " Devenez des imitateurs de Dieu ", La Tour de Garde du 15 juin, page 369 :

Ainsi, quand le savant espagnol Michel Servet fut jugé comme "hérétique", il fut condamné à être brûlé vif à l’instigation des chefs religieux. Selon un livre d’histoire (Institutes of Ecclesiastical History), ce mode d’exécution diabolique "était à l’époque approuvé et pratiqué presque partout", tant par les catholiques que par les protestants. N’oublions pas que même dans les temps modernes c’est au sein de la chrétienté que se déchaînèrent les horribles guerres mondiales et que les ecclésiastiques des deux camps demandèrent à leur dieu de leur donner la victoire et de bénir les armées de leur pays. À coup sûr, nous ne tenons à imiter ni ce dieu de la chrétienté ni ses adorateurs.

 1981 - " Vos croyances ont-elles vraiment de l’importance ? ", Réveillez-vous ! du 22 février, page 3 :

En 1553, le médecin espagnol Michel Servet fut brûlé vif à Genève. Quel était son crime ? Il avait présenté des arguments contre la doctrine de la Trinité. Malheureusement pour lui, il vivait à une époque où les croyances religieuses d’un individu pouvaient être une question de vie ou de mort.

 1982 - " Comment le protestantisme a sapé le respect pour la Bible ", Réveillez-vous ! du 8 juin, page 3 :

De même, Jean Calvin loua en paroles la Bible. Cependant, avec la publication de son œuvre capitale Institution de la religion chrétienne, il exposa des doctrines non bibliques comme la Trinité (premier livre), l’homme né sans disposer du libre arbitre (deuxième livre), la prédestination absolue (troisième livre) et le baptême des enfants (quatrième livre). Il fut en partie responsable de l’arrestation et de la mort sur le bûcher d’un autre réformateur du nom de Michel Servet qui ne partageait pas la conception trinitaire de Calvin. Est-ce ainsi une façon d’admettre "la suprématie de la Bible", lorsqu’elle conseille, par exemple en Romains 12:17-21, de ne pas se venger ? Que non !

 1984 - " Mourir pour une doctrine... ", La Tour de Garde du 1er mai, page 3 ;

Il naît vers 1511 à Tudela [ndlr : plutôt Villanueva de Sijena], en Espagne. Il étudie la médecine à Paris, puis il l’exerce dans plusieurs villes de France. Il se fera notamment connaître par son observation de la circulation pulmonaire du sang.

Pourtant, il passera une bonne partie de son existence à fuir. Il sera même réduit à changer de nom. Le 13 août 1553, alors qu’il essaie de se rendre en Italie, il fait halte à Genève, en Suisse. Là, il est reconnu et arrêté. Le 14 août il passe en jugement, et le célèbre réformateur Jean Calvin demande sa tête. Le verdict ? Coupable. La sentence ? La mort. C’est ainsi que le 27 octobre 1553, notre homme mourra sur le bûcher dans un faubourg de Genève.

Son nom? Michel Servet. Quel crime a-t-il commis ? Le meurtre, L’extorsion ou quelque autre forfait? Non. Il est condamné pour hérésie parce qu’il nie une doctrine traditionnelle de la chrétienté, celle de la "Très Sainte Trinité".

Du reste, la Trinité est demeurée jusqu’à ce jour un sujet fort controversé. Ainsi, le prédicateur américain Billy Graham proclame: "La Bible enseigne que Jésus Christ est pleinement Dieu et qu’il n’est en rien inférieur à Dieu le Père." Par contre, voilà quelques années, dans les petites annonces du Denver Post un ministre pentecôtiste offrait un million de dollars à quiconque parviendrait à trouver la définition de la Trinité dans la Bible. Pour lui, il s’agissait d’un dogme philosophique "absurde et incompréhensible".

‘Mais qu’est-ce que cela change ? vous demandez-vous peut-être. Après tout, la nature de nos croyances a-t-elle tant d’importance ?’ Certainement. Pourquoi disons-nous cela ? Parce que Jésus Christ lui-même a déclaré: "C’est ici la vie éternelle, qu’ils te connaissent seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ." (Jean 17:3, Darby). En d’autres termes, pour jouir d’un bonheur éternel il nous faut posséder une connaissance exacte du "seul vrai Dieu". Dans ce cas, où est la vérité? Jésus Christ est-il "le Fils de Dieu" ou Dieu le Fils ? C’est là une question capitale !

1988 - " Les Sociniens — Pourquoi n’acceptaient-ils pas la Trinité ? " Réveillez-vous ! du 22 novembre, pages 19-20, mis en ligne sur La Besace des unitariens le 16 juin 07.

1989 - Doit-on croire en la Trinité ? (brochure)

1989 -  L’avenir de la religion compte tenu de son passé 16e partie : du IXe au XVIe siècles de n. è. — Une religion en mal de réforme ", Réveillez-vous ! du 22 août, page 19

Calvin avait donné le mauvais exemple aux huguenots par les méthodes qu’il avait utilisées pour promouvoir ses convictions religieuses, méthodes que l’ecclésiastique protestant Harry Emerson Fosdick, aujourd’hui décédé, décrit comme cruelles et révoltantes. Sous les ordonnances ecclésiastiques établies par Calvin à Genève, 58 personnes furent exécutées et 76 bannies en l’espace de quatre ans; à la fin du XVI siècle, 150 personnes au total seraient mortes sur le bûcher. Michel Servet fut de leur nombre. Ce médecin et théologien espagnol rejetait la doctrine de la Trinité et devint de ce fait un "hérétique" aux yeux de tous. Les autorités catholiques brûlèrent son effigie ; les protestants, eux, allèrent beaucoup plus loin: ils le brûlèrent vif.

1990 - L’humanité à la recherche de Dieu (livre), illustrations page 322 : " Des erreurs du dogme trinitaire "

À 20 ans, Michel Servet (1511-1553), un Espagnol qui avait étudié le droit et la médecine, publia De Trinitatis erroribus (Des erreurs du dogme trinitaire), dans lequel il déclara qu’il " n’emploierait pas le mot Trinité, qu’on ne trouve pas dans l’Écriture, et qui semble uniquement perpétuer une erreur philosophique ". Il taxa la Trinité de doctrine "incompréhensible, incompatible avec la nature des choses, et que l’on peut même regarder comme blasphématoire"!

L’Église catholique condamna Servet pour son franc-parler. Mais ce sont les calvinistes qui le firent arrêter, juger et brûler à petit feu. Calvin se justifia en disant : "Quand les papistes sont si brutaux et si violents pour défendre leurs superstitions qu’ils se déchaînent cruellement pour verser le sang innocent, les magistrats chrétiens n’auraient-ils pas honte de se montrer moins ardents pour défendre la vérité certaine ?" Le fanatisme et la haine de Calvin aveuglèrent son jugement et l’amenèrent à bafouer les principes chrétiens. - Voir Matthieu 5:44. […] Illustrations page 322 : Jean Calvin, à gauche, fit brûler Michel Servet, à droite, pour hérésie.

1996 - " La loi du Christ ", La Tour de Garde du 1er septembre, page 18 :

Michel Servet, qui contestait certaines des vues théologiques de Calvin, fut condamné au bûcher pour hérésie.

 1997 - " Procès et exécution d’un hérétique ", Réveillez-vous ! du 8 mai, page 21 :

Les protestants eux-mêmes, dont certains réformateurs, éliminèrent des dissidents en les faisant monter sur le bûcher et tuèrent des catholiques par le biais des autorités civiles. Calvin, par exemple, bien que préférant la décapitation, fit brûler vif Michel Servet, un hérétique anti-trinitaire.

 2000 - " Les Frères polonais : pourquoi furent-ils persécutés ? ", La Tour de Garde du 1er janvier, page 21 :

 Les calvinistes qualifiaient les dissidents d’Ariens, mais eux-mêmes préféraient le nom de chrétiens ou de Frères polonais. On les appelle également sociniens, du nom de Laelius Socinus, un disciple italien de Michel Servet dont le neveu, Faustus Socinus, se rendit en Pologne et devint l’une des principales figures du mouvement.

2002 - " Un règne de tolérance en période d’intolérance " Réveillez-vous ! du 22 juin, page 11-12 :

À cette même période, certains choisissent de braver la tradition et d’étudier les Écritures dans le but d’éclaircir ces mystères. Leur mot d’ordre est sola scriptura (l’Écriture seule). Ceux qui rejettent la doctrine de la Trinité — dont quelques-uns seront plus tard appelés unitariens par opposition aux trinitaires — subissent souvent des persécutions cruelles de la part des catholiques tout comme de celle des protestants. Pour y échapper, ils publient leurs écrits largement diffusés sous des pseudonymes et vivent dans le secret. En outre, les anti-trinitaires sont en première ligne de la lutte pour la tolérance. Plusieurs d’entre eux, tel le théologien espagnol Michel Servet, le paieront de leur vie. (…).

François David, superintendant de l’Église réformée et prédicateur à la cour, est un autre personnage instruit de Transylvanie qui conteste la Trinité. Il écrit au sujet des enseignements trinitaires complexes : " Si ces choses sont nécessaires au salut, il est certain qu’aucun d’entre les pauvres paysans chrétiens ne sera sauvé, car il ne pourra jamais les comprendre de toute sa vie. " David et Blandrata publient ensemble un livre reprenant des écrits de Servet et le dédient à Jean Sigismond.

 2004 - " Le clergé devrait-il se mêler de politique ? ", La Tour de Garde du 1er mai, page 4 :

Jean Calvin était un pasteur renommé à Genève, mais il a également acquis une autorité politique considérable. Quand Michel Servet a démontré que la Trinité n’avait aucun fondement biblique, Calvin a usé de son influence politique pour appuyer l’exécution de Servet, qui est mort sur le bûcher. Quelle déviation abominable des enseignements de Jésus !

 2006 - " Michel Servet, seul dans sa quête de la vérité ", Réveillez-vous ! de mai, pages 18-21, mis en ligne sur le site de La Besace des unitariens  le 16 juin 07.

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12 juin 2007 2 12 /06 /juin /2007 11:04

Editorial, Andrew James Brown, ministre du culte à l'Eglise unitarienne de Cambridge, The Herald, été 2006, traduit en français par Marie-Claire Lefeuvre

Ils sont comme des arbres plantés le long des cours d’eau, qui donnent leur fruit en leur saison, et dont les feuilles ne se fanent pas. Dans tout ce qu’ils font, ils prospèrent. "  (Psaume I - 1- verset 3 NRSV)

L'Eau bourde à Gradignan (banlieue de Bordeaux), photo J.- C. Barbier

Ces derniers mois, j’ai reçu un ou deux commentaires à propos du langage de la confession de foi de l’UCA - spécialement dans la traduction de " Seigneur et Maître " et de " Christ ". Il est clair que certains peuvent considérer que ces mots sont exclusifs et aimeraient voir ceux-ci abandonnés au profit de termes plus universellement acceptables. L’ennui est que l’on ne peut remplacer des mots que par des mots, et des mots qui n’ont aucune particularité, aucune " souillure " terrestre, n’ont pas non plus de parfum, de mordant, de " sel ". Le philosophe Hegel notait que depuis que le mot " être " était appliqué à toutes choses il n’avait plus aucun sens ! Là est, en dernier ressort, l’inconvénient du langage qui tente d’être universellement acceptable -à la fin il peut n’avoir plus aucun impact.

Mais la position universaliste développée par notre tradition chrétienne libérale unitarienne fut réalisée seulement à cause des expériences particulières et d’un langage partagé par nos membres. La particularité de notre communauté est d’être chrétienne ; son texte, son langage normatif est la Bible, et son expérience, sa réponse à Dieu est comprise à partir de l’imitation de la vie de Jésus et d’une profonde méditation de ses enseignements. C’est pourquoi nous ne croyons pas qu’il faille se prosterner devant le pouvoir humain séculier ou politique, et pourquoi, au lieu d’appeler quelque prêtre, politicien, roi ou dictateur " Seigneur et Maître " ou " Christ " (c’est à dire l’élu de Dieu), en fait nous utilisons ces titres  : un rabbi sans pouvoir et crucifié, un charpentier et un " pauvre criminel ". L’emploi de tels titres est donc profondément subversif et aide à nous diriger vers la seule vraie source de pourvoir qui est notre Dieu.

 

En tant qu’héritiers d’une tradition rationnelle nous sommes terriblement dépendants des mots et, selon moi, cela crée des dysfonctionnements car nous semblons expérimenter seulement leurs limites. Toutefois, s’il y a une grande leçon à tirer de notre condition d’être humain, cela commence à être compris que nous ne pouvons rencontrer l’infini qu’à travers le fini. C’est seulement dans nos limites que nous pouvons intuitivement comprendre l’illimité. En d’autres termes, nous avons à apprendre à être attentifs, par les mots et les phrases dont nous avons hérités, à l’expérience directe de Dieu, de la même manière que les chrétiens orthodoxes sont attentifs, par une icône du Christ, à faire l’expérience de Dieu. Nous devons nous rappeler, comme le grand historien unitarien W. G. Tarrant nous le rappela sagement, " qu’indéniablement on trouve deux caractéristiques d’inégale importance dans l’unitarisme : le rationalisme et le mysticisme (" Unitarianism, Lindsey Press, 1912, p. 3 "). Certainement, nous sommes rationalistes, mais nous sommes aussi enracinés corps et âme dans la mystique, selon notre tradition protestante anabaptiste mystique -comme celui qui a étudié nos ancêtres, les Frères Polonais à la fin du XVIe et au début du XVIIe siècle, aura pu le faire aussi.

 

Ainsi ma réponse aux critiques concernant l’emploi encore en usage d’un langage traditionnel par l’UCA, est de préciser très énergiquement que, attentifs à ces mots mystiquement interprétés, nous pouvons, précisément par eux, développer une vision de Dieu qui, à la fin, inclura radicalement l’universalisme, qui peut toujours défier toutes les visions partiales et imparfaites de l’autorité et du pouvoir humain. Les mots hérités ne nous limitent pas ; en fait ils nous aident à ouvrir les vraies portes qui mènent à Dieu. Cela devient de plus en plus clair pour moi (enfin !) que plus quelques unitariens aujourd’hui essaieront d’imposer un langage religieux minimum universellement acceptable, moins notre tradition religieuse s’approfondira, s’enracinera, gagnera en efficacité. Si nous voulons être une communauté chrétienne libre et unitarienne confiante et fructueuse, alors nous devons une fois de plus trouver notre sécurité dans l’originalité de notre tradition avec toutes ses expériences et son langage. Que cela nous amène les fruits de la bonté, la vérité et la beauté qui expriment en vérité la réalité de l’amour de Dieu ignorant les particularités individuelles de son peuple.

 

Ceux qui apprennent à faire cela deviendront, comme le psalmiste le réalise, "des arbres plantés le long des cours d’eau, qui donnent leur fruit en leur saison, et dont les feuilles ne se fanent pas. Dans tout ce qu’ils font, ils prospèrent. "

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Published by Andrew James Brown - dans The Herald
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12 juin 2007 2 12 /06 /juin /2007 10:52

The Herald, hiver 2005, sommaire, résumé par Marie-Claire Lefeuvre

Editorial, Andrew James Brown

" La tradition chrétienne libérale unitarienne  est belle, raisonnable et viable pour la foi au XXIe siècle. Je sais que vous partagez mon opinion " Toutefois  elle est constamment attaquée, non seulement par le mouvement unitarien contemporain, mais aussi par le courant principal culturel de notre temps. Nous devons vivre notre foi et l’adapter à notre époque complexe, à notre nouvelle génération (la ré-explorer, la remodeler). Il faut aussi encourager le développement de nouveaux groupes contemporains de théologiens qui persuadent en toute liberté les gens du bien-fondé de nos croyances. " Ainsi l’essentiel de notre tâche est simple : il faut faire renaître spirituellement et intellectuellement notre foi. ".

" Faut-il soutenir la tradition chrétienne libérale ? " Chris Wilson (Reprinted from The Norfolk Unitarian).

La reconstruction unitarienne " Joe Bord, avec la collaboration d’Andrew Brown, pages 2-3

" L’érosion de l’identité unitarienne par les païens, les naturalistes, les humanistes et d’autres révèle simplement un symptôme du déclin moral et philosophique d’une théologie abusivement contraignante. Il faut donc reconstruire… "

Ici, deux citations intéressantes ; l’une de saint Anselme :  Je ne cherche pas à comprendre ce que je peux croire ; mais je crois de telle manière que je puisse comprendre. (Prologion) ; l’autre de Joseph Priestly (scientifique devenu pasteur) : Même si le libre examen amenait à la destruction du Christianisme, il ne devrait pas être interrompu ; car nous devons seulement espérer que le christianisme -que nous supposons vrai- l’emportera, et s’il ne résiste pas au libre examen, ce ne peut être que parce qu’il n’est pas conforme à la vérité.

Puis la question tourne autour du rationalisme, qui fait partie du religieux ; " Les chrétiens unitariens, face à des critiques de plus en plus envahissantes, face à des doctrines naturalistes mal digérées, sont devenus vulnérables ". " Le langage religieux des hommes est allusif et n’est pas exhaustif. … Par exemple, Dieu peut-être à la fois un et trois parce que nous ne comprenons pas bien ce que un et trois veulent dire en relation avec le divin. On ne peut donc pas conclure que l’orthodoxie unitarienne est fausse. De même on ne peut condamner l’humanisme séculier (l’ultime critère étant l’individu évolué) parce que l’on ne sait pas ce qu’est la personne humaine. Il faut reconstruire un enseignement unitarien. En ce sens, le défi du Coran est le bon : " Si vous doutez de ce que Nous avons révélé à Notre serviteur, montrez-nous un chapitre comparable à lui (2 :23) ".

L’avenir du christianisme libéral : sera-t-elle la religion de l’avenir ? " Elek Rezi, pp. 4-8, voir le résumé  dans la rubrique : The Herald.

Où ai-je déjà entendu cela ? Un tour d’horizon ", Andrew Brown, p. 9-10, résumé par Marie-Claire Lefeuvre.

On ne s’y reconnaît plus, chez les unitariens-universalistes. On a dit d’eux qu’ils étaient une fédération de religions. Dans plus d’une assemblée, les athées sont maintenant dominants, et l’UUA prend bien soin de ne pas offenser ces " humanistes ". Certains fidèles sont si désireux d’ouverture qu’ils effacent toute trace de leur propre religion dans leur vie associative, pour n’offenser personne, en sacrifiant ainsi leur vie religieuse. Au choix, vous pouvez tomber sur du christianisme unitarien, du paganisme, une conférence politique, ou une discussion intellectuelle sur les écrits de quelque grand philosophe. Or la tolérance n’est pas l’évacuation de ses propres convictions.

Hélas, beaucoup d’Eglises UU sont devenues hostiles au christianisme et à Dieu dans leurs pratiques ; dans le domaine politique, le salut par la Grâce devient le salut par la législation. Maintenant que va-t-on faire de tout cela en Angleterre ? seul le temps le dira. Si vous êtes intéressés, allez voir le site américain de l’American Unitarian Conference (AUC), association créée en sept. 2000 : http://www.americanunitarian.org/ Certains se demandent si l’AUC est schismatique, bien qu’elle présente de réels trésors du christianisme unitarien

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12 juin 2007 2 12 /06 /juin /2007 10:42

L’avenir du christianisme libéral : sera-t-elle la religion de l’avenir ? " Elek Rezi, The Herald, hiver 2005, pp. 4-8, résumé,  par Marie-Claire Lefeuvre

I. - Cet avenir brillant est-il réellement en germe dans le présent ? existera-t-il réellement ?

Samuel Brassai (1800-1897), né en Transylvanie, protestant, pédagogue, défenseur de la culture hongroise. Le lycée Samuel Brassai à Cluj est géré par l'Eglise unitarienne de Roumanie qui y a son siège épiscopal.

La religion du futur… cette expression est empruntée au célèbre esprit universel transylvanien, scientifique et théologien unitarien : Samuel Brassai (fin du XIXe siècle) ; il écrivit un article dans " The Christian Sower " intitulé " La religion du futur ", article où il combattait les libres penseurs qui, influencés par le positivisme et le rationalisme, voulaient fonder une religion basée uniquement sur l’athéisme et sur les spéculations philosophiques, en écartant la révélation, l’aspect surnaturel et la croyance en un Dieu personnel.

L’unitarisme doit se défendre contre une religion artificielle comme celle-là. Toutefois, le rationalisme doit continuer à jouer son rôle (note 2). La réalité aujourd’hui, c’est que les dynamiques du développement religieux sont loin d’être linéaires, comme les rationalistes modernes l’avaient envisagé cent ans auparavant. Le fondamentalisme croît et le libéralisme décroît, à la fois dans les chiffres et par son influence dans la société. Ce dernier nécessite d’être adapté à notre temps, sans rien céder de l’essentiel….

page 5 - Le XIXe siècle, ce fut l’industrialisation et le développement des sciences, la recherche biblique et théologique, si bien que le libéralisme semblait alors la seule voie. L’optimisme et la croyance dans le progrès des sciences et de la société prévalaient. On pensait découvrir les sources de la souffrance humaine, les mystères ultimes.

Le XXe siècle, c’est la perte de l’optimisme avec la Première guerre mondiale, les goulags et les chambres à gaz, les génocides, les convoitises, les constantes agressions qui mettent en péril la planète elle-même. Ainsi l’on constate que les questions sont plus complexes, la vie plus imprévisible, et l’on revient au dogmatisme. Les attentes de l’humanité, le constant perfectionnement du savoir et de l’éducation que l’on avait prédit, ont échoué. L’irrationalité gagne donc du terrain, fertile aux superstitions, aux sciences occultes, aux fondamentalismes.

Mais nous ferions une grave erreur si nous ne réalisions pas que le besoin d’une aspiration à une religion plus saine, spirituelle, au service de la transcendance, existe toujours.

II - comprendre nos atouts et nos faiblesses historiques (pages 5 - 6)

Le christianisme libéral proteste contre toute organisation autoritaire et dogmatique. Il se caractérise par la liberté intérieure de la conscience individuelle, éclairée par la raison, par sa liberté de questionner, de critiquer, soi-même et les textes sacrés. Le christianisme libéral est à l’origine de la démocratie en Europe, de la prise de conscience de la valeur et de la dignité de l’individu, de la liberté d’entreprendre...

D’autre part, il a été exposé à d’autres influences, telles celles de la science et de la philosophie ; celles-ci n’ont pas toujours été bénéfiques (empirisme, rationalisme…). L’hypothèse darwinienne de l’évolution humaine en progression constante, fut soi-disant trouvée implicitement dans le Nouveau Testament (la " modernisation " des Evangiles) ; les chrétiens libéraux essayèrent de fonder l’approche contemporaine de la science dans la Bible. Cela nous mena dans diverses impasses dont nous devons être conscients si nous voulons comprendre notre " tradition ", nos racines religieuses :

1 - La perte d’une vision spirituelle en profondeur des concepts de Dieu, de l’homme et de l’histoire. L’histoire est vue comme le lieu d’un progrès unilinéaire où les hommes s’amélioreront sans cesse. Au XIXe siècle, sous l’influence de l’utilitarisme et du kantisme, le christianisme libéral tendit à identifier la religion à une vie moralement bonne, ce qui fit perdre les notions de transcendance et de mysticisme. Les aspects éthiques dans l’enseignement du Christ prédominèrent.

2 - La notion d’universalisme, la notion d’un tout (wholeness) se perd : la lutte de l’homme pour sa liberté présente souvent les forces et les phénomènes de la nature comme des ennemis à conquérir. La libre entreprise considère essentiellement les ressources de la nature comme des éléments à exploiter. Ainsi la nature perd-elle son caractère sacré, donc le concept de l’univers formant un tout se perd aussi. On met dans tous les domaines l’accent sur l’activisme, dans le but d’avoir toujours plus et toujours mieux, perdant de vue ses conséquences et les responsabilités humaines de cet activisme par rapport à la vision de l’ensemble.

3 - Les conséquences de ces vues optimistes sur le futur, vues qui conditionnent le présent, sont la perte des racines traditionnelles du christianisme libéral, que l’on renie, ou qui ne servent qu’à des vues erronées sur l’avenir.

4 - La lutte pour les libertés individuelles a mené à un excès d’individualisme, face aux devoirs de la charité et de la solidarité. Au niveau de la société on a perdu aussi le sens de l’universel.

III - La nécessité de changer les paradigmes (page 6)

A un âge où le développement scientifique changea la compréhension de toutes choses, où il devint évident qu’il y a un univers organique de forces fondamentalement interdépendantes et des processus basés sur la mécanique quantique et la relativité, où la condition humaine change considérablement, le christianisme libéral doit de toute urgence redéfinir sa position et redécouvrir sa juste mission dans ce nouveau contexte. C’est un problème majeur et un anachronisme de vivre dans une ère post-moderne selon les modes de vie et les réflexes d’une époque " moderne " qui s’est progressivement évanouie. Le christianisme libéral doit changer ses paradigmes ; il y a là une attente et un besoin :

1 - Le christianisme libéral doit réaliser que les valeurs si prisées autrefois ne sont plus de mise aujourd’hui, et sont même néfastes. Celles qui sont encore valables doivent être présentées dans un langage pour notre temps.

2 - Le christianisme libéral doit redéfinir sa conception du spirituel - opposer au fardeau toujours présent du rationalisme la supériorité de la transcendance- et trouver dans l’adoration et la liturgie des voies pour s’adresser à la complexité de l’âme humaine, des formes appropriées qui servent d’intermédiaire entre cette transcendance et le peuple en quête de sa nourriture spirituelle et religieuse.

3 - Au-delà de l’approche critique et rationnelle de la Bible, si importante jusqu’à aujourd’hui, il est temps de laisser ces textes nous émouvoir, renaître à l’intérieur de nous-mêmes pour qu’ils deviennent, non seulement le fondement de nos arguments, mais une inspiration vivante, passionnée, qui passe par notre communion au passé.

4 - Au lieu d’individualisme, il faut redécouvrir la mission principale des Evangiles : vivre activement la solidarité basée sur l’amour envers nos compagnons : les êtres humains. Oser accepter les faiblesses, les misères, les souffrances et les limites de l’humanité, mais aussi voir le potentiel des gens qui ont besoin d’amour et d’une affection attentive, et que nous préférions voir auparavant de manière artificielle, toujours sains et en bonne santé, s’efforçant d’atteindre la perfection.

5 - Il nous faut retrouver la possibilité de restaurer " le tout " (wholeness) qui est perpétuellement brisé.

6 - Le christianisme libéral doit aller au-delà du " confortable ", de l’approche individuelle (je l’ai découvert moi-même), qui évite même le mot " mission " ; il doit prendre ses responsabilités pour répandre la parole et offrir les valeurs du Christianisme libéral au monde. Ceci est plus spécialement vrai pour introduire la nouvelle génération, de manière responsable, à notre religion, et pour s’assurer qu’elle va continuer à être inspirée par nos valeurs.

7 - Il est nécessaire de préserver nos racines chrétiennes et notre identité. Le christianisme libéral ne sera certainement pas la religion de l’avenir si à un certain moment les chrétiens libéraux eux-mêmes pensent qu’il est conforme à leur libéralisme d’abandonner leurs racines chrétiennes pour que celui-ci puisse être plus universel. Tout embrasser pendant que l’on perd les racines chrétiennes et que le sol se dérobe sous nos pieds. L’authentique universalisme s’enracine toujours dans le particulier, ayant la capacité d’être ouverts aux valeurs des autres mondes religieux.

8 - Une responsabilité historique envers les enseignements de Jésus existe parce que seul le christianisme libéral peut prouver que la religion originale de Jésus est, dans son essence, la plus libérale des religions.

9 - Le christianisme libéral n’étant pas captif d’aucun dogme -par essence non remis en question- il a la possibilité, et ainsi la responsabilité, de promouvoir le dialogue entre les différents systèmes religieux. Nous avons vu que la vertu la plus louée du dernier pape [Jean-Paul II] était son apparente ouverture envers les autres religions. C’est une question de vie ou de mort, si nous pensons à la menace religieuse terroriste et à d’autres souffrances causées par l’affrontement des différentes religions.

10 - A une époque où la question majeure n’est plus la lutte pour la liberté de l’individu contre les institutions, leurs dogmes oppressifs et autoritaires - comme c’était le cas au début du christianisme libéral - mais plutôt la lutte contre l’individualisme destructeur et l’aliénation, et où le souci majeur n’est pas la survie de l’humanité face aux forces de la nature - mais la survie de la nature face aux convoitises et à la destruction de l’humanité - , la valeur essentielle du christianisme libéral doit évoluer de la seule liberté à la liberté combinée à la responsabilité, avec l’accent mis sur la responsabilité.

11 - A notre époque, quand l’individualisme et la doctrine libertaire, égoïste, menacent l’existence même du monde, le christianisme libéral doit défendre fermement certaines valeurs et élever fortement la voix contre certains aspects négatifs du libéralisme économique.

12 - Quand la principale menace est la perte de toutes sortes de choses irremplaçables, depuis les valeurs spirituelles jusqu’aux espèces animales et aux paysages, le sens de la responsabilité amène nécessairement à une attitude de préservation. La nouvelle approche vis à vis de l’existence, considérée dans son ensemble, doit évoluer de la liberté à la responsabilité individuelle, au service de la vie dans son ensemble et de toutes les espèces. l’individualisme doit être remplacé par une approche plus communautaire, et l’engagement actif dans la société doit être encouragé.

13 - A notre époque, les valeurs se relativisent ; le christianisme libéral doit offrir le cadre de valeurs éternelles et inchangées qui peuvent inspirer et relever l’esprit.

IV - La religion de l’avenir doit être une réponse authentique à la quête de l’ultime signification de la condition humaine en relation avec le grand tout (page 8)

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Published by Elek Rezi - dans The Herald
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12 juin 2007 2 12 /06 /juin /2007 08:38

Jésus Christ à l’image des hommes. Brève enquête sur les représentations de Jésus à travers l’histoireBernard Sesboüé S.J., Paris : Desclée de Brouwer (novembre 1997), note de lecture de Michel Jamet *, février 1998.

à partir de la boutade attribuée en dernier lieu à Voltaire " Dieu a créé l’homme à son image - et l’homme le Lui a bien rendu... "

*NDLR depuis leurs onze ans jusqu’au baccalauréat, Michel Jamet et Bernard Sesboüé ont été condisciples chez les Jésuites, Bernard est resté chez les Jésuites et Michel a fait une carrière dans la Banque. Mais ils ne se sont pas quittés de vue !


 Christ, église de Mazille, vu sur le site du mouvement "Jésus simplement"


la relation " filiale " de Jésus au Père : les témoins qui ont vu remonter Jésus auprès du Père s’interrogent : ils se demandent qui est Jésus en définitive pour le Père et qui il était avant sa venue parmi nous. Certains avec Théodore l’Ancien professent l’adoptianisme : le Christ est un homme exceptionnellement comblé de la grâce divine, c’est-à-dire adopté comme fils de Dieu.


le Jésus sans âme " humaine " d’Apollinaire (non, pas Guillaume ! mais l’évêque du IVème siècle...) - c’est bien dans l’âme que réside le pouvoir d’autodétermination de l’homme. Si donc Jésus en avait été doté comme tout un chacun ici-bas, comment aurait-il pu éviter le péché ? 

 

le Jésus " monophysique " d’Eutychès (au V° siècle) : l’humanité christique se perd  dans la divinité comme une goutte d’eau dans la mer - mais cela contredit le témoignage des évangiles sur l’agonie du Christ, où sa volonté humaine surmonte son horreur pour la mort et se soumet à la volonté du Père : toute l’attitude de Jésus en sa Passion est celle d’une obéissance filiale, parfaitement libre et volontaire, un acte d’homme...le Jésus médiéval " omniscient " : Jésus " dans les jours de son incarnation " (Hébreux, V- 7) aurait disposé en fait de toute la science divine. Quand il posait une question, il aurait donc fait comme si... Et pourtant, Jésus n’a-t-il pas avoué ignorer le jour du Jugement ? (Marc XIII-32) .

 

le Christ d’Arius (IV° siècle) : il ne saurait y avoir deux principes souverains (ce qui ferait deux dieux) ; il y aurait d’autre part contradiction à affirmer que le même est à la fois engendré - en tant que Fils- et inengendré en tant que Dieu dont le propre est de constituer sa propre origine... Jésus est donc un Dieu créé puis adopté comme Fils. C’est par cette adoption qu’il est devenu Dieu et Fils...- ce qui revient à dire que ce Dieu-là n’est pas Dieu au même titre que le Père (....). Dieu stricto sensu ne saurait se prêter aux abaissements et aux vicissitudes humiliantes auxquels Jésus a été confronté - ledit Jésus se déclarant d’ailleurs à de nombreuses reprises inférieur au Père, qu’il traite en seul vrai Dieu (Jean XIV-26 et XVII-3, Marc X-8, Luc XXII-42 etc.).


Cent ans plus tard, la controverse " arianiste " s’est apaisée mais non sans laisser des traces : - c’est ainsi que Nestorius patriarche de Constantinople refuse de qualifier Marie de " Mère de Dieu " dès lors qu’elle a engendré un homme mais sûrement pas pu engendrer Dieu !


Citant le théologien Gustave Martelet (op. cit.1962), le Père Sesboüé s’interroge sur ce qui change avec cette " christologie d’en-bas " : surnaturel et humain deviennent étrangers l’un à l’autre au point que certains fidèles parfois très engagés et réputés " bons chrétiens " - mais dont le rapport à Dieu fonctionnait " selon des schèmes de piété stéréotypée ou de dévotion puérile " (...) - subissent une crise d’ordre moral, intellectuel ou affectif si intense qu’ils croient perdre " subitement " ( ? ) la foi.

 

le " maître sublime " de l’Age des Lumières : pour Jean-Jacques Rousseau, qui récuse la Révélation - Jésus est un homme divin qui dépasse de cent coudées tous les philosophes connus, Platon compris. A propos de l’Evangile, il note : "Se peut-il qu’un livre à la fois si sublime et si simple soit l’ouvrage des hommes ?... pour conclure... Oui à Jésus, non aux dogmes... ".

En 1793, Kant écrit son ouvrage " La religion dans la limite de la simple raison ", titre révélateur. N’excluant pas formellement une origine surnaturelle de Jésus, il n’y voit simplement aucun intérêt : " Au contraire élever un pareil saint au-dessus de l’infirmité de la nature humaine nuirait plutôt à la mise en application de l’idéal qu’il propose à notre imitation... " (Arius pas mort finalement ! : commentaire du lecteur)".

 

le Sans-Culotte " de Nazareth : " Il naquit pauvre, il vécut pauvre. Il annonça son évangile aux pauvres, il vécut pour les pauvres, il mourut pauvre ! Et les pauvres ont été dépouillés et asservis pour enrichir les ministres de l’évangile... " (in " Les fureurs des théocrates dévoilées " , texte écrit sous la Terreur).


le " Christ républicain " (1848) ; c’est le titre du journal édité par le " citoyen Declergues " :

" Jésus veut l’ordre, celui de l’amour du prochain - pas celui des baïonnettes : - l’épée ne rétablira jamais la paix et l’ordre tant que la misère sera le partage de la multitude et l’abondance l’apanage de quelques uns... ".

Bernard Sesboüé ajoute : " Quand les hommes de la Révolution et de 1848 voient dans l’idéal de Liberté-Egalité-Fraternité une expression de l’Evangile, ils ne se trompent pas. De plus, quand des hommes accusent l’Eglise de contredire l’Evangile - même s’ils le font de manière ambiguë - les croyants ne peuvent se contenter d’écarter l’objection d’un revers de main. 

 

"le Jésus " moderne " des historiens : pour les chrétiens anciens, l’historicité évènementielle du Jésus de Nazareth allait de soi. Avec la naissance de la critique historique naît l’opposition entre le Jésus de l’Histoire et le Christ de la Foi : héritage avec lequel, en cette fin du XX° siècle, nous continuons de nous débattre (cf. le " malaise " avec lequel le Jésus de Jacques Duquesne - dont il sera question plus loin - a été accueilli dans les milieux catholiques traditionnels - c’est toujours ici le lecteur qui s’exprime) .

Renan dans sa Vie de Jésus (1863) rejoint Rousseau pour faire le double constat qu’il n’est plus catholique mais en conservant un goût vif pour l’idéal évangélique et pour le fondateur du christianisme. Il conclut : " L’idée qu’en abandonnant l’Eglise je resterais fidèle à Jésus s’empara de moi... ".

Bultmann (exégète et théologien luthérien contemporain, disciple de Heidegger) est bien conscient de la difficulté posée par l’acte de croire pour l’homme d’aujourd’hui formé à la culture scientifique et l’incite à démythifier sa lecture du Livre en distinguant le Jésus historique du Christ prêché qui est Seigneur. Le Nouveau Testament ne prétend pas nous délivrer une image du monde mais nous faire passer un message. Ce qui implique un décodage du récit des miracles qui ne sont que des manières d’exprimer le rapport de Dieu au monde en fonction de représentations primitives (finalement ça dédouane bien Duquesne - et quelque part moi aussi puisque c’est un jésuite " autorisé " qui me l’explique) .


 et le " Jésus " de Jacques Duquesne ? (" une nouvelle vulgarisation pour le grand public " , écrit Bernard Sesboüé). L’ouvrage présente comme on sait une image " moderne " de Jésus telle qu’on peut au moins la dégager des connaissances historiques les plus récentes. Selon les termes de B. Sesboüé, Duquesne entend décrasser la vie de Jésus de quelques fausses certitudes mais aussi déniaiser certains croyants aux assurances trop naïves (d’où le trouble évoqué plus haut !).

Quasiment tout le monde ayant déjà lu l’ouvrage paru voici trois ans, il est intéressant d’en résumer seulement ici ce que notre auteur, en tant que lecteur averti en a retenu :

la conception virginale de Jésus : Duquesne se satisferait de l’interprétation restrictive du " symbole " exprimant l’origine divine de Jésus - même si en fait il était né d’une union conjugale " normale " entre Marie et Joseph...Pour B.S. , " ce qui fait problème est de savoir d’abord si symbole et événement sont à ce point exclusifs... " ;

la virginité " perpétuelle " de Marie : pour Duquesne la cause est entendue : les " frères et soeurs " de Jésus mentionnés plusieurs fois par les évangiles ne sont pas des cousins mais bien une fratrie issue du même père et de la même mère. L’école adverse disposerait selon B.S. d’arguments tout aussi solides mais qui ne sont même pas cités comme une possible alternative. Les miracles : à l’inverse, " la problématique selon laquelle les miracles sont présentés est dans son ensemble ( ! ) saine... "

En résumé : " J. Duquesne se situe sur le plan de " l’histoire événementielle ". Il opère nombre de ses vérifications au niveau des détails - comme si c’était là que se jouait la question de la vérité des évangiles ".


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Published by Jamet Michel - dans sur l'unitarisme
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11 juin 2007 1 11 /06 /juin /2007 19:43

EXTRAITS SIGNIFICATIFS DES MINUTES DU PROCÈS EN INQUISITION intenté à Etienne JAMET, alias Esteban JAMETE (1er mars 1557 - 15 mai 1558), par Michel Jamet, août 2003

en 1541-1543, le sculpteur orléanais Etevan Jamete, orna les portes de la Chapelle sacré du Sauveur à Ubeda. Détail vu sur le site de la ville http://www.ubeda.com/

 

" Au Très Magnifique et Révérend Seigneur Don Diego del Rego, Docteur en Droit Canon, Inquisiteur de par l’Autorité Apostolique à l’encontre de la perversité hérétique et l’apostasie dans les cités et évêchés de Cuenca et Siguenza.

Moi, Bachelier Serrano, Promoteur de la Foi de par le Saint Office, je déclare - ainsi qu’il est enregistré et attesté dans les livres dudit Saint Office - que le nommé Esteban JAMETE sculpteur de nation étrangère, habitant cette ville et plus précisément Castillo de Garcimunoz, a fait, dit, perpétré et commis moult délits hérétiques, horribles et scandaleux contre notre Sainte Foi Catholique – délits aux chefs desquels j’entends ici le mettre en accusation.

C’est pourquoi je prie, supplie et, en tant que de besoin, requiers de Votre Grâce d’ordonner l’arrestation et détention d’iceluy en les prisons du Saint-Office, outre la mise sous séquestre de tous ses biens.

Afin qu’il me soit fait de lui la justice que je requiers, j’atteste et signe : Alonso Serrano "

Enregistré en la cité de Cuenca par devant moi Sebastian de Landeta, notaire du Secret, le quatrième jour du mois d’avril de l’an mil cinq cent cinquante sept.

Déposition à charge de Giraldo de Fluga, Cuenca le 10 avril 1557

Ledit Esteban Jamete a montré souventes fois au témoin un livret de petit format imprimé en langue française de Clemente Marot et dont un passage disait : " J’en aurais beaucoup à dire sur les clercs mais je redoute les bois [de justice] et le feu… " Et qu’il avait aussi moult fois vu et entendu l’intimé chanter en français une chanson qui dit : " Le pape de Rome se prend pour Dieu et abuse les hommes en tous lieux (… ) Eteignez vos cierges hypocrites, délaissez les statues idolâtres (*) et adorez Dieu… "

(*) Là, Esteban pousse un peu, la confection de " statues idolâtres " étant son gagne-pain quotidien ! (N.D.L.R.)

Déposition de Santo Picardo, verrier (même date)

Esteban Jamete lui a montré un petit livre en parchemin relié et qui ne mentionnait ni l’auteur ni l’endroit où il avait été édité. Le témoin se rendit chez Giralte, un imagier allemand qui habite en la ville basse et qui lui dit que " ce livre estoit de Martin Luther ". Le comparant ayant confié à sa femme qu’il avait vu un livre luthérien et qu’il l’avait brûlé, la susdite épouse lui intima de s’en confesser ; le prêtre à qui il s’en fût confesser lui reprocha " d’avoir mal agi en ne portant pas sur le champ ce livre à l’Inquisition " (…).

Être " où " ne pas être, là est la Question !

" Le onzième jour de décembre de l’an mil cinq cent cinquante sept, l’affaire Jamete ayant été vue et examinée par les Seigneurs Inquisiteurs, ceux-ci émirent le vœu que ledit Jamete fût soumis à la Question en Chambre des Tortures, afin qu’en celle-ci, il dise la vérité (…)

Fut donc déshabillé et déchaussé pour ne plus rester qu’en chemise, avec les chausses qu’on lui avait enfilées en la Chambre. Il dit alors qu’il allait répéter ce qu’il avait déjà dit avant : savoir qu’il n’avait jamais dit qu’il ne fallait honorer que Dieu (…). Il fut donc ordonné qu’on le serrât. Et pendant qu’on le serrait, Esteban Jamete demanda que le tourmenteur attendît : car il la dirait la vérité ET MÊME PLUS (…)

Lui fut répondu par les Seigneurs Inquisiteurs que c’était bien le moins qu’on attendait de lui : qu’il dise la vérité ! (…) Et pour qu’il obtempère, on ordonna de le serrer derechef

Et pendant qu’on le serrait, il dit qu’on le laissât car il avouerait la vérité : - qu’il était vrai qu’il avait bien dit qu’il ne fallait se confesser qu’à Dieu et à nul autre (…) Et qu’il avait dit aussi qu’il fallait seulement prier Dieu et pas les Saints ; et qu’il avait bien soutenu que point n’y avait de Purgatoire – et que les âmes allaient de suite où elles devaient aller (…) Que le purgatoire, en fait, il était dans ce monde-ci (…) "

Audience du 25 février 1558

Esteban Jamete répète … " que le Purgatoire pouvait bien se trouver en ce monde-ci et en n’importe quelle partie dudit monde voire dans une coquille de noisette si Dieu l’entendait ainsi, car tout Lui était possible (…). ". [Le prisonnier] demanda ensuite qu’on lui relise ce qu’il avait pu dire et déclarer en la Chambre des Tortures. Et comme on lui lisait le passage sur " la prière et la confession à Dieu seul " il assura que : " s’il l’avait vraiment dit, il en avait menti " (…)

De même affirma-t-il qu’il avait toujours tenu et cru ( !!!) que le pape avait bien le pouvoir tant de lier que d’absoudre (…)

Interrogé aux fins de savoir comment il avait pu dire ce qui vient d’être cité plus haut - alors que maintenant il disait le contraire – il répondit " qu’il l’avait dit à cause des grandes souffrances que lui avaient infligées la torture (…) Mais qu’il croyait fermement en Dieu. "

L’alcade [le juge] fit alors redescendre Esteban Jamete à la Chambre des Tortures. Leurs Révérences y descendirent aussi, ordonnant [à l’accusé] de se déshabiller et pendant qu’il ôtait ses habits, l’admonestèrent de dire la vérité. Quand il fut nu, elles le firent attacher au chevalet de torture. [L’accusé] dit alors que depuis qu’il avait lu ce petit livre [luthérien], il avait des doutes quant à la " Présence Réelle " de Notre Seigneur Jésus-Christ dans les hosties consacrées. Qu’à certains moments il y croyait, à d’autres pas. Qu’il avait cru aussi que le prêtre ne pouvait ni le confesser ni l’absoudre puisqu’il n’en avait pas reçu le pouvoir (…). Et qu’il avait bien chanté la chanson qui disait : " Le pape de Rome qui se prend pour Dieu etc… ".

Dernier interrogatoire avant jugement, en date du 10 mars 1558 ( extraits)

(…) Qu’étant en colère il avait bien pu se laisser aller à dire à telle personne (qu’il nomme) " que point n’était besoin de se confesser… ".

Et qu’il possédait bien un livre de Clément Marot, Valet de Chambre du Roy de France. Livre qui disait " que s’il osait, il dirait bien ce qu’il savait des clercs et parlait moult fois (en mal) des prêtres. Mais qu’il craignait les bois [de justice] (…)

Aussi qu’il avait tenu et cru qu’on pouvait sans péché manger de la viande en Carême (*) . " Car ce n’est pas ce qui entre par la bouche qui souille l’homme – mais ce qui sort de sa tête (...) ".

(*) Nota : Clément Marot (dont Etienne Jamet était comme on sait un fervent admirateur) fut lui-même embastillé au Châtelet exactement pour le même motif : " rupture du jeûne du Carême " .(N.D.L.R.)

Jugement final d’Etienne Jamet par les Inquisiteurs (15 mai 1558) : - réquisitoire et condamnation, avec exposé des motifs (extraits)

(…) "  Ytem que le susdit, doutant du pouvoir des Souverains Pontifes et des Indulgences qu’ils concèdent, dit (en mettant en avant l’opinion d’un sien ami) … " que ce dernier avait peu de foi dans lesdites Indulgences, que l’histoire de ces Indulgences était une dérision et que le pape ne pouvait pas donner le Paradis pour deux réaux (…) ". Et qu’en offense et opprobre envers les Souverains Pontifes, il avait maintes fois chanté dans sa langue française une chanson qui signifiait en castillan : " que le pape de Rome se prenait pour Dieu et trompait les hommes… ". Qu’il vous fallait souffler vos cierges hypocrites, hypocrites [sic] et abandonner vos idoles [le culte de la Vierge et des Saints] pour adorer Dieu (…)

Ytem que le susdit, blasphémateur qualifié ( !) tenait en sa possession des livres pernicieux et de mauvaise doctrine. Et qu’il les lisait et utilisait. Qu’il avait enfin commis maints autres délits d’hérésie et d’apostasie à l’encontre de notre Sainte Foi Catholique.

En foi de quoi prions et requérons que vous mandiez et procédiez contre le susdit en le déclarant hérétique et apostat, fauteur et receleur d’hérétiques tombant [de ce fait] sous le coup d’une excommunication majeure avec confiscation et perte de tous ses biens (…). Ordonnant de remettre sa personne au bras séculier, déclarant ses descendants inhabiles et incapables de tenir et posséder dignités et bénéfices tant ecclésiastiques que séculiers. Ce conformément au Droit et aux lois de ce Royaume, à la jurisprudence et aux instructions du Saint-Office.

Au prononcé de la sentence, Esteban Jamete a abjuré les fautes d’hérésie confessées par lui devant les Seigneurs Inquisiteurs [qui lui infligèrent tout de même trois ans de prison, outre la préventive]

Par devant nous Juan de Ivaireta , notaire du Secret, a fait serment, sous peine de cent coups de fouet, de garder le secret de ce qu’il avait vu ou subi dans les prisons du Saint-Office.

 

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11 juin 2007 1 11 /06 /juin /2007 19:28

 DES TRIBULATIONS endurées du fait de la Sainte Inquisition par ETIENNE JAMET (1515 - 1565) (alias ESTEBAN JAMETE), sculpteur français de la Renaissance pour s’être risqué à faire son " coming out " huguenot dans l’Espagne de Sa Majesté Très Catholique Charles-Quint. par Michel Jamet (août 2003).

" Une chose ne cesse pas d’être vraie au seul motif "  Quid quid latet apparebit… " qu’elle serait récusée par beaucoup d’hommes… " Dies irae Spinoza

Remerciements à François LAVANANT-JAMET, notre généalogiste - informaticien, pour avoir su " dénicher ", à l’occasion de ses recherches patronymiques via Internet, l’ouvrage d’André Turcat (*) sur l’œuvre de sculpteur et la vie mouvementée d’Etienne Jamet : gros opus de 400 pages illustré de dizaines de photographies prises in situ dans toute l’Espagne par l’auteur : polytechnicien, ancien pilote d’essai du Concorde, reconverti, après un Doctorat d’Etat, à l’Histoire de l’Art.

Hispanophone, André Turcat a de surcroît traduit le mémoire (Madrid 1933) de l’historien Dominguez-Bordona consacré au Proceso Inquisitorial contra el escultor Esteban Jamete " dont les minutes, intégralement reprises, font largement état des confessions de l’inculpé : notre unique source d’information avérée et datée le concernant…

Confessions " fascinantes " dont les variations mêmes donnent à penser ! Car fonction du moment, des circonstances où elles ont été consignées : i.e. avant, pendant ou après la Question (…) Tel par exemple ce trait d’humour (involontaire ?) qui ressort de son interrogatoire en date du 25 février 1558 :

Fut donc déshabillé et déchaussé pour ne plus rester qu’en chemise, avec les chausses qu’on lui avait mises en la Chambre. Et dit qu’il répétait ce qu’il avait déjà déclaré, savoir qu’il n’avait jamais dit qu’il ne fallait honorer que Dieu (…). Il fut donc ordonné qu’on le serrât. Et pendant qu’on le serrait, Esteban Jamete demanda que le tourmenteur attendît. Car il dirait la vérité ET MÊME PLUS (…) ".

A partir des repères chronologiques cités au début de l’ouvrage d’André Turcat, on constate une extraordinaire unité de temps et de lieu avec deux personnages très connus – coïncidence qui ne paraît pas avoir outre mesure attiré l’attention de l’auteur (principalement focalisée, c’est vrai, sur l’œuvre artistique d’" Esteban Jamete "). C’est à ce stade qu’on se trouve, comment dire, embringué dans une enquête quasi policière ! 

On est entre 1531 et 1534 à Orléans : " l’escholier" Etienne Jamet (âgé alors de 16-19 ans) étudie à cette période la peinture et la sculpture et comme c’était l’usage chez un maître local. Marteau et burin, il connaît depuis l’enfance : son père était tailleur de pierres !

Or c’est précisément dans cette tranche triennale que séjourne lui aussi à Orléans un jeune étudiant en théologie, Jean Calvin 22 ans. Qui va y écrire son "Traité sur la vigilance de l’âme". Premier ouvrage, estimé tellement déviant par les autorités universitaires que son auteur sera contraint de s’enfuir précipitamment en Suisse, sous le coup d’une arrestation pour hérésie.

Clément Marot (1496-1544), poète en vogue sous François 1er, aquarelle vue sur le site du Quercy, sa région natale (http://www.quercy.net)

 

Quant à Clément Marot, natif de Cahors et sans attaches familiales à Orléans, il ne s’y rend (autour de 1532/1534 tout comme Calvin) qu’à l’invitation de son " La Boétie " : Lyon Jamet, ami et mécène de Marot (originaire comme Etienne des Pays de Loire mais sans parenté avérée - mais probable : sinon pourquoi avoir choisi ce poète-là pour " l’accompagner " en Espagne ?).

Une telle cohabitation " fortuite " n’implique certes pas que ces trois personnages de même génération (Clément Marot est juste un peu plus âgé, trente-six ans à son arrivée à Orléans) s’y soient " nécessairement " rencontrés physiquement. Probable non, mais très possible : si ! Car pour l’affirmer on dispose de vrais " indices " :

- Orléans est alors une ville " petite-moyenne " où, entre étudiants, tout le monde se connaît ;

- il est établi qu’Etienne, avant même de s’expatrier pour l’Espagne (il a tout juste vingt ans) connaissait l’œuvre pamphlétaire de Marot (car retrouvée chez lui par les Inquisiteurs).

Alors qu’a priori, si on n’emporte que quelques livres dans son baluchon, on choisirait plutôt Homère et Cervantès : pas le " gentil " Marot ... Sauf si on se connaissait " d’avant " !

de même pour les livres " hérétiques " trouvés eux aussi lors de la perquisition au domicile d’Esteban Jamete : en sus d’un écrit " sans indication d’auteur ni d’éditeur " - qui se révélera être la traduction française d’un texte de Luther, le " Traité sur la vigilance de l’âme " de Calvin édité à Orléans juste avant qu’Etienne Jamet ne quitte la ville.

C’était en tout cas le seul ouvrage de Calvin que Jamet ait pu emporter dans son bagage car les autres sont tous postérieurs. Par exemple,  L’ Institution de la religion chrétienne publié à Bâle en 1536 mais dont la première édition française (traduite par Calvin lui-même) est datée de 1541 :

soit plus de six ans après l’expatriation pour l’Espagne de notre " escultor " orléanais.

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10 juin 2007 7 10 /06 /juin /2007 09:39

Devant l’intérêt porté par beaucoup à cette grande figure de la Réforme qu’est Michel Servet, j’ai voulu apporter ma contribution en répertoriant les articles consacrés à celui-ci par Charles Taze Russell d’abord et par ceux qui poursuivirent son œuvre, les Témoins de Jéhovah. C’est la raison pour laquelle j’ai traduit de l’anglais un extrait du " Photo-Drame de la Création " datant de 1914, à l’attention des membres du groupe de discussion " Unitariens Francophones ", extrait qui est déjà paru sur ce blog et qui a été repris sur le site de la Servetus International Society.

Charles Taze Russell fut le fils d’un riche commerçant américain, dont il était l’associé. Il fonda en 1879 le magazine Zion’s Watch Tower, aujourd’hui The Watchtower (La Tour de Garde). En 1870 il avait renoncé à sa carrière pour former une classe d’étude biblique avec ses amis de Pittsburgh et Allegheny (en Pennsylvanie) à la suite de quoi il exerça la fonction de pasteur et de président de la Watchtower Bible and Tract Society à partir de 1881.

Sa lecture et sa compréhension de la Bible l’ont amené à s’interroger sur la nature de certaines conceptions prêchés par les Eglises de son temps et à en rejeter quelques-unes, notamment le dogme trinitaire. Entre 1870 et 1875 il avait fait la connaissance du pasteur adventiste George Storrs et il découvrit les travaux de Henry Grew, tous deux des anti-trinitaires.

Il semble que, sous le rapport de cet anti-trinitarisme, Charles Russell ait connu très tôt, sinon l’œuvre, au moins l’histoire de Michel Servet pendant ses recherches sur ce sujet durant la période 1870-1875. Ainsi en 1899, lors de la parution de son livre "La réconciliation entre Dieu et l’homme", on pouvait lire un paragraphe rapportant les paroles de Servet dans une citation de John Wesley, le fondateur du méthodisme.

Wesley, le fondateur du méthodisme, s'efforça de défendre la doctrine de la Trinité ; pourtant dans un de ses sermons portant sur ce texte [1 Jean 5 :7], il cita les paroles de Servet : " J'hésite à employer les mots " Trinité " et " personne ", parce que je ne trouve pas ces termes dans la Bible ", et à cette citation, Wesley ajoute : " Je voudrais insister seulement sur les termes exacts, inexpliqués, tels qu'ils se trouvent dans le texte ". […] - Charles T. Russell, Etude des Ecritures Vol. 5 " La réconciliation entre Dieu et l’homme " (1899), étude 2 p. 53 de l’édition française du MMIL.

 

Le fait qu’il n’aborda que tard le cas de Servet peut s’expliquer par le fait qu’à l’origine de la publication de la Tour de Garde, bien qu’il avait déjà rejeté le dogme trinitaire depuis longtemps, Russell s’était consacré davantage à la chronologie biblique, à la question de la rançon du Christ (cf. Mat. 20 :28 ; 1 Tim. 2 :6) et à sa présence (ou retour) sur terre.

Russell continua de faire référence à Michel Servet dans les éditions de la Zion’s Watch Tower de janvier 1905 où il publia une biographie de Servet écrite par Albert Monot et datant de novembre 1904 et dans celle de décembre 1908 sous le titre "Les doctrines de Michel Servet et Jean Denck".

En 1914, Russell fit éditer une série d’images accompagnées d’une bande son intitulée "Photo-Drame de la Création" qui fut projeté publiquement dans des salles en Amérique du Nord, en Europe et en Australie. Une version sous forme de livre fut également publiée. Les planches n° 85 portaient le titre "Calvin et Servet" et relataient le triste sort que réserva le premier au second, le tout accompagné d’une représentation du supplice et d’une photo de la stèle commémorative de Champel. Voir les photos sur ce blog en date du 9 avril 2007, repris sur le site de la Servetus International Society le 15 avril 2007.

Le collège central des Témoins de Jéhovah, éditeur des mensuels La Tour de Garde fondée par Russell et Réveillez-vous !, publia des articles sur Servet ou cita son exemple à de nombreuses reprises dans ses publications. Dans l’esprit du "De Trinitatis Erroribus", les Témoins de Jéhovah publièrent en 1989 une brochure intitulée "Doit-on croire en la Trinité ?" ainsi que de nombreux dossiers sur le sujet dans leurs magazines.

A ce jour, hormis certains chrétiens libéraux sur le plan strictement personnel, l’anti-trinitarisme biblique est partagé, pour ce qui est de la France, par les Témoins de Jéhovah, les Etudiants de la Bible dit " Russellistes ", les Amis de l’homme, les chrétiens unitariens, l’Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours (Mormons), l’Eglise Internationale de Dieu et l’Eglise du Dieu Vivant.

Fabien Girard

 

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19 mai 2007 6 19 /05 /mai /2007 09:07

"Unitarisme et libéralisme à Genève", Roger Sauter, Approches unitariennes, n° 27, septembre-octobre 1996, pp. 7-8

Genève à la fin du XVI° siècle, dessin de Matthieu Méran fait en 1642 d'après un tableau plus ancien

Des évêques à Calvin

Dès l’an 1034 et pendant cinq siècles, des princes-évêques gouvernèrent Genève, permettant aux riches bourgeois d’avoir toujours plus de regard dans l’administration, élisant le Conseil et leurs syndics. Pour mieux résister aux attaques du duc de Savoie, Genève conclut une alliance, en 1526 avec Berne et Fribourg. Mais voilà que les Bernois adoptent la Réforme deux ans plus tard et soutiennent bientôt la prédication réformée à Genève. Le dernier prince-évêque, ne réussissant pas à expulser les prédicateurs, quitte définitivement Genève en 1533.

Le duc de Savoie se fait alors un devoir d’organiser le blocus de la ville pour affamer les Genevois. Mais les syndics embrassent la Réforme et appellent à l’aide les Bernois, qui délivrent Genève en janvier 1536, après avoir conquis le pays de Vaud et d’autres terres savoyardes. Enfin, le 21 mai 1536, les citoyens décrètent la Réforme de Genève. Bientôt Calvin sera appelé et imposera sa religion.

Premiers unitariens à Genève

En dépit de cette intolérance, des unitariens étrangers visitèrent Genève, tels Gribaldo et les deux Socin. Michel Servet, passant par là, y fut reconnu, jugé et brûlé le 27 octobre 1553. D’autre part, parmi les réfugiés italiens, parce que réformés, il se trouva plusieurs unitariens. Calvin, averti, leur imposa de signer une confession de foi calviniste ; ce qu’ils firent pour sauver leur tête, mais à la première occasion, ils quittèrent Genève. Les plus connus de ces unitariens furent : le professeur de médecine Georges Biandrata, le professeur Gentile et le soldat Alciati. Tous trois allèrent en Pologne où ils aidèrent les anti-trinitaires à s’organiser. Biandrata fut appelé en 1563 à la cour de Transylvanie, et là, participa à la création de l’Eglise unitarienne.

Revenons à Genève. Le calvinisme y est obligatoire. Gare aux non conformistes ! C’est ce que montre l’étrange et tragique histoire du Lorrain Nicolas Antoine (encore un étranger). Au cours de ses études de théologie à l’académie de Genève, il en vint à rejeter la manière chrétienne d'interpréter l'Ancien Testament, ainsi que le dogme trinitaire et la christolâtrie. Tout cela sans le laisser paraître. Antoine voulut même devenir juif ! A la fin de ses études, afin de gagner sa vie, il obtint le poste de pasteur réformé de Divonne, cachant soigneusement son judaïsme. Au bout de deux ans, en 1632, il crut son hypocrisie découverte et fut pris d’une crise de folie. S’évadant de Divonne, il courut à Genève où on le soigna, puis on tenta en vain de la ramener à l’orthodoxie. Emprisonné, jugé et condamné pour " apostasie et lèse-majesté divine ", il fut brûlé le 30 avril 1632, en dépit des efforts déployés par les pasteurs pour sauver son âme de l’enfer et son corps des flammes.

Les pasteurs s’émancipent

Cinq ans après la fin dramatique de Nicolas Antoine, donc en 1637, René Descartes publiait son " Discours sur la Méthode ", livre qui marqua le début d’une ère nouvelle dans l’histoire de la pensée. Il encourage en effet la remise en question en question des traditions, en vue d’une recherche indépendante de la vérité. D’autre part, les écrits de Fausto Socin, le réformateur des unitariens polonais, se répandaient, prônant comme ceux de Pierre Bayle, la tolérance religieuse.

Lentement, prudemment, les pasteurs genevois se laissèrent influencer par cette révolution de l’esprit. Le calvinisme orthodoxe en prit un sérieux coup. Ainsi, en 1725, ils décident d’enseigner " la doctrine telle qu’elle est renfermée dans la Sainte Ecriture et dont nous avons un sommaire dans notre catéchisme ". Bientôt, Jacob Verne propose son " nouveau catéchisme ", qui insiste sur la morale évangélique et glisse sur les croyances intellectuelles. L’épître de Jacques est préférée à celles de Paul. Le dogme de Nicée-Constantinople a perdu de son autorité.

Aussi d’Alembert, dans son article " Genève " de l’Encyclopédie, se plaît-il à qualifier les pasteurs genevois de " sociniens ", c’est-à-dire d’anti-trinitaires. Cependant, ceux-ci ne veulent pas de pareille étiquette, car elle les présente comme des hérétiques aux yeux des Eglises suisses et surtout aux yeux des patriciens gouvernant Genève.

Ce même gouvernement a banni Jean-Jacques Rousseau pour avoir mis dans son " Emile ", publié en 1762, une " profession de foi d’un vicaire savoyard " jugée hérétique car attaquant les religions dites révélées au profit d’une religion dite " naturelle ", où la raison et le cœur dicteraient la foi. On sait que le parlement de Paris condamna également le livre de Rousseau. Celui-ci, banni de France et de sa ville natale, se réfugia à Môtier, dans le Jura.

Dans cet exil, Rousseau adressa des lettres aux pasteurs de Genève. Il les traite de " sociniens honteux ". On ne sait pas ce qu’ils croient, ni ce qu’ils ne croient pas, ni ce qu’ils font semblant de croire. Enfin, dans ses " Lettres de la montagne ", Rousseau révèle sa propre foi : adoration d’un Dieu unique et non trinitaire, une religion du cœur et de la conscience, éclairée par la raison ; son attachement à la personne et à l’enseignement du Jésus historique. S’affirmant ainsi unitarien, Rousseau dut quitter Môtier, et il erra dès lors jusqu’à sa mort en 1778.

Naissance du libéralisme protestant

Après la Révolution, les pasteurs se sentirent plus libres à l’égard de la tradition calviniste. En 1806, la Compagnie des pasteurs supprima l’obligation de suivre un catéchisme unique, mais décide de prendre comme base de la foi la Bible et le Symbole des apôtres – ce vieux symbole, que l’on date de l’an 100 environ, ignore la Trinité.

Un pas de plus est franchi en 1810 : les pasteurs n’ont plus à souscrire au Symbole des apôtres et doivent enseigner la Bible " selon leur propre conscience " ", en tenant compte des progrès contemporains de la critique biblique. Comme il fallait s’y attendre, des pasteurs rejetèrent ce libéralisme et s’en tinrent au fondamentalisme et à l’orthodoxie du XVI° siècle. Des paroisses, communautés séparées, s’organisèrent. C’est ce qu’on appelle le Réveil. Il s’ensuivit des querelles entre orthodoxes et libéraux. Pour mieux défendre leurs opinions, les libéraux créèrent en 1831 un journal, " Le protestant genevois ". Ce fut ainsi l’ancêtre du mensuel " Le Protestant " actuel. Et quarante ans plus tard, en 1871, ce fut la fondation de l’Union protestante libérale (UPL), association toujours active aujourd’hui.

Cette Union prend position dans les grandes questions qui se débattent au Consistoire, organe directeur de l’Eglise nationale protestante, et elle organise des conférences. Dans un récent " Manifeste ", l’UPL se présente au grand public. Il est intéressant d’y lire comment elle définit sa foi. En voici un résumé :

Dieu appelle, mais l’homme peut dire oui ou non. Dieu n’est pas à confondre avec la personne de Jésus. Jésus, fils de Dieu par l’Esprit, est le suprême révélateur de la volonté de Dieu. Jésus accomplit parfaitement la volonté de Dieu, qu’il appelle son Père. La Bible doit être lue sans asservissement à la lettre des textes, dont les auteurs furent des hommes inégalement inspirés ; d’où la nécessité d’une lecture critique. La Réforme doit être permanente. Le dialogue interreligieux est souhaitable.

Comme vous le voyez, les opinions des libéraux genevois sont très proches de celles des unitariens.

Une constitution libérale

En 1907, le gouvernement genevois décrète la séparation des Eglises et de l’Etat. La Constitution de la nouvelle Eglise nationale protestante, approuvée par les citoyens protestants, entra en vigueur en 1909. Elle commence par une " Déclaration " tout à fait libérale. En voici deux extraits significatifs :

" L’Eglise nationale de Genève reconnaît pour seul chef Jésus-Christ, sauveur des hommes ".

" Elle place à la base de son enseignement la Bible, librement étudiée à la lumière de la conscience chrétienne et de la science. Elle fait un devoir à chacun de ses membres de se former des convictions personnelles et réfléchie. Elle ouvre ses portes aux protestants du canton de Genève sans leur imposer aucune confession de foi ".

Cette constitution est demeurée en vigueur jusqu’à nos jours, en dépit du fait que le majorité des pasteurs invoquent la Trinité et que certains regrettent l’absence d’une confession de foi orthodoxe.

Et c’est pourquoi le pasteur Claude-Jean Lenoir a pu, en 1989, organiser au Lignon, une rencontre protestante ayant pour titre cette question provocante : Jésus est-il Dieu ? Y participèrent des pasteurs unitariens : Mme Kirk, Messieurs Pierre-Jean Ruff et Hostetter ; le professeur Théodore Monod, président de l’Association unitarienne francophone (AUF) [ndlr : à cette date encore dénommée " française "] et d’autres personnalités. De même, le centre protestant du Lignon a pu accueillir, récemment, le 31 août 1996, nos amis français de l’AUF pour une assemblée générale.

Bénissons Dieu pour cette liberté religieuse.

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Published by Roger Sauter - dans SAUTER Roger
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19 mai 2007 6 19 /05 /mai /2007 07:46

s.d., À la mémoire des martyrs unitariens, liste établie par Roger Sauter [ndlr : liste non exhaustive qu'il faudrait compléter]

- Adam Duff O’Toole,  est brûlé vif à Dublin en 1327 pour avoir nié les doctrines de l’Incarnation et de la Trinité.

- William Sawtrey, prêtre à Lynn (dans le Norfolk, en Angleterre), est brûlé pour les mêmes raisons à Smithfield (au nord de Carlisle, dans le Cumbria, toujours en Angleterre), le 20 mars 1401.

- Katherine Weigel (ou Vogel), née à Cracovie, en Pologne, vers 1460, est dénoncée à l’évêque catholique de cette ville comme hérétique alors que la réforme luthérienne commence à se répandre dans le Sud de la Pologne. Elle professe librement, peut-être sous l’influence d’amis juifs, qu’elle ne croit pas en la Trinité, mais seulement en l’unité de Dieu. Jésus n’a pas cru autre chose, affirme-t-elle. Enfermée dans une chapelle de la cathédrale jusqu’à ce qu’elle abjure, elle y restera pendant 10 ans. Finalement, le 10 avril 1539, cette dame de 80 ans aux cheveux blancs monta hardiment sur le bûcher, affirmant que pas plus dans ce monde que dans l’autre, il ne peut rien arriver de mal à l’âme de celui qui reste ferme dans la vérité.

- Michel Servet (1511-1553), médecin, géographe, théologien. On lui doit la découverte de la circulation pulmonaire du sang. À 20 ans, il écrit le traité "De Trinitatis Erroribus" où il démontre que rien dans les Evangiles ne justifie le dogme tardif de la trinité. En 1553, il publie en secret à Vienne (au sud de Lyon) sa "Christianismi Restitutio" où il prône le retour au christianisme originel, défiguré par les Églises. De passage à Genève, il est reconnu, arrêté. Calvin le fait condamner après une détention atroce. Il est brûlé vif à Champel le 27 octobre 1553. Son dernier cri est "Jésus, fils du Dieu éternel, aie pitié de moi !".

- Bernardino Occhino, ancien vicaire général des Capucins passé à l’anti-trinitarisme, mort de froid avec ses trois enfants en 1565 alors qu’à 77 ans il fuyait, dans la montagne, la persécution.

- Valentin Gentile, ancien vaudois de Calabre (montagne à l’extrémité sud de l’Italie), célèbre grammairien, passé à l’unitarisme, décapité à Berne en septembre 1566 à la demande de Théodore de Bèze, bras droit de Jean Calvin.

- Nicolas Paruta, médecin, exécuté à Venise en 1567 pour son traité "De Uno Vero Deo Jehovah".

- Francis David (1520-1579), d’abord élu évêque de l’Église luthérienne de Transylvanie (province naguère hongroise, en Roumanie depuis 1918), il se convainc en 1565 que la doctrine trinitaire n’a pas de fondement biblique. Sa prédication enthousiaste gagne à l’anti-trinitarisme la population de Kolosvar (actuel Cluj-Napoca) et le roi Jean Sigismond. Cependant, en 1578, au cours d’un synode, il déclare qu’il ne faut pas prier Jésus, mais seulement Dieu, le Père. Arrêté, condamné, il meurt de maladie et d’épuisement dans le donjon de Deva (toujours en Transylvanie, dans le département - judete - de Hunedoara). Sur le mur de sa prison, il avait écrit "Aucune force ne peut arrêter ce qui est bien".

- Matthew Hamont, anglais, fabricant de charrue, brûlé en 1579 pour avoir nié que Jésus soit dieu.

- John Lewes, son disciple, brûlé en 1583.

- Jacques Massilara, dit Paléologue, qui fréquenta les milieux anti-trinitaires en Pologne et en Transylvanie, brûlé à Rome par l’Inquisition en 1585.

- Peter Cole, tanneur d’Ipswitch (en Angleterre, dans le Suffolk), brûlé en 1587 ;

- Le révérend Francis Kett, diplômé de Cambridge (la célèbre université au nord de Londres), brûlé près de Norwitch (chef-lieu du Norfolk) en 1589, après qu’à la demande de la foule présente, on l’eût essorillé (scié les oreilles).

- Bartholomew Legate, marchand anglais, brûlé le 18 mars 1612.

- Edward Wightman, dernier "hérétique" exécuté en Angleterre, brûlé fin 1612.

- John Biddle, né en 1615, célèbre théologien, fondateur de l’unitarisme déclaré en Angleterre, passe à partir de 1644 plus de la moitié de sa vie en prison où on le laisse finalement mourir d’inanition en 1662.

- Le révérend Norbert Capek, né en 1878, fondateur de l’unitarisme tchèque, opposant aux nazis et à l’arrestation des juifs, exécuté à Dachau (au nord-ouest de Munich) en 1944.

- Le révérend James Reeb, pasteur unitarien noir, assassiné en public à coups de tuyaux à Selma, en Alabama, aux Etats-Unis, à l’issue d’une célèbre marche pour les droits civiques ; ses agresseurs, arrêtés, furent acquittés.

- le Révérend Toribio Quimada, président de l’Église unitarienne des Philippines, est assassiné en mai 1988 par des inconnus, vraisemblablement par des militaires opposés aux coopératives paysannes qu’il installait.

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Published by Roger Sauter - dans SAUTER Roger
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