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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
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14 août 2007 2 14 /08 /août /2007 15:33

exposé de Roger Sauter à l’Union protestante libérale de Genève, le 13 octobre 1997

 

Le culte de Mithra a-t-il influencé le christianisme ? Oui, ont répondu plusieurs historiens au début de ce siècle, à la suite de la publication par le Belge Francis Cumont d’un splendide inventaire intitulé : " Textes et monuments figurés relatifs aux mystères de Mithra " (Bruxelles 1896-1899). . Parmi eux, citons J.M. Robertson, A. Loisy, Autran, Arthur Weigall. Le plus convaincu était sans doute A. Weigall, qui affirmait en 1928 : " Pendant trois siècles et demi, le plus puissant rival du christianisme fut la religion connue sous le nom de mithriacisme (…). Une grande partie de sa doctrine et de ses rites fut adoptée par l’Eglise ; ainsi fut-elle pratiquement absorbée par sa rivale " (The Paganism in our Christianity). L’auteur mentionne une vingtaine d’exemples à l’appui de sa thèse . Nous verrons ce qu’il faut en penser.

 

Disons d’emblée que l’opinion des archéologues et des historiens a beaucoup changé au cours des trente dernières années, grâce aux découvertes et à l’étude critique des documents. Le meilleur résumé illustré relatif au mithriacisme est celui de Robert Turcan : " Mithra et le mithriacisme " (Paris, 1993). Deux des découvertes récentes ont eu lieu en Suisse romande : la première en 1993 à Martigny, la seconde en 1995 à la villa romaine de Boscéaz, près d’Orbe. Dans les deux cas, il s’agit des ruines d’un mithraeum. Celui de Martigny a livré un important métériel, visible au musée de la Fondation Giannada à Martigny (voir aussi l’article de François Wiblé dans " Archéologie suisse ", 1995, fasc. 1).

 

Charles-François Dupuis, Atlas de l'origine de tous les cultes  ou religion universelle, an III (1795), planche XVII, le culte de Mithra.

Origine du dieu Mithra

 Mithra a fait un long chemin avant d’arriver à Rome et d’y rencontrer le Christ et l’Eglise. Au départ Mithra est l’un des dieux de l'Inde, il y a environ 5 000 ans. Son nom signifie " Ami " , car il protège les humains. De l’Inde, ce dieu arriva en Iran ancien, où il est l’un des dieux du mazdéisme (la religion des Mages), continuant son œuvre de bienfaiteur, de garant des contrats et des serments. L’Avesta, l’Ecriture sainte des anciens Iraniens, assure que Mithra est " le plus vertueux des dieux ".

 

Toutefois, une nouvelle religion monothéiste le met à l’écart. Sa fonction propre revient maintenant aux anges gardiens du zoroastrisme, sous le regard de Ahoura Mazda, le dieu unique. Le culte de Mithra se réfugie en Cappadoce, devenant même le protecteur de plusieurs rois hellénisés, aux II° et I° siècles avant notre ère. Certains se faisaient appeler Mithidate, du nom du dieu dans les royaume d’Arménie, du Pont et de Commagène. C’est là que naquit le culte de Mithra, combinant des éléments indiens, iraniens et grecs. Et c’est aussi là que des soldats romains le découvrirent, puis l’adoptèrent, avant de l’amener en Europe occidentale.

 Expansion dans l’empire romain

 Le culte de Mithra s’est répandu dès la fin du II° siècle dans l’empire romain. Le plus ancien document connu est une statue du dieu qu’un esclave offrit à un notable de Rome en l’an 80. Grâce aux nombreux mithraea conservés ou en ruines, aux inscriptions et aux peintures, aux autels et statues, aux objets de culte offerts par les fidèles du dieu, nous avons une idée assez précise de l’expansion du mithriacisme. Cela va de la Syrie à la Mer Noire, le long du Danube puis au Rhin pour en finir au mur d’Hadrien en Ecosse. Cela correspond à la frontière nord de l’Empire. Mais on en a trouvé également le long des grandes routes suivies par les légions et dans les ports (voir carte des trouvailles mithriaques).

 

A ces documents objectifs, il faut ajouter les textes subjectifs émanant des Pères de l’Eglise (par exemple tertullien) ou d’auteurs païens (par exemple Celse), textes à utiliser avec prudence. Parmi tous ces documents, admirons le buste de Mithra provenant de Walbrook et conservé à Londres.

 

Qui étaient donc les adeptes de ce culte ? C’étaient des militaires, des marchands, des douaniers et des administrateurs, tous gens appelés à se déplacer au service de l’Etat. Dans ce groupe, pas de femmes, ni d’hommes infirmes ou débiles. Au contraire, des hommes solides et sérieux, ayant subi avec succès les dures épreuves de l’initiation. Ces adeptes, les mithriastes, forment en quelque sorte une franc-maçonnerie avant la lettre. Ils savaient pouvoir, au cours de leurs déplacements, trouver des frères et un mithraeum.

 Qu’est-ce qu’un mithraeum ?

 C’est une salle de culte, allongée, d’orientation variable, que l’on atteint en descendant quelques marches depuis le vestibule d’entrée, comme vous le voyez sur le plan du mithraeum de Martigny. Ici, l’ensemble est orienté vers le N-NO.

 Le vestibule : un vestiaire, un coin cuisine et une sacristie. C’est aussi là que les candidats à l’initiation étaient informés, interrogés, puis soumis à diverses épreuves destinées à s’assurer de leur résistance à la chaleur, au froid, à la douleur et à la solitude dans l’obscurité. S’il réussit, le candidat doit encore prêter serment et reçoit le premier grade au sein de la confrérie, celui du Corbeau. Par la suite et successivement, il obtiendra des grades de plus en plus honorables : Fiancé, Soldat, Lion, Perse, Courrier du soleil et peut-être celui de Père.

 La salle de culte : 15 mètres sur 8 à Martigny. Elle est semi-enterrée, parfois souterraine, dépourvue de fenêtres. Son plafond voûté évoque le Ciel avec ses étoiles peintes. Deux longues banquettes, inclinées vers le mur, sont prêtent à recevoir les initiés, qui s’y allongent pieds vers le mur et visage tourné vers le mur du fond. L’icône de Mithra occupe le centre de ce mur du fond, au dessus d’un podium. Au milieu du large couloir séparant les banquettes, se dressent des autels, des statues de dieux divers, des braséros où brûle l’encens. L’éclairage est fournie par des lampes à huile.

 L’histoire du monde en image

 A défaut de textes décrivant leur religion, les fidèles de Mithra nous ont laissé nombre d’images peintes ou sculptées, retrouvées dans les mithraea en ruines. Elles accompagnaient l’icône du dieu, racontant son œuvre ainsi que l’histoire du monde. Nous allons examiner trois grandes stèles à reliefs provenant de Rhénanie.

 stèle du mithraeum d’Osnabrücken (musée de Karlsruhe) : La scène principale illustre le jeune dieu Mithra, coiffé du bonnet phrygien et vêtu à l’asiatique, immolant le taureau consacré (le martelage de son visage est l’œuvre de chrétiens). Un chien, un lion et un serpent lèchent le sang s’écoulant de la blessure. Un scorpion s’attaque aux testicules. Ce sang à régénéré les créatures vivantes, y compris les plantes ; en effet des épis de blé jaillissent de la queue du taureau. A gauche et à droite les deux compagnons d’aventure de Mithra, Caudès et Cautopadès, torche en main.

 

Au dessus du zodiaque bordant l’ouverture de la caverne, on voit à gauche le Soleil levant, au centre des bergers, et à droite la Lune descendante. Les petites scènes placées les unes sur les autres, à gauche et à droite, racontent les gestes de Mithra et la création du monde. Tout en bas, à gauche, Saturne émerge du chaos et crée le Temps. Au-dessus, il a créé le Ciel et la terre. Puis les trois Parques filent nos destinées. Au-dessus, Saturne et Jupiter maîtrisent des monstres et un taureau. Enfin, Mithra naît, sortant d’un rocher. Son premier geste est de cueillir une grappe de raison. Nous abandonnons cette stèle pour une autre.

 stèle de Neuenheim (musée de Karlsruhe) : A gauche en bas, on retrouve la création du Ciel puis celle de la Terre ; avec, au-dessus, Jupiter recevant la foudre des mains de Saturne. Puis c’est la naissance de Mithra issu du roc. Dans le coin, à côté du buste du Soleil, Mithra moissonne. Plus à droite, à côté du buste de la lune, le dieu crée une source en frappant le rocher d’une flèche (on pense à Moïse au désert). Cela fait reverdir un arbre. Descendant à droite, on voit le Taureau dans une caverne, Mithra l’emmenant dompté. C’est alors que se place l’Immolation figurée par le tableau central. Mais l’histoire continue comme nous allons le voir.

 stèle de Duisbourg (Musée de Duisbourg) : En bas à gauche, on reconnaît Jupiter tenant la foudre, puis, au-dessus, Mithra émerge du roc et cueille une grappe. Il s’en va moissonner. En haut, le Taureau poursuivi se réfugie dans une maison que l’on incendie. La bête sort, Mithra la dompte et c’est l’Immolation, sujet principal. Un arbre reverdit, signe de renouveau. Dans le coin droit, en bas, Mithra partage un repas avec Hélios, le soleil. Enfin, juste à côté, on voit Mithra prendre place sur le char solaire, car il est devenu, lui aussi, un dieu solaire, bienfaiteur des humains. Ses adorateurs le nomment : " Dieu invaincu, soleil Mithra ".

 

Voilà donc les images que les mithriastes avaient devant eux lorsqu’ils se réunissaient, au Jour du Soleil, c’est-à-dire le dimanche : pour un repas de communion.

 Un culte mithriaque

 Essayons de nous représenter un culte mithriaque. Les initiés ont revêtu le costume de leur grade, dans le vestibule. Ils sont descendus dans la grande salle et ont pris place sur les banquettes selon leur grade. Proches de l’icône, les Pères en manteau pourpre portent le bonnet phrygien et tiennent une baguette. Puis voici, en allant vers la porte, les Courriers du soleil en tunique rouge à callerette jaune, les Perses en tunique blanche, les Lions portant un masque léonin, les Soldats, les Fiancés portant un voile jaune, et enfin les Corbeaux au masque à bec d’oiseau. L’origine de ces costumes en apparence fantaisistes nous échappe.

 

Le culte commence par une partie liturgique assurée par un Père se tenant sur le podium, devant les images. Nous ne savons pas ce qu’il disait, mais on peut supposer qu’il commentait les vertus du dieu, adressait des prières, encourageait les adeptes à demeurer fermes et courageux, solidaires entre eux et fidèles à leur dieu préféré Mithra.

 

Puis, c’était le repas de communion. Les Corbeaux s’affairent, apportant plats et gobelets, puis les morceaux de viande, les fruits et légumes, les pains, l’eau et le vin. Les viandes sont consacrées par les Pères, sur les autels, puis grillées. C’est généralement du poulet, parfois d’autres oiseaux ou bien de la chèvre, du mouton. Le sang et les os sont jetés dans des fosses creusées dans le sol. L’ambiance devait être à la fois chaleureuse et grave. Chacun en ressentait un regain de vigueur pour l’accomplissement de sa tâche.

 

Notons que Justin Martyr et Tertullien ont considéré ce repas mithriarque comme une initiation satanique de la Cène chrétienne. Pourtant, quelle différence ! Les adeptes de Mithra ne recherchaient pas la communion avec un dieu qui se serait sacrifié lui-même pour expier les péchés dus hommes.

 Jours solennels

 A propos des jours de fête chez les mithriastes, nous savons déjà que leur culte avait lieu au Jour du soleil, le dimanche, jour férié chez les Romains. D’autre part, ils commémoraient le 25 décembre, jour du solstice d’hiver, la naissance de Mithra. Certains pensent qu’ils devaient commémorer également l’immolation du taureau à l’équinoxe de printemps puisque cela correspondait au renouveau de la nature.

 Fin du mithraisme

 Après une notable expansion au III° siècle, vint le déclin puis la disparition de la religion de Mithra. Plusieurs raisons à cela : son inadaptation aux besoins de la masse, au peuple, l’exclusion des femmes et des malades, la supériorité du christianisme en ce domaine face à la crise engendrée par les invasions barbares. La conversion des empereurs au christianisme sonna le glas du mithriadisme. En l’an 391, il fut interdit en même temps que tous les cultes païens. Les chrétiens martelèrent les figures de Mithra et ruinèrent les mithraea, à Martigny et à Boscéaz comme ailleurs.

 

 Conclusion

 Nous dirons en concluant que le christianisme n’a rien emprunté au culte de Mithra si ce n’est la date du 25 décembre pour fêtrer Noël dans l’Eglise romaine. Peut-être aussi le titre de " Père " appliqué aux curés.

 

 

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2 août 2007 4 02 /08 /août /2007 08:59

Roger Sauter fut incinéré au crématorium Saint-Georges, au Petit Lancy en banlieue genevoise, ce lundi 23 juillet 2007.

Ne cachons pas nos sentiments. C’est vrai que nous étions tristes ce jour où le cercueil de Roger Sauter, notre compagnon, notre ami, celui dont nous apprécions les écrits et la grande amabilité, a disparu à nos yeux pour être incinéré.

Jacques Herman, dans son style poétique, selon sa façon d’évoquer la destinée humaine et nos difficultés à vivre, à être,  à partir d’une image forte  – en l’occurrence celle d’une brève fumée noire s’échappant du crématorium - a su exprimer cette tristesse qui nous étreignait. Jean-Claude Barbier

 

Brève fumée noire

Toute une vie consacrée

A lutter contre vents et marées

A aimer A pleurer A subir A gémir A hurler A courir

Dans tous les sens

En tâchant de ne pas perdre le nord

Toute une vie consacrée

A lire dans les yeux A réfléchir

Pour faire au mieux Pour éviter le pire

A rassembler ce qui est épars Ou à morceler Diviser Réunir à nouveau

En répétant

Vive l'unité Vive l'unité

Toute une vie consacrée

A faire semblant

A jouer le jeu

Comme le fait un enfant

Et puis soudain sortir

En brève fumée noire

Par la cheminée

Du crématoire

De Saint-Georges

A Genève

A quatre-vingt-huit ans

© Jacques Herman – 2007

 

 deux gerfauts soutiennent l'écu de la ville d'Avignon

Jacques Herman est d’origine belge, né à Tirlemont. Il enseigne le français et l’histoire au collège secondaire de Pully, en Suisse. Il est membre de la Société des poètes français et de l’Association valaisanne des écrivains. Il collabore à quelques revues littéraires dont " Les Cahiers de Poésie " (Luxembourg).

Il est de conviction unitarienne et est adhérent de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Il fut signataire du " Manifeste pour un libéralisme théologique renouvelé " (Paris). Il est membre du comité de rédaction du Bulletin du séminaire de culture théologique (Lauzanne) et il collabore au site " Profils de libertés " (Bruxelles).

Ses deux derniers recueils de poésie : " Les Gerfauts "publié par Guy Boulianne à Montréal en 2006, et " Les Tartanes " aux éditions du Madrier à Pailly, en Suisse.

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31 juillet 2007 2 31 /07 /juillet /2007 07:42

 

vase de sel ramené d'Ethiopie par Roger Sauter, photographié par Jean-Claude Barbier dans son appartement du Lignon (banlieue de Genève) où il vécut de 1968 à sa mort. Les plantes vertes sont également exotiques et soignées par sa fille Monique.

Le groupe de discussion "Unitariens francophones" rend ici hommage à Roger Sauter.  D'autres messages suivront. Ce groupe a été lancé en avril 2005 et comprend une soixantaine de participants. L'ambiance y est à la convivialité et une centaine de messages sont déposés chaque mois, faisant de ce groupe l'un des plus discutants dans la mouvance unitarienne  http://fr.groups.yahoo.com/group/unitariens_francophones,  

Jean-Claude Barbier (France) au groupe de discussion "Unitariens francophones", le 30 juillet 07 : " pour un hommage de notre groupe de discussion à Roger Sauter "

Après le décès d’André Malet, cofondateur de l’Association unitarienne française, dramatiquement disparu en 1989, et celui du pasteur Michel Languillat (également cofondateur de la même association), le 23 mai 2006, Roger Sauter est le troisième décès qui affecte notre communauté francophone.

Notre tristesse est profonde de ne plus l’avoir physiquement avec nous. Mais son œuvre et les souvenirs que nous avons de lui nous restent ; nous le rendent toujours présent à tout jamais.

Je propose que nous rendions un hommage collectif, au nom de notre groupe de discussion, à Roger Sauter. J’invite tous ceux qui l’on connu directement de nous faire part de leur sentiment et, pour ceux qui ne l’ont pas connu, de donner leur point de vue à partir de la lecture de ses textes et de sa biographie. Un grand merci pour tous ceux qui pourrons dire ici quelques mots, même brefs, pour lui. Jean-Claude

Piotr Ulhig (Belgique) message du 30 juillet 07.

Je n'ai pas connu Roger Sauter. Nouveau venu dans la mouvance unitarienne, je ne connais pas encore grand monde, néanmoins après avoir lu tout ce que Jean-Claude a écrit, il apparaît que Roger Sauter faisait partie de ceux qui croient que le bon grain doit germer, de ceux qui croient qu'après la nuit vient le jour et que le combat du Bien finit toujours par l'emporter sur celui du Mal.

Comme lui, je n'ai pas grand intérêt pour discuter sur la vie après la vie ; ce qu'il y a derrière cette vie ou s'il y a quelque chose, mais j'ai apprécié cette façon de vivre l'instant présent, cette volonté de proclamer haut et fort que le Royaume est en nous et autour de nous. Fonder une famille, aller ici et là faire le bien, proclamer la Bonne Nouvelle, c'est la plus belle manière d’annoncer et de rendre le Royaume plus visible.

Il a choisi de partir sans cérémonie religieuse, bref il a fait le choix d'un christianisme authentique, celui qui met sa foi dans Christ et non dans des rites magiques, qui n'illusionnent que les esprits faibles.

Bon vent à toi dans ce nouveau voyage, qui, j’en suis certain, doit être passionnant par les multiples rencontres que tu fais. Tu as planté le bon grain. Tu as laissé tes outils sur le chemin, malgré toi, permets moi de les ramasser et de continuer avec tous tes amis qui te pleurent. Je suis certain que nous nous rencontrerons quand Dieu le décidera. Que Sa Volonté soit faite, pas la nôtre. Piotr

Piotr est quaker, de sympathie unitarienne. Il participe au groupe de discussion " Unitariens francophones ". Il anime un blog " Communauté quaker virtuelle francophone " (en lien avec celui de l’AFCU).

Anabel, (France), le 30 juillet 07.

Je n'ai pas connu moi non plus Roger Sauter, mais j'ai fait un peu connaissance avec lui par la belle photo insérée dans les Actualités unitariennes du 28 juillet 07. Elle me fait penser à l'une de celles de Frère Roger de Taizé, dans sa douce spiritualité, humble et souriante. Après avoir lu dans La Besace des unitariens sa biographie, et quelques autres textes, j'admire son beau parcours d'intellectuel et de croyant ; il peut certainement être une source d'inspiration dans notre vie. La riche expérience d'un homme libre et courageux. Anabel

Anabel est protestante libérale et fréquente l’Eglise réformée de France (ERF) ; elle est membre de l’AFCU et participe au groupe de discussion " Unitariens francophones ".

à suivre ...

Si vous souhaitez apporter votre témoignage ou votre sympathie, vous pouvez envoyer votre message à  Jean-Claude Barbier, correspondance.unitarienne@wanadoo.fr

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30 juillet 2007 1 30 /07 /juillet /2007 08:57

photo prise à Asmara (Ethiopie), Roger Sauter y séjournera dix ans avec sa famille, de 1958 à 1968.

Roger Sauter (1919-2007), fut enseignant et directeur de revue en Ethiopie, de 1946 à 1968

1944 – La mission parmi les Israélites, thèse de licence en théologie, Genève, mars

1944 – " Confrontation des conceptions juives et chrétiennes du salut de l’humanité ", Bulletin des chevaliers de la paix (Lausanne), juillet-août,

1944 – " La mission parmi les juifs en Suisse romande ", L’Ami d’Israël (Bâle)

1955-1957 – nombreux articles dans L’Ethiopie d’aujourd’hui, journal officiel, Addis-Abeba (R. Sauter en est le rédacteur).

1957 – " L’église monolithe de Yekka Mikaël ", Annales d’Ethiopie, Addi-Abeba.

1957 – " Les Postes éthiopiennes ont marqué le 70ème anniversaire d’Addis-Abeba ", L’Ethiopie contemporaine (Addis-Abeba), novembre

1957 – " Un double cinquantenaire à Addis-Abeba ", L’ Ethiopie d’aujourd’hui (Addis-Abeba), novembre.

1965 – " Où en est notre connaissance des églises rupestres d’Ethiopie ", Annales d’Ethiopie (Paris).

1968 –L’Ethiopie, éditions Silva, Zurich, album photos de Roland Michaud, textes de Roger Sauter, publié en 3 langues (français, italien et allemand).

1969 –L’arc et les panneaux sculptés de la vieille église d’Asmara, Instituto des Orriente Rassegna di studi etiopicci, Rome.

1976 – " Les églises rupestres du Tigré ", Annales d’Ethiopie, tome X, Addis-Abéba.

1993 – " Qui sont les Falachas ? ", Le Protestant (Genève), n° 6-7, juin-juillet 1993.

1997 – " Premier raid automobile de Djibouti à Addis-Abeba ", reprise d’un article paru en 1956 dans l’Ethiopie d’aujourd’hui.

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29 juillet 2007 7 29 /07 /juillet /2007 07:24

la famille Sauter durant son séjour à Asmara, de droite à gauche (en regardant la photo) :  au premier plan, Roger, Delphine, Marcel, sa femme Kantsouni Barsonnian ; au second plan, Monique et Nicole

 

La longue et heureuse aventure éthiopienne s’achève à l’été 1968. La famille s’installe enn banlieue genevoise, au Lignon, tout près du C.O. du Renard où Roger enseigne le français, le latin, l’histoire des sciences, la physique et la chimie.

Roger reprend ses études de théologie et ajoute, en 1972, une licence après thèse sur la conspiration de Compesières. Il se retrouve président du conseil de sa paroisse, celle du Lignon, de 1975 à 1979, date à laquelle il doit restreindre ses activités à la suite d’une baisse de la vue. A partir du mois de septembre de cette année, il travaille à mi-temps. En mai 1981, bien que n’ayant que 62 ans, il est mis à la retraite avec AVS et CIA.

Il a désormais davantage de temps à lui pour lire, s’occuper du jardin familial, mais ce seront surtout les activités religieuses qui le mobiliseront. A partir de 1983, étant prédicateur laïque, il lui arrive souvent de remplacer le pasteur pour le culte dominical. Il écrit des articles, donne des conférences à l’Union protestante libérale (ULP) de Genève, découvre l’existence de l’unitarisme. En 1989, lors de la rencontre organisée par Claude-Jean Lenoir, pasteur au Lignon, sur le thème " Jésus est-il Dieu ? ", il affirme ses convictions unitariennes. L’année suivante, en 1990, il voyage en France, va à Mantes-la-Jolie (là où il vécut son enfance), en profite pour assister à l’assemblée générale de l’Association unitarienne française à Essey-lès-Nancy (les 25 et 26 août 1990), etc.

Roger participera à quatre autres AG de cette association : celle de Paris, à l’Oratoire du Louvre (les 24 et 25 octobre 1992), où il acceptera d’adhérer à l’association ; celle du Lignon (les 31 août et 1er septembre 1996) qui vit une scission de l’association ; celle de Strasbourg, à la paroisse Saint-Guillaume (le 3 octobre 1998), où il est déclaré membre d’honneur  ; enfin celle de Ferney-Voltaire juste de l’autre côté de la frontière suisse (les 20 et 21 octobre 2001).

En 1999, Roger a 80 ans. Il envoie au Lycée franco-éthiopien d’Addis-Abeba son dernier ouvrage historique : une histoire d’Addis-Abeba et de sa région. Ce sera sa dernière activité notable.

Début janvier 2006, son épouse décède. Roger reste à la maison aux soins de ses deux enfants, Marcel et Monique. Il décèdera le jeudi 19 juillet 2007 et ses obsèques auront lieu le lundi 23, au cimetière Saint-Georges au Petit-Lancy, la commune voisine du Lignon. Ses enfants respecteront son choix de l’incinération, sans office religieux.

Les Actualités unitariennes et le site de l’AFCU rendent compte des obsèques de Roger Sauter dans les messages du 28 juillet 2007

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29 juillet 2007 7 29 /07 /juillet /2007 07:16

En 1939, la Suisse se mobilise à cause de la Première Guerre mondiale (mais n’y participera pas). Roger est soldat sanitaire dans l’Armée, mais il peut continuer ses études et, en 1944, il obtient sa licence de théologie avec une thèse sur " La mission parmi les Israélites ". Afin de mieux connaître le judaïsme, il demande et obtient de travailler dans les camps de réfugiés où les Juifs sont nombreux.

C’est cette expérience acquise dans les camps de réfugiés qui va être l’occasion pour lui d’entrer dans la vie professionnelle. En février 1945, il est nommé directeur d’un home pour réfugiés à Herzberg, près de Harau. Il sympathise avec les jeunes sionistes, croyants et socialistes, qui s’y trouvent. Ceux-ci partent assez vite en Israël, si bien que, l’année suivante, Roger doit chercher un nouvel emploi. Par chance, on lui propose un poste de précepteur dans une famille allemande à Addis-Abeba, en Ethiopie. En avril 1946 - il a alors 27 ans - il prend le bateau jusqu’à Djibouti, puis rejoint la capitale éthiopienne par le train. Avec bonheur, il découvre l’Afrique. Il va y rester 22 ans, jusqu’en 1968.

Vierge à l'enfant offert à Roger par l'un de ses élèves éthiopiens s'adonnant à la peinture

Sur place, Roger passe du statut de simple précepteur d’une famille à celui de professeur. En 1949, il est nommé au lycée franco-éthiopien d’Addis-Abeba ; puis en 1951, à la Wingare Secondary School, une école anglo-éthiopienne, où il enseigne le français.

Il se fait de bons amis parmi ses collègues ; s’achète une voiture d’occasion, une Fiat Millecento, qu’il peut conduire avec son permis de conduire une moto obtenu en Suisse (la réglementation éthiopienne le permettant) ; s’éprend d’une belle Erythréenne et l’épouse en août 1951, mais l’idylle ne dure que 5 mois et ils se séparent avant la Noël.

L’année suivante, en 1952, Roger fait la connaissance d’une Arménienne protestante venue du Liban, Kantsouni Barsonnian. Ils se marient à l’Eglise suédoise (luthérienne) avec un pasteur allemand ; la liturgie est en anglais. Les époux connaissent le bonheur et auront 4 enfants : Delphine, Marcel, Nicole et Monique. En 1953, Roger acquière la première 2 CV Citroën venue en Ethiopie. Il roulera avec cette voiture particulièrement bien adaptée au pays, pendant 15 ans jusqu’à son départ.

En 1955, Roger devient rédacteur de l’Ethiopie d’aujourd’hui, l’hebdomadaire officiel ; travail passionnant qui le met en contact avec de nombreuses personnalités. Il collabore avec des archéologues, lui-même s’intéressant spécialement aux Eglises rupestres de l’Ethiopie médiévale. Ses articles sur ce sujet sont publiés dans les Annales d’Ethiopie.

En 1958, la famille déménage pour Asmara car Roger a été nommé professeur à l’Ecole secondaire Haï-Selassié. Le voyage, toujours en 2 CV, est long de 1 200 km. Ce voyage est magnifique et la famille apprécie leur nouvelle ville au passé italien. Elle y restera dix ans. Roger y enseignera la physique et la chimie, matières qu’il aime beaucoup. Il y ajoute des cours du soir en français donnés à l’Alliance française, ouverts à son initiative. Il crée aussi une petite école primaire dont bénéficieront ses enfants. Il peut continuer ses études archéologiques dans de bonnes conditions et, en 1967, les éditions Silva, à Zurich, publieront un album sur l’Ethiopie dont le texte est fourni par lui.

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29 juillet 2007 7 29 /07 /juillet /2007 06:45

Roger Sauter (1919-2007)

d’après un manuscrit écrit par Roger Sauter lui-même où il fait sa propre biographie en parlant de lui-même et sans emprunter le " je " de l’autobiographie ; en quelque sorte une biographie par lui-même. Ce document nous fut prêté par sa famille. Nous l’avons mis en forme. Jean-Claude Barbier

Roger Sauter est né en 1919 à Genève. Il est le fils aîné de parents très pieux, membre de l’Eglise libre.

 cathédrale Saint-Pierre à Genève au XVI° siècle.

Son père est architecte et participe, de 1919 à 1925, à la reconstruction de la ville de Soissons détruite par la guerre 14-18. Si bien que c’est en cette ville du nord de la France que Roger passa ses toutes premières années. Puis la famille déménagea dans la région de Cannes où elle goûta aux attraits de la Côte d’Azur jusqu’en 1930. Roger y fit ses études primaires, commença à jouer du piano et du violoncelle et fréquenta l’ " école du dimanche ", l’équivalent du catéchisme catholique, à l’Eglise protestante de Cannes.

Mais en 1930, son père n’a plus de travail à Cannes et en cherche ailleurs. Afin d’être libre pour ses démarches, il confie son fils pour une année à son frère Marc, à Genève. Chez son oncle, à Genève, Roger fréquente à Genève l’école du dimanche de l’Eglise libre et, avec son cousin, il s’initie au scoutisme.

Mais ce n’est qu’une parenthèse en Suisse car, en 1931, son père bénéficie d’une villa à Mantes-la-Jolie, mise gracieusement à sa disposition. La famille y passe d’heureuses années. Roger y obtient son certificat d’études primaires, progresse au piano et reprend son violoncelle. Il persévéra dans le scoutisme et y découvrit les joies du camping dans les rangs des Eclaireurs unionistes. Son chef scout lui donna une bonne instruction religieuse protestante et lui même se prit d’intérêt pour la religion. Il pensa devenir pasteur.

Le retour à Genève se fit en 1933 lorsque la crise économique toucha la France comme partout ailleurs. Pour Roger c’est un avantage car il va pouvoir étudier en section classique du Collège Calvin, après avoir dû rattrapé les cours d’allemand et de latin. Sa vocation de devenir pasteur l’anime toujours. Il continue aussi à jouer du piano et du violoncelle et ses activité d’éclaireur. En mai 1938, il joue en public le Premier concerto pour violoncelle de Saint-Saëns. Ses études progressent bien et, en juin de la même année, il obtient sa maturité classique. La voie est ouverte pour des études de théologie à l’université de Genève.

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15 juillet 2007 7 15 /07 /juillet /2007 05:23

"UNITARIENS" sur le site New Advent http://www.newadvent.org/, traduit en français par Christian Phéline, 4 mars 2007, à paraître dans Les Cahiers Michel Servet n° 9, "L'unitarisme dans les encyclopédies".

   

 

Secte * protestante libérale qui est attachée comme dogme distinctif, à la croyance en une seule personne divine plutôt que Dieu en trois personnes. 
* La Besace : New Advent est une encyclopédie catholique et le terme "secte", pris dans son sens ancien, désigne ici tout simplement une dissidence chrétienne 

I - APPELLATION ET DOCTRINE

Sous sa signification courante, le nom désigne tous ceux qui ne croient pas à la Trinité, fussent-ils chrétiens ou non-chrétiens ; selon son utilisation actuelle spécifique, il s’applique à cette forme organisée de chrétienté qui repose sur l’unicité de la personnalité de Dieu. Le terme semble être né vers 1570, et fut utilisé dans un décret de la Diète tenue en 1600 à Lecsfalva en Transylvanie, il fut accepté officiellement par décision ecclésiastique en 1638. Il supplanta les désignations variées de anti-trinitariens, ariens, racoviens, et sociniens. En Angleterre le nom apparaît pour la première fois en 1682. A dater de 1815, il devient fréquent aux U.S., quoique mal reçu par certains anti-trinitariens, et omis du titre officiel de certaines congrégations dont la position religieuse était pourtant voisine. On peut expliquer cette résistance par le fait que les parties concernées étaient réticentes à insister sur toute affirmation doctrinale. Les associations d’historiens font état du nom de presbytériens, souvent utilisé à propos des unitariens dans les Iles Britanniques, et de congrégationalistes unitariens, en usage aux U.S.A.


Aucun critère standard de croyance n’est inclus dans cette désignation et aucun examen de doctrine n’est requis comme condition d’acceptation dans la communauté. La coopération de toutes les personnes désireuses de faire progresser les intérêts d’un christianisme épuré (non dogmatique, pragmatique) est bien accueillie au sein de l’unitarisme.
 

S’il fournit cette coopération, chaque membre jouit d’une totale liberté en ce qui concerne ses opinions religieuses personnelles et nul cadre de propositions doctrinales n’est soumis à l’acceptation de l’ensemble des unitariens. Le lien entre eux tient plus dans leur tendance à refuser les dogmes qu’à une uniformité de croyance. L’autorité de la Bible est conservée jusqu’à un certain point, mais son contenu est soit accepté soit répudié selon la faveur reçue du tribunal suprême de la raison individuelle, qui dans ce cas fait loi. On considère Jésus Christ comme subordonné au Père, et bien que l’épithète divin lui soit appliquée au sens large assez souvent, beaucoup le considèrent comme un très doué et puissant leader mais cependant humain. C’est un maître à suivre et non un Dieu à adorer. Pour ses disciples, sa passion et sa mort sont une inspiration et un exemple et non la réparation effective et de remplacement pour les péchés des hommes. Il est le plus haut modèle que nous puissions imiter pour perfectionner graduellement notre union avec Dieu. Enseigner ainsi la mission de Jésus-Christ n’est que le complément logique du refus unitarien de la Chute de l’homme et dans la même ligne cohérente, conduit à la suppression des sacrements.


En fait, deux d’entre eux sont conservés, baptême et eucharistie, mais leur pouvoir de conférer la grâce est nié et leur réception est déclarée inutile [ndlr plutôt non obligatoire] . Le baptême est administré aux enfants, rarement aux adultes, plus pour raisons sentimentales et dans un but éducatif, que partant de la certitude des résultats spirituels produits sur l’âme du bénéficiaire. L’eucharistie, loin d’être considérée comme sacrificielle, est simplement regardée comme une cérémonie de mémoire. L’espérance rassurante du salut universel est suivie par la majorité des membres.
 

En résumé, l’unitarisme de nos jours n’est guère plus qu’une religion naturelle et montre chez certains membres une tendance à la spéculation panthéiste. L’organisation d’Eglise en Angleterre et aux USA est strictement congrégationnelle ; chaque congrégation particulière dirige toutes ses affaires sans supervision, convoque et renvoie son pasteur et enfin juge des idées religieuses exprimées en chaire. En Transylvanie le gouvernement de l’Eglise est exercé par un évêque qui réside à Kolozsvar (Klausenburg) assisté par un consistoire. Le titre épiscopal qu’il porte ne demande aucune consécration spéciale mais dénote simplement la fonction de contrôleur ecclésiastique.
 

II - HISTORIQUE
 

 A - en Europe 

La première Eglise détenant des croyances unitariennes fut fondée en Pologne sous le règne de Sigismond II (1548-72). L’an 1568 vit l’installation et la reconnaissance de congrégations de ce type en Transylvanie. Alors qu’en Pologne l’unitarisme fut complètement aboli en 1660, dans l’autre pays, il se maintint malgré des persécutions temporaires. L’Eglise transylvanienne est d’origine socinienne puis supprima l’adoration de Jésus-Christ, rejetant de la sorte ce qui la différenciait principalement du strict unitarisme. Son appellation actuelle est Eglise unitarienne hongroise [ndrl maintenant Eglise unitarienne de Roumanie] encore que assez peu de ses membres habitent en Hongrie.
 

En Angleterre, l’organisation de l’unitarisme devint effective beaucoup plus tard. C’est John Biddle (1615-62) qui essaya de fonder une première congrégation mais elle ne survécut pas à son auteur. Par contre les efforts de Théophilus Lindsey (1723-1808) eurent plus de suite, en 1773 il se retira de la communion anglicane, il organisa l’année suivante une congrégation unitarienne à Londres et en 1778 il bâtit la chapelle d’Essex Street. A la même époque, les vues anti-trinitaires furent répandues par le scientifique Joseph Priestley, pasteur d’une congrégation à Leeds (1768-80) puis à Birmingham. Son travail dans ce dernier endroit fut interrompu en 1791 par un soulèvement populaire, et trois ans plus tard il émigra aux USA. D’autres, parmi lesquels Thomas Belsham (1750-1829) et Lant Carpenter (1780-1840) poursuivirent la propagation de l’unitarisme en Angleterre. Des restrictions légales étaient toutefois encore en vigueur à l’égard des personnes opposées à la doctrine de la Trinité et freinaient leur travail. Mais en 1813, la plupart de ces inconvénients disparurent, et en 1844, une liberté totale fut obtenue en dépit de l’opposition, par le Dissenters’ Chapels Act, que l’on nomme quelquefois Charte unitarienne.
 

Dès 1825, les unitariens anglais avaient conclu une union avec leurs coreligionnaires lointains sous le nom d’Association unitarienne anglaise et à l’étranger, cette société répandait de la littérature religieuse et défendait les intérêts de la secte. Les perspectives de cette activité furent éclairées par l’apparition d’un défenseur très doué des vues unitariennes. le Dr. James Martineau (1805-1900). Après une résistance réussie contre l’opposition du début, sa personnalité domina l’unitarisme anglais pendant une longue période. Ses écrits ont eu une influence marquante loin au delà de l’Angleterre, et continuent de faire progresser la cause du christianisme libéral. Ses disciples ont repris son travail et dépassent les vues radicales du maître.
 

L’Ecosse ne s’est jamais montrée une terre propice à la propagande unitarienne. Une congrégation a été organisée en 1776 à Edimbourg et l’Association unitarienne écossaise fut formée en 1813 mais le progrès dans ce pays a été insignifiant et rares y sont les congrégations.
 

En Irlande, l’unitarisme existe surtout dans le Nord où il a trouvé ses adhérents parmi les presbytériens, il peut sans faire erreur être considéré comme une branche autogouvernée du groupe presbytérien.
 

On rencontre encore des congrégations unitariennes aux colonies britanniques, Australie, Canada principalement. Chez les protestants français, un bon nombre sont de pensée unitarienne quoique anonymement.
 

B - en Amérique
 

Vers le milieu du 18° siècle, les opinions unitariennes s’infiltrèrent parmi les congrégationalistes de Nouvelle-Angleterre. Elles étaient propagées par Jonathan Mayhew (1726-1766) pasteur de la West Church de Boston depuis 19 ans, et Charles Chauncey (1705-85) dans la même ville. La première église organisée fut la Kings Chapel à Boston quand la congrégation, jusque là épiscopale, ôta toute référence à la Trinité dans son Livre de Prière commune et assuma en 1787 une existence indépendante. Des congrégations s’organisèrent également à Portland et Saco (Maine) en 1792 et en 1794, Joseph Priestley démarra sa propagande en Pennsylvanie ; c’est toutefois particulièrement en Nouvelle Angleterre que le mouvement gagna du terrain. La nomination en1805 du révérend Henry Ware à la Hollis Chair of Divinity au Harvard College et la nomination, au cours des deux années suivantes, de quatre candidats libéraux à des postes importants de professeurs de la même institution, amena ce lieu d’études à subir une influence unitarienne considérable. Son école de théologie fut fondée et organisée par la dénomination en 1817 et resta sous son contrôle jusqu’en1878, puis devint sans dénomination.
 

Alors que la diffusion des idées unitariennes fut relativement rapide, l’organisation d’Eglises fut retardée par la réticence de certains à se séparer des communautés congrégationalistes dont ils étaient membres. Avant que la séparation devint effective, une violente controverse s’engagea entre les ailes libérales et conservatrices du congrégationalisme Ces choses atteignirent leur sommet lorsque en 1819 le révérend William Ellery Channing, au cours d’un sermon prêché à Baltimore pour l’installation du révérend. Jared Sparks, recommanda la reconnaissance des croyances unitariennes partagées par les membres libéraux et les congrégations. Ce discours se montra décisif et les parties concernées se mirent immédiatement à s’organiser en autonomie. Depuis ce jour et jusqu’à sa mort en 1842, Channing fut le leader reconnu de la dénomination. C’est sous ses auspices que l’Association américaine unitarienne fut fondée à Boston en 1825 pour promouvoir les intérêts unitariens.
 

Après sa mort, la tendance radicale devint prédominante sous la direction de Théodore Parker (1810-60) dont l’influence prit la succession de celle de Channing. L’autorité de la Bible, qui était reconnue par la vieille école, fut sous Parker largement sacrifiée aux principes d’une critique destructive, et l’unitarisme dériva rapidement vers les spéculations rationalistes. A l’activité de Channing et Parker vint s’ajouter l’influence plus répandue et générale du poète et philosophe unitarien Ralph Waldo Emerson (1803-82). Quoique démissionnant de sa charge de la deuxième Eglise congrégationaliste de Boston après une courte période (1829-32), il continua de prêcher de nombreuses années et sa popularité d’écrivain et de conférencier ne pouvait qu’apporter du prestige aux idées religieuses avancées qu’il défendait. Les intérêts de la propagande unitarienne furent également servis par la création de la Western Conference of Unitarians en1852 et celle de la National Unitarian Conference en 1865. A Boston en1900, fut organisé le Conseil international des unitariens et autres penseurs religieux libéraux et ouvriers, dont le caractère était plus universel. Il siégea à Londres (1901), Amsterdam (1903), Genève (1905), Boston (1907), et Berlin (1910). A cette dernière convention, le titre officiel fut changé en International Congress of Free Christians and other Religious Liberals. Son propos reste identique, soit : " ouvrir la communication avec ceux qui, dans tous pays, s’efforcent d’unir une religion pure avec une liberté parfaite et d’augmenter parmi eux, fraternité et coopération ".
 

III PROPAGANDE . INSTITUTS EDUCATIFS , STATISTIQUES.
 

La corporation unitarienne adressa un missionnaire en Inde en 1855, et depuis 1887, a lancé une active propagande au Japon ; pourtant ses efforts missionnaires à l’étranger, vus en gros, n’ont pas été considérables. Ceci concorde avec son attitude généralement indifférente pour le dogme et ses efforts pour faire progresser le christianisme sans appuyer sur ses articles de foi particuliers ; ses membres dans le passé ont participé aux caisses missionnaires dans les autres dénominations. Leurs efforts ont porté plutôt sur la dissémination de littérature parmi les nations civilisées qu’en l’envoi de missionnaires vers les contrées non chrétiennes. Cette méthode de recrutement s’est montrée efficace en partie à cause de la tendance actuelle libérale, rationaliste et excessivement individualiste, mais aussi grâce à nombre d’éminents personnages et auteurs doués qui ont adhéré aux doctrines unitariennes et les ont défendues. Les ressources financières destinées à la propagande ont été assurées par le riche planteur jamaïcain Robert Hibbert (1770-1849) créateur du fonds qui porte son nom. Il en résulta les Conférences Hibbert bien connues et aussi le " Hibbert Journal " plus récent. Une organisation de caractère unique est la " Post-office Mission "qui, par correspondance et envoi de livres et de périodiques, tend à apporter du courage aux dépendants et joie aux souffrants.
 

L’Eglise n’a fait aucun effort déterminé pour organiser des institutions charitables de son fait [La Besace : si, en 1941, le Service unitarien pour aider les exilés européen fuyant le nazisme].
 

Un nombre important de son corps pastoral, (ouvert aux femmes) a reçu sa formation au sein d’institutions éducationnelles dépendant d’autres sectes. Cependant, l’Eglise a fondé à cet usage les écoles suivantes :le Collège unitarien de Kolozsvar (Hongrie) [ndrl : actuelle Roumanie], et pour Angleterre et Pays de Galles, le Home Collège unitarien missionnaire, à Manchester, le Manchester College à Oxford, le Collège presbytérien à Carmarthen, en Amérique, la Harvard Divinity School à Cambridge, Massachusetts, la Meadville Theological school., à Meadville Pennsylvanie, et la Pacific Unitarian School qui fut nommée ultérieurement : la Star King School for the Ministry, à Berkeley, Californie. Aux USA, la dénomination conserve à côté de ces écoles de formation pastorale, sept académies toutes situées sauf une dans les Etats de la Nouvelle-Angleterre.
 

Le nombre de personnes partageant les idées unitariennes ne peut être évalué même approximativement, car nombreux sont ceux qui sans hésiter rejettent la doctrine des Trois Divines Personnes et conservent la croyance en un Dieu unique sans jamais s’affilier à l’Eglise. Parmi ceux ci on compte non seulement de nombreux théologiens libéraux et critiques d’avant-garde, mais aussi certaines dénominations religieuses qui, soit en totalité comme les Hicksite Friends, ou en grand nombre comme les unitariens-universalistes, sont unitariens de façon distinctive.

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15 juillet 2007 7 15 /07 /juillet /2007 04:54

Encyclopedia Britannica 1911, http://encyclopedia.jrank.org/fr/, traduction en français de Christian Phéline, janvier 2007, texte à paraître dans le n° 9 des Cahiers Michel Servet "L'unitarisme dans les encyclopédies".

   UNITARISME, système de pensée chrétien et d’observance religieuse basé sur la personne unique de la divinité, en opposition à l’orthodoxie trinitaire, le divin existant en la seule personne du Père.

Les unitariens ont une histoire qui remonte à la période apostolique ; ils se réclament d’une antériorité doctrinale précédant Nicée et d’une continuité d’opinion depuis les communautés ariennes jusqu’aux penseurs individuels de nos jours. Quoiqu’il en soit, il est certain que la Réforme du XVIème siècle a été accompagnée, en chaque pays européen, d’une éclosion plus ou moins importante d’opinions anti-trinitaires. Supprimée systématiquement dans les cas individuels, ce type de doctrine est finalement devenu malgré tout l’emblème de diverses communautés religieuses en Pologne (depuis disparues), en Hongrie * (où elles sont encore vivantes) et, beaucoup plus tardivement, en Angleterre.

* note de traduction : en Transylvanie (Roumanie) et en Hongrie depuis que la Transylvanie a été rattachée à la Roumanie en 1919

Outre la doctrine fondamentale, les pratiquants sont marqués par certaines caractéristiques, qui sont : une tolérance extrême, une tendance à minimiser l’indispensable, une répugnance à exprimer leur foi, une approche historique des écritures.
 

Martin Cellarius
(1499-1564), ami de Luther, est habituellement considéré comme le premier pionnier écrivain du mouvement ; la position anti-trinitaire de Ludwig Haetzer ne fut révélée qu’après son exécution (1529) pour anabaptisme. Les écrits à partir de 1531 de Servet, et son sort (1553) ont stimulé la réflexion dans la même direction. Les Dialogues (1563) de Bernardino Ochino, tout en défendant la Trinité, ont établi des objections et réticences qui en ont convaincu plus d’un. Dans son 27ème dialogue, Ochino indique la Hongrie comme le refuge possible de la liberté religieuse. Ce fut en effet en Pologne et en Hongrie que furent formées en premier et tolérées les premières communautés religieuses expressément anti-trinitaires. En Pologne, en plusieurs lieux des manifestations d’opinion anti-trinitaires apparaissent très tôt. A l’âge de 80 ans, Catherine, épouse de Melchior Vogel ou Weigel, fut brûlée à Cracovie (1539) pour apostasie, bien qu’il n’ait pas été clair que ses vues aillent plus loin qu’un simple déisme. 

En Pologne
 

En Pologne, le premier synode de l’Eglise réformée se tint en 1555. Lors du second, en 1556, Gregory Pauli et Peter Gonesius confessèrent des tendances anti-trinitaires et anabaptistes. L’arrivée de Biandrata en 1558 fournit un chef au groupe. En 1565, la diète de Piotrkow exclut les anti-trinitaires du synode ; à partir de cette date, ceux-ci tinrent leurs propres synodes sous le nom d’Eglise mineure. Connus sous d’autres noms (celui d’ariens était le plus commun), cette formation ne prit à aucun moment de son histoire une autre désignation que celle de " chrétiens ". Arienne à l’origine (bien que refusant toute adoration du Christ) * et anabaptiste, l’Eglise mineure fut (vers 1588) influencée par les idées de Fausto Sozzini qui avait pris racine en Pologne en 1579. En 1602 James Sienynski établit, à Rakow, un collège et une imprimerie ; celle-ci édita le Catéchisme de Rakow en 1605.

* note de traduction : Non ! les Frères polonais considéraient que Jésus, ayant été divinisé par Dieu après sa mort, avait le droit à un culte.

En 1610 commença une réaction catholique menée par les Jésuites. L’installation à Rakow fut supprimée en 1638, sous le prétexte que deux jeunes avaient démoli un crucifix en dehors de la ville. Vingt ans plus tard, la diète polonaise accorda aux anti-trinitaires le choix entre se conformer ou s’exiler. Or l’Eglise mineure comportait plusieurs magnats polonais, mais ceux-ci ayant adopté les vues de Sozzini écartant les chrétiens de toute fonction de direction, se trouvaient politiquement impuissants. L’application du décret, précipitée d’un an, eut lieu en 1660. Certains se soumirent ; d’autres émigrèrent en Hollande en grand nombre (les remontrants les reçurent comme leurs membres, selon les termes de leur credo apostolique) ; d’autres vers la frontière allemande ; un contingent s’installa en Transylvanie, à Kolozsvar, sans toutefois entrer au sein de l’Eglise unitarienne, mais en maintenant une organisation distincte jusqu’en 1793.

A Amsterdam, on publia (1665-1669) la Bibliothèque des frères polonais, comportant les travaux de Hans Krell, leur principal théologien, de Jonas Schlichting, leur porte-parole, de Sozzini et de Johann Ludwig Wolzogen ; en page titre de cette collection, figurent les mots : " quos Unitarios vacant " introduisant ainsi ce terme en Europe de l’Ouest.
 

En Transylvanie et en Hongrie
 

Il n’y a nulle trace évidente d’une opinion anti-trinitaire précédant l’apparition de Biandrata à la cour de Transylvanie en 1563. Son influence s’exerça sur Francis David (1510-1579), qui fut successivement catholique, luthérien, calviniste et anti-trinitaire. En 1564 David fut élu, par les calvinistes, évêque des Eglises hongroises en Transylvanie et nommé prédicateur de la cour de John Sigismund, prince de Transylvanie. Sa contestation de la Trinité commença par des doutes sur la nature du Saint-Esprit . Son adversaire dans les discussions publiques fut le leader calviniste Peter Juhasz (Melius) ; Biandrata le soutint. John Sigismund, adoptant les vues de son prédicateur de cour, publie (1568) un édit de liberté religieuse, prise par la Diète de Torda, autorisant David (qui conservait son titre existant) à transférer sa charge d’évêque des calvinistes aux unitariens ; Kolozsvar devint alors à majorité unitarienne.


Un catholique, Stephen Bathory, succède en 1571 à John Sigismund et les ennuis commencent. Sous l’influence de John Sommer, recteur du gymnase de Kolozsvar, David abandonne vers 1572 le culte du Christ. La tentative de conciliation de Sozzini ne fit qu’empirer les choses ; jugé comme innovateur, David mourut en prison à Déva en 1579. Le culte du Christ devint un usage reconnu par l’Eglise ; il est toujours présent dans le livre de cantiques officiel édité en 1837, mais il en est retiré dans l’édition de 1865. D’autre part, une nouvelle secte apparaît en 1621, les Sabbatariens, à forte tendance judaïsant ; bien que n’étant pas tolérée, elle persista jusqu’en 1848.


Le terme " unitarius " (on le dit introduit par Mélius dans des discussions en 1569-1571) est lisible sur document pour la première fois dans un décret de la Diète de Lecsfalva en 1600 ; il ne fut adopté officiellement par l’Eglise qu’en 1638. Parmi la série des 23 évêques, les plus distingués furent : George Enyedi (1592-1597) dont les Explications furent en vogue en Europe, et Michel Lombard Szentabrahami (1737-1758) qui raviva la force de son Eglise, brisée par la persécution et les expropriations, et lui donna la constitution actuelle. En 1787, sa Summa universae theologise secundum Unitarios, de sensibilité socinienne avec des modifications arminiennes, fut acceptée par Joseph II comme manifeste officiel de la doctrine ; celle-ci demeure en l’état mais aucune adhésion n’a jamais été exigée. La dénomination officielle est Eglise hongroise unitarienne * comptant plus de 60 000 membres, la plupart en Transylvanie, particulièrement parmi le peuple szekler, quelques uns en Hongrie ; leur évêque a un siège au parlement hongrois. A Kolozsvar, siège du consistoire, se trouve le collège principal, les autres sont à Torda et à Szekely-Keresztilr.

* note de la traduction : l’article datant de 1911 ne tient pas compte du rattachement de la Transylvanie à la Roumanie. On distingue aujourd’hui l’Eglise unitarienne de Roumanie (avec 80 000 unitariens lors du recensement de la population totale en 1992) et l’Eglise unitarienne de Hongrie (évaluée à près de 5 000 fidèles) .

Jusqu’en 1818 l’existence permanente de ce groupe était méconnue des unitariens anglais, les relations sont depuis devenues plus étroites ; depuis 1860, une série d’étudiants [transylvains] ont fini leur éducation théologique au Manchester College à Oxford, et d’autres à La Maison unitarienne du Collège des missions.
 

En Angleterre

Entre 1648 (avec John Assheton) et 1612, un nombre limité d’unitariens furent soit exécutés, soit épargnés suite à leur abjuration. Parmi les brûlés vifs, citons George Van Paris (1551), chirurgien flamand, Patrick Packingham (1555), usurier, Matthew Hamont (1579), commerçant en charrues, John Lewis (1583), Peter Cole (1587), tanneur, Francis Kett (1589), médecin et auteur, Bartholomew Legate (1612), marchand d’habits, dernière victime de Smithfield, et le fanatique Edward Wightman (1612), consumé à deux reprises. En tous cas, la contamination semble provenir de Hollande. Les deux dernières exécutions firent suite à la dédicace à James I de la traduction latine du Catéchisme de Rakow (1609), sans que celui-ci en ait été prévenu à l’avance. La vogue de la pensée socinienne, qui séduisit un temps des hommes tels que Falkland et Chillinworth, conduisit à ce quatrième canon de1640 dirigé contre les livres sociniens, mais qui tourna court.

L’ordonnance de 1648 condamne le dénie de l’existence de la Trinité, mais elle resta lettre morte car Cromwell pesa sur le procès de Paul Best (1590-1657) et John Biddle (1616-1662). En 1650, à Chester, John Knowles était prédicateur laïc de tendance arienne. De 1652 à 1654, puis de 1658 à 1662, Biddle anima à Londres un groupe socinien. Outre ses écrits personnels, il réimprima et traduisit le Catéchisme de Rakow et la Vie de Socin (1653). Son disciple Thomas Firmin (1632-1697), conducteur de travaux et philanthrope, ami de Tillotson, fut amené aux idées de Sabellius * par un homme d’Eglise nommé Stephen Nye (1648-1719).

* hérésiarque chrétien du IIIème siècle dont la doctrine tendait à réduire la distinction entre les trois personnes de la Trinité (sa doctrine, le sabellianisme, est proche du modalisme ou monarchianisme).

Firmin a émis une remarquable série de pamphlets contradictoires (1690-1699). Le terme " unitarien " émerge d’abord en 1682 et figure dans le titre de la Brief History (1687). Il fut interprété dans un sens large comme couvrant tous ceux qui, à quelques variantes près, considéraient l’Etre divin comme personne unique. Le projet ultérieur de Firmin était de créer des sociétés unitariennes " au sein de l’Eglise ". Thomas Emlyn (1663-1741) fut le premier prédicateur à se qualifier d’unitarien. Il réunit à Londres une congrégation en 1705, ce qui était contraire à la Loi de tolérance de 1689 laquelle excluait tous ceux qui prêchaient ou écrivaient contre la Trinité.


Il est notable que, en Angleterre, la dispute socinienne lancée par Biddle a précédé la controverse arienne initiée par Samuel Clark et sa doctrine de la Trinité selon les Ecritures (1712). Au cours du XVIII° siècle, les idées des ariens et semi-ariens étaient en vogue à la fois dans l’Eglise et chez les " dissidents ". L’atmosphère libre des académies des dissidents favorisait les idées nouvelles. La conférence de Salter Hall , réunie pour débattre de la prétendue hérésie de James Peirce (1693-1726), eut l’effet de laisser à chaque congrégation le choix de sa propre orthodoxie (1719). Déjà les baptistes s’étaient séparés de la doctrine courante.


En 1689, les presbytériens rejoignirent les " indépendants ", en accord avec eux pour supprimer les deux dénominations et encourager des fonds communs. Mais à Londres, l’union qui avait été réalisée pour gérer un fonds commun fut dissoute en1693 ; le temps aidant, des désaccords dans la gestion de ces fonds conduisirent au rattachement à la dénomination presbytérienne des théologiens libéraux, bien que de nombreuses chapelles unitariennes anciennes fussent des fondations indépendantes. Cependant, la moitié au moins des chapelles presbytériennes (de 1690 à1710) revinrent aux mains des congrégationalistes.


Les meneurs en matière d’une christologie purement humaine provenaient principalement des indépendants comme Nathaniel Lardner (1684-1768), Caleb Flaming (1698-1779), Joseph Priestley (1733-1804), Thomas Belsham (1750-1829). La formation d’une dénomination unitarienne distincte date de 1773, lors du retrait de Theophilus Lindsey (1723-1808) de l’Eglise anglicane, au moment de l’échec de la pétition dite des " Plumes " au Parlement (1772) demandant la fin des serments d’allégeance. Cette démission de Lindsey avait été précédée en Irlande par celle de William Robertson, D.D.(1705-1783) que l’on nomme " le père du non-conformisme unitarien ". Elle fut suivie par d’autres retraits de gens d’Eglise, la plupart pasteurs démissionnaires, si bien que le vœu de Lindsey d’un mouvement unitarien demeurant au sein même de l’Eglise anglicane n’aboutit pas. Progressivement, cette théologie unitarienne déborda l’arianisme dans un nombre considérable de congrégations dissidentes.


La Loi de tolérance fut abolie en 1779. On substitua alors, à l’allégeance aux articles doctrinaux de l’anglicanisme, la seule croyance aux Ecritures. En 1813, les lois pénales dirigées contre les adversaires de la Trinité furent abolies. En 1825, l’Association unitarienne en Grande-Bretagne et à l’étranger fut fondée par amalgame de trois sociétés plus anciennes, littéraire (1791), missionnaire (1806), et des droits civils (1818).


Les propriétés gérées par des unitariens et créées antérieurement à 1813 furent l’objet d’attaques. Le procès de la chapelle de Wolverhampton commença en 1817, celui encore plus important du Fonds Hewley, en1830 ; tous deux furent réglés au désavantage des unitariens en 1842. Un appel au Parlement aboutit à la Loi des paroisses dissidentes (1844) qui affirme que 25 ans d’existence d’une pratique légitiment son maintien actuel si les doctrines ne sont pas spécifiées dans les statuts.


L’unitarisme un peu aride de Priestley et de Belsham, enfermé dans une philosophie déterministe, fut graduellement modifiée sous l’influence de Channing (voir plus loin) dont les travaux firent l’objet de plusieurs réimpressions et furent diffusés très largement grâce aux efforts de Robert Spears (1825-1899). Une autre influence américaine, qui se montra efficace en réduisant ce qu’il pouvait y avoir de rigide dans le surnaturalisme – toutefois restreint - de Belsham et de ses successeurs, fut celle de Theodore Parker (1810-1860). En métropole, l’enseignement de James Martineau (1805-1900) rencontra au début quelques résistances, puis fut amplement reçu, aidé qu’il était par l’influence de John Tayler (1797-1869) et John Hamilton Thom (1808-1894).


La mouvance unitarienne a produit de remarquables érudits tels que John Kenrick (1788-1877), James Yates (1789-1871), Samuel Sharpe (1799-1881), mais il y eut peu de prédicateurs populaires, encore que George Harris fasse exception (1774-1859). L’Annuaire publié par ce dernier recense 406 congrégations en Angleterre et pays de Galles ; quant à la formation des pasteurs, il cite le Collège de Manchester d’Oxford (ce qui fait remonter son ancienneté à l’académie de Richard Franklandr, au début de 1670 ), la Maison unitarienne du Collège des missions (fondé en 1854 à Manchester par John Relly Beard, D.D., et William Gaskell), et le Collège presbytérien de Carmarthen.


La littérature anglaise des périodiques unitariens débute avec le Dépositaire théologique de Priestley (1769-1788), et ensuite le Dépositaire mensuel (1806-1838), le Réformateur chrétien (1834-1863), la Revue de prospective (184*-1854), la Revue nationale (1855-1864), la Revue théologique (1864-1879) et, actuellement, le Journal d’Hibbert, l’une des créations du Trust Hibbert, fondé par Robert Hibbert (1770-1849) et nommé à l’origine l’Antitrinitarian Fund.


A noter que ce fonds devint opérationnel en 1853 ; il a procuré des bourses et des aides financières à des communautés, a financé des conférences annuelles de 1878 à 1894, et a maintenu une chaire d’histoire de l’Eglise au Collège de Manchester depuis 1894. Les activités générales du groupe sont dirigées partiellement par son association (Essex street, Strand) et aussi par sa Conférence nationale (qui tint des séances triennales), installée en 1882. Elle gère deux journaux hebdomadaires, l’Enquêteur et la Vie chrétienne.
 

En Ecosse
 

On a beaucoup insisté sur l’exécution, à Edimbourg (1697), de l’étudiant Thomas Aikenhead, coupable de blasphème envers la Trinité. Les travaux de John Taylor, D.D. (1694-1761) sur le péché originel et l’absolution eurent beaucoup d’influence à l’Est de l’Ecosse comme nous l’apprennent Robert Burns et d’ autres tels que William Dalrymple, D.D.(1723-1814) et William M’Gill, D.D. (1732-1807) qui, avec d’autres " modérés ", furent soupçonnés de la même hérésie. Mais un unitarisme déclaré n’a jamais eu une grande vogue en Ecosse. Seule congrégation anciennement fondée, celle d’Edimbourg, par séparation en 1776 de l’une des " associations fraternelles " créées par James Fraser, de Brea (1639-1699). Les efforts missionnaires de Richard Wright (1764-1836) et George Harris (1794-1859) eurent des effets passagers. Il existe actuellement sept congrégations. L’Association unitarienne écossaise fut fondée en 1813, essentiellement par Thomas Southwood Smith, un médecin réformateur de la santé. Le Trust McQuaker fut fondé en 1889 dans un but de propagande.
 

En Irlande
 

Le procès à Dublin (1703) de Thomas Emlyn attisa la controverse sur la Trinité ; il fut soumis à amende et peine d’emprisonnement pour avoir rejeté la divinité du Christ. En 1705, les pasteurs presbytériens du Nord ont fondé la Société de Belfast visant à discuter de la théologie, ce qui créa un courant d’opinion refusant les normes de Westminster. La tolérance vis-à-vis des " dissidents ", retardée en Irlande jusqu’en 1719, fut accordée enfin sans restriction doctrinale.


Un an plus tard, au synode général de l’Ulster, se forma un courant d’opinion hostile à l’adhésion des principes édictés, aboutissant en 1725 à la séparation des non souscrivant dirigés par John Abernethy d’Antrim, lesquels formèrent un conseil presbytéral à part. Celui-ci fut placée hors juridiction, mais non excommunié. Lors du siècle suivant, ses membres ont exercé une haute influence sur leurs frères du synode, mais l’influence opposée de la Mission des dissidents écossais (depuis 1842) causa une réaction. Le conseil presbytéral d’Antrim devint graduellement arien et le même type de théologie s’étendit plus ou moins à la Southern Association, connue depuis 1806 comme Synode de Munster. Dès 1783, dix des quatorze conseils presbytéraux du synode général avaient déclaré optionnelle l’adhésion aux Articles [anglicans] ; le code du Synode en 1824 affirma que la foi est déclarée orthodoxe quelle soit par adhésion ou par examen ; Henry Cooke, D.D. (1788-1868) s’opposa de toutes ses forces à ce compromis et réussit finalement à vaincre (1829) son opposant arien Henry Montgomery, LL.D. (1788-1865). Montgomery mena alors une dissidence qui aboutit au Synode remonstrant (1830), réunissant trois conseils presbytéraux, et il devint le meneur du mouvement unitarien.


En 1910, le collège presbytéral d’Antrim, non souscrivant, mystique plus que rationaliste en sa théologie, prit part à un Synode général qui réunit les membres du synode de Munster avec les " catholiques chrétiens ", comme ceux-ci se nommaient eux-mêmes, venant de l’Eglise irlandaise presbytérienne des non-souscrivant. Cela tendit à mettre en harmonie 38 congrégations et quelques postes missionnaires.

Note de traduction : les articles de l’Encyclopédie Britannica pouvant faire l’objet de modifications de la part d’intervenants multiples, ce passage a été manifestement caviardé, mélangeant allègrement l’histoire de l’Irlande avec celle des Etats-Unis. Nous ne pouvons qu’en donner, sous toute réserve, une traduction très libre.

Jusqu’en 1889, il y eut à Belfast le maintien de deux chaires de théologie dans l’esprit progressiste de l’époque [il s’agit sans doute de chaire d’église]. Par ses essais sur le Système de l’exclusion et la Dénonciation de la religion (1815) et ses Objections à Scott Porter (180*-1880), Henry Montgomery ( ?) fut un pionnier en matière de critique biblique [selon Earl Morse Wilbur il y eut une controverse en 1834 à Belfast opposant le révérend John Scott Porter au Dr. Bagot ; le débat dura 4 jours].
 

Aux Etats-Unis
 

Dans son sermon sur Le christianisme unitarien, prêché à Baltimore en 1819 à l’occasion de l’ordination de Jared Sparks, puis dans un autre sermon à New-York en 1821, William Ellery Channing se fit le défenseur du mouvement.


Note de traduction
: le texte semble qualifier E.W. Channing, dans ses vues et pratiques, de plus " conservateur " que ses frères anglais. Il semble aussi présenter cet auteur américain comme interprète de la littérature unitarienne provenant d’Irlande (qui se diffusait au niveau de New-York avec les immigrés ?), notamment à partir de 1832 sur le thème de la Bible favorable à la piété.


Il en résulta plusieurs périodiques unitariens : Les Chrétiens (qui se développa au sein des Eglises congrégationalistes), suivi du Magazine irlandais unitarien. Il y eut aussi Le Disciple et Le Presbytérien non-souscrivant. Tous ces journaux contribuèrent à l’émergence, en 1825, de l’Association unitarienne américaine à Boston.


Note de la traduction
: Des références bibliographiques sont données mais elles sont intraduisibles.


L’Association publia des tracts et des livres, aida des Eglises pauvres, envoya des missionnaires aux quatre coins du pays, et établit de nouvelles églises dans presque tous les Etats. Essentiellement non sectaires, animé d’un zèle missionnaire modéré, le mouvement unitarien s’est développé lentement. Son influence s’est principalement exercé au niveau de la culture générale et de la littérature pour les élites du pays. Plusieurs de ses ministres furent formés dans le cadre d’autres dénominations, mais la Faculté de théologie d’Harvard fut unitarienne de 1816 à 1870, avant de devenir un département de l’Université sans orientation confessionnelle spécifique.


L’Ecole de théologie de Meadville (PA) fut fondée en 1884, et l’Ecole de théologie unitarienne de Berkeley, en Californie, en 1904.


La réflexion unitarienne a traversé trois périodes aux USA. La première, de 1800 à 1835, influencée surtout par la philosophie anglaise, a été semi-surnaturelle et insuffisamment rationnelle, tournée vers la philanthropie et la pratique du christianisme. Son distingué interprète a été le Dr Channing. La deuxième période, de 1835 à 1885, influencée profondément par l’idéalisme allemand, devint progressivement rationnelle quoique teintée de mysticisme dans sa théologie. En 1865 la Conférence unitarienne nationale s’organisa, adoptant une assise résolument chrétienne en affirmant que ses membres étaient " les disciples du seigneur Jésus Christ ". La minorité plus rationaliste créa alors la Libre association religieuse destinée à "encourager l’étude scientifique de la théologie et à encourager la fraternité spirituelle". L’Association unitarienne de l’Ouest prit la même position et ne basa sa fraternité sur aucune référence dogmatique, mais il affirma son désir d’établir " la vérité, la droiture et la charité dans le monde ".


Cette période de controverses et de fort développement théologique prit fin en pratique peu après 1885, et c’est par un vote quasi unanime lors de la conférence nationale de Saratoga, en 1894, qu’elle fut consommée : " les dites Eglises se conforment à la religion de Jésus, dans la mesure où, en accord avec son enseignement, la pratique se résume à l’amour pour Dieu et pour l’homme. La conférence reconnaît que sa constitution est Congrégationaliste dans sa tradition et sa politique. Rien ,déclare t’elle, dans cette constitution, ne saurait être interprété comme acte d’autorité, et nous invitons cordialement à notre équipe de travail tous ceux qui, bien que différant en conviction, seraient en concordance générale avec notre esprit et nos objectifs pratiques ". Les meneurs de cette période furent Emerson et son idéalisme, et Théodore Parker, avec son acceptation du christianisme comme religion absolue.


La troisième période débutant vers 1885, fut celle du rationalisme, de la reconnaissance d’une religion universelle, de la large acceptation de la méthode et de la théorie scientifique, et d’un effort éthique pour réaliser l’aspiration suprême du christianisme. L’harmonie et l’unité ont atteint un niveau probablement jamais atteint dans aucune autre communauté religieuse. Le nombre des Eglises augmenta régulièrement. L’ouverture fraternelle aux progrès qui caractérise la religion moderne. Cette dernière phase devient évidente à travers l’organisation du Conseil international des penseurs et artisans religieux unitariens et autres libéraux, à Boston, le 25 mai 1900, dans le but " d’établir la communication avec tous ceux qui travaillent en tous pays, désireux d’allier une religion pure à une parfaite liberté, et d’accroître la fraternité et la coopération entre eux ". Ce conseil s’est réuni tous les deux ans, à Londres, Amsterdam et aux USA.


L’unitarisme aux USA a suivi essentiellement le même développement qu’en Angleterre, il a traversé les stades de l’arminianisme, arianisme, anti-trithéisme, puis un rationalisme et un modernisme basé sur une acceptation clairvoyante des résultats d’une étude comparée de toutes les religions. Au seuil du 18° siècle, l’arminianisme fut représenté en Nouvelle-Angleterre et sporadiquement ailleurs, tendance qui fut accentuée par les excès du Grand Réveil mené par Jonathan Edwards et George Whitefield. Avant la Guerre d’Indépendance, l’arianisme émergea dans des cas individuels et les influences françaises en faveur de déisme se répandirent, sans toutefois s’organiser en courant distincts au sein des Eglises.


C’est la Faculté d’Harvard qui, au milieu du 18°, représentait déjà la forme de pensée la plus avancée de l’époque et une vingtaine au moins de pasteurs en Nouvelle-Angleterre avaient une prédication essentiellement unitarienne. Jonathan Mayhew (1720-1766) se distingue comme pasteur de la West Church de Boston de 1747 à 1766. Il prêchait l’unité stricte de Dieu, la nature subordonnée du Christ et le salut individuel. Charles Chauncy (1705-1785), pasteur de la First Church, de 1727 à sa mort, opposant majeur d’Edwards et de son Réveil, était à la fois unitarien et universaliste. Ebenezer Gay (1696-1787) de Hingham, Samuel West (1736-1807) de New Bedford, Thomas Bernard (1748-1814) de Newbury, John Prince (1751-1836) et William Bentley (1758-1819) de Salem, Aaron Bancroft (1755-1836) de Worcester, et bien d’autres étaient unitariens. La première officialisation de la foi unitarienne fut celle de la King’s Chapel à Boston ; elle établit James Freeman (1759-1853) en 1782 et révisa le Prayer Book selon une liturgie unitarienne modérée en 1785.


Le révérend William Hazlitt (père du critique et romancier connu), en visite aux Etats Unis en 1783-1785, publia le fait qu’il existait des unitariens à Philadelphie, Boston, Charleston, Pittsburg, Hallowell, au Cape Cod et ailleurs. Des congrégations unitariennes furent organisées en 1792 par Thomas Oxnard à Portland et Saco. La Première Eglise de Plymouth à Soo accepta une foi plus libérale. John Priestley vint aux USA. en 1794, et organisa une Eglise unitarienne à Northumberland (PA) la même année, et en 1796, une autre Eglise à Philadelphie. Ses écrits eurent une grande influence .Donc, de 1725 à 1825, une croyance plus rationnelle et tolérante s’établit en Nouvelle-Angleterre et au-delà. En 1805, la nomination d’Henry Ware (1764-1845) comme professeur de théologie à Harvard, fut le signe distinctif du changement. La même année sortirent les livres unitariens de John Sherman (1772-1828) et Hosea Ballou (1771-1852) puis, en 1810, celui de Noah Worcester (1758-1837). Au début du 19°, à une exception près, toutes les Eglises de Boston étaient occupées par des prédicateurs unitariens ; leurs opinions étant diffusées dans des périodiques et organismes variés. Durant cette période, des Eglises s’installèrent à New York, Baltimore, Washington, Charleston et encore ailleurs. William Ellery Channing fut installé à l’Eglise congrégationaliste de Fédéral Street de Boston en 1803 (…)
.

L’influence d’Emerson est devenue prépondérante à partir de 1885, modifiée par la prédication plus scientifique de Minot J. Savage, qui puisait ses inspirations chez Darwin et Spencer. Au-delà de lui-même, le courant unitarien obtint une large reconnaissance grâce au travail d’hommes public tels que Henry Whitney Bellows et Edward Everett Hale ; il bénéficia aussi de l’influence remarquable de James Freeman Clarke et la popularité de Robert Collyer. Les Eglises unitariennes aux USA était, en 1909, au nombre de 461, avec 541 pasteurs. Le nombre des inscrits dans l’Eglise peut être estimé à 100 000 ; les journaux sont : le Registre chrétien, hebdomadaire publié à Boston ; l’Unité, hebdomadaire à Chicago ; l’Unitarien, mensuel à New York ; L’ancien et le nouveau, mensuel publié à Des Moines ; Le Pacifique unitarien, à San Francisco. Voyez aussi les ouvrages de Joseph Henry Allen, Notre mouvement libéral en théologie (Boston 1882) et Suite pour notre mouvement libéral (Boston, 1897) ; John White Chadwick, Croyances unitariennes anciennes et nouvelles (Boston, 1894) et, particulièrement, de John Ellery Channing L’Unitarisme, son origine et histoire, un cours de 16 lectures (Boston, 1895), George Willis Cooke, l’Unitarisme en Amérique, son origine et développement (Boston, 1902) ; et l’Annuaire unitarien (Boston).

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Published by Christian Phéline - dans CMS articles
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15 juillet 2007 7 15 /07 /juillet /2007 04:47

Nouveau : une très belle traduction par Christian Phéline du sermon de W.E. Channing prononcé à Baltimore en 1819 et considéré, à juste raison, comme le texte fondateur de l'unitarisme américain, "Le christianisme unitarien".


Voici la liste des traductions en français des oeuvres de William Ellery Channing (1780-1842) dont nous disposons à ce jour :


1815 – " Une lettre au révérend Samuel C. Thacher ", extraits traduits par Didier Le Roux sur son site " Unitariens ", http://site.voila.fr/unitariens/articles/channing.html, document en entier disponible en version pdf ou en photocopie auprès de la Correspondance unitarienne (Jean-Claude Barbier, correspondance.unitarienne@wanadoo.fr)

 

1819 – " Le christianisme unitarien ", traduit par Christian Phéline, texte long mis en ligne par " Profils de libertés " rubrique Histoire, en version pdf, http://prolib.net/pierre_bailleux/histoire/204.050.channing.sermon.pdf, disponible en version word auprès de la Correspondance unitarienne.

 

1826 – " Le christianisme unitarien est plus favorable au développement de la piété ", traduit par Didier Le Roux, http://site.voila.fr/unitariens/articles/channingsermon1.html

 

1830 - " La liberté spirituelle ", traduit par Christian Phéline, mis en ligne par " Profils de libertés ", rubrique Histoire, http://prolib.net/pierre_bailleux/histoire/204.044.liberty.Channing.htm

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Published by Barbier Jean-Claude - dans (hist) CHANNING William Ellery
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