Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

Rechercher

Archives

Articles Récents

18 septembre 2007 2 18 /09 /septembre /2007 09:23

http://www.uuqc.ca/Tribune%20Libre/tribune1_1_0.html

un-trois-m--ts--r--duction-50-.JPGun trois mâts

 

Editorial : Larguez les amarres, par Léo Poncelet

L’unitarianisme canadien : l’idée d’une possibilité
, par Raymond Drennan

Le mouvement universaliste au Québec
, par Michel Lalonde

L’épître sur Mel Gibson
,
par Mark Belletini

Jésus, un radical égalitaire
, par Charles Eddis

Recensions, par Charles Eddis
 
une biographie du Prophète. Mahammad : A Bibliography of the Prophet par Karen Armstrong

Repost 0
Published by Tribune libre unitarienne - dans Tribune libre unitarienne
commenter cet article
18 septembre 2007 2 18 /09 /septembre /2007 09:14

  Lancée au 1er trimestre 2005, Tribune Libre unitarienne est une revue en ligne de réflexions. Indépendante, elle est hébergée sur le site du mouvement unitarien/universaliste du Québec. Elle propose un espace de liberté d'expression aux francophones d'ici et d'ailleurs dans l'esprit des valeurs de la tradition unitarienne et universaliste. Elle veut créer les conditions pouvant susciter des chocs d'idées dans un climat de fraternité et de compréhension. Elle compte profiter des prouesses d'Internet pour rejoindre des lecteurs partout sur le globe, à commencer par ceux qui vivent dans et autour de Montréal. 

* le site du Mouvement universaliste et unitarien au Québec (MUUC), http://www.uuqc.ca, rubrique Tribune libre ; ou encore : http://www.uuqc.ca/Tribune%20Libre/tribune1_1_0.html




logo du Mouvement universaliste et unitarien au Québec (MUUC), dont le site héberge la Tribune libre unitarienne : une colombe bleue qui s'envole du calice des unitariens-universalistes

Tribune Libre unitarienne prévoit de soulever un maximum de débats touchant notre condition humaine dans le cosmos de même que nos luttes ici-bas sur notre planète bleue. La rédaction acceptera donc de publier une vaste gamme d'articles de fond et de recensions de livres allant des questions existentielles aux enjeux de justice sociale en passant par des réactions sous forme de lettres à la rédaction. La seule ligne directrice: que les points soulevés soient argumentés par leur auteur dans un esprit d'ouverture et de dialogue.

Chaque auteur demeurera responsable de son texte et conservera son droit de le publier ailleurs, sans conditions.

Nous ne publierons en ligne que les textes en français. Mais le comité de rédaction pourra parfois accepter de traduire les textes soumis en anglais ou dans d'autres langues, selon leur pertinence.  

La revue dispose d'un comité de rédaction, dont la composition est la suivante à la date de septembre 07 : Maurice Cabana-Proulx, Fabrice Descamps, Léo Poncelet, Amine Tehami. Correcteur d’épreuves : Normand Gosselin. Webmestre : Hubert Émond.

Contact : Léo Poncelet, leo_poncelet@hotmail.com



Repost 0
Published by Tribune libre - dans Tribune libre unitarienne
commenter cet article
3 septembre 2007 1 03 /09 /septembre /2007 15:23
dans La Besace des unitariens  : http://labesacedesunitariens.over-blog.com
18 mai 2007 -
 Bibliographie unitarienne de Roger Sauter
29 juillet 2007 -  Biographie de Roger Sauter (1919-2007) par lui-même. 1ère partie – l’enfance et les études ; 2ème partie – l’aventure éthiopienne ; 3ème partie – la vie au Lignon.
30 juillet 2007 -  Bibliographie de Roger Sauter sur l’Ethiopie
31 juillet 2007 -  Hommage à Roger Sauter, par le groupe de discussion Unitariens francophones
2 août 2007 -  Tristesse d’un départ, par Jacques Herman
3 septembre 2007 - Roger Sauter : Récapitulatif des articles sur lui

sur le site de l’AFCU : http://afcu.over-blog.org
28 juillet 2007 -  Les unitariens sont en deuil de Roger Sauter, par Jean-Claude Barbier  

dans les Actualités unitariennes
 http://actua.unitariennes.over-blog.com
28 juillet 2007 -  Les unitariens sont en deuil de Roger Sauter, par Jean-Claude Barbier  

sur le site de la Congregazione Italiana Cristiano Unitariana (CICU)
http://www.unitariani.splinder.com
11 août 2007 -  Roger Sauter (1919-2007), traduction en italien par Roberto Rosso des textes de J.-C. Barbier en hommage à Roger Sauter

dans le bulletin de la Correspondance unitarienne http://prolib.net/pierre_bailleux/unit/correspondance.unitarienne.htm
n° 70, août 2007 -  " Les unitariens sont en deuil de Roger Sauter " par Jean-Claude Barbier, Informations.
n° 71, septembre 2007 -  " Lorsque les unitariens sont en deuil ... ; Roger Sauter : le bilan d’une vie et d’une œuvre " par Jean-Claude Barbier, à la Une.

Repost 0
Published by Barbier Jean-Claude - dans SAUTER Roger
commenter cet article
2 septembre 2007 7 02 /09 /septembre /2007 19:37
3ème partie - Un unitarien peut-il porter une médaille ?


Les unitariens sont très libéraux sur de nombreux points, car ils refusent les dogmes superflus. Ils sont cependant très stricts sur ce qui les constitue, le monothéisme sans concession, et l’affirmation corollaire de la seule humanité de Jésus. Il y a aussi cette influence protestante qui veut que la Parole, ou le son, soient les interprètes du sacré ; mais que l’image, la vue, soient quelque peu suspectées d’idolâtrie. On se rappelle la querelle, qui finit mal, entre sociniens adorants (rendant un culte à Jésus) et davidiens unitariens non-adorants [ndlr : ceux qui, en Transylvanie, suivirent l’avis de Férencz David] : l’histoire a tranché en faveur de ces derniers.

Serait-il donc être idolâtre et adorant que de porter une médaille à l’effigie de Jésus ? Serait-ce, comme on l’a dit de manière quelque peu agressive, une sorte de pas en arrière vers le catholicisme ? La réponse à cette " fraternelle réprimande " doit être mesurée.

Nombre d’unitariens viennent du protestantisme, d’autres du catholicisme, de l’agnosticisme, voire du judaïsme ou de l’islam : l’unitarisme n’est pas une variante du protestantisme [ndlr : mis en gras par l'auteur dans le texte], et s’oppose à nombre de ses présupposés dogmatiques (prédestination, sola fide, etc.). Il ne se sent donc pas tenu par les habitudes cultuelle du calvinisme, par exemple par son " iconophobie ". Les unitariens anglophones ont dans leurs églises des statues, des peintures représentant des scènes de l’Evangile, des vitraux imagés …

 
A un niveau plus profond, on peut rappeler que l’unitarisme est certes un rationalisme, mais pas seulement : il essaie de garder un équilibre entre l’esprit et le cœur, de faire collaborer la foi et la raison. Dans un de ses sermons, le grand théologien unitarien des USA, James Luther Adams (1901-1994), développe les idées suivantes (très condensées) : 

Etats-Unis--James-Luther-Adams.jpgle théologien américain James Luther Adams

La mémoire d’une communauté, comme celle d’une personne, est un élément très important de sa vie spirituelle. Malheureusement divers facteurs poussent à l’oubli : le stress, l’égocentrisme, la superficialité, fort attirés par la nouveauté, mais surtout ce qu’Adams appelle " la pure spiritualité ", la supposition erronée que les humains sont capables de rechercher ou de comprendre la vérité sans la médiation des sentiments ou des évènements importants du passé … Pourquoi le christianisme a-t-il supplanté tant d’autres religions anciennes ? C’est qu’il n’était pas seulement une philosophie ou une mythologie … Quand nous commémorons aujourd’hui la vie et mort de Jésus, nous reconnaissons implicitement l’importance des PERSONNES, autant que des idées et des principes. Notre Eglise n’est pas seulement un monument à la gloire des idées ou des idéaux. C’est un monument des moments importants pour l’Humanité. Notre Eglise n’est pas vouée à la " pure spiritualité " ; c’est une communauté de personnes. Nous pensons qu’un univers où l’homme étrange de Galilée a été pendu à une croix est différent de ce que serait un univers sans le Nazaréen. Ce sont de tels hommes, et souvent leur sacrifice, qui ont fait naître ce qu’il y a de bien dans notre univers ".

Pour un Occidental d’aujourd’hui, une image n’est pas forcément une idole. Nous n’avons pas à adorer Jésus, ni à le prier ou à attendre de lui des miracles. Nous lui devons la piété due au Précurseur, au fondateur ; l’attachement à sa personne, la fierté d’être ses vrais disciples, le souvenir de ses enseignements.

La médaille est seulement un symbole, celui de la fidélité. Au Galiléen, et à nos autres martyrs, Servet, David et tous les anonymes qui voulurent ressembler à notre Enseigneur. Porter son effigie, c’est affirmer que notre christianisme n’est pas du bout des lèvres, ou une lubie à épisodes récurrents et très espacés. La veille de sa mort, à son dernier repas communautaire, Ieshouah’ a souhaité, et sa supplique nous touche encore : " Faites ceci en mémoire de moi ! ".


Pour commander la médaille : voir le site de l’AFCU (en lien), 
rubrique " la médaille des Frères polonais ".

Repost 0
Published by Albert Blanchard-Gaillard - dans BLANCHARD-GAILLARD Albert
commenter cet article
2 septembre 2007 7 02 /09 /septembre /2007 19:23

U---Pologne--m--daille-des-Fr--res-polonais-les-deux-faces.jpeg photo provenant du site "Livres.mystiques.com"

2ème partie - La médaille dite du Campo dei Fiori


En mars 1897, à Rome, sur la place du " Campo dei Fiori ", non loin du palais Farnese, siège de l’ambassade de France, se tenait comme tous les mercredis un marché à la ferraille, sorte de gigantesque brocante. Un touriste français, A. J. Boyé, dit Boyer d’Agen, " érudit régionaliste ", y dénicha, au milieu d’autres pièces, une médaille très oxydée et sale qu’il paya " deux sous ". 

Nettoyée, elle laissa apparaître un visage – apparemment celui du Christ – et des inscriptions hébraïques. Boyer, séduit, la porte d’abord en breloque, quand des orfèvres parisiens la remarquent et obtiennent le droit de la reproduire. On en vend alors un assez grand nombre d’exemplaires, en or, en argent ou bronze (ce qu’on continue de faire). 

En 1898 et 1899, la presse bien pensante, voire extrémiste (La Libre Parole), s’empare du sujet et lui donne un certain retentissement, puis l’engouement retombe assez vite, devant les exagérations des propagandistes et des exploitants de la médaille. Aujourd’hui, seuls de petits groupes (les Amitiés spirituelles, fondées par l’occultiste Sédir, dont la somptueuse tombe, au cimetière Montparnasse [ndlr. qui a été depuis transférée au cimetière Saint-Vincent, 6 rue Lucien Gaulard, dans le XVIIIème arrondissement] s’orne d’une reproduction de l’avers de la Médaille, et certaines loges marginales) croient encore au caractère mystérieux, et quasi miraculeux, de la pièce du Campo dei Fiori. (...)

[l’auteur Albert Blanchard-Gaillard critique la première interprétation qui fut donnée à cette médaille, qui en faisait une effigie du Christ au 1er siècle, remontant à l’Eglise primitive et frappée en Orient]

Les spécialistes hausseront les épaules ; mais dans le grand public, peu de gens connaissent l’hébreu, la paléographie et l’iconographie chrétienne des premiers siècles. Alors notons quelques données importantes :

1° - Les premiers chrétiens de Palestine (les judéo-chrétiens) sont des juifs observant fidèlement la Torah (Ac, 2, 46 ... ). Toute représentation humaine et animale leur est interdite : il n’y en a pas d’ailleurs d’exemple parmi eux. Il ne peut donc y avoir cohabitation d’une inscription juive ancienne et de la représentation d’un visage.

2° - Même chez les pagano-chrétiens, on ne constate aucune utilisation d’images pendant les deux premiers siècles. Sous l’influence du paganisme, les chrétiens du bas peuple commencent à tourner l’interdiction biblique, en invoquant " symboliquement " le Christ par des images : le Poisson, l’Agneau pascal, le Bon Pasteur, mais ne dessinent jamais de représentation réaliste du Messie.

3° - C’est seulement au IVème siècle, après les conciles, qu’apparaissent les premiers visages du Christ, dans le style byzantin bien connu. Mais il y a bien longtemps que les chrétiens, qui détestent maintenant les juifs, ne comprennent plus et n’utilisent plus l’hébreu. Depuis Paul, TOUS les écrits chrétiens ont été rédigés en grec. Donc, là encore, impossible cohabitation d’un portrait du Christ et de l’hébreu, et ce pendant les quinze premiers siècles.

4° - Les chrétiens (et les papes) ne recommenceront à s’intéresser à l’hébreu qu’à la Renaissance, pour vérifier les traductions, l’Ancien testament et lire les textes kabbalistiques et talmudiques.

5° - Le (ou les) auteur(s) de la brochure précitée affirment l’ancienneté des caractères hébraïques de la Médaille au prétexte qu’ils sont analogues, disent-il, " à ceux des manuscrits bibliques ". Or, avant la découverte des manuscrits bibliques de Qumrâm, en écriture quasi cursive, le plus ancien manuscrit biblique connu, en hébreu, ne remonte qu’au Xème siècle de notre ère (Codex d’Alep, Maison du livre, Jérusalem). Encore ces caractères diffèrent-ils légèrement des nôtres, dont on peut penser qu’ils sont plutôt de style ashkénaze (Europe de l’Est, à partir des XIVème, Xvème siècles). 

La cause est suffisamment entendu : il y a toute chance que la médaille d’origine date bien du XVIème siècle. Le visage a sans doute été copié sur celui de la médaille du sculpteur milanais G. Antonio Rossi, commandée par Pie V vers 1570, dont un exemplaire est à la Bibliothèque nationale. Le graveur anonyme a simplement supprimé le nimbe crucifère et les inscriptions latines " Ego sum lux mundi ", etc., donnant au portrait un caractère exclusivement humain, selon la théologie unitarienne. Adôn Ieshouah est Jésus le Maître, le Chef (Dux et Princeps selon les expressions sociniennes).

Les inscriptions du revers sont plus complexes à interpréter, ce qui s’explique d’ailleurs par des raisons de prudence. Médaille de reconnaissance, elle doit être vue, mais pas compromettante. De là, d’abord, l’usage de l’hébreu, peu accessible au commun, et qui a l’avantage de référer au christianisme primitif, dont les sociniens affirment depuis toujours qu’ils n’étaient pas trinitaire.

Le début (les trois première lignes) prête peu à controverse : "Un Messie, un Roi est venu dans la Paix ". Il s’adresse aux juifs, ou plutôt cherche à distinguer les sociniens unitariens des juifs, puisque leurs ennemis les traitaient de " judaïsants ". Le Messie est déjà venu (contrairement à ce qu’affirment les juifs), ce n’est pas un messie guerrier qui a pour tâche de rétablir le royaume d’Israël. Du point de vue chrétien, ces affirmations sont orthodoxes, et donc non dangereuses. 

Il faut pourtant bien, quoique d’une façon voilée, que ces anti-trinitaires disent leur foi particulière (peut-être dans un mauvais hébreu !). Alors on écrit littéralement : " Il a été fait vivant parmi les hommes ", ce qui, en cas d’inquisition, peut à la rigueur passer pour une allusion à l’Incarnation, mais qui signifie, dans l’esprit des concepteurs de la médaille, compte tenu du contexte, du dit et surtout du non-dit (aucune allusion à ,la divinité, à la gloire, à la puissance, etc.). " Il a été choisi (Dieu l’a choisi, selon l’usage hébreu) parmi les hommes " ; Dieu a choisi un homme parmi tous pour être son Oint (l’Onction d’ailleurs peut-elle être pratiquée sur autre qu’un homme ?).

La médaille que nous connaissons, de Rome ou de Jendrzejov, de Cork ou de Rostock, peut être portée par tout le monde, par tous ceux qui, sans superstition, aiment Jésus et le tiennent pour leur maître. Les bijoutiers ont encore de beaux jours ! Cependant, il faut savoir qu’elle a été conçue pour exprimer un christianisme particulier, hétérodoxe pour certains, une christologie de la seule humanité de Jésus, un christianisme strictement monothéiste, qui est celui des unitariens, qui sont encore nombreux de par le monde.

Repost 0
Published by Albert Blanchard-Gaillard - dans BLANCHARD-GAILLARD Albert
commenter cet article
2 septembre 2007 7 02 /09 /septembre /2007 19:12

u_-_pologne__m_daille_des_fr_res_polonais_recto.jpeg

Albert Blanchard-GaillardLa médaille de reconnaissance des frères polonais, dite improprement médaille du Campo dei Fiori ", Revue Regard, n° 2, été 1997, Institut d’études et de recherches sur l’histoire, les traditions, la nature et les sciences (revue disparue après le n° 3, 1998), pp. 30-34

la photo jointe provient du site "Livres.mystiques.com"


1ère partie - La médaille des frères polonais


Au début de la seconde moitié du XVIème siècle, le protestantisme, majoritairement calviniste, s’implanta fortement en Pologne. En 1572, on célébrait le culte dans 650 temples, soit presque 20% des paroisses catholiques. Mais, dès 1562, en Petite Pologne (région Sud du pays, autour de Cracovie), se produisit une scission entre protestants calvinistes (on disait alors de la Confession helvétique) et anti-trinitaires   ces derniers formèrent alors une Eglise appelée " Ecclesia Minor ", puisque de moindre taille. Les fidèles de cette Eglise d’appelaient eux-mêmes simplement Frères ou chrétiens ; à l’étranger, on les nomma Frères polonais, plus tard sociniens ou ariens.

Le nombre d’églises des Frères polonais s’éleva à plus de 200, avec environ 40 000 fidèles, membres surtout des classes moyennes et de la noblesse fortunée et cultivée. " Les sociniens, nous dit Ambroise Jobert, formaient en Pologne une minorité négligeable par le nombre, mais remarquable par sa culture ... ". Lors de la Contre-Réforme, et par décision de la Diète de 1658, les Frères polonais furent interdits sous peine de mort, et contraints à la conversion forcée ou à l’exil.

Cependant, dès la fin du XVIème siècle, de jeunes Frères polonais d’origine noble avaient entrepris de fréquenter les université étrangères, principalement hollandaises et allemandes, sous la conduite d’un ministre ou d’un théologien anti-trinitaire, tout en gardant la plus grande discrétion sur leurs convictions religieuses, alors passibles un peu partout en Europe de la peine de mort. Or l’un de ces théologiens, André Wojdowski, un des premiers disciples de Fauste Socin, " convertit à Leyde (en 1597) un étudiant originaire de Nuremberg, Ernest Soner, qui devint en 1605 professeur de médecine à l’Académie d’Altdorf, proche de sa ville natale. Soner réunissait des étudiants chez lui, en grand secret, pour les gagner aux doctrines de la secte. Ils se dispersaient ensuite dans toutes les universités d’Allemagne, portant, en signe de reconnaissance, une médaille frappée à Nuremberg, qui portait à l’avers l’effigie du Christ et l’inscription en caractères hébraïques : Le Seigneur Jésus. Au revers : dans la paix est venu un roi, un messie, en vérité dans la grâce, il a été tiré de l’humanité. (traduction Claude Orrieux, de l’université de Lyon) ".

Citation tirée de " De Luther à Mohila, la Pologne dans la crise de la chrétienté, 1517-1648 " d’Ambroise Jobert, professeur de l’université de Grenoble, spécialiste de l’histoire polonaise, Institut d’études slaves, Paris, 1974, p. 237 et reproduction de la médaille pp. 216-217.

Le célèbre slavisant n’affirmait pas à la légère car la médaille avait été portée à sa connaissance dans la collection de a famille Przypkowski, à Jendrzejov, Voïévodie de Kielce, avant la deuxième guerre mondiale, et il avait pu en prendre photo. Or, la famille Przypkowski la détenait dès les origines, connaissant les circonstances de sa création, puisqu’elle avait été portée par un de ses ancêtres, Samuel Przypkowsli, mort en 1670, guerrier, poète, noble et théologien unitarien dont les écrits furent publiés dans la Bibliotheca fratrum polonorum. Nous avons là, outre la médaille dans un excellent état de conservation, un témoignage (plus exactement une tradition familiale) de première main.

Nous ne savons rien, par contre, sur le graveur, sur le choix de la figuration de Jésus, sur celui des inscriptions du revers : ce qui n’a rien d’étonnant vu le caractère clandestin, " hérétique ", de l’entreprise. Cette médaille avait l’obligation d’être un signe de reconnaissance pouvant être arboré, donc discret et peu compromettant : d’où l’avers avec un profil de Christ, mais avec une inscription hébraïque, ce qui pouvait intriguer, et être une proclamation de foi, claire pour les initiés, mais peu lisible pour le commun, ce à quoi correspondent les " phrases " du revers. Au demeurant en présence d’un questionnement inquisiteur, on pourra toujours argumenter en faveur de l’apparente innocence des inscriptions. Nous aurons à examiner en détail image et inscriptions, pour en fournir une critique interne. 

Admettons d’ores et déjà que le profil du Christ est soit une création originale, soit une copie ou une adaptation de médaillon déjà existant (ce qui nous paraît le plus probable) : quant à l’inscription du revers, elle n’a d’équivalent nulle part ; elle a donc été faite à dessein. Tout cela n’aurait rien de bien compliqué à interpréter si, à la fin du XIXème siècle, des amateurs ignorants, dont des continuateurs existent encore, n’étaient tombés par hasard sur un exemplaire de la médaille et n’en avaient donné des commentaires défiant le bon sens et l’honnêteté. [à suivre]

Repost 0
Published by Albert Blanchard-Gaillard - dans BLANCHARD-GAILLARD Albert
commenter cet article
30 août 2007 4 30 /08 /août /2007 11:07

 

par Fabien Girard. Message au groupe de discussion " Unitariens francophones " du 30 août 07

Anglais, originaire de Birmingham, Henry Grew s’embarqua à l’âge de 13 ans avec sa famille pour les États-Unis, où il arriva le 8 juillet 1795. La famille s’établit à Providence, dans le Rhode Island.

En 1807, alors qu’il avait 25 ans, H. Grew, lecteur assidu de la Bible, fut invité à devenir pasteur de l’Église baptiste de Hartford (Connecticut), mais il en fut renvoyé en 1811.

En 1824, il rédigea une réfutation bien étayée de la Trinité. Notez la logique de son raisonnement dans cet extrait de ses écrits :

"Quant à ce jour-là, et à cette heure-là, aucun homme ne sait, ni les anges qui sont dans les cieux, ni le Fils, mais le Père seul " (Marc 13:32). Observez la progression : l’homme, les anges, le Fils, le Père. [...] Notre Seigneur nous enseigne que seul le Père connaissait ce jour, ce qui serait faux si, comme certains le prétendent, le Père, la Parole et l’Esprit Saint étaient trois personnes en un seul Dieu ; car, selon cette [doctrine de la Trinité ,] le [...] Fils devait le savoir aussi bien que le Père. ".

il semble qu’il n’ait pas fondé de communauté indépendante et qu’il se soit contenté d’une pratique solitaire. Par contre, il diffusa des tracts et fit des discours. Voir par exemple " An appeal to pious trinitarians " (1857).
 
header-r1-c01.gif site anti-trinitaire américain

Il rencontra en 1844 un autre anti-trinitaire, George Storrs, ancien pasteur méthodiste qui avait quitté son Eglise en 1840 . Ce dernier faisait lui aussi cavalier seul, prêchant entre autres contre la croyance en " l’enfer de feu ". Il avait, en 1843, adopté l’espérance adventiste prêchée par W. Miller sans pour autant rejoindre l’Eglise adventiste car celle-ci enseignait des doctrines contraires aux siennes. Il mourut en 1879.

La plupart des idées de H. Grew et de G. Storrs furent reprises par Charles Russell, lequel devint anti-trinitaire dès l’année 1870.

Repost 0
27 août 2007 1 27 /08 /août /2007 16:13

Aux Etats-Unis d’Amérique

L’universalisme d’Elhanan Winchester spécifiait qu’après la mort il y avait une période d’attente avant d’être complètement sûr d’être sauvé ; au contraire, l’universalisme de John Relly (1722-1778), un ancien méthodiste irlandais, garantissait que l’on était sauvé au moment de la mort. L’un des disciples de Relly fut John Murray (1741-1815) ; il laissa ses soucis et ses dettes derrière lui dans l’Ancien Monde, atterrit en Amérique à la Baie de la Bonne chance, dans le New Jersey, en 1770. On considère Murray comme le fondateur de l’universalisme américain. Pendant de nombreuses années on trouva les deux types d’universalisme dans cette dénomination. Plus tard, Hosea Ballou (1771-1852), auteur du Traité sur l’expiation, introduisit l’usage de la raison dans la religion chez les universalistes et les influença vers l’unitarisme.

Venus de différentes couches sociales, contrairement aux unitariens de La Nouvelle Angleterre, conscients de la leur, les universalistes étaient, en Amérique, un mouvement religieux libéral organisé, plusieurs années avant les unitariens ; avec eux, en 1961, ils formèrent finalement l’Association unitarienne-universaliste.

Thomas Starr King (1824-1864), un universaliste au service d’une congrégation unitarienne, fut aussi crédité d’avoir sauvé la Californie par son adhésion à l’Union (anti-esclavagiste) pendant la guerre civile américaine ; il saisit la différence entre les deux héritages : Les uns (universalistes) pensent que Dieu est trop bon pour les damner pour toujours ; les autres (les unitariens) pensent qu’ils sont trop bons pour être damnés à jamais ; mais cette parole est également attribuée aussi à Gold Appleton (1812-1884).L’unitarisme aux Etats-Unis d’Amérique

L’établissement des Européens sur la côte Nord-Est des Etats-Unis d’Amérique commença avec l’arrivée des Pères Pèlerins en 1620. Dans le Commonwealth du Massachussetts, seuls les membres de l’Eglise pouvaient participer au Gouvernement ; bien que théologiquement calvinistes, les Eglises strictement autonomes des congrégations des colons empêchaient qu’on leur imposât une déclaration de foi.

Comme en Angleterre et en Irlande, les puritains de la Nouvelle-Angleterre se divisèrent en deux courants , évangélique et rationnel (en Amérique appelés souvent libéral). L’un de ces dirigeants libéraux, Charles Chauncy (1705-1787), déclara en 1743 : il y a une religion de l’entendement, du jugement et de la volonté aussi bien que de l’affection, et si l’on fait peu de cas de la première, pendant qu’une grande tension nerveuse s’établit sur la dernière, il se peut que cela crée des désordres chez les gens.

Les convictions de Chauncy étaient très soutenues dans la région de Boston où le Collège Harvard avait été établi à Cambridge en 1721. Lorsqu’en 1805 un libéral, Henry Ware (1764-1845) devint professeur de religion, les tensions entre les évangéliques et les libéraux devinrent trop fortes et les évangéliques partirent créer leur propre séminaire à Andover. La Chapelle du Roi, à Boston, une congrégation épiscopale utilisant une liturgie modifiée semblable à celle de la chapelle d’Essex Street à Londres, devint unitarienne en 1782.

Durant les années 1790, plusieurs unitariens anglais, y compris Joseph Priestley, s’établirent plus au sud en Pennsylvanie. Mais les libéraux bostoniens évitaient d’être appelés unitariens. Ils trouvaient les anglais unitariens trop polémiques et leur compréhension de Jésus plutôt extrême.

En 1815, l’orthodoxe Jedidiah Morse (1761-1826) réimprima un pamphlet de l’unitarien anglais Thomas Belsham dans lequel cet auteur disait que les libéraux bostoniens étaient unitariens en fait, sinon d’appellation. Morse leur déclarait la guerre. Les Libéraux, disait-il, s’exposaient à se voir refuser la communion chrétienne.

Obligé de défendre la position libérale, William Ellery Channing (1780-1842) prêcha sur l’unitarisme chrétien lors d’une ordination à Baltimore, dans le Maryland, en 1819, prêche qui fut largement diffusé. Channing, dans son sermon, accepta finalement l’appellation unitarienne et définit les libéraux comme un parti prêt à défendre et à diffuser cette position.

Comme cela a déjà été mentionné auparavant, l’Association unitarienne américaine fut finalement organisée, apparemment par un coup de chance, exactement le même jour que l’Association unitarienne anglaise et étrangère, c’est à dire le 25 mai 1825.

Deux autres allocutions significatives indiquèrent la direction que les Américains unitariens allaient prendre. L’une fut L’allocution à l’école de théologie (1838) de Ralph Waldo Emerson (1803-1882), d’abord pasteur unitarien, puis personnalité marquante dans le groupe des écrivains transcendantalistes. Emerson ne tenait pas compte de la religion révélée et encourageait les gens à se mettre " par eux-mêmes en relation avec le divin ".

Une autre allocution fut celle de Theodore Parker (1810-1860) : Ce qui passe et ce qui dure dans le christianisme (1841). L’auteur y démontrait que l’enseignement des Eglises et des sectes passerait alors que l’enseignement de Jésus, pure religion et authentique morale, durerait toujours.

Le génie organisateur à l’origine du développement de l’unitarisme américain fut Henry Whitney Bellows (1814-1882), quelque peu conservateur en théologie. Utilisant son expérience acquise dans la Commission sanitaire des Etats Unis (Croix Rouge) aux côtés de l’Union (anti-esclavagiste) dans la Guerre civile américaine, Bellows créa la Conférence nationale des chrétiens unitariens (1865)

Pour certains, cependant, la Conférence fut trop conservatrice et deux ans après ils montèrent leur propre Association religieuse libre (1867) ; affirmant qu’un esprit universel agit dans toutes les croyances historiques, cette association trouva sa pleine justification, en 1893, au Parlement mondial des religions à Chicago.

Dans cette région de Chicago et dans le Centre Ouest, où la Conférence des Unitariens de l’Ouest avait été organisée en 1852, les unitariens se situaient fréquemment au-delà du christianisme unitarien qui était en faveur en Nouvelle Angleterre.

La nature radicale de quelques unitariens du Centre-Ouest se révéla à nouveau en 1933 quand quelques uns d’entre eux produisirent un Manifeste humaniste. Il affirmait que les hommes et les femmes trouvent en eux des ressources personnelles suffisantes sans recourir à des aides surnaturelles. Leur action fut à l’origine d’un débat tout au long d’une génération sur le contenu surnaturel de la religion.

Vers le milieu du XXe siècle, il devint apparent que les unitariens et les universalistes se dirigeaient vers une fusion. Quand elle se produisit en 1961, l’Association unitarienne-universaliste définit ainsi ses orientations : " Chérir et répandre les vérités universelles enseignées par les grands prophètes et les enseignants d’humanité de chaque époque et de chaque tradition, immémorialement résumées dans l’héritage judéo-chrétien comme l’amour de Dieu et l’amour de l’homme ".

En 1984, de nouveaux principes furent adoptés. Ils reconnaissaient la pluralité des sources où ont puisé l’unitarisme et l’universalisme ; sont reconnus par tous : des enseignements humains, une sagesse tirée des religions du monde, les paroles et les actions de femmes et d’hommes prophétiques, l’expérience directe du mystère de la transcendance et de l’émerveillement, aussi bien que les enseignements juif et chrétien sur l’amour du prochain comme nous-mêmes, comme une réponse à l’amour de Dieu.

 

La religion libérale dans d’autres parties du Monde

Les unitariens organisèrent d’abord des congrégations en Australie en 1810 et au Canada en 1811, conséquence de l’établissement d’Européens. Au Canada, les Irlandais, presbytériens non-souscrivants y participèrent.

L’Union unitarienne de l’Inde du Nord Est à Meghalaya (Khasi Hills) est un mouvement unitarien indigène créé par Hajom Kisor Singh, à partir de missions calvinistes galloises. Un petit groupe d’unitariens existe aussi à Madras, au Sud de l’Inde.

En 1921, Norbert Capek, qui mourut plus tard à Dachau, fonda la Fraternité unitarienne tchèque. En Allemagne on distingue deux groupes religieux : le plus ancien est constitué des congrégations de la religion libre, dans le Sud-Ouest, enraciné chez les catholiques comme chez les protestants, provenant de groupes dissidents qui naquirent du ferment menant à la Révolution de 1848. En Allemagne du Nord, les unitariens allemands, un mouvement né au XXe siècle, se rattache davantage à la culture traditionnelle philosophique européenne qu’au fond chrétien libéral unitarien transylvanien, anglais et américain.

Dans d’autres contrées d’Europe, les traditions liées à la non-souscription n’existent pas. La Fraternité des remonstrants en Hollande date de 1619, quand Jacob Arminius et ses continuateurs en " remontrèrent ", contre le renforcement des doctrines calvinistes. En France et en Suisse, les Eglises protestantes réformées ont des traditions libérales différentes.

Tous ces mouvements libéraux religieux sont représentés dans l’Association internationale pour la liberté religieuse (IARF), aussi bien des Eglises que des sociétés religieuses, ou des groupes de libéraux individuels dans d’autres mouvements religieux. l’IARF fut fondée en 1900 sous le titre de Conseil international des unitariens et d’autres penseurs et travailleurs religieux libéraux. Aujourd’hui c’est un forum inter-religieux, international, regroupant à la fois des chrétiens libéraux, ceux qui ont des racines dans les traditions protestantes libérales et, plus récemment, aussi bien des libéraux aux soubassement non chrétiens.

Repost 0
Published by Andrew Hill - dans sur l'unitarisme
commenter cet article
27 août 2007 1 27 /08 /août /2007 16:10

Les unitariens en Angleterre et au pays de Galles

La Réforme en Angleterre et au pays de Galles fut moins rigoureuse que dans d’autres pays protestants. Ceux qui semèrent le trouble pour de plus amples réformes que celles entreprises durant le règne d’Henri VIII furent nommés puritains. Les puritains radicaux se séparèrent de l’Eglise d’Angleterre et furent appelés séparatistes. Les Puritains qui suivirent les Réformateurs du Magistère - en général Jean Calvin - et qui voulaient davantage de réformes dans l’Eglise d’Angleterre furent appelés presbytériens.

En 1648, le bref essor des presbytériens s’acheva. Ils obtinrent un traité spécial entre le Parlement anglais (alors en guerre avec le roi Charles Ier) et les autorités réformées d’Ecosse qui fut un essai pour introduire en Angleterre la parole de Dieu et l’exemple des meilleures réformes chrétiennes (Extraits de " La Ligue Solennelle et de la Convention "). A part quelques succès locaux à Londres et dans le Lancashire, l’entreprise échoua. Son principal héritage, toutefois, est La confession de foi de Westminster, le principal communiqué officiel du protestantisme réformé en langue anglaise.

A la Restauration de la monarchie en 1660, qui suivit la période du Commonwealth [de Cromwell], les presbytériens, avec à leur tête Richard Baxter (1615-1691), eurent de nouveaux de grands espoirs de mener à bien d’acceptables changements au sein même de l’Eglise d’Angleterre. Mais leurs espoirs furent totalement déçus quand, en 1662, à la suite d’un Acte d’Uniformité, environ 2 000 puritains du clergé furent remerciés à cause de l’obligation - à laquelle ils ne pouvaient se soumettre - d’utiliser Le livre de la prière commune .

A contre coeur, ces pasteurs non conformistes rejoignirent, en tant que dissidents de l’Eglise d’Angleterre, leurs collègues séparatistes. Vingt sept ans plus tard, en 1689, un Acte de Tolérance leur accorda, à eux et à leurs fidèles, la liberté de culte, mais pas de doctrine. Ceux qui en étaient exclus étaient les catholiques et les anti-trinitaires. Plusieurs congrégations qui plus tard devinrent unitariennes ont leurs racines dans ces événements.

Les principales sources de la pensée unitarienne en Angleterre et au pays de Galles sont la Bible anglaise et les écrits sociniens transmis du continent européen. les premiers unitariens vinrent des séparatistes. Bartholomew Legate et Edward Wightman, tous deux séparatistes, furent exécutés en 1612 comme hérétiques anti-trinitaires. Des copies du Catéchisme de Rakow furent brûlés à Londres en 1614. John Biddle (1615-1662), " le père de l’unitarisme anglais " et un traducteur du catéchisme racovien en anglais, profita d’un bref relâchement des lois contre l’hérésie (1651-1652) pour organiser la première congrégation anti-trinitaire en Angleterre et au pays de Galles.

L’ami de Biddle, Henry Hedworth (1626-1705), fut introduit auprès d’un unitarien transylvanien par quelques exilés polonais sociniens et devint la première personne à employer le mot " unitarien " dans l’imprimerie anglaise ; en 1672 il écrit : Je vais maintenant présenter au lecteur un petit aperçu de l’opinion de ces hommes au sujet du Christ, qui, pour se distinguer des autres, se nomment eux-mêmes unitariens.

Un peu plus tard au XVIIe siècle des points de vue sociniens apparurent au sein de l’Eglise d’Angleterre. Thomas Firmin (1632-1697), marchand anglais, aida les réfugiés sociniens et paya une série de tracts unitariens. Samuel Clarke (1675-1729), vicaire anglican, publia La doctrine des Ecritures sur la Trinité (1712) ; dans cet ouvrage il argumentait que l’honneur suprême devait revenir seulement à Dieu, le Père.

Le livre de Clarke fut largement lu, mais aussi parmi les non conformistes, et en 1719 les dissidents d’Exeter proposèrent à leurs amis de Londres de débattre de ce point de doctrine. Il s’ensuivit une scission très significative parmi les dissidents. A partir de cette date, les dissidents contre leur gré et les dissidents de leur plein gré, réunis par force ensemble en 1662, se réorganisèrent, à partir de leurs croyances et de leurs déclarations de foi, en souscrivants [en anglais, Subscribers] et non-souscrivants [à la confession de foi de Westminter]. Parmi ces non-souscrivants, les idées unitariennes gagnèrent du terrain.

Une scission similaire se produisit en Irlande où, en 1725, le synode général des presbytériens de l’Ulster réorganisa les non-souscrivants à la confession de foi de Westminster en un consistoire séparé.

A partir de là, le droit au jugement privé en matière de croyances religieuses, la libre d’adhésion à telle déclaration de foi ou à tel credo, fut d’une importance majeure pour l’héritage libéral. Pour les non-souscrivants, l’Eglise était une communauté " salvatrice ", pas une société pour ceux qui sont déjà " sauvés ". La mise en pratique du christianisme était préférable aux controverses doctrinales, et la croyance religieuse devait par dessus tout être  raisonnable .

Les non-souscrivants furent souvent appelés arminiens à partir des idées - populaires parmi eux - du réformateur hollandais Jacobus Arminius (1560-1609). Arminius, contrairement à Calvin, selon lequel Dieu ne veut sauver que le petit nombre, soutenait que l’opportunité d’être sauvé est offerte à tous. Pour les distinguer des dissidents évangéliques, ces non-souscrivants furent aussi appelés dissidents rationnels.

Certaines académies, ayant ouvert leurs programmes aux points de vue des dissidents, furent reconnues par le parti des théologiens qui les soutenaient. Les académies des dissidents rationnels  incluaient celles de Camarthen en pays de Galles, proche de " la tache noire " de Dyfed* et de Warrington en Angleterre. Toutefois, les dissidents restaient interdits à Oxford et à Cambridge,

* Ainsi appelée " tache noire " par certains anti-unitariens à cause des lieux où leurs adversaires étaient très prépondérants, concentrés à ce qui est aujourd’hui Dyfed, aux alentours de Llanybyther et du pont Stefan à Llanbedr.

Joseph Priestly (1733-1804), chimiste qui découvrit l’oxygène, était un pasteur dissident qui fut un certain temps précepteur à l’académie de Warrington. Né dans l’Eglise évangélique dissidente, Priestly fut l’un des nombreux convertis à la dissidence rationnelle ; par cette transition stimulante il fut amené à l’unitarisme. D’abord il ne se reconnut pas unitarien : il apprit cette appellation par Théophilus Lindsey (1723-1808), anglican à l’origine. N’ayant pu obtenir une dispense de non-adhésion aux 39 articles de foi, il résilia sa charge de vicaire de Catterick et, en 1774, il ouvrit la chapelle d’Essex Street à Londres au culte unitarien, utilisant une version unitarienne du Livre de la prière commune.

Pendant ce temps, Priestley, qui n’était pas le seul à soutenir les orientations politiques radicales de 1789, culminant dans la Révolution française, émigra aux Etats-Unis d’Amérique pour éviter l’oppression politique en Grande Bretagne et s’installa en Pennsylvanie. Il fut l’un des anglais unitariens à largement contribuer au développement du mouvement unitarien aux Etats Unis.

D’autres nouveaux venus de la dissidence rationnelle durant cette période furent Thomas Belsham (1750-1829) et, venus des baptistes et des universalistes, William Vidler (1758-1816) et Richard Wright (1764-1836) " le missionnaire unitarien ". Ces trois personnages participèrent au Fonds unitarien (1806), l’une des nombreuses sociétés travaillant à servir la cause unitarienne et à obtenir les droits civils pour les unitariens, droits finalement acquis en 1813.

Par coïncidence, l’Association unitarienne anglaise et étrangère, où les sociétés plus anciennes avaient fusionné, grâce aux efforts inlassables de Richard Asplan (1782-1845), fut organisée exactement le même jour que l’Association américaine unitarienne, le 25 mai 1825.

Quelques dissidents rationnels ne furent pas entièrement satisfaits des implications sectaires d’un tel zèle missionnaire. James Martineau (1805-1900) fut leur dirigeant. Alors qu’il était tout à fait normal pour des individus de s’appeler " unitariens ", Martineau trouva qu’il était tout à fait faux d’identifier sans équivoque des congrégations avec une telle position théologique. En 1836, il écrivit : " La raison est l’ultime appel, le tribunal suprême, au jugement duquel même l’Ecriture doit être conviée ". C’est ainsi que débuta un processus par lequel la base miraculeuse de l’Ecriture dans la théologie unitarienne de Lindsey et de Priestley, fut remplacée par de nouvelles affirmations basées sur la raison et sur l’intuition.

Le nouveau Collège de Manchester, succédant à l’académie de Warrington où la plupart des pasteurs était formé, se fixa à Londres en 1853. Martineau en fut le directeur. En 1896, le Collège déménagea une nouvelle fois à Oxford où il est maintenant appelé  Collège de Manchester [ndlr : et maintenant le Harris Manchester College].

Mais le déménagement du collège de Manchester provoqua la consternation parmi les unitariens de Nord Est de l’Angleterre ; ils décidèrent en 1854 de créer le Centre missionnaire des unitariens anglais, aujourd’hui le Collège unitarien de Manchester. Ce centre était une courageuse initiative pour relever le défi des nouvelles conditions sociales effroyables provoquées par la Révolution industrielle dans cette région. Mais il avait aussi comme but de former des pasteurs à partir de personnes tout à fait différentes de celles formées ailleurs ; provenant de la classe ouvrière, plus rapidement formés, ces pasteurs pourraient s’adresser directement à un nouveau type de congrégations unitariennes émergeant alors dans le Nord et l’Est de l’Angleterre. Les premières congrégations dans la région avaient été très revivifiées par l’intégration, durant les premières années du XIXe siècle, au sein de l’unitarisme anglais d’un certain nombre de congrégations isolées venues du méthodisme du fait des idées unitariennes de leurs dirigeants, ainsi que par un mouvement local similaire des Frères chrétiens [ndlr : est-ce l’ordre contemplatif de catholiques irlandais fondé en 1802 ?]

Le collège de Manchester, à Oxford, et le collège unitarien, à Manchester, sont aujourd’hui les deux principaux centres de formation théologique des unitariens anglais. Les pasteurs gallois sont formés à Aberystwyth. Les congrégations dont ils forment les pasteurs se retrouvent au sein de l’Assemblée générale des unitariens et des Eglises chrétiennes libres (1928), une fédération d’environ 250 congrégations réparties dans les agglomérations les plus importantes, ayant son quartier général à Londres, à Essex Hall, dans la rue de l’Essex, sur le site de la chapelle de Theophilus Lindsey, juste à côté du Strand.

Les presbytériens non-souscrivants en Ecosse et en Irlande

En Ecosse, la Réforme suivit le modèle réformé. Pendant que l’adhésion à La confession de foi de Westminster se modéra équitablement durant le XVIIIe siècle, et qu’une réaction s’établit contre une théologie qui, comme le faisait remarquer Robert Burns, en envoyait un au Paradis et dix en Enfer, aucun mouvement de non-souscription n’émergea. Les quatre congrégations unitariennes d’Ecosse, qui sont aujourd’hui affiliées à l’Assemblée générale des unitariens et des Eglises chrétiennes libres, ont diverses origines mais l’universalisme joua un rôle prépondérant dans leur développement.

En Irlande, particulièrement dans le Nord, où beaucoup d’Ecossais s’installèrent à partir du dix-septième siècle, le Synode général de l’Ulster en 1725 réorganisa les non-souscrivants à la Confession de foi de Westminster en un consistoire séparé, celui d’Antrim. John Abernethy (1680-1740), " le père des non-souscrivants" dirigea le mouvement. Il avait lu , de Samuel Clarke, La doctrine des Ecritures sur la Trinité.

Au XVIIIe siècle, en Irlande, le mouvement en faveur de l’adhésion à la Confession devint moins important ; c’est alors que la pensée d’un chrétien unitarien américain, William Ellery Channing (17800-1842) devint populaire. L’unitarisme de Channing était en quelque sorte moins polémique que celui de Priestley et des siens ; l’unitarisme de ce dernier ne prospéra jamais en Irlande.

L’unitarisme se développa si bien que le Synode général réagit en renforçant l’adhésion à la Confession. Henri Montgomery (1768-1865), le dirigeant du camp unitarien, se retira en 1830 avec les non-souscrivants du Synode général et forma le synode des Remonstrants * de l’Ulster. Ce synode des Remonstrants fusionna avec le plus ancien consistoire d’Antrim en 1910 pour former le groupe des non-souscrivant presbytériens de l’Eglise d’Irlande. Bien que cette Eglise soit légalement séparée, avec des traditions clairement différentes des Eglises de Grande Bretagne, ses Eglises locales font partie de l’Assemblée générale des unitariens et des Eglises chrétiennes libres.

* ndlr : en Hollande, les Remonstrants ou Arminiens s’opposèrent à la prédestination absolue de Calvin.

Les baptistes traditionnels et les universalistes en Grande-Bretagne. Les universalistes aux Etats-Unis

En Pologne et en Transylvanie, sous l’influence des réformés radicaux on abandonna, le baptême des enfants. Quelques anti-trinitaires, comme Faustus Socinus, rejetèrent le baptême sauf pour de nouveaux convertis au christianisme. D’autres étaient anabaptistes. Au Sud de l’Angleterre et dans certaines régions du pays de Galles il y a un groupe de congrégations unitariennes appelées parfois baptistes traditionnels. Ceux-ci croient que Dieu veut que tous soient sauvés. Ils doivent être distingués des baptistes réformés qui croient que Dieu ne sauve qu’un groupe d’hommes particulier. Différents des presbytériens anglais et de ceux du pays de Galles, qui étaient des dissidents malgré eux, les baptistes traditionnels ont toujours été séparatistes. Ils étaient très engagés dans la tolérance.

De 1670 à 1731, l’hérésie unitarienne de Matthew Caffyn fut à l’origine de débats incessants au sein de l’assemblée des baptistes traditionnels. 1802 fut l’année décisive de la scission : la moitié d’entre eux rejoignit le baptisme réformé tandis que ceux qui restaient s’orientèrent de plus en plus vers l’unitarisme.

La séparation survint lorsque William Vidler (1758-1816) devint membre de l’Assemblée. Sous l’influence de l’Américain Elhanan Winchester (1751-1797), Vidler avait adopté l’universalisme (doctrine qui assure que Dieu veut et garantit le salut à tous). Alors, sous l’influence de Richard Wright (1764-1836), Vidler devint aussi unitarien. Ensemble, Vidler et Wright devinrent d’ardents partisans du Fonds unitarien (1806). En conséquence, l’universalisme anglais, en tant que mouvement  séparé , fut éclipsé par l’unitarisme.

ndlr. Aujourd’hui, il y a deux branches du baptisme : le baptisme réformé (Particular Baptism) ; cette branche est basée sur la confession de foi de Londres (1689), et le baptisme traditionnel (General Baptism)

Repost 0
Published by Andrew Hill - dans sur l'unitarisme
commenter cet article
27 août 2007 1 27 /08 /août /2007 16:05

A liberal religious heritage " par Andrew Hill, document non daté, ndlr : note de la rédaction (La Besace des unitariens).

 

Les unitariens et religieux libéraux centrent leur foi sur l’expérience personnelle, plus ou moins nourrie par les Ecritures et les traditions. Leur position religieuse s’est établie de deux façons :

D’abord en remettant en cause certains enseignements chrétiens (par exemple que Dieu est une Trinité de trois " personnes " à égalité ; ou que Dieu ne veut sauver que " le petit nombre " ; ou que les hommes sont dépravés par nature). Certaines dénominations en usage en découlèrent (par ex. les unitariens, les universalistes et les baptistes traditionnels).

Ensuite en distinguant l’essentiel du secondaire dans l’enseignement chrétien. Ceci fit davantage douter de l’utilité des croyances et des déclarations de foi. C’est ce que l’on appelle la non-adhésion (c’est à dire le refus de " souscrire " à des croyances ou à des déclarations de foi formelles).

Les débuts

Les racines historiques de cet héritage religieux s’inscrivent au plus profond de la Renaissance et de la Réforme en Europe. Centrée en Italie du Nord et atteignant son apogée au XVe siècle, la Renaissance fut un renouvellement remarquable de la culture et de l’enseignement. Au XVIe siècle, la Réforme, se construisant à partir des idées de la Renaissance, remit en cause quelques unes des hypothèses et des pratiques de l’Eglise catholique et perturba celle-ci dans certaines régions.

Il y eut en fait trois réformes différentes :

1) On appelle parfois la Réforme protestante la Réforme du magistère, parce qu’elle est associée à trois grand maîtres (magisterium) : Martin Luther (1483-1546) en Allemagne, Ulrich Zwingli (1485-1531) en Suisse, et Jean Calvin (1509-1564) à Genève *. Ces trois réformateurs n’avaient pas les mêmes idées sur la Cène, mais ils s’accordaient sur la nécessité du baptême des enfants et sur le fait que tout homme était sous l’autorité de l’Eglise et de l’Etat. Le protestantisme se développa en deux directions : le luthéranisme et le protestantisme réformé initié par Zwingli et Calvin. Ce dernier marque surtout nos mémoires aujourd’hui par sa doctrine de la prédestination : toutes les âmes sont " prédestinées " à l’enfer ou au paradis. Toutefois, dans la tradition libérale, on devrait se rappeler sa hauteur de vue au sujet de la suprématie de Dieu, suprématie qui devint un élément important pour ébranler la doctrine de la Trinité, et comment il mettait au plus haut point en honneur la démarche intellectuelle de l’homme.

* ndlr - Jean Calvin, né en France à Noyon, crée sa première église " hérétique " à Poitiers (1534) ; obligé de fuir hors de France. Il arrive à Genève en 1536, qui vient de s’affranchir de la double autorité du duc de Savoie et de son évêque…

2) La réforme catholique, ou Contre-réforme, essaya de remédier à plusieurs faiblesses hautement mises en lumière par les protestants, et de regagner les terrains perdus.

3) La Réforme radicale, en grand contraste par rapport à la Réforme du magistère, sépara complètement l’Eglise et l’Etat. Cela exigeait une réforme radicale d’ensemble au lieu de réformes de détail. L’anabaptisme (c’est à dire le re-baptême des adultes croyants selon une décision religieuse propre à chacun d’entre eux) fut souvent leur signe distinctif.

Un petit groupe de réformateurs radicaux venus d’Italie a marqué notre histoire. Leurs membres ont commencé à se demander si oui ou non ce que l’on comprenait traditionnellement de la Trinité comme étant trois personnes ou personnalités égales entre elles provenait des Ecritures. Ils furent beaucoup encouragés par une découverte de Désiderius Erasmus [Erasme] (1466-1536), un catholique hollandais, qui avait démontré que les plus célèbres des textes prouvant traditionnellement la Trinité : Il y en a trois qui portent témoignage dans les cieux : le Père, la Parole, et le Saint Esprit et ces trois là ne sont qu’un. (Première épître de Saint Jean 5 :7) n’apparaissaient pas dans les plus anciens manuscrits dignes de foi du Nouveau Testament.

En Italie, après 1541*, lorsque l’Inquisition commença à faire fuir les hérétiques, plusieurs Italiens parmi eux se dirigèrent vers les régions protestantes plus au Nord. Parmi eux se trouva le moine Bernard Ochino (1487-1564) qui vécut en Angleterre entre 1547 et 1553. Un autre réfugié de l’Inquisition fut le Savoyard Sébastien Castellion ** (1515-1563). Son livre : Traité des hérétiques (1554) causa une vague de protestation contre la mort cruelle du docteur espagnol Michael Servetus (29 sept. 1511- 27 oct. 1553) ; très influencé par les anabaptistes, ce dernier fut condamné dans la Genève protestante, comme anti-trinitaire, à la mort par le feu (les anti-trinitaires sont ceux qui remettent en cause l’enseignement chrétien traditionnel sur la Trinité, mais sans avoir atteint une position unitarienne plus développée où Dieu n’est qu’une seule personnalité et où Jésus est une personne humaine à son plus haut point de perfection , nous révélant un aspect de Dieu).

* ndlr : soit dix ans après la publication par Michel Servet de son livre (en latin) sur " Les erreurs de la Trinité ".

** ndlr : S. Castellion : né dans l’Ain, mais "Savoyard" à l’époque du fait que sa région natale était sous contrôle du duché de Savoie, de langue française. Le " Traité des hérétiques " est le titre de son ouvrage, écrit en français.

La religion libérale en Suisse, en Pologne et en Transylvanie

Des Eglises libérales furent d’abord fondées là où les réformateurs radicaux firent progresser, par leur influence, le protestantisme réformé. Ceci se produisit en trois endroits. L’un était la République indépendante des Grisons au Sud-Est de la Suisse, territoire protestant juste au nord de l’Italie. Des réfugiés de l’Inquisition italienne ne tardèrent pas à trouver leur chemin vers elle. Plusieurs d’entre eux étaient anabaptistes, mais certains étaient aussi anti-trinitaires. On leur ordonna de quitter les Grisons en 1570.

Les deux autres endroits où les réformés radicaux influencèrent le protestantisme furent la Pologne, particulièrement la région proche de Cracovie dans le Sud, et la Transylvanie, qui, si elle fait partie maintenant de la Roumanie, constituait alors la région orientale d’une Hongrie divisée. La Pologne et la Transylvanie étaient toutes deux des Etats semi-républicains, qui élisaient leur monarque, celui-ci laissant à la noblesse beaucoup de pouvoir.

Dans les deux pays des difficultés surgirent lorsque l’on voulut codifier les croyances des Eglises réformées protestantes. C’est en Pologne que les anti-trinitaires se montrèrent d’abord, en 1546, et qu’ils furent par la suite encouragés par l’arrivée d’un docteur italien, Giorgio Biandrata (1515-1588). Il en résulta qu’en 1565 l’Eglise réformée polonaise se scinda en une Eglise réformée majeure (trinitaire) et en une Eglise réformée mineure (anti-trinitaire).

Pendant ce temps, en 1563, Biandrata s’était dirigé vers le sud, de la Pologne par les montagnes des Carpathes jusqu’en Transylvanie, où il exerça une influence considérable sur l’évêque réformé Francis (Ferencz) David (1520-1579). A partir de 1566, ce dernier fut ouvertement anti-trinitaire. Puis, en 1568, participant à un débat durant dix jours entre trinitaires et anti-trinitaires à Gyulafehervar [Alba Julia], le dirigeant transylvanien lui-même, Jean Sigismond (1540-1571), devint unitarien. Il en résulta que, dans La Déclaration de Torda, Sigismond reconnut la nouvelle foi réformée anti-trinitaire comme l’une des quatre religions du pays. Les autres étaient les religions catholique, luthérienne, et réformée trinitaire.

Francis David devint encore plus radical dans ses opinions : il rejeta le baptême des enfants et le culte de Dieu par Jésus-Christ. Quand un dirigeant catholique succéda à Sigismond, Biandrata perdit patience et invita en Transylvanie un collègue italien, Faustus Socinus (1539-1604), auteur d’un livre récent : De Jesu Christo Servatore (Jésus Christ le Serviteur), pour essayer de détourner David de ses vues avancées. Mais David resta fidèle à ses convictions et en conséquence mourut en prison, en martyr pour sa foi.

Faustus Socin, pendant ce temps, se dirigea vers le Nord de la Pologne où il fut bien reçu par l’Eglise réformée mineure (anti-trinitaire). Toutefois, Socin ne devint jamais membre de cette Eglise et ne fut jamais autorisé à partager la Cène avec eux, car selon ses propres vues, Socin pensait que le baptême était instauré seulement pour cette première génération de chrétiens [et n’était plus dès lors nécessaire], alors que l’Eglise réformée mineure demandait le re-baptême [des chrétiens ayant été baptisés étant enfants]. Mais cela ne l’empêcha pas de devenir le principal théologien de leur Eglise.

Le principal centre anti-trinitaire en Pologne fut la petite ville de Rakow (Racovie), juste au nord est de Cracow (Cracovie). Là, plusieurs membres de l’Eglise réformée mineure [ndlr : appelés encore les Frères polonais] n’étaient pas seulement anti-trinitaires et anabaptistes ; ils furent aussi pendant quelque temps pacifistes et ils mettaient leurs biens en commun. En 1605 leur Eglise publia à Racovie Le Catéchisme de Rakow, qui est une présentation de leur foi.

A partir de 1590, suite à l’arrivée des jésuites, instruments de la Contre-réforme catholique, commencèrent des campagnes de persécution incroyablement cruelles contre les protestants polonais et en particulier contre l’Eglise réformée mineure. Vers 1660, le petit nombre de ceux qui restaient avaient été bannis de Pologne. Toutefois, grâce à l’activité de leurs nombreux réfugiés, et grâce à la vaste diffusion de leur littérature à travers toute l’Europe, leur mouvement continua à exercer une influence considérable.

Appelés habituellement sociniens, à cause de leur dette envers Faustus Socin, certains de ces réfugiés polonais s’appelèrent eux-mêmes plus tard unitariens, appellation héritée de leurs frères et sœurs transylvaniens. Ceux-ci, en 1569, avaient été appelés unitariens par leurs opposants, parce qu’ils enseignaient que Dieu le Père est supérieur au Fils et à l’Esprit Saint [ndlr : c’est là la position arienne ; les anti-trinitaires transylvaniens allèrent plus loin en déclarant l’unicité de Dieu : Dieu Un]. Les Transylvaniens adoptèrent l’appellation pour eux-mêmes. Aujourd’hui il y a plusieurs congrégations unitariennes au Nord Ouest de la Roumanie [en Transylvanie] et quelques unes à l’Est de la Hongrie. Ce sont les descendantes directes des premières communautés organisées d’unitariens. Les congrégations de Hongrie, de Budapest et de ses environs, furent établies plus tard.

Repost 0
Published by Andrew Hill - dans sur l'unitarisme
commenter cet article