Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

Rechercher

Archives

Articles Récents

18 mars 2008 2 18 /03 /mars /2008 14:22

"Des origines du christianisme aux cathares et des cathares à nous" par Pierre-Jean Ruff, Cahiers Michel Servet, n° 7 février 07, 16 p. + couv., préface de Michel Jas.

Préface de Michel Jas*

 

" Ceux qui furent brûlés nous dirent, dans leur défense, que cette hérésie était demeurée cachée jusqu’à nos jours depuis le temps des martyrs (c.-à-d. des Apôtres) et qu’elle s’était maintenue en Grèce et en d’autres terres. " écrivait Evervin, depuis une abbaye de Rhénanie, Steinfeld, vers 1143. Cette prétention à une antériorité du catharisme remontant à l’Antiquité a été contestée par les historiens. Nous savons aujourd’hui qu’il n’y a pas de lien entre cette minorité chrétienne médiévale et le manichéisme (qui fut lui une religion distincte du christianisme) dont on les a accusés pour pouvoir les condamner à la peine capitale, ni avec les autres gnostiques des premiers siècles chrétiens. Leur dissidence fut en grande partie endogène au Moyen Age.

Il n’empêche que nombre de parentés théologiques et spirituelles entre ces grands mouvements contestataires ne manquent pas de nous interroger. Particulièrement dans leur dépendance à l’égard de Jean (évangile et épîtres) : les gnostiques de l’Antiquité comme les cathares du Moyen Age pouvaient expliquer que " tout esprit qui confesse Jésus-Christ, venu dans (en, et non pas eis) la / sa chair est de Dieu " (in carne –et non pas in carnem-1 Jean 4/ 2) signifiait l’existence d’une autre dimension, sorte de double, " chair glorieuse " et non pas l’incarnation selon l’interprétation catholique. La théologie cathare par sa négation de l’enfer, au-delà, et des miracles, ici bas, est sur plusieurs points assez proche du libéralisme protestant. Toutefois Pierre-Jean Ruff fait bien de rappeler que les cathares n’étaient pas unitariens. Souvent, ils usaient de formules trinitaires (sans dogmatisation) ; les gnostiques valentiniens furent de leur côté peut être même les inventeurs de la Trinité (les Valentiniens aimaient, eux, spéculer !).

On ne peut qu’apprécier les réflexions actualisantes et pistes ouvertes par ce cahier. Pierre-Jean Ruff nous avait déjà initié à ce type de recherche avec "  Le christianisme des Bonshommes, message des cathares pour aujourd’hui " (en collaboration avec Anne Brenon, éditions du Foyer de l’Âme) et chez d’autres éditeurs : " Un seul Dieu ? ou le problème du mal " et "  Souffle des quatre vents, plaidoyer pour l’Esprit et la mystique ".

Je trouve intéressant cet a priori positif pour des vaincus de l’Histoire même si la cohérence de leur théologie ne peut qu’être reconstruite aujourd’hui par approximations. On ne peut s’extraire de l’élément subjectif. Les cathares que j’étudie me paraissent plus proche des Zundel, Varillon, Varone, Marcel Légaut, Wilfred Monod, Cobb, Berdiaeff (donc d’un certain libéralisme théologique oecuménique) que des théologiens cisterciens ou dominicains qui les persécutèrent. La vérité du christianisme se trouve souvent dans les marges de l’Eglise ! Et les marges de l’Eglise ne sont pas formées de séparations étanches ! Il y eut un temps ou les gnostiques et les cathares se situaient à l’intérieur de la grande Eglise. 

Les Valentiniens – à la différence des marcionites - participaient aux liturgies de l’Eglise pré-catholique et furent sans doute persécutés au même titre que les autres chrétiens par les empereurs de Rome ! Les cathares avant la croisade et l’Inquisition demandaient à leurs fidèles de ne pas mépriser leur premier baptême (le consolamentum étant sans doute compris comme une confirmation du baptême catholique ou un supplément d’âme). Autrement dit les fidèles cathares qui avaient tendance à " mépriser " le catholicisme se situaient dans les marges internes à la chrétienté. Ce qui renvoie à la pratique d’une double appartenance.

* président de l’association Evangile et liberté, auteur de " Braises cathares " et de " Les cathares à Montpellier "

Repost 0
Published by Michel Jas - dans CMS articles
commenter cet article
15 mars 2008 6 15 /03 /mars /2008 04:57

 

logo-de-Chr-tiens-pour-changer-le-monde.gif

 

Informations :

Chrétiens pour changer le monde
 se veut un mouvement, mais non une nouvelle chapelle " A nos yeux, il y a assez de partis politiques et une chapelle ne peut être le cadre de diffusion de la bonne nouvelle de Jésus-Christ à l’humanité entière ". "Dans la réalité, Chrétiens pour changer le monde est un grain de moutarde, un petit groupe d’amis, un cercle de réflexion philosophique et de recherche spirituelle (une recherche spirituelle pouvant être religieuse, athée ou agnostique). Mais attention ! Dans la foi et l’espérance, Chrétiens pour changer le monde est un arbre aussi grand qu’une moutarde ou que le bois " pini " des Haïtiens. Comme l’International, il sera le genre humain "  (A. Gandonou à la même manifestation de Ouidah 2008).

Fondé en mars 1997, en compagnonnage spirituel avec les Amis de Jean Sullivan, le mouvement fait route depuis quelques années avec l’Institut de Développement et d’Echange endogène (IDEE), fondé et dirigé par le professeur Honorat Aguessy. Il a fêté son 10ème anniversaire à Ouidah, à Ifangni et à Cotonou, du 17 au 24 février 2007, en mettant l’accent sur l’ouverture aux intellectuels endogènes (rois, prêtres des cultes vodun, devins et guérisseurs) et une ouverture aux religions et aux savoirs endogènes. A l’occasion de cet anniversaire, les Chrétiens pour changer le monde se sont engagés à être présents chaque année à la marche du repentir.

Tous les derniers samedis du mois à l’Institut Universitaire du Bénin (dont Albert Gandonou est le directeur), les amis de Chrétiens pour changer le monde organisent un " café-rencontre ". Le thème général de cette année académique est le dialogue inter religieux. La séance du 23 février 08, a bénéficié de la contribution de deux hauts dignitaires du culte Vodoun, Dah Aligbonon, prêtre hounnon, bien connu au Bénin et Armand Elisha, médecin nutritionniste et, de son nom traditionnel, hounnon Ata Adjigo (car prêtre du dieu Adjigo à Agoué, à la frontière Sud-Ouest avec le Togo). Dah Aligbonon, empêché, a confié le texte de sa communication à sa fille Sègbédé Aligbonon, épouse Adanhounmè.
 

En conclusion des débats
 : " La trahison, le mensonge, le meurtre, la domination, etc. sont des pratiques qu’on retrouve dans toutes les religions du monde. C’est pourquoi nous pensons à Chrétiens pour changer le monde que pour rendre l’homme meilleur, on n’a pas besoin de lui faire changer de religion. Celle-ci est un produit de la culture, de la patrie. 

C’est même à l’intérieur de sa religion que l’homme est appelé à opérer la mutation nécessaire, à changer de comportement dans le sens de la montée humaine qui l’élève vers Dieu et le rend plus humain. C’est en réalité ce à quoi nous invite la bonne nouvelle de Jésus-Christ. C’est là même le caractère universel du christianisme : faire du monde un monde toujours plus humain " (compte-rendu fait par Ignace Sossou).

La Correspondance unitarienne a parlé des " Chrétiens pour changer le monde " dans ses bulletins  
n° 37, novembre 2004, " Propos non conformistes d’un chrétien d’Afrique noire " par Samson Dossoumon, et n° 60, octobre 2006 pour relater la rencontre à Paris d’Albert Gandonou et des responsables de l’AFCU

Les chrétiens unitariens refusent eux aussi de diaboliser les religions coutumières
et prônent leur plus grand respect. Nous avons à nous entraider pour que nos religions respectives soient vraiment au service de l’humain

Pour en savoir plus sur les "Chrétiens pour changer le monde" 
http://www.cpcm-benin.org/

 

Repost 0
Published by d'après chrétiens pour changer le monde - dans CU 2008 - articles
commenter cet article
15 mars 2008 6 15 /03 /mars /2008 04:44

Albert-G.jpgpar Albert Gandonou, fondateur du mouvement Chrétiens pour changer le monde, http://www.cpcm-benin.org , conseiller honoraire de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU), extrait du discours tenu à Ouidah, au Bénin, le dimanche 20 janvier 2008, à la " Marche du repentir " (pour inviter les Béninois à se repentir de leur participation à la traite des esclaves),


La vérité sur Jésus, selon Chrétiens pour changer le monde, la voici en deux mots :

1) Jésus, c’est l’endogène par excellence.

Il n’a pas fondé de religion : il est resté fidèle à celle de ses ancêtres toute sa vie. Sa religion, ce n’est pas le christianisme, mais le judaïsme qui se pratique toujours. Jésus se comporte en bon juif quand il se rend dans les synagogues ou au Temple à Jérusalem, quand on lui donne à lire une page du prophète Isaïe, ou quand, en bon rabbin, il enseigne la règle d’or : " Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur et de tout ton esprit ; et tu aimeras ton prochain comme toi-même ". (Mc 12, v. 29-31; cf. Lév. 19 v.18). 

Suivre Jésus, ce n’est donc pas avoir à renoncer à sa religion, à sa culture. Au contraire, c’est reconnaître que la religion est un fait culturel, social, qu’il n’y a pas de communauté humaine sans langue, sans religion, sans ordre social. Et chacun, autant que faire se peut, est appelé à développer les siennes pour le plus grand bénéfice de la diversité culturelle. 

De même qu’il n’y a pas de langue plus valable que d’autres, de même il n’y a pas de religion plus vraie que d’autres. Jésus n’est pas venu nous apporter une religion soi disant la vraie, que nous devons chercher à imposer aux autres. Toute religion est vraie religion, religion de " sacrifices et de sacrificateurs ", religion du décalogue, c’est-à-dire des commandements si indispensables pour le vivre ensemble dans nos sociétés.

Pas de communauté humaine sans langue, sans religion, sans commandements : Tu ne voleras pas, tu ne tueras pas, tu ne commettras pas d’adultère, tu ne mentiras pas, tu honoreras ton père et ta mère… Partout, des prêtres et des prêtresses, des lieux sacrés, des objets du culte, des jours sacrés, etc. Jésus nous laisse à nos religions. Toutes les religions sont au service de l’ordre social et de la promotion humaine.

Au-delà de leur diversité, les religions ont un fond anthropologique commun : la mise en relation avec la transcendance au nom varié (Zeus, Dieu, Allah, Mawou, Vodun, God, Olou, etc.). La religion comme la langue est un produit des communautés humaines ; sous ce rapport, elle est un fait socioculturel. Mais le fond anthropologique commun propre aux différentes religions les rend aptes à être transculturelles. 

L’homme commence souvent par la religion de ses pères mais, comme pour les langues, il peut trouver son compte en passant d’une religion à l’autre. La religion de Jésus, nous l’avons dit, c’est le judaïsme, la religion de ses pères. Il y est resté toute sa vie. Mais à la Samaritaine, il a pu dire que la religion, dans sa forme habituelle, sociologique, n’était pas un absolu. Il peut être donné à certains de s’en passer pour chercher Dieu au fond d’eux-mêmes et l’adorer en esprit et en vérité. Chaque personne humaine est en effet un temple vivant de Dieu et, le plus souvent, c’est en ce temple que Jésus priait. C’est en ce temple qu’il nous invite à prier, dans le secret. Le temps de comprendre cela vient, et pour certains il est déjà là. 

Mais en attendant de comprendre cela, et tant qu’on a besoin des béquilles d’une religion établie quelconque, il importe de se dire que toutes les religions sont vraies et sont un secours pour nos fragilités et nos angoisses. Elles correspondent à un besoin de l'homme et l'homme de tout temps en a été le créateur. Jésus n’est pas venu fonder une nouvelle religion. Sans lui, nous avons toujours su nous débrouiller comme il faut dans ce domaine.

2) Qu’est-ce donc que la bonne nouvelle de Jésus-Christ ? 

C’est avant tout un message de joie, destiné à nous rendre heureux. C’est pourquoi il est si bien nommé " bonne nouvelle ". Jésus est venu pour nous parler de miséricorde, nous proposer le vrai visage de Dieu qu’il appelle " Abba", Papa, Père très aimant. Il nous appelle à sortir de notre paradigme habituel, qu’est l’égocentrisme. Il nous invite à opérer pour notre bonheur le choix entre Dieu et Mammon. 

Dieu, c'est le souci de l'autre jusqu'au sacrifice de soi si nécessaire. Mammon, c'est le souci de soi jusqu'à la mort des autres (on s'en fout !) si nécessaire. Dieu et Mammon sont en interaction en chacun d’entre nous. Mais Jésus est venu nous dire que pour être heureux, c'est Dieu qu'il nous faut suivre. Ce qui pour chacun de nous est un paradoxe parfois trop difficile à vivre, à accepter. Mais Jésus nous dit que c’est la seule voie du bonheur pour nous : se trouver en se perdant… Par l’exemple de sa vie et de sa mort, il nous invite à prendre cet appel divin au sérieux. 

D’une manière générale, Jésus a choisi de servir Dieu, c’est-à-dire d’aimer les autres jusqu’au don total de lui-même. D’une manière plus concrète, il a choisi de défendre les droits de l’homme, de combattre l’exclusion sous toutes ses formes. Après s’être fait sa propre idée de la situation, Jésus a identifié l’exclusion comme le mal suprême dont il faut délivrer les hommes. A ses yeux, la propension à exclure son semblable, son prochain, est la tare la plus caractéristique de l’humanité. Et il a décidé de s’y attaquer. Il a choisi de se faire le champion toutes catégories des droits de l’homme, l’anti-exclusion par excellence. Il a choisi d’élargir la fraternité humaine : Vous quand vous priez, dites : " Notre Père qui es aux cieux… ". Vous êtes tous frères. Vous êtes des dieux ! 

Comment devenir disciple de l’homme Jésus ?

C’est en changeant de comportement et non forcément de religion. Ce que Jésus nous demande c’est de suivre son exemple, c’est de faire comme il a fait au milieu de nous, en nous souciant de l’homme, notre prochain : " Le sabbat est fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat ". 

C’est de devenir capables de pardon et de partage. Partage d’avoir, de savoir et de pouvoir. Le pouvoir est partagé quand il est mis au service des autres, quand le plus grand se fait véritablement et non métaphoriquement le serviteur de tous, quand il fait passer l’intérêt des autres avant le sien. 

Ainsi la bonne nouvelle de Jésus concerne au premier chef notre bonheur sur cette terre : c’est pour que nous soyons heureux sur cette terre qu’il est venu, et non pour nous donner une religion de plus ! Ce que Jésus attend de nous, c’est le dialogue entre des religions qui se reconnaissent les unes les autres comme des religions. C’est la fin de toutes les formes d’exclusions et de dénigrements en matière religieuse. Il faut lire Celse, un philosophe platonicien de langue grecque du IIe siècle après J.-C., pour se souvenir que le christianisme, quand les hommes l’ont créé à la mort de Jésus, a commencé comme une secte du judaïsme, une " petite " religion (par le nombre de ses adeptes). 

Le dialogue inter religieux, c’est reconnaître partout le fond anthropologique commun et respecter l’humanité à l’œuvre dans toutes les religions, comme dans toutes les langues. C’est aussi reconnaître et respecter les différences culturelles et historiques. C’est nous tolérer les uns les autres entre croyants. Toutes les religions sont vraies si tant est qu’elles sont ordonnées pour le bonheur de l’homme et pour son élévation humaine et spirituelle. 

C’est dès ici-bas que nous avons à éprouver que l’Evangile est vraiment quelque chose de nouveau, de bon, de différent. Et non dans un paradis extra-terrestre, qui nous amènerait à bâcler notre vie ici-bas !

Repost 0
Published by Albert Gandonou - dans CU 2008 - articles
commenter cet article
13 mars 2008 4 13 /03 /mars /2008 18:19

undefinedL’annonce du décès de Pierre Bailleux ne m’a pas surpris – il m’avait informé dès le début de sa maladie et ses derniers messages mentionnaient la dégradation terrible de sa santé – mais elle m’a fait une très grande peine. 

J’aimais beaucoup Pierre Bailleux et j’en appréciais l’intelligence, la générosité et l’authenticité. Sa curiosité intellectuelle, son ouverture d’esprit et aussi son refus des compromissions (ce qui lui a valu quelques inimitiés) étaient extraordinaires. 

J’admirais la manière dont après avoir animé des journaux (je n’ai pas oublié La besace, si vive et vivante) et revues (je pense à Vivre, première manière), il organisait et animait son site, si remarquable, Profil de Liberté.

Je me souviens de la dernière fois que je l’ai rencontré. C’était en février ou en mars 2005. Il m’avait invité à donner une conférence à Waterloo (endroit impressionnant pour un français dont l’enfance a été marquée par les récits de l’épopée napoléonienne). À la suite de cette conférence, j’ai passé la soirée chez lui. Je garde un souvenir lumineux de son accueil et de celui de Madame Bailleux qui le comprenait et le secondait si bien. 

Au cours de cette soirée, Pierre avait exprimé sa déception devant le protestantisme étroit et borné d’une grande partie de l’Église protestante unie de Belgique, dont il était pasteur. Il constatait et déplorait un écart entre les principes et les réalités qui, disait-il, frisait l’escroquerie. Cette réflexion visait quelque chose qui me fait mal comme elle lui faisait mal. En tout cas, il a travaillé et lutté, de même que j’essaie de le faire, pour un protestantisme moins indigne de lui-même, et ce qu’il a fait est important.

message envoyé à la famille de Pierre Bailleux après le décès de Pierre.

André Gounelle a été professeur de la Faculté libre de théologie protestante de Montpellier et il est l'un des piliers de la revue et association Evangile et Liberté. Il est l'auteur de nombreux ouvrages de théologie. Il n'a jamais caché ses sympathies pour l'unitarisme tout en restant dans le cadre du protestantisme libéral.

Repost 0
Published by André Gounelle - dans BAILLEUX Pierre
commenter cet article
4 mars 2008 2 04 /03 /mars /2008 16:55

 

Evangile-et-libert-.gif



Lu dans Evangile et Liberté, n° 217 (nouvelle série), mars 2008, p. 25


"Nous apprenons avec beaucoup de peine le décès de Pierre Bailleux. Intelligent, généreux, chaleureux, original et attachant, il a défendu ardemment la cause de la liberté et de la tolérance. Pasteur de l'Eglise protestante unie de Belgique (qu'il aurait souhaité plus ouverte et libérale) et franc-maçon, il a dirigé un journal La Besace, puis une revue Vivre. Il a créé et animé un remarquable site internet Profils de Liberté. Il organisait des "rencontres pluralistes" (libres-penseurs, catholiques, protestants) dans une athmosphère de respect mutuel. Nous perdons un grand ami, et nous disons toute notre amitié et notre sympathie à sa veuve et à ses enfants".


Evangile et Liberté, fondé en 1886, est le mensuel français du protestantisme libéral.

Repost 0
Published by Evangile et liberté - dans BAILLEUX Pierre
commenter cet article
26 février 2008 2 26 /02 /février /2008 21:03
par Michel Jamet (de février 2007 à février 2008), dans les Libres propos . 

M. Jamet est trésorier de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir ses autres articles publiés dans La Besace des unitariens, à la la rubrique "JAMET Michel"


Dès lors que pour ma pomme l’Échéance (au sens actuariel du terme) c’est pour dans pas très-très longtemps et que ça serait bien d’y songer : il est temps que Tu saches que j’ai une requête en magasin :


Bien que pour Toi je n’aie pas été vraiment un cadeau (enfin pas tous les jours) je devrais a priori pas trop faire le difficile et pourtant…Autant dire, l’Eternité à laquelle je devrais aspirer ça n’est pas trop mon truc. C’est long l’Eternité surtout vers la fin, si ça consiste à Te contempler face à face jusqu’à la Fin des Temps-qui-n’auront-pas-de-fin, eh bien (sans vouloir offenser) je suis pas partant.


Déjà que (Tu le sais parfaitement bien toi l’Omniscient) avec pas mal de devanciers illustres (Spinoza si tu m’écoutes…) je suis un " intermittent de la foi " un peu mieux loti par chance pour l’Espérance (où je suis en C.D.I. donc peinard).


Ma préférence pour tout dire irait (de préférence au " Paradis " évoqué plus haut : (Dieu face à face, etc.) à une cohabitation éternelle avec Jésus de Nazareth.


Le même que les disciples ont eu la chance de côtoyer tout au long des trois années de sa vie publique terrestre. Pas bêcheur pour un sou, qui se prenait pas pour Dieu son Père (qui d’ailleurs est aussi le mien, le nôtre : Notre Père, quoi !).


Ce Jésus je le trouve si humain, bien sûr, il me laissera " l’approcher " il prendra tout le temps de répondre à mes questions et mes questionnements. Sur tout et sur rien (des fois je me risquerai même à faire un peu de provoc…) . j’attends entre autres ses réponses sur le Mal, problème récurrent pour son/notre Père dit le " Tout-Puissant " et qui laisse faire (j’espère qu’Il a une excuse). J’en ai tellement accumulées des questions. Qui restent en attente de vraies réponses qu’à mon avis l’Eternité ça sera pas de trop. Surtout qu’on pourra prendre son temps. 


Et puis Jésus des fois il ne dira pas non à une " petite bouffe sympa " entre amis comme autrefois avec les Douze sur les chemins de Galilée avant l’étape de la nuit. Accompagnée tant qu’à faire d’un bon millésime de Chateauneuf-du-Pape ; y faut ça. Au Paradis ça sera " coordonné " : on dit bien " un petit jésus en culotte de velours " ...


Alors oui comme ça, l’Eternité c’est jouable. Si c’est pas trop demander. 

Repost 0
Published by Michel Jamet - dans CU 2008 - articles
commenter cet article
26 février 2008 2 26 /02 /février /2008 20:58

par " Alguboogi ", sur son blog [fermé en 2009] , message du lundi 26 novembre 07 " Considérations philosophiques sur Dieu ", dans les Libres propos de la CU.

Jeune étudiante catholique, " Alguboogi " est membre de la communauté des blogs " Religions en toute liberté "


Dieu est la Vie. Un bon jour n'est pas déterminé par la couleur du ciel, mais par ce qu’on en fait. Tout le reste n'est qu’endoctrinement. Tout le reste n'est pas réel. Tout le reste, Dieu s'en fout. Le but du jeu, c'est de trouver sa place et d’être sain d’esprit. C'est tout. Toute personne saine y croit. Qui peut être à sa place sans croire en la Vie ? Toute personne saine le vénère. Qui peut sincèrement jouir de son existence sans vénérer la Vie? Toute personne saine est guidée par lui. Qui peut trouver son chemin sans être porté par les aléas de la vie ? J'irais même plus loin: Dieu est au delà de la vie, sinon la mort n’existerait pas.


Dieu est bon. Comment pourrait-on expliquer l’ordre du Monde, sinon ? Quand je regarde ma main qui tape ces lettres, je comprends à quel point mes doigts sont des outils compliqués, je pense au mécanisme de mon coeur, de mes poumons, je pense que mes ongles et mes cheveux poussent sans que j’aie besoin de le leur demander, que chaque petit carré de ma peau est une machine sophistiquée, et que tout ça fonctionne en même temps. Que c'est pareil pour les voisins d’à côté.


Bien sûr, il y a des dysfonctionnements : La famine, la guerre, la pollution, la folie qui gangrène les masses riches et protégées, le racisme, ... Qui peut nier le pouvoir d'attraction du néant ? Mais justement. Il y a l'adaptabilité. Il y a les ressources qu’on trouve et dont on n'aurait jamais soupçonné l’existence. Il y a ceux qui se sentent la vocation de soigner autrui, de se battre pour la paix, d'informer les gens, de faire en sorte qu il y ait des balises dans le chaos ambiant, de réparer le trou de la couche d ozone, d’aider les populations affamées. Il y a la complexité incroyable de mon cerveau qui est capable de me créer des souvenirs et une personnalité sans que je sache comment.


Je crois que Dieu est la vie. Savoir que la vie vous dépasse vous remet à votre place.

Repost 0
Published by Alguboogi - dans CU 2008 - articles
commenter cet article
26 février 2008 2 26 /02 /février /2008 19:56
par Jean-Claude Barbier, secrétaire général de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU), article à la Une, en complément de l’article " Congrégations, associations et réseaux, à la disposition des unitariens "paru dans le bulletin n° 19, en mai 2003
http://prolib.net/pierre_bailleux/unit/cu019.congregation.htm


On confond bien souvent unitariens et unitaires. Or ce dernier terme appartient au vocabulaire politique et désigne ceux qui combattent le fédéralisme et les sécessions qui, à leur avis, brisent l’unité d’un Etat. Certains veulent aussi que tous les unitariens de leur pays appartiennent à une même Eglise ; en France par exemple. Ce sont en quelque sorte des unitariens " unitaires ".


Or cette exigence institutionnelle rejoint le fantasme catholique d’une unité institutionnelle, mais elle n’a pas cours dans les milieux protestants où l’unitarisme s’est développé. Les Eglises existantes y sont des congrégations locales. Mieux, lorsqu’il a fallu distinguer, aux Etats-Unis, une identité unitarienne par rapport à un protestantisme libéral considéré comme pas assez hardi, ce fut le modèle associatif qui fut adopté. En 1825 est créée l’Association unitarienne américaine (AUA) ; puis, de nouveau en 1961, l’Association unitarienne-universaliste (UUA) est une association de congrégations. De même, en Grande-Bretagne, on a, depuis 1926, une " Assemblée générale des Eglises unitariennes et chrétiennes libres ". Et au niveau international, les unitariens se retrouvent au sein d’un " Conseil international " et non au sein d’une Fédération, encore moins d’une Eglise mondiale.


Qu’est-ce à dire ? Les relations se font sur la base de l’agrément, du volontariat et non celle de l’obligation. Le grand William Ellary Channing (1780-1842) et la plupart des Eglises de Boston – la King Chapel en tête – n’ont jamais milité au sein de l’AUA bien qu’étant de théologie unitarienne. Prudents, W.E. Channing et ces Eglises ne souhaitaient pas faire bande à part.


Les unitariens pensent que leur unité spirituelle, qui se manifeste lors de leurs rencontres nationales, régionales ou internationales, n’a nul besoin d’une hiérarchie ecclésiale (leurs Eglises historiques ne revendiquent pas un statut privilégié, ni une fonction dirigeante), ni de la gestion d’une politique commune en certains domaines par une instance confédérale, encore moins d’un pouvoir centralisé qui s’adresserait directement à tous les unitariens (comme dans le modèle fédéral).


Les groupes, communautés et Eglises locales sont les premiers lieux de solidarité et sont pleinement des lieux de décision où l’on apprend la démocratie au sein d’assemblées générales ou de synodes. Ce sont des " assemblées " (du grec ekklesia) au sens plein du terme où, d’un commun accord, les membres s’organisent à leur convenance et décident de leurs relations extérieures. La subsidiarité veut que chacun soit ainsi responsable des affaires qui le concernent.


Le théologien américain unitarien James Luther Adam (1901-1994) estimait que cette démocratie locale est le meilleur rempart aux tentations de totalitarisme, un lieu d’apprentissage, un lieu de sagesse.


Les Eglises nationales qui existent résultent d’une histoire. Y en aura-t-il d’autres dans l’avenir ? En tout cas, elles ne sauraient être pas le fruit de compromis et de négociation entre des communautés locales qui seraient culturellement et théologiquement diverses. On peut certes se rallier à une Eglise déjà existante, mais on ne peut pas créer artificiellement une Eglise à partir d’éléments épars sur un territoire national, qui ne peuvent pas se réunir souvent pour prier ensemble et partager vraiment une vie spirituelle, sous le prétexte qu’il faut à tout prix une unité institutionnelle.


Evitons l’obsession jacobine d’un gouvernement central pesant sur les orientations, car un tel mode d’organisation - de type confédéral ou fédéral - suscite chez beaucoup des envies de pouvoir, de vanité, alors que la mise en réseau invite davantage au partage, aux services mutuelles, à l’expansion altruiste.


De nos jours, à l’heure de l’Internet, la souplesse des relations, leur fluidité, la gestions des diversités, la prise en compte des points de vue individuels, est certainement beaucoup plus efficace que le rappel d’une discipline … même si un minimum institutionnel reste néanmoins nécessaire.

Repost 0
Published by Jean-Claude Barbier - dans CU 2008 - articles
commenter cet article
15 février 2008 5 15 /02 /février /2008 19:30
lettre de Béatrice Bailleux à Jean-Claude Barbier, Lillois, le 9 février 08


Cher Jean-Claude

undefined


Gilles, Geoffrey, Marie et moi-même te remercions de tout cœur pour ta chaleureuse présence, avec Christiane et Herman Van den Meersschaut aux adieux de Pierre. Et puis merci pour ta rubrique " Hommages à Pierre Bailleux " dont les messages nous réconfortent.


Quelques jours avant la date fatidique de son euthanasie, Pierre m’a dit : " Tout compte fait, toute ma vie j’ai été un homme très ordinaire ". A quoi je lui ai répondu que chaque individu est extraordinaire à sa manière, mais que j’estimais qu’il l’était particulièrement.


Et cela m’est bien confirmé par l’afflux d’innombrables messages de tant de personnes qui me disent à quel point Pierre a contribué à les aider à vivre, à penser leur vie, à agir. J’aurais aimé pouvoir lui lire tous ces messages, tellement intenses, de son vivant.


Cher Jean-Claude, j’en retire une leçon de vie, toute simple, et qui ressemble pas mal à certaines réflexions d’Albert Schweitzer : on devrait pouvoir dire authentiquement et simplement l’appréciation, l’affection, l’amitié, le respect, du vivant des personnes qu’on aime – ce que tu n’as pas manqué de faire. Après, c’est infiniment précieux et réconfortant, mais juste pour les proches.


Reçois toute mon amitié. Béatrice


Les obsèques de Pierre ont eu lieu le mercredi 6 février, au crématorium intercommunal de Bruxelles, à Uccle. "L'homme-Arbre" à l'entrée de ce crématorium, photo Jean-Claude Barbier

Repost 0
Published by Béatrice Bailleux - dans BAILLEUX Pierre
commenter cet article
13 février 2008 3 13 /02 /février /2008 20:23

Michel-Servet-par-Antonio-Martinez-Tomas-1940--en-arrivant---ce-lieu-fun-bre.jpg "en arrivant à ce lieu funèbre ...". 


C'était le 27 octobre 1553, vers midi, au flanc de la colline au lieu dit Champel, alors à l'extérieur de l'enceinte de Genève.

Repost 0
Published by transmis par Fabien Girard - dans (hist) SERVET Miguel
commenter cet article