Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

Rechercher

Archives

Articles Récents

30 septembre 2008 2 30 /09 /septembre /2008 04:28

Michel Servet (1511-1553), Au risque de se perdre, par Pierre Domeyne, aux éditions L’Harmattan, Paris, collection " Religions et spiritualité ", paru en septembre 2008, 184 p., 17 euros, présentation de l'ouvrage dans les Actualités unitariennes du 29 septembre 08.

En fin d’ouvrage, l’auteur propose une chronologie de la vie de Michel Servet (p. 167)

1511, naissance de Michel Servet à Villanueva de Sijena (Aragon).
1520-1525, études au monastère de Montearagon, près de Huesca.
1525-1526, page au service du franciscain Juan de Quintana.
1527, conférence théologique de Valladolid (Espagne), à laquelle Qintana participe.
1528-1529, études de Droit à l’université de Toulouse.
1529, quitte Toulouse pour entrer dans la suite de Quintana et de Charles Quint (dont Qintana est le confesseur).
1530 (24 février), assiste à Bologne au couronnement de Charles Quint par Clément VII.  (juillet) séjourne 10 mois chez Oecolampade à Bâle.
1531 (mai), séjourne à Strasbourg. Il persuade l’imprimeur Setzer, à Haguenau, de publier le De Trinitatis erroribus. (juillet), mise en vente de l’ouvrage et retour à Bâle.
1532, impression des Dialogorum de trinitate, toujours chez Setzer. (avril), le cardinal Girolamo Aleandro, prélat du pape, rend compte du livre. (juin) décret de l’Inquisition espagnole concernant l’auteur. Etudie à Paris au collège de Calvi puis enseigne les mathématiques au collège des Lombard. Voyages à Lyon.
1533, toujours à Paris.
1534, rendez-vous manqué avec Calvin à Paris.
1535, première édition de la Géographie de Ptolémée chez M. et G. Trechsel, à Lyon.
1536, édition de In Leonardum Fuchsium Apologia, à Lyon. Université de Paris.
1537, Traité des sirops, chez Simon de Colines, à Paris. Cours d’astronomie au collège des Lombards.
1538 (février), observe une éclipse de mars à Paris. (mars), audience devant le Parlement de Paris. Impression à Paris de l’Apologetica disceptario pro astrologia. (été) début du séjour à Charlieu. 
1539-1540, toujours à Charlieu.
1541 (février), est correcteur d’imprimerie à Lyon et signe un contrat pour éditer la Bible en 6 volumes traduite par Pagnini et annoté par lui. Seconde édition de la Géographie de Ptolémée, cette fois-ci chez Hugues de la Porte, à Lyon. Arrive à Vienne.
1542, la bible de Pagnini est éditée.
1543, à Vienne.
1544, est consulté pour la reconstruction du pont sur la Gère.
1545, toujours à Vienne. Fin de l’année, début de la correspondance avec Calvin.
1546-47, début de l’écriture du Christianismi Restitutio.
1548, lettres de naturalité.
1549-1552, toujours à Vienne.
1553, édition du Christianismi Restitutio chez Guéroult et Arnoullet. (février) lettre de dénonciation par un proche de Calvin. (mars) arrestation. (début avril) interrogatoires. (7 avril) évasion de la prison de Vienne. (17 juin) procès par contumace à Vienne. (13 août) arrestation à Genève. (septembre-octobre) interrogatoires. (26 octobre) sentence. (27 octobre) brûlé vif à Champel.

Illustration : les activités de médecin Michel Servet et son martyr, sur le mur Diego de Rivera à l’Institut de cardiologie, Faculté de médecine de Mexico, 1960.

Repost 0
Published by Pierre Domeyne - dans (hist) SERVET Miguel
commenter cet article
29 septembre 2008 1 29 /09 /septembre /2008 14:36

Michel Servet (1511-1553), Au risque de se perdre, par Pierre Domeyne, aux éditions L’Harmattan, Paris, collection " Religions et spiritualité ", paru en septembre 2008, 184 p., 17 euros, en vente sur le site de L’Harmattan et en librairie

La présentation par l’éditeur a été reproduit dans les Actualités unitariennes du lundi 29 septembre 08 sous le titre " 
une vie de Michel Servet (1511-1553) en français".

Dans une  annexe 2, pp. 143-166, l'auteur dresse une liste des personnages ayant été en rapport ou ayant pu l’être avec Michel Servet

classés par ordre alphabétique :

Aléandre
Jérome (1480-1542), Arnouillet Balthazar (v. 1517-v. 1556), Bèze Théodore de (1519-1605), Bolsec Jérôme ( ? – 1584), Calvin Jean (1509-1564), Capiton (dit Wolfgang Fabricius Kopfel dit) (1478-1541), Castellion Sébastien (1515-1563), Champier Symphorien (1471-1537), Curione Celio Secondo (1503-1569), Dolet Etienne (1509-1546), Erasme Didier (1469-1536), Farel Guillaume (1489-1565), Franck Sébastien (1499-1542), Frellon Jean, Gribaldi Matteo (v. 1510-1564), Gueroult Guillaume (v. 1507 – v. 1569), Joris David (1501-1556), Luther Martin (1483-1556), Melantchon (Philipp Schwarzerd dit, 1497-1560), Monteux Jérôme de (1518-1560), Oecolampade (Johannes Hausschein dit) (1482-1531), Ory Matthieu ( ? – 1557), Pagnini ou Pagino Santes (1470-1536), Palmier Pierre (1510 ? –1556), Franck Sébastien (1499-1542), Postel Guillaume (1510-1581), Sussannée Hubert ( ? – 1551), Tournon François de (1489-1562), Ursin Jean, Valdès Juan de (1500-1541), Vesale (Vesal Andreas dit) (1514-1564), Zwingli Ulrich (1484-1531) ; plus les mouvances suivantes : anabaptistes, antitrinitaires italiens, libertins spirituels, sociniens, unitariens, voir antitrinitaires et sociniens.

Par ordre chronologique :

Erasme Didier (1469-1536), Pagnini ou Pagino Santes (1470-1536), Champier Symphorien (1471-1537), Capiton (dit Wolfgang Fabricius Kopfel dit) (1478-1541), Aléandre Jérome (1480-1542), Oecolampade (Johannes Hausschein dit) (1482-1531), Luther Martin (1483-1556), Zwingli Ulrich (1484-1531), Tournon François de (1489-1562), Farel Guillaume (1489-1565), Melantchon (Philipp Schwarzerd dit, 1497-1560), Valdès Juan de (1500-1541), Sussannée Hubert ( ? – 1551), Joris David (1501-1556), Curione Celio Secondo (1503-1569), Gueroult Guillaume (v. 1507 – v. 1569), Dolet Etienne (1509-1546), Calvin Jean (1509-1564), Palmier Pierre (1510 ? –1556), Ory Matthieu ( ? – 1557), Gribaldi Matteo (v. 1510-1564), Postel Guillaume (1510-1581), Bolsec Jérôme ( ? – 1584), Vesale (Vesal Andreas dit) (1514-1564), Castellion Sébastien (1515-1563), Arnouillet Balthazar (v. 1517-v. 1556), Monteux Jérôme de (1518-1560), Bèze Théodore de (1519-1605) ; sans date : Frellon Jean, Ursin Jean

Repost 0
Published by La Besace des unitariens - dans (hist) SERVET Miguel
commenter cet article
12 septembre 2008 5 12 /09 /septembre /2008 12:16

Jean-Claude Barbier (12 février 1942 à Nantes - )

Baptisé catholique ; militant de la Jeunesse étudiante chrétienne (JEC) et responsable de Pax-Christi durant ses études à l’université de Nantes (années 1960) ; de conviction non trinitaire depuis 1995 ; engagé dans la mouvance unitarienne après son retour définitif en France, à Bordeaux (après des séjours en Afrique de 1965 à fin 1999 en qualité de sociologue).

Jean-Claude Barbier, en compagnie de Guy Lévy, lors du partage du pain et du vin au nom de Jésus, à l'assemblée générale de l'AFCU en mars 2006, à Paris. Photo Jean-Pierre Babin.

Adhérent
à l’Association unitarienne francophone (AUF, 2001-2002), puis à l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU, depuis 2002) ;

Secrétaire général de l'AFCU du 24 octobre 2004 au 18 avril 2009 (à noter que l'AFCU a été reconnue groupe émergent pour la France par l'International Council of Unitarians and Universalists ICUU en avril 2006), intérimaire au bureau de cette association comme président d'octobre 2007 à mai 2008 et comme trésorier (avril 2009 - mars 2010), nommé membre permanent de son conseil d'administration en avril 2009.

Fondateur en octobre 2002 du réseau francophone Correspondance unitarienne (CU) et éditeur du bulletin mensuel de ce réseau (bulletin inscrit à la Bibliothèque nationale de France sous le n° ISSN 1965-2496), et de l'Eglise unitarienne francophone (EUfr) en juin 2008

Cofondateur en avril 2005 du groupe de discussion sur Yahoo Unitariens francophones (UF), du Conseil des unitariens et universalistes français (CUUF) en mars 2009, et des Amitiés islamo-chrétiennes (AIU) en novembre 2009.

Editeur et imprimeur de la série des Cahiers Michel Servet (série lancée en novembre 2004, inscrite à la Bibliothèque nationale de France sous le n° ISSN 1965-2488).

Editeur de sites indépendants sur la plate-forme d’Over-blog
des Actualités unitariennes  (lancé le 13 février 2007),
http://actua.unitariennes.over-blog.com

du site documentaire La Besace des unitariens
  (lancé le 16 février 2007),
http://labesacedesunitariens.over-blog.com
des Etudes unitariennes (lancé le 17 août 2009)

http://etudes.unitariennes.over-blog.com  


Webmestre
de sites institutionnels sur la plate-forme d'Over-blog

(à partir de février 2007) du site de l'AFCU  (qui avait été lancé le 6 décembre 2006),
http://afcu.over-blog.org  

 

fondateur et webmestre :

 

du site de l’Eglise unitarienne francophone EUfr (lancé le 2 juin 2008),
http://eglise.unitarienne.francophone.over-blog.fr

du site du Conseil des unitariens et universalistes français CUUF "Unitariens français" (lancé le 16 juin 2009)  http://unitariens.francais.over-blog.fr  

 

Animateur de communautés de blogs sur la plate forme d'Over-blog
Religions en toute liberté (fondée en mai 2007, 56 blogs au 1er avril 2010)
http://www.over-blog.com/com-1001794035/Religions_en_toute_liberte.html

Unitariens (fondée en juin 2009, 10 blogs au 1er avril 2010)

http://www.over-blog.com/com-1105636023/Unitariens.html  

Repost 0
Published by La Besace des unitariens - dans BARBIER Jean-Claude
commenter cet article
29 août 2008 5 29 /08 /août /2008 12:41

par Jean-Pierre Babin (président de l'AFCU de novembre 2005 à mars 2006) :

message le 6 août 08 à un ami canadien qui est catholique romain, paru dans les Libres propos de la Correspondance unitarienne, n° 83, septembre 08


" Je suis d’origine catholique romain parce que mes parents ne m’ont pas donné le choix. Baptisé sitôt né pour ne pas finir dans les limbes ou déjà en enfer ? Plutôt pour assurer un " client " dès la naissance ? En grandissant j’ai réfléchi tant en philosophies qu’en religions. J’ai pensé que :

1 - Dieu existe mais n’est pas celui des religions abrahamiques car ce dieu juge, condamne, demande à être craint, et s’il est tout puissant….

2 - Jésus est mon guide spirituel, social, politique, surtout par le sermon sur la montagne, mais il est un homme né d’une femme et d’un homme…

3 - La hiérarchie papale ne me convient pas, elle laisse des prêtres sincères dans la misère de l’argent, du célibat mal vécu, voir de choix sexuel différent.

4 - L’unitarisme permet de demeurer ami de tous les chrétiens, de musulmans, de juifs, de baha’is, et autres religions orientales

5 - L’unitarisme ne cherche pas à convaincre une personne qui ne voudrait pas devenir elle-même unitarienne par choix adulte, libre, et personnel.

6 - L’unitarisme chrétien est une chrétienté pré nicéenne, et a formé des Eglises importantes

7 - enfin cette religion répond bien à mes interrogations et m’a fait connaître des amis et frères très chers à mon cœur.

8 - Mais les chrétiens romains sont nos cousins même si nous rejetons certaines doctrines magiques ou fabuleuses.

Je te souhaite surtout, cousin du Canada, la santé, la paix, et l’amour, pour toi, ta famille, et tous ceux qui te sont chers. Jean-Pierre Babin

Repost 0
Published by Jean-Pierre Babin - dans CU 2008 - articles
commenter cet article
8 août 2008 5 08 /08 /août /2008 18:26

Michel Servet – Sept Livres sur les erreurs de la Trinité, traduit en français par Mme Rolande-Michelle Bénin et Marie-Louise Gicquel, édition bilingue, latin / français. Introduction et annotations par R.-M. Bénin, 634 p., format 14x22 cm, 115 euros, " Textes de la Renaissance " n° 142.

à commander à la Librairie Honoré Champion, 3 rue Corneille, F–75006 Paris,
librairie@honorechampion.com, www.honorechampion.com
pour les frais de port, ajouter 6,50 E (8 E pour deux ouvrages et plus) ; cartes de crédit acceptés : Visa, Eurocard/Mastercard / American Express

Une traduction rigoureuse mettant en miroir le texte en latin et la traduction proposée, un travail de qualité de niveau universitaire, un très beau livre : enfin Michel Servet en français ! Un grand merci aux auteurs.

Présentation du livre par l’éditeur :

" Dans son traité De Trinitatis erroribus, Michel Servet se propose de mettre en lumière l’enseignement originel de la Bible sur le Christ. Grâce à sa connaissance de l’hébreu et du grec, il lit et cite le Livre saint dans le texte, et confronte les dogmes de la religion et les spéculations de la scolastique aux textes fondateurs du christianisme. Le dogme de la Trinité, établi au IVè siècle, lui paraît devoir être révisé à la lumière de la critique textuelle, de l’histoire et du relativisme scientifique. Il s’inspire de Tertullien, d’Irénée, et des Pères proches des Apôtres pour faire une satire plaisante des abus de la gnose et des non-sens auxquels la scolastique est amenée par la passion de " philosopher ". Il analyse l’évolution sémantique à laquelle est dû le glissement qui fait de persona, masque de l’acteur, rôle, personnage, l’équivalent de res, être. Ainsi démontre-t-il que la Trinité véritable est une " disposition " temporaire de l’économie divine par laquelle le Dieu un, loin de ressembler au dieu tripartite du dogme, se révèle sous trois aspects de son unité pour actualiser son dessein".

Nous ajouterons que ce livre fut un brulôt pour la Réforme protestante laquelle ne voulait pas remettre en cause ce dogme sous prétexte qu'il était secondaire et non d'importance pour la foi (sic !). Catholiques bien sûr et surtout protestants luthériens et calvinistes firent chorus. A Genève, Jean Calvin se fit inquisiteur contre l'auteur en 1553, ce qui valut à Michel Servet de périr sur le bûcher en y proclamant sa conviction : "Jésus, Fils du Dieu Eternel, ait pitié de moi" (et non pas Jésus, Fils éternel de Dieu)

Mme Rolande-Michel Bénin est agrégée de l’Université et docteur en Etudes grecques. Elle est membre conseillère de l’Instituto de estudios Sijenenses Miguel Servet, à Villanueva de Sijena depuis octobre 2006.

Pour une autre présentation du livre par l’éditeur, cette fois-ci dans le cadre de la web librairie Amazon.fr, voir le site Liberté de croyance en date du 9 août 08
http://libertedecroyance.blogspot.com:80

Repost 0
Published by d'après une présentation par les éditions Honoré Champion - dans (hist) SERVET Miguel
commenter cet article
26 juillet 2008 6 26 /07 /juillet /2008 07:51

La Franc-maçonnerie est fille du christianisme ; elle n’existerait pas si Jésus n’avait pas existé. Elle a été crée par des chrétiens libres, un protestant et un anglican, dégoûtés des guerres de religion meurtrières, en Grande-Bretagne, entre soi-disant disciples du Christ. Elle proscrit donc en son sein toute controverse ou querelle dogmatique ou d’Eglise, demandant de s’en tenir seulement " à la religion dont tout chrétien convient ", en éloignant du débat toutes les croyances particulières qui divisent. Ainsi, Outre-Manche, s’achemine-t-on vers la paix civile.

Le Rite Ecossais Rectifié (R.E.R.), lui, se veut " christique ", donc ne dépendant d’aucune Eglise chrétienne (mais l’ésotérisme pourrait-il être contrôlé par l’exotérisme ?) ; rite attaché seulement à la personne et à l’enseignement authentique du Nazaréen tel que nous pouvons le retracer. C’est dire pour le Rectifié l’importance du Jésus historique.

Le Maçon de tradition appelle Dieu le G.A.D.L.U (le Grand architecte de l’Univers) ; Jésus, c’est l’Architecte du temple spirituel, jamais terminé. L’Architecte est mort, irrémédiablement, assassiné par des malveillants. Mais, en peu de temps, il aura été relevé en la personne de ses cherchants. Pour eux (c’est-à-dire entre autres les Maçons du R.E.R.), Jésus sera toujours le Frère, l’Ami et le Guide vénérés.

par Albert Blanchard-Gaillard, mai 2008

Libre propos paru dans la Correspondance unitarienne n° 82, août 2008.
Voir les sommaires de ce bulletin sur le site de La Besace des unitariens

Repost 0
Published by Albert Blanchard-Gaillard - dans BLANCHARD-GAILLARD Albert
commenter cet article
24 juillet 2008 4 24 /07 /juillet /2008 13:00

La vie du pasteur Joseph Tuckerman (18 janvier 1778 - 20 avril 1840 ) illustre bien ce qu'était la philanthropie de l'Eglise unitarienne américaine du début du XIX ème siècle. Pasteur unitarien, débordant largement le cadre d'un ministère classique, il a fondé et dirigé "The Benevolent Fraternity of Unitarian Churches" (la Fraternité de bienfaisance des Eglises unitariennes). Réputé pour son action innovatrice auprès des pauvres de Boston et son militantisme en faveur des réformes sociales, il fut appelé "le père de l'action sociale américaine".

Joseph était fils d'un important propriétaire terrien, entrepreneur et fondateur de la première assurance américaine contre l'incendie. Après une enfance normale, il fit ses études universitaires à Harvard où il partagea sa chambre avec William Ellery Channing et Joseph Story (plus tard président de la Cour suprême du Massachusetts) qui devinrent ses amis pour la vie entière. Selon Channing, Tuckerman fut un étudiant ordinaire, sans solide projet de vie, et les trois années passèrent comme des vacances.

Il fut diplômé en 1798 et, après quelques autres études, fut intronisé pasteur à Rumney Marsh (actuellement Chelsea), tranquille village d'agriculteurs où il officia durant 25 ans. En 1824, Harvard le récompensa de son long service à Chelsea en lui décernant le diplôme de DD.(Doctor of Divinity, grade honorifique). Il reste peu de ses sermons de cette époque. Son pastorat ne fut sans doute pas remarquable, excepté son enthousiasme pour le travail auprès des marins qui demeuraient à Chelsea entre leurs voyages. Il consacrera d'ailleurs plus tard son travail social en tant que pasteur à Boston auprès des marins et de leurs familles itinérantes.

La gorge fatiguée il du cesser de prêcher en 1826. Il accepta alors l'invitation d'une association dirigée par Channing et qui regroupait des pasteurs en vue d'entreprendre un ministère pour les pauvres. La nouvelle Association unitarienne américaine (AUA), association sans but lucratif crée en 1825 pour promouvoir le travail missionnaire, assuma rapidement la responsabilité de l'ensemble de son ministère pour Boston. L'AUA versait à Tuckerman un salaire de 600 dollars par an.

Lorsqu'il commença ce ministère, Boston était en train de passer d'une petite ville commerciale d'import-export à une cité industrielle. L'afflux de paysans et émigrants pauvres changea l'aspect des basses classes de la société bostonienne. Les Eglises congrégationalistes et unitariennes étaient mal préparées et, de toute façon, mal disposées à aider des gens dont la pauvreté était censée provenir du péché, de la dissipation et autres vices.

Tuckerman voulait mettre en application les principes des chrétiens unitariens libéraux, à savoir que les humains étaient perfectibles quelles que soient les circonstances, que les privilégiés avaient une responsabilité morale et devaient s'occuper à résoudre les problèmes des citoyens ; on trouvait Dieu en chaque être humain. L'amour des autres était la plus grand preuve d'une vie chrétienne. "Il n'y avait pas d'être humain dépravé qui le soit complètement". Le christianisme devait permettre à chacun d'atteindre les plus hauts degrés de la perfection morale.

Avant de commencer son travail il fit des recherches sur la question sociale. Il lut les œuvres de philosophes européens comme Thomas Chalmers et Baron Degerando, étudia ce qui se faisait en Angleterre et en Europe continentale. Il continuera ses recherches tout au long de sa vie.

Au début il ne savait pas très bien quelle forme prendrait son ministère. Il allait simplement dans les rues de Boston, spécialement dans les environs des docks. Il se présentait aux gens qu'il pensait pauvres d'après leur habillement et leur conversation, s'invitait chez eux et parlaient avec les maris, les femmes, les enfants. Quelquefois il leur proposait de l'aide, un peu de bois, un peu d'argent ou des vêtements et établissait ainsi des liens de confiance et d'affection. Il demandait à tous d'envoyer leurs enfants à l'Ecole du dimanche et d'assister à ses conférences du dimanche soir dans une petite pièce qu'il louait, au-dessus d'une boutique de peinture, dans le Circular Building, au coin des rues de Portland et des Amis. Il se rendait compte de la misère noire des immigrants et des ravages que faisait l'alcool dans leur vie de famille. Il rencontrait des enfants que l'on envoyait voler ou se prostituer, ainsi que des veuves affamées et de vieux invalides.

Le nombre de familles qu'il visitait et aidait grossit rapidement. L’AUA récolta 2 000 dollars pour construire une nouvelle chapelle à Friend street en 1828 et une seconde à Pitts street en 1834. L'Ecole du dimanche était en plein essor. En 1836, lorsque Charles Barnard ouvrit une nouvelle chapelle pour les enfants ceux-ci étaient plus de 730.

Tuckerman se rendit vite compte que la mauvaise organisation des Eglises de Boston demandait une administration centralisée. La Fraternité bénévole "Ben Frat's" en prit la responsabilité et son activité pastorale put se développer. A la fin du XIXème siècle on comptait cinq chapelles, chacune ayant son propre pasteur, des écoles, un camp d'été et un centre de formation professionnelle.

A partir de 1832 la santé de Tuckermann commença à décliner ; deux pasteurs, les révérends Frederick T. Gray et Charles Barnard vinrent le seconder, mais sa santé demeurait fragile. En 1833 il partit en Angleterre pour se reposer ; là il noua amitié avec Lady Byron et Raja Rammohun Roy, réformateur hindou et fondateur du Brahmo Sama [un mouvement bouddhiste libéral]

Tout au cours de son ministère il plaida pour des réformes sociales et politiques. Il ne considérait pas l'alcoolisme comme une maladie , ni une faute morale mais proposait un traitement éducatif aidant à limiter les excès plutôt qu'une punition. Il demandait qu'on emploie des surveillants afin de s'assurer que les enfants allaient bien en classe. Il insistait pour que les enfants délinquants n'aient pas à être jugés, mais envoyés dans des fermes. Il faisait partie d'un groupe de pression pour la réforme des prisons et la création d'un programme éducatif dans les institutions pénales. Il a aidé à l'établissement de la ferme école de Thompson's Island. Il visitait les prisons et maisons de correction et s'occupait de la réinsertion des prisonniers libérés.

Il pensait que seule la charité chrétienne, nécessairement volontaire et privée, pouvait résoudre correctement le problème de la pauvreté à Boston. Il avait conclu de ses études sur les programmes gouvernementaux de France et d'Angleterre que ceux-ci ne faisaient qu'accroître la pauvreté. Donc il faisait pression contre et aurait voulu voir l'abolition de la charité municipale et d'Etat ; mais en cela il n'eut aucun succès.

Les écrits les plus importants de Tuckerman se trouvent dans les rapports concernant son travail ; on en trouve des extraits dans : "Joseph Tucckerman on the Elevation of the Poor" (paru en 1874). Il écrivit lui-même "The Principles and Results of the Ministry -at-Large in Boston", un résumé de son travail, à la fin de son ministère en 1838.

Dans les années 1830, son état de santé empira. Des amis lui conseillèrent un voyage en bateau à Cuba avec sa fille. Tuckerman fut enchanté d’y partir mais, peu après son arrivée, il mourut à La Havane.

D’après un article de Jedediah Mannis, paru sur le site de l’Unitarian Universalit Historical Society. 
Traduit en français et résumé par Noëlle Colle

Repost 0
Published by d'après Jedediah Mannis - dans sur l'unitarisme
commenter cet article
26 juin 2008 4 26 /06 /juin /2008 17:15

le point de vue des catholiques libéraux
communication de Louis Piveteau (Angers), animateur d’Evangile et modernité 49 , à la Semaine unitarienne de Nantes (1er-4 mai 2008) ; mis en ligne sur le site de l'AFCU à la rubrique "Les semaines unitariennes de Nantes".

personnellement, la renaissance du religieux m’inquiète
 
message du 24 juin 08 de Jacques Cecius (Spaa, Belgique)

Il est un fait indiscutable : les religions monothéistes ont toujours tenté, et parfois réussi, à éradiquer les religions et la culture des peuples qu’elles soumettaient. Sur ordre de YHVH quant aux populations ennemies, les Hébreux les éliminaient. L’islam a imposé la dimi (la dîme) aux peuples conquis. Les chrétiens ont assassiné des populations entières qui refusaient le baptême (le " glorieux " Clovis agissait ainsi). Les puritains anglais arrivés en Amérique mirent à mal les diverses tribus indiennes et tentèrent de les convertir, parfois par la force. Une exception : les quakers qui firent preuve d’une grande tolérance, et respectèrent toujours les accords pris avec les vrais américains, c'est-à-dire Sioux, Apaches, Micmacs, etc. Les mormons furent persécutés par les protestants, et leur rendirent parfois la pareille. Plus proche de nous, les Oustachis croates exécutaient les serbes orthodoxes, ce y compris des enfants, qui refusaient la conversion à Rome. En Iran, une fois arrivé au pouvoir, Komeini, qui fut accueilli et protégé de bonne foi par la France, fit procéder à la persécution des Bahaïs.

Cela étant, des peuples polythéistes firent de même, même si ce fut nettement plus rare. Il y a le cas, aujourd’hui, des Hindous (intégristes) et des musulmans (du même métal) en Inde. Les mazdéens (parsis), en Inde, ne furent pas persécutés, mais ce pays a interdit les " Tours du silence ", où les cadavres étaient déposés pour y être mangés par les oiseaux charognards. Pourquoi cette mesure, sinon pour humilier la minorité constituée par les parsis ? Survolons un instant d’autres organisations : certaines obédiences maçonniques " régulières ", sous la coupe des Anglo-saxons, excommunient les maçons " irréguliers ".

Le danger des religions est de vouloir imposer LA (leur) vérité. Il faut sauver les humains malgré eux, et vouer aux gémonies ceux qui " résistent ". Certaines sectes jettent l’anathème à ceux qui quittent la communauté. In fine on peut se demander s’il n’existe pas un danger venant du religieux. Même si des gens admirables
(abbé Pierre, Mère Teresa, sœur Emmanuelle, Albert Schweitzer, le Père Damien, William Booth de l’Armée du Salut), George Müller des Frères larges, etc.), et ils se comptent par milliers (car il y a aussi les anonymes et sans grades) sont l’honneur du christianisme.

Courrier reçu

Jean-Pierre Babin (Nantes)
, le jeudi 28 février 08 - Les musulmans ne sont pas trinitaires ...
Extrait de la Sourate 4 : Les femmes (An-Nisa'), verset 171. Ô gens du Livre, n'exagérez pas dans votre religion, et ne dites de Dieu que la vérité. Le Messie Jésus, fils de Marie, n'est qu'un Messager de Dieu, Sa parole qu'Il envoya à Marie, et un souffle (de vie) venant de Lui. Croyez donc en Dieu et en Ses messagers. Et ne dites pas "Trois". Cessez ! Ce sera meilleur pour vous. Dieu n'est qu'un Dieu unique. Il est trop glorieux pour avoir un enfant. C'est à Lui qu'appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre et Dieu suffit comme protecteur. "

A propos de l’article d’Albert Gandonou
paru à la Une de la Correspondance unitarienne " spécial Afrique ", n° 77, mars 2008 " Le christianisme endogène " : 

Bruno Cadez
(Lille)
, au sein du groupe de discussion " Unitariens francophones ", le samedi 15 mars 07, " J'ai beaucoup apprécié l'article de notre ami Albert Gandonou sur le christianisme endogène qui nous parle d'un Jésus invitant à la conversion personnelle, par l'amour inconditionnel, le partage et la célébration de Dieu dans le secret de son Temple individuel. Surtout, il nous rappelle que Jésus peut être suivi au sein de la religion à laquelle on appartient, quelle qu'elle soit. Il n'y a pas de "vrai" christianisme. Il n'y a que des disciples de Jésus. Cette réflexion fait écho à "La source intérieure" de notre ami Michel Théron (livre qui fut une vraie révélation pour moi), ou encore au 'Christ philosophe' de Frédéric Lenoir, que je viens de dévorer avec passion ! " 
et Chantal Guillemain-Gauthier
(ethnologue, Bordeaux) – " Enfin le discours que j'attendais ! "

A la suite de l’Appel francophone d’Ottawa (mai 2008),
la réaction immédiate de Jaume de Marcos (Barcelone), fondateur et président de la Sociedad unitaria universalista de España (SUUE) " Merci, Jean-Claude. C'est une bonne nouvelle. I will post it (in English) in my blog http://uuwithoutborders.blogspot.com for everyone to see. Saludos".

Notre bilan
(la Correspondance unitarienne de mai et celle de juin 2008) ont permis, à nos sympathisants et à tous ceux qui ne nous connaissent que d’une façon ponctuelle, de voir l’ensemble de notre action depuis quelques années. " Merci, Jean-Claude pour la richesse de ces bulletins d'avril et de mai qui situent l'étendue des croyants qui en Eglise, sur les parvis ou en dehors, se retrouvent à la suite de Jésus pour promouvoir un humanisme évangélique. En union." Antoine Girin (Amis de Marcel Légaut, Saint-Etienne), le 13 mai 08.

Repost 0
Published by la Correspondance unitarienne - dans CU 2008 - articles
commenter cet article
5 juin 2008 4 05 /06 /juin /2008 18:52

n° 80, juin 2008 – Spécial Canada – " Emergence d’une communauté unitarienne francophone (Montréal – Ottawa, 2000-2008) " par Jean-Claude Barbier, suivi de " Réflexion " par le même auteur au culte en français du dimanche 25 mai 2008 de l’Eglise unitarienne de Montréal (1ère partie),  mis en ligne sur le site de l'AFCU, à la rubrique "Canada"
http://afcu.over-blog.org/categorie-10451563.html 

Information : annonce du lancement du
site portail de l'Eglise unitarienne francophone.

Repost 0
Published by Jean-Claude Barbier - dans CU 2008 - articles
commenter cet article
3 juin 2008 2 03 /06 /juin /2008 22:33

Le vol. 4, n° 1 de 2008 de la Tribune libre unitarienne est consacré à la reconnaissance et la promotion de la valeur et la dignité intrinsèques de toute personne, soit le premier des sept principes des unitariens universalistes. Il a été piloté par Maurice Cabana-Proulx qui en signe l'éditorial.

Au sommaire :

Réflexions sur le premier principe : célébration de la valeur et la dignité intrinsèques de toute personne, par Frances Deverell, pasteur de la First Congregation of Ottawa

Successivement évocation de l’histoire de Michel Servet ; l’étincelle divine présente en chacun de nous que William Ellary Channing évoqua dans son sermon intitulé " La ressemblance à Dieu " ; l’universalisme en réaction avec les mouvements de Réveil au début du XIX° siècle, et l’action du père Roy Bourgeois, fondateur du SOA Watch qui milite pour la fermeture de la School of the Americas WHINESC/SOA, située à Fort Benning aux Etats-Unis, où l’on enseigne les techniques contre-révolutionnaires. Cette histoire, marquée par une exigence de rationalité fait que ce sont condensés des valeurs :

Ici nous n’avons pas de credo ou de dogmes. Nous sommes toujours en quête de la vérité, sachant que la vérité évoque un univers qui se renouvelle continuellement. Chaque personne suit son propre cheminement et est responsable de découvrir la vérité par elle-même. Nous valorisons votre curiosité et vos questions.

Cette recherche, par contre, ne peut se faire en vase clos. Même si nous sommes libres de définir nos propres croyances, cela ne veut pas dire que l’on peut croire à n’importe quoi. Depuis quatre siècles, nous avons élaboré un noyau de valeurs essentielles qui s’incarnent dans nos sept principes. Ceux-ci nous servent de guide dans nos efforts pour comprendre le sens de notre vie et orienter notre façon d’agir en ce monde ".

Les droits de l’Homme au cœur de la toile interdépendante, par Susan Van Dreser ("Love is a conversion to Humanity" , allocution du 11 décembre, 2005 à la First Unitarian Church de Winnipeg, traduit de l’anglais).

La déclaration des valeurs ne sert à rien s’il n’y a pas engagement de notre part. De même, la liberté de croyance n’est pas une indépendance d’esprit critique comme par exemple dans le cas des Européens qui s’autocensurent et n’osent plus parler de l’islam depuis l’assassinat du cinéaste Theo Van Gogh. " (…) nous devons être sensibles aux autres religions. Et c’est la raison pour laquelle nous devons apprendre à les connaître, ainsi que leurs adeptes. Mais la sensibilité n’exclut ni le questionnement ou la mise en cause. Justement, une société démocratique exige le questionnement et le défi, de même que la survie des droits de l’homme exige l’engagement ".

Faut-il défendre les droits de l’homme tout azimut dans le monde entier ? Le conseil est plutôt de faire ici et maintenant, à notre dimension. Conformément à un aphorisme du bouddhisme : " Ne faites rien, restez où vous êtes. Respirez et réfléchissez pour un instant ". " Ce que nous faisons ici et maintenant, nous le faisons pour la toile interdépendante car nous en faisons partie. Nous ne sommes pas une entité à part. Partons d’où nous sommes ".

Steve et Azmi : Une amitié israélo-palestinienne, par Maurice Cabana-Proulx
Steve a vécu dans les banlieues rouge de New-York et il en a conservé la tradition progressiste. Maintenant à Jérusalem, il loue une chambre à un étudiant palestinien en lui proposant un pacte d’amitié.

Que veut dire raisonnable ? par Diane Rollert, pasteur de l’Eglise unitarienne de Montréal ; allocution à l’Église unitarienne de Montréal, 11 novembre 2007, traduit de l’anglais.

Chaque année, au mois de septembre, à la reprise des cultes après les vacances d’été, l’Eglise de Montréal organise une cérémonie de l’eau où chacun apporte un peu d’eau de l’endroit où il a été. Ces apports sont mis en commun pour célébrer l’unité de la communauté. Or, la responsable de la sécurité communautaire de la Ville, une docteur, s’est enquis pour savoir si toutes les précautions avaient été prises pour garantir la pureté de ces eaux ; et de conseiller de les bouillir !

Sur ce, l’auteur embraye sur la Commission Bouchard-Taylor mis en place par le Premier ministre Jean Charest en février 2007 et dont le mandat est de déposer des recommandations de pratiques d’accommodements conformes aux valeurs pluralistes, démocratiques et égalitaires de la société québécoise. Elle donne un avis modéré : restons ouvert aux étrangers afin de mieux les connaître ; certaines pratiques culturelles de ceux-ci ne remettent pas en cause l’équilibre de la société d’accueil et peuvent donc être acceptées.

Accommodements déraisonnables
: réponse à Diane Rollert, par Fabrice Descamps

Critique de la tolérance qui conduirait au relativisme car l’existence de la Vérité, indépendamment des points de vue individus, est précisément ce qui permet la recherche et le dialogue.

Par exemple la non discrimination entre les sexes, qui par exemple en France a été mise à mal par le port du voile à l’école. A ce sujet, l’auteur témoigne de son expérience d’enseignant : " J'ai travaillé dans un collège à côté de Lille qui est bien connu en France : c'est l'un des premiers collèges à avoir exclu des élèves qui portaient le hijab, le voile islamique. Deux de ces élèves, outre qu'elles refusaient de l'enlever, refusaient aussi d'aller en cours de biologie parce qu'elles étaient créationnistes, en physique, parce que le hijab était interdit lors de certaines manipulations chimiques ; elles refusaient d'aller en sport et elles refusaient d'assister au cours d'histoire quand il parlait d'Israël, sans parler du porc à la cantine évidemment. Et, quand on leur demandait de faire des concessions, c'était toujours le même refrain : " En portant le hijab ou en refusant d'aller à certains cours, je me fais peut-être du tort à moi-même, mais je ne fais aucun tort aux autres".

Or, il y a des accommodement déraisonnables qui sont la porte ouverte à des dérives.

Les accommodements raisonnables et la valeur sacrée de la personne dans les Chartes québécoise et canadienne , par Léo Poncelet

L’auteur voit l’intégration des étrangers par l’adoption de la langue du pays qui, au Québec, est le français. " (…) c’est parce que la langue unit que les Québécois peuvent prétendre aujourd’hui intégrer ceux qui sont issus de l’immigration dans une société québécoise ouverte et laïque dont la langue commune serait le français, sans égard à l’origine ethnique et à la religion. L’option, par les Québécois, d’un espace public laïque et francophone sur ce coin d’Amérique de la vallée du Saint-Laurent, a une profonde racine historique et culturelle. Si la discussion publique sur les accommodements raisonnables cause autant de remous, c’est qu’elle remet en question ce grand projet de société pour lequel tant de Québécois ont lutté et éprouvent encore un fort attachement. "

Option de l’auteur pour une laïcité ouverte qui inclus le religieux dans l’espace public dès lors qu’il n’est pas une emprise ou une domination.
Parallèle entre une Charte canadienne qui reconnaît le communautarisme et la Charte québécoise fondamentalement personnaliste. " La Charte québécoise ne reconnaît que le droit à la différence, non la différence des droits. La Charte canadienne des droits et libertés joue donc à l’encontre de la Charte québécoise en voulant superposer la différence des droits au-dessus du droit à la différence. D’abord, elle est fondée sur la reconnaissance de la suprématie de Dieu dans le cadre d’un régime monarchique, ensuite la personne n’a qu’une place secondaire. Au lieu d’accorder une valeur sacrée à la personne, elle s’en méfie, met un peu partout des freins à sa liberté. La personne se cache derrière le port du masque du multiculturalisme. La Charte canadienne accorde la différence des droits à une mosaïque de groupes au sein de la société canadienne dont la langue commune est l’anglais à toutes fins utiles … ".

Léo Poncelet, éditeur de la Tribune libre unitarienne devant le Musée national de l'histoire sociale et humaine du Canada, à Ottawa, mai 2008, photo Jean-Claude Barbier.

 

Habeas Corpus, par Maurice Cabana-Proulx
L’auteur met en exergue de son article cette citation de Benjamin Franklin " Ceux qui sacrifieraient leurs droits fondamentaux en échange d'un peu de sécurité passagère ne méritent ni les droits fondamentaux, ni la sécurité ", car il dénonce la légèreté avec laquelle seraient menées au Canada, au regard des droits de l'Homme, les mesures de sécurité à l’encontre de personnes soupçonnées de terrorisme.

Les UUU (Unitariens Universalistes Unilingues) et la dignité intrinsèque de la langue française : Un témoignage, par Maurice Cabana-Proulx
L’auteur est intervenu auprès du Conseil unitarien canadien (CUC) afin que des textes présentant la rencontre nationale d’Ottawa en mai 2008 soient traduits en français. De guerre lasse, il exprime son impatience. De l’avis de l’auteur le CUC est loin de ce qu’il aurait pu et dû faire. Au-delà de cette relation particulière, il faut y lire la pesanteur des institutions, unitariennes y comprises, et l’exaspération des pionniers qui voudraient que les choses aillent (beaucoup) plus vite ! Sans doute les associations et mouvements sont-ils plus à même d’aller de l’avant.

Repost 0
Published by Jean-Claude Barbier pour les résumés - dans Tribune libre unitarienne
commenter cet article