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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

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17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 19:42

Lors du Congrès international que l’Institut des études sijenenses " Miguel Servet " organisa fin 2004, le cinéaste allemand Oliver Eckert présenta un documentaire de 60 minutes sur la vie (avec toutes les villes où il a séjourné) et l’œuvre médicale et théologique de Michel Servet. Avec l’aide de l’Institut, la version finale de ce film est sortie en DVD et est disponible à la Maison natale de Michel Servet. Il permet une lecture au choix en espagnol, français et allemand. Le sous-titrage est en anglais. Vous pouvez l’acheter à l’Institut. Contact

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7 mars 2009 6 07 /03 /mars /2009 19:16

Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU)

La prochaine assemblée générale de l’AFCU se tiendra le samedi matin 18 avril au siège de l’association : chez Jean-Pierre Babin, 2 avenue du Clos Launay, 44115 Basse-Goulaine (banlieue sud-est de Nantes).
Pour information et contact :

jp.babin@wanadoo.fr, tél. 02 40 54 55 56 (le matin seulement).

Deuxième semaine unitarienne de Nantes sous le soleil de l’été

Afin de mettre à profit les disponibilités en temps libre et déplacement durant l’été, la Correspondance unitarienne propose une première semaine du mois d’août (du lundi 3 au dimanche 9), toujours dans la banlieue-Est de Nantes, avec un programme " à la carte " (moments de prière, cultes de libre expression, études bibliques, réunions thématiques, etc.).
Ce programme est modulable selon les participants, avec accueil familial (conjoints, enfants, amis, tourisme, etc.) et à moindre prix (aucun frais d’inscription, villa mise à notre disposition, possibilité de camping gratuit, hôtel à proximité à 37,5 euros la chambre avec wifi). La formule est conviviale avec bonnes grillades dans le jardin, etc.
Cette semaine est ouverte à tous les chrétiens et autres croyants libéraux, mais aussi aux non croyants en recherche spirituelle.
Pour information, voir les Actualités unitariennes
. Pour contact : Jean-Claude Barbier, barbierjean-claude@wanadoo.fr, tél. 05 40 32 56 12

Congregazione italiana cristiano unitariana (CICU)

Roberto Rosso, fondateur de cette congrégation a été ordonné au sacerdoce le dimanche 16 novembre 08 à Copenhague par le pasteur Knut Heidelberg. Il est ainsi habilité à effectuer toutes les cérémonies et sacrements selon les rites de l’Eglise unitarienne de Transylvanie.
 

Groupe unitarien de Lomé

Un groupe unitarien s’est formé à Lomé au cours de l’année 2008 avec l’aide de notre réseau et de l’AFCU.
Voir l’article du 17 décembre 08 sur le site de l’AFCU,

Un groupe de travail unitarien

Un groupe de discussion sur Yahoo " Unitariens francophone " fut lancé en avril 2005 par les chrétiens unitariens. Ce groupe fonctionne très bien avec plus de 100 messages chaque mois et 84 membres à ce jours. Mais pour répondre aux besoins de certains, un groupe jumeau " Unitariens francophones en dialogue " vient d’être ouvert par la Correspondance unitarienne afin d’approfondir certains sujets. Le premier " chantier " proposé à discussion porte sur une comparaison entre la Trimoûrti hindouiste et la Trinité chrétienne, ceci au sein des triades de la civilisation indo-européenne. Nous espérons que ce groupe de travail (qui fonctionne en interne) aidera à la mise au point de textes de qualité qui pourront être publiés par nos médias, à commencer par notre bulletin. Lien
 

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7 mars 2009 6 07 /03 /mars /2009 18:46

Thierry Moralès, l’Avent,
courriel à Jean-Claude Barbier, le 2 décembre 08

Je vis l'Avent en communion avec mes frères et amis catholiques tout en lui donnant un sens évidemment différent (comme toi, je ne crois pas à l'Incarnation). Dieu ne s'incarne pas mais le Verbe de Dieu prend chair dans un homme qui fait le choix de vivre de ce Verbe et de l'habiller de chair en l'accomplissant existentiellement. Chacun d'entre nous est appelé à réaliser cette incarnation, à devenir un christ, c'est à dire un humain réellement accomplit, exprimant en plénitude l'image et ressemblance de Dieu.

Bruno Cadez,
le Royaume est déjà présent
message au sein du groupe de discussion Unitariens francophones, le 19 décembre 08

Moi, je crois que Dieu s'exprime à travers chacun de nous, par l'humanité de chacun, et en premier lieu dans celle de Jésus, qui nous invite à suivre son exemple pour "voir le Père". Le Royaume est déjà présent, en nous et autour de nous. Ce sont nos existences qui le révèlent.. En cela, oui, je crois à l'incarnation qui est ce processus de révélation du projet de Dieu dans nos vies, et c'est pour cela que je célèbre également Noël.


Maurice Vandeweghe
, Isaac Penington
message au sein du groupe de discussion Unitariens francophones, le 25 décembre 08

En 1659, l'un des Quakers les plus marquants de la première génération, Isaac Penington (1616-1679 ) écrivait à ce sujet, dans un esprit résolument ouvert : " Combien celui qui a un regard vraiment spirituel trouve doux et agréable de voir, dans l'école du Christ, différentes sortes de croyants : chacun y apprend sa propre leçon, y remplit son propre office, et tous se reconnaissent, se rendent justice mutuellement et s'aiment dans les diverses situations où ils sont placés et dans leurs diverses manières de servir le Maître, à qui ils devront rendre compte, au lieu de se quereller entre eux au sujet de leurs pratiques différentes ( Rom. 14,4 ). Le vrai fondement de l'amour et de l'unité, en effet ce n'est pas que tel autre marche et agisse exactement comme moi, mais que je sente en lui le même Esprit et la même Vie ."

Jean-Claude Barbier et Xavier
Sur le forum de la communauté de blogs " Religions en toute liberté ", 
 la plate-forme d’Over-blog


Jean-Claude Barbier à Xavier - Je t'écris avec tout mon coeur car j'écoute la belle voix de la chanteuse italienne Myriam Cannas - chantant le Notre Père en araméen, l' "Avun" dans la langue que Iéshoua parlait, que tu as mis sur ton blog. Moments de silence, aussi, que sont chacun des tableaux de Macha Chmakoff et Cornelis Monsma - que tu as choisis avec soin pour accompagner tes textes si emplis d'une telle tendresse que celle-ci nous met en relation avec l'intimité de l'univers où Dieu est. Si le vertige pascalien de l'infiniment grand demeure toujours, avec toi il ne dilue plus l'homme dans un espace lointain, mais au contraire l'enveloppe. Sans doute est-ce là toute la magie de ce Nom que Iéshoua aimait tant prononcer dans sa prière : "Abba", qui veut dire Père. Dès lors, les chrétiens ont une certaine façon de regarder les étoiles - même si, comme dans le cas des unitariens, ils n'adhèrent plus à l'Incarnation.

Xavier - Je crois effectivement que c'est, comme tu dis, "toute la magie de ce nom", Papa, appliqué à celui/celle/cela qui demeure en même temps au-delà de tout, qui récapitule bien ce que nous a apporté Jésus. Quant à la question de l'Incarnation, je ne veux pas éviter la discussion, mais je voudrais être prudent. Je crois que l'histoire de toutes les séparations entre Eglises ou confessions ou communautés se résume en des questions de définitions que l'on a voulu trop précises, au détriment de la complexité - ou de la simplicité - de la réalité (et compliquées par les questions de politique, aussi ...). Que penserais-tu donc de cette formulation, qui vient de la tradition arménienne (je suppose que d'autres traditions peuvent l'avoir aussi, c'est de celle-ci que je l'ai apprise) : en Jésus, l'humanité et la divinité sont comme la chaleur et la lumière dans le feu.

Jean-Claude - C'est la poésie qui nous sauvera ! Le Prologue de Jean est très beau lorsqu'on le lit comme moment de ferveur religieuse au bénéfice de Ieshoua. Il devient abscons lorsqu'on veut en faire un manifeste théologique car nul n'a vu un homme né avant tous les siècles, hors de l'espace et du temps ! On bascule alors dans l'irrationnel. J'apprécie la très belle formule de l'Eglise arménienne. Merci pour cette perle.

Xavier – Je vois que nous nous comprenons bien sur le fond ! Mieux vaut lire le Prologue de Jean comme une oeuvre d'art que comme un programme théologique. Je suis bien convaincu que l'art fait plus pour relier les hommes que tous les 'ismes'. Bien amicalement.

Marie-Louise et Antoine Girin
, communion avec et par Jésus
note accompagnant l’envoi du bulletin n° 218, du mois de janvier 09, le 18 décembre 08

"
J'ai été conduit à une connaissance de Jésus qui est communion de mon être à son être". En cette phrase il y a, pour moi, tout Légaut. Qu'au cours de cette année, les uns par les autres, nous allions avec une sereine disponibilité et ouverture vers cette communion avec et par Jésus. Que Noël qui demeurera toujours attente, nous accompagne chaque jour de l'année qui s'ouvre. Bien fraternellement avec vous.

Dostoïevski
, l’extase
cité par Oliver Sacks " L’homme qui prenait sa femme pour un chapeau " (Seuil, p. 219), transmis au réseau par Marie-Claire Lefeuvre.

" Il est des moments à peine longs de cinq à six secondes, où l’on sent la présence de l’éternelle harmonie (…) ; terrible est l’effrayante clarté avec laquelle elle se manifeste, et l’extase dont elle vous emplit. Si cet état durait plus de cinq secondes, l’âme ne pourrait l’endurer, et devrait disparaître. Pendant ces cinq secondes, je vis toute une existence humaine, et pour ces moments-là je donnerais volontiers toute ma vie sans penser que ce serait trop cher payer. "

Léon Tolstoi –
Aimer la vie, c’est aimer Dieu 
" La Guerre et la Paix ", éd Poche, t. II, p. 558

"… La vie est tout, la vie est Dieu. Tout se déplace, se meut et ce mouvement est Dieu. Et tant que persiste la vie, persiste la joie de la conscience de la divinité. Aimer la vie, c’est aimer Dieu. La plus grande difficulté et la plus haute béatitude, c’est d’aimer cette vie dans ses souffrances, dans ses souffrances imméritées…. 
"
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7 mars 2009 6 07 /03 /mars /2009 12:46

Prier dans l’unité
Lettre de Charles Nicol, prédicateur de l’ERF, aux paroisses catholiques de Saint-Nazaire (et à leur invitation) dans le cadre de la Semaine de l’unité, janvier 2009.

Alors que la prière est au centre de la théologie chrétienne, les Eglises qui la composent ne prient qu’exceptionnellement ensemble. Et pourtant, leurs références sont communes : même origine, mêmes évangiles… L’unité substantielle existe donc déjà. C’est dans la pratique liturgique et l’interprétation des textes que les Eglises divergent malgré que Jésus lui-même prononça cette prière : " 
Que tous soient un " (Jean 17, 21).

Alors, à quoi sert la prière pour l’unité des chrétiens ? L’occasion nous est donnée de méditer et de faire œuvre de mémoire afin que les conflits absurdes qui nous ont déchirés ne se renouvellent jamais. C’est par conséquent un instant qui nous libère de l’identité confessionnelle au profit de notre identité commune, invisible, qui nous lie à l’Evangile et entre-nous. Cette prière nous aide à vivre d’importants moments de confiance réciproque et d’unité mais révèle, avant tout, la richesse de nos singularités mises en commun.

Nos Eglises sont à l’image du monde : peuples divers, langues variées. Peut-être, vaudrait-il mieux parler d’une prière " dans l’unité " que " pour l’unité ". En effet, ce moment offre à chacun la possibilité de se tourner vers les autres (catholiques, orthodoxes, protestants) et en définitive d’aller vers Celui qui est à la source de nos Eglises.

Pour les membres de l’Eglise réformée de France à Saint-Nazaire, Charles Nicol.

Cathos libres en Allemagne et en France
Jean-Charles Sikner, message du 4 février 09, au groupe de discussion " Unitariens francophones "

[…] Après tous les espoirs et l'espérance qu'a suscités Vatican 2, personnellement ressentis. En France, la hiérarchie catho a vraiment les j'tons que ça s'enracine chez les cathos de base comme en Allemagne : "Wir sind Kirche". Oui, "l'Eglise, c'est nous" (traduction littéraire), par delà la hiérarchie catho ; et même par delà les confessions ; et, allons jusqu'au bout, par delà les dogmes. Dur à avaler pour la hiérarchie ecclésiale catho. Pauvre Benoît XVI !

Confiance aussi, ce bouillonnement en Allemagne est prometteur, tout comme en France la Fédération des réseaux des Parvis*. C'est vrai, l'unitarisme, porté entre autres par des ex-cathos qui ont dû faire un chemin semé d'embûches souvent très long, parfois collectif, toujours personnel, en est aux yeux de la hiérarchie catho le mauvais exemple type ! Donc dans ce domaine "n'ayons pas peur" d'une contamination réciproque ! Sortir du prêt à penser, du prêt à croire, du prêt à prier : voilà un excellent programme pour tous !
* l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU) est membre de cette fédération.

Pas de prophètes, mais le souffle divin sur tout être
Grégoire Maury, message au groupe de discussion Unitariens francophones le 28 novembre 08

N'étant personnellement pas croyant dans la Bible qui est plus pour moi un livre historique que religieux, c'est vrai que j'ai vraiment du mal à considérer des gens comme Josué comme des prophètes. Même Jésus est pour moi quelqu'un qui n'est pas divin, juste une sorte de "guide" ayant une conscience particulièrement élevée (comme Bouddha, comme d'autres). De façon générale, j'ai du mal à accepter le concept de religion "révélée", le fait que Dieu (ou plutôt une "énergie créatrice") ai choisi un homme précis pour lui délivrer son message et le charger de le faire passer aux autres humains.

Je pense plutôt que Dieu/ l'énergie créatrice est comme un souffle qui traverse tout l'univers et toutes ses composantes (les lichens, les oiseaux, etc.), et que, selon notre nature, nous agissons/réagissons différemment à ce souffle. Chez les humains (dotés de conscience, encore qu'à mon avis les animaux aussi en ont une à leur façon, mais là c'est un autre débat), ce souffle nous pousse à trouver un sens et un but à notre existence. Ce "souffle divin" via notre conscience nous ouvre des possibilités/ perspectives que nous décidons ensuite de suivre ou non. En ce sens, les religions ou idéologies (comme le communisme) sont les réponses (réactions) d'hommes à ce souffle.

Maintenant dans une société libre (avec la liberté de croyances, d'opinions), c'est à chaque homme de faire un cheminement intérieur et de déterminer quelle "réponse" lui semble la plus appropriée. C'est le libre arbitre qui doit s'exprimer. Peut être que l'homme cherchera toute sa vie la réponse sans jamais la trouver, ou alors qu'une des réponses lui semblera "la moins mauvaise", ou peut être trouvera-t il lui même sa propre réponse. Dans cette optique la pluralité des convictions, de croyances ne peut être que bénéfique ; plus il y a de réponses à étudier, plus il y a de questions, de choix, et plus on peut progresser dans notre quête.

Bref j'ai tendance à me méfier des religions figées, dogmatiques, prétendant détenir la Vérité. Maintenant la complexité de la nature humaine font que "naturellement" les religions, les idées évoluent (en bien comme en mal). Une religion intolérante à l'origine peut devenir tolérante à l'épreuve du temps, ou le contraire.

Notre fardeau
envoyé par Henri de Vaucluse à la Correspondance unitarienne le 28 janvier 09

J'ai rencontré une petite fille portant sur le dos son jeune frère. Mon enfant, lui dis-je, tu portes un lourd fardeau ! Elle me regarda et dit : C'est pas un fardeau, M’sieur, c'est mon frère !
(d’un auteur inconnu)

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16 février 2009 1 16 /02 /février /2009 13:39

Le scan de l'original latin de la Christianismi Restitutio de Michel Servet (1553) est désormais disponible sur le site de la bibliothèque numérique (Gallica) de la Bibliothèque nationale de France .

Il s’agit d’un exemplaire ayant appartenu au médecin britannique Richard Mead (lien), qui vécu entre 1673 et 1754 (la date de 1711 est écrite sur la première page blanche). Il fut acheté ensuite par un Français, l'académicien Claude Gros de Boze (lien), contemporain de Mead

Information communiquée à La Besace par Fabien Girard


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10 janvier 2009 6 10 /01 /janvier /2009 02:57

Michel Servet est connu pour son anti-trinitarisme (le triangle dans l'oeil !) et ses écrits sur la petite circulation du sang (au niveau des poumons).
 
Le magazine "Presse réformée du Sud", dans sa livraison de janvier 2009 présente un article d'une page sur Michel Servet "otage de l'oecuménisme", signé par Richard Bennahmias (du Journal Ensemble). Joint à l'article, une note d'André Gounelle, professeur honoraire de théologie de Montpellier, sur "La Trinité aujourd'hui".

Michel Servet, par son pamphlet anti-trinitaire de 1531, mit effectivement les Réformateurs dans l'embarras car ceux-ci espéraient faire reconnaître leur mouvement par l'Empereur. Alors qu'ils considéraient le dogme trinitaire comme tout à fait secondaire et non nécessaire pour la foi, ils durent dorénavant monter au créneau et affirmer leur orthodoxie sur ce point. En quelque sorte, par sa provocation, Michel Servet les obligea à être plus trinitaires qu'ils n'étaient.

A noter que l'auteur minimise le rôle d'inquisiteur que joua Calvin : le guide se serait "rallié aux partisans de la condamnation à mort" après consultation des autres villages suisses et après que son collègue Farel l'eut réprimandé "pour sa complaisance en faveur de Servet" (sic !). Ben voyons ! ne sommes nous pas en l'année où l'on souhaite le 500ème anniversaire de la naissance du grand homme (Calvin, pas Servet !).

L'article de Richard Bennahmias et la note d'André Gounelle ont été mis en ligne sur le site Liberté de croyance,
http://libertedecroyance.blogspot.com

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9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 19:20

Le christianisme est fondamentalement un personnalisme

par Jean-Claude Barbier

Correspondance unitarienne, n° 87, janvier 2009

 

Personnalisme

n.m. (de l’allemand Personalism, du latin personalis ; relatif à la personne)

1. Au sens premier, aujourd’hui abandonné, individualisme, égoïsme (le sens péjoratif de personnel est resté).

2. Doctrine religieuse opposée à l’impersonnalisme panthéiste par Feuerbach (1804-1872) et affirmant l’existence d’un Dieu unique comme personne. Le terme de Personalism, peut-être introduit par Schleiermacher (1768-1834), a été surtout utilisé en Allemagne au XIXe siècle.

3. Doctrine de Renouvier (1815-1903) consistant à mettre la personne au centre de la représentation du monde et à l’ériger en valeur suprême. La morale personnaliste est issue de Kant (1724-1804).

4. Philosophie d’Emmanuel Mounier (1905-1950), d’inspiration chrétienne. Elle repose sur une égale critique de l’individualisme libéral et du totalitarisme – les deux forces qui écrasent la personne (l’une procédant par l’atomisation des intérêts, l’autre par la massification des consciences). Comme le personnalisme est anti-individualisme, son communautarisme est anti-collectiviste

Christian Godin, 2004 - Dictionnaire de philosophie, Librairie Arthème Fayard / Editions du temps, p. 966 

     Et si nous faisions du sur place depuis les temps lointains ? Une forme de pensée binaire s’était développée dans des sociétés dites " primitives ". L’anthropologue Claude Lévy Strauss l’a bien expliqué à partir de ses études sur les mythes indiens ; moi même, j’ai rencontré cette forme de pensée auprès des populations sara du sud du Tchad.

Ces sociétés se constituent des points de repère pour structurer leur perception du monde sous forme de binômes opposés : le jour et la nuit, le soleil et la lune, la terre et l’eau, le masculin et le féminin, le village et la brousse, le cuit et le cru, etc . En Chine, le taoïsme préconise cette même forme de pensée en insistant sur la complémentarité des contraires. C’est précisément cette façon de voir les choses qui a conduit aux pratiques de la circoncision (bien dénudé le gland afin d’affirmer sa virilité) et l’excision (enlever le clitoris qui apparaît comme étant de la masculinité dans le sexe féminin).

Elle a conduit aussi à une multiplication d’interdits car, enfreindre ces catégories, c’est créer du chaos dans l’ordre établi par les ancêtres : donc pas de transversalité ni de mixité encore moins de transgression ! L’espace public est bien compartimenté, les rôles sociaux bien précisés en fonction des sexes, des rangs sociaux, des professions, etc.

     Bizarrement, on retrouve ENCORE cette forme de pensée dans nos sociétés modernes. Pire, ces oppositions ont quitté le terrain purement conceptuel ou symbolique pour s’engager dans des affrontements violents. Elles sont, aujourd’hui, en partie héritage des conflits de génération, des différences de comportement vis-à-vis des nouveautés ou – surtout – dans les luttes pour avoir le pouvoir : les Réformés et les catholiques au XVI° siècle (ce qui nous a valu de cruelles guerres de religion) , la querelle (plus pacifique) des Modernes et des Anciens dans les arts du XVII° s., les Royalistes et les Républicains, les Révolutionnaires et les Réactionnaires de tous les soubresauts politiques, les Noirs et les Blancs, les Indépendantistes et les Autonomistes, les Bourgeois et les Ouvriers, les Capitalistes et les Anti-Capitalistes, ceux de Droite et ceux de Gauche, etc.

Les modérés de tout bord, les libéraux qui veulent garder leur liberté de pensée, les penseurs non encartés dans une Ecole, une Eglise ou un Parti sont calomniés, vilipendés, écartés, exécutés, assassinés. Il n’y a pas de place pour eux dans ces dualismes exaspérés par les enjeux de domination d’un clan sur l’autre ! 

On continue aussi, malgré les progrès de la connaissance, à raisonner en catégories comme si celles-ci étaient homogènes. Certes les protestants, les catholiques, les musulmans, etc. existent bel et bien, mais ils sont pluriels (et ceci dès les débuts de leur religion respective !) et ce qui est vrai pour un protestant ne l’est pas forcément pour un autre. L’analyse doit donc descendre à un niveau inférieur – les diverses confessions, voire même les mouvements – et même, de plus en plus avec l’individuation, considérer la pensée originale de certaines personnes. 

On continue aussi à procéder par amalgame à partir des clichés du prêt à porter. Il en est ainsi pour les nombreux préjugés visant les races, les nationalités, les religions, les sexes, les orientations sexuelles (comme par exemple tous les homosexuels sont pédophiles), etc. Les individus sont communautarisés, collectivisés, alignés (on consent qu’un tel peut-être différent mais en ajoutant que c’est exceptionnel). Les statistiques fonctionnent avec du 99% (si ce n’est simplement la majorité simple) mais c’est bien suffisant pour dire qu’on a raison sans l’ombre d’un doute. 

     Pourtant cela fait près de 2 000 ans qu’un rabbi juif, Iéshoua de Nazareth, nous a invité à sortir de nos propres milieux sociaux pour être attentifs aux lépreux et aux aveugles, à la brebis égarée, à la femme adultère, à la prostituée, aux enfants, aux pauvres en esprit, aux étrangers … La psychanalyste Françoise Dolto a bien su mettre en évidence ces rencontres personnelles combien émouvantes de Jésus avec ses contemporains. Oui, le christianisme est avant tout un personnalisme et le juridisme ecclésial fut une bien grande trahison de la pensée et de la personne de son rabbi. 

Respectons les expressions personnelles … qui n’entrent pas forcément dans les catégories toutes faites. Soyons attentifs aux propos des autres surtout lorsqu’ils expriment leur expérience intime, leur conviction personnelle, leur vécu subjectif. N’enfermons plus les autres dans des catégories !

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Published by Jean-Claude Barbier - dans CU 2009 - articles
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5 janvier 2009 1 05 /01 /janvier /2009 17:56

par Christian Baert (Gironde, France), texte envoyé à La Besace le 4 janvier 2009

Si vous croyez sincèrement à la Trinité, vous n’êtes pas le seul. Au sein de la chrétienté des centaines de millions de personnes sont dans votre cas. D’ailleurs, peut-être avez-vous toujours été persuadé que cette doctrine était fondée sur la Bible. Mais savez-vous exactement en quoi elle consiste ? Vous en faites-vous une idée bien claire ? Seriez-vous capable de l’expliquer à quelqu’un d’autre ?

représentation de la Trinité à la faculté de théologie catholique du Québec (UQTR), Montréal

Le symbole d’Athanase, qui constitue l’une des premières professions de foi complètes touchant la Trinité, la définit par ces mots :


"Du Père, du Fils et du Saint-Esprit, une est la divinité, égale la gloire, coéternelle la majesté. (...) Semblablement, tout-puissant le Père, tout-puissant le Fils, tout-puissant le Saint-Esprit. (...) Dieu est le Père; Dieu, le Fils; Dieu, le Saint-Esprit: et il n’y a pas trois Dieux, mais un seul Dieu. (...) Et dans cette Trinité, rien n’est premier ou dernier, rien n’est plus grand ou plus petit; mais toutes les trois personnes sont co-éternelles et co-égales."


Ainsi donc, suivant ce dogme le Père, le Fils et le Saint-Esprit seraient égaux par la puissance, par l’autorité et par l’éternité. Cependant, la question cruciale est la suivante : si l’on en juge d’après leur enseignement, Jésus Christ et ses apôtres, eux, croyaient-ils à la Trinité ? Quiconque répond par l’affirmative se heurtera à un grand nombre de problèmes pour le moins délicats.


Par exemple, en Marc 13:32 Jésus déclare: "Ce jour ou cette heure [ceux de l’exécution du jugement divin], nul ne les connaît, ni les anges du ciel, ni le Fils, personne sinon le Père." Pourtant, si le Père et le Fils sont coégaux, comment celui-ci peut-il ignorer ce que celui-là connaît ? À quoi d’aucuns rétorqueront : ‘C’est que Jésus réunissait en lui deux natures. Dans ce passage, il s’exprime en tant qu’homme.’ Toutefois, quand bien même il en serait ainsi, que penser du "Saint-Esprit"? S’il constitue vraiment la troisième personne de la Trinité, pourquoi n’est-il pas dit qu’il partage la connaissance du Père ? La solidité d’une chaîne dépend toujours de son maillon le plus faible. Or le "Saint-Esprit", ne l’oublions pas, fait partie intégrante de la "chaîne" ou du concept trinitaire.


De même, quelque temps auparavant Jésus avait prononcé ces paroles: "Nul ne connaît qui est le Fils, si ce n’est le Père, ni qui est le Père si ce n’est le Fils." (Luc 10:22). Là encore, pourquoi n’est-il pas question du "Saint-Esprit"? S’il s’agit d’une personne consciente appartenant à la "divinité", coégale au Père et au Fils, pourquoi ne pénètre-t-elle pas ce que l’un et l’autre connaissent ?


Plus de 20 ans après la mort de Jésus et son ascension au ciel, l’apôtre Paul écrira : "‘Qui connaît la pensée du Seigneur [le Père]? Qui peut lui donner des conseils?’ Mais nous, nous avons la pensée du Christ." (1 Corinthiens 2:16, Bible en français courant). Comment peut-on posséder "la pensée du Christ" et néanmoins ignorer la "pensée du Seigneur" si le Père et le Fils sont réellement coégaux?


En Proverbes 8:22-24 nous lisons: "Le Seigneur m’a créée il y a très longtemps, comme la première de ses œuvres, avant toutes les autres. J’ai été établie dès le début des temps, avant même que le monde existe. Quand je suis née, il n’y avait pas d’océans." (Bible en français courant). Les premiers chrétiens avaient bien compris que cette description de la sagesse personnifiée désignait le Christ. Ainsi Edmund Fortman, bibliste trinitaire, écrivait : "Paul l’applique [Proverbes 8:22-31] au Fils de Dieu. Les apologistes l’ont invoqué pour démontrer devant Gentils et Juifs la préexistence du Verbe et le rôle qu’il a joué dans la création." (Voir Colossiens 1:15-17; Apocalypse 3:14). Mais si Jésus a commencé d’exister à un moment précis, s’il a été ‘créé’, ‘établi’, s’il est ‘né’ 's'il fut engendré' bien longtemps avant le début de sa vie terrestre, comment serait-il égal à son Père en éternité ? Au reste, seule une créature (autrement dit quelqu’un qui a eu un commencement) pouvait dire: "Je vis à cause du Père." (Jean 6:57,
Darby).


À maintes reprises, Jésus appela son Père "mon Dieu", et ce, même après sa résurrection et sa glorification au ciel (Matthieu 27:46; Jean 20:17; Apocalypse 3:2, 12). Or on ne considère quelqu’un comme ‘son DIEU ’ que lorsqu’on lui est inférieur et qu’on se compte parmi ses adorateurs. D’ailleurs, pourquoi le Père n’a-t-il pas employé une seule fois les mots "mon Dieu" en s’adressant à son Fils ? Comment se fait-il que ni le Père ni le Fils n’aient jamais appelé le "Saint-Esprit" "mon Dieu" ?


Si nous pensons que Jésus et DIEU sont le même personnage alors pourquoi Jésus à dit : "Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera; nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui." (Jean 14:23)

Lorsque Jésus à dit : "le Père est plus grand que moi "(Jean 14:28)

Pourquoi Jésus a dit : "mais je ne suis pas seul, car le Père est avec moi." (Jean 16:32)

Et encore : "Celui qui m'a envoyé est avec moi, il ne m'a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui est agréable." (Jean 8:16, 29)

Et :" Je parle selon ce que le Père m'a enseigné." (Jean 8: 28)

Lorsque Jésus parlait, c'est souvent qu'il parlait en donnant des images de la vie courante. Quand il parle de la vigne, il dit : "Je suis le vrai cep et mon Père est le vigneron " (Jean 15:1) Ne mentionne-t-il pas deux entités différentes. Le Vigneron qui est DIEU son Père et lui-même comme étant le cep de la vigne. Et il précise pour que nous fassions biens la différence :"Je suis le cep et vous êtes les sarments." (Jean 15:5).


Voilà qui donne à réfléchir, n’est-ce pas ?


Des
réactions qui brillent par leur absence


Si nous pensons que Jésus Christ se croyait égal à Dieu et qu’il se présentait comme tel, il nous faudra élucider un autre mystère: Pourquoi le "Nouveau Testament" ne fait-il pas la moindre allusion aux effets qu’un tel enseignement a nécessairement produits ? Mais quels effets ?, direz-vous !


Réfléchissez tout d’abord à l’impact que cette révélation aurait dû avoir sur les disciples de Jésus. Au début, ils voyaient sans doute en leur Maître un homme comme un autre, (voir Marc 6:3). Supposons maintenant qu’à un moment donné celui-ci leur ait appris qu’il était DIEU. Comment auraient-ils réagi ? Comment réagiriez-vous vous-même si vous compreniez soudain que vous vous trouvez devant DIEU en personne ?


À cette idée, Andrews Norton, l’un des premiers professeurs de l’École de théologie de Harvard, s’exclamait au siècle dernier: "Nous serions bouleversés, envahis par une indicible stupéfaction!" Et si nous nous rendions compte que nous nous sommes effectivement tenus en présence de DIEU, "nous ne cesserions de le proclamer avec le plus de force possible chaque fois que nous aurions l’occasion de parler de lui".


Mais, en toute objectivité, remarquons-nous une telle stupeur chez les disciples de Jésus lorsque nous lisons les Évangiles? Certains allégueront peut-être que pour les épargner Jésus ne leur a révélé que progressivement son identité véritable. Néanmoins, dans ce cas, pourquoi ne rencontre-t-on toujours aucune trace de leur surprise dans les lettres du "Nouveau Testament", qui ont pourtant été écrites des années après la mort et la résurrection du Christ? Leur silence ne paraît-il pas inexplicable ?


En outre, si Jésus s’était identifié à DIEU, cela aurait entraîné d’autres conséquences encore plus grandes. Pour les Juifs, qui croyaient que ‘le SEIGNEUR (...) est le SEIGNEUR UN, ou "le SEUL Seigneur", dire que le Christ était égal à DIEU en tant que deuxième personne de la Trinité revenait à blasphémer. "YaHWeH est notre DIEU, YaHWeH est un seul et unique" (Deutéronome 6:4). En Hébreux :"Yehwah 'Elohénou Yehwah 'éhadh."


Voilà qui soulève deux questions :


1) Pourquoi les rédacteurs du "Nouveau Testament" n’ont-ils pas expliqué, clarifié, commenté et défendu tant et plus cet enseignement si difficile à accepter pour les Juifs devenus chrétiens ? De toutes les doctrines chrétiennes, la Trinité aurait sans doute été celle qui méritait le plus d’éclaircissements.


2) Par ailleurs, pourquoi les Juifs incroyants qui combattaient farouchement et passionnément le christianisme ne se sont-ils pas élevés contre ce dogme qui aurait dû leur paraître monstrueux. Aucun article de foi ne pouvait déchaîner plus de polémiques que celui-là.


C’est ce qui a amené le professeur Norton à faire cette remarque :
"Si d’autres questions beaucoup moins délicates (par exemple la circoncision des non-Juifs convertis) ont engendré tant de doutes et de controverses que l’autorité des Apôtres suffisait à peine à faire triompher la vérité, il semble que cette doctrine [la Trinité] pourtant si étrange, si choquante et si invraisemblable a été introduite dans le silence le plus complet et adoptée sans hésitation, sans manifestations d’aversion, sans hostilité et sans aucun malentendu."


Voilà qui est à tout le moins troublant.


Ainsi donc, pourquoi les rédacteurs du "Nouveau Testament" n’ont-ils pas jugé bon d’expliciter la Trinité ? Pourquoi les Juifs opposés au christianisme n’ont-ils pas songé à la dénigrer ? Tout simplement parce que ni Jésus ni ses apôtres n’ont enseigné cette doctrine à laquelle la chrétienté souscrit maintenant dans son ensemble. Dans ce cas, d’où vient-elle ?


La
doctrine de la Trinité honore-t-elle DIEU ?


‘La Trinité a été reçue plus tard par la tradition, bien qu’elle ne soit pas définie par l’Écriture’, diront certains. Toutefois, comment concilier pareille origine avec cette déclaration de Paul consignée en Galates 1:8 " Mais, quand nous-mêmes, quand un ange du ciel annoncerait un autre Évangile que celui que nous vous avons prêché, qu'il soit anathème ! "


La Bible avait prédit une période d’apostasie où beaucoup s’éloigneraient du vrai christianisme. Nous lisons: " Mais l'Esprit dit expressément que, dans les derniers temps, quelques-uns abandonneront la foi, pour s'attacher à des esprits séducteurs et à des doctrines de démons" (1Timothée 4:1). Puisque, d’après la Nouvelle encyclopédie catholique (angl.), la doctrine de la Trinité n’a pas été établie avant "le dernier quart du quatrième siècle", il convient que nous nous posions ces questions : Se pourrait-il que le dogme de la Trinité soit le fruit de cette apostasie ? S’agirait-il là d’une ‘doctrine inspirée par les démons’ ?


On peut en juger d’après les fruits que cet enseignement a portés. Lorsque les Juifs l’accusèrent d’être possédé du démon, Jésus répliqua: "Non, je ne suis pas un possédé; mais j’honore mon Père." (Jean 8:49). Que dire de la doctrine de la Trinité sous ce rapport ? Vous a-t-elle rapproché du Dieu de la Bible ? A-t-elle honoré DIEU en aidant les hommes à entretenir des relations plus étroites avec lui ? Laissons répondre les faits.


"La doctrine de la Sainte Trinité est extrêmement difficile à expliquer, et personne ne la comprend", reconnaissait un dignitaire catholique. Pourtant, toute personne sensée souhaite fonder sa foi sur des explications logiques. Est-il donc normal qu’un concept du Créateur soit inexplicable ? DIEU peut-il être honoré par une croyance que ‘personne ne comprend’ ? Les vrais chrétiens doivent connaître le DIEU qu’ils adorent. Le mystère n’a pas sa place dans leur foi. (Jean 17:3)


Qui plus est, au lieu de rapprocher les hommes du Père, la doctrine de la Trinité a un effet de reléguer ce dernier à l’arrière-plan. Par exemple, la tradition protestante l’a plongé dans une obscurité quasi totale. Pour vous en convaincre, demandez à ceux qui proclament "Louez le Seigneur!" à qui ils pensent quand ils s’expriment ainsi, et vous obtiendrez presque toujours cette réponse: "À Jésus Christ, bien sûr !"


Plus
près de DIEU... ou de Marie ?


Dans la tradition catholique, cette situation s’aggrave du fait que Marie est vénérée comme "Mère de Dieu", "Médiatrice de toutes les grâces", "Co-rédemptrice" et "Reine du ciel". Or tous ces titres sont autant de conséquences logiques du dogme de la Trinité. Témoin cette explication de la Nouvelle encyclopédie catholique : "Pour que Marie soit vraiment la mère de Dieu, il faut que les deux conditions suivantes soient remplies: qu’elle soit réellement la mère de Jésus et que Jésus soit réellement
  DIEU"


Pour montrer combien le Père a été éclipsé, citons cette satire où Pierre Bayle, protestant français du XVIIe siècle, s’étonnait qu’on n’ait pas encore décrit Dieu confiant l’univers à Marie, en disant

"que depuis ce jour-là, Dieu ne se mêlait de rien, et se reposait de tout sur la vigilance de Marie ; que les ordres avaient été expédiés à plusieurs anges d’aller notifier sur la terre ce changement de gouvernement, afin que les hommes sussent à qui et comment il fallait avoir recours à l’avenir dans les actes d’invocation, que ce n’était plus (...) à la Sainte Vierge comme à une Médiatrice, ou à une Reine subordonnée, mais comme à l’Impératrice souveraine et absolue de toutes choses". (Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle, repris par Arnold Toynbee dans son livre La religion vue par un historien).

Par contraste, rappelons que YaHWeH réclame un attachement exclusif (Exode 20:5). Il a d’ailleurs formulé cet avertissement: "Je ne donnerai ma gloire à personne." (Ésaïe 42:8,
Crampon-Tricot).

 

Dès lors, tout montre qu’au lieu d’honorer DIEU en aidant les humains à s’approcher de lui, la doctrine de la Trinité l’a présenté sous un jour complètement faux. Il est donc évident que ses premiers défenseurs étaient des apostats, des individus qui s’étaient détournés du vrai christianisme.


D’où
vient-elle ?


Le fait est qu’on adorait des trinités bien avant l’avènement du christianisme. Par exemple, cette notion était très répandue dans les mythologies égyptienne et babylonienne. Mais comment s’est-elle introduite dans la chrétienté ? Le livre Histoire du christianisme (angl.), publié par Peter Eckler, nous l’explique en ces termes :


"S’il est vrai que le christianisme a triomphé du paganisme, il n’en demeure pas moins que le paganisme a réussi à corrompre le christianisme. L’Église de Rome a remplacé le déisme pur des premiers chrétiens (qui se différenciaient seulement de leurs compatriotes juifs en ce qu’ils saluaient Jésus comme le Messie promis) par l’incompréhensible dogme de la Trinité. Pareillement, de nombreuses doctrines païennes inventées par les Égyptiens et idéalisées par Platon ont été adoptées parce que considérées comme dignes de foi."


Cependant, étaient-elles réellement "dignes de foi" ? Qu’en pensez-vous ? Jésus Christ a déclaré on ne peut plus clairement que ses vrais disciples ‘adoreraient le Père en vérité’. (Jean 4:23, 24.) Oui, notre culte doit être conforme aux vérités énoncées dans la Parole de Dieu, la Bible. Pour ce faire, il importe que nous reconnaissions en Jésus Christ, non pas Dieu le Fils, mais "le Fils de Dieu". (Jean 20:31; 1 Jean 4:15.) Et de ce fait, il est également nécessaire et important que nous rejetions tous les mensonges issus du paganisme. (voir, le culte des images, des statues, de toutes représentations ou pratiques religieuses, le chapelet, l'encens, les cierges, ou cérémonies qui n'ont rien à voir avec ce que relate LA BIBLE.


[Note]


Sauf indication, les passages bibliques cités sont tirés de la Traduction Œcuménique de la
Bible.

Certains invoqueront le texte de Jean 5:17, 18 où nous lisons: "‘Mon Père, jusqu’à présent, est à l’œuvre et moi aussi je suis à l’œuvre.’ Dès lors, les Juifs n’en cherchaient que davantage à le faire périr, car non seulement il violait le sabbat, mais encore il appelait Dieu son propre Père, se faisant ainsi l’égal de Dieu." Cependant, Jean rapporte ici l’interprétation erronée que les Juifs avaient faite des paroles de Jésus. Ce sont eux qui en avaient déduit à tort qu’il se faisait "l’égal de Dieu". La preuve en est qu’ils l’accusaient également de violer le sabbat, ce qui était tout aussi faux. Voir Matthieu 5:17-19.

Pourquoi les Juifs qui s’opposaient au christianisme ne se sont-ils pas élevés contre cette doctrine qui aurait dû leur paraître monstrueuse ?


sont-ils passés ?

Les paroles consignées en Matthieu 24:36 au sujet de la date de la "grande détresse" ou "grande tribulation" se lisent ainsi dans la "Bible Crampon": "Quant au jour et à l’heure, nul ne les connaît, pas même les anges du ciel, mais le Père seul." Vous aurez remarqué que les mots "ni le Fils" sont omis, bien qu’ils figurent dans la plupart des autres versions. Pourquoi ? De toute évidence, ce verset gênait les tenants de la Trinité. En effet, comment le Fils pouvait-il ignorer ce que le Père savait, si l’un et l’autre étaient coégaux? Dans un commentaire sur Matthieu 24:36, l’ouvrage intitulé "Le codex Sinaïticus et le codex Alexandrinus" (angl.), publié par les conservateurs du British Museum, donne cette explication: "Le Sinaïticus et le Vaticanus [des manuscrits de la Bible] ajoutent ‘ni le Fils’ après ‘ciel’. Ces mots, qui constituent manifestement la leçon originale, ont été supprimés de crainte qu’ils ne provoquent une méprise do
ctrinale."

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28 décembre 2008 7 28 /12 /décembre /2008 11:06

La dernière livraison de la revue du Mouvement unitarien universaliste montréalais, la Tribune libre unitarienne (vol. IV, n° 2, décembre 2008) traite de la laïcité.
Cette revue est hébergée sur le site du Mouvement unitarien universaliste au Québec (MUUQ)
 
 

Au sommaire :


A propos de ce numéro consacré à la laïcité, par Léo Poncelet

L’école laïque et le programme éthique et culture religieuse, par Hannelore Daniel-Poncelet

Les trois stratégies papales pour ranimer le christianisme, par Immanuel Wallerstein

La franc-maçonnerie en France et dans le Monde, par Fabrice Descamps

Au-delà de la religion : vers une spiritualité laïque, par Andréa Richard

Pour une laïcité laïque, par Daniel Baril


 

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22 décembre 2008 1 22 /12 /décembre /2008 19:35

par Fabien Girard, envoyé à La Besace des unitariens le 22 décembre 08.

Certains mouvements, issus du protestantisme, ne se disent plus " protestants ", même si des observateurs extérieurs les mettent toujours dans cette catégorie. Il en est ainsi d’une façon générale pour les Témoins de Jéhovah, mais aussi pour des chrétiens unitariens (même si l’Eglise unitarienne de Transylvanie, fondée en 1568 continue, elle, à se considérer comme protestante). En plus de son argumentation historique, l'intérêt de l'article qui suit est qu’il est écrit par un Témoin de Jéhovah.

L'histoire des Témoins de Jéhovah commence à la fin du 19ème siècle lorsque Charles Taze Russell, alors encore jeune homme, élevé dans la religion de ses parent protestants presbytériens et membre de la YMCA (1) se lance dans une quête spirituelle. Après avoir rejoint l'Eglise congrégationaliste dont il préférait les idées, il étudie la plupart des religions orientales avant de reprendre sa bible.
(1) La Young Men's Christian Association (YMCA) fut fondée à Londres en 1844 par Sir Georges Williams (1821-1905), un commerçant en textiles anglais. Cela correspond en France, aux Unions chrétiennes de jeunes gens (UCJG), qui sont d’inspiration protestante.

Il fondera en 1870 un groupe d'étude avec quelques uns de ses amis de Pittsburgh et d'Allegheny (c'est ce groupe qui prendra le nom d'Étudiants de la Bible dont il sera le premier président ainsi que de la société qu'il fondera, la Watchtower Bible and Tract Society. En 1931, les Etudiants de la Bible rattachés à la société Watchtower prendront le nom de Témoins de Jéhovah pour se démarquer d'autres groupes schismatiques qui répondaient au nom d'Etudiants de la Bible mais s'étaient séparés de la dite société.

 

C'est en prenant connaissance des croyances d'un jeune mouvement d'inspiration protestante millérite, l'adventisme, que C. T. Russell avait retrouvé sa foi en la Bible (il écrira plus tard qu'il se sentait redevable à l'adventisme sous ce rapport). Il deviendra co-rédacteur du Herald Magazine en compagnie de Nelson Barbour, pasteur de cette Eglise, sans cependant se joindre aux adventistes. En 1879 il quittera Barbour et publiera son propre magazine du nom de Zion's Watch Tower & Herald of Christ's Presence.


A l'aube du 20ème siècle les Étudiants de la Bible d'Allegheny et sa petite société de diffusion de Bibles et de tracts ne sont qu'une secte de plus au milieu des nombreuses confessions que compte le monde protestant. Celui-ci était très confus et ses Eglises étaient sans cesse en proie à des querelles intestines. Mais elles étaient cependant réunies autour d'éléments communs à la plupart des mouvements évangélistes auxquelles souscrivaient les Étudiants de la Bible tel que le canon biblique de 66 livres, le salut par la foi ou le rejet des images mais aussi autour de certaines doctrines rejetées par ces derniers parmi lesquelles figuraient l'enfer, l'immortalité de l'âme, la prédestination ou la Trinité.


A sa naissance la vague protestante avait déjà rejetée certains des siens dont les enseignements ne correspondaient pas à ce que les principaux initiateurs de la réforme considéraient comme acceptable. Anabaptistes et unitariens avaient ainsi été déclarés hérétiques et frappés d'anathème par ceux qu'ils pensaient être leurs frères dans la foi.


Les Etudiants de la Bible ont rapidement soulignés ce qu'ils considéraient être des faiblesses dans le processus de réforme de l'Eglise au sein du protestantisme. Par exemple C. T. Russell écrira en 1886 dans son premier ouvrage d'étude, Le divin plan des âges : " De nombreuses âmes fidèles marchèrent aux jours de la Réformation dans la lumière, telle qu'elle brillait alors. Mais depuis, les protestants n'ont fait que peu de progrès, parce que, au lieu de marcher dans la lumière, ils firent halte autour de leurs conducteurs préférés, ne voulant voir que ce que ceux-ci voyaient et pas davantage ".


Mais à l'heure où les écrits de C. T. Russell et ses collaborateurs trouvaient de plus en plus de lecteurs et surtout au moment où les idées défendues par les Étudiants de la Bible se frayaient un chemin parmi non seulement les fidèles mais aussi parmi certains ministres religieux, il est évident que le divorce était sur le point d'être consommé. Jusqu'ici et en dépit de ses conclusions entourant le protestantisme Russell continuait d'appeler les protestant ses " frères ". Russell visitait toutes les communautés religieuses issues de la réforme qui acceptaient de le recevoir, il visita même des temples maçonniques dont la grande majorité des membres étaient protestants. Il était lui-même baptisé comme tel et avait peut-être imaginé, comme l'avait pensé à tort Luther de son temps, que ses idées seraient entendues par le clergé protestant et, qui sait, avec l'aide de Dieu, intégrées.


Les années qui suivirent lui prouvèrent que non seulement le monde protestant n'était pas décidé à intégrer ses idées mais aussi que celui-ci allait déployer des efforts considérables pour l'empêcher de nuire. Ainsi en 1903, un comité de pasteurs protestants de l'0uest de la Pennsylvanie représenté par le révérant Eaton, a proposé à Charles Russell de débattre en public des enseignements diffusés par son groupe d'étudiants. C'était la première fois que le clergé s'organisait en vu de faire barrage aux Etudiants de la Bible. Il me semble que 1903 marqua un tournant dans le processus de rupture entre ce groupe et le monde protestant, non pas que les Etudiants de la Bible aient spécialement voulus cette rupture mais qu'elle est apparue de fait sous l'impulsion de l'opposition des représentants des différentes Eglises.


Finalement, c'est un an plus tard, en 1904, que la séparation définitive d'avec les autres confessions se fera lors de la parution du livre de Charles Russell, La nouvelle création. On peut y lire : " Nous mettons sur le même pied tous les systèmes qui comprennent des cérémonies et des enseignements de caractère religieux, etc., et nous les considérons tous comme des parties de Babylone, dont certains quartiers sont plus propres et d'autres moins propres, mais qui tous, néanmoins, sont pleins de confusion, d'erreur, contrairement à l'intention divine telle que la révèle l'organisation de l'Église primitive, et aux instructions que leur ont données, par la parole et par l'exemple, le Fondateur inspiré et ses douze apôtres ". Nous conseillons à La Nouvelle-Création de n'avoir absolument rien à faire avec l'une quelconque de ces sociétés, clubs, ordres, Eglises à caractère semi-religieux, mais de " Sortir du milieu d'eux, d'être séparée et de ne pas toucher à ce qui est impur " (2 Cor. 6 : 17). "

Tout chez les Témoins de Jéhovah, canon biblique, doctrines de base, pratique cultuelle et fonctionnement interne des congrégations correspond à un modèle de type protestant. Sous ce rapport on ne saurait nier qu'au sein du christianisme et à l'échelle internationale ils font partie de fait du paysage protestant. A titre d'exemple il est impossible de classer leur traduction de la Bible ailleurs que dans les versions protestantes car elle ne s'apparente en rien aux traductions de type œcuménique, littéraire ou libérale tant dans la forme que dans l'usage pour lequel elle a été réalisée.

C. T. Russel en visite en France, à Denain en 1912. Première congrégation des Etudiants de la Bible dans le Nord de la France ; elle était composée en majorité de familles ouvrières polonaises issues de l'Eglise baptiste.

Mais se considèrent-ils eux mêmes comme des " protestants " ? Force est de constater que non ou du moins, s'ils ont pleinement conscience que la Réforme fit partie du processus dans lequel s'inscrit l'œuvre mondiale d'évangélisation dont ils sont participant, il ne se reconnaissent plus dans le monde protestant. Ils en ont été exclus avant de s'en exclure eux-mêmes. Ils se placent dans la position non plus de " réformés " mais de " réformateurs " en poursuivant une tâche qu'ils avaient vu abandonnée par leurs frères protestants.

 

C'est un paradoxe mais leur travail semble trouver un écho bien plus fort chez les premiers réformés que celui fournit par ceux qui se réclament de la Réforme historique dont une des devise était : " Ecclesia semper reformanda ", Eglise se réformant toujours. N'oublions pas qu'à l'origine le but de la Réforme était de renouer avec les principes fondateurs de l'Eglise primitive, par opposition aux doctrines de l'Eglise romaine dite " papale ", et la formule " Ecclesia semper reformanda " s'inscrivait alors dans une démarche de retour et non d'adaptation au temps présent, à ce détail près que les grands chefs de la Réforme ne jugeaient pas nécessaire de remonter dans la doctrine au delà du temps de saint Augustin.


Les Témoins de Jéhovah veulent allez plus loin et renouer avec le modèle primitif tel que l'a transmis le Nouveau Testament. Ils ont trouvé des héros de la défense de la vérité évangélique en la personne de réformateurs jugés hérétiques et persécutés de leur temps (2).

(2) Fabien Girard est éditeur d’un site intitulé " liberté de croyance ", consacré à la liberté de croyance et l’anti-trinitarisme autour de Michel Servet et Sébastien Castellion ". http://libertedecroyance.blogspot.com


Pour toutes ces raisons ils n'ont de protestant que les racines mais la souche a produit une nouvelle sève.

 

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