Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

Rechercher

Archives

Articles Récents

25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 09:17

La jubilation sensorielle dans l’amour de Dieu
par Eric Agier,

publié en article à la Une dans le bulletin de la Correspondance unitarienne, n° 93, juillet 2009, 1 p.

Saint Augustin nous apprend que nos cinq sens peuvent, parallèlement à notre cœur ou à notre âme, nous servir de lieu de communion avec le divin. Exaltées en profondeur, ils dépassent leurs fonctions utilitaires pour s’ouvrir à de vrais jubilations.
Il dit : " L’amour de Dieu, c’est une lumière, un chant, une senteur, la saveur d’un mets, ou une étreinte pour moi qui suis un homme ". Ce qui signifie que la vue, l’ouïe, l’odorat, le goût, le toucher, nous permettent d’éprouver le sentiment du cosmique, de l’universel.

La contemplation d’un paysage ou d’une toile de maître, l’écoute d’une fugue de J.S. Bach, le fait de bien humer une fleur, de savourer un foie de canard, ou de faire l’amour à une belle fille peuvent devenir des moments divins.
Les animaux semblent d’ailleurs être capables d’éprouver de telles émotions jubilatoires en prise directe avec le cosmique. N’essayez pas de les déranger en train de dévorer leur proie, ou lorsqu’ils boivent ou qu’ils copulent en de vibrants assauts. Ils pourraient vous mordre.

Sandy 06Hélas, les petits bourgeois que nous sommes devenus avons beaucoup perdu de nos facultés de jubilation sensorielle primaire, que les savants appellent " cinesthésie " et " coenesthésie ". Nous ne savons plus voir, écouter, sentir, savourer, aimer dans le tréfonds de notre âme. A qui la faute ?

La débile imagerie TV, la chansonnette Pop, le bavardage Natel, la mal bouffe Mac Do, le coït dix minutes sont l’image de notre actuel mal être. Le rapport direct et en profondeur avec les éléments naturels, qui étaient encore l’apanage de nos récents ancêtres, n’est plus réservé aujourd’hui qu’à une élite d’initiés. Il nous faut réapprendre d’urgence ce que signifie cinesthésie et coenesthésie. Sans parler encore d’un nécessaire retour à des aspirations plus affectives et spirituelles grâce à la pratique de nouveaux modes de pensée, d’échange et de créativité.

Certains pourraient aussi se demander si Jésus a eu le loisir de s’exprimer lui-même sur le problème de la spiritualité et du sensoriel ? Je réponds oui, pour autant que l’on veuille bien relire les évangiles de manière plus attentive car ces récits tardifs ne nous ont transmis que quelques bribes de réflexions philosophiques. 


A propos de notre ouïe seconde, de cette faculté que nous avons de percevoir comme une divine mélopée, ce chant silencieux qui nous enlace parfois au cours d’une méditation, Jésus avait déclaré : "Celui qui entend le Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère, ou celle-là ma sœur". Et concernant notre œil, ce regard que nous pouvons lever vers les beautés de la nature, il dit avec simplicité : "Regardez les oiseaux du ciel ... " et aussi "Les fleurs des champs ne travaillent ni ne filent, cependant Salomon avec toutes ses richesses n’a jamais eu d’aussi beaux vêtements".

Quant à la perception d’une profonde saveur dans les mets, on peut dire de Jésus, à la différence des ascètes de son temps, qu’il aimait bien manger : " Le fils de l’homme est venu, il mange, il boit, et l’on dit : voilà un glouton et un ivrogne ". Et ceci : " Il leva les yeux vers le ciel et remercia Dieu pour ces aliments". Il avait aussi du palais : " Si le sel devrait perdre sa saveur, avec quoi la lui rendrait-on ? ". Après qu’il eût changé de l’eau en vin aux noces de Cana, " le maître de la fête vint lui dire : tout le monde sert d’abord le meilleur vin, mais toi, tu l’as gardé pour la fin ! ". Sa réflexion, magnifiant nos nutriments : " Ceci est mon corps et cela est mon sang ", placée par Jean au début de son ministère, n’était pas destiné à devenir un rite mortuaire théophagique (1). Jésus était opposé, par ailleurs, à tout interdit alimentaire : " Ce n’est pas ce qui entre dans le corps qui le souille, mais ce qui en sort ! ".
 

Eric Agier est auteur d’un livre publié en 2006 par les éditions L’Harmattan dans la collection "Cheminements spirituels " : Interview de Jésus-Christ. Les questions de Benoît, 166 p. (le bulletin n° 63, janvier 2007 en avait fait part). Il habite en Suisse, à Buchillon. Il est membre de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU
).

Repost 0
Published by Erice Agier - dans CU 2009 - articles
commenter cet article
9 juin 2009 2 09 /06 /juin /2009 19:40

 

Gravure vue sur le site Pittsburgb bloggers, mis en ligne par Lo-Bi Tribe le 6 juin 2009.
Le bois du bucher étant trop vert, on ajouta de la paille !


Repost 0
7 juin 2009 7 07 /06 /juin /2009 17:09

suite de l'article précédent

Son principal éditeur, George Kimmich Beach, a publié ses œuvres en trois volumes : 

"The Prophethood of All Believers / Le prophète de tous les croyants" (1986),
"An Examined Faith: Social Context and Religious Commitment / L’examen de la foi : Le contexte social et l'engagement religieux" (1991),
et "The Essential James Luther Adams : Selected Essays and Addresses / L’essentiel de James Adams : une sélection d’essais et de discours" (1998).
Ces trois volumes comprennent les essais particulièrement éclairants de Beach que celui-ci a écrit pour introduire chaque volume et leurs parties. Ce travail de l'éditeur revèle notamment le caractère systématique de la pensée d’Adams.

Des essais d’Adams ont également été rassemblés dans "Taking Time Seriously (1957) / Utilisons notre temps à bon escient" ;
"On Being Human Religiously : Selected Essays in Religion and Society / Comment devenir un homme religieux : essais choisis sur la religion et la société", edité par Max L. Stackhouse (1976) ;
"Voluntary Associations: Socio-cultural Analyses and Theological Interpretation / Les associations volontaires : analyses socioculturelles et interprétation théologique" , edited by J. Ronald Engel (1986).
Enfin, il y a eu deux éditions spéciales, en 1977 et en 1993, de la revue Unitarian Universalist Christian consacrées aux essais et aux sermons d’Adams.

" Paul Tillich's Philosophy of Culture, Science, and Religion
/ La pensée de Paul Tillich sur la culture, la science et la religion" (1965) est une version remaniée de la thèse doctorale d’Adams.

Des bibliographies complètes d’Adams peuvent également être trouvées dans D.B. Robertson, ed., "Voluntary Associations : A Study of Groups in Free Societies / Les associations volontaires : une étude de groupes dans les sociétés libres" (1966)
et John R. Wilcox, "Taking Time Seriously : James Luther Adams / Utilisons notre temps à bon escient : James Luther Adams" (1978).

Adams a écrit une autobiographie, "
Not Without Dust and Heat : A Memoir / Non sans poussière et chaleur" (1995).
Le travail de Wilcox, "Taking Time Seriously: James Luther Adams", est en partie une biographie, mais elle est surtout une étude de l'éthique Adams.
Des articles biographiques se trouvent aussi dans  Max L. Stackhouse, "James Luther Adams : A Biographical and Intellectual Sketch / esquisse biographique et portrait intellectuel de J. L. A." dans Voluntary Associations : A Study of Groups in Free Societies (1966)
et dans George W. Pickering, "James Luther Adams : Religious Liberalism at the Intersection of History and Biography, / James Luther Adams : le libéralisme religieux à l'intersection de Histoire et biographie"
dans American Journal of Theology and Philosophy (2000).

Repost 0
Published by traduction Jean-Claude Barbier - dans (hist) ADAMS James Luther
commenter cet article
7 juin 2009 7 07 /06 /juin /2009 08:20

biographie établie par Van Eric Fox et Alice Blair Wesley, éditée par l’Unitarian Universalist Historical Society (UUHS), lien, et traduite en français par Christian Phéline (Orléans).

James Luther Adams (12 novembre 1901 – 26 juillet 1994) fut à la fois pasteur de paroisse, acteur social, éditeur de journal, érudit distingué, traducteur et éditeur de théologiens allemands éminents, auteur prolifique et professeur de séminaire pendant plus de quarante ans. Il a influencé de façon décisive la pensée de centaines d’étudiants orientés vers le pastorat libéral ou aux fonctions d’enseignement. Ce fut au 20° siècle parmi les unitariens-universalistes américains le théologien le plus influent et l’un des meilleurs du groupe des théologiens libéraux américains en général.

portrait de James Luther Adams par Paul Hertz en 1975


Le cheminement vers l’unitarisme d’Adams fut similaire à celui de nombreux membres des congrégations unitariennes-universalistes. Il a grandi dans une famille chrétienne fondamentaliste de l’Est de Washington. Chez lui et à l’église, le jour du jugement annonçant la fin des temps était constamment évoqué comme possibilité réelle et vraisemblablement proche. Tandis qu’il était étudiant à l’université du Minnesota, Adams d’après ses propres mots était
, "on the rebound from fundamentalism" (un rejeton ? du fondamentalisme), il s’éleva contre la religion organisée et rejoignit temporairement une sorte d’humanisme athée.

Mais il fréquente les réunions du samedi du club masculin de l’Eglise unitarienne et devint rapidement auditeur des propos unitariens du révérend John Dietrich qui prêchait un autre type d’humanisme, à la fois scientifique et religieux. L’un de ses professeurs, Frank Rarig, unitarien, perçut que les éclats du jeune Adams envers la religion provenaient en fait d’un élan passionné pro-religieux. Lors d’un conseil de carrière, Rarig déclara calmement à Adams, à la consternation de celui-ci, qu’il deviendrait pasteur. L’humaniste délirant étonna ses amis lorsque à la fin de son travail préparatoire à la graduation, en 1924, il émigra à Harvard Divinity School pour entamer la préparation au pastorat unitarien.

A Harvard, Adams découvrit un programme de formation dépassé et privé des éléments intellectuels nécessaires à une foi moderne. Bien qu’inscrit aux autres cours de cette université, il trouva ces derniers aussi inadaptés pour la même raison. Au cours de sa croissance, il avait appris très tôt combien un mysticisme mal fondé peut dériver, " il part dans la brume, disait-il, et aboutit au schisme ". Par delà ces inconvénients, il trouva inacceptable une confiance infondée dans le modernisme, sans argument plus valable que l’inspiration du moment. Adams ne fléchissait que face à une conviction que l’intelligence puisse démontrer. Lors de l’obtention de son diplôme en 1927, il n’était pas encore l’humaniste chrétien inspiré qu’il devint après plusieurs années ultérieures d’études.

Avant même ce diplôme, alors qu’il travaillait sur le terrain à l’église unitarienne proche, à Salem, il créa un nouveau groupe de jeunes. Il épousa une pianiste accomplie, membre du groupe, Margaret. Celle-ci resta toute sa vie durant active dans l’Eglise et présente auprès des étudiants unitariens (ultérieurement unitariens-universalistes) de façon très vivante. Tout au long de sa carrière d’enseignant, John, avec Margaret, reçut en soirée dans l’intimité de son salon, chaque week-end, un ou plusieurs étudiants de l’université. Les Adams eurent trois filles. Margaret Adams mourut en 1978.

Après avoir eu son diplôme, Adams occupa une chaire comme pasteur dans deux congrégations : la Deuxième église unitarienne de Salem (Massachusetts), de 1927 à 1934, puis à la première Société unitarienne de Wellesley Hills (dans le même Etat) en 1934 et 1935. Alors qu’il était pasteur à Salem, il obtint la maîtrise de Littérature Comparée à Harvard et enseigna au département d’anglais de l’ Université de Boston. (1929-1932).

A Salem, il s’interrogea sur les revendications des travailleurs en grève de l’usine textile Paquet, la presse avait omis de couvrir le sujet. Son intervention en chaire exposa leur malaise et fit que la presse en parla ; il y eu alors règlement du conflit. Les propriétaires de l’usine autant que les directeurs et ouvriers étaient membres de l’Eglise. Pas un parmi les paroissiens ne se plaignit qu’il eut fait allusion à la grève en chaire. Ceci montre bien, comme Adams l’a dit à des générations d’étudiants, ce que représente la liberté de la chaire.

Cette expérience à Salem renforça la conviction, déjà bien ancrée chez Adams, qu’une Eglise libérale peut et se doit de représenter fidèlement la parole des opprimés rendus muets. Il était fermement critique vis à vis du libéralisme ambiant qui, dans son individualisme excessif, observait tout juste et ne prenait jamais partie en matière de justice sociale. Une religion libérale faible fournit une fausse bénédiction a un statu quo. Il ne cessa de mettre en avant cet argument devant ses classes.

En 1935, après un an à Wellesley Hills, on invita Adams à intégrer le groupe des professeurs de l’Ecole théologique unitarienne et universaliste de Meadville/Lombard à Chicago. Cet appel correspondait au souhait précis de certains : " le mouvement unitarien avait un besoin urgent d’élever son niveau intellectuel dans la branche théologique, de façon à ce que les Eglises ne soient pas sous équipées face aux défis du monde moderne ". Il accepta cet appel à condition de pouvoir étudier un an en Europe avant d’assumer sa tâche d’enseignant.

En Allemagne, pendant les années 1935-1936 Adams observa la façon dont le gouvernement nazi d’Adolf Hitler écrasait impitoyablement toute dissension tandis qu’il alignait ses forces en vue de la marche à travers le continent. Interrogé par la Gestapo, il évita de peu l’emprisonnement lié à son adhésion au mouvement de l’Eglise clandestine. Avec une caméra de cinéma domestique, il filma Karl Barth, Albert Schweitzer, entre autres, y compris ceux qui appartenaient à des groupes de résistance liés à l’Eglise, ou encore des leaders pro nazis de la prétendue German Christian Church.

Adams, de retour aux U.S.A., était plus que jamais convaincu que la tendance des religieux libéraux à se contenter théologiquement de slogans vagues et de platitudes sur l’ouverture d’esprit, ne pouvait que rendre incompétentes et impuissantes les Eglises libérales face aux maux du monde ; ces convictions, il les affirma bien haut et souvent.

Adams enseigna à Meadville/Lombard de 1936 à 1943 et exerça également comme professeur de 1943 à 1956 à la Fédération des facultés théologiques de l’université de Chicago dont Meadville/Lombard était membre. En 1945, Adams obtint un titre de Ph. D de l’université de Chicago. Il collabora vigoureusement avec les électeurs indépendants de l’Illinois, formation politique indépendante dont la visée était d’obtenir un gouvernement ouvert et honnête. L’action d’Adams lui attira l’amitié des politiciens libéraux Paul Douglas et Adlai Stevenson.

En 1957, Adams quitte Chicago pour rejoindre la Harvard Divinity School comme enseignant. Après l’âge légal de la retraite, il poursuit ses fonctions à Andover Newton theological seminary et à Meadville / Lombard. Dans le cadre de l’Académie, Adams eut la réputation d’avoir rendu accessible au monde anglophone les travaux des théologiens allemands libéraux : Paul Tillich, Ernst Troeltsch, et Karl Holl en traduisant, éditant, interprétant leurs écrits.

Ses nombreux autres essais et articles se concentrent sur la théologie de l’éthique sociale et couvrent un très large éventail de sujets, de la politique au grotesque dans l’art, de la signification des anges au SIDA. Particulièrement remarquable a été son travail sur l’histoire et la théorie des associations bénévoles en culture démocratique.

L
a conception d’Adams concernant la signification et l’importance des associations bénévoles provient en ligne directe de sa compréhension de l’inspiration authentiquement libre de " l’Eglise libre ". Il décrivait celle-ci comme un corps de croyants librement unis par un contrat de loyauté vis à vis de " l’esprit saint de l’amour ", réunissant intentionnellement la dissidence, dirigé par ses membres eux mêmes, et farouchement libérés du contrôle de l’Etat. Le règne de l’esprit d’amour parmi les membres doit se manifester par leur prise volontaire de responsabilités pour que l’ensemble de la société soit plus juste.

Il en vint à considérer l’idée d’Eglise libre comme la racine même de la tradition judéo-chrétienne dont résulte notre civilisation occidentale, en particulier parce qu’elle impose une limite délibérée et soigneusement entretenue au Gouvernement afin que celui-ci ne puisse contrôler à sa guise les associations bénévoles ; ce qui assure leur prospérité dans une société démocratique [par opposition aux régimes totalitaires que connaît alors l’Europe. ndlr].

Pour lui, la participation aux associations bénévoles, sous quelque Gouvernement que ce soit, a été le moyen principal par lequel un changement bénéfique a pu être effectué à travers l’histoire humaine et est la clé de compréhension de celle-ci. Pour Adams, l’idée qu’un groupe puisse avoir le monopole de l’esprit d’amour est absurde et idolâtre. Dans le monde occidental, l’Eglise libre fournit un modèle historique à bien d’autres associations bénévoles dont le but est d’élever le niveau et la promotion d’un changement constructif. Comme théologien, Adams s’intéressait aux associations bénévoles parce que son expérience et ses études l’avaient conduit à croire qu’à travers une participation volontaire à des groupes, l’humanité peut répondre depuis toujours à "la puissance de former des communautés" inhérente à l’amour de Dieu présent dans le cœur et l’esprit de chaque humain.

Adams, paraphrasant Jésus énonce sa théologie sous l’expression : " C’est par leur groupement qu’on les connaîtra ". Ceci est également écrit en raccourci bref, souvent relu dans les services unitariens-universalistes en voix antiphonées : ‘Je nomme libre cette Eglise’. Dans la théologie d’Adams, l’Eglise libre est une institution de haute valeur dans la mesure où elle répond à deux autres critères : ses membres sont variés et elle comprend tous les âges et rangs sociaux, occupations, compétences, niveaux de fortune, etc., et aussi que l’Eglise s’adresse à un éventail beaucoup plus large de préoccupations que ne le font les groupes plus réduits. De plus, le but essentiel de l’Eglise libre est l’adoration, expérience renouvelée loyalement par l’amour en esprit sous toutes ses formes.

Ceci veut dire que l’Eglise doit avoir une théologie compréhensible, susceptible d’être formulée en une langue nouvelle, vivante et ouverte à une critique éclairée et à une réforme, si l’on veut éviter qu’elle ne glisse par inadvertance dans l’idolâtrie, qui en fait représenterait pratiquement une fidélité à une réalité de moindre qualité. Adams pensait que toutes organisations comportent une théologie implicite dans leurs engagements sous forme de pouvoir légitime ou illégitime, mais cette attention portée aux termes utilisés dans l’articulation de la fidélité religieuse n’est pas du ressort de ces autres organisations dont la vocation première n’est pas l’adoration. Le langage de l’Eglise libre, Adams y insistait, se doit d’être flexible, non doctrinaire. Il disait souvent que " les gens meurent du durcissement des catégories ". Il déplorait la faiblesse confuse des Eglises libérales dont les membres ne portaient pas leurs efforts, lors des discussions courantes au sein de leur Eglise, sur l’examen et l’exposé de leur fidélité personnelle, profonde, essentielle. Paraphrasant Socrate, il disait : " une foi non examinée ne vaut rien ".

Quoique très pris par sa profession et au sein de nombreuses autres associations volontaires, Adams resta toujours un participant très actif dans sa propre Eglise et assista toujours à la célébration du dimanche. Il était également actif à l’Association unitarienne-universaliste (UUA) [ndlr : l'Association unitarienne Américaine AUA avant 1961], servant dans de nombreux comités, plus spécialement à la commission d’Evaluation de 1934 à 1936. Une réorganisation significative de l’Association résulta de ses travaux avec d’autres au sein de cette Commission.

Adams était un brillant enseignant, si bien que ses classes attiraient toujours des étudiants provenant de multiples traditions religieuses. C’est à travers eux que son influence s’étendit à de multiples institutions dont ses anciens étudiants ont maintenant la charge et dont beaucoup sont très distingués. Il avait l’art d’élargir l’horizon des esprits de ses étudiants et de leur communiquer son enthousiasme pour les idées vivifiantes et inspirées, celles de justice et liberté. L’abstraction somnolent l’irritait. Il lui fallait suivre et soutenir le trajet dramatique des idées, l’endroit de leurs origines, la lutte pour leur acceptation, qui avait intérêt à les détruire, et comment elles s’appliquaient à la vie courante des humains. Et c’est cela qu’il demandait à ses étudiants de retenir et de documenter scrupuleusement dans leur travail sur le cours.

Il arriva, au cours d’une conférence, qu’Adams défia à plusieurs reprises Edwin Wilson, le leader des unitariens humanistes, de citer la source des idées énoncées par son groupe. Adams se régalait de rappeler et de citer la façon dont en public, Wilson reçut le coup : " James Luther Adams croit au salut par bibliographie ", à quoi Adams répliqua : " Il n’existe rien de tel que l’immaculée conception d’une idée ".

Les amis d’Adams s’adressent à lui affectueusement comme " JLA " d’après la signature qu’il utilisait sur des milliers de mémos et lettres adressées à des centaines de correspondants dans le monde. Chez des pasteurs surtout. Les histoires sur JLA abondent. La plupart se terminent sur une saillie et éclat de rire réputés chez JLA de même que ses illuminations concernant certains sujets importants.

Au début, la critique d’Adams concernant la religion libérale restait sur le cœur de ses collègues. A l’occasion, on lui disait que s’il découvrait tant de défauts dans l’Eglise unitarienne, il serait bienvenu qu’il la quitte ; mais avec l’écoulement des années, il vint à être respecté par la majorité comme un réformateur constructif, bon à écouter pour la profondeur et l’étendue de ses vues.

Adams a souffert dans ses dernières années d’une atteinte douloureuse de la colonne. En ses années 80, et bien que malade, il poursuivit sa correspondance animée et continua ses études, affable comme d’habitude avec ses nombreux visiteurs. Il mourut à 92 ans dans sa maison à Cambridge, Massachusetts en 1994.

La première collection d’écrits et films d’Adams est à la George Arents Research Library for special Collections à l’université de Syracuse. Des éléments additionnels se trouvent à la James Duncan Phillips Library à l’institut Essex à Salem Mas. Et les archives de l’Andover-Harvard Theological library à la Harvard Divinity School. The James Luther Adams Foundation fût créée en 1977. L’un de ses buts statutaires est de " aider, encourager, s’engager dans la collecte, le maintien et la publication des dossiers sur la vie et la pensée de James Luther Adams ".

Comme il ne put jamais résister à une convocation, à une série de meetings destinés à donner une autre forme à encore une autre institution, Adams n’a jamais pu se mettre à organiser ses publications.
 

Repost 0
Published by traduction Christian Phéline - dans (hist) ADAMS James Luther
commenter cet article
28 mai 2009 4 28 /05 /mai /2009 09:00

Article à la Une : " Le testament de Jésus selon l’évangéliste Jean ", prédication de Didier Travier au culte du dimanche 24 mai 2009 au temple de l’Eglise réformée du Mans, d’après lectures de 1 Samuel 21, 2-16 (1-7), 1 Jean 4, 11-16, Jean 17, 11-19, mis en ligne dans les Actualités unitariennes du 27 mai 2009, dans la rubrique "le temps des évangiles".

Libres propos : "A propos du groupe Yahoo Unitariens francophones " (Nicolas Semaille, Bruno Cadez), mis en ligne le 27 mai 2009 dans La Besace des unitariens 
" Rétribution " par Michel Théron, mis en ligne le 27 mai 2009 dans La Besace des unitariens

Message d'envoi, le 26 mai 09, par Jean-Claude Barbier
Après la prédication du mois dernier de Charles Nicol, voici celle de Didier Travier, lui aussi prédicateur laïc de l’Eglise réformée de France (ERF). Nous ne pouvons que féliciter ces prédicateurs de la qualité de leur intervention qui augure bien du futur du christianisme. Oui, nous avons désormais des laïcs – et pas seulement des clercs – tout à fait capables d’animer les Eglises locales. Nous savons aussi que, au sein des diocèses catholiques, des laïcs ont été également formés.

Nous assistons à l’émergence d’une génération pour qui l’étude des textes se fait d’une façon intelligente, avec intuition et cœur mais aussi avec raison et en tenant compte du progrès des connaissances en la matière. Le Siècle des Lumières l’avait été pour les seules élites intellectuelles ; aujourd’hui, c’est tout un peuple chrétien qui sort de l’ombre, avec ses laïcs en tête. Que nous soyons protestants, catholiques, orthodoxes ou unitariens, chérissons nos Eglises locales et faisons les vivre pour qu’elles brillent d’intelligence et d’ouverture à autrui.

Repost 0
Published by la Correspondance unitarienne - dans CU les sommaires
commenter cet article
28 mai 2009 4 28 /05 /mai /2009 08:50

Article à la Une : " La Pentecôte : et si le Souffle était en nous ? " par Charles Nicol (prédication du dimanche 18 mai 2008 au temple de Saint-Brévin l’Océan, secteur ERF de Saint-Nazaire), mis en ligne dans les Actualités unitariennes du vendredi 24 avril 09, à la rubrique "le temps des évangiles".
Informations :

La Deuxième semaine unitarienne de Nantes ; voir la rubrique "les semaines unitariennes de Nantes" sur le site de l’AFCU

Lire la Bible d’une façon "non religieuse" avec le pasteur Roger Parmentier. Session d’étude en Ariège, voir l’annonce dans les Actualités unitariennes du mardi 21 avril 09

Les nouveaux prêtres de l’Eglise catholique arrivent en courant, mis en ligne dans les Actualités unitariennes du vendredi 24 mai 09.
Libres propos :
"Les bases de ma foi" par Michel Jamet, mis en ligne dans La Besace des unitariens du vendredi 24 avril 09 ;
"Un chrétien unitarien" par Jean Pierre Marie Babin, reproduction d’un article de son site "Chrétiens unitariens 44".
Message d'envoi, le jeudi 23 avril 09 par Jean-Claude Barbier 

Avec ce bulletin, la région de Nantes est à l’honneur avec un article à la Une d’un prédicateur de l’ERF pour la zone de Saint-Nazaire, Charles Nicol, déjà auteur d’un Libre propos " prier dans l’unité " publié dans le n° 89, mars 2009), et deux libres propos d’unitariens nantais, Michel Jamet et Jean-Pierre Babin. Ce n’est pas la première fois que Nantes se distingue puisque l’article à la Une du mois de décembre 2008 (n° 86), " Quand le fils de l’homme viendra dans sa gloire ... " était signé de Jacques Musset, figure éminente de la mouvance nantaise de Marcel Légaut.

C’est donc tout naturellement que nous vous convions à notre Deuxième semaine unitarienne de Nantes qui, au début du mois d’août, vous propose une formule estivale et conviviale à tarif très économique.

Repost 0
Published by la Correspondance unitarienne - dans CU les sommaires
commenter cet article
28 mai 2009 4 28 /05 /mai /2009 08:44

Article à la Une : " L’Eglise unitarienne francophone (EUfr) offre à tous son espace de prière ", par Jean-Claude Barbier, mis en ligne le vendredi 3 avril 09 dans les Actualités unitariennes.
Informations :
Eglise unitarienne francophone (EUfr),
Conseil des unitariens et universalistes français (CUUF),
Bibliothèque nationale de France (BNF).
Libres propos :
La Trinité " par Roger Parmentier, mis en ligne le vendredi 3 avril dans La Besace des unitariens ,
Ne touche pas à l’Eglise de mon pote " par Jean-Claude Barbier, mis en ligne le jeudi 12 février dans les Actualités unitariennes ,
La goutte d’eau qui fait déborder le vase " par Hervé Le Duc, mis en ligne dans La Besace des unitariens du vendredi 3 avril 2009,

Au nom de l’Evangile, crions, supplions ! " par Philippe de Briey, mis en ligne le vendredi 3 avril 2009 dans La Besace des unitariens.
Message d'envoi
de Jean-Claude Barbier le vendredi 3 avril,
Benjamin des réformes protestantes du XVIème siècle, introduit tardivement en France en 1986 (avec l’appui moral de Théodore Monod), le mouvement unitarien de langue française s’est maintenant suffisamment organisé pour pouvoir offrir à tous un espace de prière alternatif sur le site de son Eglise. Il s’est suffisamment organisé tant sur le plan national, avec la fondation récente d’un Conseil des unitariens et universalistes français (CUUF), que sur le plan de la Francophonie (avec une Eglise linguistique sur la Toile, l’Eglise unitarienne francophone EUfr), qu’au niveau international (reconnaissance par l’International Council of Unitarians and Universalists en avril 2006 de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU) comme groupe émergent), pour être en mesure de faire cette proposition.
Cette proposition " alternative " tombe à point dans un paysage religieux français en pleine évolution à la suite des prises de position du Vatican. Prenez en connaissance ; parlez-en autour de vous.

Repost 0
Published by la Correspondance unitarienne - dans CU les sommaires
commenter cet article
28 mai 2009 4 28 /05 /mai /2009 08:37

Article à la Une : " De la paix avec soi-même " par Jean-Marie Muller, philosophe et écrivain, porte parole national du Mouvement pour une Alternative Non-Violente (MAN), reproduction d’un article interne au mouvement, mis en ligne dans les Actualités unitariennes à la rubrique " la non-violence " sous le titre "la non violence est une spiritualité engagée".
Libres propos, mis en ligne dans La Besace des unitariens
Charles Nicol, prédicateur de l’ERF à Saint-Nazaire (" Prier pour l’unité "),
Jean-Charles Sikner (" Cathos libres en Allemagne et en France "),
Grégoire Maury (" Pas de prophètes, mais le souffle divin en tout être ")
et Henri de Vaucluse (" Notre fardeau ")
Document : "Les unitariens francophones ont leur Eglise", mis en ligne dans les Actualités unitariennes.
Message d'envoi de
Jean-Claude Barbier le 5 mars 2009.
Où est Dieu ? en haut ou en bas, au ciel ou sur terre, dans la Nature, en soi – dans sa plus profonde intimité ou plutôt dans le lien social qui nous relie aux autres (spiritualités engagées dans le monde telles que le présente Jean-Marie Muller dans notre article à la Une), dans la communion ritualisée voir la fusion émotive au sein de petites communautés conviviales ? Bien malin qui peut généraliser ... à moins de répéter les enseignements religieux et les exercices spirituels d'une tradition particulière. Mais l’expérience qui vaut pour l’un n’est pas forcément évidente ni appropriée pour un autre.

L’Eglise unitarienne francophone – à notre connaissance la toute première Eglise sur la Toile (et pas seulement un site d’Eglise) – tient compte de ces légitimes interrogations et diversités théologiques. Elle accueille la foi des uns et des autres sans dogmatisme : fondée en juin 2008, elle est présentée en document dans ce bulletin. Pour plus ample information, voir
son site.

Repost 0
Published by la Correspondance unitarienne - dans CU les sommaires
commenter cet article
28 mai 2009 4 28 /05 /mai /2009 08:33

Article à la Une : "La Trinité chrétienne est une triade", par Jean-Claude Barbier, 4 pages, mis en ligne en 3 parties dans les Etudes unitariennes, à la rubrique "la Trinité est une triade indo-européenne".
Message d'envoi de Jean-Claude Barbier le 30 janvier 2009.
Au sein du christianisme, la théologie unitarienne représente un courant libéral, qui a été rejoint par le protestantisme libéral au XIXème siècle puis par une frange du catholicisme libéral post Vatican II, mais il est AUSSI un courant radical, né du courant anti-trinitaire du XVIème siècle.

 

Déjà Luther et Calvin ne voulaient pas en parler de cette sacrée et foutue Trinité, ayant bien d’autres chats à fouetter ! et c’est Michel Servet, qui par insistance impertinente, l’a mise sur le tapis en 1531 ; il lui en coûtera la vie, un jour d’octobre 1553, sur une colline aux abords de Genève.

Contrairement à sa mise aux oubliettes, un peu pragmatique il faut bien le dire afin de ne pas heurter les autres fidèles moins libéraux, cette Trinité est bel et bien la clef de voûte d’un système qui a donné naissance à la chrétienté. La désactivée est une nécessité si nous voulons retrouver une pleine liberté de pensée. Et puis, être de plain pied avec les autres croyants monothéistes, juifs, musulmans, sikhs, baha’is, etc.

Le moment est venu, nous semble-t-il, de ne plus tourner autour du pot, de dire les choses sans langue de bois : nous n’avons plus besoin, aujourd’hui, de la construction trinitaire. Disons le haut et fort pour que les choses soient enfin claires et de ne plus nous prendre les pieds dans des circonvolutions théologiques ou des euphémismes à ne plus en finir. Nous espérons que notre article, qui propose une approche novatrice, vous y aidera et nous vous en souhaitons une bonne lecture.

Repost 0
Published by la Correspondance unitarienne - dans CU les sommaires
commenter cet article
28 mai 2009 4 28 /05 /mai /2009 08:27

Article à la Une : "Le christianisme est fondamentalement un personnalisme" par Jean-Claude Barbier mis en ligne dans La Besace des unitariens.
Informations mises en ligne dans La Besace des unitariens.
AG de l'AFCU, deuxième semaine unitarienne de Nantes du 3 au 9 août,
ordination de Roberto Rosso de la CICU,
formation d'un groupe unitarien à Lomé,
un groupe de travail unitarien "Unitariens francophones en dialogue",
Libres propos mis en ligne dans La Besace des unitariens .
Thierry Moralès, Bruno Cadez, Maurice Vandeweghe, Jean-Claude Barbier, Xavier, Marie-Louise et Antoine Girin, et citations de Dostoïevski et de Léon Tolstoi,
Message d’envoi de Jean-Claude Barbier le 9 janvier 2009.

Depuis octobre 2002, vous recevez chaque mois un bulletin de 4 pages. Cette continuité est notre fierté et notre service. C’est en s’appuyant sur un réseau participatif que nous pouvons alimenter ainsi ce bulletin ; il est l’expression d’une mouvance certes jeune encore, mais bien existante et montante. Le réseau est plus ouvert qu’une association puisqu’il n’a pas les contraintes des cotisations et des critères d’adhésion ; des sympathisants y collaborent librement ; chacun y garde son identité et ses propres activités. Il en est de même pour les multiples activités que nous avons initiées.

Repost 0
Published by la Correspondance unitarienne - dans CU les sommaires
commenter cet article