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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

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17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 17:56

Article à la Une : "Trinité" par Michel Théron, écrivain, membre du comité de rédaction du journal Golias Hebdo, dans lequel est parue une première version allégée de cet article (numéro 137, semaine du 17 au 23 juin 2010), mis en ligne dans La Besace des unitariens le 17 septembre 2010 (lien), traduit en italien sur le site des chrétiens unitariens italiens, Unitariani (lien), en date du 12 octobre 2010.

Informations : informations parues ces derniers mois dans les Actualités unitariennes (lien) - Un avion, baptisé "Michel Servet" (28 février 2010) ; Genève : une plaque explicative à la stèle Michel Servet (18 juin) ; Michel Servet dans la pièce historique d'Ugo Rizzato "Georges Biandrata, le renard et le lion" (19 juin) ; Le manuscrit de Stuttgart est-il de l'Italien Matteo Gribaldi ? (28 juin) ; Pourquoi Michel Servet s'est-il intéressé à la circulation du sang ? (4 juillet) ; Michel Servet aux "nuits magiques" de Huesca (5 juillet).

Bibliographie : articles sur Michel Servet dans les sites francophones gérés par des unitariens ; récapitulatif paru sur le site du Conseil des unitariens et universalsites français (CUUF) "Unitariens français" (lien).

Message d'envoi, le vendredi 17 septembre par Jean-Claude Barbier
Comme pour chaque mois d'octobre - ici avec un billet signé de Michel Théron - , nous consacrons notre bulletin à Michel Servet dont les pamphlets anti-trinitaires de 1531 ébranlèrent l'orthodoxie chrétienne. Ils continuent à être révolutionnaires encore aujourd'hui ! Jésus fut bel et bien un homme comme nous tous ; pourquoi dès lors l'avoir "divinisé" ? C'est le rôle des unitariens de dire tout haut ce que bien d'autres chrétiens pensent tout bas ; mais ne peuvent pas toujours exprimer à cause de la famille, de la paroisse, d'une carrière ecclésiale, de la crainte d'être taxé d'hérésie, des pesanteurs de toute sorte ... 
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17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 17:29

"Trinité" par Michel Théron *, article à la Une dans le bulletin de la Correspondance unitarienne, n° 108, octobre 2010.

* écrivain, membre du comité de rédaction du journal Golias Hebdo, dans lequel est parue une première version allégée de cet article (numéro 137, semaine du 17 au 23 juin 2010)

Les catholiques l’ont célébrée le dimanche 30 mai dernier. L’encyclopédie Wikipédia en garantit l’ancienneté, en affirmant que même si le nom n’en apparaît pas dans le Nouveau Testament, « les notions qui constituent la doctrine trinitaire sont contenues dans les Écritures ».

Je me demande cependant où elle a pris cette idée de l’ancienneté scripturaire d’un seul Dieu en trois personnes, ou hypostases, égales en dignité. Il suffit de lire l’évangile de Jean, où pourtant Jésus a la plus haute stature, relevant de ce qu’on appelle une « haute christologie » : « Si vous m’aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je vais au Père ; car le Père est  plus grand que moi. » (14/28) Même la fin de son Prologue, où l’on voit souvent les prémisses de la doctrine trinitaire, montre dans le Fils un simple interprète ou exégète du Père : « Dieu, personne ne l’a jamais vu ; le Fils unique, dirigé vers le sein du Père, nous l’expliqua (grec : exègèsato). » (1/18) Un exégète ne s’identifie pas à ce qu’il explique. Tout au plus peut-on dire qu’il se range de son côté, que sa cause et la sienne sont les mêmes.

Certes, certains continuent de voir dans le texte johannique lui-même des formulations pré-trinitaires. Mais c’est à tort il me semble. Ainsi une phrase comme : « Moi et le Père nous sommes un » (Jean 10/30) peut signifier simplement : « Notre cause est la même ». Ce n’est pas encore la consubstantialité Fils/Père telle qu’elle sera affirmée plus tard, au concile de Nicée, en 325. Et de même un énoncé comme : « Celui qui m’a vu a vu le Père » (Jean 14/9), peut vouloir dire simplement : « Celui qui m’a vu a vu tout ce qu’il peut voir du Père » ... car si on admet ce que dit littéralement la fin du Prologue, le Père est définitivement invisible : « Dieu, c’est un fait que personne ne l’a jamais vu ... » (le verbe grec est au parfait, temps qui marque le résultat présent d’une expérience passée).

Quant à l’Esprit, il ne vient à l’origine que du Père seul, malgré ce qu’affirme l’Occident latin par l’ajout qu’il fait au Credo de Nicée, en disant qu’il procède aussi du Fils (Filioque) : « Quand sera venu le consolateur, que je vous enverrai de la part du Père, l’Esprit de vérité, qui vient du Père, il rendra témoignage de moi. » (Jean 15/26) On sait que christianisme occidental et christianisme oriental se sont séparés sur ce point, au XIe siècle. Dans la formulation scripturaire initiale, le Fils est donc, relativement à l’Esprit, encore subordonné au Père. On pourrait donc parler ici d’une double subordination.

Ce sont les différents conciles qui ont au fil des siècles élaboré la notion de Trinité. Cette constatation ne déstabilisera aucun catholique, car on lui a enseigné que la réception de la révélation est progressive, et que ces conciles ont été inspirés par le Saint Esprit. Pareillement aussi pour les orthodoxes, qui ne mettent pas en question leur propre vision de la Trinité. Mais les protestants, qui s’en tiennent à la Seule Écriture (Sola Scriptura) ont de quoi ici être perplexes. Aussi y a-t-il dans leurs rangs des partisans d’une christologie arienne, ou adoptienne, ou des unitariens, partisans de la seule monarchie divine, et donc négateurs de la Trinité.

Cependant, un bref regard sur l’histoire montre que beaucoup de ces conciles se sont anathématisés entre eux, et que le consensus ne s’est pas toujours fait. L’esprit souffle où il veut, certes : mais aussi dans tous les sens. On peut admettre aussi que l’interprétation de ce que nous révèle l’Écriture soit progressive. Mais pourquoi, au mépris de ce principe sans doute fort louable, l’Église nous dit-elle maintenant que cette interprétation est définitivement close ? Sauf à penser évidemment qu’elle en est seule dépositaire, et que l’enjeu ici est celui de son pouvoir.

 

Une traduction de ce texte en italien est disponible sur le site des chrétiens unitariens italiens (lien).

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5 septembre 2010 7 05 /09 /septembre /2010 22:11

Article à la Une : Religion et spiritualité, par Jean-Claude Barbier , communication au groupe Yahoo Unitariens francophones le 2 avril 2010, mis en ligne dans la rubrique « les piliers de l’Eglise » sur le site de l’Eglise unitarienne francophone (lien)
Informations :

Lancement en août 2010 du groupe Croissance spirituelle sous l’égide de l’Eglise unitarienne francophone (lien)
Engagement des Actualités unitariennes pour la défense des animaux : des jeux taurins plutôt que la corrida, non à la viande casher ou halal qui implique l’égorgement à vif des animaux, etc. (lien)
Les unitariens sont en deuil en République démocratique du Congo (RDC) suite à l’accident d’un camion citerne d’essence en plein centre du village de Sange dans la province du Sud Kivu, le 2 juillet 2010  (lien), et au Pakistan, avec la mort en juillet d’Inderias Dominic Bhatti , fondateur de l’Unitarian Universalist Christians of Pakistan (lien)
Les chrétiens se rencontrent à Bruxelles au sein de la Paroisse libre fondée en 1976 dans le sillage de Pierre de Locht et de Suzanne van der Mersch (dossier avec 5 articles, lien) et à l’initiative d’Evangile et Liberté (Journée du dimanche 26 septembre), lien.
Sur facebook, la page des « chrétiens alternatifs » (lien)
Libres propos :

Vois les coquelicots rouges de nos landes cathares, poème de Jean-Claude Barbier (lien)

Message d’envoi, de Jean-Claude Barbier le 2 septembre 2010

Ce bulletin vous invite à la spiritualité. Notre mouvance unitarienne, réputée rationaliste, y est paradoxalement très sensible car c’est bien souvent par la spiritualité qu’on s’émancipe des carcans religieux, dogmes, bourrage de crâne, règles de toute sorte et – au niveau de l’action – prudence extrême des paroisses, langue de bois des discours, morale pieuse face aux enjeux rappelant les saints principes mais non engagée dans le vif, etc.

Vous êtes invités à participer au groupe "Croissance spirituelle" que nous venons de lancer et qui a fort bien démarré. Et puis aussi acheter nos derniers numéros des Cahiers Michel Servet, mentionnés dans notre bulletin précédent et que vous pouvez trouver sur notre site documentaire de La Besace des unitariens, et qui font aussi la part belle à la spiritualité et au langage des prophètes (lien). Nous vous accompagnons fraternellement dans votre foi et spiritualité.(le 2 septembre 2010 par Jean-Claude Barbier).

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17 juillet 2010 6 17 /07 /juillet /2010 10:13

"Quand l'Esprit ose l'espérance", en réponse à l’enquête du diocèse de Luçon : « Depuis le Synode qu’est-ce qui a été pour vous un émerveillement dans votre vie ? » par Jean-François Morineau, adhérent à Solidarité Eglise Liberté Vendée (SEL85), publié dans les "libres propos" du bulletin n° 106, août 2010 de la Correspondance unitarienne.

[…] " Ce qui m’émerveille c’est le renouveau depuis le 20° siècle de la réflexion théologique stimulée par les acquis des sciences de la terre et de l’homme qui peuvent sembler en opposition avec les énoncés de la doctrine chrétienne. Or, s’il y a une vérité, elle ne peut être qu’une. Quand la science établit une vérité, la foi ne peut être qu’en accord avec elle et doit se mettre en question si sa formulation en diffère. C’est à cette exigence de révision rationnelle qu’ont invité les papes. Jean-Paul II dans son Encyclique « Fides et Ratio » et même Benoît XVI dans ses discours de Ratisbonne et des Bernardins à Paris. « Il faut disent-ils : rationaliser la foi »

Et voilà que l’Esprit a inspiré bon nombre de théologiens, mais aussi d’évêques, pour exprimer la nécessité d’une re-fondation des énoncés de la foi chrétienne, afin qu’elle devienne crédible et recevable aux hommes de ce temps.

Il en est ainsi des premiers chapitres du livre de la Genèse qui à travers une fable poétique essaient de nous dire le sens de l’origine du monde et de l’homme, mais ne peuvent rien nous dire sur le « comment ? ». De même le récit mythique d’un paradis terrestre qui n’a pas pu exister et de l’origine individuelle d’un premier homme et d’une première femme, quand l’anthropologie scientifique tend à démontrer l’émergence polygénique de l’humanité, dans un processus d’humanisation progressive. Et la « faute » de ces inconnus qui se serait transmise, comme génétiquement, à toute l’humanité, si l’on peut faire crédit à la théologie augustinienne qui a inventé le « péché originel » pour justifier la rédemption, alors qu’il n’y a aucun péché, mais seulement la condition humaine imparfaite.

Et que dire dans l’Eglise, de la prééminence de l’homme sur la femme, théologiquement sans fondement, mais seulement séquelle de la condition féminine qui sévissait alors dans la civilisation judéo-arabe ? Et cette subordination de la femme continue, dans l’Eglise catholique, à lui interdire l’exercice des ministères…

Et pourtant, toutes ces fausses interprétations et tous ces errements perdurent dans la dogmatique chrétienne, dans l’enseignement officiel de l’Eglise et dans sa catéchèse, au risque de les discréditer. Alors, osons l’espérance des merveilles de l’Esprit ! Qu’il renouvelle la face de l’Église !

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Published by Jean-François Morineau - dans CU 2010 - articles
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17 juillet 2010 6 17 /07 /juillet /2010 09:38

Nicolas G. Hayek est le patron de la Swatch Group. Il est décédé récemment, le lundi 28 juin 2010

Né au Liban en 1928, il y a suivi l’école française chez les Jésuites jusqu’à l’âge de 12 ans, puis il a fait les deux baccalauréats français dans une université américaine, avec un professeur vaudois. Ensuite, ce fut à Lyon pour des études de mathématiques et de physiques. Il s’est marié à 23 ans et sa femme compte des ancêtres huguenots (lesquels sont à l’origine de l’horlogerie suisse). Il se révolta contre la croyance en Dieu à l’âge de 12 ans car il n’existe aucune preuve de l’existence de Dieu ; puis, maintenant, de nouveau il croit en Dieu car « il n’y a pas d’autre possibilité de comprendre la création de ce monde ».

Agé maintenant de 82 ans et à la tête du plus important groupe horloger du monde, avec 25 000 employés, N. G. Hayek, d’origine libanaise et marié à une descendante d’huguenots français, a été interviewé sur son éthique de chef d’entreprise par le mensuel de l’Eglise protestante vaudoise, Bonne Nouvelle (paru en mai 2010, Cahier La Côte, La Morges, Suisse - document que nous a transmis Eric Agier).

« Je suis un passager à bord d’un vaisseau spatial qui s’appelle la planète Terre. Lorsque je vois que ce vaisseau spatial est menacé par des gens qui veulent y faire des trous ou le détruire, j’interviens. Je saute immédiatement de mon siège pour aller aider à réparer les dégâts, avec mes moyens et avec d’autres passagers. Ensuite, lorsque c’est terminé, je reviens m’asseoir à ma place » (allusion à l’Exposition nationale de 2002 où le Conseil fédéral a fait appel à lui). Il se définit comme un homme d’action et non de pouvoir : « Je suis un homme d’action. Mais la politique, non … Toute ma vie, j’ai été un serviteur de la communauté »


Nicolas-G.-Hayek.jpg

 

Bien que riche, il préfère vivre sobrement : « Je suis un chef d’entreprise parmi les plus riches de Suisse. Je n’ai pas d’avion privé, je ne dépense pas l’argent des actionnaires, je refuse d’encaisser les salaires trois fois plus élevés que les autres empochent. Je traite mes employés comme mes amis. Lorsqu’il y a une crise, je ne renvoie pas le personnel, je les garde tous. Cela nous a coûté 150 millions de francs de plus de salaires. C’est pour cela que je suis crédible. ». « (…) J’ai créé des richesses avec des artisans suisses, avec les qualités suisses, avec la précision suisse, avec l’honnêteté suisse. Car il y a beaucoup de Suisses honnêtes. Nous ne sommes pas tous des gangsters, comme trop de gens le pensent. Même si nous devons reconnaître que certains de nos banquiers se sont conduits comme des gangsters ».

 

« Si je dis quelque chose aux jeunes, c’est de ne pas planifier leur vie uniquement dans le but de devenir riches, en jouant à la Bourse. Il faut avoir l’esprit d’entreprise, créer des choses nouvelles, servir tout le monde. Cela donne beaucoup de plaisir ».

Le mécénat ? Il a lancé Belenos, une entreprise pour le développement d’énergies propres, avec le Groupe E, la Deutsche Bank, George Clonney, l’Ecole Ammann – « Je dépense une partie de ma fortune pour ce genre de chose ».


Pour en savoir plus, un livre : « Au-delà de la saga Swatch. Entretiens d’un authentique entrepreneur avec Friedemann Bartu », éditions Albin Michel : et  le site de son groupe.

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Published by Nicolas G. Hayek - dans CU 2010 - articles
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17 juillet 2010 6 17 /07 /juillet /2010 09:27

"Partager ses biens selon Jacques, le frère du Seigneur" par Régis Pluchet, secrétaire général de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU) - prédication à deux voix au culte du 11 octobre 2009 au temple de l’Eglise réformée du Mans. Lectures : Hébreux 4, 12-13, par Didier Travier : « le détachement spirituel et la grâce », et Marc 10, 17-30, par Régis Pluchet : « l’appel à la pauvreté et les œuvres » (partie ici seule reproduite), publié en article à la Une dans le bulletin de la Correspondance unitarienne, n° 106, août 2010.

Lorsque Jésus demande au jeune homme riche de vendre tous ses biens et de donner l’argent aux pauvres, cela nous concerne-t-il aujourd’hui ? Cette exigence n’est-elle que symbolique ? Ou doit-elle être prise au pied de la lettre ?

La réponse est à la fois oui et non. Sans doute, Jésus ne demande-t-il pas à tout le monde d’abandonner tous ses biens. Il appelle avant tout à une transformation intérieure. Il ne diabolise pas l’argent, il le remet à sa place. Mais il ne faudrait pas qu’une lecture symbolique, aujourd’hui, nous délivre de l’exigence du partage des richesses. L’épître de Jacques (2,14-17) est très claire là-dessus. La foi ne vaut rien si les riches laissent les plus démunis de côté. On voit pourtant dans les Evangiles Jésus fréquenter des hommes ou des femmes riches et accepter, quelques jours avant  sa mort, d’être oint par un parfum luxueux, dont les apôtres auraient préféré que son coût (300 deniers, soit un an de salaire) soit distribué aux pauvres. Il ne moralise pas, lorsque le geste vient du cœur et correspond aux circonstances. Il fréquente les riches autant que les pauvres, reçoit tout le monde sur un pied d’égalité, avec toutefois une attention plus particulière pour ceux qui sont en difficulté et nous rappelle que les premiers seront les derniers et les derniers seront les premiers.

Il ne s’en prend pas tant aux riches, qu’à ceux qui sont esclaves de leurs de richesses. Et nous sommes tous concernés, car nous avons tous des richesses qu’elles soient économiques, sociales, culturelles, psychologiques ou autres : nous pouvons aussi être trop riches de notre famille, de notre milieu, de notre Eglise, de notre paroisse.

Jésus rappelle dans ce texte (Marc 10 : 17-30) qu’il est plus facile à un chameau de passer par le chas d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu. Certains expliquent aujourd’hui qu’il ne s’agissait pas d’une aiguille à coudre, mais de la Porte de l’Aiguille à Jérusalem, qui était une porte très étroite, trop étroite pour être franchie par un chameau muni de son bardas, chargé de biens dont il fallait d’abord qu’il soit délesté. Quoiqu’il en soit de la traduction, la mise en garde est claire. Sachez partager vos richesses, sinon vous risquez d’y perdre votre âme : « Là où est ton trésor, là est ton cœur » dit Jésus.

Jacques le dit aussi d’une autre manière un peu plus loin, dans le passage que nous avons lu : « Votre richesse est pourrie, vos vêtements sont mités, votre or et votre argent sont rouillés (…). Il crie le salaire dont vous avez frustré les ouvriers qui ont moissonné vos champs et les clameurs du moissonneurs sont venues jusqu’aux oreilles du Seigneur ». Il demande aussi qu’il n’y ait pas discrimination entre riches et pauvres dans les assemblées et que ces derniers ne soient pas mis debout par derrière et les riches assis par devant. On accuse un peu vite Jacques de trop moraliser et il est vrai que son ton est parfois excessif, mais cela ne doit pas nous empêcher de voir le caractère prophétique de sa parole. Il ne fait que redire la parole de Jésus : « Amassez-vous plutôt des trésors dans le ciel que sur la terre, là où ni rouille, ni vers ne les détruisent » et c’est là qu’il concluait : « Là où est ton trésor, là est ton cœur » (Matthieu 6, 19-21).

Une parole toujours d’actualité dans un monde où le règne de l’argent sans frein a abouti à une telle crise, où le clinquant et le luxe s’affichent outrageusement, où certains qui ont déjà des salaires mirifiques reçoivent en outre des primes et des bonus considérables, tandis que d’autres sont jetés à la porte de leurs entreprises avec de maigres indemnités et sans considération. Une parole prophétique dans un monde où les peuples les plus riches tolèrent la pauvreté et l’injustice en leur sein et rejettent sans scrupules ceux qui viennent des pays les plus démunis et s’installent clandestinement, et on leur reproche sans doute de n’avoir pas frappé à la porte. C’est tout le sens de l’action de l’Entraide protestante de prendre au sérieux ces paroles de Jésus et de les mettre en oeuvre, comme essayaient de le faire les premiers chrétiens, lorsqu’ils mettaient en commun leurs biens.

Ce n’est pas seulement l’aumône qui est nécessaire, mais aussi inventer des modes de partage des biens matériels et spirituels, entre nous dans les Eglises, et agir pour qu’il en soit de même dans la société. Les communautés Emmaüs de l’abbé Pierre, les Fraternités de la Mission populaire évangélique, l’Entraide protestante et bien d’autres mouvements nous montrent les chemins de ces nouveaux modes de partage, suivons-les.

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Published by Régis Pluchet - dans CU 2010 - articles
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17 juillet 2010 6 17 /07 /juillet /2010 09:09

Article à la Une : « Partager ses biens selon Jacques, le frère du Seigneur », par Régis Pluchet, secrétaire général de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU), prédication à deux voix au culte du 11 octobre 2009 au temple de l’Eglise réformée du Mans : Lectures : Hébreux 4, 12-13, par Didier Travier : « le détachement spirituel et la grâce », et Marc 10, 17-30, par Régis Pluchet : « l’appel à la pauvreté et les œuvres » (partie ici seule reproduite), mis en ligne dans La Besace des unitariens le 17 juillet 2010

Informations :
Réunification des Eglises unitariennes de langue hongroise (voir les Actualités unitariennes du 12 juillet 2010, lien).
Les Cahiers Michel Servet (3 nouveaux numéros, n° 13, 14 et 15) (voir la liste des cahiers dans La Besace des unitariens, lien).

Libres propos :

« Le sens des valeurs, l’esprit d’entreprise », par Nicolas G. Hayek (le patron de la Swatch Group), mis en ligne le 17 juillet 2010 sur le site de La Besace des unitariens
« Quand l’Esprit ose l’espérance », par Jean-François Morineau, adhérent à Solidarité Eglise Liberté Vendée (SEL85), en réponse à l’enquête du diocèse de Luçon :  « Depuis le Synode qu’est-ce qui a été pour vous un émerveillement dans votre vie ? » mis en ligne le 17 juillet 2010 sur le site de La Besace des unitariens sous le titre "libre propos d'un participant au synode du diocèse de Luçon".
« Relire Calvin dans ses textes » par Marie-Claire Lefeuvre *, message du 18 mai 2010 au forum des Unitariens francophones (lien ). Etude critique de L’Institution chrétienne à voir sur son blog (lien ).
« Dieu est le présent », par Dominique Decottignies, message du 18 mai 2010 au forum des Unitariens francophones (lien ). Voir le blog de l'auteur : "De l'humain au divin" (lien).

message d'envoi du samedi 17 juillet 2010, par Jean-Claude Barbier

Que ce soit avec le rappel du partage des biens comme vertu évangélique par Régis Pluchet ou la gestion humaniste d’une entreprise par Nicolas G. Hayek (récemment décédé), ou encore les « libres propos » exprimés dans ce bulletin, ce sont bien les valeurs morales et spirituelles qui sont mises en avant. D'elles dépendent effectivement notre avenir. Nous savons que le progrès purement matériel et technique ne distribue pas le bonheur, ni n’assure le développement et la survie de notre planète.

La morale « judéo-chrétienne », vilipendée depuis Friedrich Nietzsche, facile bouc émissaire de tous nos maux selon des philosophes bobo (à commencer par Sartre), va-t-elle être de retour ? Les Actualités unitariennes en tout cas mènent campagne pour moraliser nos relations religieuses, politiques et civiques, ainsi que nos médias. Elles défendent la démocratie, la laïcité, le droit des minorités. Elles encouragent aux négociations et aux consensus. Les vertus civiques sont plus que jamais nécessaires : au secours Jésus (selon Frédéric Lenoir qui en fait un philosophe fondateur de notre modernité européenne) et Jean-Jacques Rousseau !

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26 juin 2010 6 26 /06 /juin /2010 08:23

Article à la Une – « Aimer à en perdre la raison  : ma relation avec l’argile » par Richard Brodesky, membre de l’Eglise unitarienne-universaliste de Tuscon (Arizona, Etats-Unis) et du conseil de l’Eglise unitarienne francophone (EUfr), mis en ligne sur le site de l’EUfr le 18 mai 2010 sous le titre « ma relation avec l’argile » (lien), et avec un reportage photos dans « Spiritualités sans frontière » (lien) sous le titre « L’amant de l’argile » en date du 18 mai 2010 et dans la rubrique « échos du groupe Unitariens francophones ».

Informations : premières décisions prises par le nouveau bureau de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU) : participation à la Fédération des réseaux des Parvis, lutte contre l’islamophobie (lettre au maire et au recteur de la mosquée Houla pour soutenir le projet d’une Grande mosquée à Bordeaux), aide à nos partenaires africains (contribution financière au programme de l’EUfr « aide aux populations pygmées » et à la construction d’un lieu de culte au Burundi), soutien apporté au projet de colloque de la section française de Gandhi international, établissement d’un lien réciproque avec le site des chrétiens cathares.

Libres propos :
- Nours « le point de vue d’une soufie : Dieu aime qu’on l’aime de différentes manières », mis en ligne sur le site « Spiritualités sans frontière » le 27 avril 2010 sous le titre « la beauté de la tradition musulmane » (lien ),
- La prière de Marcel Légaut « infimes, éphémères mais nécessaires » (lien ) :
- Jean-Claude Widmann «  faut-il rester dans nos Eglises dogmatiques ? » (lien)
- Jean-Claude Barbier et Nicolas Semaille, gestion des différences à propos de la désunion en Belgique.

Message d'envoi de Jean-Claude Barbier le 26 juin 2010

 

En partie du fait de leur esprit critique y compris vis-à-vis des Ecritures dont ils déniaisent la lecture, les unitariens et d’autres croyants libéraux sont perçus comme des « intellectuels ». En fait, en s’ouvrant aux autres sagesses, les chrétiens libéraux se sont appropriés des approches diverses du divin et ils se retrouvent de plain pied avec les spiritualités contemporaines qui valorisent l’intuition, les sensibilités corporelles et le contact avec la Nature.

Richard Brodesky, professeur d’anglais à la retraite, pratique la poterie comme loisir. Acte d’artisan, mais aussi acte de créateur qui, à travers une matière noble, le relie intimement à l’univers. Le christianisme a assurément besoin d’intellectuels pour trouver un nouveau souffle, ainsi que nous l’avons tout récemment rappelé (voir notre bulletin n° 102, avril 2010 « Des intellectuels pour repenser le christianisme »), mais depuis le transcendantaliste américain Ralph Waldo Emerson (1803-1882), nous savons aussi que l’intuition et le lien à la Vie sont non moins importants.

Les vacances d’été sont là pour varier nos plaisirs et nos approches du monde. Profitez en bien !

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26 juin 2010 6 26 /06 /juin /2010 08:08

Libre propos de Jean-Claude Widmann, protestant libéral, ERF de Briançon

Jean-Claude, j'ai bien apprécié ton texte dans le bulletin de mai (CU 103, "Le christianisme est-il un ésotérisme ?". Il m'amène à la réflexion suivante : c'est facile de critiquer le christianisme dogmatique qui domine toujours dans nos Eglises .Mais que faire ? On peut rompre, mais l'on se trouve alors voué à la solitude, sauf à constituer un cercle avec des amis pensant pareil. Cependant, ce n'est qu'un pis-aller. La foi va difficilement sans communion avec d'autres. On peut rester, mais c'est au prix d'une schizophrénie difficile à vivre : on respecte des rites et des discours devenus à nos yeux mythiques, et l'on pense autrement. Il me paraît que beaucoup de nos contemporains naviguent entre ces deux attitudes. Aller à l'église (rarement ! ) pour des raisons de conformisme social, ce n'est pas nouveau !

Je ne crois pas à l'invention de nouveaux rites (1), par exemple unitariens. Les religieux non conformistes sont trop individualistes pour admettre ce genre de choses. Le moins mal, à mon sens, est de rester dans les Eglises où le hasard nous a fait naître et d'y vivre avec cette schizophrénie que j'évoquais. Après tout, des croyants demeurés peuvent être d'authentiques disciples de Jésus, comme d'autres aux idées théologiques élaborées de parfaits égoïstes. Sans doute faut-il admettre que le besoin de croire est enraciné dans les hommes et, comme Jésus aurait pu le dire, que "l'homme ne vit pas de raison seulement, mais aussi de sentiments, de rêves et d'émotions.". Bien à toi.

(1) ndlr : pour les rites unitariens particuliers voir le calice des unitariens (lien) et la cérémonie des fleurs (lien). L’Eglise unitarienne francophone encourage à la célébration libre à la maison puis au partage des expériences sur son site (lien). Elle invite à la prière mensuelle des unitariens (lien)

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Published by Jean-Claude Widmann - dans CU 2010 - articles
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25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 07:57

Lorsque le fondateur de la Foi Baha’i, Bahá’u'lláh, mourut en 1892, il nomma son fils aîné Abdu’l-Bahá comme successeur, secondé par Mirza Muhammad Ali (qui, après dissidence, sera ensuite connu sous le nom de Ghusn-i-Akbar “la plus grande Branche”). Mais il y eut divergence entre les deux frères dans l’interprétation du leg spirituel si bien qu’il y eut dissidence. Les partisans du second n’entérinèrent pas la nomination de Shoghi Effendi (petit-fils et successeur de `Abdu’l-Bahá) comme "Gardien de la foi baha'ie", ni par la suite la formation d’une instance mondiale, la Maison universelle de justice sise à Haïfa.

 

UBA-logo.gifIl se déclarèrent « unitaires » (il faudrait plutôt dire « unicitaires ») dans le sens de la tradition islamique selon laquelle Dieu ne saurait être associé (tawhid, l’unicité absolue de Dieu). Abdu-I-Baha s'éteint à Haïfa, le 28 novembre 1921 et son frère en 1930. La dissidence périclita et prit fin avec la mort en 1937 du second fils de Mirza Muhammad Ali *.


  * Aux Etats-Unis, la Foi Baha’i fut introduite par Ibrahim George Kheiralla, un syrien anciennement chrétien converti à la foi baha'ie et immigré. Il y fonda la première communauté baha'ie. Au début, il fut loyal à `Abdu’l-Bahá, mais il croyait que celui-ci était le retour du Christ. Puis, refusant de rectifier sa position erronée, il rejoignit l’autre branche et forma la Société des Behaistes, pour promouvoir le bahaïsme unitaire. Shuaullah Behai, le second fils de Mírzá Muhammad Ali, publia en langue anglaise un magazine intitulé Behai Quarterly pendant trois ans, de 1934 jusqu'en 1937.


Mais aujourd'hui, le bahaïsme « unitaire » est ressuscité par l'Association bahai unitarienne (ABU), une organisation Etats-Unienne sans but lucratif fondée en mars 2010 et affiliée à l’Unitarian Universalist Association (UUA) of Congregations (voir le logo de l'ABU ci-joint, avec l'étoile à 9 branches des baha'is) .

 
Pour eux, la filiation historique est assurée en la personne de Nigar Bahai Amsalem, l'arrière-petite-fille de Bahá’u'lláh,le fondateur de la Foi, et petite-fille à la fois Mírzá Muhammad `Alí (Ghusn-i-Akbar) et du plus jeune fils de Bahá’u'lláh, Badiullah. Elle a fait construire un sanctuaire au pied de la tombe de son grand-père, Mírzá Muhammad Alí, Elle soutient le bahaïsme unitaire et s'oppose à la dénomination basée à Haïfa ; elle a donné un entretien en 2006 dans un film documentaire israélien intitulé « Baha’is In My Backyard ».

 

Ces Baha’is sont en quelques sorte passés d’unitaires à unitariens (mais en anglais c’est le même mot, "unitarian"). Glissement sémantique qui n'est pas sans mettre l'accent sur le statut des prophètes, simples hommes comme les autres alors que la théologie de la manifestation de Dieu dans les prophètes (qui servent alors en quelque sorte de médiums conscients) aurait, quant à elle, tendance à établir une "moyenne christologie" pour reprendre l'évaluation des chrétiens en ce qui concerne Jésus-Christ.

Les Bahais unitaires d'aujourd'hui cherchent à revivifier l'école de pensée de Mirza Muhammad Ali dit Ghusn-i-Akbar, tout en reconnaissant les contributions positives de `Abdu’l-Bahá à la religion bahaie. Ils mettent l’accent sur l'unité et la transcendance de Dieu, l'humanité et les limites toutes humaines de tous les dirigeants religieux, y compris les prophètes, l'importance de l'inclusion et de la tolérance entre les fidèles de Bahá'u'lláh et les personnes de toutes croyances, et la responsabilité des bahais de s'engager en politique et dans des causes sociales.

Il s’ensuit quelques différences notables par rapport à la Foi baha’ie « orthodoxe ». Les Baha'is unitariens accueillent plus facilement les personnes gays et lesbiennes (la Foi baha'ie considère que les relations homosexuelles sont hors mariage *) ; encouragent aux engagements politiques (alors que les Baha’is se montrent méfiant vis-à-vis des partis politiques qui entretiennent les rivalités), ne s’interdisent pas de convertir des Juifs et des Israéliens (car ils ne sont pas partie prenante des accords qui ont permis l’installation du siège mondial à Haïfa), enfin ils acceptent tous les fidèles bahaïs y compris ceux qui, en pays musulmans, sont contraints de se déclarer eux aussi musulmans.

" Dans la Foi bahá'íe, les relations sexuelles sont celles qui existent entre un homme et une femme unis par le mariage. Si la valeur de l'union physique est appréciée à sa juste valeur, les croyants sont tenus de s'abstenir de relations sexuelles en dehors du mariage, et celui-ci n'existe qu'entre personnes de sexe différent. Les bahá'ís n'entendent cependant imposer en aucune façon leurs normes morales à ceux qui n'ont pas adhéré à la révélation de Bahá'u'lláh. Les Ecrits bahá'ís imposent un niveau élevé de moralité, cependant ils tiennent aussi compte des faiblesses humaines et appellent à la tolérance et la compréhension envers ces faiblesses. Par ailleurs, un bahá'í n'est en aucune manière habilité à juger le comportement d'autrui. " (site officiel  de la Foi Baha’i).

Quelques liens :


"Baha’ïsme unitaire", article dans Wikipedia (lien )
Unitarian Bahai Association (lien)
Unitarian Universalist Bahai Blog (lien)
Unitarian Bahai Discussion Forum (lien)
Unitarian-Baha'i Fellowship (lien)


Nous remercions Nicolas Semaille et Yohann Amal pour leurs messages documentaires sur ce sujet, en date du 24 juin 2010, au groupe de discussion des Unitariens francophones (lien)

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Published by Jean-Claude Barbier - dans sur la Foi baha'ie
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