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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 10:04

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4° - la promotion des langues locales pour les prêches et la lecture de la Bible


Wyclif_John_Gospel.jpgLes cathares utilisaient une Bible traduite en occitan.


Pour ses prêches, Pierre Valdo utilise le franco-provençal de la région lyonnaise (constitutif de l’Arpitanie) et les vaudois traduisent plusieurs livres de la bible en provençal en 1180. Pierre Valdo paie de sa poche ces premières traductions. Précisons que l’Eglise n’autorisait alors que les bibles reproduisant la Vulgate de saint Jérôme en latin.


A partir de 1378, John Wyclif et ses amis d’Oxford commencent la traduction de la Vulgate en anglais ; la première bible en anglais paraît en 1388.


La langue tchèque doit à Jan Hus sa diacritique (le háček), à savoir les signes sur les consonnes afin de rendre compte de sons dont la prononciation s’avère complexe, par exemple le « č » rend compte du son « tsch ». Il s’ensuit une économie de lettres lorsqu’on écrit, et donc une économie de parchemin, support qui coût alors cher. Les Tchèques ont fait de lui le héros de leur nation face à l'oppression catholique, impériale et allemande : il est officiellement commémoré le 6 juillet, jour de sa mort sur le bûcher, par un jour férié.

 

illustration : page de la bible en anglais de John Wyclif

 

Par la suite, les réformateurs protestants seront tous de grands traducteurs de la Bible.

 

L'Eglise doit être proche du peuple, dans le peuple, du peuple ...

 

Le latin représente alors la dimension internationale et universelle de l'Eglise, en quelque sorte la mondialisation de l'époque du point de vue de Rome. Se référer aux langues locales, c'était risquer de rompre cette unité linguistique. Il faudra attendre Vatican II pour que la liturgie catholique s'émancipe de cette obligation du latin.

à suivre ...

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 07:44

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5° - la critique de la transsubtantiation


Définition :

 

C'est, littéralement, la transformation d'une substance en une autre. Dans la théologie catholique, c'est la doctrine selon laquelle au cours de l'eucharistie, au moment de la consécration, les espèces du pain et du vin deviennent le Corps et le Sang du Christ tout en conservant les caractéristiques physiques et les apparences originales. Aujourd'hui, les catholiques préfèrent utiliser l'expression "présence réelle". Cette doctrine prend le nom de transsubstantiation au concile de Trente (1551) * où elle est officiellement proclamée par l'Église catholique.

* commencé en 1545, ce concile dura jusqu'en 1563.


Voici un point de vue catholique sur le site Philoreligion.com, qui se présent comme "le blog des raisons de croire" (lien).
 
" Le pain ne reste-t-il pas le pain, avec sa couleur habituelle, sa consistance, etc. ? Non, il n’est plus le même. Il a acquis des propriétés absolument nouvelles : il transmet la Vie à ceux qui le reçoivent dans de bonnes dispositions de cœur et d’esprit. Le chrétien n’a plus besoin de sacrifier un agneau et d’en manger la viande. Il mange l’hostie et celle-ci, transformée miraculeusement par la puissance divine, le fortifie en vue des épreuves qui l’attendent. Les propriétés causales de l’hostie ont changé. Donc il n’est pas excessif de dire que sa substance a changé. Il y a eu transsubstantiation."


Historique :

 

Le mot apparaît dès la fin du XIème siècle chez Hildebert de Tours * vers 1079. Puis, les théologiens Pierre Lombard (v. 1100 – 1160 ; Italien, théologien enseignant à l’université de Paris, auteur du Livre des Sentences, 1152) et Étienne Langton (v. 1155 – 1228, anglais venu à Paris enseigner) dissertent sur ce concept, lequel sera entériné par le 4ème concile de Latran en 1215. Erigé en dogme, il entraîne alors des conséquences pratiques puisqu'il limite la communion du vin aux seuls clercs ; en effet les laïcs risquent de laisser tomber par terre des gouttes de vin (ce sont des baveux par rapport aux clercs plus civilisés !), et donc le vrai sang du Christ, et donc la substance même de Dieu puisque le Christ est Dieu dans la version trinitaire - ce qui équivaut à un blasphème.
* Hildebert de Lavardin ou Hildebert de Tours (1056- 18 décembre 1133) est un clerc français réformateur, évêque du Mans entre 1097 et 1125, archevêque de Tours de 1125 à sa mort.


Pierre Valdo, mort vers 1217, soit deux ans après la décision du concile de Latran, n'adhéra pas au nouveau dogme.


Dans sa Somme théologique, rédigée de 1266 à 1273, saint Thomas d'Aquin utilise cette notion de Transsubtantiation

 

En 1379, John Wyclif répudie la doctrine de la transsubstantiation, ce qui lui fait perdre le soutien de Jean de Gand, un important aristocrate de la cour d’Angleterre. Deux ans plus tard, en 1381 son opinion sur l'eucharistie est débattue par Mikuláš Biskupec au sein de l’université de Prague – ce qui montre bien la rapidité de diffusion des débats théologiques à cette époque.


Jan Hus revendique, pour les laïcs, la communion sous les deux espèces. Chez les Tchèques, le calice * devient l’emblème de cette revendication.

* il a été repris comme « logo » par les unitariens américains en 1961 (date de la fondation de l’Unitarian Universalist Association of Congregations UUA), puis ensuite par la plupart des unitariens du monde entier ( lien)

 

Jean-Hus-et-Martin-Luther-donnant-la-communion.png

Martin Luther donnant la communion du vin (à gauche) et Jean Hus (à droite), simultanément, celle du pain. Le dessin est bien entendu anachronique puisque un siècle sépare les deux réformateurs.

 

Pour Martin Luther, la présence du Christ est réelle, mais les espèces ne sont pas transformées ; elles restent un support matériel à cette présence réelle. En quelque sorte, Martin Luther évacue l'acte magique contenu dans cette histoire de transsubstantiation. C'est la consubstantiation. Mais, sur cette question, Ulrich Zwingli à Berne et Jean Calvin à Genève entreront en conflit avec les luthériens (tout en s'opposant aussi entre eux !) car ils évacuent toute présence réelle de la Cène, la présence étant toute spirituelle (pour Jean Calvin), voire toute mémoriale (Ulrich Zwingli) *. Face aux luthériens, le concile de Trente, qui débute en 1545, réaffirme le dogme de la transsubtantiation.

* Aujourd'hui, les témoins de Jéhovah célèbrent à Pâques, selon le calendrier juif, un mémorial du dernier repas de Jésus.


Epilogue chez les catholiques :


Vatican II (1962-1965) autorise les laïcs à communier sous les deux espèce ; il l’encourage même dans certains cas, cf. Sacrosanctum Concilium n° 55. Les toutes dernières normes liturgiques n’indiquent plus aucune restriction dogmatique pour cette communion sous les deux espèces. Les raisons d'une communion sous la seule espèce du pain sont essentiellement d’ordre pratique, notamment parce que la distribution sous les deux espèces nécessite un plus grand nombre d’acolytes ou d’auxiliaires de la communion.


Du point de vue officiel romain, les choses à observer et à éviter concernant l'Eucharistie ont été récapitulées dans l'instruction Redemptionis Sacramentum (19 mars 2004). Les conférences épiscopales et les évêques de chaque Église particulière ont une grande latitude dans l'application de ces règles.


Pour donner la communion sous les deux espèces, le prêtre peut soit donner la communion en faisant boire le fidèle directement au calice, soit en trempant l’hostie consacré dans le calice et en la donnant au fidèle. Ce deuxième geste est désigné sous le nom d'intinction. L'usage courant pour la communion par intinction est que le fidèle trempe lui-même l'hostie, ce qui a des inconvénients pratiques si le geste est mal fait. L'instruction Redemptionis Sacramentum rejette cette manière de faire (§ 104). Un troisième geste est possible mais non pratiqué en Occident, la communion à l'aide d'un « chalumeau » eucharistique (petit tuyau en métal faisant office de paille, parfois en or ou argent) ou d'une cuiller. Source d'information : Wikipedia, article « Communion » ( lien)

à suivre ...

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 07:26

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6° - la critique des indulgences


Sa pratique, héritée du droit romain, remonte au IIIe siècle. Il s'agissait alors de réintégrer dans le giron de l'Église les chrétiens ayant apostasié pendant les persécutions.

 

indulgences1.jpgAvec la croyance dans le purgatoire, les indulgences prennent un tout autre sens. En effet, le péché est effacé par le sacrement du pardon (confession), mais ce sacrement n'enlève pas la peine temporelle due au péché, qui se traduit généralement par un temps de purgatoire si elle n'est pas d'abord purgée sur terre par des actes de foi et de charité (actes de réparation). Cette peine temporelle peut être atténuée voire effacée par l'indulgence. L’indulgence est dite partielle ou plénière, selon qu’elle libère partiellement ou totalement de la peine temporelle due pour le péché.


 A partir du Xème siècle, des tarifs circulent que les prêtres appliquent. Les indulgences encouragent les pèlerins, les efforts des croisés (à commencer par la reconquête de l’Espagne), la construction de nouveaux lieux de culte, etc. Au XIIe siècle, l’indulgence reçoit une définition juridique dans les décrétales pontificales.

 

Cette pratique fut critiquée par John Wyclif, puis par Jan Hus (voir ci-dessus en 3 - le rappel de la non-violence évangélique), enfin par Martin Luther (dans ses 95 thèses de 1517) et, à sa suite, par les autres protestants.

à suivre ...

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 07:03

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7 ° - la distinction entre l’Eglise spirituelle du Christ et sa réalité actuelle

 

Déjà les cathares renvoyaient aux évangiles, notamment à celui de Jean, et dénonçaient les moeurs du clergé de l'Egise romaine à l'aune de la pureté évangélique. Pierre Valdo est outré de la pompe romaine à laquelle il assiste en 1179.

 

john_wyclif_dessin_couleur.gifJohn Wyclif préconise le retour à la Bible et à l’augustinisme (saint Augustin, 354-430, théologien, père de l’Eglise latine). Il suggère que le pape soit désigné par tirage au sort (de la même façon que les premiers disciples procédèrent à la désignation d’un apôtre pour remplacer Judas, et des diacres).


La pensée de John Wyclif représente une certaine rupture dans la mesure où il affirme qu'il existe une relation directe entre l'humanité et Dieu, sans l'intermédiaire des prêtres. En se conformant aux Écritures, il pense que les chrétiens sont en mesure de prendre en main leurs vies sans l'aide du pape et des prélats. Il dénonce de nombreuses croyances et pratiques de l'Eglise catholique, les jugeant contraires aux Écritures.


En mettant l’accent sur les Eglises locales, le protestantisme va reprendre cette distinction à un niveau ecclésiale : c’est l’ensemble des communautés chrétiennes, regroupées en Eglises institutionnellement distinctes, qui constituent le Corps mystique du Christ, l’unité de toute l’Eglise, et non pas telle Eglise particulière. L’Eglise catholique romaine est ainsi déboutée de sa prétention d'être à elle seule l'Eglise du Christ. L’oecuménisme réside dans l’inter-communion des Eglises et non pas dans une réunification institutionnelle au profit de Rome.

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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 19:23

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8° - passer outre aux condamnations papales et faire Eglise dissidente

Contrairement aux cathares qui, d’emblée, fondent une autre Eglise qui n’a rien à voir avec l’Eglise de Rome, les réformateurs veulent réformer leur Eglise, celle de Rome. Ce sera le refus de Rome de tout dialogue et les excommunications des intéressés qui aboutiront à des dissidences.


Pierre Valdo est condamné par le 3ème concile de Latran en 1179, son mouvement excommunié par le concile de Vérone en 1184 et sa doctrine est réfutée par le 4ème concile de Latran en 1215. Réfugiés au Luberon et dans les hautes vallées du Piémont, également en Calabre en Italie du Sud, les Vaudois survivront aux nombreuses répressions lancées contre eux. Ils seront en leur temps les hérétiques par excellence : afin de mieux la condamner, Jeanne d’Arc, en 1431, sera accusée d’être vaudoise ! Ils adhèreront en 1532 à la réforme luthérienne lors de leur synode de Chanforan d’Angrogne, et seront aidés par les calvinistes genevois. Les rescapés pourront bénéficier, enfin, des lettres patentes du royaume Piémont – Sardaigne qui, le 17 février 1848, leur accorderont la plénitude des droits civils et politiques. Aujourd’hui, une Eglise évangélique vaudoise existe en Italie (en italien Chiesa Evangelica Valdese) et au Sud-Est de la France, avec des antennes en Amérique latine. Elle a adopté le style et la doctrine des Réformées. Elle est adhérente de l'Alliance réformée mondiale et de la Conférence des Églises protestantes des pays latins d'Europe. L’ensemble de ces Eglises, accompagnée de communautés méthodistes s’intitule « La table vaudoise », avec à sa tête un modérateur (actuellement une modératrice).


Dès le 22 mai 1377, le pape publie des bulles pour dénoncer l’hérésie de John Wyclif. Celui-ci est condamné en 1382 par un tribunal ecclésiastique présidé par l’archevêque de Canterbury et doit se retirer dans sa paroisse de Lutterworth où il mourra solitairement deux ans plus tard. Il est de nouveau condamné à titre posthume en mai 1415 par le concile de Constance, lequel ordonne que son corps soit exhumé et brûlé afin que ses cendres soient dispersées (traitement réservé aux hérétiques afin qu’ils ne puissent bénéficier de la résurrection des morts à la fin des Temps) ; chose qui sera faite en 1428. Martin Luther reconnaîtra sa dette vis-à-vis de John Wyclif, mais celui-ci n’aura pas une Eglise dissidente à son nom. L’Eglise anglicane, fondé au XVIème siècle par Henri VIII se fera pour des raisons personnelles d’instabilité conjugale de la part de ce roi et non sur des raisons religieuses, même s'il y eut ultérieurement un ralliement à certaines thèses protestantes.


Tchecoslovaquie-----CCSH-kalich.gifEn 1407, l'archévêque de Prague est chargé par le pape Grégoire XII d'interdire la diffusion des thèses hérétiques de John Wyclif dont on sait qu'elles ont été introduites en Bohême une vingtaine d'années auparavant. Or, Jan Hus avait traduit le Trialogus de John Wyclif en tchèque, sans doute à partir de la copie faite par Jérôme de Prague lors de son séjour à Oxford. En mai 1408, la nation tchèque de l'université de Prague (sous la houlette de Hus) rejette publiquement les articles de Wyclif mais souligne que, correctement interprétés dans leur contexte, ces articles ne sont pas totalement hérétiques. Cela provoque le départ des « nations » bavaroises, saxonnes et polonaises qui existaient au sein de cette université, et les professeurs allemands vont fonder l’université de Leipzig en mai 1409. Une bulle pontificale (d’Alexandre V, à Pise) en date du 20 décembre 1409 ordonne la destruction des ouvrages de Wyclif et l'interdiction de prêcher sa doctrine. Jan Hus est finalement excommunié en 1411, condamné pour hérésie et mis à mort sur le bûcher en 1415, lors du concile de Constance, puis cinq croisades successives sont lancées par Rome contre le mouvement hussite, lequel va résister victorieusement jusqu’en 1434. Rome devra finalement négocier avec les Tchèques pour que ceux-ci acceptent de nouveau d’être dans son giron. Toutefois, il y a eu résurgence en 1919 d’une Eglise hussite tchécoslovaque ( lien), indépendante de Rome, de théologie catholique mais dotée d'une organisation ecclésiale inspirée par le protestantisme luthérien (son emblème est une croix plongée dans un calice, voir l'illustration ci-jointe).

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16 mai 2011 1 16 /05 /mai /2011 11:32

robert_barclay_lumiere.jpgRobert Barclay, Georges Liens, Jeanne Henriette Louis, La lumière intérieure, source de vie. Présentation par Georges Liens et Jeanne Henriette Louis de l’ouvrage de Robert Barclay, « La Lumière intérieure source de vie : apologie de la vraie théologie chrétienne telle qu’elle est professée et prêchée par ce peuple appelé par mépris les Quakers », Amsterdam 1676, traduit en français en 1702, réédité chez Dervy en 1992 (dépôt légal 1993), dans la collection "Mystiques et religions", 415 pages, avec une présentation de l’œuvre qui fait un quart du volume à peu près.


Robert Barclay, célèbre quaker, est né en 1648 en Écosse, d'une famille riche et ancienne, et mort en 1690. Il embrassa en 1666 ainsi que son père, la doctrine des quakers ; se lia étroitement avec William Penn ; voyagea en Angleterre, en Hollande et en Allemagne, pour inciter des adhésions au quakerisme ; et écrivit plusieurs ouvrages dont le plus connu est l’Apologie de la véritable théologie chrétienne, telle que la professent ceux que par dérision on appelle Quakers, publiée à Amsterdam en 1676, en latin, et dédiée au roi Charles II d'Angleterre ; traduite en français en 1702.


La présentation de cet ouvrage fait mention des différentes tendances au sein de ce mouvement si attachant ; en voici des passages, concernant les relations entre le quakerisme et l’unitarisme :


« Au XVIème siècle apparurent les unitariens (appelés longtemps sociniens, du nom du principal d’entre eux, le Siennois Fausto Socin) qui, fermement attachés à l’unicité de Dieu entendue en son sens le plus rigoureux, rejetèrent le dogme de la Trinité, et par conséquent toute la christologie traditionnelle. Mais ils gardèrent toujours la plus grande vénération pour la personne même de Jésus. Ils voyaient en lui (avec des nuances d’interprétation qui pouvaient varier légèrement d’un penseur à l’autre) le « médiateur » dont parle I Tim. 2,5, l’être qui avait été chargé par Dieu de la plus haute mission providentielle au service de tous les hommes : leur révéler, par l’exemple de sa vie et par son enseignement, la Loi d’Amour dans toute sa plénitude.


Les premiers quakers, parce qu’ils paraissaient, à tort, négliger l’incarnation du « Christ historique » au profit du « Christ intérieur », furent très vite accusés d’unitarisme par leurs adversaires : cela explique le soin que met Barclay à affirmer la croyance des Amis en la plénitude de la divinité de Jésus.


Cependant, par la suite, au début du XIXème siècle, l’unitarisme influença effectivement le quakerisme aux Etats-Unis et y détermina, en 1827-1828, une scission radicale entre les Amis dits orthodoxes, qui s’étaient fortement rapprochés du protestantisme évangélique, et ceux de tendance unitarienne ou « libérale », appelés hicksites du nom de leur chef de file Elias Hicks (1748-1830). Après des dizaines d’années de rupture complète entre les deux groupes américains…ils se réconcilièrent peu à peu à partir de la fin du XIXème siècle, et reconstituèrent vers 1955 l’unité spirituelle de la société des Amis, chacun acceptant de respecter pleinement et sans arrière pensée les convictions de l’autre ...


C’est ainsi, que, parmi les quakers actuels, certains croient…que Jésus est véritablement le fils de Dieu dans le sens le plus traditionnel de cette expression ; et d’autres sont tout proches sur ce point des positions professées par Tolstoï ou par les protestants libéraux, tel le grand théologien Auguste Sabatier, et Albert Schweitzer : ils voient en lui un homme qui a été conscient à un degré exceptionnel, suréminent, de la présence de Dieu en lui comme dans tous les êtres humains, qui a vécu cette présence dans sa plénitude, et à travers qui le message divin – consigné par la suite dans les évangiles – s’est exprimé de la façon la lus parfaite….


Pareille diversité constitue la grande originalité du quakerisme actuel, et l’idéal des Amis est parfaitement résumé en peu de mots dans une formule célèbre qu’ils ont adoptée comme leur règle d’or : dans ce qui est essentiel : unité. Dans ce qui est secondaire : liberté. Mais en toutes choses : charité. »


Information transmise par Yves Lecornec le 15 mai au groupe de discussion « Unitariens francophones » (lien)

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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 11:16

message du 13 mai 2011 aux membres du réseau de la Correspondance unitarienne


Depuis sa fondation en octobre 2002, le réseau de la Correspondance unitarienne a diversifié ses activités puisque, aux bulletins mensuels, se sont ajoutés la gestion de plusieurs sites : les Actualités unitariennes et La Besace des unitariens, depuis février 2007, et les Etudes unitariennes depuis août 2009. Tous ces sites sont très bien référencés par les moteurs de recherche, dont Google France. Par ailleurs, le réseau est cofondateur du forum « Unitariens francophones » depuis avril 2005 et en assure la modération.


Ayant eu une hospitalisation et subissant un ralentissement temporaire de mes capacités de travail, le bulletin n’a pas paru depuis octobre dernier. Pour cette activité, je me suis accordé une année sabbatique : le prochain bulletin paraîtra donc en novembre prochain avec le n° 109. Par contre, j’ai pu maintenir le forum (113 membres à cette date et plus de 500 messages par mois) et les sites à un bon rythme de croisière. Les Actualités unitariennes tournent actuellement autour de 200 visiteurs par jour.


Mieux, nous avons développé notre présence sur Facebook, avec une page militante à mon nom où je répercute toutes nos publications et activités, la création d'un groupe « Chrétiens alternatifs », l’ouverture d’une page pour l’Eglise unitarienne francophone – et par ailleurs une participation à la page de l’International Council of Unitarians and Universalists (ICUU) et au groupe « Soyons acteurs d’un véritable dialogue inter-religieux ».


toowoomba_cathedrale_saint_patrick.jpgCette bonne présence sur Facebook, nous a permis de lancer un « événement » qui est une campagne de soutien à Mgr William Morris, évêque australien qui s’est fait virer le 2 mai par le pape Benoît XVI pour avoir oser s’interroger sur un élargissement du recrutement des prêtres diocésains aux hommes et aux femmes mariés, aux prêtres ayant quitté le ministère, et aux pasteurs anglicans et luthériens. Toute proposition, voire toute interrogation à voix haute, est interdite par le Vatican lequel s’enfonce dans un autoritarisme absolu. Dès l’information connue, les Actualités unitariennes ont immédiatement publié un article ; puis nous avons sollicité des réactions en lançant cet événement sur Facebook. Nous vous convions à y participer en nous envoyant votre avis par messagerie ; votre message sera publié dans les Actualités unitariennes.

 

illustration : cathédrale Saint-Patrick de Toowoomba (Queensland, Australie), siège du diocèse de Mgr William Morris

 

Voir nos articles sur ce sujet dans la rubrique « La Contre-Réforme » ( lien) : « Mgr Jacques Gaillot (France, 1995), Mgr William Morris (Australie, 2011) », le 3 mai ; « L’affaire William Morris sur Facebook », le 9 mai ; « Soutien à Mgr William Morris – les premières réactions », le 10 mai.
 
Très fraternellement, Jean-Claude Barbier

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Published by Jean-Claude Barbier - dans CU 2011 - articles et messages
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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 00:10

septimanie.pngAprès la victoire des Sarrasins (= musulmans) sur Rodrigue, roi des Wisigoths, à Guadaletta, près de Xérès en 712, les Sarrasins passèrent les Pyrénées et soumirent la Septimanie qui comprenait la Narbonnaise et le Roussillon. Le 9 juin 721, près de Toulouse, le duc Eudes d'Aquitaine infligea une sévère défaite aux Sarrasins. Mais ils s’avancèrent ensuite jusqu’à Poitiers, où Charles Martel  remporta sur eux sa célèbre victoire.

 

carte : la Septimanie en 537


Son fils, Pépin le Bref, les chassa totalement de la Septimanie et des Gaules. Les Sarrasins, de retour en Espagne, firent alors une guerre terrible aux Wisigoths restés en Espagne qui leur disputaient quelques parties du Royaume. Pour se soustraire à la tyrannie des « infidèles » et conserver leur religion, quelques notables familles de Wisigoths vinrent vers 778 en Septimanie qui était rattachée au royaume franc depuis 759.


Un nommé Ildéric fut le principal artisan de cette émigration. Ces familles obtinrent, de la libéralité de Charlemagne, des terres aux environs de Narbonne, de Béziers et de Perpignan, sous la garantie de divers privilèges et le « bénéfice militaire », c'est-à-dire « la franchise et l’exemption de toute charge, hors l’obligation du service militaire. ». 

 

Source : " Histoire généalogique de la maison De Villeneuve en Languedoc " par Monsieur Pavillet, chef de la section historique aux archives du Royaume, écrite en 1786, revue et continuée par l'auteur jusqu'en 1818, publiée à Paris par l'imprimerie De Decourchant en 1830, numérisé par Google (lien). Fondée par un nommé Walchaire, près de Béziers, la famille De Villeneuve fut l'une de ces familles wisigoths installées au temps de Charlemagne.

 

Contribution de Jaume de Marcos (président fondateur de la Sociedad unitaria universalista de España SUUE), le 18 avril 2011

 

La Septimanie était un territoire wisigothique depuis la chute de l'Empire romain d'Occident et l'est resté tout au long de l'existence du royaume wisigothique ibérique dont la capitale était Tolède. Le territoire a subi de nombreuses attaques de la part des Francs et ce domaine a diminué, mais les Wisigoths maintinrent toujours une forte présence, en particulier dans l’actuel Roussillon et la zone côtière.


Avec la chute du royaume wisigoth aux mains des musulmans, la Septimanie passa bientôt sous contrôle des nouveaux venus. Toutefois, la noblesse gothique septimanos non soumise à l'islam décida de se mettre entre les mains des rois francs : ils jurèrent allégeance et, à leur tour, furent reconnus comme des dirigeants (avec le titre de comtes) de la région frontalière, des marges avec l’Espagne.


Plusieurs comtes de Barcelone, à cette époque, comme Bera, Sunifred et Wilfred ont été des Goths (comme indiqué par leur nom) et ils ont fidèlement servi les rois francs. D'autres ont été des Francs, ce qui signifie que le roi de France ne choisissait pas toujours des Goths dans cette Marche d’Espagne.


Sunifred et son fils Wilfred avait des attaches familiales dans le comté de Carcassonne, qui était également d'origine gothique. Wilfred fut le premier comte de Barcelone qui a réussi à transmettre ses domaines à ses enfants, sans attendre la permission du roi français Charles. En bref, la maison du comté de Barcelone a été une famille d'origine wisigoth. Selon la tradition, venue de la région de Conflent (près de Perpignan). Mais nous ne connaissons pas son origine avant l'invasion musulmane.


La fidélité de la Maison de Barcelone aux Français s’est manifestée tant que les Carolingiens furent au pouvoir, et a cessé quand commençèrent à régner les Capétien. Cela montre que le serment d'allégeance dépendait de la famille régnante ; dès que tombèrent les Carolingiens, les vassaux se sentirent déliés de leur serment et prirent leur indépendance. Les lois gothiques restèrent en vigueur dans leurs comtés jusqu'au XIe siècle.


Quant aux Goths qui, peut-être, étaient encore ariens, il est possible qu’ils se convertirent l’islam et restèrent en Espagne. Nous savons que certains dirigeants «arabes» étaient effectivement des Goths convertis ; par exemple, Banu Qasi, qui a gouverné les territoires musulmans de l’actuel Aragon au sud de la Navarre. C’étaient une très puissante famille. Ils étaient les descendants du comte gothique Casio, souverain de ces terres lors de l'invasion et qui, converti à l'islam, a continué à régner sur eux et à transmettre son pouvoir à leur descendance. Banu Qasi a généralement maintenu de bonnes relations avec les chrétiens dans le nord, en particulier avec les Basques et les premiers rois de Navarre.


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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 18:39

Tribune libre unitarienne, vol. 6, n°. 2, décembre 2010, la science et la religion ( lien).

Un numéro entièrement consacré à la science et à la religion, par Léo Poncelet (lien).

Religion sans magie, par Hannelore Poncelet (lien).

 

Ce que j'ai appris dans mes classes de science, par Alison Wohler (lien).

La foi naturelle : comment l'évolution darwinienne changea la religion libérale, par William R. Murry (lien).
Article paru dans le UUWorld, Volume XXIII, No 1, Spring 2009. William R. Murry est pasteur émérite de la communauté unitarienne universaliste de River Road et ancien président de la Meadville Lombard Theological School. Il est aussi auteur du livre Reason and Reverence publié à Skinner House. en 2006. Une version plus élaborée figure dans le recueil d’articles dans le livre édité par Fred Muir, The Whole World Kin, Skinner House. 2009. Traduit de l’américain


Religion, science et rationalité, par Fabrice Descamps (lien).

Science et religion : entretien avec le professeur Cyrille Barrette, par Michel-Ernest Clément (lien).
Biologiste, chercheur, écrivain, conférencier, le professeur Cyrille Barrette profite de sa retraite de l’Université Laval, où il a enseigné de 1975 à 2007,  pour poursuivre sa mission de vulgarisateur scientifique.

De la nausée copernicienne et de l'athéisme comme antidote, par Claude M. J. Braun (lien).
Claude M.J. Braun, PhD., est professeur titulaire de psychologie à l’UQÀM, auteur d’ouvrages et d’articles en neuropsychologie. Son récent livre, "Québec athée", a paru chez les éditions Michel Brulé en 2010.

Science, religion, médecine et "force de vie", par Richard Gendron, (lien).
Au printemps 2010, Richard Gendron, anthropologue, a collaboré avec deux médecins à un texte qui dénonçait certains abus des pouvoirs publics et de l’industrie pharmaceutique lors de la pseudo-pandémie de grippe A(H1N1)


Le récit abrahamique sous enquête, par Bernard Lamborelle (lien).
Bernard Lamborelle est diplômé de l’École de Technologie Supérieure de l’Université du Québec (1990). Étudiant libre à la Faculté de théologie et de science des religions de l’Université de Montréal, il se passionne pour l’histoire du Moyen-Orient et l’origine des religions monothéistes depuis une dizaine d’années. Il est l’auteur de l’essai historique "Quiproquo sur Dieu – 3 500 ans pour élucider la véritable identité du « Seigneur » d’Abraham", Editas, mai 2009 (lien


Quiproquo sur la science et la religion, par Léo Poncelet (lien).

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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 00:01

Résumé par Giacomo Tessaro de la conférence donnée par le révérend Roberto Rosso et Alessandro Falasca dans le cadre de la rencontre organisée par les unitariens italiens, à Servigliano (près de Fermo, dans la Marche, province du centre de l'Italie) les 25-26 septembre 2010 sur "Bracciforti et le Risorgimento (Renouveau) italien".

 

On peut croire que l'unitarisme en Italie est une histoire toute récente. Au contraire, les idées unitariennes, même si elles ne furent pas représentées par une “ institution “, remontent à la période du Risorgimento, laquelle fut particulièrement féconde d'élans et d'idées.


risorgimento1859.jpgLa réaction contre l'absolutisme, très importante dans la pensée de tous les protagonistes de cette période, signifia aussi, et surtout, une réaction contre l'Église catholique, au moins contre certaines de ses caractéristiques, garante qu'elle était de l'absolutisme dans une grande partie de l'Europe. Si pour certains le refus du catholicisme signifia la perte de leur foi et un laïcisme absolu, d'autres cherchèrent des alternatives spirituelles, à savoir une foi qui s'accordât avec les nouveaux courants de pensée.

 

À côté des traditionnelles doctrines protestantes, représentées en Italie par l'ancienne Église vaudoise, doctrines qui exactement en cette période se propagent dans toute l'Italie, il naît une nouvelle pensée religieuse, appellée par ses adeptes “ unitarisme religieux “ ou bien “ christianisme des livres penseurs “. Un de ses plus grands représentants, Ferdinando Bracciforti, fonde à Milan un périodique, “ La Riforma del Secolo XIX “ ( La Réforme du XIX siècle ), porte-parole des naissantes idées unitariennes en Italie. Le titre même du périodique souligne une continuité avec la Réforme de Luther, mais aussi bien l'intention de la dépasser ; plus précisément l'intention de dépasser “ l'idolatrie de la Bible “, pas mieux, selon les unitariens, que l'idolâtrie de la hiérarchie et du pape, typique du catholicisme. Ils veulent créer une nouvelle “Religion de Dieu “, fondée sur l'essentiel du message chrétien et sur l'universalisme, c'est à dire reconnaître comme soeur et frère chaque être humain au-delà de la foi professée.

 

ndlr - Voir notre article "Les unitariens à Milan en 1875", sur ce même site et à la date du 7 mai 2007 ( lien).  En 1896, Fernandino Bracciforti publiera à Milan "Cristo Redentore anche senza miracoli" (Le Christ résdempteur aussi sans miracle - mais on pourrait tout aussi bien traduire par  "le Christ sans rédemption ni miracles").

 

Quels sont les autres fondements de cette foi unitarienne ? Avant tout, le panenthéisme ; les lois de la Nature sont un exemple de la perfection de la création divine et de la présence dans toute la Création d'une source divine, des formes de vie les plus simples (les plantes) aux plus complexes (l'Homme). De cette conception vient le refus des miracles, sur lesquels se fonde une grande partie du catholicisme ; l'oeuvre de Dieu, la Nature, est en effet parfaite comme elle est, et elle n'a pas besoin d'être corrigée.


En second lieu, l'universalité du message de l'Esprit, abstraction faite des formes qu'il assume dans les diverses cultures, et des convictions individuelles. Cette idée se concrétise dans le refus de tous les dogmes traditionnels, comme celui de la Trinité ; Bracciforti pense que ce dernier n'est pas confirmé par les Ecritures. La foi doit s'émanciper, doit grandir, quitter les certitudes sécurisantes des dogmes pour adopter un esprit de recherche, prêt à retrouver dans toutes les traditions les germes de l'Esprit sans renier le message chrétien.


La conviction de l'absolue humanité de Jésus s'explique aussi par le fait que s'il était le Fils de Dieu, donc évidemment un être parfait et sans péché, il ne pourrait pas montrer la voie à des êtres humaines, imparfaits et plongés dans le péché, que ceux-ci puissent à leur tour parcourir. Par ailleurs, la mort de Jésus n'a aucun valeur de salut ; personne ne peut pas expier les péchés d'autres hommes, et la conception même d'expiation est critiquée.


En conclusion, le message de Jésus devient, dans la perspective unitarienne, une invitation à la libre communion universelle des vraies valeurs religieuses : amour, vérité et esprit.

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