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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 18:39

suite des articles précédents


Il vaut la peine de dire quelques mots des circonstances rocambolesques de l’unique édition de la Restitution du christianisme. Servet est alors installé comme médecin à Vienne en Dauphiné. Il consacre ses loisirs à la théologie et à l’écriture. Il correspond avec Calvin - à vrai dire une correspondance orageuse qui finit par tourner court, j’y reviendrai.


Son projet de publication de la Restitution essuie des refus de la part de plusieurs éditeurs, bâlois notamment. Aucun n’est assez fou pour éditer un texte aussi explosif. C’est finalement à Vienne même, que deux imprimeurs associés finissent par accepter, Balthazar Arnoullet et Guillaume Guéroult. Il faut dire que ce dernier a un compte à régler avec Calvin. Ayant des accointances huguenotes, il a séjourné à Genève. Et là il a eu maille à partir avec le Consistoire pour une affaire de moeurs. Comme vous le savez, le Consistoire ne plaisantait pas sur ces sujets, la Genève calviniste ne fut pas précisément l’Abbaye de Thélème… Guéroult s’échappe de justesse mais il garde une rancune tenace. Le travail des imprimeurs doit rester secret. Tous les ouvriers et les apprentis de l’imprimerie ont juré de ne rien dire. Les pages du manuscrit son brûlées au fur et à mesure de l’avancement de l’impression. Le livre paraît de façon anonyme avec les seules initiales MSV – Michael Servetus Villanova. Des ballots de livres sont envoyés sous l’étiquette « papier blanc » pour ne pas éveiller les soupçons à Lyon, Francfort, et à Genève, chez l’imprimeur Robert Estienne, que le réformateur admirait beaucoup ... Il n’est guère difficile de supposer qu’à peine arrivée chez Estienne, la Restitution a dû se retrouver dans l’heure sur le bureau de Calvin…


Michel-Servet--Restitutio-en-latin-copie-1.pngOr chacun des thèmes développés dans la Restitution s’oppose point par point à la pensée de Calvin. La conception de l’être humain, d’abord. Conjuguant l’optimisme des humanistes et la théologie du Coran qui rejette l’idée de Péché originel, Servet annule la dimension du péché. Par lui-même l’homme naturel est parfaitement capable de coopérer avec Dieu dans l’oeuvre du salut. L’homme jouit d’un entier libre arbitre. La prédestination, simple ou double, l’élection et la réprobation ne sont que des fictions « dignes de Simon le Magicien ». L’être humain a été créé capable par ses propres moyens de s’unir à Dieu : « Le divin s’est abaissé jusqu’à l’humain pour que l’humain puisse se hausser au divin ».


A cela se joint l’anabaptisme. Notre auteur a beaucoup d’affinités avec les anabaptistes, il les a fréquentés lors de son séjour à Strasbourg, ce qui va contribuer à alourdir son dossier, si vous me permettez l’expression. Les anabaptistes appartiennent à ce que l’on nomme aujourd’hui la Réforme radicale et ils sont férocement combattus aussi bien par Luther, Zwingli, que Calvin. Alors que Calvin maintient le baptême des petits-enfants, qui pour lui est la continuation chrétienne de la circoncision juive, Servet le rejette comme diabolique. Il résume ses recherches bibliques à ce sujet en vingt thèses négatives contre le baptême des enfants et vingt-cinq positives sur le baptême des adultes. Car baptiser est à ses yeux un acte trop important, qui « ne convient pas aux enfants ». Le baptême est un acte de recréation de l’être, ni plus ni moins. Il soutient, sur la base d’une exégèse acrobatique d’un verset de l’Exode, qu’on n’est pas responsable de ses actes avant l’âge de vingt ans. Ce qui sera retenu contre lui lors du procès genevois. Ne permet-il pas à la jeunesse de se livrer à toutes sortes de débordements ?


Ensuite, la conception de l’Église. A vrai dire, elle est évanescente. Sur ce point, Servet ne tient pas sa promesse alléchante de retour de l’Église apostolique à ses origines. Il spiritualise l’Église à l’extrême, au point de la faire apparaître comme une simple affinité de l’Esprit. À la limite, il n’est même pas sûr qu’elle doive revêtir une forme institutionnelle quelconque, car « la Jérusalem céleste, le paradis des cieux, le Royaume du Christ est en nous avec une gloire qui dépasse de loin celle de l’Eden ». Elle se réduit à une communauté virtuelle, dirait on aujourd’hui. Du coup le monothéisme idéal de Servet n’est porté par aucune structure concrète susceptible de le pérenniser à travers les générations. Il est condamné à rester, au sens strict, un pur idéal, un rêve qui n’a pas les moyens de se matérialiser. Servet demeure un homme seul, sans postérité et sans communauté, à l’inverse d’un autre théologien anti-trinitaire du XVIe siècle, Faust Socin.


Il n’y a pas de comparaison possible avec la solide architecture calvinienne, qui « plantait des Eglises ». Planter des Eglises comme on plante une forêt, pour durer à travers le temps ...


Enfin le millénarisme, c’est-à-dire la fascination pour la fin des temps. Vous savez que Calvin se méfiait des millénaristes comme de la peste et que le livre de l’Apocalypse est le seul qu’il n’ait jamais commenté. Michel Servet au contraire témoigne d’une inclination marquée pour ce motif. Faut-il n’y voir qu’une exaltation personnelle, par ailleurs certaine chez lui ?


Quoi qu’il en soit, derrière cette tendance se profile la critique radicale de tout pouvoir ecclésiastique. Servet voit en particulier dans la persécution des hérétiques par l’Inquisition (qu’il assimile à la Bête de l’Apocalypse), le signe de l’agonie d’un système d’oppression qu’à ses yeux ni Luther, ni Zwingli, ni Calvin n’ont su dépasser, puisque eux-mêmes reproduisent la même persécution dans les Eglises qu’ils ont fondées. Sa critique du pouvoir religieux a un parfum libertaire. Et ce Servet anarchisant ne pouvait qu’inquiéter cet amoureux de l’ordre qu’était si profondément Calvin…


Cerise sur le gâteau, à la Restitution est jointe la correspondance latine privée que Servet a entretenue avec le réformateur de Genève par l’intermédiaire d’un libraire lyonnais huguenot. Cette correspondance, qui s’étend sur plusieurs années, est un monument d’incompréhension réciproque. Un cas littéraire. Servet s’y montre d’une maladresse et d’une imprudence incroyables qui font sortir le réformateur de ses gonds. Servet lui envoie le manuscrit de sa Restitution et en retour, Calvin lui adresse un exemplaire de son Institution. Que Servet ne tarde pas à lui retourner couvert de remarques provocantes et de noms d’oiseaux…


Dans une des dernières lettres, Servet exprime le souhait de se rendre à Genève pour débattre avec Calvin à la condition que ce dernier se porte garant de sa sécurité et de son impunité. Calvin refuse de répondre. Exaspéré, le réformateur confie à Guillaume Farel « S’il venait et que mon crédit vaille quelque chose dans cette cité, je ne souffrirai pas qu’il en sorte vivant ... ».

à suivre ...

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Published by Vincent Schmid - dans (hist) SERVET Miguel
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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 18:17

suite des articles précédents.

 
La suite est connue. Au début de l’année 1553, Michel Servet est dénoncé à l’Inquisition depuis Genève par un certain Trie, une connaissance de Calvin, et un premier procès est intenté contre lui par l’Inquisition à Vienne même. Au cours de cette procédure, plusieurs originaux des lettres à Calvin apparaissent mystérieusement. Mais Servet parvient à s’enfuir – peut-être bénéficiant de la bienveillance de l’archevêque dont il fut le médecin, ou peut-être parce que l’inquisiteur Matthieu Ory, étonné qu’un hérétique soit dénoncé par d’autres hérétiques, a craint une manipulation. Servet est condamné à mort par contumace et brûlé en effigie à Vienne avec son livre.


Il réapparaît en été 1553 à Genève. Reconnu, il est à nouveau arrêté au temple de la Madeleine et, sur plainte du secrétaire de Calvin, Nicolas de la Fontaine, les magistrats genevois intentent contre lui un procès pour blasphème. Calvin, qui n’est pas magistrat genevois puisqu’il est un étranger, est cité à titre d’expert théologique. On ne peut nier que le procès s’est tout entier déroulé sous son influence directe, dont il va jouer au maximum et à tous les niveaux afin que le tribunal se prononce pour la mort de Servet. Le crédit du réformateur vaut effectivement quelque chose et il tient la chaire de Saint Pierre, dont il sait admirablement se servir comme en témoigne sa virulente prédication du 27 août 1553 contre Servet. Ce dernier est brûlé à Champel, le 23 octobre de la même année.

 

saint-pierre_geneve.jpgle temple Saint-Pierre de Genève, dit aussi "cathédrale Saint-Pierre",

temple de la paroisse réformée Saint-Pierre de la Fusterie

siège de la "Rome protestante" du XVI° siècle

le site de la paroisse (dont c'est la photo d'entrée)

donne une information historique sur ce haut-lieu (lien)


Ces évènements ont donné lieu à une abondante littérature, à charge ou à décharge. Je me contenterai d’avancer qu’à la réflexion, Michel Servet, qui ne représentait aucun danger objectif sérieux pour personne, est mort de la seule chose que Calvin n’a pas su ou voulu réformer, à savoir les rapports de connivence entre l’Eglise et l’Etat.


Toujours est-il que le premier ressort de la tragédie est à rechercher dans l’entreprise intellectuelle hautement risquée de Servet, totalement étrangère aux préoccupations calvinistes. Il se voyait comme le héraut d’une vérité encore à naître et à venir. Il a voulu, a-t-on dit, doubler Calvin sur sa gauche. Mais compte tenu d’une époque de très violent combat idéologique ou la tolérance est encore à venir, tout dans sa quête le conduisait à la catastrophe qui s’est finalement produite.


Très peu de temps après l’exécution de Michel Servet, Calvin, devant la polémique naissante, produit un ouvrage conséquent pour se justifier, la Défense de la vraie foi. Ensuite, à tout bout de champ, et jusqu’à ses ultimes adieux à ses collègues, il ne cessera de revenir, directement ou indirectement, sur le bûcher de Servet pour se justifier encore et encore. Pour affirmer que selon la loi divine telle que lui Calvin la comprend, Servet l’hérétique devait mourir. Une telle insistance est à la longue suspecte. Un tel déni montre qu’à tout le moins, Calvin ne se sentait pas en paix avec ça.


La principale conséquence reste que le bûcher de Servet a fait éclater, dans le monde protestant, le débat autour de la liberté de foi et de conscience. Il n’aboutira que beaucoup plus tard, après bien des vicissitudes, et nous en bénéficions aujourd’hui.

à suivre ...

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Published by Vincent Schmid - dans (hist) SERVET Miguel
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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 17:59

suite des articles précédents et fin de la conférence.


Pour conclure je souligne ce qui me semble être l’impasse et l’intuition de Michel Servet. Son impasse tient à son excès d’idéalisme. Il s’est avancé sur la voie du syncrétisme, ce qui ne pouvait que décevoir tout le monde. On ne peut pas faire avancer les choses entre tenants de diverses traditions en rognant sur ce qui fait l’identité des uns et des autres. Parce qu’alors plus personne ne s’y retrouve. S’il fut hérétique aux yeux des catholiques, des luthériens et des réformés de son temps, nul doute qu’il ne soit apparu comme tel aux yeux de ceux-là même qu’il voulait séduire, les juifs et les musulmans.

 

"Un hérétique total", a écrit Jérôme Friedman. Mais il se pourrait bien que les hérétiques aient parfois de géniales intuitions. Un maître juif, Nahman de Breslaw, a eu ce mot superbe: « L’hérésie vient au monde à cause des Sages qui ne renouvellent pas leur enseignement ». Ce qui est chez Servet prodigieusement neuf, c’est qu’il est le premier à s’engager sur le terrain inter religieux. Il est le premier à essayer de le penser. Dans une Europe du XVe siècle centrée sur elle-même et sur sa propre crise spirituelle, il incarne une problématique liée déjà à un processus de mondialisation économique et culturelle. Et il me semble que cette intuition-là (totalement incomprise de sa génération et même de son défenseur posthume Castellion) nous interroge cinq siècles plus tard.

 
J’ai la conviction que l’une des tâches les plus urgentes pour les théologiens de notre siècle qui commence, consiste à se tenir sur les frontières qui séparent les trois monothéismes et à penser en profondeur ces frontières. Je n’ai pas besoin d’invoquer l’actualité pour justifier cela. L’essentiel aujourd’hui, c’est que chrétiens de diverses obédiences, juifs et musulmans, nous parvenions ensemble à désactiver ce que nos identités peuvent avoir de potentiellement destructeur tout en ne les reniant pas. Les enjeux sont énormes et la survie de notre civilisation est à ce prix.


Je vous remercie.
 

Fin


dialogue_interreligieux.jpg

illustration de la page sur Facebook "Soyons acteurs d'un véritable dialogue inter-religieux" (lien)

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Published by Vincent Schmid - dans (hist) SERVET Miguel
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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 02:43

Voir notre article récapitulatif dans les Actualités unitariennes : "Visitez La Bohème et la Moravie, foyers de la Réforme chrétienne du XV° au XVII° siècles " (lien), rubrique "Les protestantismes", le 10 juin 2011

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Published by La Besace des unitariens - dans sur les Réformateurs
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9 juin 2011 4 09 /06 /juin /2011 17:09

Après le martyre du prêtre de Bohème Jan Huss sur un bûcher en 1415 à Constance, lors du concile réuni en cette ville, ses partisans, les hussites, durent faire face à 5 croisades lancées contre eux à l’initiative du pape et avec le soutien de l’empereur Sigismond de Luxembourg (empereur de l’empire romain germanique de 1410 à sa mort en 1437 ; roi de Bohème à partir de 1419) *; il y eut également une guerre civile entre hussites, les modérés (les Utraquistes) et les hussites plus radicaux (les Taborites). Cette période de guerres dura de 1420 à 1434 et se termina par un compromis entre les Utraquistes et Rome. Ce furent les premiers combats en Europe où des armes portatives à poudre comme les mousquets eurent une contribution décisive : les hussites résistèrent victorieusement aux troupes militaires en se retranchant derrière des chariots de paysans et en fabriquant artisanalement ces nouvelles armes.
* voir « Croisades contre les hussites » sur Wikipedia ( lien)
 
chelcicky_petr1.jpgPierre Chelčický (1380- vers 1460), hobereau, originaire de la Bohême méridionale, est influencé par l’anglais John Wyclif * et son compatriote Jean Huss **, mais aussi par Tomáš Štítný *** . Il écrit plusieurs ouvrages entre 1420 et 1440 (« Postilla », « Sur la lutte spirituelle », et le « Filet de la vraie foi ») où il se place dans la tradition hussite, condamnant la seigneurie et le servage au nom de l'égalité et de la justice sociale, exigeant une application rigoureuse des lois évangéliques ; mais, à la différence des hussites, il n'est pas un révolté : tout recours à la force et à la violence est pour lui péché. Il est résigné à l'opposition irréductible avec le monde ; il prêche un pacifisme absolu au nom de l’Evangile.

 

* Il recevra dans le village où il est né, Chelčice, l’anglais Peter Payne, continuateur de John Wycliff.

** voir notre dossier sur « Les réformateurs d’avant le XVIème siècle » dans La Besace des unitariens ( lien)
*** écrivain et théologien tchèque et parmi les premiers disciples de Jan Huss 1333 – mort à Prague en 1401 ou 1409.


Grande figure du pacifisme chrétien, il influencera le russe Léon Tolstoï et sera appelé le Gandhi tchèque !
 
En 1457, le moine Grégoire (Gregor) de Prague, frère de J. Rokycana, le chef des utraquistes, s'étant enthousiasmé par ces thèses, persuadera des hussites à le suivre à Kunvald, au nord - nord-est de Žamberk, sur le domaine des Poděbrad, en Bohème méridionale. Des vaudois tchèques et allemands s’agrègent également à la nouvelle mouvance, laquelle se constituera en " Unité des frères (Unitatis Fratrum) de la loi du Christ ". L’inspirateur spirituel de ce nouveau mouvement, mais non présent au sein de cette communauté, Petr Chelčický, meurt vers 1460.

 

La communauté de Kunvald établit une règle de vie très austère : les frères renoncent à la propriété personnelle et, selon l'enseignement de Chelčický, ils prennent soin de « s'abstenir du serment, de s'écarter de tout office public, de tout commerce » et autres « occupations pécheresses ». Le travail manuel seul est pur et noble à leurs yeux. S'éloignant des dogmes et des rites catholiques, ils inquiètent les utraquistes qui n'ont pas renoncé à désarmer l'hostilité de Rome. En 1467, lors du synode de Lhotka (26 mars), la rupture est consommée : la communauté élit ses prêtres et son premier évêque, Mathias Červenka, qu'un Vaudois ordonne. L'Unité constitue désormais une Église indépendante. Elle profite de la rapide décadence de l'utraquisme après la mort de son meneur, J. Rokycana, en 1471.


Dans un second temps, la communauté assouplit un peu ses règles. Grégoire de Prague décède en 1474. L'adhésion de nombreux bourgeois et d'une partie de la noblesse lui impose une certaine ouverture au monde. Grâce à Luc de Prague (Lukas Prazsky 1458-1528), qui est son principal théologien, le synode de Chlumec (1496) admet le serment, le négoce et l'exercice des fonctions publiques ; il tolère la propriété. Devenu évêque de l'Unité, Luc de Prague la préserve à la fois de la tentation luthérienne et, par sa modération, de l’adversité des catholiques et des hussites.


Mais tous les Frères ne suivent pas cette nouvelle orientation. En 1494, un schisme éclate entre un parti majeur et un parti mineur ; ce dernier se radicalise encore plus et  adopte résolument des idées anabaptistes (1), anti-trinitaires (2) et anti-cléricales (3). Rédigées par des dirigeants du parti mineur, s’adressant principalement au parti majeur : 
 

(1) à l’encontre des Eglises, le parti majeur inclus, le parti mineur écrira : « Vous enseignez qu’il faut baptiser les petits enfants qui n’ont pas leur propre foi, a-t-il écrit, et en cela vous suivez ce qu’a institué un évêque appelé Dionysius, qui a encouragé le baptême des nouveau-nés à l’instigation d’insensés (...). Presque tous les enseignants et les docteurs font de même, Luther, Melanchthon, Bucer, Korvín, Jiles, Bullinger, (...) le parti majeur, qui tous trafiquent ensemble. »
« Le Seigneur Christ a dit à ses apôtres : Allez dans le monde, prêchez l’Évangile à toute la création, à ceux qui croiront (Marc, chapitre 16). Et seulement après ces paroles : et en étant baptisés, ils seront sauvés. Or, vous enseignez qu’il faut baptiser les petits enfants qui n’ont pas leur propre foi. »

(2) sur la Trinité   « Si vous regardez la Bible d’un bout à l’autre, vous ne trouverez nulle part que Dieu est divisé en une sorte de Trinité, trois personnes au nom différent, croyance que des gens ont imaginée de toutes pièces. »
sur le Esprit saint : « Le saint esprit est le doigt de Dieu et un don de Dieu, un consolateur, la Puissance de Dieu, que le Père donne aux croyants sur la base des mérites du Christ. On ne lit nulle part dans les Saintes Écritures qu’il faut qualifier le saint esprit de Dieu ou de Personne ; cela ne figure pas non plus dans les écrits apostoliques. »

 

(3) sur la prêtrise, le parti mineur opte pour des ministres laïcs : « Ils vous donnent à tort le titre de ‘ prêtre ’ ; si vous enlevez votre tonsure et votre onction du doigt, vous n’avez rien de plus que le plus ordinaire des laïcs. Saint Pierre invite tous les chrétiens à être prêtres en disant : Vous êtes la sainte prêtrise qui offre des sacrifices spirituels (1 Pierre 2). »
« Nous savons pertinemment qu’au départ les femmes ont amené davantage de personnes à la repentance que tout un groupe de prêtres avec un évêque. Et maintenant les prêtres se sont installés dans leur village et dans la résidence qui leur est allouée. Quelle erreur ! Allez dans le monde entier. Prêchez [...] à toute la création. »

 

L'un des dirigeants du parti mineur, Jan Kalenec, fut flagellé et torturé au moyen du feu par l'Inquisition catholique en 1524 et trois autres finirent sur un bûcher. Après 1550, on n’a plus de traces du parti mineur.


A noter que, en Pologne, une Eglise anti-trinitaire, l'Ecclesia minor, s’organisera dans les années 1565, et en Transylvanie, ce qui deviendra l’Eglise unitarienne de Transylvanie, en 1568.

à suivre

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Published by Jean-Claude Barbier - dans sur les Réformateurs
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9 juin 2011 4 09 /06 /juin /2011 16:17

suite de l'article précédent et fin.


Par contre, le parti majeur continue sa route. Jean Černy, entreprend, à Mlada Boleslav (Jungbunzlau), de rassembler les Acta Unitatis fratrum (qui seront publiés en 1551). La mouvance compte alors dans ses rangs « l’humaniste » Jan Blahoslav (1523-1571), qui sera nommé deuxième évêque de Moravie, aux côtés de Matthias Červenka, par le synode de Sležan (23 août 1557).


Durant la seconde partie du XVIème et au XVIIème siècle, les frères des deux partis, qui se sont propagés aussi en Pologne et en Allemagne, se rallient en masse aux Réformes luthérienne ou calviniste. Le coup de grâce est donné par la défaite des protestants face aux catholiques à la bataille de la Montagne blanche (novembre 1620) près de Prague et la fin de la liberté religieuse en Bohème qui s'ensuivit.


En 1722, le comte Nikolaus-Ludwig von Zinzendorf, piétiste fervent, accueille sur ses terres de Saxe des Frères de Bohème persécutés. Ceux-ci y fondent le village de Herrnhut. Ce sera le début d’un renouveau et celui d’une nouvelle étape, celle de l’Eglise morave proprement dite *, dont le comte protecteur sera le premier évêque en 1737.

* Alors que la Bohème correspond à la partie occidentale de la République tchèque, la région de Prague ; la Moravie est une région de la partie orientale avec Brno comme capitale régionale ; l'Unité des Frères s'y était diffusée.

 

En 1741, les Frères moraves débarquent en Nouvelle Angleterre et fondent Nazareth et Bethlehem en Pennsylvanie. Missionnaires très actifs, très ouverts à l'oecuménisme, ils se répandent dans le monde entier ( lien).

 

Depuis 1921, l'Eglise des Frères moraves a repris son nom d'origine : " l'Eglise de l'Unité des frères "


image001-copie-1.jpgSur place, en République tchèque, l’Eglise évangélique des Frères tchèques (en tchèque, Českobratrská církev evangelická) ( lien) compte 117 212 membres selon le recensement de 2001. Elle est l'héritière de l'Église évangélique luthérienne et de l'Église réformée (calviniste), les deux seules Eglises protestantes autorisées dans le royaume de Bohême par l'Édit de tolérance de 1781 de Joseph II d'Autriche qui accorda aux protestants et aux orthodoxes la liberté de culte et leur restitua la totalité de leurs droits civiques. Les Églises fusionneront en décembre 1918 peu après la déclaration d'indépendance de la Tchécoslovaquie. La nouvelle Église se considère alors comme la continuatrice, non seulement du message évangélique de Martin Luther et Jean Calvin mais aussi de leur prédécesseur tchèque, Jan Huss, inspirateur de l’Église hussite et du mouvement des Frères tchèques.


Logo de l'Eglise : on y recoannaît la Bible ouverte (signe de la tradition protestante) et le calice (symbole de la communion sous les deux espèces revendiquée par les hussites).

 
Sources :


Encyclopédie Universalis, article "Frères Moraves" par Michel Laran (maître de recherche au CNRS), chap. I - De la Bohême à la Pologne (XVe-XVIIe s.) ( lien)

« l'Unité des Frères moraves », La Tour de Garde * du 15 décembre 2003 ; article repris le 15 septembre 2009 par Fabien Girard sur son site « Liberté de croyance, blog consacré à la liberté de croyance et l'anti-trinitarisme autour de Michel Servet et Sébastien Castellion » : « L'Unité des Frères moraves : l'antitrinitarisme d'avant la réforme » ( lien) **
* revue éditée par les témoins de Jéhovah.

 

ndlr - nous remercions Fabien Girard, participant à notre forum "Unitariens francophones", d'avoir attiré notre attention sur l'existence de ce mouvement peu connu et souvent confondu avec les Frères moraves (ceux-ci ne venant que bien après, à partir de 1722).

 

Daniel S. Larangé, La Parole de Dieu en Bohême et Moravie. La tradition de la prédication dans l’Unité des Frères de Jan Hus à Jan Amos Comenius *, Paris, L’Harmattan, 2008 (Spiritualité & Religions).

* Jan Amos Comenius, né en 1592 en Moravie, mort à Amsterdam en 1670.

 

Joseph Macek, Jean Hus et les traditions hussites, Plon, 1973 - chapitre V, section 5 "Pierre Chelčický" et section 6 "l'Unité des Frères".


Victor-L. Tapié, Une église tchèque au XVe siècle : l'Unité des Frères, Librairie Ernest Leroux, 1934.


Sur Petr Chelčický (1380 – vers 1460),

Voir sur le site de Radio Praha l’entretien (traduit en français) de l’historienne Klára Kavanová par Jaroslava Gissübelová, à l’occasion du 630e anniversaire de sa naissance et de l’inauguration du musée qui lui est consacré dans son village de naissance, Chelčice ( lien).
Encyclopédie Universalis, article de Bernard Roussel (professeur à la faculté protestante de théologie de Strasbourg) sur « CHELCIKY PETR (1380 env.-1467) », (lien)


Sur Luc de Prague (1458-1528),

voir l’article de Bernard Roussel (professeur à la faculté protestante de théologie de Strasbourg) dans l’Encyclopédie Universalis « LUC DE PRAGUE, tchèque LUKÁS PRAZSKY (1458-1528) » (lien).

 

Sur Jan Kalenec ( - 1524),
Waclaw Urban, "Jan Kalenec", dans le tome VI de la Bibliotheca dissidentium ; répertoire des non-conformistes religieux des seizième et dix-septième siècles ; édité par André Séguenny ; textes revus par Jean Rott ; édité par Verlag Valentin Koerner ; Baden-Baden, en décembre 1985 ; versions en anglais et en italien.

 

Sur les Frères moraves (depuis 1732),

" L'Unité des frères fête ses 550 ans ", par Jaroslava Gissübelová sur le site de Radio Praha, le 13 juin 2007, version en français (lien)

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Published by Jean-Claude Barbier - dans sur les Réformateurs
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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 15:49

"Les Réformateurs d’avant le XVIème siècle", par Jean-Claude Barbier, contribution à la séance du lundi 16 mai 2011 du "Groupe Religions" du Réseau d’échange réciproque des savoirs (RERS) de Malartic, Gradignan, département de la Gironde, animée par Bernard Périllat. Source principale d’information : articles de l’encyclopédie en ligne Wikipedia.

 

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« Pré-réformateurs » et « réformateurs ».


Certains historiens traitent les réformateurs antérieurs à Martin Luther de pré-réformateurs, signifiant par là que la Réforme commence avec les 95 thèses que celui-ci placarda en 1517 sur la porte de la cathédrale de Wittenberg. C’est là une vision tout à fait « protestante » qui reporte au second plan les réformateurs antérieurs et qui occultent ceux qui, néanmoins, restèrent fidèles à l’Eglise romaine. Or, l’étude des « pré-réformateurs », entre autres Pierre Valdo / Valdès (vers 1130-vers 1217), John Wyclif (vers 1320 – 1384) et Jan Hus (vers 1370 – 1415), montre combien les thèmes débattus sont pratiquement les mêmes et sont nettement affirmées


Si bien que la différence n’est pas tant thématique, étant entendu que chaque réformateur peut avancer des thèses qui lui sont particulières en plus des thématiques générales, qu’historique. La grande nouveauté est en effet l’invention de la typographie vers 1440 par l’imprimeur Johannes Gutenberg et la publication, en 1455, à Mayence, de la première bible imprimée. Dès lors, les nouvelles idées se diffusent à plus grande vitesse et touchent de plus en plus de monde.


La différence, c’est aussi que, mieux protégés par des princes et des cités acquis à leur cause, les deux principaux réformateurs du XVIème siècle, Martin Luther et Jean Calvin, vont désormais pouvoir résister aux efforts de Rome et des autorités temporelles qui lui sont restés fidèles, et pouvoir diffuser leurs mouvements à grande échelle.


La même optique « protestante », très réductrice, va d’ailleurs également jouer quant à la liste des réformateurs du XVIème siècle, trop souvent limitée aux seuls réformateurs qui ont vraiment « réussi » ; ceux qui ont pu non seulement résister à Rome mais aussi diffuser leur foi à grande échelle, à savoir Martin Luther (1483-1546) et Jean Calvin (1509-1564). Cet éclairage privilégié s’est fait au détriment des réformateurs qui insistèrent sur d’autres thèmes, notamment les anabaptistes, les anti-trinitaires, et les spiritualistes allemands.


Compte tenu des continuités thématiques entre tous ces réformateurs, il nous paraît plus simple d’adopter une distinction chronologique qui n’implique aucune différence de valeur ; les réformateurs du XVIème siècle pouvant toutefois être qualifiés de « protestants » au sens large du terme.


Quels sont les principaux thèmes réformateurs qui vont émerger à partir de la seconde moitié du XIIème siècle ?


1° - une réaction contre les richesses temporelles de l’Eglise et le train de vie mondain des prélats ; le rappel de la pauvreté évangélique
2° - une réaction contre la dépravation des mœurs des clercs ; le rappel de la sainteté nécessaire à toute autorité ecclésiale
3° - le rappel de la non violence évangélique
4° - la promotion des langues locales pour les prêches et la lecture de la Bible
5° - la critique de la transsubtantiation érigée en dogme par le 4ème concile de Latran en 1215 et qui limite la communion du vin aux seuls clercs
6° - la critique des indulgences
7 ° - la distinction entre la dimention spirituelle de l’Eglise du Christ et sa réalité institutionnelle.
8° - passer outre aux condamnations papales et faire Eglise dissidente

à suivre ...

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 15:17

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1° - une réaction contre les richesses temporelles de l’Eglise et le train de vie mondain des prélats ; le rappel de la pauvreté évangélique


pierre_valdo.jpgRiche marchand de Lyon, Pierre Valdo quitte ses activités lucratives pour se consacrer à prêcher l’évangile. Il lègue ses biens à sa femmes et confie ses filles à un couvent, puis lance un mouvement de prêcheurs, la Fraternité des pauvres de Lyon, à une époque où les prêches sont réservés exclusivement aux clercs. Il part à Rome en 1179 avec un disciple. Le pape les reçoit bien, mais les théologiens se gaussent d’eux car il n’ont pas la formation nécessaire. Pierre Valdo, écoeuré par les mondanités papales, considère que Rome est devenue la grande Prostituée de l’Apocalypse. Il en incrimine l’époque constantinienne qui a vu l’Eglise devenir une puissance temporelle. Les clercs devraient travailler comme le faisaient les apôtres ; le clergé ne doit pas posséder de terre ni prélever la dîme.

 

statue de Pierre Valdo au Mémorial de Luther à Worms, en Allemagne

 

Il devance un François d’Assise (1182-1226), fondateur de l’ordre des Franciscains, lesquels vont également secoué l’Eglise hiérarchique par leur revendication de la pauvreté évangélique. François d’Assise rompe avec sa jeunesse dorée en 1206 et ses premiers disciples deviennent les « Frères mineurs » en 1209.


John Wyclif invite l’Eglise à distribuer ses biens. Il jouit du soutien d’aristocrates anglais qui ne sont pas sans espérer récupérer ces biens à leur profit ! Il prend la défense du Parlement anglais qui ne veut pas que les biens de l’Eglise d’Angleterre puissent être expatriés.


A partir de 1380, il envoie les « pauvres prêcheurs » - les lollards - dans les campagnes anglaises. Ses thèses ont sans nul doute influencé la révolte paysanne de 1380, mais lui et les lollards se tiennent à l’écart des évènements au nom de la non-violence chrétienne.

 

Les protestants du XVIème siècle ne vont pas continuer cette prédication. Les anabaptistes vont insister sur le partage des biens en faveur de la collectivité conformément aux premières communautés chrétiennes, ce qui est autre chose. Il faudra attendre saint Vincent de Paul (1581-1660), mais cette fois-ci sous l'angle de la charité et ... côté catholique.

à suivre ...

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 15:02

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2° - en réaction contre la dépravation des mœurs des clercs, le rappel de la sainteté nécessaire à l'exercice de l'autorité ecclésiale


Les cathares furent les premiers à lier la sainteté – la chasteté absolue pour les bons hommes et bonnes femmes – à la validité des sacrements par eux distribués – le consolament dans leur cas. Un impair, et le bonhomme devait aller refaire son ordination auprès d’un autre bonhomme car celle-ci n’était plus valable !


Anne Brenon le précise : « La rupture du vœu de chasteté, faute particulièrement lourde, entraîne la nullité de l’ordination du religieux pécheur, qui doit être réconcilié, au terme d’une nouvelle probation, par un nouveau consolament. Si celui qui a fauté est un évêque, la situation est particulièrement dramatique, puisque sa déchéance est tenue pour affecter rétroactivement la validité des ordinations qu’il a conférées. Des rumeurs de cet ordre ont durablement perturbé les Églises cathares italiennes, causant à la fin du XIIe siècle un schisme dans l’Église de Lombardie, dont l’évêque aurait été « vu avec une femme »… (Cahier : « Le catharisme, première Église alternative », dans Evangile et Liberté, n° 218, avril 2008) (lien)

john_wyclif_dessin.gifEn 1376, John Wyclif expose la doctrine de l'« autorité fondée sur la grâce », selon laquelle toute autorité est accordée directement par la grâce de Dieu et perd sa valeur lorsque son détenteur est coupable de péché mortel. Il soumet ainsi l’Eglise à la fidélité évangélique. Les sacrements distribués par les clercs ne sont valables que si ceux-ci ne sont pas en état de péché mortel. Ils ne peuvent, par exemple, pas remettre les péchés dans le cadre du sacrement de pénitence et donner l’absolution. Il en va de même pour l’obéissance des fidèles : ceux-ci n’ont pas à obtempérer si les clercs ne sont pas en état de grâce. L’autorité de l’Eglise est fondée sur sa pleine continuité entre le Christ ; ses ordres sont nuls et non advenus dès lors qu’elle trahit l’Evangile. L’Eglise invisible des chrétiens en état de grâce prévaut.

à suivre ...

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 11:30

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3° - le rappel de la non-violence évangélique


John Wyclif, au nom de l’Evangile, condamne l’esclavage et la guerre.


John Wyclif, puis Jan Hus condamnent la pratique des indulgences non pas en tant que telle, mais parce qu’elles contribuent à financer des guerres ! Pour Jan Hus, ce fut à l’occasion de la croisade lancée par Jean XXIII, pape à Pise (il y avait alors deux autres papes, l’un à Rome et l’autre à Avignon) contre le roi Ladislas Ier de Naples, protecteur de son concurrent, le « pape de Rome ». le même pape lançait aussi une campagne d'indulgences afin de financer cet effort de guerre. Jan Hus s'élève alors contre ce « trafic » dans son adresse contre les indulgences Quaestio magistri Johannis Hus de indulgentiis, quasiment une copie conforme du dernier chapitre du De Ecclesia de John Wyclif. Le pamphlet hussite déclare qu'aucun prêtre, aucun évêque, aucun religieux ne peut prendre l'épée au nom du Christ ; ils doivent prier pour les ennemis du Christ et bénir ceux qui le combattent. Le repentir de l'homme passe par l'humilité, pas l'argent ni les armes ni le pouvoir.

 

La paix et la pureté évangélique, ici représentées sur vitrail par la colombe et le lys


colombe_et_lys.jpgcolombe_vitrail.jpg

 

Remarquable orateur, il provoque l’émeute du peuple de Prague. Le 24 juin 1412, un cortège d’étudiants conduit par le disciple de Jan Hus, Jérôme de Prague, va clouer au pilori la bulle du pape et la brûle ensuite. La répression s’abat sur les étudiants : trois étudiants, qui ont interrompu un prêtre pendant qu’il prêchait l’achat d’indulgence, sont exécutés à la hache.

 

Un siècle plus tard, le rejet des indulgences fera partie des thèses les plus célèbres de Martin Luther en 1517 ... mais c'est alors la somonie du clergé et l'avidité des percepteurs qui provoquera la réprobation des Allemands.

à suivre

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