le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

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charles_gordon_ames.jpgChristianity and Unitarianism” (Christianisme et unitarisme) par Charles Gordon Ames (1828-1912), Church of the Disciples, Boston, Berry Street Essay, texte à lire avant la Conférence ministérielle du 29 mai 1895. Paru dans l' American Unitarian Association, 1896 ; Tracts, 4th Series, n° 96, et mis en ligne sur le site de l'Unitarian Universalist Ministers Association UUMA (lien). Traduit en français par Roger Gau à partir d’une traduction automatique de Google (lien). 


L’auteur fut d’abord ordonné ministre d’une Eglise baptiste en 1849, milita au sein du Parti républicain à partir des années 1854 (de 1855 à 1857, il édite le Minnesota Republican, le premier journal de cette tendance dans le Nord-Ouest). Il s’établit à Boston en 1859, adhère à l’unitarisme, et, plus tard, il succède à James Freeman Clarke comme pasteur à l’Eglise des Disciples. Il édite le Christian Register of Boston de 1877 à 1880. Il se remarie en 1863 avec une activiste philanthrope et féministe Fanny Baker Ames.

Lundi 2 septembre 2013 1 02 /09 /Sep /2013 11:17
- Par Charles Gordon Ames - Publié dans : sur l'unitarisme - Communauté : Unitariens

Niccolò Paruta, un réformateur italien antitrinitaire
note rédigée par Jean-Claude Barbier à partir du site italien Eresie ( lien), du site français de Didier Roux sur les Réformateurs anti-trinitaires ( lien) et de l’encyclopédie Wikipedia en version anglaise ou française


Niccolò Paruta ( - 1581), fils d’un noble vénitien, fut médecin et se joint aux anabaptistes en participant en 1546 à une importante rencontre qui se tint clandestinement au collège Vicentina, réunissant des anabaptistes et des anti-trinitaires. En 1560, il doit quitter Venise à cause de ses convictions réformatrices.


Il se rend d’abord à Genève, avec Andrea da Ponte (1508-1585) vers 1560. Mais Jean Calvin ne reçoit pas bien ces Italiens anti-trinitaires qu’il veut soumettre à sa propre confession de foi. L’anti-trinitaire Michel Servet, rappelons le, a été mis sur le bûcher en octobre 1553, au terme d’un procès d’Inquisition initié et conduit pour la partie religieuse par Calvin. Les Italiens lui en font grief.  N. Paruta préfère quitter la ville et s’installer en Moravie à Austerlitz en 1561.


Là, il fonde un véritable salon anti-trinitaire qui se trouve renforcé par l’arrivée de célébrités comme Jean-Paul Motta Alciati, Giovanni Valentino Gentile et Bernardino Ochino, lesquels ont été expulsés de Pologne après l'édit de Parczòw de 1564 (cet édit ordonne l'expulsion de tous les étrangers non-catholiques). B. Ochino passa d’ailleurs les derniers jours de sa vie chez N. Paruta, en février 1565. D’autres réformateurs vinrent les rejoindre comme Marcantonio Varotta (en 1566) et Nicholas Buccella, avec qui il entretint des relations durables d’amitié.


On retrouve N. Paruto à Cracovie en 1571-1572, puis l’année suivante, en 1573 en Transylvanie, au collège anti-trinitaires de Kolozsvar. Les réformateurs de cette mouvance viennent de vivre leur heure de gloire sous le règne de Jean II Sigismond, prince (vovoïde) de Transylvanie. Ils ont eu le dessus lors des disputes théologiques et la diète de Torda, en 1568, a avalisé leur position libérale accordant la liberté de penser aux ministres du culte. Mais le Prince est mort d’un accident de chasse en mars 1571, et son successeur est catholique … et influencé par les Jésuites, lesquels mènent la Contre-Réforme !

 

transylvanie_carte_francaise_1843.jpg

 

Carte "française" de 1846 utilisant en fait les cartes existantes avec un joyeux mélange de toponymies allemande et hongroise : "Temesvar" (partie à gauche et en bas de la carte) est écrit en hongrois (la ville s'appelle en allemand Temeschburg et en roumain Timisoara ; elle est la capitale du Banat). Au centre de la carte, "Klausenburg" est le nom allemand de Kolozsvar (en hongrois), ville dénommée depuis Cluj-Napoca par les autorités roumaines. Plus bas, "Carlburg" est le nom allemand de la ville de Gyula-fehervar (en hongrois), qui est l'actuelle Alba-Iula. En bas et au centre, "Hermanstadt" est le nom allemand de Nagyszeben (en hongrois) qui est Sibiu en roumain. "Kronstadt", en bas et à droite, est Brasov en hongrois et Brasso en roumain. Marosvasarhely (centre droit de la carte, à une latitude proche de celle de Klausenburg) est le nom hongrois de l'actuelle Tirgu Mures (en roumain). Enfin, plus au nord, Bistritz est en allemand et correspond à la ville saxonne dénommée Beszterce en hongrois et Bistrita en roumain.

 

au collège de Kolozsvar


Ce collège de Kolozsvar (dit le Gymnasium en latin) semble avoir été un lieu de convergence (et sans doute d’effervescence intellectuelle !) pour plusieurs anti-trinitaires de ces années 1570. N. Paruta y a cohabité avec Matthieu Glirius, et Jacques Paléologue.


A-t-il rencontré de son vivant Johannes / János / Jean Sommer, le fondateur de ce collège ? Celui-ci, né en 1540 en Saxe dans la ville fortifiée de Pirna, ancien étudiant luthérien de l’université de Wittenberg, est déjà venu en Transylvanie où il fut maître de l’école de Biatricz [ndlr – sans doute Beszterce en hongrois et Bistrita en roumain, qui est un groupement saxon au nord-est de Kolozsvar]. Reparti en Allemagne, il est rappeler en Transylvanie pour ses compétences en grec à la demande de Georges Biandrata et de l’évêque hongrois Ferencz David. Il arrive à Kolozsvar au printemps 1572, accompagné d’Adam Neuser (tous deux sont partis de Cracovie le 15 avril). Malheureusement, lui et sa famille (sa femme et sa belle-fille) seront victimes de la peste ; il meurt en 1573 (année de l’arrivée de N. Paruta) ou en 1574.


L’Allemand Adam Neuser, né vers 1530 à Gunzenhausen, une cité de la Bavière, ancien ministre calviniste de l'église Saint-Pierre à Heidelberg, mis en prison pour une lettre adressée à Sigismond II de Transylvanie et interceptée par la police impériale, mais en cavale depuis 1571, ne s’attarde guère en Transylvanie (le danger est réel : son ami Johannes Sylvan, est exécuté en 1572 par les autorités impériales). On le retrouve à Constantinople … où il s’est converti à l’islam, sans doute pour le besoin de se mettre sous la protection du sultan. Stephen Gerlach, un théologien luthérien, qui se rendit à Constantinople dans le mois d'août 1573, en qualité de chapelain domestique pour le baron Ungnad Von Weiszenwolf, ambassadeur autrichien à la Sublime porte, le rencontre et s’étonne de sa conversion. A. Neuser décédera le 12 octobre 1576, d'une maladie incurable et douloureuse (ce que d’aucuns considèreront comme un jugement de Dieu pour son apostasie !).


C’est Matthieu Glirius (vers 1545-1590), de son vrai nom M. Vehe, spécialiste de l’hébreu, qui succède, en qualité de recteur, à Jean Sommer. Il est né à Ballenberg (dans le canton de Berne ?) et a été étudiant des universités d’Heidelberg et de Rostock. Il fut diacre à Kaiserlautern. Il restera recteur jusqu’au moment du conflit entre Georges Biandrata et Ferencz David. Ce dernier meurt en prison en novembre 1579 et on attribue à Matthieu Glirius un pamphlet publié en 1581 mettant en cause Georges Biandrata et ses amis sociniens dans la condamnation de celui qui fut le premier évêque de l’Eglise anti-trinitaire de Transylvanie (la dénomination de cette Eglise deviendra « unitarienne » à partir de 1600), de 1568 à 1579. Deux disciples locaux de Matthieu Glirius, András Eőssi et Simon, fonderont un mouvement judaïsant, les Sabbatariens (voir deux livres récents qui sont sortis sur eux, lien), qui connaîtra un certain succès auprès des populations sicules (Szekler en anglais) du Centre et de l'Est de la Transylvanie. Lui même partira en Pologne, puis retournera en Allemagne en 1589, mais il y sera arrêté et mourra en décembre 1590.


Matthieu Glirius, dans sa fonction de recteur, sera secondé par Jacques / Giacomo /Jacob / Iacopo Paléologue / Paleologo / Palaeologus, dont la famille est originaire de Grèce (il est né sur l'île de Chios en 1520) et immigrée en Italie après la conquête ottomane (Constantinople est prise en 1453). Entré dans l’ordre des Dominicains, il fait des études de théologie à Gênes et à Bologne, puis est envoyé en 1553 au couvent de Pera, près de Constantinople. Mais développant des idées universalistes comme quoi les adeptes d’autres religions, dont les juifs et les musulmans, pourraient bénéficier eux aussi de la Rédemption et donc être sauvés, il est emprisonné. Il échappe des prisons de l’Inquisition romaine en 1559 à la faveur d’une émeute populaire. Il se réfugie d’abord en France, puis en 1562 en Moravie, de là on le retrouve au collège de Kolozsvar dans les années 1573-1574. Par la suite, il bénéficie de la protection de Jetrich (1545-1582), seigneur de Kunovice, et s’installe à partir de 1576 à Cracovie, en Pologne à part quelques brèves périodes où il est à Hluk en Moravie (actuelle partie orientale de la République tchèque). Mais en décembre 1581, il est arrêté à l’instigation de l'évêque d'Olomouc, Stanislav Pavlovsky II. Il est extradé vers Vienne, puis envoyé à Rome où il est condamné à mort pour hérésie en février 1583. Il échappe au bûcher en faisant repentance publique, mais il est finalement décapité le 22 mars 1585 et son corps sera brûlé le lendemain sur le Campo dei Fiori.


contemporain du débat sur le culte de Jésus


N. Paruto enseigne et écrit. Malgré ses nombreux déplacements, il a toujours pris soin d’avoir un niveau suffisant de confort afin de disposer d’une riche bibliothèque personnelle. Il a écrit de nombreux ouvrages, malheureusement perdus, dont un catéchisme. C’est sans doute à cette époque qu’il rédige son œuvre majeure " De uno Vero Deo Jehova Disputationes " (que les Editions unitariennes de Milan viennent de republier en traduction italienne en novembre 2012, lien). Ce livre, cité par Sandius (Vidend. Sandii B.A. pp.25, 23, 29. Bock, Hist. Ref. Pol. L. Ii. C. i. P.40. Wolfi Bibl. Hebr. T.I., p. 642.), est imprimé par John Carzanski à Losk, en Lituanie, en 1578). Le site italien Eresie mentionne aussi 11 thèses contenues dans un second ouvrage « Theses de trino et uno Deo » qui aurait été imprimé auparavant par le lituanien anti-trinitaire Szymon Budny en 1575.


En 1574, N. Paruta adresse une lettre à Stanislaüs Lutomirscius, superviseur de l’Eglise antitrinitaire de Pologne, à propos du baptême. Il s’y montre favorable à ce que tous ceux qui sont admis au sein de cette Eglise soient baptisés afin de prévenir toute conséquence mauvaise, mais sans toutefois aller jusqu’à l’idée que ce rite soit nécessaire au salut.

Ndlr – s’agit-il là simplement du baptême ou bien de re-baptiser les chrétiens venus d’autres Eglises où le pédo-baptême est pratiqué ? On sait que Faust Socin ne sera jamais membre de cette Eglise, bien que théologien à son service, car il gardera son baptême initial.


Il est avec Matthieu Vehe au collège de Kolozsvar lorsqu’éclate en 1578 le funeste confit entre Georges Biandrata et Ferencz David. En mars 1578, Georges Biandrata (lui aussi médecin et théologien italien) fait venir Faust Socin pour convaincre l’évêque unitarien Ferencz David de la nécessité de maintenir le culte à Jésus, celui-ci ayant été élevé par Dieu après sa mort. C’est là une page sombre qui se terminera par l’emprisonnement du premier évêque transylvain et sa mort au cachot de la forteresse de Deva en novembre 1579 ( lien).


Les idées de l’évêque hongrois sont partagées par plusieurs anti-trinitaires de l’époque, entre autres le Lituanien Szymon Bundy, Matthieu Vehe, le Paléologue, et N. Paruta lui-même, etc. Il est parfaitement erroné de présenter Ferencz David comme un être instable, changeant d’idées, novateur isolé. Il épouse au contraire le mouvement réformateur de son époque où la réflexion théologique a rapidement glissé vers des positions aujourd’hui admises par la plupart des chrétiens unitariens actuels. Au XVIIIème siècle, on assistera d’ailleurs en Angleterre au même glissement, les unitariens se séparant sucessivement des ariens, puis des sociniens.


Il meurt peu après les évènements, probablement en 1581 à Nagyenyed (nom hongrois de la petite ville actuelle d’Aiud, au sud de Torda) où il avait une maison.


Christian Francken arrive au collège de Kolozsvar, après les évènements tragiques que nous venons d’évoquer et après la mort de N. Paruta, une première fois en 1585, puis de 1589 à 1591.


Christian Francken est un Allemand né vers 1550 à Gardelegen, en Saxony-Anhalt. Il devient jésuite et enseigne au collège jésuite de Vienne. Il quitte sa fonction en 1577 et, étant acquis à l’anti-trinitarisme, cela lui vaut une vive polémique avec les calvinistes (par exemple avec le huguenot français François Du Jon en 1584). Il est arrêté en Pologne, se réfugie en 1585 en Transylvanie, auprès des anti-trinitaires de Kolosvar, repart à Prague où il est en 1587 – il y est présenté au mathématicien et astronome gallois John Dee -, puis revient à Kolozsvar (1589-1591). Il publie deux nouveaux livres à Prague en 1592, mais lors d’un voyage en Italie en 1598, il est arrêté et sans doute mis à mort vers 1610. Son nom est mentionné dans un document de l’Inquisition daté de 1611.

Jeudi 29 novembre 2012 4 29 /11 /Nov /2012 23:10
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : sur l'unitarisme - Communauté : Unitariens

 par Lawrence M. F. Sudbury, publié sur la page Facebook de l'International Council of Unitarians and Universalists le 22 juin, traduit en français par Jean-Claude Barbier.


Voir, sur ce même site, nos articles précédents sur cette personnalité : « Fernandino Bracciforti et le début de l’unitarisme en Italie » (4 octobre 2010,  lien),  « Les unitariens à Milan en 1875 » (7 mai 2007, lien).

 

Né à Fermo le 15 novembre 1827 de Earl Vincenzo et de Giulia Cioccolanti, Ferdinando Bracciforti termina ses premières études au collège des Barnabites de Parme et entra comme page à la cour de Maria Luisa.


fernandino_bracciforti_1.jpg En 1848, lors des premières manifestations patriotiques italiennes, il se porta volontaire et combattit  à Pastrengo et à Novara, sans oublier de poursuivre ses études et d’obtenir un diplôme en droit. Mais il ne voulut pas endosser la toge d’avocat et préféra se consacrer à l'étude des langues anciennes et modernes et en particulier de l'anglais. Il enseigna l’anglais dans les principales écoles de Milan, y compris l'École polytechnique, durant plus de 40 ans, avec des interruptions seulement occasionnelles. Il publia plusieurs livres qui devinrent immédiatement des jalons incontournables pour l’enseignement de l’anglais en Italie. C’est précisément par cette étude de la langue et de l'histoire des Anglo-Saxons, qu’il a pu élargir ses idées politiques, sociales et religieuses : ce qui l'a éloigné de l'Eglise catholique, d’abord afin d’adhérer à une évangélisation plus générale (et pas seulement catholique) dans un premier temps et, plus tard, à la foi unitarienne.

 

illustration : une réédition récente de l'oeuvre littéraire de F. Bracciforti

 

Généralisées en Europe, grâce aux travaux du pasteur américain William Channing Ellery pasteur, les idées unitariennes répondaient parfaitement à sa mentalité rationaliste et non conformiste. F. Bracciforti voyait en elles non seulement la base d'une foi permanente, mais aussi un élément clé pour une politique nationale unifiée contre le conformisme clérical, étriqué et dogmatique, de l'Église catholique. En ce sens, il n’est pas sans incidence de constater que la théorie unitarienne eut une influence sur une grande partie des patriotes italiens, auprès des savants les plus croyants et d’une façon plus générale, en cette période de turbulences, auprès de tous ceux qui étaient sensibles aux problèmes religieux, y compris quelques-uns des grands protagonistes démocrates du "Risorgimento" italien, tels que Garibaldi et Mazzini.


Dans les premières années de la décennie 1860, F. Bracciforti, après avoir répudié le culte catholique, a rejoint l'Eglise évangélique italienne de Milan, dans laquelle il est resté pendant une dizaine d'années. Son approche de la thèse unitarienne est venue à une époque où la papauté préparait le concile œcuménique Vatican I [ndlr - 8 décembre 1869 - 18 juillet 1870], lequel conduira à la proclamation de l'infaillibilité pontificale et à un resserrement du fossé qu’il y avait entre l'État italien et l'Église romaine.


La prolifération des associations de dissidents catholiques et l'accentuation de la polémique contre la ligne de Rome semblait préparer un environnement dans lequel la propagande chrétienne libérale, déjà commencée par Pietro Sbarbaro, pourrait aller plus loin et dans des voies nouvelles, et viser désormais des objectifs concrets.


Le début de 1869, avec la publication de "La Réforme du dix-neuvième siècle", un bimensuel unitarien qu’il fonda à Milan et qui malheureusement cessa de paraître en novembre 1872, correspond au point culminant de l'engagement religieux de F. Bracciforti. Récemment converti à l’unitarisme, ce dernier voulait non seulement présenter l'unitarisme à un large public, mais aussi rassembler toutes les forces anti-trinitaires du pays. Compte tenue de la variété et de la divergence des points de vue de ceux qui ont collaboré à la revue et aussi de la formation profondément libérale et tolérante de son directeur, la ligne de "La Réforme" était calme et réfléchie, et il n'y eut pas de polémiques sur des sujets avec le ton agressif qui, au contraire, caractérisa le travail de son contemporain Sbarbaro.


Soit dit en passant, «La Réforme du XIXème siècle » faisait face aux grandes questions religieuses de l'époque, parfois en les plaçant dans un contexte européen et mondial, et visait à introduire, parmi un public populaire, les principaux résultats de la critique biblique et historique de l’époque.


Le lien entre l'action de renouveau religieux et celle de l'unité nationale a été assurée par les dirigeants de la revue, y compris quelques-uns des noms les plus importants de la scène patriotique d’alors, comme Giuseppe Garibaldi, Aurelio Saffi, Ausonio Franchi, Aristide Gabelli, Terenzio Mamiani et Giulia Caracciolo. Avec eux, et en tant que correspondant officiel de "La Ligue internationale pour la paix et la liberté", F . Bracciforti réussit à entreprendre une propagande incessante pour la paix, en soutenant l'idée futuriste d’une Constitution des États-Unis d'Europe.


L’activisme unitarien de F. Bracciforti fut également impressionnant en ce qui concerne l’organisation à Milan, en 1875,d’une Eglise unitarienne qui a atteint le nombre de 80 membres, ce qui était proprement incroyable dans le contexte italien de l’époque. Malheureusement, son action, qu’il poursuivit par des traductions d’œuvres unitariennes anglaises et américaines, des brochures diverses et des discours publics, n'a pas obtenu d’effets durables : le rationalisme religieux ne pouvait qu’égratigner superficiellement les murs de la forteresse catholique italienne ; au moins son travail contribua-t-il à élargir l'horizon de la culture religieuse du pays.


F. Bracciforti mourut à Milan le 20 avril 1907. Après sa mort, l'Église unitarienne, qui avait des membres dans certaines des grandes villes, disparut peu à peu, vivotant avec des hauts et des bas jusqu'au début de l'après-guerre. Elle fut absorbée, dans de nombreux cas, par les Libres croyants radicaux italiens de Gaetano Conte.

Vendredi 22 juin 2012 5 22 /06 /Juin /2012 14:46
- Par Lawrence M. F. Sudbury - Publié dans : sur l'unitarisme - Communauté : Unitariens

Etats-Unis--UUA--flamming-chaliceeditrj18mt.png Après les 7 principes de l’unitarisme-universalisme - qui ont été repris avec quelques modifications par ceux de l’ICUU ( lien) - il y a les 6 sources de cette nouvelle approche du religieux. Le texte original est en anglais sur le site de l'Unitarian Universalist Association (UUA) of Congregations (lien), avec une version en espagnol ; il est traduit ici par Jean-Claude Barbier (France).


L’unitarisme-universalisme (UU) provient de nombreuses sources :


1 - L'expérience directe de ce mystère transcendant et prodigieux, affirmée dans toutes les cultures, qui nous pousse à un renouvellement de l'esprit et à une ouverture aux forces qui créent et soutiennent la vie ;
2 - Les paroles et les actes des femmes et des hommes prophétiques qui nous incitent à faire front aux pouvoirs et aux structures mauvaises avec justice, compassion et la puissance transformante de l'amour ;
3 - La sagesse des religions du monde qui nous inspire dans notre vie éthique et spirituelle ;
4 - Les enseignements chrétiens et juifs, qui nous appellent à répondre à l'amour de Dieu en aimant notre prochain comme nous-mêmes ;
5 - Les enseignements humanistes qui nous conseillent de bien maintenir une ligne conforme à la raison et aux résultats de la science, et nous mettent en garde contre les idolâtries mentales et de l'esprit ;
6 - Les enseignements spirituels des traditions centrées sur la Terre qui célèbrent le cycle sacré de la vie et nous demandent de vivre en harmonie avec les rythmes de la nature.

 

Ces principes et les sources de la foi sont l'épine dorsale de notre communauté religieuse.

Dimanche 27 mai 2012 7 27 /05 /Mai /2012 18:32
- Par Unitarian Universalist Association (UUA) - Publié dans : sur l'unitarisme - Communauté : Unitariens

robert_barclay_lumiere.jpg Robert Barclay, Georges Liens, Jeanne Henriette Louis, La lumière intérieure, source de vie. Présentation par Georges Liens et Jeanne Henriette Louis de l’ouvrage de Robert Barclay, « La Lumière intérieure source de vie : apologie de la vraie théologie chrétienne telle qu’elle est professée et prêchée par ce peuple appelé par mépris les Quakers », Amsterdam 1676, traduit en français en 1702, réédité chez Dervy en 1992 (dépôt légal 1993), dans la collection "Mystiques et religions", 415 pages, avec une présentation de l’œuvre qui fait un quart du volume à peu près.


Robert Barclay, célèbre quaker, est né en 1648 en Écosse, d'une famille riche et ancienne, et mort en 1690. Il embrassa en 1666 ainsi que son père, la doctrine des quakers ; se lia étroitement avec William Penn ; voyagea en Angleterre, en Hollande et en Allemagne, pour inciter des adhésions au quakerisme ; et écrivit plusieurs ouvrages dont le plus connu est l’Apologie de la véritable théologie chrétienne, telle que la professent ceux que par dérision on appelle Quakers, publiée à Amsterdam en 1676, en latin, et dédiée au roi Charles II d'Angleterre ; traduite en français en 1702.


La présentation de cet ouvrage fait mention des différentes tendances au sein de ce mouvement si attachant ; en voici des passages, concernant les relations entre le quakerisme et l’unitarisme :


« Au XVIème siècle apparurent les unitariens (appelés longtemps sociniens, du nom du principal d’entre eux, le Siennois Fausto Socin) qui, fermement attachés à l’unicité de Dieu entendue en son sens le plus rigoureux, rejetèrent le dogme de la Trinité, et par conséquent toute la christologie traditionnelle. Mais ils gardèrent toujours la plus grande vénération pour la personne même de Jésus. Ils voyaient en lui (avec des nuances d’interprétation qui pouvaient varier légèrement d’un penseur à l’autre) le « médiateur » dont parle I Tim. 2,5, l’être qui avait été chargé par Dieu de la plus haute mission providentielle au service de tous les hommes : leur révéler, par l’exemple de sa vie et par son enseignement, la Loi d’Amour dans toute sa plénitude.


Les premiers quakers, parce qu’ils paraissaient, à tort, négliger l’incarnation du « Christ historique » au profit du « Christ intérieur », furent très vite accusés d’unitarisme par leurs adversaires : cela explique le soin que met Barclay à affirmer la croyance des Amis en la plénitude de la divinité de Jésus.


Cependant, par la suite, au début du XIXème siècle, l’unitarisme influença effectivement le quakerisme aux Etats-Unis et y détermina, en 1827-1828, une scission radicale entre les Amis dits orthodoxes, qui s’étaient fortement rapprochés du protestantisme évangélique, et ceux de tendance unitarienne ou « libérale », appelés hicksites du nom de leur chef de file Elias Hicks (1748-1830). Après des dizaines d’années de rupture complète entre les deux groupes américains…ils se réconcilièrent peu à peu à partir de la fin du XIXème siècle, et reconstituèrent vers 1955 l’unité spirituelle de la société des Amis, chacun acceptant de respecter pleinement et sans arrière pensée les convictions de l’autre ...


C’est ainsi, que, parmi les quakers actuels, certains croient…que Jésus est véritablement le fils de Dieu dans le sens le plus traditionnel de cette expression ; et d’autres sont tout proches sur ce point des positions professées par Tolstoï ou par les protestants libéraux, tel le grand théologien Auguste Sabatier, et Albert Schweitzer : ils voient en lui un homme qui a été conscient à un degré exceptionnel, suréminent, de la présence de Dieu en lui comme dans tous les êtres humains, qui a vécu cette présence dans sa plénitude, et à travers qui le message divin – consigné par la suite dans les évangiles – s’est exprimé de la façon la lus parfaite….


Pareille diversité constitue la grande originalité du quakerisme actuel, et l’idéal des Amis est parfaitement résumé en peu de mots dans une formule célèbre qu’ils ont adoptée comme leur règle d’or : dans ce qui est essentiel : unité. Dans ce qui est secondaire : liberté. Mais en toutes choses : charité. »


Information transmise par Yves Lecornec le 15 mai au groupe de discussion « Unitariens francophones » (lien)

Lundi 16 mai 2011 1 16 /05 /Mai /2011 11:32
- Par Georges Liens et Jeanne Henriette Louis - Publié dans : sur l'unitarisme - Communauté : Religions en toute liberté

Résumé par Giacomo Tessaro de la conférence donnée par le révérend Roberto Rosso et Alessandro Falasca dans le cadre de la rencontre organisée par les unitariens italiens, à Servigliano (près de Fermo, dans la Marche, province du centre de l'Italie) les 25-26 septembre 2010 sur "Bracciforti et le Risorgimento (Renouveau) italien".

 

On peut croire que l'unitarisme en Italie est une histoire toute récente. Au contraire, les idées unitariennes, même si elles ne furent pas représentées par une “ institution “, remontent à la période du Risorgimento, laquelle fut particulièrement féconde d'élans et d'idées.


risorgimento1859.jpg La réaction contre l'absolutisme, très importante dans la pensée de tous les protagonistes de cette période, signifia aussi, et surtout, une réaction contre l'Église catholique, au moins contre certaines de ses caractéristiques, garante qu'elle était de l'absolutisme dans une grande partie de l'Europe. Si pour certains le refus du catholicisme signifia la perte de leur foi et un laïcisme absolu, d'autres cherchèrent des alternatives spirituelles, à savoir une foi qui s'accordât avec les nouveaux courants de pensée.

 

À côté des traditionnelles doctrines protestantes, représentées en Italie par l'ancienne Église vaudoise, doctrines qui exactement en cette période se propagent dans toute l'Italie, il naît une nouvelle pensée religieuse, appellée par ses adeptes “ unitarisme religieux “ ou bien “ christianisme des livres penseurs “. Un de ses plus grands représentants, Ferdinando Bracciforti, fonde à Milan un périodique, “ La Riforma del Secolo XIX “ ( La Réforme du XIX siècle ), porte-parole des naissantes idées unitariennes en Italie. Le titre même du périodique souligne une continuité avec la Réforme de Luther, mais aussi bien l'intention de la dépasser ; plus précisément l'intention de dépasser “ l'idolatrie de la Bible “, pas mieux, selon les unitariens, que l'idolâtrie de la hiérarchie et du pape, typique du catholicisme. Ils veulent créer une nouvelle “Religion de Dieu “, fondée sur l'essentiel du message chrétien et sur l'universalisme, c'est à dire reconnaître comme soeur et frère chaque être humain au-delà de la foi professée.

 

ndlr - Voir notre article "Les unitariens à Milan en 1875", sur ce même site et à la date du 7 mai 2007 ( lien).  En 1896, Fernandino Bracciforti publiera à Milan "Cristo Redentore anche senza miracoli" (Le Christ résdempteur aussi sans miracle - mais on pourrait tout aussi bien traduire par  "le Christ sans rédemption ni miracles").

 

Quels sont les autres fondements de cette foi unitarienne ? Avant tout, le panenthéisme ; les lois de la Nature sont un exemple de la perfection de la création divine et de la présence dans toute la Création d'une source divine, des formes de vie les plus simples (les plantes) aux plus complexes (l'Homme). De cette conception vient le refus des miracles, sur lesquels se fonde une grande partie du catholicisme ; l'oeuvre de Dieu, la Nature, est en effet parfaite comme elle est, et elle n'a pas besoin d'être corrigée.


En second lieu, l'universalité du message de l'Esprit, abstraction faite des formes qu'il assume dans les diverses cultures, et des convictions individuelles. Cette idée se concrétise dans le refus de tous les dogmes traditionnels, comme celui de la Trinité ; Bracciforti pense que ce dernier n'est pas confirmé par les Ecritures. La foi doit s'émanciper, doit grandir, quitter les certitudes sécurisantes des dogmes pour adopter un esprit de recherche, prêt à retrouver dans toutes les traditions les germes de l'Esprit sans renier le message chrétien.


La conviction de l'absolue humanité de Jésus s'explique aussi par le fait que s'il était le Fils de Dieu, donc évidemment un être parfait et sans péché, il ne pourrait pas montrer la voie à des êtres humaines, imparfaits et plongés dans le péché, que ceux-ci puissent à leur tour parcourir. Par ailleurs, la mort de Jésus n'a aucun valeur de salut ; personne ne peut pas expier les péchés d'autres hommes, et la conception même d'expiation est critiquée.


En conclusion, le message de Jésus devient, dans la perspective unitarienne, une invitation à la libre communion universelle des vraies valeurs religieuses : amour, vérité et esprit.

Lundi 4 octobre 2010 1 04 /10 /Oct /2010 00:01
- Par Giacomo Tessaro - Publié dans : sur l'unitarisme - Communauté : Religions en toute liberté

Source : informations trouvées par Pascal Acker “The Unitarian advocate and religious miscellany”, volumes 5-6, pages 186 et 189 (lien). Traduction courante par Jean-Claude Barbier.

Voir notre article précédant : "Des unitariens à Paris en 1831" à la date du 7 mai 2007 (lien).


WORSLEY, ISRAEL (1768-1836), ministre unitarien, est né à Hertford en 1768. Son grand-père, John Worsley fut pendant 50 ans successivement instituteur en cette ville et auteur d’une grammaire (en 1736) et d’une traduction du Nouveau testament qui fut publiée à titre posthume et grâce à une souscription en 1770, trois ans après sa mort en 1767. Son père fut lui aussi instituteur durant 30 ans à Hertford et publia une grammaire latine.


Israel Worsley entra au lycée de Daventry (Daventry Academy) en 1786, sous Thomas Belsham, lequel en fit un unitarien. En décembre 1790, une société de marchands anglais de Dunkerque l’engagea comme ministre du culte car il n’y avait pas, en cette ville, de culte en leur langue. Le culte devait être mené avec un “livre de prières communes composé pour l’Eglise anglaise à Dunkerque avec une collection de psaumes”, lequel livre fut édité à Dunkerque en 1791 (et sera republié en 1848). I. Worsley ouvrit une école, mais il dût quitter la ville en 1793 à cause de la guerre [le Blocus de l'Angleterre par Napoléon] et ne put y revenir qu’après la signature de la paix d’Amiens en 1802, mais il y fut arrêté lors d’une reprise des hostilités l’année suivante.


Paris_-_Passage_de_Choiseul_03.jpg Finalement, il put s’échapper vers la Hollande, puis on le retrouve de 1806 à 1813 comme ministre à Lincoln en Angleterre, puis de 1813 à février 1831 à Plymouth (où il créa une mutuelle de solidarité et une librairie de livres religieux). C’est alors qu’il quitte Plymouth avec toute sa famille pour un séjour de 6 mois à Paris. Le contexte le persuada que l’implantation d’un lieu de culte unitarien était possible : celui-ci fut ouvert en juin 1831 (le premier culte eut lieu le dimanche 12 juin, au n° 12 de la rue de Choiseul, au S-E de l’Opéra de Paris.

 

le passage de Choiseul (distinct de la rue de Choiseul, mais dans le même quartier)


En janvier de l’année suivante (en 1832) une association (French Unitarian association traduit en français par Association unitaire française AUF) (lien) fut fondée avec siège à la rue de Provence * afin d’être habilitée à diffuser publiquement des textes (“tracts” en anglais). Elle rechercha un pasteur français afin de prêcher alternativement avec I. Worsley et de permettre à ce dernier d’aller en province pour étendre l’association (lien). Mais une épidémie de choléra dispersa malencontreusement la congrégation naissante, les cultes durèrent toutefois jusqu’en juin 1833.

* La rue de Provence court, d'ouest en est, de la Gare Saint Lazare à la rue du Faugbourg Montmartre


De retour en Angleterre, il fut de nouveau ministre à Lincoln, à partir de juin 1833. Il mourut au Havre le 3 septembre 1836 [ndlr : ultime séjour ou bien de passage ? ]. Son fils, William Worsley (1796-1881) fit des études au Manchester College de 1816 à 1819, et fut ministre unitarien à Thome (1819-1822), Hull (1822-1825), et Gainsborough (1825-1875).


En plus de sermons, de tracts et de livres scolaires, il publia :

1. 'Account of the State of France . . . and the Treatment of the English' 1806

2. 'Memoir of Jacob Brettell' Lincoln, 1810

3. 'Observations on ... Changes in the Presbyterian Societies of England' 1816 (intéressante pour une histoire de l'unitarisme)

4. 'Lectures on ... Nonconformity' 1823, réédité en 1825

5. 'View of the American Indians . . . the Descendants of the Ten Tribes of Israel' 1828.


Dimanche 11 avril 2010 7 11 /04 /Avr /2010 08:27
- Par La Besace des unitariens - Publié dans : sur l'unitarisme - Communauté : Unitariens
note de Pascal Acker, le 30 décembre 2009

Aux Etats-Unis, l'évangélisme apparaît avec le Réveil protestant du début du XIXème siècle. La distinction est bien établie dès 1815 entre libéraux (dont les universalistes, de l’Eglise universaliste américaine, et les unitariens), évangéliques (adeptes de ce Réveil centré sur un Jésus rédempteur et trinitaire) et "orthodoxes" (à savoir les conservateurs au sein de toutes les Eglises). Cet évangélisme n'est pas le pentecôtisme, qui, lui, naîtra au début du siècle suivant. Ces chrétiens "évangéliques" pouvaient être luthériens, réformés, méthodistes, baptistes ou anglicans. 

Au milieu du XIXème siècle, les tensions entre les chrétiens libéraux et unitariens, d’une part, et les chrétiens "évangéliques" d’autre part, étaient suffisamment vifs pour que cela se répercuta au niveau des mouvements de jeunesse. A partir de 1852 des Young Men's Christian Unions (YMCU) furent fondées (soit une dizaine d'associations dans le NE des USA, des années 1850 à 1900) après que la Young Men's Christian Association (YMCA) de Boston (qui existe toujours) refusa jusqu'en 1931 l'adhésion des "libéraux", à savoir des chrétiens qui se refusaient aux professions de foi au nom de la liberté de conscience.

Le "test de Portland" ou "base de Portland" stipulait que "seuls ceux qui professent aimer et avouent publiquement leur foi en Jésus, le Rédempteur, comme étant de nature divine, et qui témoignent de leur foi en devenant et en restant membres d'Eglises qui sont tenues comme "évangéliques", et aucune autres, peuvent être autorisés à voter et exercer des fonctions". Avec les libéraux, les catholiques, puis les Mormons furent non desiderata. Cette profession de foi évangélique resta exigée jusqu'en 1931.

YMCU-Boston.JPG Les YMCU conservèrent leur totale indépendance tant par rapport à l’American Unitarian Association (AUA) que de l’Universalist Church of America (UCA), mais elles sombrèrent avec la Guerre de Sécession, les jeunes ayant été recrutés pour la guerre où s'étant portés volontaires. Seule la YMCU de Boston, la BYMCU, repris courageusement ses activités en 1868.

La fusion en 1961 entre l’AUA et l’UCA et la naissance consécutive de l’Unitarian Universalist Association (UUA) ne mit pas fin à son existence, mais elle semble avoir cessé ses activités suite à la vente d'une bonne partie de son quartier général bostonien et de sa colonie de vacances du New Hampshire en 1993 (à une heure de route de Boston). Les infrastructures sportives existent toujours et fonctionnent sous un autre nom. Je ne sais pas s'il s'agit d'un simple changement de nom ou d'une cession de ses activités. Le bâtiment du siège, dont la façade (illustration jointe) est d'architecture gothique, est, quant à lui, classé et abrite aussi des services administratifs du Emerson College. La BYMCU ("B" pour Boston) aura marqué la vie bostonienne pendant plus de 150 ans (lien). Depuis 2003 elle s'appelle Boyslton Street Athletic Club (BSAC) (lien).

Entre temps, à la fin du XIXème siècle, sans doute pour élargir les mouvements de jeunesse aux jeunes filles, l’UCA (les universalistes) fonde en 1896 la Young People's Christian Union et l’AUA, deux ans plus tard, en 1898, la Young People's Religious Union ; toutes deux étaient statutairement indépendantes par rapport à leur Eglise respective.

Mais, les deux mouvances évoluant d’une façon semblable en s’ouvrant à des agnostiques et à des «humanistes» (non théistes adhérant à une dimension spirituelle de la vie), les deux organisations de jeunesse fusionnèrent en 1953, soit 8 ans avant les 2 Eglises, au sein de la Liberal Religious Youth (LRY). Mais, souvent en conflit avec les adultes de l'Unitarian Universalist Association (l’association qui était résultée de la fusion des deux Eglises), la LRY fut dissoute en 1982 et remplacée par les Young Religious Unitarian Universalist (YRUU), toutefois les relations semblent être restées un peu difficiles.

Lundi 25 janvier 2010 1 25 /01 /Jan /2010 18:42
- Par Pascal Acker - Publié dans : sur l'unitarisme - Communauté : Religions en toute liberté
ferenczjozsef.jpg József Ferencz, né en 1835, fut évêque de l'Eglise unitarienne de Transylvanie de 1876 à sa mort en 1928. Il écrivit entre autres un "Catéchisme unitarien hongrois" en 1864 qui, en 1991 connaissait sa 20ème édition, et, en 1907, "A Short Account of the Unitarian Church of Hungary", aux éditions Jókai.

Ce texte, en anglais, vient d'être numérisé par Google pour le compte de l'American Libraries, à partir d'un ouvrage de la collection "Americana" de l'université de Harvard. Il est donc entièrement consultable sur site.
http://www.archive.org/details/ashortaccountun00feregoog  

La Transylvanie faisait naguère partie de la Hongrie ; d'où le titre.

Cette information nous a été communiquée par le révérend Roberto Rosso (Italie).
Lundi 25 janvier 2010 1 25 /01 /Jan /2010 13:23
- Par Joseph Ferencs - Publié dans : sur l'unitarisme - Communauté : Unitariens

par Christian Baert (Gironde, France), texte envoyé à La Besace le 4 janvier 2009

Si vous croyez sincèrement à la Trinité, vous n’êtes pas le seul. Au sein de la chrétienté des centaines de millions de personnes sont dans votre cas. D’ailleurs, peut-être avez-vous toujours été persuadé que cette doctrine était fondée sur la Bible. Mais savez-vous exactement en quoi elle consiste ? Vous en faites-vous une idée bien claire ? Seriez-vous capable de l’expliquer à quelqu’un d’autre ?

représentation de la Trinité à la faculté de théologie catholique du Québec (UQTR), Montréal

Le symbole d’Athanase, qui constitue l’une des premières professions de foi complètes touchant la Trinité, la définit par ces mots :


"Du Père, du Fils et du Saint-Esprit, une est la divinité, égale la gloire, coéternelle la majesté. (...) Semblablement, tout-puissant le Père, tout-puissant le Fils, tout-puissant le Saint-Esprit. (...) Dieu est le Père; Dieu, le Fils; Dieu, le Saint-Esprit: et il n’y a pas trois Dieux, mais un seul Dieu. (...) Et dans cette Trinité, rien n’est premier ou dernier, rien n’est plus grand ou plus petit; mais toutes les trois personnes sont co-éternelles et co-égales."


Ainsi donc, suivant ce dogme le Père, le Fils et le Saint-Esprit seraient égaux par la puissance, par l’autorité et par l’éternité. Cependant, la question cruciale est la suivante : si l’on en juge d’après leur enseignement, Jésus Christ et ses apôtres, eux, croyaient-ils à la Trinité ? Quiconque répond par l’affirmative se heurtera à un grand nombre de problèmes pour le moins délicats.


Par exemple, en Marc 13:32 Jésus déclare: "Ce jour ou cette heure [ceux de l’exécution du jugement divin], nul ne les connaît, ni les anges du ciel, ni le Fils, personne sinon le Père." Pourtant, si le Père et le Fils sont coégaux, comment celui-ci peut-il ignorer ce que celui-là connaît ? À quoi d’aucuns rétorqueront : ‘C’est que Jésus réunissait en lui deux natures. Dans ce passage, il s’exprime en tant qu’homme.’ Toutefois, quand bien même il en serait ainsi, que penser du "Saint-Esprit"? S’il constitue vraiment la troisième personne de la Trinité, pourquoi n’est-il pas dit qu’il partage la connaissance du Père ? La solidité d’une chaîne dépend toujours de son maillon le plus faible. Or le "Saint-Esprit", ne l’oublions pas, fait partie intégrante de la "chaîne" ou du concept trinitaire.


De même, quelque temps auparavant Jésus avait prononcé ces paroles: "Nul ne connaît qui est le Fils, si ce n’est le Père, ni qui est le Père si ce n’est le Fils." (Luc 10:22). Là encore, pourquoi n’est-il pas question du "Saint-Esprit"? S’il s’agit d’une personne consciente appartenant à la "divinité", coégale au Père et au Fils, pourquoi ne pénètre-t-elle pas ce que l’un et l’autre connaissent ?


Plus de 20 ans après la mort de Jésus et son ascension au ciel, l’apôtre Paul écrira : "‘Qui connaît la pensée du Seigneur [le Père]? Qui peut lui donner des conseils?’ Mais nous, nous avons la pensée du Christ." (1 Corinthiens 2:16, Bible en français courant). Comment peut-on posséder "la pensée du Christ" et néanmoins ignorer la "pensée du Seigneur" si le Père et le Fils sont réellement coégaux?


En Proverbes 8:22-24 nous lisons: "Le Seigneur m’a créée il y a très longtemps, comme la première de ses œuvres, avant toutes les autres. J’ai été établie dès le début des temps, avant même que le monde existe. Quand je suis née, il n’y avait pas d’océans." (Bible en français courant). Les premiers chrétiens avaient bien compris que cette description de la sagesse personnifiée désignait le Christ. Ainsi Edmund Fortman, bibliste trinitaire, écrivait : "Paul l’applique [Proverbes 8:22-31] au Fils de Dieu. Les apologistes l’ont invoqué pour démontrer devant Gentils et Juifs la préexistence du Verbe et le rôle qu’il a joué dans la création." (Voir Colossiens 1:15-17; Apocalypse 3:14). Mais si Jésus a commencé d’exister à un moment précis, s’il a été ‘créé’, ‘établi’, s’il est ‘né’ 's'il fut engendré' bien longtemps avant le début de sa vie terrestre, comment serait-il égal à son Père en éternité ? Au reste, seule une créature (autrement dit quelqu’un qui a eu un commencement) pouvait dire: "Je vis à cause du Père." (Jean 6:57,
Darby).


À maintes reprises, Jésus appela son Père "mon Dieu", et ce, même après sa résurrection et sa glorification au ciel (Matthieu 27:46; Jean 20:17; Apocalypse 3:2, 12). Or on ne considère quelqu’un comme ‘son DIEU ’ que lorsqu’on lui est inférieur et qu’on se compte parmi ses adorateurs. D’ailleurs, pourquoi le Père n’a-t-il pas employé une seule fois les mots "mon Dieu" en s’adressant à son Fils ? Comment se fait-il que ni le Père ni le Fils n’aient jamais appelé le "Saint-Esprit" "mon Dieu" ?


Si nous pensons que Jésus et DIEU sont le même personnage alors pourquoi Jésus à dit : "Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera; nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui." (Jean 14:23)

Lorsque Jésus à dit : "le Père est plus grand que moi "(Jean 14:28)

Pourquoi Jésus a dit : "mais je ne suis pas seul, car le Père est avec moi." (Jean 16:32)

Et encore : "Celui qui m'a envoyé est avec moi, il ne m'a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui est agréable." (Jean 8:16, 29)

Et :" Je parle selon ce que le Père m'a enseigné." (Jean 8: 28)

Lorsque Jésus parlait, c'est souvent qu'il parlait en donnant des images de la vie courante. Quand il parle de la vigne, il dit : "Je suis le vrai cep et mon Père est le vigneron " (Jean 15:1) Ne mentionne-t-il pas deux entités différentes. Le Vigneron qui est DIEU son Père et lui-même comme étant le cep de la vigne. Et il précise pour que nous fassions biens la différence :"Je suis le cep et vous êtes les sarments." (Jean 15:5).


Voilà qui donne à réfléchir, n’est-ce pas ?


Des
réactions qui brillent par leur absence


Si nous pensons que Jésus Christ se croyait égal à Dieu et qu’il se présentait comme tel, il nous faudra élucider un autre mystère: Pourquoi le "Nouveau Testament" ne fait-il pas la moindre allusion aux effets qu’un tel enseignement a nécessairement produits ? Mais quels effets ?, direz-vous !


Réfléchissez tout d’abord à l’impact que cette révélation aurait dû avoir sur les disciples de Jésus. Au début, ils voyaient sans doute en leur Maître un homme comme un autre, (voir Marc 6:3). Supposons maintenant qu’à un moment donné celui-ci leur ait appris qu’il était DIEU. Comment auraient-ils réagi ? Comment réagiriez-vous vous-même si vous compreniez soudain que vous vous trouvez devant DIEU en personne ?


À cette idée, Andrews Norton, l’un des premiers professeurs de l’École de théologie de Harvard, s’exclamait au siècle dernier: "Nous serions bouleversés, envahis par une indicible stupéfaction!" Et si nous nous rendions compte que nous nous sommes effectivement tenus en présence de DIEU, "nous ne cesserions de le proclamer avec le plus de force possible chaque fois que nous aurions l’occasion de parler de lui".


Mais, en toute objectivité, remarquons-nous une telle stupeur chez les disciples de Jésus lorsque nous lisons les Évangiles? Certains allégueront peut-être que pour les épargner Jésus ne leur a révélé que progressivement son identité véritable. Néanmoins, dans ce cas, pourquoi ne rencontre-t-on toujours aucune trace de leur surprise dans les lettres du "Nouveau Testament", qui ont pourtant été écrites des années après la mort et la résurrection du Christ? Leur silence ne paraît-il pas inexplicable ?


En outre, si Jésus s’était identifié à DIEU, cela aurait entraîné d’autres conséquences encore plus grandes. Pour les Juifs, qui croyaient que ‘le SEIGNEUR (...) est le SEIGNEUR UN, ou "le SEUL Seigneur", dire que le Christ était égal à DIEU en tant que deuxième personne de la Trinité revenait à blasphémer. "YaHWeH est notre DIEU, YaHWeH est un seul et unique" (Deutéronome 6:4). En Hébreux :"Yehwah 'Elohénou Yehwah 'éhadh."


Voilà qui soulève deux questions :


1) Pourquoi les rédacteurs du "Nouveau Testament" n’ont-ils pas expliqué, clarifié, commenté et défendu tant et plus cet enseignement si difficile à accepter pour les Juifs devenus chrétiens ? De toutes les doctrines chrétiennes, la Trinité aurait sans doute été celle qui méritait le plus d’éclaircissements.


2) Par ailleurs, pourquoi les Juifs incroyants qui combattaient farouchement et passionnément le christianisme ne se sont-ils pas élevés contre ce dogme qui aurait dû leur paraître monstrueux. Aucun article de foi ne pouvait déchaîner plus de polémiques que celui-là.


C’est ce qui a amené le professeur Norton à faire cette remarque :
"Si d’autres questions beaucoup moins délicates (par exemple la circoncision des non-Juifs convertis) ont engendré tant de doutes et de controverses que l’autorité des Apôtres suffisait à peine à faire triompher la vérité, il semble que cette doctrine [la Trinité] pourtant si étrange, si choquante et si invraisemblable a été introduite dans le silence le plus complet et adoptée sans hésitation, sans manifestations d’aversion, sans hostilité et sans aucun malentendu."


Voilà qui est à tout le moins troublant.


Ainsi donc, pourquoi les rédacteurs du "Nouveau Testament" n’ont-ils pas jugé bon d’expliciter la Trinité ? Pourquoi les Juifs opposés au christianisme n’ont-ils pas songé à la dénigrer ? Tout simplement parce que ni Jésus ni ses apôtres n’ont enseigné cette doctrine à laquelle la chrétienté souscrit maintenant dans son ensemble. Dans ce cas, d’où vient-elle ?


La
doctrine de la Trinité honore-t-elle DIEU ?


‘La Trinité a été reçue plus tard par la tradition, bien qu’elle ne soit pas définie par l’Écriture’, diront certains. Toutefois, comment concilier pareille origine avec cette déclaration de Paul consignée en Galates 1:8 " Mais, quand nous-mêmes, quand un ange du ciel annoncerait un autre Évangile que celui que nous vous avons prêché, qu'il soit anathème ! "


La Bible avait prédit une période d’apostasie où beaucoup s’éloigneraient du vrai christianisme. Nous lisons: " Mais l'Esprit dit expressément que, dans les derniers temps, quelques-uns abandonneront la foi, pour s'attacher à des esprits séducteurs et à des doctrines de démons" (1Timothée 4:1). Puisque, d’après la Nouvelle encyclopédie catholique (angl.), la doctrine de la Trinité n’a pas été établie avant "le dernier quart du quatrième siècle", il convient que nous nous posions ces questions : Se pourrait-il que le dogme de la Trinité soit le fruit de cette apostasie ? S’agirait-il là d’une ‘doctrine inspirée par les démons’ ?


On peut en juger d’après les fruits que cet enseignement a portés. Lorsque les Juifs l’accusèrent d’être possédé du démon, Jésus répliqua: "Non, je ne suis pas un possédé; mais j’honore mon Père." (Jean 8:49). Que dire de la doctrine de la Trinité sous ce rapport ? Vous a-t-elle rapproché du Dieu de la Bible ? A-t-elle honoré DIEU en aidant les hommes à entretenir des relations plus étroites avec lui ? Laissons répondre les faits.


"La doctrine de la Sainte Trinité est extrêmement difficile à expliquer, et personne ne la comprend", reconnaissait un dignitaire catholique. Pourtant, toute personne sensée souhaite fonder sa foi sur des explications logiques. Est-il donc normal qu’un concept du Créateur soit inexplicable ? DIEU peut-il être honoré par une croyance que ‘personne ne comprend’ ? Les vrais chrétiens doivent connaître le DIEU qu’ils adorent. Le mystère n’a pas sa place dans leur foi. (Jean 17:3)


Qui plus est, au lieu de rapprocher les hommes du Père, la doctrine de la Trinité a un effet de reléguer ce dernier à l’arrière-plan. Par exemple, la tradition protestante l’a plongé dans une obscurité quasi totale. Pour vous en convaincre, demandez à ceux qui proclament "Louez le Seigneur!" à qui ils pensent quand ils s’expriment ainsi, et vous obtiendrez presque toujours cette réponse: "À Jésus Christ, bien sûr !"


Plus
près de DIEU... ou de Marie ?


Dans la tradition catholique, cette situation s’aggrave du fait que Marie est vénérée comme "Mère de Dieu", "Médiatrice de toutes les grâces", "Co-rédemptrice" et "Reine du ciel". Or tous ces titres sont autant de conséquences logiques du dogme de la Trinité. Témoin cette explication de la Nouvelle encyclopédie catholique : "Pour que Marie soit vraiment la mère de Dieu, il faut que les deux conditions suivantes soient remplies: qu’elle soit réellement la mère de Jésus et que Jésus soit réellement
  DIEU"


Pour montrer combien le Père a été éclipsé, citons cette satire où Pierre Bayle, protestant français du XVIIe siècle, s’étonnait qu’on n’ait pas encore décrit Dieu confiant l’univers à Marie, en disant

"que depuis ce jour-là, Dieu ne se mêlait de rien, et se reposait de tout sur la vigilance de Marie ; que les ordres avaient été expédiés à plusieurs anges d’aller notifier sur la terre ce changement de gouvernement, afin que les hommes sussent à qui et comment il fallait avoir recours à l’avenir dans les actes d’invocation, que ce n’était plus (...) à la Sainte Vierge comme à une Médiatrice, ou à une Reine subordonnée, mais comme à l’Impératrice souveraine et absolue de toutes choses". (Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle, repris par Arnold Toynbee dans son livre La religion vue par un historien).

Par contraste, rappelons que YaHWeH réclame un attachement exclusif (Exode 20:5). Il a d’ailleurs formulé cet avertissement: "Je ne donnerai ma gloire à personne." (Ésaïe 42:8,
Crampon-Tricot).

 

Dès lors, tout montre qu’au lieu d’honorer DIEU en aidant les humains à s’approcher de lui, la doctrine de la Trinité l’a présenté sous un jour complètement faux. Il est donc évident que ses premiers défenseurs étaient des apostats, des individus qui s’étaient détournés du vrai christianisme.


D’où
vient-elle ?


Le fait est qu’on adorait des trinités bien avant l’avènement du christianisme. Par exemple, cette notion était très répandue dans les mythologies égyptienne et babylonienne. Mais comment s’est-elle introduite dans la chrétienté ? Le livre Histoire du christianisme (angl.), publié par Peter Eckler, nous l’explique en ces termes :


"S’il est vrai que le christianisme a triomphé du paganisme, il n’en demeure pas moins que le paganisme a réussi à corrompre le christianisme. L’Église de Rome a remplacé le déisme pur des premiers chrétiens (qui se différenciaient seulement de leurs compatriotes juifs en ce qu’ils saluaient Jésus comme le Messie promis) par l’incompréhensible dogme de la Trinité. Pareillement, de nombreuses doctrines païennes inventées par les Égyptiens et idéalisées par Platon ont été adoptées parce que considérées comme dignes de foi."


Cependant, étaient-elles réellement "dignes de foi" ? Qu’en pensez-vous ? Jésus Christ a déclaré on ne peut plus clairement que ses vrais disciples ‘adoreraient le Père en vérité’. (Jean 4:23, 24.) Oui, notre culte doit être conforme aux vérités énoncées dans la Parole de Dieu, la Bible. Pour ce faire, il importe que nous reconnaissions en Jésus Christ, non pas Dieu le Fils, mais "le Fils de Dieu". (Jean 20:31; 1 Jean 4:15.) Et de ce fait, il est également nécessaire et important que nous rejetions tous les mensonges issus du paganisme. (voir, le culte des images, des statues, de toutes représentations ou pratiques religieuses, le chapelet, l'encens, les cierges, ou cérémonies qui n'ont rien à voir avec ce que relate LA BIBLE.


[Note]


Sauf indication, les passages bibliques cités sont tirés de la Traduction Œcuménique de la
Bible.

Certains invoqueront le texte de Jean 5:17, 18 où nous lisons: "‘Mon Père, jusqu’à présent, est à l’œuvre et moi aussi je suis à l’œuvre.’ Dès lors, les Juifs n’en cherchaient que davantage à le faire périr, car non seulement il violait le sabbat, mais encore il appelait Dieu son propre Père, se faisant ainsi l’égal de Dieu." Cependant, Jean rapporte ici l’interprétation erronée que les Juifs avaient faite des paroles de Jésus. Ce sont eux qui en avaient déduit à tort qu’il se faisait "l’égal de Dieu". La preuve en est qu’ils l’accusaient également de violer le sabbat, ce qui était tout aussi faux. Voir Matthieu 5:17-19.

Pourquoi les Juifs qui s’opposaient au christianisme ne se sont-ils pas élevés contre cette doctrine qui aurait dû leur paraître monstrueuse ?


sont-ils passés ?

Les paroles consignées en Matthieu 24:36 au sujet de la date de la "grande détresse" ou "grande tribulation" se lisent ainsi dans la "Bible Crampon": "Quant au jour et à l’heure, nul ne les connaît, pas même les anges du ciel, mais le Père seul." Vous aurez remarqué que les mots "ni le Fils" sont omis, bien qu’ils figurent dans la plupart des autres versions. Pourquoi ? De toute évidence, ce verset gênait les tenants de la Trinité. En effet, comment le Fils pouvait-il ignorer ce que le Père savait, si l’un et l’autre étaient coégaux? Dans un commentaire sur Matthieu 24:36, l’ouvrage intitulé "Le codex Sinaïticus et le codex Alexandrinus" (angl.), publié par les conservateurs du British Museum, donne cette explication: "Le Sinaïticus et le Vaticanus [des manuscrits de la Bible] ajoutent ‘ni le Fils’ après ‘ciel’. Ces mots, qui constituent manifestement la leçon originale, ont été supprimés de crainte qu’ils ne provoquent une méprise do
ctrinale."

Lundi 5 janvier 2009 1 05 /01 /Jan /2009 17:56
- Par Christian Baert - Publié dans : sur l'unitarisme - Communauté : Religions en toute liberté

POEME UNITARIEN

  

Oh je sais

Que vous croyez

En des choses

Qui me sont étrangères

Je ne me ferai jamais

A votre Trinité

L'Esprit

Le Fils

Le Père

A moins d'en faire

Les éléments

Premiers d'un inventaire

Y ajoutant

Pour s'amuser

Ou passer le temps

Des marrons glacés

Des filles de joie

La guerre des Roses

Une meute aux abois

Un hommage à Prévert

 

Je ne me ferai jamais

A l'idée qu'un humain

Fût-il Jésus

de Gaulle

César

Staline

Hitler

Se prenne pour Dieu

 

Je crois simplement

Que sans nuages

Le ciel est bleu

Que la soupe peut manquer de sel

Que l'abeille fournit le miel

Qu'un épais brouillard

Est une purée de pois

Et qu'il est grand temps

Que sonne le glas

Des délires pieux

   

Jacques Herman

© La Besace des unitariens, 2008

 

Mardi 16 décembre 2008 2 16 /12 /Déc /2008 03:00
- Par Jacques Herman - Publié dans : sur l'unitarisme - Communauté : Religions en toute liberté

Les unitariens étaient nombreux parmi les membres de la Société lunaire, cette société savante anglaise, de la fin du 18ème siècle, à laquelle appartenaient des hommes de science aussi prestigieux que James Watt (l’inventeur de la machine à vapeur) ou le chimiste Joseph Priestley (qui isola l’oxygène pour la première fois). Priestley lui-même fut ministre du culte et défenseur ardent de l’unitarisme.

A cette même société, qui se réunissait les soirs de pleine lune dans la région de Birmingham, appartenaient aussi les deux grands-pères de Charles Darwin : Erasmus Darwin, médecin, naturaliste, libre penseur et franc-maçon, et Josiah Wedgwood, qui initia la fabrique de porcelaine Wedgwood dont la renommée s’étendit jusqu’à la cour des rois.

Josiah était notoirement unitarien. Il en fut de même pour la majorité de ses enfants et en particulier pour sa fille Susanah, la mère de Charles Darwin. Charles, enfant, accompagna sa mère à l’église unitarienne de Shrewsbury (Le souvenir nous en est rappelé par une plaque présente aujourd’hui dans cette église).
Susanah mourut lorsque son fils avait huit ans. Par la suite, Charles s’éloigna de cette Eglise et, lorsqu’il envisagea de devenir pasteur, il choisit l’Eglise officielle : l’Eglise d’Angleterre. Mais il ne devint jamais pasteur et, après son long périple autour du monde, se contenta d’être naturaliste à la campagne.


Il retrouva l’Eglise unitarienne en épousant sa cousine Emma Wedgwood, elle aussi petite-fille de Josiah Wedgwood. A l’époque de son mariage, déjà, il s’était éloigné des convictions qui avaient fait de lui un fervent adepte de la " théologie naturelle ", cette théologie qui prévalait au 18ème siècle et qui expliquait tous les ajustements de la Nature par l’Intelligence de Dieu. Avec le temps, il allait montrer que la sélection naturelle peut, dans la durée, rendre compte de ces adaptations si caractéristiques dans le monde vivant. Sur le plan religieux, il devenait agnostique.

Emma, sa femme, souffrit de cet abandon de la foi par son mari, mais elle ne fit pas d’objections à ses recherches "  vous ne pouvez être dans l’erreur ", lui écrivait-elle,lorsque vous agissez selon votre conscience, souhaitant, en vous y efforçant sincèrement d’atteindre la vérité ".
Ne sachant plus s’il croit encore au Dieu créateur, Darwin défendra cependant jusqu’au bout ce qu’il appelle " la forme religieuse la plus élevée " : " l’idée d’un Dieu abhorrant le péché et aimant la justice ".

Alors que nombre de ses partisans (eugénistes), dans la seconde partie de 19ème siècle, verront les pauvres et les indigents comme des ennemis de la société, Darwin, lui, affirmera sa compassion : " Nous ne saurions restreindre notre sympathie, en admettant même que l’inflexible raison nous en fit une loi, sans porter préjudice à la plus noble partie de notre nature ".
N’avons-nous pas là l’écho de ce que Darwin entendit dans la bouche de sa mère et dans celle de sa femme ?

A l’heure où des chrétiens fanatisés s’attaquent à Darwin comme à un suppôt de Satan, on peut espérer que l’Eglise unitarienne, historiquement si proche de la science, tiendra
toute sa place, entre autres à Shrewsbury en particulier, lors des évènements qui célèbreront le bicentenaire de la naissance de Charles Darwin, l’homme qui écrivit L’Origine des espèces !

texte de Christiane Silliau, Grande-Bretagne, envoyé à la Correspondance unitarienne le 2 octobre 08. Les domaines de  compétence de l'auteur sont la biologie et la philosophie des sciences ; elle s'intéresse entre autres à Emma Darwin et à Jérôme Monod. 
 

Vendredi 3 octobre 2008 5 03 /10 /Oct /2008 12:58
- Par Christiane Silliau - Publié dans : sur l'unitarisme - Communauté : Religions en toute liberté

La vie du pasteur Joseph Tuckerman (18 janvier 1778 - 20 avril 1840 ) illustre bien ce qu'était la philanthropie de l'Eglise unitarienne américaine du début du XIX ème siècle. Pasteur unitarien, débordant largement le cadre d'un ministère classique, il a fondé et dirigé "The Benevolent Fraternity of Unitarian Churches" (la Fraternité de bienfaisance des Eglises unitariennes). Réputé pour son action innovatrice auprès des pauvres de Boston et son militantisme en faveur des réformes sociales, il fut appelé "le père de l'action sociale américaine".

Joseph était fils d'un important propriétaire terrien, entrepreneur et fondateur de la première assurance américaine contre l'incendie. Après une enfance normale, il fit ses études universitaires à Harvard où il partagea sa chambre avec William Ellery Channing et Joseph Story (plus tard président de la Cour suprême du Massachusetts) qui devinrent ses amis pour la vie entière. Selon Channing, Tuckerman fut un étudiant ordinaire, sans solide projet de vie, et les trois années passèrent comme des vacances.

Il fut diplômé en 1798 et, après quelques autres études, fut intronisé pasteur à Rumney Marsh (actuellement Chelsea), tranquille village d'agriculteurs où il officia durant 25 ans. En 1824, Harvard le récompensa de son long service à Chelsea en lui décernant le diplôme de DD.(Doctor of Divinity, grade honorifique). Il reste peu de ses sermons de cette époque. Son pastorat ne fut sans doute pas remarquable, excepté son enthousiasme pour le travail auprès des marins qui demeuraient à Chelsea entre leurs voyages. Il consacrera d'ailleurs plus tard son travail social en tant que pasteur à Boston auprès des marins et de leurs familles itinérantes.

La gorge fatiguée il du cesser de prêcher en 1826. Il accepta alors l'invitation d'une association dirigée par Channing et qui regroupait des pasteurs en vue d'entreprendre un ministère pour les pauvres. La nouvelle Association unitarienne américaine (AUA), association sans but lucratif crée en 1825 pour promouvoir le travail missionnaire, assuma rapidement la responsabilité de l'ensemble de son ministère pour Boston. L'AUA versait à Tuckerman un salaire de 600 dollars par an.

Lorsqu'il commença ce ministère, Boston était en train de passer d'une petite ville commerciale d'import-export à une cité industrielle. L'afflux de paysans et émigrants pauvres changea l'aspect des basses classes de la société bostonienne. Les Eglises congrégationalistes et unitariennes étaient mal préparées et, de toute façon, mal disposées à aider des gens dont la pauvreté était censée provenir du péché, de la dissipation et autres vices.

Tuckerman voulait mettre en application les principes des chrétiens unitariens libéraux, à savoir que les humains étaient perfectibles quelles que soient les circonstances, que les privilégiés avaient une responsabilité morale et devaient s'occuper à résoudre les problèmes des citoyens ; on trouvait Dieu en chaque être humain. L'amour des autres était la plus grand preuve d'une vie chrétienne. "Il n'y avait pas d'être humain dépravé qui le soit complètement". Le christianisme devait permettre à chacun d'atteindre les plus hauts degrés de la perfection morale.

Avant de commencer son travail il fit des recherches sur la question sociale. Il lut les œuvres de philosophes européens comme Thomas Chalmers et Baron Degerando, étudia ce qui se faisait en Angleterre et en Europe continentale. Il continuera ses recherches tout au long de sa vie.

Au début il ne savait pas très bien quelle forme prendrait son ministère. Il allait simplement dans les rues de Boston, spécialement dans les environs des docks. Il se présentait aux gens qu'il pensait pauvres d'après leur habillement et leur conversation, s'invitait chez eux et parlaient avec les maris, les femmes, les enfants. Quelquefois il leur proposait de l'aide, un peu de bois, un peu d'argent ou des vêtements et établissait ainsi des liens de confiance et d'affection. Il demandait à tous d'envoyer leurs enfants à l'Ecole du dimanche et d'assister à ses conférences du dimanche soir dans une petite pièce qu'il louait, au-dessus d'une boutique de peinture, dans le Circular Building, au coin des rues de Portland et des Amis. Il se rendait compte de la misère noire des immigrants et des ravages que faisait l'alcool dans leur vie de famille. Il rencontrait des enfants que l'on envoyait voler ou se prostituer, ainsi que des veuves affamées et de vieux invalides.

Le nombre de familles qu'il visitait et aidait grossit rapidement. L’AUA récolta 2 000 dollars pour construire une nouvelle chapelle à Friend street en 1828 et une seconde à Pitts street en 1834. L'Ecole du dimanche était en plein essor. En 1836, lorsque Charles Barnard ouvrit une nouvelle chapelle pour les enfants ceux-ci étaient plus de 730.

Tuckerman se rendit vite compte que la mauvaise organisation des Eglises de Boston demandait une administration centralisée. La Fraternité bénévole "Ben Frat's" en prit la responsabilité et son activité pastorale put se développer. A la fin du XIXème siècle on comptait cinq chapelles, chacune ayant son propre pasteur, des écoles, un camp d'été et un centre de formation professionnelle.

A partir de 1832 la santé de Tuckermann commença à décliner ; deux pasteurs, les révérends Frederick T. Gray et Charles Barnard vinrent le seconder, mais sa santé demeurait fragile. En 1833 il partit en Angleterre pour se reposer ; là il noua amitié avec Lady Byron et Raja Rammohun Roy, réformateur hindou et fondateur du Brahmo Sama [un mouvement bouddhiste libéral]

Tout au cours de son ministère il plaida pour des réformes sociales et politiques. Il ne considérait pas l'alcoolisme comme une maladie , ni une faute morale mais proposait un traitement éducatif aidant à limiter les excès plutôt qu'une punition. Il demandait qu'on emploie des surveillants afin de s'assurer que les enfants allaient bien en classe. Il insistait pour que les enfants délinquants n'aient pas à être jugés, mais envoyés dans des fermes. Il faisait partie d'un groupe de pression pour la réforme des prisons et la création d'un programme éducatif dans les institutions pénales. Il a aidé à l'établissement de la ferme école de Thompson's Island. Il visitait les prisons et maisons de correction et s'occupait de la réinsertion des prisonniers libérés.

Il pensait que seule la charité chrétienne, nécessairement volontaire et privée, pouvait résoudre correctement le problème de la pauvreté à Boston. Il avait conclu de ses études sur les programmes gouvernementaux de France et d'Angleterre que ceux-ci ne faisaient qu'accroître la pauvreté. Donc il faisait pression contre et aurait voulu voir l'abolition de la charité municipale et d'Etat ; mais en cela il n'eut aucun succès.

Les écrits les plus importants de Tuckerman se trouvent dans les rapports concernant son travail ; on en trouve des extraits dans : "Joseph Tucckerman on the Elevation of the Poor" (paru en 1874). Il écrivit lui-même "The Principles and Results of the Ministry -at-Large in Boston", un résumé de son travail, à la fin de son ministère en 1838.

Dans les années 1830, son état de santé empira. Des amis lui conseillèrent un voyage en bateau à Cuba avec sa fille. Tuckerman fut enchanté d’y partir mais, peu après son arrivée, il mourut à La Havane.

D’après un article de Jedediah Mannis, paru sur le site de l’Unitarian Universalit Historical Society. 
Traduit en français et résumé par Noëlle Colle

Jeudi 24 juillet 2008 4 24 /07 /Juil /2008 13:00
- Par d'après Jedediah Mannis - Publié dans : sur l'unitarisme - Communauté : Religions en toute liberté
Oberwesel--Fulgence-et-Jill-McAllister--2---PB061264--r--duit----20-.JPG Jill K. McAllister (ex-présidente de l'ICCU et ministre du culte de San Jose People's Church à Kalamazo dans le Michigan, USA) et Fulgence Ndagijimana (président de l'Assemblée des chrétiens unitariens du Burundi) à la rencontre internationale de l'ICUU à Oberwesel en novembre 2007.
 
photo Jean-Claude Barbier



Andrew M. Hill, Jill K. McAllister, Clifford M. Reed, 2002, A Global Conversation ; Unitarian / Universalism at the Dawn of the 21st Century, / Une conversation globale à propos des unitariens et de l’universalsime au début du 21ème siècle, ICUU, Prague, 384 p. (actes du 1er symposium de théologique de l’ICUU, tenu au collège Harris Manchester à Oxford, en Angleterre, du 25 au 30 juin 2001).

Préface 
de Jill McAllister, présidente de l’International Council of Unitarians and Universalists (ICUU)

I –Opening Session : 
Clifford Reed pour le discours (p. 2), Peter Hewis (chapelain du collège Harris Manchester) pour le culte (p. 9)

II – The Unitarian and Universalist World 1901-2001 : 
Seven Strands, Andrew Hill (p. 14), Attendance at 1901 Conference, Andrew Hill (p. 18), The Unitarian and Universalist World 2001, David Usher (p. 24).

III – Principal Speakers (communiquants) : 
At the Dawn of the New Century : The Canadian Contribution to the International Unitarian and Universalist Picture, Phillip Hewett (p. 36), Transylvanian Unitarian Theology at the Dawn of the New Century, Elek Rezi (p. 59), The Future of British Unitarianism, George Chryssides (p. 72), Roads for Traveling Souls : Unitarian Universalist Theology in the U.S., Rebecca Parker (p. 100), Unitarianism in North East India at the Dawn of the Twenty-First Century, Pearl Green Marbaniang (p. 127), Unitarian Theology in India, Plielad Lyngdoh (p. 156), The Spiritual Life of Unitarian Universalists, Lost and Found, Thandeka (p. 163).

IV – Additional Contributions : 
Czech Republic (p. 196), European Unitarian Universalists (p. 203), Finland (p. 207), Germany (p. 218), Hungary (p. 221), India (p. 228), Nigeria (p. 231), Pakistan (p. 242), Poland (p. 249), Romania (p. 264), Russia (p. 266), South Africa (p. 272), United Kingdom (p. 275), United States of America (p. 282).

V – Reviews and Conclusions by Principal Speakers.
Review : John Lidgley (p. 288), Rebecca Parker (p. 289), Philip Hewett (p. 291), Pearl Green Marbariang (p. 293), Thandeka (p. 294) ; Conclusions : Pearl Green Marbaniang (p. 297), Philip Hewett (p. 299), Thandeka (p. 301), Rebecca Parker (p. 301), John Midgley (p. 304)

VI – Worship Service : 
Worship Service, Rev. John Midgley (p. 310) ; In Search of a Spiritual Dual Citizenship, Rev. John Midgley (p. 317).

Appendices : 
symposium participants avec photos (25-30 juin 2001 à Oxford, et 30 mai-1er juin 1901 à Oxford) (p.328), Ordre du jour en 2001 (p. 332), présentation de l’ICUU, (p. 337), Index (p. 340)

Mardi 13 novembre 2007 2 13 /11 /Nov /2007 15:04
- Par Barbier Jean-Claude - Publié dans : sur l'unitarisme

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 Arpad Szabo, évêque de l'Eglise unitarienne de Roumanie, à la rencontre internationale de l'ICUU à Oberwesel en 2007 (1-6 novembre), devant le bureau sortant. 
Photo Jean-Claude Barbier.


REED Clifford M., McALLISTER Jill K., 2007 – The Home We Share / Le foyer que nous avons en partage, Globalization, Post-Modernism and Unitarian / Universalist Theology, ICUU, Caerphilly (Pays de Galles), 413 p. (actes du 2ème symposium théologique organisé par l’ICUU à Kolozsvar / Cluj Napoca, Roumanie, du 3 au 8 juillet 2006, sur le thème " Unitarian / Universalism : Liberal Religion for a Changing Global Society)

Sommaire :

Avant-propos d’Istvan Kovacs et de Jill McAllister. Préface de Cliff Reed. Discours d’ouverture de la révérende Jill McAllister, p. 1. Culte d’ouverture avec une homélie de Istvan Kovacs, p. 5. Culte du matin (4 juillet 2006), p. 11.

I – Systematic Theology

Theological Foundations of the Transylvanian Unitarian Faith, Arpad Szabo (Transylvanie), p. 19. A House for Hope : Liberal Theology and the Challenges of the 21st Century, John Buehrens (USA), p. 19. Postmodernity, Globalization and the Challenge of Identity in Liberal Theology, Paul Rasor (USA), p. 57. Of Terrorism, Horrorism, Covenant, and Rebellion, Dennis McCarty (USA), p. 75. Liberating the Self, Saving the World : a Study of Unitarian + Universalist Identity in a Global Society, Jaume de Marcos Andreu (Espagne), p. 99. Unitarian Universalism : The Church of the Still Small Voice Within, Helpme Mohrmen (Inde), p. 135. Fideology and Oneness : Two Related Imperatives of Practical Theology, Richard Boeke (Royaume Uni), p. 143. Culte du soir (4 juillet), conduit par Cliff Reed (Angleterre) et John Buehrens (USA) (avec des lectures de Marc, Pélage, et de al-Hallaj), p. 161.

II – Worship & Liturgy

Annoted Symposium Program : Liturgical Expression, Globalization as Resource, Modernism and Totalitarianism, p. 171. Culte matinal du 5 juillet 2006, conduit par Jozsef Kaszoni (Hongrie) et des collègues hongrois, p. 173. Theological Foundations of our Liturgy, Botond Koppandi (Transylvanie), p. 179. Celebrating the Spirit : A Southern Hemisphere Perspective, Derek McCullough (Nouvelle-Zélande), p. 201. How to Respond to Problems of Globalization ? Rediscovering Respect for the Order of Being, Jaroslava Dittrichova (République tchèque), p. 213. The State and Unitarianism : Changing Our Polity ? Alan Ruston (Royaume Uni), p. 221. Searching for a New Spiritual and Religious Paradigm in a Changing Global Society, Olga Flores (Bolivie), p. 237. Culte du soir (5 juillet), conduit par Katie Stein-Sather (Canada) avec Phillip Hewett (Canada), p. 261.

III – Emerging Groups

Annoted Symposium Program : Liberalism Throughout the World, p. 267. Culte du matin (6 juillet), conduit par Ron Hersom (USA), p. 269. Assemblée des chrétiens unitariens du Burundi (ACUB), Fulgence Ndagijimana (Burundi), p. 271. A Brief Look at Unitarians in Indonesia, Aryanto Nugroho (Indonésie), p. 275. Latin American Unitarian Universalism : Coming to Enrich Our Liberal Religion, Olga Flores (Bolivie), p. 283. Culte du soir (6 juillet), conduit par McCullough (Nouvelle Zélande) avec Ary Nugroho (Indonésie) au piano, p. 287.

IV – Panel Representations

Reflections on the Symposium : Dimensions of Liberal Religion, Wrap up Session, p. 293. Culte du matin (7 juillet), conduit par Dawn Buckle (Angleterre) et Ann Peart (Angleterre), p. 295. Worship and Liturgy, Maria Pap (Roumanie), Kathy Sage (Canada), John Buehrens (USA), p. 299. Practical Ethics : Personal Reflections, Gordon Oliver (Afrique du Sud), Cliff Reed (Angleterre), Kinga Reka Szekely (Roumanie), p. 327. Wrap up Session, Paul Rasor (USA) et Jill McAllister (USA), p. 343. Culte de clôture (7 juillet), conduit par Bela Boton Jakabhazi (Roumanie) p. 357.

V – About the Authors

Richard F. Boeke, John A. Buehrens, Jaume de Marcos Andreu, Jaroslava Dittrichova, Olga Beatriz Flores, Botond Koppandi, Istvan Kovacs, Jill K. McAllister, Dennis McCarty, Derek McCullough, Helpme H. Mohrmen, Fulgence Ndagijimana, Aryanto Nugroho, Gordon Oliver, Maria Papa, Paul B. Rasor, Clifford M. Reed, Alan Ruston, Kathy Sage, Arpad Szabo, Kinga Reka Szekely, p. 363.

VI – Appendices

Unitarian College, Kolozsvar, p. 372. Symposium Schedule / Emploi du temps du colloque, p. 374.  Participants, p. 378. The ICUU.

VII - Index

Vendredi 9 novembre 2007 5 09 /11 /Nov /2007 14:33
- Par ICUU - Publié dans : sur l'unitarisme - Communauté : Religions en toute liberté

Aux Etats-Unis d’Amérique

L’universalisme d’Elhanan Winchester spécifiait qu’après la mort il y avait une période d’attente avant d’être complètement sûr d’être sauvé ; au contraire, l’universalisme de John Relly (1722-1778), un ancien méthodiste irlandais, garantissait que l’on était sauvé au moment de la mort. L’un des disciples de Relly fut John Murray (1741-1815) ; il laissa ses soucis et ses dettes derrière lui dans l’Ancien Monde, atterrit en Amérique à la Baie de la Bonne chance, dans le New Jersey, en 1770. On considère Murray comme le fondateur de l’universalisme américain. Pendant de nombreuses années on trouva les deux types d’universalisme dans cette dénomination. Plus tard, Hosea Ballou (1771-1852), auteur du Traité sur l’expiation, introduisit l’usage de la raison dans la religion chez les universalistes et les influença vers l’unitarisme.

Venus de différentes couches sociales, contrairement aux unitariens de La Nouvelle Angleterre, conscients de la leur, les universalistes étaient, en Amérique, un mouvement religieux libéral organisé, plusieurs années avant les unitariens ; avec eux, en 1961, ils formèrent finalement l’Association unitarienne-universaliste.

Thomas Starr King (1824-1864), un universaliste au service d’une congrégation unitarienne, fut aussi crédité d’avoir sauvé la Californie par son adhésion à l’Union (anti-esclavagiste) pendant la guerre civile américaine ; il saisit la différence entre les deux héritages : Les uns (universalistes) pensent que Dieu est trop bon pour les damner pour toujours ; les autres (les unitariens) pensent qu’ils sont trop bons pour être damnés à jamais ; mais cette parole est également attribuée aussi à Gold Appleton (1812-1884).L’unitarisme aux Etats-Unis d’Amérique

L’établissement des Européens sur la côte Nord-Est des Etats-Unis d’Amérique commença avec l’arrivée des Pères Pèlerins en 1620. Dans le Commonwealth du Massachussetts, seuls les membres de l’Eglise pouvaient participer au Gouvernement ; bien que théologiquement calvinistes, les Eglises strictement autonomes des congrégations des colons empêchaient qu’on leur imposât une déclaration de foi.

Comme en Angleterre et en Irlande, les puritains de la Nouvelle-Angleterre se divisèrent en deux courants , évangélique et rationnel (en Amérique appelés souvent libéral). L’un de ces dirigeants libéraux, Charles Chauncy (1705-1787), déclara en 1743 : il y a une religion de l’entendement, du jugement et de la volonté aussi bien que de l’affection, et si l’on fait peu de cas de la première, pendant qu’une grande tension nerveuse s’établit sur la dernière, il se peut que cela crée des désordres chez les gens.

Les convictions de Chauncy étaient très soutenues dans la région de Boston où le Collège Harvard avait été établi à Cambridge en 1721. Lorsqu’en 1805 un libéral, Henry Ware (1764-1845) devint professeur de religion, les tensions entre les évangéliques et les libéraux devinrent trop fortes et les évangéliques partirent créer leur propre séminaire à Andover. La Chapelle du Roi, à Boston, une congrégation épiscopale utilisant une liturgie modifiée semblable à celle de la chapelle d’Essex Street à Londres, devint unitarienne en 1782.

Durant les années 1790, plusieurs unitariens anglais, y compris Joseph Priestley, s’établirent plus au sud en Pennsylvanie. Mais les libéraux bostoniens évitaient d’être appelés unitariens. Ils trouvaient les anglais unitariens trop polémiques et leur compréhension de Jésus plutôt extrême.

En 1815, l’orthodoxe Jedidiah Morse (1761-1826) réimprima un pamphlet de l’unitarien anglais Thomas Belsham dans lequel cet auteur disait que les libéraux bostoniens étaient unitariens en fait, sinon d’appellation. Morse leur déclarait la guerre. Les Libéraux, disait-il, s’exposaient à se voir refuser la communion chrétienne.

Obligé de défendre la position libérale, William Ellery Channing (1780-1842) prêcha sur l’unitarisme chrétien lors d’une ordination à Baltimore, dans le Maryland, en 1819, prêche qui fut largement diffusé. Channing, dans son sermon, accepta finalement l’appellation unitarienne et définit les libéraux comme un parti prêt à défendre et à diffuser cette position.

Comme cela a déjà été mentionné auparavant, l’Association unitarienne américaine fut finalement organisée, apparemment par un coup de chance, exactement le même jour que l’Association unitarienne anglaise et étrangère, c’est à dire le 25 mai 1825.

Deux autres allocutions significatives indiquèrent la direction que les Américains unitariens allaient prendre. L’une fut L’allocution à l’école de théologie (1838) de Ralph Waldo Emerson (1803-1882), d’abord pasteur unitarien, puis personnalité marquante dans le groupe des écrivains transcendantalistes. Emerson ne tenait pas compte de la religion révélée et encourageait les gens à se mettre " par eux-mêmes en relation avec le divin ".

Une autre allocution fut celle de Theodore Parker (1810-1860) : Ce qui passe et ce qui dure dans le christianisme (1841). L’auteur y démontrait que l’enseignement des Eglises et des sectes passerait alors que l’enseignement de Jésus, pure religion et authentique morale, durerait toujours.

Le génie organisateur à l’origine du développement de l’unitarisme américain fut Henry Whitney Bellows (1814-1882), quelque peu conservateur en théologie. Utilisant son expérience acquise dans la Commission sanitaire des Etats Unis (Croix Rouge) aux côtés de l’Union (anti-esclavagiste) dans la Guerre civile américaine, Bellows créa la Conférence nationale des chrétiens unitariens (1865)

Pour certains, cependant, la Conférence fut trop conservatrice et deux ans après ils montèrent leur propre Association religieuse libre (1867) ; affirmant qu’un esprit universel agit dans toutes les croyances historiques, cette association trouva sa pleine justification, en 1893, au Parlement mondial des religions à Chicago.

Dans cette région de Chicago et dans le Centre Ouest, où la Conférence des Unitariens de l’Ouest avait été organisée en 1852, les unitariens se situaient fréquemment au-delà du christianisme unitarien qui était en faveur en Nouvelle Angleterre.

La nature radicale de quelques unitariens du Centre-Ouest se révéla à nouveau en 1933 quand quelques uns d’entre eux produisirent un Manifeste humaniste. Il affirmait que les hommes et les femmes trouvent en eux des ressources personnelles suffisantes sans recourir à des aides surnaturelles. Leur action fut à l’origine d’un débat tout au long d’une génération sur le contenu surnaturel de la religion.

Vers le milieu du XXe siècle, il devint apparent que les unitariens et les universalistes se dirigeaient vers une fusion. Quand elle se produisit en 1961, l’Association unitarienne-universaliste définit ainsi ses orientations : " Chérir et répandre les vérités universelles enseignées par les grands prophètes et les enseignants d’humanité de chaque époque et de chaque tradition, immémorialement résumées dans l’héritage judéo-chrétien comme l’amour de Dieu et l’amour de l’homme ".

En 1984, de nouveaux principes furent adoptés. Ils reconnaissaient la pluralité des sources où ont puisé l’unitarisme et l’universalisme ; sont reconnus par tous : des enseignements humains, une sagesse tirée des religions du monde, les paroles et les actions de femmes et d’hommes prophétiques, l’expérience directe du mystère de la transcendance et de l’émerveillement, aussi bien que les enseignements juif et chrétien sur l’amour du prochain comme nous-mêmes, comme une réponse à l’amour de Dieu.

 

La religion libérale dans d’autres parties du Monde

Les unitariens organisèrent d’abord des congrégations en Australie en 1810 et au Canada en 1811, conséquence de l’établissement d’Européens. Au Canada, les Irlandais, presbytériens non-souscrivants y participèrent.

L’Union unitarienne de l’Inde du Nord Est à Meghalaya (Khasi Hills) est un mouvement unitarien indigène créé par Hajom Kisor Singh, à partir de missions calvinistes galloises. Un petit groupe d’unitariens existe aussi à Madras, au Sud de l’Inde.

En 1921, Norbert Capek, qui mourut plus tard à Dachau, fonda la Fraternité unitarienne tchèque. En Allemagne on distingue deux groupes religieux : le plus ancien est constitué des congrégations de la religion libre, dans le Sud-Ouest, enraciné chez les catholiques comme chez les protestants, provenant de groupes dissidents qui naquirent du ferment menant à la Révolution de 1848. En Allemagne du Nord, les unitariens allemands, un mouvement né au XXe siècle, se rattache davantage à la culture traditionnelle philosophique européenne qu’au fond chrétien libéral unitarien transylvanien, anglais et américain.

Dans d’autres contrées d’Europe, les traditions liées à la non-souscription n’existent pas. La Fraternité des remonstrants en Hollande date de 1619, quand Jacob Arminius et ses continuateurs en " remontrèrent ", contre le renforcement des doctrines calvinistes. En France et en Suisse, les Eglises protestantes réformées ont des traditions libérales différentes.

Tous ces mouvements libéraux religieux sont représentés dans l’Association internationale pour la liberté religieuse (IARF), aussi bien des Eglises que des sociétés religieuses, ou des groupes de libéraux individuels dans d’autres mouvements religieux. l’IARF fut fondée en 1900 sous le titre de Conseil international des unitariens et d’autres penseurs et travailleurs religieux libéraux. Aujourd’hui c’est un forum inter-religieux, international, regroupant à la fois des chrétiens libéraux, ceux qui ont des racines dans les traditions protestantes libérales et, plus récemment, aussi bien des libéraux aux soubassement non chrétiens.

Lundi 27 août 2007 1 27 /08 /Août /2007 16:13
- Par Andrew Hill - Publié dans : sur l'unitarisme

Les unitariens en Angleterre et au pays de Galles

La Réforme en Angleterre et au pays de Galles fut moins rigoureuse que dans d’autres pays protestants. Ceux qui semèrent le trouble pour de plus amples réformes que celles entreprises durant le règne d’Henri VIII furent nommés puritains. Les puritains radicaux se séparèrent de l’Eglise d’Angleterre et furent appelés séparatistes. Les Puritains qui suivirent les Réformateurs du Magistère - en général Jean Calvin - et qui voulaient davantage de réformes dans l’Eglise d’Angleterre furent appelés presbytériens.

En 1648, le bref essor des presbytériens s’acheva. Ils obtinrent un traité spécial entre le Parlement anglais (alors en guerre avec le roi Charles Ier) et les autorités réformées d’Ecosse qui fut un essai pour introduire en Angleterre la parole de Dieu et l’exemple des meilleures réformes chrétiennes (Extraits de " La Ligue Solennelle et de la Convention "). A part quelques succès locaux à Londres et dans le Lancashire, l’entreprise échoua. Son principal héritage, toutefois, est La confession de foi de Westminster, le principal communiqué officiel du protestantisme réformé en langue anglaise.

A la Restauration de la monarchie en 1660, qui suivit la période du Commonwealth [de Cromwell], les presbytériens, avec à leur tête Richard Baxter (1615-1691), eurent de nouveaux de grands espoirs de mener à bien d’acceptables changements au sein même de l’Eglise d’Angleterre. Mais leurs espoirs furent totalement déçus quand, en 1662, à la suite d’un Acte d’Uniformité, environ 2 000 puritains du clergé furent remerciés à cause de l’obligation - à laquelle ils ne pouvaient se soumettre - d’utiliser Le livre de la prière commune .

A contre coeur, ces pasteurs non conformistes rejoignirent, en tant que dissidents de l’Eglise d’Angleterre, leurs collègues séparatistes. Vingt sept ans plus tard, en 1689, un Acte de Tolérance leur accorda, à eux et à leurs fidèles, la liberté de culte, mais pas de doctrine. Ceux qui en étaient exclus étaient les catholiques et les anti-trinitaires. Plusieurs congrégations qui plus tard devinrent unitariennes ont leurs racines dans ces événements.

Les principales sources de la pensée unitarienne en Angleterre et au pays de Galles sont la Bible anglaise et les écrits sociniens transmis du continent européen. les premiers unitariens vinrent des séparatistes. Bartholomew Legate et Edward Wightman, tous deux séparatistes, furent exécutés en 1612 comme hérétiques anti-trinitaires. Des copies du Catéchisme de Rakow furent brûlés à Londres en 1614. John Biddle (1615-1662), " le père de l’unitarisme anglais " et un traducteur du catéchisme racovien en anglais, profita d’un bref relâchement des lois contre l’hérésie (1651-1652) pour organiser la première congrégation anti-trinitaire en Angleterre et au pays de Galles.

L’ami de Biddle, Henry Hedworth (1626-1705), fut introduit auprès d’un unitarien transylvanien par quelques exilés polonais sociniens et devint la première personne à employer le mot " unitarien " dans l’imprimerie anglaise ; en 1672 il écrit : Je vais maintenant présenter au lecteur un petit aperçu de l’opinion de ces hommes au sujet du Christ, qui, pour se distinguer des autres, se nomment eux-mêmes unitariens.

Un peu plus tard au XVIIe siècle des points de vue sociniens apparurent au sein de l’Eglise d’Angleterre. Thomas Firmin (1632-1697), marchand anglais, aida les réfugiés sociniens et paya une série de tracts unitariens. Samuel Clarke (1675-1729), vicaire anglican, publia La doctrine des Ecritures sur la Trinité (1712) ; dans cet ouvrage il argumentait que l’honneur suprême devait revenir seulement à Dieu, le Père.

Le livre de Clarke fut largement lu, mais aussi parmi les non conformistes, et en 1719 les dissidents d’Exeter proposèrent à leurs amis de Londres de débattre de ce point de doctrine. Il s’ensuivit une scission très significative parmi les dissidents. A partir de cette date, les dissidents contre leur gré et les dissidents de leur plein gré, réunis par force ensemble en 1662, se réorganisèrent, à partir de leurs croyances et de leurs déclarations de foi, en souscrivants [en anglais, Subscribers] et non-souscrivants [à la confession de foi de Westminter]. Parmi ces non-souscrivants, les idées unitariennes gagnèrent du terrain.

Une scission similaire se produisit en Irlande où, en 1725, le synode général des presbytériens de l’Ulster réorganisa les non-souscrivants à la confession de foi de Westminster en un consistoire séparé.

A partir de là, le droit au jugement privé en matière de croyances religieuses, la libre d’adhésion à telle déclaration de foi ou à tel credo, fut d’une importance majeure pour l’héritage libéral. Pour les non-souscrivants, l’Eglise était une communauté " salvatrice ", pas une société pour ceux qui sont déjà " sauvés ". La mise en pratique du christianisme était préférable aux controverses doctrinales, et la croyance religieuse devait par dessus tout être  raisonnable .

Les non-souscrivants furent souvent appelés arminiens à partir des idées - populaires parmi eux - du réformateur hollandais Jacobus Arminius (1560-1609). Arminius, contrairement à Calvin, selon lequel Dieu ne veut sauver que le petit nombre, soutenait que l’opportunité d’être sauvé est offerte à tous. Pour les distinguer des dissidents évangéliques, ces non-souscrivants furent aussi appelés dissidents rationnels.

Certaines académies, ayant ouvert leurs programmes aux points de vue des dissidents, furent reconnues par le parti des théologiens qui les soutenaient. Les académies des dissidents rationnels  incluaient celles de Camarthen en pays de Galles, proche de " la tache noire " de Dyfed* et de Warrington en Angleterre. Toutefois, les dissidents restaient interdits à Oxford et à Cambridge,

* Ainsi appelée " tache noire " par certains anti-unitariens à cause des lieux où leurs adversaires étaient très prépondérants, concentrés à ce qui est aujourd’hui Dyfed, aux alentours de Llanybyther et du pont Stefan à Llanbedr.

Joseph Priestly (1733-1804), chimiste qui découvrit l’oxygène, était un pasteur dissident qui fut un certain temps précepteur à l’académie de Warrington. Né dans l’Eglise évangélique dissidente, Priestly fut l’un des nombreux convertis à la dissidence rationnelle ; par cette transition stimulante il fut amené à l’unitarisme. D’abord il ne se reconnut pas unitarien : il apprit cette appellation par Théophilus Lindsey (1723-1808), anglican à l’origine. N’ayant pu obtenir une dispense de non-adhésion aux 39 articles de foi, il résilia sa charge de vicaire de Catterick et, en 1774, il ouvrit la chapelle d’Essex Street à Londres au culte unitarien, utilisant une version unitarienne du Livre de la prière commune.

Pendant ce temps, Priestley, qui n’était pas le seul à soutenir les orientations politiques radicales de 1789, culminant dans la Révolution française, émigra aux Etats-Unis d’Amérique pour éviter l’oppression politique en Grande Bretagne et s’installa en Pennsylvanie. Il fut l’un des anglais unitariens à largement contribuer au développement du mouvement unitarien aux Etats Unis.

D’autres nouveaux venus de la dissidence rationnelle durant cette période furent Thomas Belsham (1750-1829) et, venus des baptistes et des universalistes, William Vidler (1758-1816) et Richard Wright (1764-1836) " le missionnaire unitarien ". Ces trois personnages participèrent au Fonds unitarien (1806), l’une des nombreuses sociétés travaillant à servir la cause unitarienne et à obtenir les droits civils pour les unitariens, droits finalement acquis en 1813.

Par coïncidence, l’Association unitarienne anglaise et étrangère, où les sociétés plus anciennes avaient fusionné, grâce aux efforts inlassables de Richard Asplan (1782-1845), fut organisée exactement le même jour que l’Association américaine unitarienne, le 25 mai 1825.

Quelques dissidents rationnels ne furent pas entièrement satisfaits des implications sectaires d’un tel zèle missionnaire. James Martineau (1805-1900) fut leur dirigeant. Alors qu’il était tout à fait normal pour des individus de s’appeler " unitariens ", Martineau trouva qu’il était tout à fait faux d’identifier sans équivoque des congrégations avec une telle position théologique. En 1836, il écrivit : " La raison est l’ultime appel, le tribunal suprême, au jugement duquel même l’Ecriture doit être conviée ". C’est ainsi que débuta un processus par lequel la base miraculeuse de l’Ecriture dans la théologie unitarienne de Lindsey et de Priestley, fut remplacée par de nouvelles affirmations basées sur la raison et sur l’intuition.

Le nouveau Collège de Manchester, succédant à l’académie de Warrington où la plupart des pasteurs était formé, se fixa à Londres en 1853. Martineau en fut le directeur. En 1896, le Collège déménagea une nouvelle fois à Oxford où il est maintenant appelé  Collège de Manchester [ndlr : et maintenant le Harris Manchester College].

Mais le déménagement du collège de Manchester provoqua la consternation parmi les unitariens de Nord Est de l’Angleterre ; ils décidèrent en 1854 de créer le Centre missionnaire des unitariens anglais, aujourd’hui le Collège unitarien de Manchester. Ce centre était une courageuse initiative pour relever le défi des nouvelles conditions sociales effroyables provoquées par la Révolution industrielle dans cette région. Mais il avait aussi comme but de former des pasteurs à partir de personnes tout à fait différentes de celles formées ailleurs ; provenant de la classe ouvrière, plus rapidement formés, ces pasteurs pourraient s’adresser directement à un nouveau type de congrégations unitariennes émergeant alors dans le Nord et l’Est de l’Angleterre. Les premières congrégations dans la région avaient été très revivifiées par l’intégration, durant les premières années du XIXe siècle, au sein de l’unitarisme anglais d’un certain nombre de congrégations isolées venues du méthodisme du fait des idées unitariennes de leurs dirigeants, ainsi que par un mouvement local similaire des Frères chrétiens [ndlr : est-ce l’ordre contemplatif de catholiques irlandais fondé en 1802 ?]

Le collège de Manchester, à Oxford, et le collège unitarien, à Manchester, sont aujourd’hui les deux principaux centres de formation théologique des unitariens anglais. Les pasteurs gallois sont formés à Aberystwyth. Les congrégations dont ils forment les pasteurs se retrouvent au sein de l’Assemblée générale des unitariens et des Eglises chrétiennes libres (1928), une fédération d’environ 250 congrégations réparties dans les agglomérations les plus importantes, ayant son quartier général à Londres, à Essex Hall, dans la rue de l’Essex, sur le site de la chapelle de Theophilus Lindsey, juste à côté du Strand.

Les presbytériens non-souscrivants en Ecosse et en Irlande

En Ecosse, la Réforme suivit le modèle réformé. Pendant que l’adhésion à La confession de foi de Westminster se modéra équitablement durant le XVIIIe siècle, et qu’une réaction s’établit contre une théologie qui, comme le faisait remarquer Robert Burns, en envoyait un au Paradis et dix en Enfer, aucun mouvement de non-souscription n’émergea. Les quatre congrégations unitariennes d’Ecosse, qui sont aujourd’hui affiliées à l’Assemblée générale des unitariens et des Eglises chrétiennes libres, ont diverses origines mais l’universalisme joua un rôle prépondérant dans leur développement.

En Irlande, particulièrement dans le Nord, où beaucoup d’Ecossais s’installèrent à partir du dix-septième siècle, le Synode général de l’Ulster en 1725 réorganisa les non-souscrivants à la Confession de foi de Westminster en un consistoire séparé, celui d’Antrim. John Abernethy (1680-1740), " le père des non-souscrivants" dirigea le mouvement. Il avait lu , de Samuel Clarke, La doctrine des Ecritures sur la Trinité.

Au XVIIIe siècle, en Irlande, le mouvement en faveur de l’adhésion à la Confession devint moins important ; c’est alors que la pensée d’un chrétien unitarien américain, William Ellery Channing (17800-1842) devint populaire. L’unitarisme de Channing était en quelque sorte moins polémique que celui de Priestley et des siens ; l’unitarisme de ce dernier ne prospéra jamais en Irlande.

L’unitarisme se développa si bien que le Synode général réagit en renforçant l’adhésion à la Confession. Henri Montgomery (1768-1865), le dirigeant du camp unitarien, se retira en 1830 avec les non-souscrivants du Synode général et forma le synode des Remonstrants * de l’Ulster. Ce synode des Remonstrants fusionna avec le plus ancien consistoire d’Antrim en 1910 pour former le groupe des non-souscrivant presbytériens de l’Eglise d’Irlande. Bien que cette Eglise soit légalement séparée, avec des traditions clairement différentes des Eglises de Grande Bretagne, ses Eglises locales font partie de l’Assemblée générale des unitariens et des Eglises chrétiennes libres.

* ndlr : en Hollande, les Remonstrants ou Arminiens s’opposèrent à la prédestination absolue de Calvin.

Les baptistes traditionnels et les universalistes en Grande-Bretagne. Les universalistes aux Etats-Unis

En Pologne et en Transylvanie, sous l’influence des réformés radicaux on abandonna, le baptême des enfants. Quelques anti-trinitaires, comme Faustus Socinus, rejetèrent le baptême sauf pour de nouveaux convertis au christianisme. D’autres étaient anabaptistes. Au Sud de l’Angleterre et dans certaines régions du pays de Galles il y a un groupe de congrégations unitariennes appelées parfois baptistes traditionnels. Ceux-ci croient que Dieu veut que tous soient sauvés. Ils doivent être distingués des baptistes réformés qui croient que Dieu ne sauve qu’un groupe d’hommes particulier. Différents des presbytériens anglais et de ceux du pays de Galles, qui étaient des dissidents malgré eux, les baptistes traditionnels ont toujours été séparatistes. Ils étaient très engagés dans la tolérance.

De 1670 à 1731, l’hérésie unitarienne de Matthew Caffyn fut à l’origine de débats incessants au sein de l’assemblée des baptistes traditionnels. 1802 fut l’année décisive de la scission : la moitié d’entre eux rejoignit le baptisme réformé tandis que ceux qui restaient s’orientèrent de plus en plus vers l’unitarisme.

La séparation survint lorsque William Vidler (1758-1816) devint membre de l’Assemblée. Sous l’influence de l’Américain Elhanan Winchester (1751-1797), Vidler avait adopté l’universalisme (doctrine qui assure que Dieu veut et garantit le salut à tous). Alors, sous l’influence de Richard Wright (1764-1836), Vidler devint aussi unitarien. Ensemble, Vidler et Wright devinrent d’ardents partisans du Fonds unitarien (1806). En conséquence, l’universalisme anglais, en tant que mouvement  séparé , fut éclipsé par l’unitarisme.

ndlr. Aujourd’hui, il y a deux branches du baptisme : le baptisme réformé (Particular Baptism) ; cette branche est basée sur la confession de foi de Londres (1689), et le baptisme traditionnel (General Baptism)

Lundi 27 août 2007 1 27 /08 /Août /2007 16:10
- Par Andrew Hill - Publié dans : sur l'unitarisme

A liberal religious heritage " par Andrew Hill, document non daté, ndlr : note de la rédaction (La Besace des unitariens).

 

Les unitariens et religieux libéraux centrent leur foi sur l’expérience personnelle, plus ou moins nourrie par les Ecritures et les traditions. Leur position religieuse s’est établie de deux façons :

D’abord en remettant en cause certains enseignements chrétiens (par exemple que Dieu est une Trinité de trois " personnes " à égalité ; ou que Dieu ne veut sauver que " le petit nombre " ; ou que les hommes sont dépravés par nature). Certaines dénominations en usage en découlèrent (par ex. les unitariens, les universalistes et les baptistes traditionnels).

Ensuite en distinguant l’essentiel du secondaire dans l’enseignement chrétien. Ceci fit davantage douter de l’utilité des croyances et des déclarations de foi. C’est ce que l’on appelle la non-adhésion (c’est à dire le refus de " souscrire " à des croyances ou à des déclarations de foi formelles).

Les débuts

Les racines historiques de cet héritage religieux s’inscrivent au plus profond de la Renaissance et de la Réforme en Europe. Centrée en Italie du Nord et atteignant son apogée au XVe siècle, la Renaissance fut un renouvellement remarquable de la culture et de l’enseignement. Au XVIe siècle, la Réforme, se construisant à partir des idées de la Renaissance, remit en cause quelques unes des hypothèses et des pratiques de l’Eglise catholique et perturba celle-ci dans certaines régions.

Il y eut en fait trois réformes différentes :

1) On appelle parfois la Réforme protestante la Réforme du magistère, parce qu’elle est associée à trois grand maîtres (magisterium) : Martin Luther (1483-1546) en Allemagne, Ulrich Zwingli (1485-1531) en Suisse, et Jean Calvin (1509-1564) à Genève *. Ces trois réformateurs n’avaient pas les mêmes idées sur la Cène, mais ils s’accordaient sur la nécessité du baptême des enfants et sur le fait que tout homme était sous l’autorité de l’Eglise et de l’Etat. Le protestantisme se développa en deux directions : le luthéranisme et le protestantisme réformé initié par Zwingli et Calvin. Ce dernier marque surtout nos mémoires aujourd’hui par sa doctrine de la prédestination : toutes les âmes sont " prédestinées " à l’enfer ou au paradis. Toutefois, dans la tradition libérale, on devrait se rappeler sa hauteur de vue au sujet de la suprématie de Dieu, suprématie qui devint un élément important pour ébranler la doctrine de la Trinité, et comment il mettait au plus haut point en honneur la démarche intellectuelle de l’homme.

* ndlr - Jean Calvin, né en France à Noyon, crée sa première église " hérétique " à Poitiers (1534) ; obligé de fuir hors de France. Il arrive à Genève en 1536, qui vient de s’affranchir de la double autorité du duc de Savoie et de son évêque…

2) La réforme catholique, ou Contre-réforme, essaya de remédier à plusieurs faiblesses hautement mises en lumière par les protestants, et de regagner les terrains perdus.

3) La Réforme radicale, en grand contraste par rapport à la Réforme du magistère, sépara complètement l’Eglise et l’Etat. Cela exigeait une réforme radicale d’ensemble au lieu de réformes de détail. L’anabaptisme (c’est à dire le re-baptême des adultes croyants selon une décision religieuse propre à chacun d’entre eux) fut souvent leur signe distinctif.

Un petit groupe de réformateurs radicaux venus d’Italie a marqué notre histoire. Leurs membres ont commencé à se demander si oui ou non ce que l’on comprenait traditionnellement de la Trinité comme étant trois personnes ou personnalités égales entre elles provenait des Ecritures. Ils furent beaucoup encouragés par une découverte de Désiderius Erasmus [Erasme] (1466-1536), un catholique hollandais, qui avait démontré que les plus célèbres des textes prouvant traditionnellement la Trinité : Il y en a trois qui portent témoignage dans les cieux : le Père, la Parole, et le Saint Esprit et ces trois là ne sont qu’un. (Première épître de Saint Jean 5 :7) n’apparaissaient pas dans les plus anciens manuscrits dignes de foi du Nouveau Testament.

En Italie, après 1541*, lorsque l’Inquisition commença à faire fuir les hérétiques, plusieurs Italiens parmi eux se dirigèrent vers les régions protestantes plus au Nord. Parmi eux se trouva le moine Bernard Ochino (1487-1564) qui vécut en Angleterre entre 1547 et 1553. Un autre réfugié de l’Inquisition fut le Savoyard Sébastien Castellion ** (1515-1563). Son livre : Traité des hérétiques (1554) causa une vague de protestation contre la mort cruelle du docteur espagnol Michael Servetus (29 sept. 1511- 27 oct. 1553) ; très influencé par les anabaptistes, ce dernier fut condamné dans la Genève protestante, comme anti-trinitaire, à la mort par le feu (les anti-trinitaires sont ceux qui remettent en cause l’enseignement chrétien traditionnel sur la Trinité, mais sans avoir atteint une position unitarienne plus développée où Dieu n’est qu’une seule personnalité et où Jésus est une personne humaine à son plus haut point de perfection , nous révélant un aspect de Dieu).

* ndlr : soit dix ans après la publication par Michel Servet de son livre (en latin) sur " Les erreurs de la Trinité ".

** ndlr : S. Castellion : né dans l’Ain, mais "Savoyard" à l’époque du fait que sa région natale était sous contrôle du duché de Savoie, de langue française. Le " Traité des hérétiques " est le titre de son ouvrage, écrit en français.

La religion libérale en Suisse, en Pologne et en Transylvanie

Des Eglises libérales furent d’abord fondées là où les réformateurs radicaux firent progresser, par leur influence, le protestantisme réformé. Ceci se produisit en trois endroits. L’un était la République indépendante des Grisons au Sud-Est de la Suisse, territoire protestant juste au nord de l’Italie. Des réfugiés de l’Inquisition italienne ne tardèrent pas à trouver leur chemin vers elle. Plusieurs d’entre eux étaient anabaptistes, mais certains étaient aussi anti-trinitaires. On leur ordonna de quitter les Grisons en 1570.

Les deux autres endroits où les réformés radicaux influencèrent le protestantisme furent la Pologne, particulièrement la région proche de Cracovie dans le Sud, et la Transylvanie, qui, si elle fait partie maintenant de la Roumanie, constituait alors la région orientale d’une Hongrie divisée. La Pologne et la Transylvanie étaient toutes deux des Etats semi-républicains, qui élisaient leur monarque, celui-ci laissant à la noblesse beaucoup de pouvoir.

Dans les deux pays des difficultés surgirent lorsque l’on voulut codifier les croyances des Eglises réformées protestantes. C’est en Pologne que les anti-trinitaires se montrèrent d’abord, en 1546, et qu’ils furent par la suite encouragés par l’arrivée d’un docteur italien, Giorgio Biandrata (1515-1588). Il en résulta qu’en 1565 l’Eglise réformée polonaise se scinda en une Eglise réformée majeure (trinitaire) et en une Eglise réformée mineure (anti-trinitaire).

Pendant ce temps, en 1563, Biandrata s’était dirigé vers le sud, de la Pologne par les montagnes des Carpathes jusqu’en Transylvanie, où il exerça une influence considérable sur l’évêque réformé Francis (Ferencz) David (1520-1579). A partir de 1566, ce dernier fut ouvertement anti-trinitaire. Puis, en 1568, participant à un débat durant dix jours entre trinitaires et anti-trinitaires à Gyulafehervar [Alba Julia], le dirigeant transylvanien lui-même, Jean Sigismond (1540-1571), devint unitarien. Il en résulta que, dans La Déclaration de Torda, Sigismond reconnut la nouvelle foi réformée anti-trinitaire comme l’une des quatre religions du pays. Les autres étaient les religions catholique, luthérienne, et réformée trinitaire.

Francis David devint encore plus radical dans ses opinions : il rejeta le baptême des enfants et le culte de Dieu par Jésus-Christ. Quand un dirigeant catholique succéda à Sigismond, Biandrata perdit patience et invita en Transylvanie un collègue italien, Faustus Socinus (1539-1604), auteur d’un livre récent : De Jesu Christo Servatore (Jésus Christ le Serviteur), pour essayer de détourner David de ses vues avancées. Mais David resta fidèle à ses convictions et en conséquence mourut en prison, en martyr pour sa foi.

Faustus Socin, pendant ce temps, se dirigea vers le Nord de la Pologne où il fut bien reçu par l’Eglise réformée mineure (anti-trinitaire). Toutefois, Socin ne devint jamais membre de cette Eglise et ne fut jamais autorisé à partager la Cène avec eux, car selon ses propres vues, Socin pensait que le baptême était instauré seulement pour cette première génération de chrétiens [et n’était plus dès lors nécessaire], alors que l’Eglise réformée mineure demandait le re-baptême [des chrétiens ayant été baptisés étant enfants]. Mais cela ne l’empêcha pas de devenir le principal théologien de leur Eglise.

Le principal centre anti-trinitaire en Pologne fut la petite ville de Rakow (Racovie), juste au nord est de Cracow (Cracovie). Là, plusieurs membres de l’Eglise réformée mineure [ndlr : appelés encore les Frères polonais] n’étaient pas seulement anti-trinitaires et anabaptistes ; ils furent aussi pendant quelque temps pacifistes et ils mettaient leurs biens en commun. En 1605 leur Eglise publia à Racovie Le Catéchisme de Rakow, qui est une présentation de leur foi.

A partir de 1590, suite à l’arrivée des jésuites, instruments de la Contre-réforme catholique, commencèrent des campagnes de persécution incroyablement cruelles contre les protestants polonais et en particulier contre l’Eglise réformée mineure. Vers 1660, le petit nombre de ceux qui restaient avaient été bannis de Pologne. Toutefois, grâce à l’activité de leurs nombreux réfugiés, et grâce à la vaste diffusion de leur littérature à travers toute l’Europe, leur mouvement continua à exercer une influence considérable.

Appelés habituellement sociniens, à cause de leur dette envers Faustus Socin, certains de ces réfugiés polonais s’appelèrent eux-mêmes plus tard unitariens, appellation héritée de leurs frères et sœurs transylvaniens. Ceux-ci, en 1569, avaient été appelés unitariens par leurs opposants, parce qu’ils enseignaient que Dieu le Père est supérieur au Fils et à l’Esprit Saint [ndlr : c’est là la position arienne ; les anti-trinitaires transylvaniens allèrent plus loin en déclarant l’unicité de Dieu : Dieu Un]. Les Transylvaniens adoptèrent l’appellation pour eux-mêmes. Aujourd’hui il y a plusieurs congrégations unitariennes au Nord Ouest de la Roumanie [en Transylvanie] et quelques unes à l’Est de la Hongrie. Ce sont les descendantes directes des premières communautés organisées d’unitariens. Les congrégations de Hongrie, de Budapest et de ses environs, furent établies plus tard.

Lundi 27 août 2007 1 27 /08 /Août /2007 16:05
- Par Andrew Hill - Publié dans : sur l'unitarisme

prédication de Louis Pernot, pasteur à la paroisse ERF de l’Etoile, culte radio du 1er juillet 2007 passé sur France-Culture à 8h 30, texte intégral 

Jésus de Nazareth

La foi chrétienne est par définition centrée sur un personnage : Jésus de Nazareth. Mais qui est Jésus pour le chrétien ?

Dans le Nouveau Testament, il est dit être « le seigneur », le « fils de Dieu », mais l’affirmation la plus fondamentale est qu’il était le « Christ », et donc le « Messie », puisque « Christ » et « Messie » sont en fait le même mot, l’un en grec et l’autre en hébreu. Le Messie, c’était celui qu’attendaient les juifs et qui devait accomplir toutes les promesses de Dieu.

Mais aujourd’hui, Jésus est considéré de très diverses manières, même dans le christianisme. Certains voient en lui Dieu lui-même, et d’autres à l’opposé le considèrent simplement comme un homme, inspiré par Dieu certes, mais bien humain. Peut-on être encore chrétien en considérant Jésus comme un simple prophète, un porte parole de Dieu ?

Je pense qu’on peut être chrétien de différentes manières, et à différents niveaux. « Il y a beaucoup de demeures dans la maison du Père » nous dit Jésus. Dans l’Evangile, on trouve toute sorte de confessions de foi concernant Jésus. Ainsi, par exemple, dans le chapitre 4 de l’Evangile de Jean voit-on une femme Samaritaine qui dialogue avec Jésus, elle va proclamer que Jésus est « le prophète » comme une chose extraordinaire, mais ensuite, grâce à elle, ses proches le reconnaîtront comme le Sauveur du Monde.

Peut-on voir en Jésus un simple prophète ? Jésus Dieu ou homme ? Ceux qui vont dans ce sens, le font en général, pour aller contre l’idée qu’il soit divin. Or il s’en trouve effectivement qui s’opposent à la divinité du Christ, et qui proclament que Jésus était seulement un prophète. C’est le cas, en particulier de l’islam pour lequel Jésus a été le dernier grand prophète avant Mahomet. Et dans le sein même du christianisme, certains s’opposent aussi à la divinité du Christ, comme les unitariens qui rejettent la doctrine de la Trinité, et que l’on peut considérer pourtant comme authentiquement chrétiens.

On peut penser effectivement que l’affirmation radicale que Jésus est Dieu est certainement un raccourci problématique, ou tout au moins un peu rapide. Dieu ne se promène pas en sandales dans la Palestine, Dieu n’est pas crucifié et ne peut mourir sur une croix. Et l’on voit encore moins comment, si Jésus était Dieu, il pourrait dire : « mon Dieu mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné » (Marc 15 :34), ou « Père... non pas ma volonté mais la tienne » (Marc 14 :36).

Cependant ce débat est un peu simpliste, comme si Jésus devait être soit Dieu lui-même et en personne, soit un « simple » prophète, c’est-à-dire une sorte de prédicateur ordinaire. Même la théologie traditionnelle n’a pas affirmé d’une façon schématique qu’il fallait assimiler le Jésus historique à Dieu lui-même.

Pourtant, aujourd’hui, certains pensent qu’il est indispensable pour être chrétien de croire que Jésus soit Dieu, cela découlant de la doctrine de la Trinité. Or tout cela est très discutable. D’abord la doctrine de la Trinité n’est pas biblique, c’est un développement théologique du 4e siècle. Le protestant qui préfère s’en tenir à l’Ecriture et non aux développements tardifs de l’Eglise n’a pas de nécessité à y adhérer. Et même, la doctrine de la Trinité est plus complexe qu’il n’y paraît. Elle n’affirme pas brutalement que Jésus est Dieu. Ce qui est appelé « Fils » dans la Trinité et qui est dit l’égal du « Père » n’est pas le Jésus historique, mais la dimension divine du Christ, la Parole éternelle et créatrice de Dieu qui s’est incarnée en Jésus de Nazareth. Ainsi la théologie des premiers grands Conciles est-elle claire sur ce point, Jésus n’est pas Dieu seulement, il est Dieu uni à l’homme, il est un homme complet totalement uni au Dieu véritable. Tout ce qu’affirme la Trinité, c’est que la partie divine de Jésus est totalement égale à Dieu.

Je crois qu’on devrait donc sortir de cette fausse obligation qui imposerait aux chrétiens d’affirmer que Jésus est Dieu. On peut le croire, certes, mais on peut aussi ne pas le croire. Et puis certainement y a-t-il des positions plus subtiles et mieux fondées que d’être dans le « tout ou rien » concernant Jésus qui ne pourrait être que Dieu, ou sinon un beau parleur...

 Jésus prophète

Affirmer que Jésus est prophète n’est d’ailleurs pas si faible que cela. Pour le judaïsme, le prophète n’est pas un simple prédicateur, c’est celui qui dit la parole de Dieu. Et les paroles connues des anciens prophètes ont été recueillies avec la plus grande attention pour être incorporées dans la Bible elle-même.

Or, du temps de Jésus, on pensait que l’esprit de Dieu ne soufflait plus, qu’il n’y avait plus de prophètes, la Bible était close, on n’y mettait plus rien parce que Dieu avait cessé de parler. Affirmer alors comme la Samaritaine que Jésus est un prophète était une chose considérable, une vraie confession de foi. C’était dire qu’en lui, de nouveau, Dieu s’exprime comme il l’avait fait à Moïse et aux prophètes de l’Ancien Testament. C’était dire que, de nouveau, l’esprit de Dieu se met à souffler, et qu’une nouvelle parole, une nouvelle loi peuvent être données, que la Bible peut être rouverte pour y ajouter de nouvelles paroles divines. C’était rendre possible d’envisager un « nouveau Testament ». C’est pourquoi, par exemple, quand l’aveugle né guéri par Jésus confesse sa foi en disant de lui : « C’est un prophète », les pharisiens sont furieux. (Jean 9:17).

Jésus plus qu’un prophète

Pourtant, je crois que Jésus est plus qu’un prophète. D’abord en ce qu’un prophète dit la parole, mais ne la vit pas forcément, il se contente de délivrer un message. Or Jésus, lui, a fait plus que de dire la Parole de Dieu, il l’a vécue concrètement, il a appliqué à lui-même son enseignement, faisant de sa vie l’exemple vivant de son message. C’est en ce sens que l’on peut dire qu’il a « incarné » cette parole, il était animé par elle. Ainsi, ce n’est pas seulement ce qu’a dit le Christ qui est intéressant, mais aussi sa vie, et sa personne elles-mêmes. C’est en cela qu’être chrétien n’est pas seulement adhérer au message de l’Evangile, mais aussi « croire » dans le Christ.

Ensuite, si le Nouveau Testament n’affirme pas que Jésus soit Dieu, (sauf en un endroit dans la bouche de Thomas à la fin de l’Evangile de Jean et qui concerne non pas le Jésus historique, mais le Christ ressuscité), ce qu’il affirme continûment, c’est que Jésus est « le fils de Dieu », et c’est bien plus qu’être seulement un prophète. Là effectivement se trouve une affirmation essentielle hors de laquelle on n’est certainement plus chrétien.

Mais cela aussi on peut le comprendre de diverses manières. Certains le comprennent au sens fort, mais pour d’autres, si Jésus est le Fils de Dieu cela n’a rien à voir avec sa naissance physique, ou sa conception biologique, mais cela doit être compris dans un sens spirituel. Cela peut vouloir dire qu’il tire son être de sa relation à Dieu, qu’il est le serviteur de Dieu, l’incarnation de Dieu lui-même, en totale proximité avec Dieu et transparence avec lui.

Jésus est un messie-oint, roi, prêtre et prophète

Quant à la Samaritaine, après avoir vu en Jésus le « prophète », elle découvre qu’il est le Messie. C’est là en effet l’affirmation fondamentale de l’Evangile concernant Jésus : il est le Christ, c’est-à-dire le Messie, puisque ces deux mots signifient la même chose : être « oint » c’est-à-dire recouvert d’huile.

Un christ, c’est donc un messie, c’est quelqu’un qui a reçu l’onction d’huile. Cette huile qui symbolisait la présence de Dieu, parce que, comme lui à sa façon, elle est source de lumière (dans les lampes), de nourriture, et de vie (pour soigner les plaies). On enduisait d’huile ceux que l’on considérait comme revêtus de la présence de Dieu pour agir ou parler en son nom, et en particulier les rois, les prêtres, et les prophètes. Dire que Jésus est messie, c’est donc affirmer qu’il est, au nom de Dieu, à la fois roi, prêtre et prophète. C’est le « triple ministère » du Christ.

Jésus est donc prophète, effectivement, mais il est plus que cela, il est aussi roi et prêtre. Sans doute est-il important de le rappeler, surtout aujourd’hui, où dans certains milieux protestants, il y a une tendance à considérer le Christ comme seulement un sage, un prophète, quelqu’un qui nous révèle quelque chose sur Dieu, sur la vie et sur nous. Or on peut aller plus loin. Si Jésus est roi, alors il est celui qui dirige, qui ordonne, il est le maître, le seigneur, celui qui agit concrètement dans le monde et qui demande à agir avec lui. Certes, il y a plein de belles choses qui peuvent se faire sans le Christ, mais précisément, il est plus que prophète, il peut aussi être notre roi.

Jésus est prêtre... or la fonction du prêtre, c’est de mettre en relation avec Dieu. Jésus, précisément, peut nous permettre d’accéder à Dieu lui-même. Normalement, l’homme ne peut pas voir Dieu, seul le prêtre négocie avec lui et transmet ensuite la parole. Le Christ, lui, instaure un nouveau mode de relation à Dieu, passant par lui, et nous permettant de voir Dieu lui-même.

Et puis le prêtre avait aussi pour rôle de restaurer la relation entre le fidèle et Dieu, il offrait les sacrifices de réconciliation, pour permettre le pardon du péché. Ce rôle essentiel appartient aussi au Christ : il nous met en contact directement avec Dieu, et nous réconcilie avec lui.

Jésus est le Messie par excellence

Mais plus précisément encore, la confession de foi chrétienne, ce n’est pas de dire qu’il est « un » messie, mais qu’il est « le » Messie, c’est-à-dire « le Christ », avec un « C » majuscule. Il est le Messie par excellence. Jésus est ainsi le Prophète par excellence. Un prophète dit une certaine parole, mais ne dit pas tout. Si Jésus est LE prophète, alors sa parole n’est pas partielle, il a dit toute la parole de Dieu.

Le chrétien n’a donc pas besoin d’attendre un autre prophète ou une autre révélation, il n’est pas seulement une étape, le Christ a accomplit la révélation prophétique. Bien sûr, il peut y avoir encore des paroles édifiantes et inspirées, mais qui n’ont pas valeur de révélation.

Il est aussi le Prêtre par excellence, non seulement celui qui nous met en relation avec Dieu, mais aussi celui qui nous donne la plénitude de la présence de Dieu. Avec lui, plus de nécessité d’autres prêtres, plus de nécessité de rites ou de temples, tout se trouve en lui. Il nous réconcilie une fois pour toute avec Dieu nous offrant la libération et le pardon des péchés. Il est enfin le Roi des rois, il n’y a pas à obéir à quiconque d’autre, il est l’autorité suprême, au-dessus de tout et de toute exigence, qu’elle soit humaine ou même religieuse. Il est le prêtre, le roi et le prophète par excellence, il n’y en a plus besoin d’autres.

Jésus est le Messie attendu

Il y avait enfin dans le judaïsme une attente très particulière concernant LE Messie qui devait venir en accomplissant les promesses que l’on trouve dans les prophètes de la Bible, comme en Esaïe en particulier. Affirmer que Jésus est « le Christ », c’est-à-dire « le Messie », c’est aussi affirmer qu’il est celui qui accomplit l’espérance messianique de l’Ancien Testament.

Ce qui était attendu de la part du « Messie », c’était qu’il apporte la plénitude de la présence de Dieu, qu’il donne en abondance tous les dons de Dieu, qu’il réalise concrètement toutes ses promesses, portant toute chose à son terme. Le Messie devait donner la lumière, la paix, l’eau vive qui irrigue et fait nous fait vivre, il devait être celui qui ouvre les yeux des aveugles, fait entendre les sourds, et donne la vie. Etre chrétien, c’est croire que « Jésus est le Christ », et qu’il est donc bien celui qui accomplit ces promesses.

Avec une particularité cependant, c’est qu’il est un Messie spirituel et non pas politique. Il a endossé le rôle annoncé et attendu dans l’Ancien Testament, mais sous la forme particulière représentée par Esaïe 53 montrant le Messie non pas comme un roi politique glorieux, mais comme un serviteur humble et souffrant. Jésus est donc un Messie ne réalisant pas de grandes choses matérielles, mais qui offre tous les dons spirituels. Ainsi peut-on croire que Jésus donne la paix, mais non pas la paix politique, la paix du cœur. Il donne la guérison, mais pas nécessairement comme un acte médical, comme une guérison intérieure. Et il donne la vie éternelle, mais pas une immortalité terrestre.

Mode d’accomplissement des promesses

Jésus accomplit tout cela, mais comment le fait-il ? Là est une autre particularité de la façon avec laquelle Jésus a compris son rôle de Messie : c’est que son action n’est pas automatique, elle nécessite notre participation, notre adhésion. Il a considéré son rôle comme étant essentiellement un rôle de parole, un enseignement, un appel, une vocation, une parole qui crée, parole qui ne peut être efficace que si elle est entendue et reçue.

De plus, son enseignement n’est pas une parole ordinaire, ce n’est pas seulement de bons conseils moraux, c’est une parole qui transforme celui qui s’y expose, une parole qui sauve celui à qui elle est adressée, qui le fait vivre. Une parole qu’il faut prendre en soi un peu tous les jours, comme un philtre d’amour et de vie éternelle. Et c’est cette modalité d’accomplissement de son œuvre qui fait que son action n’est pas automatique, il est un sauveur, certes, mais un sauveur à recevoir, à accepter, à prendre dans sa vie comme source de vie.

Pour être pleinement chrétien, il faut donc, comme la Samaritaine passer de « prophète » à « Christ », c’est-à-dire de l’enseignant au Messie, à l’envoyé-même de Dieu. Certes, il n’est déjà pas mal d’avoir de la considération pour l’enseignement du Christ et de se positionner par rapport à son message, mais on peut aller infiniment plus loin. Et on peut enfin, comme dans le récit de la Samaritaine découvrir qu’il est pour soi un « sauveur » : Jésus donne aussi la vie et tout ce qu’il faut pour vivre pleinement.

Ainsi, quand Jésus guérit un aveugle, il ne se contente pas de lui expliquer comment vivre malgré son handicap. Il ne se contente pas de lui redonner courage, de lui dire que ce n’est pas si grave d’être aveugle physiquement... il le guérit, il lui ouvre les yeux.

Et moi, aujourd’hui, je n’attends pas du Christ dans ma vie qu’il opère des guérisons d’ordre médical, mais je crois que Jésus peut me guérir de mon aveuglement intérieur, il peut transformer ma vie en me permettant de voir l’essentiel qui est invisible pour les yeux, Jésus agit en moi et me transforme.

Sa parole est efficace, elle n’est pas seulement un discours avec des considérations sur la vie, elle n’est pas faite seulement de promesses et de mises en garde comme les prophètes de l’Ancien Testament, c’est une parole qui transforme, une parole qui guérit, une parole qui donne la vie et qui donne sens à la vie de celui qui la reçoit.

Oui, le Christ est plus qu’un prophète, être chrétien ce n’est pas seulement adhérer à une idéologie, c’est découvrir une parole créatrice et vouloir la mettre en soi. Personnellement, je ne peux pas dire que Jésus soit Dieu, pourtant je crois qu’en lui se trouve la plénitude de la parole créatrice de Dieu.

Jeudi 5 juillet 2007 4 05 /07 /Juil /2007 15:08
- Par Louis Pernot - Publié dans : sur l'unitarisme

Jésus Christ à l’image des hommes. Brève enquête sur les représentations de Jésus à travers l’histoireBernard Sesboüé S.J., Paris : Desclée de Brouwer (novembre 1997), note de lecture de Michel Jamet *, février 1998.

à partir de la boutade attribuée en dernier lieu à Voltaire " Dieu a créé l’homme à son image - et l’homme le Lui a bien rendu... "

*NDLR depuis leurs onze ans jusqu’au baccalauréat, Michel Jamet et Bernard Sesboüé ont été condisciples chez les Jésuites, Bernard est resté chez les Jésuites et Michel a fait une carrière dans la Banque. Mais ils ne se sont pas quittés de vue !


 Christ, église de Mazille, vu sur le site du mouvement "Jésus simplement"


la relation " filiale " de Jésus au Père : les témoins qui ont vu remonter Jésus auprès du Père s’interrogent : ils se demandent qui est Jésus en définitive pour le Père et qui il était avant sa venue parmi nous. Certains avec Théodore l’Ancien professent l’adoptianisme : le Christ est un homme exceptionnellement comblé de la grâce divine, c’est-à-dire adopté comme fils de Dieu.


le Jésus sans âme " humaine " d’Apollinaire (non, pas Guillaume ! mais l’évêque du IVème siècle...) - c’est bien dans l’âme que réside le pouvoir d’autodétermination de l’homme. Si donc Jésus en avait été doté comme tout un chacun ici-bas, comment aurait-il pu éviter le péché ? 

 

le Jésus " monophysique " d’Eutychès (au V° siècle) : l’humanité christique se perd  dans la divinité comme une goutte d’eau dans la mer - mais cela contredit le témoignage des évangiles sur l’agonie du Christ, où sa volonté humaine surmonte son horreur pour la mort et se soumet à la volonté du Père : toute l’attitude de Jésus en sa Passion est celle d’une obéissance filiale, parfaitement libre et volontaire, un acte d’homme...le Jésus médiéval " omniscient " : Jésus " dans les jours de son incarnation " (Hébreux, V- 7) aurait disposé en fait de toute la science divine. Quand il posait une question, il aurait donc fait comme si... Et pourtant, Jésus n’a-t-il pas avoué ignorer le jour du Jugement ? (Marc XIII-32) .

 

le Christ d’Arius (IV° siècle) : il ne saurait y avoir deux principes souverains (ce qui ferait deux dieux) ; il y aurait d’autre part contradiction à affirmer que le même est à la fois engendré - en tant que Fils- et inengendré en tant que Dieu dont le propre est de constituer sa propre origine... Jésus est donc un Dieu créé puis adopté comme Fils. C’est par cette adoption qu’il est devenu Dieu et Fils...- ce qui revient à dire que ce Dieu-là n’est pas Dieu au même titre que le Père (....). Dieu stricto sensu ne saurait se prêter aux abaissements et aux vicissitudes humiliantes auxquels Jésus a été confronté - ledit Jésus se déclarant d’ailleurs à de nombreuses reprises inférieur au Père, qu’il traite en seul vrai Dieu (Jean XIV-26 et XVII-3, Marc X-8, Luc XXII-42 etc.).


Cent ans plus tard, la controverse " arianiste " s’est apaisée mais non sans laisser des traces : - c’est ainsi que Nestorius patriarche de Constantinople refuse de qualifier Marie de " Mère de Dieu " dès lors qu’elle a engendré un homme mais sûrement pas pu engendrer Dieu !


Citant le théologien Gustave Martelet (op. cit.1962), le Père Sesboüé s’interroge sur ce qui change avec cette " christologie d’en-bas " : surnaturel et humain deviennent étrangers l’un à l’autre au point que certains fidèles parfois très engagés et réputés " bons chrétiens " - mais dont le rapport à Dieu fonctionnait " selon des schèmes de piété stéréotypée ou de dévotion puérile " (...) - subissent une crise d’ordre moral, intellectuel ou affectif si intense qu’ils croient perdre " subitement " ( ? ) la foi.

 

le " maître sublime " de l’Age des Lumières : pour Jean-Jacques Rousseau, qui récuse la Révélation - Jésus est un homme divin qui dépasse de cent coudées tous les philosophes connus, Platon compris. A propos de l’Evangile, il note : "Se peut-il qu’un livre à la fois si sublime et si simple soit l’ouvrage des hommes ?... pour conclure... Oui à Jésus, non aux dogmes... ".

En 1793, Kant écrit son ouvrage " La religion dans la limite de la simple raison ", titre révélateur. N’excluant pas formellement une origine surnaturelle de Jésus, il n’y voit simplement aucun intérêt : " Au contraire élever un pareil saint au-dessus de l’infirmité de la nature humaine nuirait plutôt à la mise en application de l’idéal qu’il propose à notre imitation... " (Arius pas mort finalement ! : commentaire du lecteur)".

 

le Sans-Culotte " de Nazareth : " Il naquit pauvre, il vécut pauvre. Il annonça son évangile aux pauvres, il vécut pour les pauvres, il mourut pauvre ! Et les pauvres ont été dépouillés et asservis pour enrichir les ministres de l’évangile... " (in " Les fureurs des théocrates dévoilées " , texte écrit sous la Terreur).


le " Christ républicain " (1848) ; c’est le titre du journal édité par le " citoyen Declergues " :

" Jésus veut l’ordre, celui de l’amour du prochain - pas celui des baïonnettes : - l’épée ne rétablira jamais la paix et l’ordre tant que la misère sera le partage de la multitude et l’abondance l’apanage de quelques uns... ".

Bernard Sesboüé ajoute : " Quand les hommes de la Révolution et de 1848 voient dans l’idéal de Liberté-Egalité-Fraternité une expression de l’Evangile, ils ne se trompent pas. De plus, quand des hommes accusent l’Eglise de contredire l’Evangile - même s’ils le font de manière ambiguë - les croyants ne peuvent se contenter d’écarter l’objection d’un revers de main. 

 

"le Jésus " moderne " des historiens : pour les chrétiens anciens, l’historicité évènementielle du Jésus de Nazareth allait de soi. Avec la naissance de la critique historique naît l’opposition entre le Jésus de l’Histoire et le Christ de la Foi : héritage avec lequel, en cette fin du XX° siècle, nous continuons de nous débattre (cf. le " malaise " avec lequel le Jésus de Jacques Duquesne - dont il sera question plus loin - a été accueilli dans les milieux catholiques traditionnels - c’est toujours ici le lecteur qui s’exprime) .

Renan dans sa Vie de Jésus (1863) rejoint Rousseau pour faire le double constat qu’il n’est plus catholique mais en conservant un goût vif pour l’idéal évangélique et pour le fondateur du christianisme. Il conclut : " L’idée qu’en abandonnant l’Eglise je resterais fidèle à Jésus s’empara de moi... ".

Bultmann (exégète et théologien luthérien contemporain, disciple de Heidegger) est bien conscient de la difficulté posée par l’acte de croire pour l’homme d’aujourd’hui formé à la culture scientifique et l’incite à démythifier sa lecture du Livre en distinguant le Jésus historique du Christ prêché qui est Seigneur. Le Nouveau Testament ne prétend pas nous délivrer une image du monde mais nous faire passer un message. Ce qui implique un décodage du récit des miracles qui ne sont que des manières d’exprimer le rapport de Dieu au monde en fonction de représentations primitives (finalement ça dédouane bien Duquesne - et quelque part moi aussi puisque c’est un jésuite " autorisé " qui me l’explique) .


 et le " Jésus " de Jacques Duquesne ? (" une nouvelle vulgarisation pour le grand public " , écrit Bernard Sesboüé). L’ouvrage présente comme on sait une image " moderne " de Jésus telle qu’on peut au moins la dégager des connaissances historiques les plus récentes. Selon les termes de B. Sesboüé, Duquesne entend décrasser la vie de Jésus de quelques fausses certitudes mais aussi déniaiser certains croyants aux assurances trop naïves (d’où le trouble évoqué plus haut !).

Quasiment tout le monde ayant déjà lu l’ouvrage paru voici trois ans, il est intéressant d’en résumer seulement ici ce que notre auteur, en tant que lecteur averti en a retenu :

la conception virginale de Jésus : Duquesne se satisferait de l’interprétation restrictive du " symbole " exprimant l’origine divine de Jésus - même si en fait il était né d’une union conjugale " normale " entre Marie et Joseph...Pour B.S. , " ce qui fait problème est de savoir d’abord si symbole et événement sont à ce point exclusifs... " ;

la virginité " perpétuelle " de Marie : pour Duquesne la cause est entendue : les " frères et soeurs " de Jésus mentionnés plusieurs fois par les évangiles ne sont pas des cousins mais bien une fratrie issue du même père et de la même mère. L’école adverse disposerait selon B.S. d’arguments tout aussi solides mais qui ne sont même pas cités comme une possible alternative. Les miracles : à l’inverse, " la problématique selon laquelle les miracles sont présentés est dans son ensemble ( ! ) saine... "

En résumé : " J. Duquesne se situe sur le plan de " l’histoire événementielle ". Il opère nombre de ses vérifications au niveau des détails - comme si c’était là que se jouait la question de la vérité des évangiles ".


Mardi 12 juin 2007 2 12 /06 /Juin /2007 08:38
- Par Jamet Michel - Publié dans : sur l'unitarisme
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