Les Wisigoths pénètrent en Gaule par les Alpes en 410, pillent l’Auvergne et s’installent dans la Narbonnaise, à Toulouse et en Aquitaine. Avec l’intervention des Francs et des Burgondes, ce qui reste alors de la partie occidentale de l’Empire romain va se réduire bientôt à un royaume gallo-romain entre la Loire et Somme, avec comme capitale Soisson. En 416, Wallia, roi des Wisigoths, accepte le statut de " fédéré " de ce royaume en échange de terres au sud de la Loire.
D’ailleurs, l’alliance est plus que jamais nécessaire face à la menace des Huns d’Attila. En 451, celui-ci attaque la Gaule et vise Toulouse ou des sujets à lui sont partis
d’Ukraine sans rien lui dire pour retrouver leurs frères Wisigoths. Paris résiste grâce à sainte Geneviève . Finalement Attila est battu à la bataille de
Mauriacus (Moirey, commune de Dierrey-St-Julien, dans l’Aube). Théodoric, le roi Wisigoth, est tué à cette bataille.
Quelques signes de cette présence des Wisigoths :
La légende de Gaudens, jeune berger qui aurait été tué pour sa foi (chrétienne romaine) en 475, par les Wisigoths (chrétiens ariens). Dans la
moyenne vallée de la Garonne, sur la voie romaine reliant Toulouse à Dax existait un domaine rural dénommé "Mansus" qui, après l'introduction du christianisme, devint le "Mas-Saint-Pierre". C’est
là que Gaudens fut enseveli. Une église et un monastère y sont construits vers le VIII° siècle, donnant naissance à l’agglomération de Saint-Gaudens. Le 20 janvier 1309, par sa bulle "Vita
perennis gloria", le pape Clément V reconnaîtra l'authenticité des reliques de saint Gaudens, proclamant que ce dernier était bien un personnage historique.
Le camp des Ariens (Camp arian) à Canéjan, au sud de
Bordeaux.
Il y existe toujours le chemin de Camparian.
A la même époque des Mérovingiens se sont établis sur la paroisse comme en témoignent des sarcophages découverts devant l'église.
On peut imaginer que le camp disparut avec la retraite des Wisigoth suite à leur défaite à Vouillé.
A la sortie de Gradignan, sur la nationale 10 en direction de Bayonne, tourner à droite vers Cestas (départementale 214), longer le Lac vert, puis tourner à droite. Le chemin de Camparian mène au
bourg de Canéjan.
Le chemin de Camparian est visible sur Google Maps France et sur Mapquest (cliquer sur "carte")
Le lieu resta célèbre, mais cette fois ci de par la présence (début XIII° siècle) d’un hôpital qui accueillait les pèlerins de St-Jacques de Compostelle. Camparian, qui était alors le plus important établissement humain au sud de Bordeaux, fut aussi le siège d'une prévôté royale créée par Edouard 1er Roi d'Angleterre. Elle comptait 7 paroisses : Canéjan, Mérignac, Pessac, Cestas, Gradignan, Léognan et Villenave d'Ornon. Au déclin du pèlerinage, l'hôpital devint un prieuré jusqu'à la Révolution où il fut vendu comme bien national.
Et dans la toponymie régionale pour les villages fondées ou ayant été habités par des
"Goths" : Goudourvielle (ils y fondèrent une colonie agricole, commune de
Lias-Goudourville, par l’Isle-Jourdain à l’est de Toulouse), Goudourville (par Valence d’Agen, Tarn et Garonne), Gourville (par Rouillac, Charente),
Gaudonville (par Saint-Clar, Gers), Villegoudou (par Escroux, Tarn), etc.
Les Wisigoths sont ariens et Clovis Ier, le roi des Francs a opté, par son baptême (en 496 ou 498 ou 499 ?), pour l’alliance avec l’épiscopat gallo-romain fidèle au pape.
Les Francs battent les rois ariens : les Burgondes en 500, puis les Wisigoths en 507 à Vouillé. Alaric II y est tué. Le fils de Clovis poursuit les Wisigoths jusqu’aux
Pyrénées. Ceux-ci restent toutefois dans la Narbonnaise (le littoral languedocien des bouches du Rhône aux Pyrénées) suite à l’intervention des Ostrogoths (conduits par leur roi Théodoric
Ier), résidents en Italie, qui stoppent les Francs à Arles en 508. La Narbonnaise reste ainsi aux mains des " Goths " et sera appelé le marquisat de Gothie (le pays des Goths)
ou encore la Septimanie*. La Provence quant à elle reste romaine.
* Le nom de Septimanie viendrait de la présence des vétérans de la septième légion romaine qui auraient occupé la région, ou, autre version, des sept villes sièges d’évêchés qui jalonnaient le territoire : Elne, Agde, Narbonne, Lodève, Béziers, Maguelonne et Nîmes.
En 541, Clotaire 1er et Childebert 1er tentent d’envahir l’Espagne, où les Wisigoths ont développé un important royaume avec Tolède comme
capitale, mais ils sont forcés de se retirer.
En 711, les Arabes envahissent l’Espagne, puis en 720 ils occupent Narbonne. Les derniers Wisigoths ariens se convertissent alors à l’islam. Ce sera désormais contre les " Sarrasins "
que les Francs devront lutter pour reprendre la Narbonnaise. Ce sera chose faite en 759.



Il retourna alors en Dacie, parmi les paysans goths, en
qualité de missionnaire, donc au-delà des régions de Grèce et de Thrace qui avaient déjà été évangélisées par saint André. Il inventa un alphabet (en ajoutant à l’alphabet grec
des lettres runiques et romanes) et traduisit la Bible en langue goth (à partir du grec de la Septante et de celui du Nouveau Testament), hormis les livres des Rois afin de ne pas
encourager les Goths dans leur humeur qu’il estimait trop guerrière !
Le baptistère des ariens à Ravenne (en Italie), fut édifié par le roi
des Ostrogoths, Théodoric l’Amale au tournant des Ve et VIe siècles. En effet, les Goths, comme d'autres peuples germaniques, avaient embrassé le christianisme sous la forme prêchée par Arius
et considérée comme hérétique à la suite des premiers conciles œcuméniques. Le baptistère devait donc permettre aux ariens de disposer de leur propre lieu, tout comme les autochtones auxquels
était réservé le baptistère des orthodoxes.
VII° siècle ont été découverts au lieu-dit
"Las Tapas", non loin du village d'Albelda de Iregua, dans la vallée de la Najerilla, province de la Rioja. Une petite église rurale en forme de croix grecque, avec un baptistère et des
sarcophages.
célèbre mosaïque
du baptistère arien à Ravenne, capitale des Lombards
condamné pour ses idées et exilé. Il alla se plaindre à Eusèbe de Nicomédie et la
"controverse arienne" dura jusqu’au concile de Constantinople en 381. Elle fit rage puisque, alternativement, les "nicéens" (vainqueurs au concile de Nicée en 325) et les "ariens" eurent le
dessus au sein de multiples conciles et auprès de la cour impériale. Evêques "catholiques" et évêques "ariens" furent destitués, exilés, empoisonnés, ou encore rappelés à leur poste.