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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

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19 septembre 2013 4 19 /09 /septembre /2013 11:44

Sébastien Castellion par ferdinand buisson 1892« En quoi la liberté religieuse, chez Sébastien Castellion (1515-1563), définie comme une possibilité à l’hérésie, offre-t-elle des perspectives à une religion non-dogmatique ? », conférence de Philippe Fromont, pasteur de l’Eglise protestante unie d’Alès, lors de la journée des groupes Evangile & Liberté de Barbentane (Avignon) du 20 août 2013, mis en ligne sur le site d’Evangile et Liberté sous le titre De la liberté religieuse chez Sébastien Castellion à une religion non-dogmatique,  lien.

 

Non seulement S. Castellion protesta contre la condamnation à mort de Michel Servet dont Jean Calvin fut l'inquisiteur, mais il mena une réflexion théologique de grande qualité sur le droit à l'erreur (s'appuyant sur la parabole de l'ivraie) et au doute, sur la notion d'hérésie et de vérité théologique, sur la sincérité morale plus importante que les points de doctrine, sur le subjectivisme sectaire des guerres de religion, etc. Alors que la doctrine de J. Calvin a sombré très tôt dans le passé historique et dans le ridicule d'une prédestination qui fait de Dieu un tyran arbitraire, les textes de S. Castellion restent étonnamment modernes. De toute évidence, bien mieux que Martin Luther, Ulrich Zwingli et Jean Calvin, c'est assurément la grande figure du protestantisme du XVIème siècle. Les unitariens y ajouteront bien sûr celle de David Ferencz, grand orateur mais malheureusement moins bon écrivain ! qui fut le fondateur et premier évêque de l'Eglise unitarienne de Transylvanie.

 

Son intuition d'un christianisme non dogmatique, plus centré sur les vertues humaines et évangéliques, annonce des évolutions qui fleuriront beaucoup plus tard. D'abord, avec le protestantisme libéral qui relativise la dogmatique : a) les dogmes ne sont que l'expression de la foi à une époque donnée, donc susceptibles d'une reformulation lors de synodes ; il ne sont pas absolus dans leur énoncé ; b) ils ne sont pas tous à mettre au même niveau, l'adhésion à Dieu, au Fils et au Saint-Esprit est plus importante que des affirmations relatives à la Trinité, à la Rédemption, au Salut, etc. ; c) la liberté de penser implique le droit à l'erreur, à la recherche, au doute ; la sincérité est plus importante que des confessions de foi communautaires prononcées sans adhésion réelle ; c'est la personne dans son itinéraire spirituel et religieux qui est à prendre en considération et non ses croyances à un moment donné.

En France et pays francophones vosins, c'est l'association et revue Evangile et Liberté qui représente ce courant ( lien).

 

Le protestant libéral Ferdinand Buisson et ses amis ont, en 1859, formaliser d'une façon radicale cet espoir d'une religion qui ne serait plus dogmatique et donc ouverte à tous les hommes de bonne volonté (voir son manifeste,  lien, et nos articles sur lui dans la rubrique "sur le protestantisme libéral" de La Besace des unitariens,  lien). On retrouve, mais cette fois ci mise en pratique, les orientations de ce manifeste dans l'évolution de l'unitarisme américain à partir de la fin du XIXème siècle, d'abord ouvert aux non-croyants vertueux, pratiquant de fait les vertus évangéliques, puis à tous les autres croyants et convictionnels avec l'unitarisme-universalisme ( lien).

 

Enfin, nous pouvons constater que le courant évangélique indépendant (non rattaché aux Eglises de la Réforme ou à une Eglise confessionnelle), paradoxalement par rapport à son prosélytisme harcelant et ses exhortations répétées qui confinent à du bourrage de crâne, pratique une grande liberté de penser, d'expression, d'exégèse, en dehors d'un noyau dur de croyances : Dieu, Jésus Fils de Dieu qui nous sauve par sa mort rédemptrice et sa résurrection, l'Esprit Saint qui nous inspire et nous guérit (lien).

 

Tout récemment, notons le lancement à Milan en Italie d'une Communauté chrétienne libérale interdénominationnelle (« Comunita’ Italiana Cristiano-Liberale Interdenominazionale» / CICLI ) par le révérend unitarien Lawrence Sudbury, dont les statuts centrés sur l'éthique et la morale auraient certainement ravi S. Castellion (lien).

 

Par sectarisme, S. Castellion entend les Eglises qui enferment les personnes dans une dogmatique qui a réponse à tout, touche à tout, impose les idées de son magistère et clame à l'hérésie pour tout écartement de la voie fixée par elle-même (donc d'une façon toute humaine nous rappelle-t-il !). On peut penser en premier à J. Calvin avec son Institution chrétienne qui est un catéchisme total, mais aussi bien sûr à l'Eglise catholique romaine qui pinaille sur tout et dans les moindre détails, et aussi aux Témoins de Jéhovah qui, à partir de citations bibliques, ont construit une exégèse officielle.

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Published by Jean-Claude Barbier - dans sur les Réformateurs
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