Partager l'article ! Roger Parmentier : un prophète qui comme Jésus reste bienveillant envers ses ennemis ; un témoignage d’Emile Mihière: article à la Une de ...
la besace des unitariens
le site documentaire de la Correspondance unitarienne
La besace qui contient le pain du voyage, de l’exil, de l’itinérance – tel fut le destin des premiers unitariens aux XVIe et XVIIe siècles, chassés des villes catholiques, luthériennes et calvinistes à cause de leur anti-trinitarisme, quand ils n’étaient pas décapités ou brûlés vif sur place. Avec les cathares, les vaudois, les lollards, les hussites, les huguenots et bien d’autres, ils furent les hérétiques de la chrétienté, ne manquant jamais d’emporter dans leur besace de proscrits, à côté de la miche de pain, une bible et leurs écrits. Ce site est un hommage à eux rendu.
Vous y trouverez la littérature francophone concernant l’unitarisme : une bibliographie, le sommaire des bulletins internes des associations, la référence d’articles déjà publiés ou leur reproduction, etc. Voilà une bien grande et lourde besace ! mais vous pourrez, à votre tour, la transporter, grâce aux miracles de l’informatique, avec une clef USB !
Pour les unitariens, loin des dogmes et des " mystères " théologiques, la religion va de pair avec la raison, les connaissances scientifiques et l’expérience vécue et intime de chacun. La lecture des connaissances acquises, l’étude attentive des réflexions d’autrui, la communication des idées ont toute leur valeur.
contact : correspondance.unitarienne@wanadoo.fr
article à la Une de la Correspondance unitarienne n° 117, juillet 2012
« Le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté » (Guy Béart)
Quand on écoute, quand on lit, quand on fréquente Roger Parmentier, on est obligé de réfléchir, de se poser
des questions, voire de se remettre en question ; on l’aime ou on ne l’aime pas, mais il ne peut nous rester indifférent.
Je l’ai connu dans la région parisienne où nous oeuvrions tous les deux comme pasteur. Je savais qu’il avait soutenu les
Juifs sous l’occupation allemande, et de même que, pendant son séjour en Algérie, il avait appris à respecter et aimer les musulmans. Au-delà des religions établies, des Eglises et des
mouvements, il y a des hommes et des femmes qui veulent vivre un idéal de tolérance, de pacifisme, de justice et de fraternité. Tel est R. Parmentier.
Certains collègues se méfiaient de lui – et c’est encore vrai aujourd’hui - ; il « dérangeait » et, pour eux, mettait en
danger « l’Institution ». Pourquoi ? C’est que R. Parmentier n’a jamais « digéré » le Symbole des apôtres » : « Je ne peux plus croire que Jésus soit le Kurios
Christos, qu’il soit né d’une vierge, qu’il ait été livré par son « Père » à une mort horrible, qu’il soit descendu aux enfers, ni qu’il soit ressuscité ou qu’il règne à la droite de Dieu en tant
que deuxième personne de la Trinité ». Telles sont les paroles mêmes de notre contestataire et l’on comprend que beaucoup de protestants – sans parler des catholiques et orthodoxes – qui
sont encore attachés à tous ces dogmes n’admettent pas ses opinions.
Comme il n’existe pas chez les protestants
réformés d’interdits ou d’excommunication, le suspect ou l’hérétique considéré comme tel est « mis au piquet », c’est-à-dire qu’on ne l’invite plus prêcher et qu’on ne parle surtout pas de ses
ouvrages. Il faut dire que R. Parmentier est l’auteur d’une trentaine de livres dont le dernier – en quelque sorte son chant du cygne – est intitulé « L’Invention du christianisme », avec comme
sous-titre « qui aurait horrifié et scandalisé Jésus ».
Face à un tel homme qui parle aussi clairement que franchement, sans l’ombre d’un compromis, certains contradicteurs (je
n’ose pas dire ses ennemis) peuvent se braquer – mais, lui, il est toujours resté vis-à-vis d’eux dans la bienveillance, dans la compréhension, j’allais dire dans l’amour si l’on peut employer ce
terme de pasteur qui veut rester à l’écoute des contradicteurs. Il les a toujours respectés, et si parfois il les a appelés « Frères », ce n’est pas du chiqué. Il les a aimés tels qu’ils étaient,
même lorsqu’ils lui ont manifesté une attitude hostile, malveillante, voire vindicative. Il accepte, mieux il recherche la discussion, tient compte des arguments ou des sensibilités différentes
tout en défendant vigoureusement son point de vue. Il a été « Fait Play », mais il a demandé à juste titre qu’on soit de même avec lui.
Pour lui, Jésus, le prophète par excellence, s’est battu courageusement sur tous les fronts des possessions diaboliques, des
misères, des détresses pour voler au secours des plus pauvres, des plus démunis et de quiconque l’appelait à l’aide. Il s’est heurté aux faux prophètes, au clergé hypocrite et rapace ; à
l’idolâtrie de l’argent et du Pouvoir : il a été l’inspirateur d’un monde renversé où règnera la justice et la fraternité. Son témoignage, il l’a signé de son sang et comme l’écrivait Pascal : «
Je crois volontiers les témoins qui se font égorger … ».
Dans ton Mas d’Azil, Roger, tu m’as fait songer aux vieux sages hindous dans leur retraite ou aux prophètes d’Israël dans le
style d’Amos qui savent crier à temps et contre temps face aux puissants de l’époque, à leur risque et péril. Avec toi, je dis « Vive le christianisme de Jésus ». Je te salue et te redis mon
amitié.
Pour en savoir plus sur R. Parmentier, consulter son site « Guetteurs rebelles,
proclamateurs d’une proposition grandiose, actualisateurs de l’Evangile » (lien). Vous y trouverez sa
biographie « Pour commencer » (sur la page d’accueil), et bien sûr ses nombreuses publications.
Ses livres, pour la plupart, ont été présentés dans nos Actualités unitariennes (mettre son nom dans le
moteur de recherche qu'il y a dans la colonne latérale) (lien).
Cet article a été reproduit par le pasteur Gilles Castelnau
sur son site Protestants dans la ville en date du 29 juin 2012 (lien).