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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 20:25

suite de l'article précédent


Érasme inaugure une nouvelle manière de lire les textes sacrés, que la génération de Servet adopte avec enthousiasme, y compris le jeune Jean Calvin qui lui-même doit beaucoup aux outils de l’humanisme. Érasme s’est fait le champion du libre examen, une révolution mentale qui revendique pour chacun le droit d’examiner toute chose selon sa raison naturelle. Il s’agit d’un apport décisif par rapport au Moyen Age. Tandis que le Moyen Age pense à travers la chaîne de la Tradition et à l’ombre du Magistère de l’Église, la nouvelle école veut penser par elle-même. Il faut donc maîtriser les langues anciennes, hébraïque et grecque, afin de retourner aux textes originaux de la Bible. Cet exercice fait immanquablement ressortir des différences parfois importantes avec la version officielle en vigueur, la Vulgate latine de saint Jérôme. En cas de doute, il faut décider et c’est le lecteur qui tranche. « Réfléchis par toi-même ! » conseille fréquemment Servet à son lecteur.


Muni des outils de l’humanisme littéraire, Michel Servet se lance dans la quête d’une troisième voie, qui passerait entre l’Église catholique, dont il se détourne très tôt, et les grands réformateurs, qu’il juge incomplets et ne rejoindra jamais. C’est une voie aussi audacieuse que risquée, puisqu’elle entend jeter un pont sur les fossés séparant les trois parents monothéistes, espérant ainsi éteindre les querelles meurtrières qui les opposent. Une voie oecuménique avant la lettre aussi, puisqu’elle invite au rassemblement sur de nouvelles bases des chrétiens qui sont en train de se diviser. Vous le constatez, son ambition est immense.


Pour cela, Servet est certain d’être investi d’une mission providentielle : « Quand j’étais un jeune homme d’à peine vingt ans, je fus comme poussé par une impulsion divine… ». Sa mission sera d’être le découvreur d’une vérité qui selon sa formule « a seulement commencé à se déclarer au temps de Luther ». Il veut s’attacher à mettre en évidence ce que les chrétiens ont en commun avec leur père juif et leur cousin musulman, c’est-à-dire la foi au Dieu unique telle que révélée aux Hébreux (Ecoute Israël, le Seigneur ton Dieu est unique !), la foi qui fut celle du Jésus de l’Histoire (Notre Père qui est aux cieux…) et qui pareillement fut celle du Prophète du Coran (Il n’y a de Dieu que Dieu !).


Servet veut donc revenir au christianisme d’avant les grands conciles, à un christianisme que nous pourrions dire pré-nicéen, en le dégageant de tout ce qui lui a été surajouté par la suite. Il veut redonner au Christ primitif son visage originel qui aurait été perdu ou falsifié par la tradition de l’Eglise. Ce qu’il vise, c’est en vérité la construction d’un monothéisme idéal qui finisse par supplanter les trois autres en les absorbant et en les accomplissant.


Car il ne s’agit pas pour lui d’un quelconque retour à la Loi de Moïse ou à la Loi de l’islam. La Loi ne l’intéresse pas, Servet croit au règne de l’Esprit. Son intention est d’ouvrir une voie universelle dont le Christ resterait pourtant la figure dominante. « En dehors du Christ, écrit Servet, ni les juifs ni les sarrasins ne peuvent voir ni adorer le vrai Dieu. »


L’essentiel de sa théologie prend forme dans deux grands ouvrages: le premier, les Erreurs de la Trinité publié en 1531 et le second, la Restitution du Christianisme, en 1553. À vrai dire, en homme typique de la Renaissance, Michel Servet s’est intéressé avec talent à bien d’autres domaines qui le feront vivre : la médecine –il succède à Vésale comme préparateur d’anatomie et travaille avec Ambroise Paré- l’astronomie, l’astrologie – qui manque une première fois de l’envoyer au bûcher- les mathématiques, la géographie, l’édition – mais ces domaines sortent de mon sujet.

à suivre ...

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Published by Vincent Schmid - dans (hist) SERVET Miguel
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