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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 06:09

Universalist-Herald-logo-copie-1.jpgKen R.Vincent est l'administrateur Web pour le Universalist Herald et l'auteur du "Le fil d'or, la promesse de Dieu de salut universel". Il est membre fondateur du conseil d'administration de l'Association universaliste chrétienne (CUA). Psychologue à la retraite, il étudie les expériences religieuses et le mysticisme. L'article que nous reproduisons a été publié dans le n° de janvier / février 2006 de l'Universalist Herald. Il a été traduit par Pascal Acker, chrétien unitarien français. Il est intitulé "Where Have All the Universalists Gone ?" (lien).

 

Un des grands mystères religieux est comment l'Église universaliste en Amérique – qui a été la 6ème plus grande dénomination aux États-Unis – est devenue actuellement minoritaire au sein de la dénomination unitarienne-universaliste (UU). Dans un article récent de la Revue de recherche religieuse, intitulé  "Des UU sont plus U que U", James Casebolt et Tiffany Niekro mentionnent que seulement 19 % des UU [unitariens-universalistes] se considèrent comme universalistes. Puisque la dénomination UU comprend seulement 0,1 % des Américains, en calculant "19 % de 0,1 %" on obtient un chiffre minuscule. Pire, certains UU ont assimilé le mot "universaliste", mais ont inventé de nouvelles significations qui privent le terme de son histoire.

 

Mais ne désesperez-pas ! Je dois vous dire que l'universalisme prospère, non plus comme une dénomination séparée, mais comme une manière importante de comprendre Dieu qui est plus appropriée que jamais pour le monde complexe et pluraliste d'aujourd'hui.

 

universalist_memorial_church_winchester.JPGéglise universaliste de Winchester

construite après que l'ancienne église ait été détruite par un incendie en 1909

et qui est destinée à devenir un musée de l'universalisme américain

 

Passons en revue les bases de l'universalisme. L'universalisme affirme que Dieu est trop bon pour condamner l'Humanité à l'enfer éternel et que, tôt ou tard, TOUTE l'Humanité sera sauvée. L'enfer est seulement pour la réadaptation et n'est pas éternel. Cette position théologique est soutenue par de nombreux versets tant dans la Bible hébraïque que dans le Nouveau Testament. Bien que cette croyance au salut universel peut être trouvée dans pratiquement toutes les religions majeures du monde, l'universalisme en Occident, pendant les 2 000 dernières années, a été compris pour signifier seulement le christianisme universaliste.

 

Le premier écrit préchant l'universalisme chrétien a été écrit par Clément d'Alexandrie au IIème siècle, mais son élève Origène a été le théoricien le plus influent de cette théologie. Au VIème siècle, l'universalisme a essuyé un revers lorsque les écrits d'Origène ont été condamné par l'Église catholique, bien qu'ils soient restés viable dans les Églises orientales (Nestoriens et Jacobites). En Occident, l'universalisme a été relégué au royaume des mystiques jusqu'à laRéforme qui le ressuscita.

 

Le déclin de l'Eglise universaliste en tant que dénomination indépendante est plus souvent attribué au succès de la doctrine de l'amour de Dieu pour tous ! Quand d'autres dénominations ont commencé à reconnaître le pouvoir de ce message plein d'espoir et inclusif, elles ont été motivé pour modérer leur accent sur le Feu de l'enfer, la souffrance et la prédestination ! Par conséquent, les paroissiens qui ont embrassé la théologie universaliste pouvaient rester dans leurs propres congrégations d'origine plutôt que de déménager dans une Eglise universaliste.

 

Patrick Murfin ajoute que des Eglises universalistes rurales ont beaucoup souffert de l'exode rural et que des Eglises universalistes de l'Ouest américain ont été dévastée par la Grande Dépression. Quand les unitariens et les universalistes "se sont mariés" en 1961 (Les universalistes avaient la plus grande "dot" mais moins de membres). Les écoles de théologie universalistes ont fermé, y compris la plus importante école qui était à l'université de Tufts.

 

Dans ma démarche pour mieux comprendre les universalistes et leur Eglise dans l'histoire américaine, j'ai eu la chance de découvrir les copies du magazine universaliste hebdomadaire Le leader chrétien, puis Le Leader universaliste (le nom a changé) à la bibliothèque de la "Rice University" à Houston où je vis. Cet hebdomadaire urbain, basé à Boston, publiait des articles de théologie, d'histoire, des biographies, des actualités des groupes d'Eglises. En plus des universalistes, le magazine avait des collaborateurs occasionnels qui étaient des unitairiens, des congrégationalistes et des juifs libéraux.

 

En parcourant les exemplaires disponibles du "Leader" de 1922 à 1942, j'ai eu le plaisir de constater que pendant les années 20 les universalistes étaient des chrétiens libéraux dans tous les sens du terme ! Les articles préconisant les droits de la femme, les droits des minorités et le contrôle des naissances étaient courants. Le travail missionnaire en Chine, au Japon, auprès des Eglises noires au Sud rural [des Etats-Unis] et des Etats éloignés comme le Texas étaient aussi annoncé. On a apporté beaucoup d'attention à la construction du bâtiment de l'Église commémorative nationale universaliste, qui devait être "la cathédrale" de l'universalisme dans la capitale nationale.

 

Toutefois, bien que les universalistes ruraux aient souvent été les avocats de la prohibition (de la vente d'alcool), je n'ai trouvé seulement qu'un article pleurant son échec. Quelques articles ont confirmé la présence de littéralistes bibliques au sein de la dénomination, particulièrement dans le Sud et au Texas.

 

L'un des sujets les plus fascinants pour moi fut la réaction de ces universalistes à la bombe théologique qui a changé l'unitarisme pour toujours - le manifeste humaniste - publié par un groupe de pasteurs unitariens en 1933. On se demande si le grand transcendentaliste mystique américain Ralph Waldo Emerson aurait pu le prévoir quand il appelait son église unitarienne "une glacière" et pleurait "le cadavre froid de l'unitarisme de l'université de Harvard et de Brattle Street." La plupart des universalistes ont été choqué, n'ont pas su qu'en faire et ont douté sur la façon d'y répondre.

 

Cependant, le Leader a imprimé des avis tant pour que contre (les contres parlant carrément de "la duperie" à propos de ce sujet) ; mais beaucoup d'auteurs ont supposé que le type d'humanisme que les unitariens préconisaient était la sorte d'humanisme de la Renaissance partagé par pratiquement tous les progressistes. Tandis que les articles des unitariens ont successivement reflété leur introspection en cours, leur rumination obsédante, leur nombrilisme et leur crise d'identité ininterrompue, j'ai été frappé par l'attitude toujours optimiste des universalistes qui poursuivaient béatement leur christianisme libéral.

 

Bien qu'intensément conscient du mal que signifiait la prise du pouvoir par Hitler et sceptique concernant le communisme, le Leader a reflété un optimisme et s'est montré convaincu que les problèmes pourraient être résolus et que le monde pourrait être meilleur ! Particulièrement significative fut l'ouverture des universalistes aux religions mondiales (l'universalisme fut au premier rang du Parlement des religions du Monde à la fin du 19ème siècle).

 

Nos ancêtres universalistes qui ont publié le Leader n'auraient pas été étonné de la fusion des universalistes avec les unitariens en 1961. Les publications que j'ai lues annoncaient souvent des propositions, qui ont été discutées pendant des années, d'une fusion non seulement avec les unitariens, mais aussi avec les congrégationalistes pourformer une "super" dénomination chrétienne libérale !

 

Par contre, je pense vraiment qu'ils seraient choqués que la dénomination ne soit plus aujourd'hui  exclusivement universaliste (TOUS sont sauvés) suite à l'adhésion aujourd'hui de personnes dont les convictions vont de l'annihilation  à la réincarnation de l'âme. De même la dénomination UU n'est plus exclusivement unitarienne (c'est-à-dire, préconisant un Dieu unique en opposition à la Trinité), avec des membres préconisant des croyances allant de l'athéisme au polythéisme. Finalement, je pense que nos ancêtres universalistes trouveraient embarrassant que le christianisme unitarien et le christianisme universaliste soient devenues seulement des positions minoritaires dans ce qui est devenu une Eglise "interfaith".

 

Alors ? Où sont partis les universalistes ? Au XXIe siècle, les universalistes sont partout ! Les partisans de l'universalisme sont dans pratiquement toutes les dénominations chrétiennes, et dans d'autres religions mondiales. Etre universaliste implique un changement d'avis plutôt qu'un changement de dénomination !

 

L'universalisme fait partie de la théologie de l'Église de la science du Christ et de celle de l'Église de l'unité de Christianisme. L'Eglise baptiste américaine est en quelque sorte universaliste, comme une enquête récente l'a constaté : 75 % de ses membres ne croient pas en un enfer éternel.

 

Laissez-nous maintenant explorer la diversité des universalistes aux États-Unis aujourd'hui qui incluent : 1) les universalistes "sur la Toile", 2) les universalistes "potentiels", 3) les universalistes "déjà casés" 4) les universalistes "indépendants" et 5) Les universalistes "expérimentaux".

à suivre ...

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Published by traduction de Pascal Acker - dans sur l'universalisme
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