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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 05:01

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L'origine de la foi

Quant à la manière dont la foi apparaît, Socin suggère un combat constant entre la raison et l'inclination. La raison nous conseille de suivre la justice même à notre désavantage, tandis que l'inclination nous conduit à ce qui est le plus avantageux. Ainsi il dépend de notre libre volonté d'agir justement à notre désavantage ou d'agir pour notre profit immédiat bien que nous comprenions que nous ne devrions pas agir de cette manière. Celui qui décide de suivre le conseil de la raison est aisément conduit à croire que le Dieu qui récompense les justes et punit ceux qui font le mal existe. Celui qui suit ses inclinations ne peut atteindre cette conviction ou ne peut y arriver qu'avec difficulté parce q'une telle conviction est un obstacle à ses desseins. Ainsi la cause et la fondation de la foi est le désir de l'Homme et la tendance à faire ce qui est juste et à éviter ce qui est injuste (72).


(72) Faustus Socinus, Assertiones theologicae de Trino et Uno Deo, in BFP, op. cit., vol. 2, 456b.
 

La grâce que Dieu donne aux peuples, ce sont les enseignements de Christ, qui contiennent en plus des stricts commandements moraux, les promesses des récompenses qui sont les plus désirées par les peuples, nommément, une vie éternelle de bonheur.

Le processus de l'émergence de la foi est présenté par Socin de manière entièrement naturaliste sans aucune intervention surnaturelle. Une telle intervention détruirait complètement tout mérite humain et rendrait le salut dépendant des lubies du Créateur. Cette intervention apparaît néanmoins à un certain stade. Mais, en accord avec Socin, cette assistance surnaturelle ne réduit pas le degré de responsabilité de l'homme.

Les commandements du Nouveau testament d'imiter Christ sont justes et conformes à la raison. Mais leur accomplissement nécessite un degré d'héroïsme et d'abnégation qui dépasse les capacités naturelles de l'homme. L'espoir d'une récompense (la vie éternelle) qui sera atteinte par l'obéissance peut ne pas être suffisant pour persister dans l'accomplissement des commandements. Ainsi il est nécessaire d'avoir quelque certitude pour persister dans l'accomplissement des commandements et elle est créée dans les cœurs humains par le pouvoir de l'Esprit de Dieu. Cette grâce est garantie non seulement à ceux qui acceptent la récompense comme vraie mais qui sont aussi préparés à rejeter la méchanceté, à être entièrement obéissant et à persister dans leur pieuse entreprise (73).


(73) Faustus Socinus, Praelectiones theologicae, dans BFP, op. cit., vol. 1, pp. 544b-550a.
 

Négation de la pré-connaissance divine

Socin a débattu de la négation de la pré-connaissance divine dans son œuvre Praelectiones theologicae (74) dans laquelle il examinait la doctrine de la prédestination (75). La doctrine qui dit que Dieu a une connaissance infaillible de toutes les éventualités futures, c’est-à-dire des choses qui pourraient arriver mais ne sont pas autorisées à arriver, objectivement, à cause des actions de l'Homme, est basée, selon Socin sur trois arguments : 1) Le concept que si la nature divine contient la notion de connaissance infaillible, il serait impie de penser autrement ; 2) Qu'il est à peine probable que les choses seraient différentes, quoiqu'elles pourraient être différentes si c'était la volonté de Dieu ; 3) C'est ce qui est soutenu par l'Ecriture. 

 

(74) Valentinus Smalcius, “De praedestinatione,” dans Epitome, op. cit., pp. 55-65.
(75) Valentinus Smalcius, “De Deo,” dans Epitome, op. cit., p. 16.

Ceux qui acceptent la pré-connaissance divine affirment que la libre volonté de l'Homme est incompatible avec la divine prescience. Il s'ensuit que Dieu est incapable de garantir le libre arbitre à l'Homme. Cette opinion est impie et contraire à ce qu'ils disent eux mêmes quand ils affirment que le premier homme avait le libre arbitre avant sa chute (Socin se réfère à Calvin, Institutiones I. chap. XV.8). Socin présente deux raisons que ses adversaires pourraient présenter pour soutenir le premier argument : 1) Que pour Dieu tout ce qui existe est présent parce qu'il est lui-même au-delà du temps et existe dans l'éternité où rien n'est plus tôt ou plus tard. Ce raisonnement ne peut être accepté, parce que le temps, quoi qu'en disent les théologiens, a un passé et un futur. Le temps ne commence pas avec la création du monde, seule la signification du temps a commencé avec la création du soleil et des étoiles. Donc, même pour Dieu le passé, le présent et le futur existent. En conséquence Dieu connaît les choses passées, présentes et futures. Socin se réfère ici à la notion de temps absolu comme l'a fait Gassendi plus tard ou dix septième siècle et Newton après lui ; 2) Il peut être dit que Dieu est omniscient, ce qui veut dire que s’il ne savait pas quelque chose, il ne serait pas omniscient. Mais même cet argument n'est pas convaincant, parce que Dieu connaît tout, mais seulement les choses qui peuvent être connues. Les éventualités futures ne font pas partie de cette catégorie.

Pour réfuter le second argument, Socin le formule sous une forme différente : les partisans de la pré-connaissance divine affirment que la pré-connaissance est incompatible avec le libre arbitre. Socin dit que nous affirmons la même chose. Cependant une question surgit, plus probable : est ce que Dieu refuse le libre arbitre à l'Homme pour préserver la pré-connaissance divine, ou est ce qu'il garantit le libre arbitre et a renoncé à la pré-connaissance ?

Si nous acceptons qu'il n'y ait pas de volonté libre en l'Homme, alors il résulte la situation absurde que Dieu est la source des péchés humains. Il n'y a rien d'absurde, cependant, à maintenir que tout n'est pas connu de Dieu par une connaissance infaillible. N'est ce pas suffisant que Dieu par son pouvoir, sa sagesse et sa connaissance illimités gouverne et dirige toute chose, ainsi il dirigera toujours ce que fait l'Homme pour sa gloire ? Réciproquement, l'acceptation de la thèse de la pré-connaissance fait de Dieu le témoin passif de tous les événements, se retirant de tous les soins des gens et de la direction immédiate des affaires de ce monde.

Vérité essentielle, Justice divine

Socin insiste sur l'obéissance aux commandements de l'Evangile et en faisant ceci il dévalue quelque peu les dogmes et la connaissance religieuse. Mais cet amoindrissement n'est pas total, parce que sans quelque connaissance de la religion il n'y a pas de foi en Christ, et la foi en Christ, quelque soit la manière dont on la comprenne est une condition du salut : 1) Socin est convaincu que seule la foi en un petit nombre de dogmes religieux, les "vérités essentielles", est requise pour accéder au salut. Seuls les actes contraires au message de l'Evangile rendent le salut impossible. Les vérités essentielles sont en général celles sans laquelle la foi en Christ et l'accomplissement des promesses sont impossibles (76). Ces vérités sont clairement établies et facilement comprises. Même des vues totalement erronées et toxiques comme la croyance en la Trinité et en la prédestination n'excluent pas du salut ; elles le rendent difficile. Socin a présenté ses vues durant les séminaires théologiques de Raków en 1601-1602. Dans les mêmes conférences, Socin a formulé ses vues concernant l'enfer (77). Il était d'avis que les expressions comme "le châtiment de l'enfer", "la condamnation éternelle", et "les éternelles souffrances" sont des métaphores que Jésus a utilisé intentionnellement pour adapter sa doctrine au mode de raisonnement des gens qu'il enseignait. Nous devons supposer que tous ne se lèveront pas au jour du Jugement dernier. La thèse que les impies seront laissés à leur destin qui est, la mort éternelle, la non-existence, et que les obéissants et les justes seront appelé à la gloire éternelle, peut être autorisée sur les bases suivantes : 1) la justice nécessaire que les méchants soient punis ; 2) les gens, sachant qu'ils ne souffriront pas après leur mort, persisteront dans leurs péchés.


(76) Valentinus Smalcius, “De statu mortuorum usque ad diem ultimum,” dans Epitome, op. cit., pp. 88-102.
(77) Faustus Socinus, Praelectiones theologicae, dans BFP, op. cit., vol. 1, p. 537.

 

Socin justifie ainsi son premier argument : il semble injuste que les méchants ne soient pas punis, il serait encore plus injuste – et ce serait une plus grande injustice si Dieu qui a fait l'homme mortel, le rendrait alors immortel pour le faire souffrir. Il est plus acceptable que les impies se lèvent au Jour du jugement, voient la gloire de Dieu, et alors meurent à jamais. La dernière vue, cependant, apparaît comme moins probable à Socin que la précédente, c'est-à-dire que leur destin soit simplement la non-existence.

La réponse de Socin au deuxième argument est : ils sont dans l'erreur ceux qui pensent que les peuples peuvent être forcés à se réformer et à se repentir par la menace de l'enfer. Il est possible qu'une telle menace soit dissuasive si les châtiments étaient visibles ou pouvaient être vérifiés visuellement. Celui qui ne se réformera pas à cause d'une récompense aussi magnifique que la vie éternelle, offre peu d'espoir de le faire par crainte du châtiment. Celui qui ne croira pas en la récompense ne croira pas en la punition

à suivre ...

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Published by Marian Hillar - dans sur le socinianisme
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