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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 08:43

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La doctrine de la justification

La doctrine de la justification qui était enseignée par les Réformateurs était basée sur la doctrine du Péché originel développée par saint Augustin qui voyait l'Homme selon une perspective pessimiste, spécialement dans la doctrine proposée par Calvin. L'homme n'était pas capable d'un seul acte qui aurait une valeur de justification aux yeux de Dieu. Ils prêchaient que le salut n'était possible que parce que Christ sur la croix avait expié les péchés des humains en recevant la colère de Dieu. Pour être sauvé, l'Homme doit avoir une foi forte dans le rôle rédempteur du martyre de Christ. La foi, de toutes façons, n'est pas un mérite personnel de l'homme, mais est un don de Dieu, immérité, qui dépend de sa seule grâce et pour ceux qui ont été sélectionnés arbitrairement. Ainsi le libre arbitre est une fiction. Et sans la grâce de Dieu les hommes sont irrévocablement condamnés ; seuls les élus reçoivent la grâce de Dieu sans aucun mérite de leur part.

La doctrine de Socin sur la justification était assez différente. Il n'existe pas de Péché originel comme décrit dans les théologies catholique et protestante (62). La transgression d'Adam condamne Adam et lui seul. L'homme n'était pas immortel mais par nature était mortel et sa nature était la même qu'actuellement Sa nature était simple et inexpérimentée, sans aucune connaissance ni intelligence spéciale. Aussi il ne possédait pas une droiture originelle. L'Homme a été créé libre de tous déterminismes moraux, mais seulement avec une volonté libre. Le Mal dans le monde est un fait à partir duquel l'Homme devrait tirer des conclusions pour sa conduite morale. L'Homme peut seulement gagner l'immortalité par sa vie dans la foi chrétienne. En dehors de la foi chrétienne, il n'existe pas de possibilité de salut. S’il existe une étincelle de Révélation dans chaque religion, la vraie et complète Révélation est celle qui est donnée en Dieu au travers de Christ. Il n'y a aucune raison de croire que le péché de l'homme a détruit la capacité de tous les hommes à suivre la justice. Si cette capacité n'est pas parfaite, c'est parce que nous avons acquis l'habitude de mauvaises actions.


(62) Faustus Socinus, De Jesu Christo Servatore, dans BFP, op. cit., vol. 2, 121. Valentinus Smalcius, .”De homine,” in Epitome, op. cit., pp. 45-55.

Egalement absurde est la doctrine de la prédestination, spécialement celle qui est exposée par Calvin, selon laquelle Dieu en a destiné certains à la vie éternelle dans la gloire, tandis que d'autres sont prédestinés à la punition éternelle. Aussi Socin considérait la conception de saint Augustin comme absurde ; saint Augustin disait que le mal est le produit de la volonté libre de l'homme, de son libre arbitre et la réussite du bien est conditionnée par la réception de la grâce imméritée de Dieu. Christ nous a sauvé, néanmoins, en nous annonçant la volonté divine et en nous enseignant ce que nous avons à faire pour obtenir la vie éternelle et vaincre la mort, il a montré, par l'exemple de sa vie et de sa mort, la manière dont nous pouvons obéir à la volonté de Dieu et vaincre la mort. Il a montré, par l'exemple de sa vie et de sa mort, comment nous pouvons obéir à la volonté de Dieu et comment nous pouvons suivre ses préceptes ; et il nous a assurés de la vérité de son message par ses miracles (63).

(63) Faustus Socinus, De Jesu Christo Servatore, dans BFP, op. cit., vol. 2, 124

Il existait deux objections aux conceptions de Socin : 1) Cette doctrine n'explique pas que la justice divine réclame une punition pour les péchés ; 2) L'Homme comme créature pécheresse est incapable d'obéir au commandement divin et encore moins d'imiter Christ.

Socin répondait avec un concept de justice totalement différent de la tradition catholique si pittoresquement décrite par Dante et par la doctrine de Calvin. La justice divine n'est pas distincte de la miséricorde divine : sa justice est sa miséricorde. Dieu comme créateur de la justice et justice lui-même ne peut être jugé selon les idées humaines de la justice. On ne peut donc pas parler de la colère de Dieu et de son hostilité envers les hommes. La justice divine n'a pas besoin d'une expiation ou d'une victime sacrée. Dieu ne laisse pas impunie l'iniquité, mais celle-ci n'est pas due aux péchés et aux erreurs, mais à la malice obstinée de quelques hommes. Et une telle punition n'est pas le résultat de la justice divine mais de la libre volonté divine (64).

(64) Faustus Socinus, Summa religionis christianae, dans BFP, op. cit., vol. 1, p. 281a

A la deuxième objection Socin répondait que l'Homme n'est pas capable de suivre Christ et de vivre sans péché dans la même mesure que Christ l'a fait, mais ce qui est demandé à l'Homme c'est de se mettre sur le même chemin et de le suivre avec la même qualité de vertus. Cette vue dérive de l'accent mis sur l'humanité de Christ et sur la dignité morale de l'homme. Socin était conscient que l'imperfection humaine ne nous permettrait pas d'imiter Christ. Mais il est suffisant que l'homme se  mette sur le même chemin, qui est de croire en ses promesses et d'obéir à ses préceptes. C'était une foi active, une unité entre la foi et les œuvres, qui restait en accord avec les postulats de l'humanisme. De là Socin décrivait un nouveau concept de religion chrétienne comme une doctrine céleste qui enseigne aux hommes un vrai chemin pour atteindre la vie éternelle (65).

(65) Valentinus Smalcius, ”De praedestinatione,” dans Epitome, op. cit., p. 55.

Il a été expérimenté dans l'Ecriture, interprété par la raison, et est mis en place par l'obéissance aux principes évangéliques. Et ceci est lié au problème du libre arbitre. Le libre arbitre a survécu à la chute d'Adam. L'idée que l'Homme est privé de sa libre volonté est absurde parce qu'alors il n'y aurait plus de religion car la religion n'est rien d'autre qu'un effort pour obéir à Dieu (66).

(66) Faustus Socinus,Tractatus de Justificatione, dans BFP, op. cit., vol. 1, pp. 601-628.

Socin maintenant pose une question générale : est il possible d'affirmer que la volonté humaine est libre et de croire que dès le commencement des temps Dieu a connu toutes les œuvres et les pensées humaines avant même qu'ils ne viennent au monde ? La réponse que donne Socin c'est que la pré-connaissance divine n'est pas incompatible avec la libre volonté de l'homme : 1) Notre justification par Dieu n'est pas le résultat de la sainteté de nos vies ou de notre innocence (causa impulsiva and causa effectiva /cause impulsive et cause effective) (67). Il n'en est pas ainsi parce que qu'avant le commencement des temps Dieu a décidé de sauver les hommes à la condition qu'ils croient en Christ ; 2) La foi en Christ est un don immérité de Dieu parce qu'aucune personne à qui est donnée la possibilité de croire en Christ ne mérite ce don (68). A priori ceci semble être en accord avec les Réformateurs, mais une analyse plus fine montre qu'il n'en est rien ; 3) La foi en Christ est donnée non selon une sélection arbitraire de gens mais à tous les hommes à qui l'Evangile est annoncé (69) ; 4) La foi qui nous justifie ne consiste pas à affirmer la conviction que les mots du Christ sont vrais. Une telle foi peut être possédée par ceux qui désobéissent à Dieu. La foi qui nous justifie consiste non seulement en la confiance que Dieu accomplira les promesses de vie éternelle qu'il a faites par Jésus Christ, mais elle implique nécessairement l'obéissance aux commandements de Dieu. Cette obéissance n'est pas le résultat de la foi. La foi qui justifie est l'obéissance à Dieu (70) ; 5) La foi que les promesses de Christ seront accomplies émerge en nous de notre libre volonté, parce que la décision de croire est la nôtre (71).

(67) Faustus Socinus, Tractatus de Justificatione, dans BFP, op. cit., vol. 1, 602b.
(68) Faustus Socinus, Tractatus de Justificatione, dans BFP, op. cit., vol. 1, 603b ; De Jesu Christo Servatore, dans BFP, op. cit., Vol. 2, 240a.
(69) Faustus Socinus, De Jesu Christo Servatore, dans BFP, op. cit., vol. 2, 234a.
(70) Faustus Socinus, De Jesu Christo Servatore, dans BFP, op. cit., vol. 2, 240b-241.
(71) Faustus Socinus, Assertiones theologicae de Trino et Uno Deo, in BFP, op, cit., vol. 2, 455-457. Valentinus Smalcius, “De homine,” dans Epitome, op. cit., pp. 45-55.

à suivre ...

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Published by Marian Hillar - dans sur le socinianisme
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