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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 18:04

Suite de l’article précédent


Le rejet du manifeste par les socialistes


Sur place, les amis radicaux appuient ces idées. Par contre, ce sera vite la rupture avec les socialistes de Neuchâtel qui ne veulent pas se compromettre avec des « supra-naturalistes » ! L’heure est déjà au socialisme matérialiste, anti-religieux. Les socialistes du canton reçoivent d’ailleurs la visite du révolutionnaire russe Bakounine (qui virera plus tard à l’anarchisme et au terrorisme) à Locke, banlieue ouvrière, du 20 au 22 février, lequel leader déclare d’une façon péremptoire que « la supposition d’un Dieu créateur du monde est absolument contraire au bon sens » ; pour lui, « le monde existe par lui-même de toute éternité ». En arrière fond, la lutte des classes entre les ouvriers (soutenus par les socialistes) et les bourgeois (soutenus par les radicaux). Pour la première fois, au 1er mars 1869, des ouvriers du canton de Neuchâtel, exhortés par les socialistes , s’abstiennent de participer à la fête patriotique qui, chaque premier mars, célèbre la révolution ("bourgeoise" pour eux) de 1848.


A propos du christianisme social, James Guillaume, l ‘éditeur du Progrès *, écrira dans le 4ème n° de ce journal socialiste : « Que les hommes qui, dans le canton de Neuchâtel, ont inauguré le mouvement qu’on baptise du nom de christianisme libéral, y réfléchissent. S’ils s’adressent à la bourgeoisie, ils feront bien de lui offrir une potion anodine, fortement mixturée de mysticisme spiritualiste et de sentimentalité religieuse. Mais s’ils veulent être entendus des ouvriers, qu’ils laissent là leur tisane chrétienne : pour les hommes, il faut du vin pur «  (op. cité, p. 137). Toutefois le journal socialiste Le Progrès continue sa critique des dévots calvinistes.


* lancé en janvier 1869, ce journal hebdomadaire, au début « organe des démocrates loclois », devient « l’organe socialiste de la commune ouvrière du Locle » (Le Locle, canton de Neuchâtel). Il est envoyé dans plusieurs pays étrangers à des socialistes de l’Alliance internationale des travailleurs dont Bakounine a donné les noms.

 

neuchatel_carte_canton_bis.gif


Paix et Liberté


Parallèlement à cet activisme religieux, et toujours dans la logique de l’universel, Ferdinand Buisson met à profit son exil en Suisse pour assister aux trois premiers congrès internationaux de la Paix et de la Liberté (1867, 1868 et 1869). Celui, à Genève en 1868, est présidé par Giuseppe Garibaldi ; à Lausanne l'année suivante, c’est par Victor Hugo. A ce dernier congrès, Buisson lit un discours marqué par un vif antimilitarisme : "Je voudrais un Voltaire occupé pendant cinquante ans à tourner en ridicule les rois, les guerres, les armées ! " Ses adversaires ne pardonneront pas à Buisson d'avoir alors comparé l'uniforme militaire à une "ignominieuse livrée ". Il se justifiera plus tard, arguant de sa jeunesse et précisant qu'il avait fait allusion à l'armée de Napoléon III !

 

suisse_carte.jpg

le pays de Neuchâtel, en Suisse romande,

entre le Jura vaudois et le Jura bernois (partie francophone du canton de Berne)

 

Epilogue


Ses conférences suscitèrent, par réaction, la création de l'Eglise indépendante de Neuchâtel en 1873, mais de nature non libérale ! De retour en France après 1870, il devint inspecteur général de l'enseignement primaire (1878), collabora avec Jules Ferry à l'instauration de l'école laïque, au lancement des Écoles normales supérieures formant les personnels des Écoles normales et fut professeur de pédagogie à la Sorbonne (1896). Il participa à la révision du procès Dreyfus et à la fondation de la Ligue des droits de l'homme (dont il fut président de 1913 à1926). Député radical-socialiste (1902-1914; 1919-1924), il présida la commission de la séparation des Eglises et de l'Etat en 1905. Il reçut le prix Nobel de la paix en 1927.
 

A suivre ...

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Published by Jean-Claude Barbier - dans sur le protestantisme libéral
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