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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 18:25

Une destinée unitarienne comparable à celle de la Transylvanie faillit échoir à la Pologne au temps des rois Jagellons. Son échec final ne fait pas oublier que Sébastien Castellion en reçut un émouvant et courageux témoignage. Nous ne pouvons mieux faire ici que de citer in extenso une page du monumental Sébastien Castellion de Ferdinand Buisson, référence définitive pour le protestantisme libéral français (Hachette, 1892, t. II, p. 264) :


Sebastien_Castellion_par_ferdinand_buisson_1892.jpgIl mourut le 29 décembre 1563 à Bâle : il avait quarante-huit ans. Sa mort fut un deuil pour l'Université. Les étudiants lui firent des funérailles peut-être d'autant plus touchantes qu'ils savaient à quel péril la mort venait de le soustraire. Le cercueil porté sur les épaules de ses élèves était suivi d'une foule nombreuse, et celui qui, vivant, allait paraître en accusé devant le Sénat, reçut tous les honneurs publics dus à un maître profondément aimé de la jeunesse. Il fut enseveli honestissimo loco, dit Zwinger, sous ce merveilleux cloître de la cathédrale de Bâle, qui est encore aujourd'hui un sanctuaire unique de la Renaissance et de la Réforme.


Trois de ses élèves, probablement ses pensionnaires, résolurent de rendre à sa mémoire un témoignage particulier de respect. C'étaient trois jeunes nobles polonais venus à Bâle ainsi que plusieurs de leurs compatriotes en partie pour suivre les leçons de Castellion. L'un d'eux était le fils du comte Stanislas Ostrorog, ce personnage considérable de la Réforme en Pologne, à qui Calvin lui-même, malgré sa méfiance pour cette nation prête à glisser dans l'hérésie, a rendu un si bel hommage. Ces dignes jeunes gens obtinrent, paraît-il, que le pauvre professeur fût enseveli dans le tombeau de l'illustre famille Grynaeus et firent graver sur le marbre une épitaphe qui ne tarda pas, par sa justesse même et sa sobriété, à attirer l'aversion des ennemis. Ils se bornaient à dire qu'ils élevaient ce monument à la demande de tous leurs camarades polonais professori celeberrimo ob multifariam eruditionem et vitae innocentiam doctis piisque viris percharo (Au professeur très célèbre pour l'étendue de son érudition, et infiniment cher aux gens pieux et savants pour la pureté de sa vie). Ils écrivirent en outre dans le goût du temps d'autres épitaphes en vers latins qui ne valent que par la piété de l'intention. Ces honneurs funèbres devaient soulever de nouvelles colères, et quand ces jeunes gens allèrent achever leurs études à Zurich et à Genève, leurs lettres nous apprennent par quelles méfiances on les punit d'avoir été des "Castalionistes".


Il reste de cette ère des Jagellons qu'elle est encore, pour les Polonais, l'âge d'or (zloty wiek) de leur pays.

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Published by Maurice Causse - dans sur l'arianisme
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