Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

Rechercher

Archives

Articles Récents

17 mai 2013 5 17 /05 /mai /2013 11:47

Les liens affectifs peuvent permettre à une communauté de résister, et longtemps. Mais la liberté seule a le pouvoir d'attirer l'adhésion, jusqu'à la conviction et parfois le sacrifice de soi. Jean-Jacques Kaspar s'est découvert à Madagascar une magnifique vocation d'avocat dans la défense d'un malheureux a priori condamné. On pense à une variation sur la parabole de saint Matthieu, ch. 25, Quand tu as défendu l'un de ces petits, c'est MOI que tu as défendu. Mais la compassion ne fait pas de la victime un maître à suivre. C'est dans la vie et dans l'enseignement de Jésus qu'il faut trouver des raisons d'être chrétien. Il faut s'appuyer sur l'Histoire. A notre siècle de biographies, c'est vrai plus que jamais. L'autorité ne peut plus reposer que sur des convictions partagées, sur la confiance qu'engendre la sincérité. Dans cet esprit, quel est pour nous l'enseignement de Jésus ? Il est double.


Le premier point est l'exception à la Loi. Il ne s'agit nullement de contestation idéologique. Sa forme la plus précise se trouve dans Luc 6,4 : « Voyant quelqu'un travailler le jour du sabbat, Jésus lui dit : Homme, si tu sais ce que tu fais, sois béni. Mais si tu ne le sais pas, sois maudit, car tu transgresses la Loi ». Cette parole n'est pas dans tous les manuscrits. C'est le grand exégète Joachim Jeremias (Unbekannte Jesusworte, 1963, Paroles inconnues de Jésus) qui en a donné une étude approfondie, concluant à son authenticité. C'est dans ce contexte qu'il convient d'apprécier la déclaration de Jésus avant de guérir, un jour de sabbat, un paralysé de la main : « Il est permis de faire du bien les jours du sabbat » (Matthieu 12, 12). La Loi est une expression de la volonté bonne de Dieu, mais il est permis à l'homme, en allant dans le sens de la volonté même de Dieu, de chercher à faire mieux encore. Là est la liberté, et elle ne s'arrêtera même pas aux actions de Jésus. Il dit ainsi à ses proches : « Celui qui croit en moi fera aussi les oeuvre que je fais, et il en fera de plus grandes, parce que je vais au Père » (Jean 14,12).


Le second point est que l'essentiel n'est pas de professer la Loi, mais d'agir selon ce qu'elle ordonne. Tel est le sens de la célèbre parabole du Bon Samaritain (Luc 10, 30-37). Les Samaritains étaient les ennemis intimes des Juifs. Aussi, prendre comme exemple un tel fait divers n'a pas manqué de rendre Jésus suspect de trahison. On le lui dit même en face à l'occasion : « N'avons-nous pas raison de dire que tu es un Samaritain, et que tu as un démon ? » (Jean 8, 48).  Le Samaritain joue ici, moralement, le même rôle que le Grec dans la pensée de saint Paul : il est le non-Juif. Notre frère est partout, dans le monde entier, s'il agit d'une manière comparable à ce qu'est pour nous l'Action bonne.


N'ayons surtout pas la prétention d'être les seuls à faire de ces deux points la base de notre religion : on la trouve exprimée avec talent dans le livre de Marek Halter, La Force du Bien (1995), et aussi sur la Colline des Justes à Jérusalem. On la trouve aussi dans les traditions de l'islam, et plus loin encore. Dans une lettre écrite en 1999, Jacques Proust, le grand spécialiste de l'Encyclopédie, devenu japonisant distingué, reconnaissait cette base, en particulier dans l'amidisme, inspiré du Bouddha Amida, dont le sanctuaire principal est à Kamakura au Japon. Maurice Leenhardt, autrefois, reconnaissait la valeur religieuse du pilou, une fête des Canaques de Houaïlou en Nouvelle-Calédonie.


maurice_causse_portrait_avi_01-04_2012.jpgEn sorte que, la vie étant limitée, il ne s'agit pas de vouloir nouer des relations avec tout le monde. Notre attachement à la communauté qui nous a fait naître est un attachement culturel. Il ne prétend à aucun monopole de la vérité, n'exclut pas non plus les "orthodoxes aimables". Quand on a reçu dans la foi protestante l'Evangile et la Liberté [ndlr – sans doute allusion à la revue de même nom], il n'est pas possible de renoncer à cet héritage. Mais on peut comprendre les attachements culturels des autres, connus ou inconnus, à leur propre héritage, et aussi les accueillir fraternellement s'ils viennent à nous.

 

Maurice Causse, avril 2012

 

Arius fut calomnié, et l'est encore, puisqu'en fait il croyait à la divinité de Jésus. Mais le débat a changé de nature. Auguste Sabatier fit un jour une leçon sur  les adieux de saint Paul aux chrétiens d'Ephèse (Actes 20, 17-37). Paul Sabatier, son homonyme, rapporte l'émotion des étudiants qui se retirèrent ensuite bouleversés dans leurs chambres (Le Protestant, 6 mars 1897). Ces chrétiens d'Ephèse ne sont pas très loin de nous. Adorer le Christ ou ne pas l'adorer. Si je tiens le Christ pour mon Maître, qu'importe le mot ? Nous sommes sortis du labyrinthe d'Athanase. 

                                                               
Maurice Causse, Filium Arianum, fil d’Arius, fil d’Ariane, Lormont, Noël 2012

Dédié à ceux qui ont préparé, rêvé, prédit, réalisé ou permis le Fil d'Or, jusqu'à ce jour

Partager cet article

Repost 0
Published by Maurice Causse - dans sur l'arianisme
commenter cet article

commentaires