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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

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17 mai 2013 5 17 /05 /mai /2013 13:36

La Révocation de l'édit de Nantes (1598) fut l'acte de naissance d'une seconde Réforme, en 1685. Je l'ai expliqué lors du troisième centenaire en 1985 dans la Revue des études théologiques et religieuses de Montpellier. Elle s'est faite autour de l'idée symbole, inscrite dans l'édit violé par la Révocation, de la  Liberté de conscience. Ce n'était plus l'héritage des Réformateurs. Théodore de Bèze, je l'ai déjà dit, considérait la liberté de conscience comme un "diabolicum dogma". C'est lui qui présidait en 1571 le confession_de_foi_de_la_rochelle_medaillon_commemoratif_15.jpgsynode où fut officialisée la confession de foi de La Rochelle, et, avec celle-ci le symbole d'Athanase et des articles 39 et 40 que bien des calvinistes sincères voudraient effacer de nos mémoires. Parlons plutôt des Psaumes, notre plus véritable patrimoine, dû lui aussi en grande partie à Théodore de Bèze, connus, traduits et chantés dans l'Europe entière. Avec la Bible qui servait aussi comme manuel de lecture élémentaire, ils ont accompagné les familles pendant un siècle dans le silence de la clandestinité, un silence médiatique brisé rarement par quelques procès retentissants. La communauté protestante n'a pas témoigné envers Voltaire d'une gratitude à la mesure de son engagement dans l'"Affaire Calas". Aujourd'hui encore cette "Affaire" est bien moins connue que l'"Affaire Dreyfus".
Illustration : médaille commémorative en 1859 du tricentenaire du synode de la Rochelle (1559), premier synode des Réformés en France.

Voltaire passe pour antireligieux, comme les encyclopédistes, même dans l'opinion protestante. Nous avons vu comment travaillait Louis de Jaucourt, dans une cave, et d'ailleurs ses articles de religion dans l'Encyclopédie ne scandaliseraient nullement un lecteur unitarien, ou, mieux encore, un lecteur non prévenu. Quant à Voltaire, que connaissait-il du protestantisme de France ? Certes pas l'humble pratique de la Bible et des Psaumes, mais bien l'héritage des querelles de synode sur la prédestination. Quel tort ne nous ont-elles pas fait ! Et pourtant, il est vrai que la confiance en la prédestination, la vraie, donna le courage indispensable, et parfois surhumain, qui sauva l'existence même de la communauté protestante. Qu'est-ce que la prédestination, sinon un regard vers le passé. Voyez l'Histoire, la grande, ou la vôtre, l'intime. Comptez les bienfaits de Dieu ! Vous abandonnerait-il MAINTENANT ? Tenez bon ! REGISTER. Ce mot gravé de la Tour de Constance, attribué à une modeste Ardéchoise qui fut détenue pendant 38 ans, a pris valeur de symbole dans nos mémoires, et parfois de mot d'ordre dans nos comportements.


Avec la Liberté retrouvée, il convient de garder, au moins pour nous, ces souvenirs du passé. Mais une ère nouvelle commence, et nous ne souhaitons à personne d'autre de vivre un tel passé. Tel est le témoignage que va rendre le protestantisme à l'aube du XIX°siècle. La société française le découvre enfin tel que la seconde Réforme l'a durement sculpté. C'est une Réforme par le peuple, sans réformateur. On n'ose imaginer ce que nous serions devenus sans les terribles coups de fouet que furent les dragonnades. Mais les circonstances vont encore nous servir, par un nouveau coup de fouet : l'abbé de La Mennais, et son Essai sur l'indifférence en matière de religion (1817). Cette brochure ouvrait une série qui révélait un beau talent d'écrivain, mais contenait des attaques aussi venimeuses qu'adroites, et pour tout dire un portrait caricatural du protestantisme. L'avocat de la défense fut le pasteur Samuel Vincent, de Nîmes.

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Published by Maurice Causse - dans sur l'arianisme
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