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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 13:54

suite et fin ...

 

Alors, parmi tous les héritiers de M. Servet, le christianisme unitarien ferait-il partie des particularismes anachroniques à l’heure de la civilisation de l’universel ?


  michael servetus heartfeltJean-Claude Barbier, vignette, mai 2008Par son ouvrage majeur, Christianismi Restitutio, la restitution du christianisme, M. Servet, nous invite à un retour aux fondamentaux, à un ressourcement aux évangiles. En cela, l’auteur est fondamentaliste comme l’ont été tous les autres réformateurs protestants. C’est la réforme des Eglises jusqu’au bout, au regard des textes fondateurs. Le christianisme unitarien participe à cette dynamique en pratiquant l’exégèse scientifique de la Bible, en récusant les dogmes (leur formulation et leur caractère obligatoire), qui sont des extrapolations post-évangéliques, en prônant le culte à Dieu seul, en limitant les rites à ceux que Jésus montra à ses disciples (le baptême d’adulte, la communion, sans oublier le lavement des pieds par les responsables), etc.

 

Ce faisant, avec d’autres chrétiens des mouvances libérales, catholique (7) et protestante (8), les unitariens pratiquent un christianisme où le trans-confessionnel, sinon le post-confessionnel est de mise par le simple retour aux sources et non par négociation œcuménique Etre chrétien d’abord. Dans cette optique, les traditions confessionnelles sont vécues comme des patrimoines, transmettant des spiritualités, des traditions cultuelles et culturelles, comme des appartenances ecclésiales, mais non plus comme des clivages entre chrétiens. Les identités confessionnelles deviennent secondes et n’empêchent plus l’inter communion. Elles peuvent être partagées, se reconnaître et s’enrichir mutuellement (Barbier 2005 b).
(7) En France, la mouvance catholique libérale se retrouve au sein de la Fédération des réseaux du Parvis, laquelle est indépendante de la hiérarchie catholique. Cette fédération regroupe 48 associations. En Belgique francophone, les catholiques libéraux ont une fédération semblable, le Réseau pour un autre visage d’Eglise et de société (PAVES).
(8) La mouvance protestante libérale en France est représentée en France par deux revues, « Evangile et Liberté » et « Théolib » et les associations correspondantes qui les soutiennent, et l’Union protestante libérale de Strasbourg.


Mieux, les chrétiens unitariens, en considérant Jésus comme un simple être humain, peuvent accepter à leur table de communion des non croyants puisque le partage du pain et du vin se fait au nom de Jésus, lequel n’est pas Dieu (Barbier 2005 a). Un agnostique, voir un athée, peut participer à ce rituel dès lors qu’il s’intéresse d’une façon ou d’une autre à Jésus. Avec ce christianisme d’ouverture, nous retrouvons ici le rituel proposé à tous d’une façon inclusive et la fête partagée que nous venons d’évoquer à propos de l’unitarisme-universalisme.


Les identités confessionnelles et religieuses peuvent donc, elles aussi, parfaitement apporter leur contribution à la civilisation de l’universel., à la condition toutefois qu’elles soient revisitées de l’intérieur, traduites en un langage compréhensible à tous, vécues d’une façon pacifique et conviviale. Dans cet effort, les chrétiens ouverts rejoignent d’autres cheminements identitaires comme ceux des bouddhistes, des soufis, et des baha’is. Aller d’emblée à l’universel ou bien emprunter ces chemins identitaires, le but est finalement le même. Théodore Monod (1902-2000) aimait à rappeler que les humains grimpaient, par des sentiers différents, une même montagne.


Et, pour revenir à M. Servet, qu’on l’appréhende par sa ferveur chrétienne ou bien par sa philosophie humaniste et ses œuvres scientifiques, c’est finalement la même personne à qui on a à faire. C’est un homme que nous aimons avec tout ce qu’il a pu faire et tout ce qu’il a écrit, avec sa fougue et ses visions, avec sa solitude et la passion qu’il mit dans tous ses engagements. Il mérite sa postérité spirituelle et intellectuelle bien au-delà de la seule sphère chrétienne.

Bibliographie des ouvrages cités :


Barbier Jean-Claude,
2003 - « Qui sont les héritiers spirituels de Michel Servet ? », Théolib, n°24, décembre, pp. 49-58

2005 a - « Séparer Dieu et son Fils pour plus d'universel ? », mis en ligne sur le site Profils de libertés (lien)
2005 b - « Le christianisme post-confessionnel », mis en ligne sur le site Profils de libertés, ( lien) ; publié aussi par Le Protestant (Genève), n° 3, mars 2005, p. 6,
Bégot Monique, 2000 – Ralph Waldo Emerson, La Confiance en soi et autres essais, traduit et préfacé par l'auteur, postface de Stéphan Michaud « Nietzsche et Emerson », Paris, éditions Rivages Poche / Petite Bibliothèque, 198 p.
Bellot Marc, 2003 - Ralph Waldo Emerson, parcours de l’œuvre en prose, éd. Atlante (« Clefs concours, civilisation américaine »), 224 p.
Blanchard-Gaillard Albert, 2003 - « Michel Servet et nous », Théolib, n°24, décembre, p. 43-48
Delogu C. Jon, 2006 - Ralph Waldo Emerson, une introduction, Les Perséides («Le monde atlantique »), 153 p.
Emerson Waldo Emerson, 1983 - Essays and Lectures, éd. Joel Porte ; New-York (« Library of America »).
Herriot Edouard, 1932 - « La Vie et la Passion de Michel Servet », Les meilleures œuvres des auteurs nationalistes (aux éditions de l’Idée libre, Herblay), juillet, n° 20, pp. 7-29.

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Published by Jean-Claude Barbier - dans (hist) SERVET Miguel
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