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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 12:55

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Le ralliement à la Réforme calviniste au synode de Chanforan (1532)


C'est l'époque de l'installation du calvinisme à Genève. En 1530, les vaudois du Piémont y envoient quelques émissaires à Bâle (où séjourne Œcolampade) et à Genève. Calvin leur montre leurs similitudes de doctrine. En 1532, au synode de Chanforan, au Piémont italien dans le Val d’Angrogne, le mouvement vaudois va se rattacher officiellement au protestantisme. Les barbes vaudois (des prédicateurs itinérants) * sont venus de plusieurs régions comme les Pouilles, la Provence, le Piémont, les Allemagnes et les communautés dispersées en Europe. Le synode durera plusieurs journées d’intense débats.
* après 3 ans d'apprentissage des textes et de visites auprès de barbes plus anciens, ils confessaient et présidaient les cérémonies


Le synode de Chanforan décide que le ministère itinérant des barbes est aboli. La plupart des barbes deviennent pasteurs. Les localités visitées deviennent des sièges d'Églises réformées. Le réformateur Guillaume Farel, venu de Gap, a eu au cours de ce synode une influence décisive: il emporte l'adhésion aux idées réformées, tout juste naissantes.

 

Voir une carte de la situation du peuplement vaudois à cette époque (lien).


Il s’ensuivra immédiatement une répression. Dans le Comtat Venaissin, propriété du pape, le vice-légat confisque des terres de vaudois et les redistribue à des catholiques. Le pape Clément VII demande au roi de France François Ier d'agir de même sur le versant français du Luberon. Le parlement d'Aix-en-Provence condamne en 1532 sept personnalités vaudoises, et demande aux seigneurs locaux de confisquer les terres des vaudois. C’est le début de l’insurrection vaudoise. En 1534, de nouvelles condamnations frappent des vaudois, qui sont libérés par leurs coreligionnaires en armes des prisons d'Apt, Cavaillon, Roussillon. François Ier cherche alors à calmer la situation en Luberon, et le 15 juillet 1535, il accorde le pardon aux vaudois à condition que ceux-ci abjurent leur religion dans les six mois.


En 1540, les vaudois du Luberon font l'objet d'une condamnation par l’édit de Mérindol. Mais ayant besoin de leur soutien contre l’empereur Charles-Quint, François Ier expédie des lettres de grâce aux habitants persécutés en Provence pour cause de religion.


La Bible d’Olivetan


Lors du synode de Chanforan (1532), les barbes vaudois décidèrent de faire traduire la Bible en français, par un cousin de Jean Calvin, Pierre Robert Olivetan, et récoltèrent les fonds nécessaires à ce travail (soit 500 écus ; un écu représente pour ces paysans une année de travail). Jusque là, la Bible n'était imprimée qu'en latin. Des versions en provençal circulaient sous le manteau, colportées par des pasteurs vaudois, mais sous forme manuscrite donc rare et très chère. P. R. Olivetan travaillera deux ans dans « les vallées » et Lyon, qui est alors la capitale mondiale de l'imprimerie, avec plus d'une centaine d'ateliers, se charge de l'impression d'une grande partie de ces bibles. La diaspora des émigrés protestants, appelés aussi huguenots, diffusera diffuser cette bible dans le monde entier.


Erasme, Lefèvre d'Etaples, Briçonnet et le cénacle de Meaux faisaient les traductions à partir de la Vulgate, en latin, de Jérôme. Pour les vaudois puis les protestants, l'autorité de la Bible surpasse celles des papes, des évêques et des conciles. Les vaudois ont été les premiers à traduire la Bible en français à partir des textes originaux en hébreu et en grec.


La répression de 1545 au Luberon


En 1544, les vaudois incendient le monastère de Sénanque (Gordes). Mais avec la retraite de Charles-Quint en 1545, qui change la donne en Europe, ils ne vont plus être ménagés par le roi de France. En avril, Jean Maynier baron d’Oppède et premier président du Parlement d’Aix déclenche la persécution, menée par Paulin de La Garde et Joseph d'Agoult. Les villages vaudois sont pillés, les hommes massacrés ou envoyés aux galères, les femmes violées avant d’être tuées. Certains sont vendus en esclavage. Les terres sont confisquées. Les biens pillés sont bradés au dixième de leur prix, pour payer les soldats. Les violences débordent, les villages alentour les subissent aussi. Le chef de la résistance vaudoise Eustache Marron a son fief à Cabrières (actuel Cabrières-d'Avignon), qui est détruit le 19 avril, tout comme 23 autres villages vaudois du Luberon, massacrés par l'armée du baron. Celle-ci extermine 3000 personnes en cinq jours et envoie aux galères 670 hommes, des deux côtés de la montagne du Luberon. De plus, le passage des soldats détruit les cultures, les troupeaux sont tués, et un nombre indéterminé de paysans meurent de faim. Une partie des habitants s'exile alors dans la province de Darién dans l'est du Panama, en Amérique centrale. Après la mort de François Ier en 1547, un procès est ouvert par les seigneurs de la région, qui ont perdu gros. Mais les soudards comme les parlementaires qui se sont enrichis sont tous acquittés


Le 12 février 1560, Paulon de Mauvans rallie les soixante églises protestantes de Provence à la conjuration d'Amboise : deux mille hommes sont promis au parti huguenot. Mais cette conjuration, qui devait s’emparer de la personne du roi François II et le soustraire de la tutelle catholique des Guise, est trahi par des huguenots légalistes (lien).

 

vaudois jean leger 1669"Histoire générale des Eglises évangéliques des vallées du Piemont ou vudoises", par Jean Leger, pasteur et modérateur des Eglises des Vallées [Vaudoises], et - depuis la violence de la persécution [Pâques piémontaises de 1655]- appellé à l’église Wallonne de Leyde [aux Pays Bas, entre Amsterdam et La Haye]. Le tout enrichi d'estampes. – A Leyde : Chez Jean le Carpentier, 1669.

 

Pour voir le contenu de ce livre (lien).

 

Illustration de couverture : deux Barbes vaudois maintiennent la vérité évangélique malgré l'acharnement du clergé, que l'on voit comploter en bas de l'image contre l'Eglise Vaudoise. En haut, soutenu par les anges, le blason de l'Eglise représentant une bougie entourée de 7 étoiles (celle au dessus de la bougie semblant ici introduire au ciel) .


Les massacres des vaudois dans le Piémont italien (1561 et 1655)


L’histoire vaudoise est marquée par de nombreux massacres comme ceux de 1545 dans le Luberon ou de 1561 dans le Piémont et des accords qui garantissent une fragile tolérance de cette minorité religieuse comme le traité de Cavour en 1561. Le plus sanglant des massacres en 1655 est connu sous le nom de Pâques piémontaises (illustration ci-dessous).


vaudois_massacres_1665_enfants.jpg

à suivre ...

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Published by Jean-Claude Barbier - dans sur les Réformateurs
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