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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 00:01

Résumé par Giacomo Tessaro de la conférence donnée par le révérend Roberto Rosso et Alessandro Falasca dans le cadre de la rencontre organisée par les unitariens italiens, à Servigliano (près de Fermo, dans la Marche, province du centre de l'Italie) les 25-26 septembre 2010 sur "Bracciforti et le Risorgimento (Renouveau) italien".

 

On peut croire que l'unitarisme en Italie est une histoire toute récente. Au contraire, les idées unitariennes, même si elles ne furent pas représentées par une “ institution “, remontent à la période du Risorgimento, laquelle fut particulièrement féconde d'élans et d'idées.


risorgimento1859.jpgLa réaction contre l'absolutisme, très importante dans la pensée de tous les protagonistes de cette période, signifia aussi, et surtout, une réaction contre l'Église catholique, au moins contre certaines de ses caractéristiques, garante qu'elle était de l'absolutisme dans une grande partie de l'Europe. Si pour certains le refus du catholicisme signifia la perte de leur foi et un laïcisme absolu, d'autres cherchèrent des alternatives spirituelles, à savoir une foi qui s'accordât avec les nouveaux courants de pensée.

 

À côté des traditionnelles doctrines protestantes, représentées en Italie par l'ancienne Église vaudoise, doctrines qui exactement en cette période se propagent dans toute l'Italie, il naît une nouvelle pensée religieuse, appellée par ses adeptes “ unitarisme religieux “ ou bien “ christianisme des livres penseurs “. Un de ses plus grands représentants, Ferdinando Bracciforti, fonde à Milan un périodique, “ La Riforma del Secolo XIX “ ( La Réforme du XIX siècle ), porte-parole des naissantes idées unitariennes en Italie. Le titre même du périodique souligne une continuité avec la Réforme de Luther, mais aussi bien l'intention de la dépasser ; plus précisément l'intention de dépasser “ l'idolatrie de la Bible “, pas mieux, selon les unitariens, que l'idolâtrie de la hiérarchie et du pape, typique du catholicisme. Ils veulent créer une nouvelle “Religion de Dieu “, fondée sur l'essentiel du message chrétien et sur l'universalisme, c'est à dire reconnaître comme soeur et frère chaque être humain au-delà de la foi professée.

 

ndlr - Voir notre article "Les unitariens à Milan en 1875", sur ce même site et à la date du 7 mai 2007 ( lien).  En 1896, Fernandino Bracciforti publiera à Milan "Cristo Redentore anche senza miracoli" (Le Christ résdempteur aussi sans miracle - mais on pourrait tout aussi bien traduire par  "le Christ sans rédemption ni miracles").

 

Quels sont les autres fondements de cette foi unitarienne ? Avant tout, le panenthéisme ; les lois de la Nature sont un exemple de la perfection de la création divine et de la présence dans toute la Création d'une source divine, des formes de vie les plus simples (les plantes) aux plus complexes (l'Homme). De cette conception vient le refus des miracles, sur lesquels se fonde une grande partie du catholicisme ; l'oeuvre de Dieu, la Nature, est en effet parfaite comme elle est, et elle n'a pas besoin d'être corrigée.


En second lieu, l'universalité du message de l'Esprit, abstraction faite des formes qu'il assume dans les diverses cultures, et des convictions individuelles. Cette idée se concrétise dans le refus de tous les dogmes traditionnels, comme celui de la Trinité ; Bracciforti pense que ce dernier n'est pas confirmé par les Ecritures. La foi doit s'émanciper, doit grandir, quitter les certitudes sécurisantes des dogmes pour adopter un esprit de recherche, prêt à retrouver dans toutes les traditions les germes de l'Esprit sans renier le message chrétien.


La conviction de l'absolue humanité de Jésus s'explique aussi par le fait que s'il était le Fils de Dieu, donc évidemment un être parfait et sans péché, il ne pourrait pas montrer la voie à des êtres humaines, imparfaits et plongés dans le péché, que ceux-ci puissent à leur tour parcourir. Par ailleurs, la mort de Jésus n'a aucun valeur de salut ; personne ne peut pas expier les péchés d'autres hommes, et la conception même d'expiation est critiquée.


En conclusion, le message de Jésus devient, dans la perspective unitarienne, une invitation à la libre communion universelle des vraies valeurs religieuses : amour, vérité et esprit.

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Published by Giacomo Tessaro - dans sur l'unitarisme
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