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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 14:15

article en français paru dans Evangile et Liberté du 29 octobre 1979


Quelques textes de Francis (= Ferenc en hongrois) David
- « Ni les évangélistes, ni les apôtres n’ont dit mot dans tous leurs écrits sur l’essence, les qualités, trinité, etc. Il est injuste de nous traiter d’hérétiques parce que nous ne voulons pas croire à la substance, aux personnes, aux natures, à l’incarnation. Nous n’avons pas à suivre ce qu’Athanase a dit, mais ce que Jésus a dit. Le Nouveau Testament nous parle clairement d’un Dieu UN, et non d’un Dieu triple et non d’un Christ triple ».
- « Je veux faire connaître à votre Majesté mon humble sentiment. Je vous supplie que mes accusateurs ne soient pas blâmés ni sanctionnés. Ils doivent être laissés libres d’écrire, d’enseigner et de s’en prendre à moi. Ils doivent avoir la possibilité de nous attaquer comme ils le désirent. Ce sera Dieu lui-même qui défendra notre cause » (lettre au roi Jean-Sigismond).
- « Je n’ai lu nulle part dans la Bible que nous devions répandre la parole de Dieu par le fer ou le feu. Les gens ne doivent pas être obligés d’accepter l’Evangile par les armes ou par des menaces. Rien n’est aussi insensé que de contraindre les consciences qui relèvent de la seule autorité du Créateur ».
- « Si je me suis trompé en quoi que ce soit, je remercierais de tout cœur celui qui me montrera plus clairement la vérité évangélique, et je le suivrais sans aucune honte ».
- « Ceux qui sont éclairés par l’esprit de Dieu ne peuvent pas être silencieux, et ne peuvent pas cacher la vérité ».
- « Pour nous, il y a un seul Dieu, le Père ; d’où nous venons et vers qui nous allons. Nous nous tenons sur le fondement posé par Jésus-Christ et avec son aide nous voulons nous y maintenir fermement ».
- « Dans notre recherche de la voie du salut nous n’avons besoin de rien d’autre que des écrits des prophètes, des apôtres et des évangélistes. L’Ecriture est pour le croyant une nourriture douce et forte ; tout ce qu’on y ajoute la transforme en poison ».
- « Pour comprendre le sens véritable des Ecritures, nous ne devons pas être esclaves des interprétations et des décrets humains. Le sens des Ecritures est tellement clair que même un illettré peut les comprendre et en remontrer, avec l’aide de l’esprit de Dieu, aux plus grands savants. La vie et l’âme de l’Ecriture, c’est Jésus-Christ. Connaître Jésus, c’est posséder l’explication de la Bible ».

Francis-David--medaille-1942--par-le-sculpteur-Sandor-Benc.jpgFrancis David :
Né catholique, il s’est d’abord converti au luthéranisme ; après cela, il est passé au calvinisme qu’il a ensuite abandonné pour fonder l’unitarisme (on appelle « unitarisme » la branche du protestantisme qui refuse la doctrine de la trinité). La roi Jean-Sigismond, le pasteur F. David, les députés de la diète de Torda étaient considérés comme des hérétiques par les Eglises catholiques, luthériennes et réformées d’Europe ; on les accusait de trahir et de détester le Christ parce qu’ils ne croyaient pas en sa divinité. Je crois qu’ils ont mieux servi et aimé le Christ que ceux qui en défendaient la divinité par le feu, le fer et le sang. A cette Europe que la passion religieuse conduisait aux pires excès, ils ont donné une leçon de fidélité évangélique.

 

Médaille en terre cuite de Francis David sculptée en 1942 par Sandor Benczédi

 

L’édit de Torda, proclamé 4 ans avant la Saint-Barthélemy par des protestants libéraux, est le premier édit de tolérance de l’Europe, et peut-être de l’histoire du monde.


Le message d’une existence :
N’ayant pas voulu être persécuteur, F. David est devenu un persécuté. IL a été la victime de ceux qu’il avait épargnés. Les dernières semaines de sa vie, avec un procès épuisant et la solitude totale de sa prison, sont émouvantes. Après le succès, il a connu le martyre. Il y a de cela quatre siècles. Malgré le temps, son message reste vivant et actuel : il nous invite à maintenir une fidélité évangélique éloignée de tout dogmatisme, à placer avant tout la sincérité et la vérité, à être ouverts, respectueux et tolérants envers les autres. Si nous savons recevoir et vivre ce message, nous serons les serviteurs de Celui que David a servi de toutes ses forces, le Dieu de Jésus-Christ, le Dieu un. De ce monde, Jésus a dit que l’ivraie ne doit pas être arrachée au seul profit du blé, mais qu’il faut les laisser grandir jusqu’à la moisson. Paul n’a pas recommandé de mettre les hérétiques à la mort, mais seulement de les éviter. En même temps, il nous a défendu de condamner qui que ce soit. Pouvons-nous être plus sévère que Jésus et Paul ? demande François David.
Bien entendu , la tolérance ne signifie pas fermer les yeux sur le mal. Il ne saurait y avoir de tolérance à cet égard. Les théologiens adversaires de François David l’accusèrent d’hérésie et le menacèrent de la peine capitale.

La Diète de Torda en 1568 et la tolérance religieuse
L’enseignement de François David au sujet de la tolérance ne demeura pas solitaire. Il fut en général connu dans tout le pays. Les masses, les dirigeants, Jean Sigismond, prince de Transylvanie, admirent que « la foi est un don de Dieu et ne peut être imposée par la force ».
La Diète qui eut lieu le 6 janvier 1568 à Turda est une pierre blanche dans l’histoire de la tolérance. Elle débuta par une discussion sur des sujets religieux. Sur proposition du prince et selon les directives de François David, elle vota sur le principe de la tolérance religieuse la résolution suivante : « Partout les prédicateurs prêchent et expliquent l’Evangile chacun selon sa compréhension personnelle. Si cela plaît aux fidèles, c’est bien. Sinon, personne ne devra les contraindre car leurs âmes ne seraient pas satisfaites. On leur permettra par contre de conserver un prédicateur dont ils approuvent l’enseignement. Aucun surintendant n’importunera donc ni ne malmènera un prédicateur au sujet de sa religion, en vertu des constitutions antérieures ni ne permettra qu’il soit emprisonné ou destitué de sa charge car la foi est un don de Dieu. Elle vient de ce que l’on entend et cela à travers la Parole de Dieu » (Monumenta Comitalia Regni Transylvanie, vol. 11, 243).
Cette tolérance de fait existante en matière de religion et dans l’attitude populaire devint ainsi loi. Ce fut le signal de la victoire pour ceux qui déclaraient illégal la persécution religieuse et faisaient de la tolérance une chose non seulement autorisée mais obligatoire. Elle marqua la reconnaissance de la religion unitarienne et l’établissement de l’Eglise unitarienne. C’est pourquoi, celle-ci voit dans la Résolution de 1568 son document fondamental.

L’intolérance religieuse mise hors la loi
Il est significatif que, dans le tourbillon des désordres sans merci de la Réforme, alors que le sort réservé aux hérétiques était la mort sous la torture, la Transylvanie pu mettre hors la loi l’intolérance religieuse par un vote parlementaire et un décret du prince (ce fut la première législation gouvernementale dans l’Histoire sur ce sujet). Ce fut, dans ce pays, un exemple sans équivalent de libéralisme religieux à une époque où, ailleurs, tout le monde s’employait à liquider tous ceux dont les vues différaient du canon établi.
L’Edit de Turda est né alors que l’Inquisition faisait le pire pour écraser les protestants en Espagne et en Italie. Aux Pays-Bas, Alva mettait à mort des milliers de protestants et, quatre ans plus tard, le massacre de la Sainte-Barthélemy allait faire 20 000 victimes en France, cependant que, durant 40 ans encore, l’Angleterre continuerait à brûler ceux qui niaient la Trinité. En Pologne et ailleurs, il y eut, il est vrai, des essais de tolérance religieuse, mais ces voix isolées et ces mouvements sans contact les uns avec les autres n’aboutirent jamais à des actes officiels gouvernementaux comme en Transylvanie.
Il est regrettable qu’à cause de l’opposition des classes dominantes privilégiées, du despotisme des princes qui succédèrent à Jean Sigismond et de la Contre-Réforme, la liberté religieuse et l’égalité des droits de toutes les dénominations telles que nous les concevons aujourd’hui ne purent être appliquées à travers l’Edit de Turda.

En conclusion, nous dirons que François David travailla, souffrit et mourut pour la cause de la tolérance religieuse. Son œuvre, sa lutte et son sacrifice contribuèrent de façon créatrice à la formation du libéralisme religieux et du christianisme unitarien. Il apporta une aide authentique au service des hommes et au progrès non seulement de ceux d’aujourd’hui, mais de ceux de demain.

 

page traduite en italien par Giacomo Tessaro sur le site de la CICU le 15 mai 2013 (lien).

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Published by Janos Erdo - dans (hist) DAVID Ferenc
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