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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 18:45

suite

 

Soudain, ce que j'avais appris au séminaire et ce que j’avais appris de ma congrégation se sont combinés et j'ai compris enfin ce qu’était l’universalisme : une religion d'amour radicale et subjuguante. Le salut universel dit que peu importe ce que nous faisons, Dieu nous aime tellement qu'Il ne condamnera pas un seul humain à la damnation éternelle. Le salut universel est la conséquence de l'amour universel.


Pourquoi utiliser ce vocabulaire de l'amour pour le décrire ? Mais comment décrire autrement Celui qui nous a créés et qui nous soutient ? Comment parler autrement du Parent idéal qui est venu avant chaque parent – l'archétype de notre Mère et de notre Père à tous ?


Nombre d’unitariens-universalistes d’aujourd’hui écartent cette réflexion. Après tout, la plupart d'entre nous croit moins en un Dieu personnel qu'en l'amour de Dieu. Au maximum certains admettent que le divin est synonyme de l'ordre naturel, et qu'il œuvre dans et par nous. Mais le nôtre [ndlr - celui de la plupart des unitariens-universalsites] n'est pas un dieu qui vous parle quand vous êtes dans le doute, qui se réjouit avec vous quand les temps sont bons, ou vous porte secours lors les accidents de la vie.  Notre Dieu est plus abstrait et moins personnel, plus un symbole et moins une présence ressentie, plus dans nos têtes et moins dans nos coeurs, une idée dont nous débattons plutôt qu'une intuition sur laquelle nous comptons. Dans notre compréhension, la compassion ne vient pas de Dieu. L'ancien président de l'Unitarian Universaliste Association (UUA), Gene Pickett remarquait que "[nos buts et nos principes] décrivent un processus pour s'approcher des fondements de la religion, mais ne témoignent d’aucune connaissance intime de ces fondements eux-mêmes. "


Non-seulement un élitisme suffisant détermine une attitude parmi trop d’unitariens-universalistes qui regardent de haut ceux qui croient à Dieu. Ces "cyniques sophistiqués" (Forrest Church) représentent Dieu comme un homme barbu, habillé de blanc, omnipotent, omniscient, trônant au paradis. Et ensuite, bien sûr, ils l'écartent comme étant imaginaire. Mais je me suis lassé de ceux qui dédaignent Dieu.


Qui est vraiment Dieu ? Dieu est le non-commencé et l'inconnaissable, l'insondable et l'inexprimable ; il est proche comme le battement de coeur suivant, aussi ordinaire que la moindre poussière et pourtant précieux comme un nouveau-né. Dieu est le mystère transcendant au cœur de toutes choses. Dieu est le masque que nous plaçons sur l'infini et le costume que nous mettons sur le sacré pour entrer en relation avec Lui. Parce que nous sommes, de toutes les manifestations de la Création, bénis et appelé à nous éveiller, à témoigner sciemment et à savourer ce miracle de vie. Alors en transmettant et en construisant à partir de la Création avec nos propres vies, nous recherchons à nous adresser au mystère divin qui nous est tant parent que partenaire. Nous disons : " Notre Père et Kami. Saluez Marie et Gaïa, Jésus, Abba, Shiva, Allah, Brahma."


La fin d’un des romans d'Elie Wiesel était la suivante : "Dieu a créé l'homme parce qu'Il aime les histoires". Cela veut dire que Dieu est relationnel. Nous le disons de cette façon parce que nous trouvons cela plus croyable quand nous inversons la réalité. Dieu ne nous a pas faits à son image. Nous L'avons fait à la nôtre. Pourquoi ?


Pour que nous puissions nous identifier à elle, à cette l'image tout humaine ; pour que nous puissions nous adresser à elle et lui parler, l'aimer et en être aimé. C'est comme ça que nous sommes fait. Dieu, qui est - comme nous disons - l'expérience du mystère derrière toutes choses, doit être relationnel parce que nous sommes relationnels. La connexion que nous ressentons à un autre être humain, qui est celle que nous apprenons dans les bras de notre mère, est le prototype de toutes nos relations. Quand nous laissons l'intellect tyrannisez notre foi, nous échouons à orienter ce besoin humain vers cette intime connexion.


Je prie. Je prie Dieu qui demeure dans, parmi et au-delà de nous. Je prie Dieu pour la même raison que j'écris dans mon journal, parle à un ami ou passe un moment calme dans la réflexion parce que ce que je connais de Dieu je le trouve dans la communion de moi avec les autres, avec ceux que j'aime et avec le monde dans lequel j'évolue et respire et où est mon être. Je parle avec Dieu parce que je veux me relier au monde qui est dans et au-delà de moi. Je veux éprouver Sa vérité et Sa tendresse ; et les abstractions unitariennes-universalistes de Dieu ne répondent pas à mes besoins émotionnels et ne m'emmènent pas à cette relation sacrée. Même en étant aussi analytique que je puisse l’être en ce moment précis, je ne peux que rester encore loin de l'expérience immédiate de ce mystère divin.


Nous pouvons admirer, avoir confiance, nous représenter et même rire, d'un dieu qui traîne le dernier pêcheur non repenti contre sa volonté - non, en réalité en jurant et en résistant - au paradis. C'est une personnification du Plus Saint enracinée dans un sentiment puissant, parfois accablant, une expérience qui transcende la description, une langueur qui défie l'analyse. Quel soulagement de ressentir qu'il n'y a rien que je puisse faire pour m'aliéner de l'embrassement affectueux de Dieu – des tout-puissants mais bien tendres bras de la force créative qui soutient et supporte toute la vie.


La grande perspicacité de l'universalisme est que vous ne pouvez pas contraindre les gens de s'aimer les uns les autres. Les commandements ne sont pas des menaces. S'ils ne sont pas accomplis, Dieu ne retirera pas Son amour. Personne n'a jamais ou ne tirera jamais
d'une punition le véritable amour du prochain . Dieu donne son amour à tous et est une force pour le Bien, bien plus que ne le ferait jamais une punition. C'est une vérité simple : c'est dans l'amour que nous apprenons à aimer. Ceux qui sont aimés aimeront d'autres à leur tour. Ceux qui sentent l'amour infini de Dieu en eux, se sentiront si bien, si connectés avec la vie et si plein de compassion qu'ils ne pourront pas s'empêcher de communiquer cet amour dont ils débordent.

à suivre ...

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Published by Mark D. Morrisson-Reed - dans sur l'universalisme
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